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Les Longuépée, une famille rétablie en Acadie

2004 par Stephen A. White

Stephen A. White

 Un Acadien de Framingham, Massachusetts, magna cum laude de l’Université de Harvard, M. Stephen White est généalogiste au Centre d’études acadiennes de l’Université de Moncton depuis 1975. Il est l’auteur du Dictionnaire généalogique des familles acadiennes, 1re partie, (1636-1714) et est en train de préparer la 2e partie (1715-1780).

 

Il y a des familles acadiennes de vieille souche, qui, pour diverses raisons, ne sont aujourd’hui que peu nombreuses. Parmi celles-ci, on retrouve toujours présente en Acadie la famille des Longuépée.

Vincent Longuépée était jeune matelot, âgé de 22 ans, lors du recensement de Grand-Pré en 1693. De ses origines, nous savons seulement qu’il était français. Nous ne pouvons que spéculer à savoir comment un jeune marin français est devenu habitant de la petite colonie agricole sur la baie Française (aujourd’hui la baie de Fundy) durant les années 1690. Quoi qu’il en soit, lors du recensement précité, Vincent était nouveau marié. Son épouse était Madeleine Rimbault, fille de René et d’Anne-Marie Rimbault. Aucun document ne mentionne le nom de famille de la belle-mère de Vincent Longuépée. Certains croient par conséquent que celle-ci était Amérindienne, mais nous n’avons pas les preuves de cela.

Vincent Longuépée et Madeleine Rimbault ont eu six enfants, dont un seul fils, qu’ils ont baptisé Louis. Il y aurait peut-être eu d’autres petits Longuépée, mais le père est décédé prématurément, tout probablement peu après le recensement de 1707, lorsqu’il était encore dans la trentaine.

Dès 1715, certains membres de cette famille se sont rendus à la nouvelle colonie française de l’île Royale. C’était donc à Port-Toulouse et à Louisbourg que les filles de Vincent Longuépée se sont trouvées des conjoints. Madeleine s’est mariée à Port-Toulouse, vers 1715, à Médéric Coëndo dit La Rose; Cécile a épousé Pierre Bénard au même endroit environ trois ans plus tard; Élisabeth a convolé l’année suivante avec Jean Papon dit Sans Regret; Marguerite a uni sa destinée avec celle de Louis Closquinet dit Des Moulins, à Louisbourg, le 5 octobre 1722 et enfin, Marie, vers 1723, avec René Lambert. Seul ce dernier semble avoir été d’origine acadienne; tous les autres étaient des Français et, à toute apparence, en jugeant par leurs surnoms, des soldats. Entre-temps, Madeleine Rimbault a fait de même en se remariant à Gabriel Biron dit La Gelée, lui aussi originaire de France.

Louis Longuépée n’a pas fait comme ses soeurs. Il a pris pour femme une Acadienne, Anne Brassaud, fille de Pierre Brassaud et de Gabrielle Forest. Louis et sa jeune mariée ont fait baptiser l’aînée de leurs enfants, Marie, à Port-Toulouse vers 1722, mais ils n’ont pas demeuré longtemps à l’île Royale. L’errance semble avoir été leur lot dans la vie : Louis et Anne n’ont pas habité longtemps nulle part. Leur seconde fille, Anne-Josèphe a vu le jour à Cobeguit en 1725 et la troisième, Marie-Rose, a été baptisée à Grand-Pré en 1731. Faute de documents, nous ignorons les lieux de naissance de leurs cinq autres enfants. Les nombreux déplacements de cette famille ont eu l’heureuse conséquence de permettre aux Longuépée d’échapper à la Déportation de 1755. Ils ont quand même eu le malheur d’être faits prisonniers par les Anglais à l’île Saint-Jean et transportés en France durant l’hiver de 1758-1759.

Louis Longuépée et Anne Brassaud sont arrivés à Saint-Malo avec leur fille Anne-Josèphe, déjà mariée depuis dix ans à Claude LeBlanc. Leurs fils, Pierre, Ambroise, Jean et Louis les accompagnaient aussi. (Un cinquième fils, Joseph, époux de Cécile Bourg, semble être décédé avant l’évacuation de 1758, ne laissant qu’une fille, qui est décédée à l’âge de dix ans.) À la veille de leur départ de l’île Saint-Jean, Pierre Longuépée s’était marié à Marie-Josèphe Bertaud dit Montaury. Ensuite, ses frères Ambroise et Jean ont trouvé des femmes parmi leurs compatriotes en exil, en épousant Anne-Marguerite Henry et Marie-Françoise Bourg, respectivement. Leur dernier frère, Louis, est malheureusement décédé à l’Hôtel-Dieu de Saint-Malo, le 15 août 1760, à l’âge de 17 ans. Son père le suivit dans la tombe le 5 juin 1763.

