Résultats: ‘Wellington’

Nouvelles de l’empremier

1985 par Contribution anonyme

 

1874 – Wellington :  “Le Pique-Nique des catholiques de Wellington, Île-du-Prince-Édouard qui avait lieu mardi de la semaine dernière pour venir en aide à la Nouvelle-Église actuellement en voie d’érection, a rapporté la jolie somme de $300.  L’Hon. Jos. O. Arsenau et M. John A. McDonald, M.P.P., y assistaient et au moment de la séparation, trois hourrahs furent poussés pour l’Église, le curé et la Reine.”  (Le Moniteur Acadien, le 1er octobre 1874)

 

1884 – Rustico :  “L’honorable M. Ross, premier ministre de la province de Québec, est actuellement en villégiature à Rustico.  On sait que Rustico, village acadien-français, situé sur la côte nord de l’Île-du-Prince-Édouard, c’est-à-dire, en plein golfe, est depuis plusieurs années une station balnéaire recherchée.”  (La Minerve, le 4 août 1884)

 

1885 – Abram-Village :  “M. Sylvain-E. Gallant d’Abram-Village, Î.-P.-É., a récolté une patate qui, par sa grosseur et sa pesanteur peut, avec raison être appelée la plus grosse.  Elle pèse deux livres et douze onces, elle est de l’espèce Early Rose et peut être vue au magasin de l’hon. Jos. O. Arsenault, Egmont Bay.  Qui pourra battre cela?”  (Le Moniteur Acadien, le 15 octobre 1885.)

 

1888 – Miscouche :  “Mr. John S. Gaudet, Miscouche, one of our most prominent exporters of produce, advertises for 1,000,000 eggs during the coming season, for which he will pay the highest cash price.  His team will begin to travel through the country as soon as the roads permit.   This great amount of eggs will require considerable industry on the part of the egg gatherers, and will leave a good deal of money among them.”  (The P.E.I. Agriculturist, March 26, 1888.)

 

1894 – Bloomfield :  “Les instituteurs de l’arrondissement de Bloomfield se sont réunis, sous la présidence de M. Moise Doucet, le ler septembre à la salle de Bloomfield.  Ils étaient tous présents sans exception.

Il y eut une discussion sur le sujet des livres d’école.  Ils en vinrent d’accord que la lecture anglaise doit être enseignée aux enfants français aussitôt qu’ils peuvent lire assez couramment le syllabaire en français.”  (L’Impartial, le 25 octobre 1894.)

De Summerside à Tignish en 1884

1984 par Contribution anonyme

 

L’article ci-dessous a été publié en deux tranches dans Le Moniteur Acadien (Shédiac) à l’automne 1884, soit les 20 et 27 novembre.  Bien que l’article soit pas signé, nous savons que l’auteur n’est nul autre que Pascal Poirier (1854-1933), de Shédiac.  Rappelons-nous que ce dernier était, à l’époque, un des plus grands chefs et animateurs acadiens.  En 1885, à l’âge de 33 ans, il devenait le premier sénateur acadien.

Pascal Poirier, avec Pierre-Amand Landry, avait été le principal organisateur de la Convention nationale des Acadiens, tenue à Miscouche en 1884.  Quelques mois après le grand rassemblement, Poirier revenait à l’Île visiter les communautés acadiennes du comté de Prince, probablement dans le but d’encourager les gens à donner suite aux recommandations de la Convention, mais avant tout pour se réconcilier – au nom du comité organisateur – avec les Acadiens de Tignish qui ne s’étaient pas présentés à Miscouche.  Ils avaient boudé le grand rassemblement, à l’instigation de l’honorable Stanislas Perry, parce qu’ils auraient bien voulu que le Congrès ait eu lieu chez eux.

Cent ans plus tard, on lira avec un grand intérêt la description du voyage de Pascal Poirier à l’Île-du-Prince-Édouard.  Il nous brosse effectivement un tableau vivant des paroisses acadiennes, s’attardant parfois à des détails tout à fait colorés.  Comme on le constatera, Poirier maniait très bien la plume.  Il est d’ailleurs considéré comme l’un des meilleurs écrivains, sinon le meilleur, que l’Acadie ait connu.  Quelques notes biographiques sur Poirier ont été publiées dans le dernier numéro de La Petite Souvenance, pages 28 et 29.

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Le voyageur qui part de Shédiac par un beau soleil de novembre, et qui arrive à Summerside sous une pluie battante, au milieu de ténèbres profondes, trouve la transition bien désagréable et n’a guère envie de se louer de son sort quand, au sortir du bateau-à-vapeur, il lui faut franchir, dans la vase jusqu’au mollet, son bagage sur l’épaule, toute la distance d’un quai considérablement long déjà en temps clair, mais qui paraît interminable dans l’obscurité.

L’Île-du-Prince-Édouard est appelée à juste titre, la Perle de l’Océan.  Elle n’a qu’une tache, Summerside.  Au lieu de disparaître, cette tache s’accentue.  Cette ville m’a paru plus sale qu’il y a quatre ans, alors que j’eus, comme aujourd’hui, l’avantage de visiter une grande partie de l’Île.  Les maisons sont vieilles, les trottoirs indécents, et de loin en loin, un lampion solitaire éclaire la nuit les passants et conduit les étrangers.  Ses rues sont larges, cependant, et seraient belles si elles étaient mieux entretenues et bordées moins rarement de grands édifices.  Summerside, malgré la vase qui la couvre, est une ville riche et renferme des millionnaires.  Si elle paraît endormie ce n’est pas faute d’argent; ses habitants veulent peut-être en faire une relique du temps passé.

