Résultats: ‘Urbainville’

Une Petite Nyctale à Urbainville!

2009 par Jacinthe Laforest

La Voix acadienne, 2 mars 2005, p. 28.

Comme on le sait, l’Association du Musée acadien de l’Île-du-Prince-Édouard voudrait que la Petite Nyctale devienne l’emblème aviaire de l’Acadie, c’est-à-dire l’oiseau qui représente l’Acadie, pour ajouter à la liste des symboles distinctifs de l’Acadie.

Cette chouette est relativement rare et peu de gens en ont vu des vraies de vraies.  Lorsque Hermine Arsenault, membre du conseil d’administration du Musée acadien, a mentionné qu’elle possédait une de ces chouettes, empaillée, le président David Le Gallant, a tout de suite demandé à Hermine de l’apporter au Musée, ce qu’elle a fait.  L’oiseau, adulte, avait été trouvé mort dans une grange par l’un des fils d’Hermine.  «C’était l’hiver alors nous pensions qu’il était mort de froid ou de faim.  Mon garçon a fait des démarches pour le faire empailler et il me l’a donné à Noël en décembre 2003.  J’aimerais bien cela que cet oiseau devienne un symbole de l’Acadie», dit Hermine Arsenault d’Urbainville dans la région Évangéline.

L’oiseau, empaillé par un taxidermiste de la région Évangéline, est installé dans une place bien en vue de la cuisine chez Hermine Arsenault.  Elle est bien fière de posséder un oiseau qui sera peut-être l’emblème aviaire de son peuple.

Hermine Arsenault et la Petite Nyctale.

La Société des Dames du Sanctuaire

1985 par Georges Arsenault

par Georges Arsenault

 

La Société des Dames du Sanctuaire est une association catholique et acadienne qui oeuvre seulement dans les paroisses de Baie-Egmont et de Mont-Carmel.  En 1984, elle comptait 165 membres regroupés en dix succursales.  Comme le suggère son vocable, le but initial de la Société était d’assurer l’entretien du sanctuaire et de l’autel de l’église paroissiale.  Toutefois, cette Société, qui ne s’est jamais donnée de statuts, a bientôt élargi son rôle et multiplié ses activités.  Effectivement elle a pendant longtemps beaucoup contribué à l’entretien et à l’ameublement des écoles, elle a oeuvré dans le domaine de l’éducation chrétienne et familiale, elle a travaillé au développement communautaire et elle a souvent agi comme organisme de charité.

Il est difficile d’établir très précisément la date de fondation des Dames du Sanctuaire car les documents font malheureusement défaut.  De plus, l’organisation de la Société, telle qu’elle existe de nos jours, s’est faite non pas à une seule date mais sur l’espace de plusieurs années.

En se baisant sur les rapports annuels de la paroisse de Baie-Egmont, fournis au bureau du Diocèse de Charlottetown, on pourrait fixer la fondation de la Société à 1930 ou 1931.  Effectivement c’est dans le rapport de 1931 que l’organisme est mentionné pour la première fois.  Elle compte alors 80 membres.  Malheureusement, le rapport pour 1930 n’existe pas dans les archives diocésaines et la Société des Dames du Sanctuaire n’est pas nommée dans les rapports précédents.  En 1936, la Société comptent 225 membres.1

Il semble qu’au tout début ce regroupement féminin existait comme une organisation paroissiale sans succursale.  Elle aurait été mise sur pied à l’instigation du curé, le Père F.-X. Gallant, qui voulait que les paroissiennes s’intéressent davantage à l’entretien du sanctuaire.  Ainsi, dès le début, les Dames du Sanctuaire se chargent d’acheter et de laver le linge d’autel, d’acheter des ornements et des fleurs et elles voient à la propreté du sanctuaire et de la sacristie.  Afin d’assurer un service continu et efficace, la Société embauche une sacristine.  Les Dames s’occupent aussi d’acheter des articles pour le presbytère et la salle paroissiale, aident à préparer la procession de la Fête-Dieu, coordonnent l’organisation des soupers lors des pique-niques paroissiaux et organisent le grand nettoyage de l’église.  Pour se financer, elles organisent des activités lucratives telles que des bingos, des jeux de whists et des séances de variétés.