Les trois frères survivants sont restés ensemble dans les environs de Saint-Malo jusqu’en 1774. Puis, Pierre a pris la décision de s’en retourner à l’île Saint-Jean. Il était accompagné par ses deux fils, Jean-Pierre et Louis-Toussaint, qui sont devenus par la suite les continuateurs de la lignée en Acadie. Par contre, Ambroise et Jean Longuépée sont demeurés en France jusqu’en 1785, avant de partir pour la Louisiane. Nous croyons qu’ils ont, à ce jour, une certaine descendance en Acadie du Sud.

Jean-Pierre Longuépée, fils de Pierre, s’est établi à la baie Fortune avec sa femme Marie Dewer, pendant que son frère Louis-Toussaint a déménagé à Magré (Margaree) avec son épouse Marguerite LeBlanc. Les descendants de ces derniers se sont installés aux Îles-de-la-Madeleine, où ils ont conservé l’orthographe Longuépée. La plupart de la progéniture de Jean-Pierre, par contre, portent aujourd’hui les variantes de Longphee et Longaphie. Ils habitent tous les trois provinces Maritimes.2

 1.         La rédaction : cet article a été publié dans Le Journal, publié à Moncton, par les  Éditions Beausoleil, NB Publishing, la semaine du 27 septembre 1977. (Le Journal a existé d’avril 1997 à février 1998.)

2          La rédaction : à titre de curiosité, il y a toujours des Longuépée à l’Île-du-Prince-Édouard. Dans un récent bottin téléphonique de l’Île, on trouve des Longaphee, des Longaphie et des Longuepee à Charlottetown, à Souris et à Breadalbane, à l’ouest de Kensington.


Le patronyme  « LONGUÉPÉE »  tel qu’il apparaît sur la liste des familles–souches acadiennes insulaires, sur le monument en pierre, dans la cour du Musée acadien à Miscouche.  (Photo : Jacinthe Laforest)

Reflection on our Acadian identity

2004 par James Perry

James Perry1

 The Acadian James Perry is an industrial electrician at Cavendish Farms, a frozen French fry manufacturer in New Annan, Prince Edward Island. In his spare time, he is an amateur historian and genealogist. He has previously written articles for The Ancestral Home Newsletter (www.acadian-home.org) and The Louisiana Genealogical Register. He lives in Summerside with his wife, Dianne, daughters Melanie and Carolyn and son Christopher.

 

It is hard to put one’s finger on just when or where I became interested about my Acadian history and heritage. Some of those feelings go back to when I was a young boy. Most of the feelings I have are of a personal nature, a sense of where I belong, who I am, why I do things the way I do. I know I am not unique in this interest, many people the world over search out their ancestors for many different reasons. Someone told me once that genealogy is the world’s second most popular hobby, next to stamp collecting and ahead of coin collecting. I personally like the Latter-Day Saints’ wording; they call it «Family History Research», for without the history, all we have are names, dates and places. There is  so so much more to the story.

One thing that was a direct influence was that I was from a French-Acadian family, but nobody could speak French. My family would visit my grandparents in Summerside where French was spoken; we would visit my mom’s Uncle Georges in Mont-Carmel, bringing my grandmother along. They all spoke French there. My father’s parents also spoke French. In fact, my paternal grandfather John B., as he was called, spoke and wrote both English and French fluently despite only finishing Grade 2 or 3. My maternal grandfather only learned English in the late 1930’s and early 1940’s. His young daughters would read to him from their schoolbooks. I did not find this lack of French language skills unique or strange. We were «French» but spoke English. We were like the relatives whom Georges Arsenault spoke about : «we were French but did not speak the language». Where we lived at the time of my youth, it would have been better to speak Ukrainian or Inuit. There was no French language training in the schools I went to. There was no opportunity to learn even the basics of grammar and pronunciation. There was no one with whom to practise conversational French.

Our family were Acadian Islanders, and my parents somehow sought out other misplaced Islanders and had them for friends, the Bernards, the Gaudets and Gradys. They sat around in living rooms in military married quarters in out of the way places such as Yorkton, Saskatchewan, and Moosenee, Ontario, and talked about the Island, who married whom, who had babies, who got divorced. When we came «home» the scene was the same; only the people were different. Mom and Dad sat around at night with Granny and Granddad and with the  other relatives who were there and talked again  about people, who married whom, who had children, etc. We ate unusual foods like lobster, râpure, chicken fricot, chowder, yellow-eyed beans, bannock and French biscuits. I swear that if there were a fire at our house, my parents would have saved the grinder and râpure pans before my brother and me. When I was dating my future wife, I invited her over for a râpure supper. She’s from Nova Scotia English and Upper Canada Loyalist heritage, so I explained to her that if we had any future, she would have to learn to like râpure. Turned out, she loved it! She has even mastered how to make it. In a catastrophe, I wonder if she would not save the pans before the children, or maybe before the husband.

Another influence was that because my father joined the Canadian Air Force shortly after my birth, we lived in several areas across Canada. Despite where we lived, Summerside was referred to as «home». Sometime in February or March, the topic of «Are we going home this summer?» would come up.  Now we lived in comfortable accommodations, we had furniture and clothes wherever we lived. We had a roof over our heads, heat and water and four walls. But it was just where we lived. Home was Summerside! We did not own a building here or even land, but it was home !