De Summerside en allant à l’ouest, le premier endroit qu’on rencontre est Miscouche, qui restera célèbre comme ayant été le siège de la première convention acadienne tenue sur l’Île.  Ses maisons blanches, ses bâtiments également blanchis et bien entretenus, son terrain élevé et sec, en font un village coquet et propre fort plaisant à l’oeil.

 
Aux États-Unis il y a le roi des chemins de fer, le roi du lard, le roi des mines etc.  À Miscouche on a le Roi des Huîtres.  Ce titre sied aussi bien à M. Gilbert Desroches que les titres ci-dessus à Vanderbilt ou aux autres princes du commerce américain.  La quantité d’huîtres exportées chaque année de cette localité sur les marchés de Québec, Montréal est énorme et M. Desroches en est le principal commerçant.  Les quarts vides seuls lui coûtent, cet automne, plus de $400.  MM. Honoré V. Desroches et Jean S. Gaudet, marchands, exportent aussi une grande quantité.  Le prix des huîtres est ferme cet automne, et les pêcheurs font de $4 à $5 par jour chacun.  Malheureusement, le temps n’est pas favorable et ils sont obligés de chômer souvent.

La paroisse française voisine de Miscouche est Mont-Carmel où l’on se rend en voiture en traversant un grand marécage.  Presque toute la paroisse se trouve sur un terrain bas, que les pluies d’automne détrempent à une grande profondeur et qui rendent les communications difficiles.  Les habitants, heureusement, sont énergiques et font leur possible pour rendre les chemins passables.  M. l’abbé N. C. A. Boudreault, curé de Miscouche, dessert également cette paroisse et n’épargne rien pour rendre le culte divin plus imposant.  Cet été on a donné à l’église et à ses dépendances une apparence toute neuve, et M. Landry, artiste de renom, achève d’en décorer l’intérieur de peintures magnifiques.  Les lecteurs du Moniteur auront bientôt l’avantage d’en lire une belle description due à l’une des meilleures plumes françaises de l’Île, M. Elisée Gallant.

Une distance de cinq à six milles sépare Mont-Carmel de la Roche, ainsi nommée parce que, du large en venant de Shédiac, on aperçoit une grosse pierre qui est comme le chapeau de la localité.  Cette roche énorme, plus grande qu’aucun bâtiment, servait, dit la légende, de rendez-vous aux sorciers et aux lutins du temps jadis, qui y tenaient leur sabbat.

Egmont Bay (ou la Roche) est une grande paroisse dont le rivage est parsemé de factories de homard.  La pêche de ce crustacé a été moyenne, cet été, et l’extension de temps accordé par le gouvernement a été publiée trop tard pour être bien profitable.  Ici il n’y a pas de magasin près de l’église.  Le commerce se fait aux stations du chemin de fer, qui passe loin en arrière de la paroisse.  À Wellington on trouve le magasin de l’hon. Jos. O. Arsenault et l’établissement de M. John Barlow.  Dans la même bâtisse, M. Barlow a réuni un moulin à planches et à bardeaux, un moulin à farine et un moulin à carder et à fouler.  Ce dernier département manufacture une grande quantité d’étoffe qu’on envoie de Shédiac et des environs, et jouit d’une bonne réputation pour la beauté et la bonne qualité de l’ouvrage qu’on y fait.

Le magasin de M. Arsenault a plus que doublé en longueur dans les quatre dernières années, et est un immense entrepôt où sont entassées marchandises sèches, groceries, merceries, et toutes sortes d’articles de commerce.

Il se fait, à cette maison, plus d’affaires, dit-on, que dans le plus gros magasin de Summerside.  Tous les produits agricoles de la paroisse, pour ainsi dire, sont apportés à ce magasin, d’où on les exporte à l’étranger.  M. Arsenault a aussi un autre magasin à la Roche même, dirigé par M. Sylvain E. Gallant; mais bien que ce soit l’ancienne place d’affaires, il a vu ses beaux jours et n’existe plus que pour les besoins immédiats de la localité.

La station Richemond est le débouché de la partie nord d’Egmont Bay.  M. Etienne Gallant, citoyen entreprenant, y a transporté un magasin et ne tardera pas à y ouvrir un gros commerce.

Egmont Bay est relativement une paroisse encore jeune.  M. Cyrille Gallant, vieillard encore vert et aimable causeur, raconte qu’il est l’un des trois survivants des cinq premières familles qui vinrent s’y fixer.  Elles vinrent de Summerside en bateau, et débarquèrent à la Roche où nulle habitation n’avait encore été élevée.  C’était vers 1820.  Les enfants grandirent, d’autres familles virent se joindre aux premières, et aujourd’hui c’est l’une des principales paroisses de la province.  L’église est vaste et belle, et il ne manque qu’un orgue pour en faire un temple de premier rang.  On y compte plusieurs écoles, dont la principale est sous la direction de M. Henry Cunningham, jeune homme de talent, qui parle et enseigne bien le français.  La salle Saint-Pierre est une grande bâtisse qui sert de lieu de réunion aux paroissiens, et où se trouve une bibliothèque à la disposition des familles, moyennant cinq centins par année.

Entre la Roche et Tignish, le seul établissement français d’importance est Cascampèque, dont les huîtres sont bien connues.  C’est un endroit qui ne fait que de se réveiller sous l’influence du chemin de fer, qui passe à trois milles de l’église.  Deux cantons nouveaux viennent de s’ouvrir à la culture et promettent de devenir des établissements prospères – Piusville et Mill River.