La Société des Dames du Sanctuaire prend un nouveau tournant en 1936 lorsque, à la demande du Père F.-X. Gallant, au moins un groupe du Women’s Institute de la paroisse de Baie-Egmont se transforme en “Dames du Sanctuaire”.  Depuis un certain nombre d’années, le Women’s Institute – organisme introduit dans l’Île en 1913 sous les auspices du ministère de l’Agriculture – était assez bien établi dans les divers districts scolaires de la paroisse.  En effet, en 1936, il existait exactement sept succursales à Baie-Egmont.  La paroisse de Mont-Carmel en avait trois.3 Il s’agit du premier mouvement féminin communautaire à être organisé dans ces deux paroisses acadiennes.  Sous la devise, “Pour le foyer et le pays”, l’institut cherchait à seconder les femmes dans leur travail au foyer mais aussi à les mener à s’impliquer dans le développement communautaire.  Leurs principales activités consistaient donc à aider à l’ameublement et à l’enretien de l’école, à visiter les malades et à contribuer aux oeuvres de charité, telle la Croix-Rouge.  L’organisation était non-confessionnelle mais elle n’empêchait pas ses membres à contribuer à l’entretien de l’église de la communauté.

Quoi qu’il en soit, certaines personnes, dont plusieurs curés, voyaient dans le Women’s Institute un organisme plutôt protestant et, comme le Père F.-X. Gallant de Baie-Egmont, les curés de plusieurs paroisses catholiques ont, à un moment donné, incité leurs paroissiennes à se rencontrer en un mouvement féminin catholique où l’étude de la religion catholique trouverait sa place.  Au cours des années 30, on faisait des efforts dans le diocèse de Charlottetown dans le domaine de l’Action catholique.  Cela consistait à faire participer les laïcs dans la diffusion de la “Bonne Nouvelle”, donc dans l’étude et l’enseignement du catéchisme.  C’était aussi une période d’une certaine ferveur religieuse.  On n’a qu’à se rappeler les grands Congrès eucharistiques dont celui tenu à Baie-Egmont en 1936.

Selon l’état de nos recherches, ce serait le groupe du Women’s Institute d’Abram-Village qui se serait le premier transformé en Dames du Sanctuaire.  La première mention de l’existence de cette “succursale” que nous ayions pu trouver est le compte rendu d’une réunion tenue le 9 décembre 1936.  Ce rapport fut publié dans L’Évangéline3 qui, à l’époque, publiait régulièrement des nouvelles du village et de quelques autres communautés acadiennes de l’Île.  La rencontre avait lieu chez Mme Philibert-F. Arsenault où quatorze membres étaient présents.

Il appert que pendant quelques années Abram-Village fut le seul district à avoir une succursale des Dames du Sanctuaire.  Du moins c’est la seule succursale qui envoie de ses nouvelles à L’Évangéline entre 1936 et 1939.  Mais en 1939, de nouvelles succursales apparaîssent.  Effectivement, au début janvier on annonce dans L’Évangéline la formation d’une succursale des Dames du Sanctuaire à Saint-Chrysostome :

C’est avec plaisir que les dames de St-Chrysostome annoncent leur enrôlement dans la société des Dames du Sanctuaire.  Leur première assemblée eut lieu chez Mme Veuve Azade Arsenault.  Onze membres et quatre visiteuses étaient présentes.  La prière d’ouverture fut récitée par la maîtresse de la maison.  Mme Veuve Azade Arsenault agissait comme présidente et Mme Étienne Arsenault comme secrétaire.4

Au cours de la même année, on publie dans L’Évangéline des rapports de réunions des Dames du Sanctuaire tenues à Urbainville et à Saint-Raphaël.  Ce n’était pas tous les districts des paroisses de Mont-Carmel et de Baie-Egmont qui envoyaient de leurs nouvelles à L’Évangéline.  Il est donc possible que d’autres succursales aient été fondées vers 1939 sans que le journal acadien en fasse mention.  Une étude du Journal-Pioneer pourrait peut-être nous renseigner davantage.