As a youth, I remember lingering on the deck of the «Abegweit», the original one, not the modern plastic and fiberglass copy, and also on the «SS Prince Edward Island», just savoring the view of the coast of the Island. It is har d to explain the thrill or the excitement it gave me as the shoreline came into focus. You could smell it, you could see it, and you could feel it. Very, very few of my classmates and friends in Yorkton or Moosonee were from here. They did not take a ferry to go home. The ground of their homeland was not red. They did not know the colour of the Island clay, how it tastes when the wind blows it off the newly ploughed fields, the feel of it being wet and mushed between your toes. I was from a very unique and special place. I knew it then and I still know it now.

We once came very close to living here on the Island. My father was transferred to a place where there were no married quarters available. My mother, brother and I came home to live with my grand-mother on East Street. My cousin Darrell gave me some schoolbooks I would need in the classroom here in Summerside. Among them was a history book entitled The Story of Prince Edward Island by P. Blakely and M. Vernon. It was in 1965 and I was almost eleven. I read the book during my summer vacation. When we very quickly left to join my father as he had found a house for us to live in, I kept that book. I still have it. It has been read several times.

Another book that made an impact on my life was one my grandmother had on her bookshelf, The title was Cent Cinquantième Anniversaire de la paroisse N. D. du Mont-Carmel, 1812 – 1962. She showed me her parents’ names in it, and how she was descended from Paul Arsenault, one of the pioneer settlers of Mont-Carmel. I was hooked. I had to know more.

After my graduating from College in 1975 and beginning my career, I seriously started to research my Acadian heritage. With my English Loyalist wife in tow, we visited the parishes of Baie-Egmont, Miscouche, Mont-Carmel, Wellington, Tignish, and Cascumpec. We visited «Le Village» and the Acadian Museum in Miscouche. I dragged her all over the Island, visiting graveyards and bookstores and historic sites. I started to acquire books, pamphlets, magazines and parish histories of the area. My family tree started to come together. I found out that my surname had not always been Perry, but Poirier. My grandfather changed it in the late 1920’s. I found out that all of my father’s brothers are named Joseph, every one of them used their second or even their third name, except the youngest; he got to use Joseph. My mother’s sisters are all christened Mary, be it Mary Bertha, Mary Edna, etc. They all use their second name as their common name. My mother, luckily the youngest of the girls, didn’t like her second name so she can use Mary, however she goes by Marie. The more I dug into this family history thing, the more passionate I became about it. The people in history became real and fascinating to me. Paul Arsenault, Germain Poirier, Xavier Gallant, and Jean Aucoin. The path led further back in time to Pierre Arsenault, Jehan Poirier and Jacob Bourgeois. And back to France, with side paths by way of the Melansons to England, the Caissies to Ireland, and Noiles to Holland. Who were all these people? Why did they come here? What were they like? How did they live?

At the time we were living in Truro, Nova Scotia, there was a lot to explore on that side of the Strait too : Beaubassin, Grand-Pré and Port-Royal. I remember my first visit to Grand-Pré. A feeling came over me that something terrible had happened there, despite its pastoral setting, I could feel the loneliness and the starkness of the place. I could see the expulsion, families torn apart, never to see each other again. On my office wall at home is a print of a famous painting depicting the scene of the expulsion. It serves as a reminder not to forget. A beautiful and scenic area forever marked by a tragic chain of events. The blood of innocent people, men, women, and children, speak from the grave «we should not be forgotten»,  and they are not forgotten.

Later in 1978, we moved to Mississauga, Ontario, and I took advantage of some of Canada’s largest libraries and bookstores to add to my information and collection. I was devouring reading material on the subject, both in a genealogical and a historical sense. Authors such as Bona Arsenault, Naomi Griffiths, Yvon Leger, Henri Blanchard, Michel Poirier and Ste-phen White. One day I found a copy of Georges Arsenault’s Complaintes acadiennes2. I signed it out from the library and kept renewing it for months. The librarian commented on my constant renewing and, because it was not really in great demand, she bent some of the library’s rules and allowed me to keep it longer. I read most of it with a French-English dictionary in one hand and the book in the other. It was my first attempt to read more than «born», «married», and «died» in French. The chapter in the Complaintes on Xavier Gallant enthralled me, as he was one of  my ancestors. I had to know more.  I had my parents, who live in Summerside, pick up locally published books that I couldn’t find in Ontario. Christmas, birthdays, and other holidays were exciting times, as I knew there were Acadian books coming.

The story of my people became alive, how a few families left France  for a new life in a faraway country.  How generation after generation moved from one place to another.  How the ravages of nature, weather and mice, only made them more intent to survive. How the tyranny of man only slowed them down, but they survived. How success came and went, and they survived. I remember researching one particular family, and within a few months, five of their children passed away, then the mother died. A little while later, the father remarried, and a whole new family started to arrive. How from tragedy he found some happiness in life.