Nous passons Alberton, ville sans importance, pour arriver à Tignish, ou au Toguish dans le langage des anciens.  Tignish est à l’Île Saint-Jean ce que Memramcook est pour Westmorland, Bouctouche ou Saint-Louis pour Kent, et Caraquet pour Gloucester.  Avec cette différence, que c’est encore plus grand.  Il y a là de quoi tailler trois ou quatre paroisses.  Déjà on en a détaché une partie qui forme maintenant la cure de Kildare, dont M. l’abbé A.J. Trudelle est le premier titulaire.  Tous les monuments religieux sont vastes à Tignish, église, couvent et presbytère; l’école et la gare sont également de grandes bâtisses, les magasins sont nombreux et bien achalandés, et c’est la seule localité française de l’Île où l’on trouve des hôtelleries à la main; celle de M. le capt. France Gallant – résidence la mieux montée de l’endroit et dont la pareille ne se trouve peut-être nulle part ailleurs – est moins un hôtel qu’une grande maison hospitalière.  L’église est un immense édifice en brique, que le manque de jubé et les hautes colonnades minces font paraître encore plus grand.  Dans le fond, néanmoins s’élève l’élégante galerie des chantres où est majestueusement assis un orgue de première grandeur, l’un des plus beaux et des plus puissants du pays; il a coûté $2,500.  Le jour de la Toussaint, on y a chanté la plus belle messe qu’ont ait jamais entendue dans cette paroisse.

La pêche n’a pas été bonne, cet été, sur l’Île; en quelques endroits elle a été nulle.  Certains pêcheurs, après avoir dépensé quatre piastres en préparatifs, n’ont pu en gagner que deux dans tout leur été de pêche.  Bien rares sont ceux qui ont réussi à prendre assez de poisson pour leur permettre de toucher la prime du gouvernement.  C’est pourtant quand la pêche est mauvaise et que leur travail et leurs fatigues ne rapportent rien que ces braves pêcheurs ont plus besoin d’argent.  Ne serait-il pas équitable d’accorder la prime à tous ceux qui ont passé trois long mois à la pêche, exposés au vent et à la tempête, quand bien même leurs labeurs n’ont pas été couronnés de succès?  Ce n’est pas leur faute si le poisson ne donne pas, et n’est-ce pas alors que l’hiver s’annonce plus triste, plus redoutable!  Le député qui fera partager au gouvernement cette manière de voir, se sera assuré la reconnaissance de tous les pêcheurs.

La récolte a également été mauvaise.  Assez de blé, mais pas de foin, pas d’avoine, ni de patates.  Les cultivateurs devront puiser dans leurs tirelires pour rencontrer les dépenses courantes.  Heureusement que là, sur l’Île, il n’y a pas de taxe à payer.  Quel que extraordinaire que cela paraisse, le gouvernement de l’Île-du-Prince-Édouard gère les affaires publiques, construit et entretient les ponts et les chemins, donne $100,000 par an pour fins d’éducation, etc., sans demander ni tirer un sou de la population.  C’est une administration conservatrice qui fait tout cela!  Aussi les libéraux ne lui portent guère rancune et ne se donnent-ils ce nom que pour la forme, histoire de ne pas se rouiller.  Le gouvernement Sullivan, dont l’hon. J.O. Arsenault fait partie, est bien disposé envers les Acadiens et l’année prochaine, nous dit-on, on aura un professeur à l’École normale.  C’est l’exemple du Nouveau-Brunswick qui porte ses fruits, et l’influence de la députation acadienne qui se fait sentir.  Mais si l’on voulait m’en croire, on aurait d’abord un inspecteur français.  Cela coûte un peu plus cher, mais cela est beaucoup plus efficace, et si le titulaire est à la hauteur de sa position, les écoles ne peuvent faire autrement que d’en subir la bénigne influence.  Ce serait le moyen le plus prompt et le plus sûr de faire fleurir l’éducation française sur l’Île.

Il n’y a pas de trottoirs dans les villages de l’Île.  Dans les villes, on en trouve que sur un côté de la rue, je ne parle pas de l’artère principale.  Aussi, tout le monde est bien chaussé; je n’ai pas vu une seule personne même la plus pauvre, avec des mauvais souliers aux pieds.  Qu’il fasse beau, ou que les chemins soient des torrents de boue, chacun trottine à ses affaires comme si le sol était couvert de solides madriers.  Parlant de chaussures, il est digne de mention que celles sortant de la manufacture Harper & Webster, de Shédiac, jouissent de la meilleure réputation dans l’Île à cause de leur durabilité et leur fini.  Il fait plaisir d’entendre dire que les employés de MM. Harper & Webster sont d’habiles ouvriers.

En proportion de son étendue, l’Île-du-Prince-Édouard est la partie du Canada qui produit le plus de chevaux, et de bons.  Quelques-uns sont renommés pour leur vitesse, d’autres pour leur grosseur, et tous sont très recherchés par les acheteurs de chevaux qui viennent jusque des parties les plus reculées du pays et de la République voisine.  On achète les plus pesants – 1400 à 1700 livres la plupart – pour le halage des billots; et les plus légers, rapides à la course, font les délices des amateurs de sport américains et canadiens.  À ceux qui ont besoin d’un cheval jeune, rapide, vigoureux et sain, je leur conseille d’aller voir M. Narcisse Gallant, d’Egmont Bay, qui a dans son écurie l’une des meilleures bête de l’endroit.