Les réunions et les activités des succursales des Dames du Sanctuaire ressemblent de très près celles du Women’s Institute.  Comme l’Institute, on a le comité de l’école et celui chargé des visites auprès des malades, et l’ordre du jour des réunions comprend toujours l’appel des noms, une lecture, le rapport des comités, un jeu et enfin un goûter et à l’occasion un bingo au profit de la Société.  Ce qui est différent de l’Institute, cependant, c’est que l’on discute beaucoup plus de religion.  L’appel des noms se fait parfois par une réponse de catéchisme, la lecture traite le plus souvent d’un thème religieux (par exemple:  La passion, le mois de la Sainte-Vierge, la Liturgie, Pour comprendre la messe) et on discute davantage de l’entretien de l’église et du presbytère de sa paroisse.  Ainsi chaque succursale contribue régulièrement une somme d’argent à cette fin.  Néanmoins, l’entretien de l’école du district, l’appui aux enseignants et la motivation des élèves demeure une priorité pour les Dames du Sanctuaire comme cela l’avait été avec le Women’s Institute.  On fait aussi la charité envers les familles pauvres, on tricote des bas pour les soldats durant la guerre et on fournit un linge à l’orphelinat diocésain.

Les “Conventions”

À chaque année, les succursales des Dames du Sanctuaire se réunissent en congrès pendant toute une journée.  À Baie-Egmont ces “conventions” sont organisées au moins à partir de 1940.  Elles servent en fait d’assemblées annuelles pour le comité paroissial.  D’après L’Évangéline, le congrès de 1940 s’est déroulé au mois d’août à la salle paroissiale.  Il y eut l’élection des officières, des petits “drames”, du chant, des lectures et des discours par les abbés F.-X. Gallant et Gavin Monaghan.5

Depuis 1950, les succursales des deux paroisses se rencontrent en congrès annuel.  Il n’y a donc plus d’élections à ces rencontres.  Les élections pour le comité paroissial de Baie-Egmont ont lieu à une autre occasion.  Quant aux dames de Mont-Carmel, elles ne possèdent pas de comité paroissial pour réunir les diverses “succursales” de la paroisse.  Quand vient le tour des dames de Mont-Carmel d’organiser le congrès annuel, elles se consultent simplement et sans trop de formalités se nomment un comité organisateur.

Comme les réunions mensuelles des succursales, les “conventions” des Dames du Sanctuaire ont été calquées sur celles des Women’s Institute.  Au programme il y a, entre autres, le rapport des succursales, des lectures, un conférencier, ou une conférencière, des discours, du chant, des saynètes et une loterie.  À la fin de la rencontre on adopte une série de résolutions.

En 1953, lors de la troisième convention regroupant les succursales des deux paroisses, la présidente, Mme Lucien (Marie-Louise) Arsenault, fit un discours dans lequel elle donna sa conception du rôle de son organisme.  Son discours, qui reflète bien la mentalité de l’époque, fut rapporté, en grandes lignes, dans L’Évangéline :

… Mme Lucien Arsenault … en termes choisis expliqua l’importance d’une telle réunion, puisque la Société a pour but de travailler à placer sur un niveau plus élevé la vie de la famille chrétienne.

D’abord, dit-elle, considérant le nom de la Société, demandons-nous si un nom si noble ne mérite pas un effort de notre part afin de faire disparaître de notre milieu tout ce qui pourrait causer du tort ou de la peine à nos semblables, et que si c’est le devoir d’un père de famille de pourvoir aux besoins temporels de ses enfants, c’est à la mère surtout de voir à ce que ceux qui reçoivent une éducation chrétienne et solide, non seulement dès leurs premières années d’études, mais aussi et surtout dans les études plus avancées, car Dieu sait si nous avons besoin de chefs afin de réussir à faire face à nos problèmes qui deviennent plus nombreux chaque jour.  Il est grand temps qu’il se fasse un réveil chez-nous au sujet de nos écoles et il faudrait tâcher d’inspirer à nos élèves le désir de s’instruire afin de travailler au relèvement du petit peuple acadien sur notre belle île, car c’est par l’éducation seulement que nous parviendrons à occuper un rang égal aux autres nationalités.6

La religion, la vie familiale, l’éducation et la langue française sont les principaux thèmes que les conférenciers, les curés et les dames abordent pendant les congrès.  Ainsi on donnera des explications à propos de la messe et on fera des exposés sur la formation chrétienne des enfants, la surveillance des enfants par leurs parents, la responsabilité des mamans au foyer, l’autorité parentale, la famille et la société moderne, les programmes de télévisions, l’art ménager, le Concile oecuménique, l’importance de l’éducation et le bon parler français.  En 1967, il y a pour la première fois une discussion en groupes où tous les congressistes ont l’occasion de discuter les questions suivantes :

1.  Quels moyens faut-il prendre, nous mères de famille, pour instruire nos enfants afin de diminuer les mariages mixtes?