I was reading recently about the journeyings of Father MacEachern. How he would travel from Malpèque  to St. Andrews, then back to Malpèque. Taking days and weeks, travelling by canoe, or snowshoe, horseback, and foot. Now we think nothing of jumping in the car and driving to Charlottetown for supper. One summer day we drove to Montague, then to Souris, up to East Point, over to Three Rivers, St. Peter’s, and Rustico, back to Charlottetown and then home to Summerside by way of Borden. The next day we drove up to Tignish and back through Baie-Egmont and Mont-Carmel. And finally to Miscouche before returning home. I thought how it took my ancestors several generations to go from Port-LaJoye to Summerside. I can do it now in a few hours.

Every day, I scan through The Journal-Pioneer for Acadian articles. I check out the obituaries and funerals. I compare any new information with the records in my database and add or correct them as required. I regularly check out the books available at the Centre J.-Henri-Blanchard, the Acadian Museum, the used-book stores in the area. In the past little while, we have been fortunate to see several excellent new books published. With great local historians and authors such as Georges Arsenault, Cecile Gallant, David Le Gallant, Jacinthe LaForest, and the late J. Henri Gaudet, we are regularly blessed with new and exciting publications. I thank them for their work and encourage them to continue to publish their research.

Sad to say, I have relatives and friends who mock the Acadian flag and shun their Acadian heritage as an embarrassment. I take pride in the fact that as a people we have a national flag, a national anthem, a national day. I take my young son with me to places such as the Acadian Museum, and the Centre J.-Henri-Blanchard. He looks up to me with his big brown eyes : «This is the Acadian place, dad?», he asks. He watches for flags and can identify our Canadian flag, the Summerside Flag, the Prince Edward Island flag, and our Acadian Flag. One day I bought one of those tricolor ties at the Acadian Museum. When I got it home, he claimed it as his own; it is his Acadian tie. I hope and pray he and our children throughout all the land will be proud of their Acadian heritage as I am.

As I continued my research, I was not and still am not satisfied with only knowing names and dates of my ancestors. I need to know more. I need to know how they lived, what they ate, what kind of clothes they wore, what they did for a living, etc. Were they farmers or fishermen? Did they have a trade? Were they merchants, or did they earn their wages working for someone else? Was their house a log home or a framed building? Did they have glass windows? Did they love lobster as a food or use it only as fertilizer? Did they eat biscuits or bannock? Did they love râpure as much as I do? Were they military men? Or were they opposed to war and fighting? Were they active in their religion? Or just going through the motions? Were their children their pride and joy? What was la Mi-Carême, or la Chandeleur? Did they have the same feelings I have, about the birth of a child, the death of a loved one? Do I have their nose shape, their eye or hair colour? How tall were they? Were they as passionate about where they lived as I am? I know some of these questions will never be answered, until I can ask them for myself in the next life. But I never tire of looking for the answers here and now.

There was a popular beer commercial a few months back, a young man extolling the virtues of being Canadian. I sometimes feel like that, but rather as an Acadian! We are not Québécois; our national day is August 15th, not June 24th. Our flag is the French Tricolor with the golden star in the blue representing our national patron saint, Our Lady of the Assumption. I personally do not speak French, but Acadians the world over speak many different languages, for we are a people without a homeland, banished in the 1750’s and dispersed all over the world.

We Island Acadians are the lucky ones, for we still occupy some of the lands where our ancestors first came. Many left for only a few years, some not at all, with proud names such as Arsenault, Poirier, Gallant, Gaudet, Bernard, Caissie, DesRoches and a couple of a dozen more. At one time I thought that Canadian history was boring, not at all like our neighbours to the south. But my studies of the pioneers of the Acadian parishes of Prince County have brought to life the exciting times they lived in. Hard times. happy times, sad times, good times. Many others and I are their legacy. The DNA in their bodies will match ours.

I remember reading somewhere about a young man who had a dream about going to heaven where he met his grandfather. They had so much to talk about, but all that the old man would ask was : «What have you done with my name?» Finally the young man answered, that he had done nothing that his grandfather would be ashamed of, that he was proud to bear the name of his grandfather and he would make him proud also. The grandfather thanked him and walked away. And the young man woke up, back in the world. We need to be proud of our ancestors. They lived and died in a harsh environment different from ours, so that we might have a better life, that we might enjoy freedom, in a great country. There are hundreds of thousands of Acadians throughout North America, from the Gulf of Mexico to Nunavut, from the Pacific Ocean to right here at home on the Atlantic coast. There are Acadians in France, and England, Spain and Italy, indeed all over the world. We are all cousins, related through the centuries.

With my interest came a desire to record on paper events from my grandparents’ lives. I rewrote a short biography an aunt had previously written on my paternal grandparents, had it printed and now make it available for aunts and uncles and cousins to have. It was so well received that I went back another generation, and then another. I have now started to do the same for my maternal grandparents. With the advent of computers I began entering my lineage into a database, in time it expanded to include brothers and sisters of my ancestors and their children. It now has almost 23,0003 names in it. Almost totally Acadian and mostly from the Prince County area of Prince Edward Island.