Le mot “convention” dont on a appris la vraie signification dans la grande réunion acadienne de Miscouche, fait battre d’orgueil et d’espoir le coeur de tout Acadien insulaire.  Dans toutes les localités françaises où je suis passé, on en parle avec amour et vénération.  L’on s’est réchauffé aux rayons de patriotisme qui ont brillé avec tant d’éclat sur les délibérations du concile acadien, et, à l’ombre du drapeau emblématique que l’on a arboré, on marche avec plus de confiance vers l’avenir; l’on se rappelle avec émotion les mâles accents entraînants et encourageants des orateurs éminents qui ont électrisé la vaste assemblée, et qui ont été toute une révélation pour la plupart des assistants.  Une paroisse seule s’est abstenue de prendre part à la fête générale et est restée chez elle pour chômer le jour de la partie.  Ce n’est point la mauvaise volonté, mais un malentendu regrettable qui fut la cause de cette abstention.  L’hon. S.F. Perry, qui m’en parlait, déplore plus que tout autre ce qui est arrivé.  Tignish est aussi français que la plus française des paroisses acadiennes.  “Il est français jusque dans les yeux, me disait avec orgueil M. Mélême Gaudet, noble vieillard de 80 ans; et à la prochaine convention, eût-elle lieu dans le fond de la Nouvelle-Écosse, Tignish sera là.”

Je regrette de n’avoir pu me rendre jusqu’à Rustico, qui est la perle de l’île, comme l’île est la perle de l’océan.  Rustico est la paroisse française la plus riche de l’île et peut-être des trois provinces.  Cette année même, qui a été si pauvre ailleurs, on a eu là une belle récolte.

Je crains d’avoir calomnié Summerside au commencement de cet article.  En repassant, elle m’a paru presque propre et jolie:  il est vrai qu’elle prenait depuis quelques jours un bain de soleil réparateur.  Il est certain qu’on ne pouvait, comme à Ottawa ces jours derniers, y faire flotter un petit navire sur la boue de sa principale rue.

Nouvelles de partout

1984 par Contribution anonyme

 

Décès de Jean-H. Doiron - La mort nous enlevait soudainement, le 5 octobre dernier, Jean-H. Doiron, de Rustico, à l’âge de 65 ans.  Sa grande contribution à la promotion de l’histoire acadienne de l’Île fut au niveau du Musée Belcourt, de Rustico.  Il a effectivement été le président-fondateur de cet excellent petit musée consacré à l’oeuvre du dynamique Père Georges-Antoine Belcourt et à l’histoire générale de Rustico.  En 1983, il publiait, en français et en anglais, un livret intitulé Rustico – l’abbé Georges-Antoine Belcourt – La Banque de Rustico.  En juin dernier, il méritait pour cette publication un prix de mérite du Musée provincial.

 

Le Prix France-Acadie - La secrétaire de notre Société a été l’heureuse gagnante du Prix France-Acadie (catégorie “oeuvres didactiques”) pour son livre Le Mouvement coopératif chez les Acadiens de la région Évangéline 1862-1982.  Elle s’est rendue à Paris où on lui a officiellement remis le prix lors de l’assemblée annuelle des Amitiés acadiennes, le 29 septembre dernier.  Rappelons-nous que Cécile fut la première à mériter le Prix Gilbert Buote, pour le même ouvrage.

 

Wellington - En juin dernier, le “Wellington Senior Citizens’ History Committee” a reçu le prix de mérite du Musée provincial, pour son livre By The Old Mill Stream.  History of Wellington 1833-1983.

 

Tignish - Le Club Ti-Pa a eu l’heureuse idée de souligner le 450e anniversaire de la visite de Jacques Cartier à l’Île, en 1534, par un char allégorique.  On a pu voir ce très beau char qui a participé à plusieurs parades tout au long de l’été.  Le travail du Club Ti-Pa a été récompensé par de nombreux prix.  De plus, le 30 juin, dans le cadre des manifestations de la Fête du Canada, on reconstituait le débarquement de Jacques Cartier près d’Alberton.  Quelque 300 personnes assistaient à ce pageant historique.

 

Le Musée Acadien - Le Musée acadien, sous la direction de soeur Marguerite Richard, a connu un été très mouvementé.  On y a monté une excellente exposition intitulée Miscouche – 1884 dans la salle du Couvent de Miscouche où fut dévoilé, en 1884, le drapeau acadien.  La Société Nationale des Acadiens a fait ériger sur le terrain du Musée un monument commémoratif à l’occasion du 100e anniversaire du drapeau acadien.  Ce monument, construit par le regretté Édouard Arsenault, a été dévoilé le 15 août dernier par le président d’honneur des fêtes, Monsieur Roch Gaudet.  Le nombre de visiteurs a sensiblement augmenté au Musée cet été.

 

Mont-Carmel - Le Club d’Âge d’Or de la paroisse de Mont-Carmel se prépare à ouvrir un petit musée religieux.  Celui-ci sera situé dans une ancienne maison, située en face de l’église, qui servira également de centre pour le Club.  Cette maison a servi comme couvent pendant une vingtaine d’années aux soeurs de la Congrégation Notre-Dame du Sacré-Coeur.

 

Charlottetown - L’Université de l’Île-du-Prince-Édouard a maintenant dans son programme trois cours qui ont trait aux Acadiens, dont l’un est exclusivement un cours d’histoire intitulé, “La Renaissance et le nationalisme chez les Acadiens de l’Île-du-Prince-Édouard 1860-1900″.  Ce cours se donnera alternativement en français et en anglais.