2.  À quel âge les fréquentations devraient-elles commencer?

3.  Est-il mal, comme passe-temps, de tricoter ou de coudre pour sa famille le dimanche après avoir assisté à la messe?7

Enfin, pendant longtemps, les congrès se terminent par l’hymne national acadien, l’Avé Maris Stella.

Les quelques pages ci-dessus sont loin de constituer une histoire exhaustive de la Société des Dames du Sanctuaire.  Il ne s’agit que d’un aperçu.  Afin d’écrire une histoire plus complète, il faudrait faire beaucoup plus de recherches afin de dépister les anciens procès-verbaux et les comptes rendus publiés dans les journaux.  Il serait important également d’interviewer les membres fondatrices qui sont toujours parmi nous afin de recueillir leurs souvenirs.  Ce serait un excellent projet d’anniversaire pour les succursales qui célébreront leur 50e anniversaire dans les prochaines années.

La Société des Dames du Sanctuaire et le Women’s Institute sont des organismes qui ont beaucoup contribué à la vie sociale des paroisses de Baie-Egmont et de Mont-Carmel.  Pour bien comprendre l’évolution de la femme dans ces deux paroisses, il importe d’étudier attentivement ces deux mouvements.  Une lecture des rapports de leurs réunions et de leurs activités pourra nous éclairer énormément sur l’évolution des mentalités, voire sur l’évolution de la société.

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1.  “Annual Report of St-Jacques Egmont Bay Parish”, 1936.  Archives du Diocèse de Charlottetown.

2.  L’Évangéline, le 16 juillet 1936, p. 5.

3.  Ibid., le 23 décembre 1936.

4.  Ibid., le 19 janvier 1939.

5.  Ibid., le 15 août 1940.

6.  Ibid., le 13 août 1953.

7.  Procès-verbal de la Convention des Dames du Sanctuaire, le 5 juillet 1967.

Nous avons aussi consulté deux articles de Mme Emmanuel (Madeleine) Gallant : “Les Associations féminines”, Compte rendu.  La Convention Nationale Acadienne de l’Île-du-Prince-Édouard, 1951, pp. 60-62; “Les Dames du Sanctuaire à St-Philippe et St-Jacques”, Album-Souvenir, 150e anniversaire, Paroisse St-Philippe et St-Jacques, 1962, p. 64.

Journal d’une famille d’Urbainville : 1914-1918

1979 par Contribution anonyme

 

Les journaux personnels sont de précieux et intéressants documents capables de nous renseigner d’une façon remarquable sur les activités, la mentalité, les préoccupations et les coutumes des gens d’une autre époque.  Ce sont des documents qui peuvent nous fournir une foule de renseignements que nous ne pourrions probablement pas trouver ailleurs.

Un journal est d’autant plus intéressant lorsqu’il est écrit par quelqu’un du peuple, c’est-à-dire par des gens ordinaires.  Ce genre de documentation est malheureusement très rare comparativement au matériel que nous ont conservé l’élite d’antan, soit les hommes publics, les prêtres, les journalistes, les instituteurs, etc.  Ceci constitue un problème pour l’historien qui souvent doit interpréter l’histoire en se basant presque uniquement sur les écrits de ces gens bien placés qui ne voyaient pas toujours les choses d’un même oeil que le commun des mortels.

Je vous présente ici des extraits du journal de la famille de Benoît Arsenault.  Celle-ci vivait sur une ferme à Urbainville, aussi appelé le Portage par les gens de la région, dans la paroisse de Baie-Egmont.  La mère de Benoît, Mme François Arsenault, née Marie Gaudet, semble avoir été l’instigatrice de ce journal.  De toute évidence, elle l’aurait commencé dans les années 1880-90.

Marie ne savait pas écrire.  C’est donc ses enfants et ses petites-enfants qui inscrivaient les notes dans son cahier.  À part cela, elle tenait un “cahier des morts” (parfois intégré dans le journal) dans lequel elle inscrivait le nom et la date des décédés de la paroisse et d’autres gens qu’elle connaissait.  Sa bru, Mme Benoît Arsenault, née Céline Poirier, continua cette liste.  La tradition est toujours vivante dans la famille car la petite-fille de Mme François Arsenault, Mme Anita Maddix de Wellington, tient toujours un “cahier des morts”.