I really want to thank the people who are responsible for my being here in Miscouche today at this forum on «Acadian history and genealogy». First, an interesting lady from Maryland, Lucie Consentino, who has a very large and fantastic website on Acadia (www.acadian-home.org). She asked me via the Internet to write an article on Island Acadians for her Internet newsletter. Because of that article, Georges Arsenault contacted me and through emails, he asked me to participate here today. A couple of weeks ago, I met them both here at the museum. So I also wish to thank him for the opportunity to express my ideas in a public forum. Lastly, I would like to thank the members of the Sister Antoinette DesRoches Historical Committee. I think Sister Antoinette would have been very happy with what you are accomplishing here. I found the topics and articles regarding the forum last spring very interesting and informative, and this forum is the same. My paternal grandfather John B. Perry and Sister Antoinette were first cousins. Sister Antoinette told me many things about my grandfather and his family, which I had not known. She was a great woman and an Acadian patriot. I am not sure she would have approved of the name of the committee though, for she was a very humble servant of the Lord. But she is not here, physically, only in spirit, and I think it is very fitting that you would honor her memory by using her name in the committee’s designation.

I would like to close now with a quote that I find very suitable. It is from Antonine Maillet’s classic novel Pélagie-La-Charrette. The sea captain Beausoleil counsels Celina:

From here on it’s in the future one must look for roots.

And it’s my thinking that to count them all will need

lengthy journeyings far north and far south.

 

1        Talk delivered at the second «Forum on Acadian History and Heritage»
held at the Acadian Museum in Miscouche on November 4th, 2000 and
sponsored by the Comité historique Soeur-Antoinette-DesRoches.

La rédaction : cet article est le 2e sous la rubrique touchant à l’identité et
à la nationalité acadiennes :  voir Gordon Lavoie, Réflexion sur notre identité
acadienne, La Petite Souvenance, no 17,  p. 37.)

2          Georges Arsenault, Complaintes acadiennes de l’Île-du-Prince-Édouard, Les
Éditions Leméac, Ottawa, 1980.

3          Now in 2004, there are over 30,000 names in the database.

 

The Saint-Philippe-et-Saint-Jacques Cemetery (Baie-Egmont), an example of a parish cemetery where one finds much precious information for genealogical research. (Photos : archives James Perry)

Rendez-vous en 2004 à l’ancienne mission de Saint-Alexis de Rollo-Baie

2003 par Judy Chaisson

Judy Chaisson

 

L’année 2004 marquera le 400e anniversaire du début de la présence française permanente au Canada.  Mais pour les paroissiens de Saint-Alexis de Rollo-Baie, l’année prochaine marquera aussi une commémoration plus particulière.  Ce sera le bicentenaire de ce qui autrefois était l’ancienne mission de Rollo-Baie établie en 1804.    

Les premières familles acadiennes vinrent à Rollo-Baie en provenance de Baie-de-la-Fortune où elles avaient habité une trentaine d’années sur des terres dont elles ne pouvaient plus réclamer la propriété.  Les familles Bourque (Burke), Chiasson (Chaisson), Daigle (Deagle), Longuépée (Longaphee) et Pitre (Peters) achetèrent des terres dans les lots 43 et 44 vers 1800 et il est dit qu’une petite église fut construite « pièce-sur-pièce » près de l’eau en 1804.  La mission a donc été fondée avec la construction de cette première église.  Lorsque le 17 juillet 1812, l’évêque Mgr Plessis de Québec, lors de sa visite épiscopale à l’Île, en fit la bénédiction sous le vocable de Saint-Alexis, patron des pauvres, il décrit la petite église comme étant un édifice en bien pauvre état.

En s’établissant à Rollo-Baie, les Acadiens fondaient un établissement d’où ils ne se verraient plus jamais obligés de partir et où, jusqu’à ce jour, leurs descendants détiennent toujours les titres des terres que leurs ancêtres avaient achetées.  Cet établissement de Rollo-Baie a produit de bons pêcheurs, fermiers, charpentiers et marchands tandis que chez les femmes on comptait des tisserandes et couturières.  Afin que leurs enfants soient instruits dans leur langue maternelle, ils ont eu à leur service de 1818 à 1830 un instituteur francophone, Louis Séniat.

Dans son histoire de la mission de Rollo-Baie, le père A.E. Burke écrit qu’il n’y avait que 18 familles établies en 1804 dans cette localité.  À cause de cela, leurs descendants ont dû se marier avec les anglophones qui ont bientôt dominé la région en nombre.  Il s’ensuit une assimilation à la langue anglaise et la disparition de plusieurs de leurs coutumes.  Le recensement de 1901 dénombre près de mille francophones dans les lots 43, 44 et 45 (de la partie est de Saint-Charles jusqu’à Souris).  Aujourd’hui, à peine quelques douzaines d’individus peuvent prétendre parler leur langue ancestrale.  Le fait d’être Acadien implique plus que pouvoir parler français; en considérant ce fait, presque la moitié des paroissiens de Saint-Alexis de Rollo-Baie peut se réclamer Acadien.