 

La Marée de l’Île - C’est le titre d’une émission de Radio-Canada préparée à l’intention des francophones insulaires et diffusée tous les jours de la semaine de 16 h à 17 h 30.  À tous les vendredis on peut y entendre une petite chronique en histoire animée par plusieurs de nos membres, à savoir:  Henri Gaudet, Avéline Peters, Edmond Gallant, Francis Blanchard et Georges Arsenault.

 

Légion de Wellington - Le club des anciens combattants de la Légion royale canadienne de Wellington prépare actuellement un livre dans lequel on donnera le nom et quelques notes biographiques sur tous les vétérans, originaires de la région, qui se sont enrôlés dans les guerres de ce siècle.  On sait que les Acadiens ont répondu nombreux à l’appel durant ces conflits internationaux.

Les Vieillards

1983 par La Petite Souvenance

 

Un correspondant de Wellington nous écrit ce qui suit, et demande aux autres journaux de faire connaître, s’ils le peuvent, un cas semblable dans aucune autre partie de l’Île, soit parmi les Français, les Anglais, les Irlandais ou les Écossais.

Voici ce dont il s’agit :

Les quatre personnes dont les noms suivent, tous frères et soeurs, sont encore vivantes et pleines de santé:

Mme Barbe Poirier, 96 ans
Mme Céleste Poirier, 94 ans
M. Cola Poirier, 92 ans
M. Thadée Poirier, 88 ans

L’Impartial,
le 4 novembre 1897

Publications

1982 par Contribution anonyme

 

1.  Cécile Gallant.  Le Mouvement coopératif chez les Acadiens de la région Évangéline (1862-1982). Wellington, le Conseil Coopératif de l’Î.-P.-É., 1982-283 pages.

Dans l’avant-propos de ce livre lancé en 1982, l’auteur se dit “fort impressionnée par la ténacité des efforts des pionniers du mouvement coopératif” dans sa région natale.  En effet, à l’exemple de ses ancêtres, Mlle Gallant n’a point ménagé ses propres énergies, car, dans ce volume de quelque 280 pages, se déroule une histoire de coopération entre citoyens qui se lit comme un roman.

Afin d’aider le lecteur à mieux saisir l’évolution très intéressante du mouvement régional, l’introduction comprend un court résumé de l’histoire des Acadiens de l’Île à partir des débuts du Régime français ainsi qu’un exposé des origines et des principes généraux de la “Coopération”.

En première partie, l’auteur discute de l’établissement des premières associations coopératives dans la région (entre 1862 et 1936) y compris les banques de grain de semence, la fromagerie, les coopératives agricoles, les cercles des oeufs, les unions des pêcheurs, les cercles d’éleveurs, etc.

L’ère moderne de la “Coopération” dans la région fait le sujet de la seconde partie du texte.  Ainsi, l’adoption du principe de la “Coopération” se traduit éventuellement en l’établissement de caisses populaires, de coopératives de consommation, de coopératives de pêcheurs, en coopérative de fermiers, en coopérative d’habitation et autres, en plus du Conseil Coopératif de l’Î.-P.-É.

En guide de conclusion, l’auteur se permet de croire, et, à juste raison, que cet esprit de persévérance chez nos ancêtres acadiens dans le phénomène complexe de la coopération contribuera à stimuler d’autres chercheurs à s’y intéresser au moins autant.

Le lecteur pourra se délecter pendant des heures à lire ce texte qui se lit très facilement et auquel viennent s’ajouter d’innombrables extraits de documents historiques et de photographies bien choisies qui lui permettront de s’identifier non seulement avec le passé et le présent, mais aussi avec les possibilités d’avenir que peut offrir le véritable esprit de coopération.

Il va sans dire que le Conseil Coopératif de l’Î.-P.-É. se vante de cette publication qu’il a bien voulu parrainer.

 

2.  Paul Surette, Benoît Poirier.  La vie d’un musicien acadien 1882 à 1965. Tignish, La Société culturelle Ti-Pa, 1982, 70 pages.

En cette circonstance, Surette porte le chapeau du biographe, mais son texte fait tellement l’effet d’un roman que l’on est porté à le lire d’un seul coup.

L’auteur nous décrit la carrière de ce musicien Poirier qui débute lorsque, dès un bas âge, il est profondément impressionné par le rendement du grand orgue de l’église de son village natal de Tignish à l’Île-du-Prince-Édouard.

De là, et le long du volume, l’auteur nous fait vivre les expériences d’un jeune homme qui, en dépit de très nombreux obstacles, deviendra organiste de renom à l’église Notre-Dame de Montréal et composera des oeuvres musicales dignes des éloges des gens bien informés, tels un Frédéric Pelletier, un John Philip Sousa.

Ainsi, Surette permet au lecteur de suivre chaque étape d’acheminement de la carrière de son héro vers les plus grandes orgues du Canada et de se rendre vivement compte des multiples problèmes que Poirier devait envisager.  D’autre part, il nous rend conscients de cet esprit de persévérance muni d’une forte dose de courage que l’artiste a su démontrer au cours de sa carrière.  De plus, selon l’auteur, Benoît Poirier a toujours su conserver son esprit d’humilité profonde – que ce soit à la suite de l’interprétation de sa composition “Rhapsodie” par la fameuse fanfare de Sousa (The March King), des succès réalisés lors de ses récitals à Westmount, “ce bastion du privilège anglais”, ou encore, au lendemain de sa nomination au Conservatoire de Musique.