Je publie ici le contenu du journal pour les années 1914 à 1918.  Malheureusement, le cahier est passablement délabré au point que plusieurs pages sont déchirées en partie ou manquent complètement.  Cependant, celles contenant les inscriptions pour les années ci-dessus mentionnées sont presque intactes.

On remarque que le journal contient surtout des notes pour les activités qui se déroulaient entre le mois de décembre et le mois d’avril de chaque année.  Il y a en effet très peu dans le journal au sujet de ce qui se passait pendant la saison des semences et au temps des moissons.  Les inscriptions les plus communes traitent de la période des fêtes, des jours gras, de la semaine sainte et des tempêtes.  Comme on peut s’attendre, la température préoccupait beaucoup ces gens.  La grand’mère Marie voyait à ce que soit notée dans le journal la température de chaque jour, de Noël à l’Épiphanie.  La croyance voulait que la température de ces douze jours annoncent la météo pour chaque mois de la nouvelle année.

En 1914, la maisonnée Arsenault était composée de trois générations.  On y trouvait les grands-parents, François Arsenault (74 ans) et son épouse Marie Gaudet (69 ans), leur fils Benoît et son épouse Céline Poirier, tous les deux âgés de 42 ans.  Ils avaient une famille de huit enfants:  Eric, 17 ans; Léah, 15 ans; Elmire, 14 ans; Hermina, 11 ans; Anita, 9 ans; Eléonore, 8 ans; Irène, 6 ans; Aldona, 3 ans.

Georges Arsenault

 
- 1914 -

Le 2 d’avril c’était une grosse tempêtre et le 4 la jument a eut son poulin.  Le lendemain qui était le dimanche des rameaux on a été a l’Église en pleine grande traîne, les chemins étaient beaux et il faisait très beau.  François et Marie et Eric et Céline et Elmire et Ermina.  Benoit avait resté soigné la jument qui avait son poulin.  Le temps a été beau pour les offices de la Semaine sainte.  Mercredi il n’y avait presque personne d’Urbainville excepté chez François Avit.  Jeudi matin il y avait Mon père, mon grand père, Eric, ma mère, Anita et Eléonore, moi Léah j’y était avec mon oncle Pierre.  Vendredi il y avait Mon grand père, mon père, Eric, Elmire, et moi.  Samedi, il y avait mon père, ma grand mère, Eric, Elmire, Anita et moi avec Clément.  À Pâques il y avait Mon grand père, mon père, ma mère, Eric et Ermina.  Vendredi Saint après midi Eric a été à Wellington s’acheter des culottes et un raincoat pour Pâques car il avait peur des corneilles1.  Le 28 avril la light2 a été allumer pour la première fois et le 29 la steem3 a passer.

- 1915 -

Le 15 janvier grand’mère baliait tout le devant de la porte pas de neige encore.  Morile4 et sa femme ont venu se promener ici le 15.

Du 18 Jan. au 21 temps vâseux – ensuite un petit peu de neige, le 24 on a été à l’église en traîne pour la première fois.

23 Jan.  temps mouaseux et neigeux

24  beau temps

25  temps neigeux

26  beau, c’était les noces a la veuve Céline5

27  beau aussi

31 Jan. il y avait presque pas de monde à l’église – personne de nous.  C’était un storm pour deux ou trois jours.

2 fév. il y avait pas de chemin personne de par ici était a l’église on a acheter des chandelles le dimanche.

Ensuite temps moue.  Emma à Léon marié le 2 Fév.6

Beau temps tous les jours gras jusqu’au Lundi matin – temps couvert et neigeux.  Chez mon oncle Magloire on tous venue Lundi après-midi et le soir chez mon oncle Jos on venue on était en tout 44 personnes.  Chez Jos s’en on été le soir et Magloire s’en ont été Mardi après midi.  Mardi temps mouillasseux jusqu’à l’après midi le soir on a tous été chez oncle Calixte.  Les Miscouche7 avait venus la semaine d’avant Mardi gras.  Ils ont été presque une semaine.

le mercredi des cendre beau temps mais la neige fondait toujours, on a été a l’Église en deux traine.