Lorsque la cloche de l’ancienne paroisse de Saint-Pierre-du-Nord fut déterrée en 1870 à St. Peters Harbour par un monsieur Gerald Barry en labourant son champ, elle fut éventuellement donnée aux paroissiens de Morell qui l’échangèrent contre une autre cloche avec les paroissiens de Rollo-Baie.  Devenue fêlée, l’ancienne cloche a dû être refondue.  Elle fut baptisée en 1882.  Deux enfants de sept ans, Marie Louise Chaisson et James Renzie Chaisson, furent honorés d’être nommés parrain et marraine de ladite cloche.  L’inscription sur la cloche dit comme suit :

IHS

†Jesu†Marie†Joseph†

P. Cosse m’a faite, Michelin 1723

VEn 1870 j’ai été retirée des ruines

d’une église d’un ancien village Acadien,

I.P.E..  En 1882 les paroissiens de Rollo

Bay m’ont fait refondre par Meneely et

Cie de West Troy, N.Y., en souvenir de

leurs ancêtres d’Acadie.

L’on voit que la cloche fut coulée en 1723 dans une fonderie appelée P. Cosse, à Michelin, qui vraisemblablement serait la ville belge de Mechelen, nom néerlandais de Malines.  La cloche fut placée dans le nouveau clocher de l’église de Rollo-Baie bâtie en 1870 et fut transférée en 1930 dans l’église actuelle où elle sert toujours à appeler les fidèles à la messe.

Charles le Charpentier, l’un des premiers habitants de Saint-Pierre-du-Nord, est l’ancêtre de la famille Carpenter de Rollo-Baie.  Sa famille fut déportée en France lors de la Déportation de 1758.  Après tout un périple qui a vu ses descendants se rendre aux îles Malouines, au Cap-Breton, en Gaspésie et de nouveau en Nouvelle-Écosse, son arrière-petit-fils, Élie-David Charpentier, est venu s’installer à Rollo-Baie aux environs de 1820.

En 1929, grâce au père Edward Walker, le premier curé de Saint-Alexis, on érigea un monument près de la rivière Fortune sur le site du cimetière où les pionniers acadiens de Baie-de-la-Fortune étaient inhumés.  Le père Walker avait aussi contribué à convaincre plusieurs familles de la paroisse Saint-Augustin (Rustico) à venir s’établir à Nouvelle-Acadie, aujourd’hui Saint-Charles.

L’église Saint-Alexis de Rollo-Baie est le site d’un projet de la Société historique acadienne de Kings-Est intitulé la « Salle du patrimoine ».  Ladite Société a aussi érigé des enseignes d’interprétation aux vieux cimetières de Baie-de-Fortune et de Rollo-Baie.  Présentement, la Société organise dans la région des cours de conversation française pour les adultes.  Pendant l’été, des centaines de personnes viennent visiter la « Salle du patrimoine » et l’église à la recherche de renseignements généalogiques.

Bien entendu, ces visiteurs viennent aussi pour voir la cloche, bien installée haut dans le clocher, qui malheureusement est presque inaccessible aux curieux, sauf aux plus intrépides.  Ce serait un projet approprié pour le bicentenaire de la paroisse de la rendre plus accessible à tous ceux qui veulent admirer cette relique datant du régime français.  Il a été suggéré de jumeler la paroisse de Saint-Alexis avec une autre paroisse qui aurait une cloche de trop pour que celle-ci soit placée dans le clocher de Saint-Alexis tandis qu’on descendrait la cloche historique de Saint-Alexis pour la mettre en montre et la rendre plus accessible.  La Société historique et la paroisse sont ouvertes à vos suggestions.

À la veille du bicentenaire de la paroisse de Rollo-Baie, nous pensons à nos fondateurs.  Ils sont des témoins de ce que l’être humain peut accomplir avec la foi.  Non seulement nous leur en sommes redevables, mais c’est à nous, les paroissiens actuels, d’honorer leurs accomplissements en gardant précieusement les traditions qui existent toujours : la famille, la foi et la communauté.

Les Acadiens de Rollo-Baie sont fiers de leur tout nouveau site Web et ils vous invitent à le visiter et à participer à leur bicentenaire.  http: //www.stalexisparish.org

 

 

La Société historique acadienne de l’Î.-P.-É. – Rapport annuel du président

1984 par Francis C. Blanchard

 

L’année 1984 demeurera une année bien spéciale dans les annales de la communauté acadienne de l’Île-du-Prince-Édouard.  Effectivement, nous avons célébré en grandeur le centenaire du drapeau et de l’hymne national acadiens choisis en 1884 lors de la deuxième Convention nationale des Acadiens, tenue à Miscouche.  Tout au long de l’année nous avons pu étudier, d’une façon ou d’une autre, cette page d’histoire qui a été si déterminante dans le développement du nationalisme culturel acadien.  Comme vous le constaterez tout à l’heure, votre Société a fort bien contribué, par divers moyens, à faire connaître cette belle période de notre histoire collective.

Disons tout de suite que la Société a connu une année assez animée.  Tout d’abord, elle a enregistré une augmentation sensible de ses membres, soit de 30 pour cent!  En fait, elle compte 2 membres honoraires, 1 membre à vie, 4 membres bienfaiteurs, 8 institutions-membres (dont 2 bienfaitrices) et 153 membres réguliers.