Peut-être, la citation que Surette a placé en page 45 explique le mieux le caractère de cet éminent Acadien :

“L’Acadien prend nettement la vedette dans les journaux francophones.  La critique du “Bulletin” servira d’exemple” :

L’un des numéros du programme les plus goûtés fut celui de M.B.-F. Poirier, organiste à Notre-Dame, qui joua sa composition “Au Pays d’Évangéline”, une pièce très délicate, pleine de fraîcheur et d’une superbe inspiration.  Disons en passant que M. Poirier est né au pays d’Évangéline, ce qui explique un peu l’atmosphère spéciale dont il a su envelopper sa composition”.

Ce volume de 70 pages se lit très facilement et le choix de photos se veut très à propos.  Les quelque 250 notes de référence démontrent bien que Surette écrit en connaissance de cause.

Même s’il ne faut guère s’appuyer sur notre autorité en matière de musique (entre autres), nous n’hésitons pas de recommander fortement cette biographie aux lecteurs.  Elle ne peut que piquer l’intérêt de tous les Acadiens, surtout ceux et celles de l’Île, car elle fait honneur à l’un des nôtres maintenant passé à l’histoire.  Quant aux plus jeunes lecteurs, y trouveront-ils, peut-être, un modèle d’esprit idéal à poursuivre?

 

3.  J.-Henri Gaudet.  The Tignish Pipe Organ in Musical Retrospect 1882-1982. Tignish, The Tignish Historical Society, 1982, 29 pages.
Au mois d’août dernier, la paroisse de St-Simon et St-Jude de Tignish a célébré le centenaire de l’installation du grand orgue Mitchell dans l’église en 1882.  À cette occasion, la Société Historique de Tignish a organisé le lancement de l’histoire de cet orgue, histoire écrite par l’organiste actuel, M. J.-Henri Gaudet.

Gaudet traite en détail des événements où l’orgue a joué un rôle de grande importance pendant les 100 dernières années de vie paroissiale.  Mais aussi, l’auteur ajoute des informations intéressantes au sujet des chorales, maîtres de chapelle, organistes, clergé et d’autres personnalités, ce qui ajoute à l’agrément de la lecture.  Par exemple, il fait mention considérable de Benoît Poirier, ce natif de Tignish devenu organiste à Note-Dame de Montréal.  Poirier fait l’objet d’une biographie complète également lancée à l’occasion de ce centenaire.

Sans aucun doute, la partie la plus importante du texte décrit la période des années 50 et 60 lorsque, en raison de problèmes techniques apparemment incessants, l’on songeait à faire disparaître l’orgue pour le remplacer par un instrument électronique, et ceci, pour éviter les coûts élevés de réparation.  Cependant, Gaudet était convaincu que “le fait de détruire l’orgue de Tignish serait commettre un délit contre un trésor historique irremplaçable”.

L’organiste et ses amis ont remporté le coup décisif car on procéda à la restauration de l’instrument et cet orgue historique Mitchel continue toujours d’embellir de façon extraordinaire les services religieux à St-Simon et St-Jude.

Ce livret de quelque 30 pages est très bien documenté et contient de nombreuses photographies qui ajoutent un cachet spécial à sa valeur historique.

M. Gaudet nous a fourni un travail précieux et il va sans dire que ce dernier devrait être traduit en français pour la postérité.

Wilmer Blanchard

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Membres du Comité exécutif de la Société Historique acadienne de  l’Î.-P.-É. 1982-1983

Président -        M. Georges Arsenault
Président sortant -    M. J.-Edmond Arsenault
Vice-président -    M. Jean-Paul Arsenault
Secrétaire -        Mlle Cécile Gallant
Trésorière -        Mme Hélène Cheverie
Conseillers(ères) -    Soeur Marguerite Richard
                               Mme Avéline Peters
                               Père Albin Arsenault
                              M. Jean-Louis Beauregard

Des nouvelles de partout

1982 par Contribution anonyme

 

Tignish – Au courant de l’hiver, le Club Ti-Pa a parrainé un projet de généalogie.  Il s’agissait de tracer les descendants des principales familles fondatrices de la paroisse de Tignish.  On veut dresser un tableau généalogique qui fera partie du décor du centre du Club.

Le même organisme organise pour l’été des activités qui souligneront le centenaire de la naissance de l’organiste Benoit Poirier et le centenaire de l’installation des grandes orgues dans l’Église St-Simon et St-Jude.

L’Association historique de Tignish s’est procurée l’ancienne école Dalton dans laquelle on veut y aménager, entre autres, un musée et une salle d’exposition.  On se propose d’y tenir une exposition de photos historiques au cours de l’été.

 

Wellington – Le Club d’Âge d’Or de Wellington s’affaire depuis quelques années à rechercher l’histoire de la région de Wellington.  Le projet avance bien et on espère pouvoir publier le fruit des recherches dans un avenir pas trop éloigné.

 

Mont-Carmel – La Coopérative du Village Pionnier Acadien a embauché cet hiver les services d’un historien, en la personne de Kenneth Breau, pour faire une recherche sérieuse sur l’histoire de Mont-Carmel, de sa fondation (1812) à 1860.  La Coopérative vise à améliorer l’interprétation de l’histoire locale dans son village historique.

 

Région Évangéline – Une publication d’une grande importance sur l’histoire du mouvement coopératif dans la région Évangéline (1862-1982) est à la veille de paraître.  C’est le résultat d’un projet mis sur pied par le Conseil coopératif de l’Î.-P.-É., en 1980.  Cécile Gallant était la responsable du projet et c’est elle qui a écrit le livre, une brique d’environ 300 pages!  C’est à lire.