À la saint Patrique très beau temps.  Le dimanche des rameaux on a été a l’église en deux traînes, ceux qui ont rester son grand’mère, Nonore, Irène et Aldona.  Eric a été chez mon oncle Jos Cormier de la messe avec la jument jaune.

Edmond à Placide8 c’est cassé une jambe le 9 avril, au moulin chez MicNally, il a été mener a l’aupitale, Summerside, tout de suite il a eu une opération a la jambe et il est mort le 13 au matin.  Son corps a été amener le lendemain soir.  C’était un sérieux coup pour sa pauvre mère.

Philibert à Jos Arsenault, Abrams Village, sait fait tuer le 22 avril a Oldtown, sur la drive.  Son corps est arrivé ici 30 avril, il avait les deux bras et une jambe de couper et un oeil arracher.

Le 19 Mai, 1915 on a eu de la neige l’avant midi.  Le 27 mai un storm de neige toute la journée et de pluie.  C’était sérieux.

- 1916 -

Le dernier dimanche de Janvier le 30 c’était la première fois qu’on allaient en traine.  Le 1 Février avant-midi il mouillait l’après-midi il faisait beau.  Le 2 Feb. la chandeleur beau temps.  Le soleil paraissait l’avant-midi mais l’après-midi le soleil paraissait pas mais il faisait beau.  Benoit et Marie était à l’église en wagon.  Le 19 Février François et Marie ont été a Miscouche dans le train et il s’en ont revenue le 25 Fév.  Le 27 Fév. était le Dimanche et tous le monde était a l’église en wagon.  Le 28 Feb. beau temps clair.  Le 29 Feb. beau temps mais froid.  Cette journé Elie9 était ici tout la journé avec François il jouait aux cartes.  Le 4 Mars grosse tempête de neige tout l’après midi et tout la nuit le lendemain.  Dimanche Gras beau temps.  François, Benoit, Céline, Léa, Eric, Elmire était a l’église.  Le 16 Mars un gros storm de neige et toute la nuit.  Le 17 Mars beau temps claire (second storm).  Tout la semaine Sainte, le 19, 20, 21, 22 d’avril il faisait laid il mouillaient par élant.  Le 23 Avril (Pâque) y faisait très beau.  Grand’mère et moi, Anita, Eléonore et Aldona avont rester et tout les autres ont été a l’église.  Le feu a Summerside a eu lieu le 13 dec. Y a été brûlé 15 batices.

Noel.  beau temps, il poudrait par élan.

26 Dec.  il ventait fort.  Le soleil paraissait par élan.

27 Dec.  beau temps clair.

28 Dec.  beau temps aussi.

29 Dec.  gros vent et gros froid.

30 Dec.  plus calm mais froid.

1 Jan.  beau temps

2 Jan.  beau temps

3 Jan.  beau temps

4 Jan.  beau temps

5 Jan.  beau temps

Le Jour de pâque 1916.  Le car ferry est venu rencontrer la goêlette.  Le boat à arrêter de  traverser le 22 dec. (pour la première fois).

- 1917 -

Le 17 Jan. 1917 il y a passer deux automobile.  Dimanche le 2 et 3 décembre il faisait un gros storm. … décembre un gros storm plus gros que le premier.  Le 8 décembre samedi c’était une fête et il ont pas put passer pour aller à l’église (en 1917).  Le 6 décembre 1917 la ville de Halifax a été brulé par la demnimite.  Deux bâtiments s’ont rencontrer et dans un il y avait de la demnimite et s’a exploder.

Le 4 de Jan. 1917 il a passer une automobile.  Oncle Silvin10 est venue ici le 25 Janvier.  Il a pris malade le 8 feb. il a été administrer le 11 feb. il a venue mieux le 18 feb. il a parler et jouer aux carte tous la soirer, et le 19 il a pris paraliser, le prête a revenue le voir le 23, il lui a accorder l’absolution.  On a connu qu’il affaiblissait.

Jeudi Saint.  Le temps couvert.  Grand-père, Ben, Céline, Eric et Léa ont été a l’église.  Vendredi Saint.  Grand-père, Ben, Eric et Eléonore ont été à l’église.  Samedi Saint.  Eric a été à l’église.