Au cours de l’année, le comité exécutif s’est réuni à quatre reprises afin de voir au bon fonctionnement de l’association.  Il a organisé deux rencontre régionales qui ont toutes deux bien réussi.  La première avait lieu à Charlottetown, le 10 février, à la résidence officielle du lieutenant-gouverneur, le docteur J.-Aubin Doiron.  De Tignish à Souris, nos membres sont venus nombreux à cette rencontre spéciale où ils ont pu entendre une excellente conférence sur l’histoire de la littérature acadienne, par madame Marguerite Maillet, spécialiste en la matière.  Nous tenons encore une fois à exprimer notre vive appréciation au docteur Doiron et à madame Bernice Doiron pour leur magnifique et chaleureux accueil.  La deuxième rencontre régionale avait lieu le 4 mars, cette fois-ci à Summerside.  À cette occasion nous accueillions madame Naomi Griffiths, historienne de grande renommée et spécialiste en histoire acadienne.  Dans sa conférence elle traita surtout de l’époque de la Déportation.

Cette année nous n’avons fait paraître qu’un seul numéro de La Petite Souvenance, soit le numéro 10, une publication spéciale publiée afin de marquer le centenaire du drapeau et de l’hymne national acadiens.  Ce livret commémoratif intitulé, Un peuple à unir, a été préparé grâce à l’aide d’une subvention du Secrétariat d’État et il a été imprimé avec une généreuse subvention du Gouvernement du Québec, par son Secrétariat aux Affaires gouvernementales canadiennes.  Nous en avons fait un tirage de 5000 copies.

Toujours dans le cadre du centenaire, la Société a collaboré au montage d’une exposition historique en montre pendant tout l’été au Centre Eptek, à Summerside.  Intitulée “Les Acadiens: un peuple et ses symboles”, cette exposition a été vue par plusieurs milles personnes.

Pendant les fêtes du centenaire qui se sont déroulées à l’Île du 15 au 19 août, la Société a été présente à certaines activités.  D’abord, elle a tenu un kiosque où elle avait en vente tous les numéros de sa revue, elle a lancé sa publication Un peuple à unir lors d’un lancement collectif et elle a participé à une réunion des sociétés historiques acadiennes des provinces maritimes, tenue à Abram-Village le 17 août, et organisée par Mme Muriel Roy, directrice du Centre d’études acadiennes à l’Université de Moncton.  Enfin, permettez-moi d’ajouter que votre président a donné une conférence intitulée “La colonisation et les Acadiens de l’Île-du-Prince-Édouard à l’époque des premières Conventions nationales des Acadiens”.  Il l’a donnée dans le cadre d’une série de conférences en histoire acadienne qui s’est déroulée également pendant les célébrations du centenaire.

La Société a maintenant son propre logo.  En forme ovale, on y aperçoit un petit bateau dont la charpente emprunte la forme de l’Île-du-Prince-Édouard, alors que la voile de l’embarcation rappelle le drapeau acadien.  Ce logo est l’oeuvre d’Anne Gallant, d’Abram-Village.  Aussitôt que nous aurons les moyens, nous ferons imprimer du papier et des enveloppes à en-tête avec ce signe distinctif de notre regroupement.

Le Prix Gilbert Buote ne sera malheureusement pas attribué cette année.  Aucune candidature n’a été présentée malgré les annonces que nous avons fait paraître dans trois journaux de la province et les envois de renseignements que nous avons fait parvenir à plusieurs individus.  Nous espérons cependant pouvoir le donner l’an prochain.

Voilà dans les grandes lignes ce que nous avons accompli cette année avec le temps et les moyens que nous avions à notre disposition.  Avant de terminer ce rapport, permettez-moi de mentionner quelques nouveaux projets que nous devrions songer à aborder dans un proche avenir.  En premier lieu, ne serait-il pas dans l’ordre que chaque année nous fassions une promotion de la Journée du patrimoine, laquelle a toujours lieu en février?  Ce serait une excellente occasion, à mon avis, de sensibiliser la communauté acadienne à la question de la conservation de nos biens culturels.  Peut-être que notre société pourrait travailler à un tel projet d’animation de concert avec les responsables de nos musées.  La question mérite d’être étudiée.

D’autre part, il ne faut pas oublier que notre environnement naturel, le paysage, avec tout ce qu’il comporte, fait aussi parti de notre héritage.  Jusqu’à présent, notre Société ne s’est pas intéressée à ce domaine.  Pourtant, il y aurait un grand besoin de sensibilisation vis-à-vis cette question dans nos régions.  Il faudrait en effet instruire la population sur l’importance de protéger l’environnement et de ne pas détruire le paysage.  Les caps et les dunes que l’on mange et que l’on détruit ne repousseront pas; les gros arbres que l’on abat prendront longtemps à être remplacés; les grandes fosses (pits) que l’on ouvre sur le bord de nos routes viennent aussi détruire un beau paysage que l’on ne pourra pas transmettre aux prochaine générations.  Tous ces éléments font aussi parti de notre héritage, même ils sont ce que nous avons de plus ancien dans notre entourage.