 

Miscouche – Le Musée Acadien de l’Île, situé à Miscouche, est bien actif.  L’automne dernier il a mené une campagne de financement et de recrutement de membres, laquelle a bien réussi.  Le Musée a aussi profité d’un octroi du Secrétariat d’État, ce qui lui a permis de mettre de l’ordre dans sa collection de photos et de documents.  Le 12 mai, Mad. Deborah Robichaud, directrice du Musée Acadien de l’Université de Moncton, donnait une intéressante conférence aux amis du Musée Acadien de l’Île.  Elle traita, grosso modo, du rôle d’un musée et de sa place dans une communauté.

 

Rustico – Le Musée de la Banque de Rustico a obtenu lui aussi, printemps dernier, un octroi du Secrétariat d’État.  Cette subvention a permis l’embauche de deux personnes qui travaillent à améliorer l’interprétation de l’histoire de la Banque et de l’époque du Père Belcourt à Rustico.

 

Rollo Bay – La succursale de Souris – Rollo Bay de la S.S.T.A. a obtenu un projet d’emploi d’été pour étudiants par lequel on tentera de mettre plus en évidence la cloche historique de l’Église de Rollo Bay (laquelle date du Régime français) et le monument, érigé en 1929, qui marque l’emplacement du cimetière des pionniers acadiens de l’endroit.

 

La Société Saint-Thomas d’Aquin – Le Projet d’histoire et de culture acadiennes de la S.S.T.A. est très productif.  L’été dernier on lançait le livre L’Agriculture chez les Acadiens de l’Î.-P.-É. 1720-1980 (69 pages) et tout récemment on a fait paraître L’Éducation chez les Acadiens de l’Î.-P.-É. 1720-1980, ou La survivance acadienne à l’Î.-P.-É. (85 pages).  Ces deux livres de Georges Arsenault sont abondamment illustrés de cartes, de dessins et de photos.

On a aussi produit, dans le cadre du Projet, deux montages audio-visuels intitulés Les Acadiens de l’Île-du-Prince-Édouard et La pêche et les Acadiens.  Ces montages sont disponibles en français et en anglais.  On peut les emprunter en s’adressant au bureau-chef de la Société.

La S.S.T.A. mène présentement une étude afin de déterminer si les ressources financières et physiques sont disponibles pour l’établissement d’un centre d’études acadiennes.  Le Père Pierre Arsenault a été chargé de faire cette étude qui sera complétée vers la fin de l’été.  On attend impatiemment les résultats.

 

P.E.I. Heritage Foundation – Au mois de janvier, le Heritage Foundation se procurait les services de Reggie Porter à titre de directeur de la programmation.  Monsieur Porter est un Acadien originaire de Tignish.  Enfin, on peut avoir du service en français de notre organisme provincial chargé de la protection du patrimoine.  Profitons-en!

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Membres du Conseil d’administration de la Société Historique Acadienne de l’Î.-P.-É. 1981-1982

Président -        M. J.-Edmond Arsenault
Vice-président -    M. Jean-Paul Arsenault
Secrétaire -        M. Georges Arsenault
Trésorière -        Mme Hélène Cheverie
Conseillers -        Soeur Marguerite Richard
                                 Père Albin Arsenault
                                M. Jean-Louis Beauregard
                                M. Michel Belliveau

On se souvient avec affection du Père Arsenault

1981 par Evéline Poirier

par Evéline Poirier

 

À l’été 1974, j’ai eu l’occasion d’interviewer plusieurs anciens paroissiens et amis du Père Pierre-Paul Arsenault.  Je me suis vite aperçue que cet homme qui marchait sur notre terre, voilà presque 50 ans passés, vivait encore chaleureusement dans la mémoire des gens de Mont-Carmel.  C’était toute qu’une personnalité, le Père Arsenault!

M. et Mme Jean W. Gallant, du Cap-Egmont, m’ont raconté que le Père Arsenault était un type plein de joie, qui aimait se mêler aux gens le dimanche.  Parfois il taquinait les enfants en les pinçant au point de les faire pleurer.

La charité était l’une de ses grandes vertus.  Lorsqu’il y avait des paroissiens dans la misère, le Père Arsenault organisait une “collecte” pour eux.  Mme Rozella Gallant témoigne qu’une bonne fois le Père Arsenault l’approcha pour ses services de couturière; il lui apporta de la flanelle puis elle cousit des pyjamas et des “drapeaux” pour une famille en besoin.  Toutefois, le Père Arsenault lui demanda de ne pas dévoiler son identité, si la famille voulait savoir qui leur offrait ce cadeau.  Mme Gallant reprit les paroles du Père Arsenault:  “Tu leur diras seulement ça quand je serai mort.”

M. Magloire Gallant a bien connu le Père Arsenault, lui aussi.  Il me parla de ce dernier en disant: “Il était pas beaucoup patient quand ça allait pas bien.  Mais quand même, ça passait.  Il était bon pour organiser; il voulait que quand on organisait de quoi, ça marchit”.

M. Gallant m’a relaté que le Père Arsenault fit sa part pour abattre les arbres qui ont servi comme bois de construction pour l’église.  “Ils alliont couper ça là (dans le bois par là-bas su Albin à Octave).  Pis ils alliont… au moulin à Barlow à Wellington faire scier ça…  Il allait au bois avec eux, le Père Arsenault.  J’ai entendu dire qu’il allait là pis y’en avait un qui était dans le bois, pis il pouvait danser…  Il avait coupé un gros arbre.  L’arbre était sérieusement gros à la souche.  Pis ils aviont coupé ça avec une scie.  Pis là, le Père Arsenault s’est mis à giguer et pis ce vieux-là s’est mis à danser sur la souche.”