Halifax a été brûlé par la demnimite et il ont attendue le train que cela avait fait à Charlottetown (1917).

Le jour de Noel 1917 il faisait beau.  Mon grand-père, mon père, ma mère, Eric, Elmire, Léa, Anita, Irène ont été à l’église.  Aldona et Ma grandmère elle étaient malade et Ermina et moi Eléonore ont rester.  Noel 25 dec. beau temps, Céline est aller chez Pierre Gallant soignez Eléonore.

26  beau temps mais gros froid.

27  encore gros froid.

28  beau temps mais froid.

29  gros froids temps couvert.

- 1918 -

Les jours saint ont été bien beau cette année 1918 et les chemins sont beaux aussi.  Mercredi après midi Eric, Anita et moi ont été a confesse et aux offices il faisait très beau jeudi matin on a été a l’église en deux traines pépé a resté chez mon oncle Gelace Gaudet et s’en a venu vendredi matin.  Elmire, Eléonore et Aldona avaient restés jeudi matin.  Jeudi après midi Elmire, Eric et moi ont retourné aux offices.  Vendredi matin maman, Anita, Irène et moi ont resté il faisait très beau encore et l’église était pleine de monde.  On a pas été aux offices l’après midi.  Samedi matin très beau aussi.  Elmire, Anita, Eléonore et Aldona ont restés.  Dimanche (Pâque) très beau temps.  Maman, Irène et Aldona ont restés.  Chez John Frank11 on venu dîner ici de la messe.

Dec. 25  il mouillait presque toute la journée et il neigeait.

Dec. 26  beaux temps assez.

Dec. 27  beaux temps assez.

Dec. 28  encore beau temps.

Dec. 29  Gros storm seulement Papa et Eric ont été à l’église.

Soldat mort en l’année 1918.

Théophile Arsenault
Hercule Arsenault
Jos Arsenault (Vaillant)
Antonet Gallant
Théodore Arsenault
Emanuel Gallant (Jérome)
Etienne Arsenault (Tanise M.)
Emanuel Geneau
Jerrald Darby
Paul (Léan) Arsenault

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1.  Selon la tradition, les corneilles chient (excusez l’expression) sur les gens qui ne portent pas un morceau de linge neuf le jour de Pâques.

2.  De toute évidence, il s’agit du phare de MacCallum’s Point dans le havre de Summerside.

3.  Le bateau à vapeur qui faisait le trajet entre Summeside et Shédiac.

4.  Morile Arsenault de Saint-Louis.

5.  Elle épousait Jimmy Luke.

6.  Emma Arsenault.

7.  Il s’agissait des frères de Mme François Arsenault, Fidèle et Juste Gaudet.

8.  Edmond Arsenault d’Abram-Village.

9.  Elie Arsenault, surnommé “Tuyau”, d’Urbainville.

10.  Sylvain Arsenault de St-Chrysostôme, frère de François.

11.  Jean-François Arsenault.

On lisait dans L’IMPARTIAL…

1979 par Contribution anonyme

le 5 octobre 1893 :

“Depuis huit jours nous avons eu un temps très orageux.  On ne constate cependant aucun dommage au havre de Tignish, on compte au delà de 150 embarcations de Caraquet qui sont venues se mettre à l’abri au commencement de la tempête.”

le 23 avril 1896 :

“Les fermiers d’Egmont Bay et des villages avoisinants sont à ériger une bâtisse à Abrams Village en vue de partir une fromagerie.  L’intérêt qu’ils ont manifesté en entendant les leçons que leur a données le Professeur Robertson les a portés à s’engager dans cette branche d’industrie devenue indispensable au bien du pays.”

le 13 janvier 1898 :

“Pendant l’année 1897 il y a eu à l’église de l’Immaculée Conception, Palmer Road, 81 baptêmes, 10 mariages et 25 sépultures dont 14 adultes.”

le 17 août 1899 :

“Les gens d’Urbainville viennent de former un cercle agricole dont M. Laurent A. Arsenault est le président.  L’Association comprend maintenant 70 membres au nombre desquels sont plusieurs des fermiers les plus en vue dans la belle paroisse d’Egmont Bay.  Les assemblées régulières sont tenues tous les quinze jours, où l’on y traite des principales questions qui ont rapport aux améliorations de la culture du sol.”