Le Père Jean-François Buote m’a longuement parlé du Père Arsenault.  Il me l’a décrit comme un organisateur, un grand travailleur et puis un homme très joyeux.  Il avait l’art de négocier en affaires.  Il explique comment celui-ci avait obtenu la statue du Sacré-Coeur:  “Dans ce temps-là, une statue c’était à peu près 65 piastres, puis c’était chère pour ce temps-là.  Alors, il leur avait dit chez Garneau, à la ville de Québec:  “J’suis pas venu de l’Î.-P.-É. pour payer 65 piastres pour une statue.”  Alors ils ont baissé le prix.  Ah! il a dit: “C’est encore trop cher.”  À la fin, le gérant-là lui a dit:  “Emportez-les, vous serez content.”  Il l’a eue pour rien.”  C’est sans doute cette facilité de parole qui lui a aidé dans la réussite de ses projets tels les loteries, les soirées sociales et les pique-niques – tous à la base du financement de la construction de l’église.

Père Buote ajoute que le Père Arsenault était l’ami des gens du gouvernement de l’Île.  Même le Lord Byng s’est rendu à Mont-Carmel à son invitation.  Le Père Arsenault était bien connu à travers la province et par bien des gens de l’extérieur aussi.  Le Père Buote rapporte aussi:  “Il disait n’importe quoi à n’importe qui; qu’il se blesse ou se blesse pas, c’est pas de différence, lui le faisait en riant.”

Lors de son séjour à Mont-Carmel, le Père Arsenault a montré une fidélité irréprochable envers ses paroissiens.  Après une quinzaine d’années à Mont-Carmel, l’évêque a voulu le changer de paroisse.  Mais le Père Arsenault ne fut pas trop d’accord – puisque c’était lui qui avait mis la paroisse en dettes il voulait également l’en sortir.  Mont-Carmel fut donc sa première et unique paroisse.

Le Père Pierre-Paul Arsenault était un homme de grand calibre.  Sa ténacité, son sens d’organisation et son caractère jovial ont fait de lui un chef naturel.  Quand on voit comment cet homme vit encore aujourd’hui dans le coeur des gens, on reconnaît que sa présence et sa personnalité ont profondément marqué ses contemporains.

Nouvelles de l’empremier

1981 par Contribution anonyme

 

1889 – Baie-Egmont :  “La fièvre matrimoniale a encore fait son apparition parmi nous cet automne.  Si le temps de l’Avent ne fut venu mettre un frein à sa marche, le nombre de ses victimes aurait été assez considérable; espérons que ceux qui se sont laissés prendre dans ces filets sauront faire mentir le proverbe qui dit “Il y en a plus de mariés que d’heureux.”  (Le Moniteur Acadien, le 27 décembre 1889.)

1899 – Wellington :  “Notre compatriote et jeune député M. J. F. Arsenault de Wellington a droit aux plus chaleureuses félicitations pour son esprit d’entreprise.  M. Arsenault fait un commerce sur une grande échelle et s’est acquis par ses bonnes qualités et son esprit d’intégrité une position qui le place au premier rang dans le monde commercial.  Dans quelques semaines, il occupera son nouveau magasin, magnifique établissement de 85 pieds de longueur, fini dans tous les goûts de l’art moderne.  Succès à notre vaillant et énergique compatriote.”  (L’Impartial, le 17 août 1899.)

1894 – Palmer Road :  “M. l’inspecteur Arsenault en nous parlant des écoles qu’il vient de visiter dit que l’école de Palmer Road (à l’église) est maintenant trop nombreuse pour un seul maître et que pour donner justice à l’instituteur aussi bien qu’aux élèves, il faut absolument qu’il y ait un autre département.  Là où il y a 70 élèves dans le même appartement avec un seul maître, on ne doit pas s’attendre à des progrès satisfaisants.  C’est aux contribuables à y voir et ils ne devraient pas l’oublier.  La loi des écoles est tout à fait en leur faveur sous ce rapport.”  (L’Impartial, le 2 août 1894.)

1905 – Abram-Village :  “Le travail sur le Pont “Haldimand” n’avance pas vite, le monde en souffre.  Au dire des connaisseurs le travail est très mal fait et ne peut durer que très peu de temps, autant d’argent de gaspiller.  C’est bien dommage pourtant car ce pont est d’une utilité indispensable.”  (L’Impartial, le 10 août 1905.)

Faits intéressants

1980 par Contribution anonyme

Le premier Acadien à demeurer dans le village de Wellington fut monsieur Fidèle-T. Arsenault.  Il s’y installa en 1874 pour y fonder un magasin pour le compte de l’honorable Joseph-Octave Arsenault, alors député à la Législature de l’Île.  Peu après il y fut suivi par monsieur Joseph-E. Arsenault, ancien instituteur, qui devint chef de la gare du chemin de fer, poste qu’il occupa pendant plus de 30 ans.

La première école acadienne de l’Île fut ouverte à Rustico en 1815 par l’abbé Beaubien.  Le maître fut François Buote qui savait lire et écrire, et qui avait quelques notions d’arithmétique.  La classe se faisait dans le presbytère.

Baie-Egmont était jadis “La Roche”, Mont-Carmel, le Grand Ruisseau et Miscouche, la Belle Alliance.  Quels beaux noms!