En terminant, je désire remercier les membres du comité exécutif pour leur dévouement à notre Société.  Je désire également remercier les institutions qui ont contribué d’une façon ou d’une autre à nos oeuvres, notamment la Société Saint-Thomas d’Aquin, le Musée provincial par le Centre Eptek, le Secrétariat d’État et le Gouvernement du Québec.

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Le Comité exécutif de la Société historique acadienne de l’Î.-P.-É. pour l’année 1984-85 :

Président - M. Francis Blanchard
Président sortant - M. Georges Arsenault
Vice-président - Père Charles Gallant
Secrétaire - Mme Cécile Gallant
Trésorier -  M. Albert Gallant 
Conseillers/conseillères -   

                   Mme Avéline Peters
                  Père Albin Arsenault
                  M. Joseph Cormier
                  M. Gary Robichaud

Des nouvelles de partout

1982 par Contribution anonyme

 

Tignish – Au courant de l’hiver, le Club Ti-Pa a parrainé un projet de généalogie.  Il s’agissait de tracer les descendants des principales familles fondatrices de la paroisse de Tignish.  On veut dresser un tableau généalogique qui fera partie du décor du centre du Club.

Le même organisme organise pour l’été des activités qui souligneront le centenaire de la naissance de l’organiste Benoit Poirier et le centenaire de l’installation des grandes orgues dans l’Église St-Simon et St-Jude.

L’Association historique de Tignish s’est procurée l’ancienne école Dalton dans laquelle on veut y aménager, entre autres, un musée et une salle d’exposition.  On se propose d’y tenir une exposition de photos historiques au cours de l’été.

 

Wellington – Le Club d’Âge d’Or de Wellington s’affaire depuis quelques années à rechercher l’histoire de la région de Wellington.  Le projet avance bien et on espère pouvoir publier le fruit des recherches dans un avenir pas trop éloigné.

 

Mont-Carmel – La Coopérative du Village Pionnier Acadien a embauché cet hiver les services d’un historien, en la personne de Kenneth Breau, pour faire une recherche sérieuse sur l’histoire de Mont-Carmel, de sa fondation (1812) à 1860.  La Coopérative vise à améliorer l’interprétation de l’histoire locale dans son village historique.

 

Région Évangéline – Une publication d’une grande importance sur l’histoire du mouvement coopératif dans la région Évangéline (1862-1982) est à la veille de paraître.  C’est le résultat d’un projet mis sur pied par le Conseil coopératif de l’Î.-P.-É., en 1980.  Cécile Gallant était la responsable du projet et c’est elle qui a écrit le livre, une brique d’environ 300 pages!  C’est à lire.

 

Miscouche – Le Musée Acadien de l’Île, situé à Miscouche, est bien actif.  L’automne dernier il a mené une campagne de financement et de recrutement de membres, laquelle a bien réussi.  Le Musée a aussi profité d’un octroi du Secrétariat d’État, ce qui lui a permis de mettre de l’ordre dans sa collection de photos et de documents.  Le 12 mai, Mad. Deborah Robichaud, directrice du Musée Acadien de l’Université de Moncton, donnait une intéressante conférence aux amis du Musée Acadien de l’Île.  Elle traita, grosso modo, du rôle d’un musée et de sa place dans une communauté.

 

Rustico – Le Musée de la Banque de Rustico a obtenu lui aussi, printemps dernier, un octroi du Secrétariat d’État.  Cette subvention a permis l’embauche de deux personnes qui travaillent à améliorer l’interprétation de l’histoire de la Banque et de l’époque du Père Belcourt à Rustico.

 

Rollo Bay – La succursale de Souris – Rollo Bay de la S.S.T.A. a obtenu un projet d’emploi d’été pour étudiants par lequel on tentera de mettre plus en évidence la cloche historique de l’Église de Rollo Bay (laquelle date du Régime français) et le monument, érigé en 1929, qui marque l’emplacement du cimetière des pionniers acadiens de l’endroit.

 

La Société Saint-Thomas d’Aquin – Le Projet d’histoire et de culture acadiennes de la S.S.T.A. est très productif.  L’été dernier on lançait le livre L’Agriculture chez les Acadiens de l’Î.-P.-É. 1720-1980 (69 pages) et tout récemment on a fait paraître L’Éducation chez les Acadiens de l’Î.-P.-É. 1720-1980, ou La survivance acadienne à l’Î.-P.-É. (85 pages).  Ces deux livres de Georges Arsenault sont abondamment illustrés de cartes, de dessins et de photos.

On a aussi produit, dans le cadre du Projet, deux montages audio-visuels intitulés Les Acadiens de l’Île-du-Prince-Édouard et La pêche et les Acadiens.  Ces montages sont disponibles en français et en anglais.  On peut les emprunter en s’adressant au bureau-chef de la Société.

La S.S.T.A. mène présentement une étude afin de déterminer si les ressources financières et physiques sont disponibles pour l’établissement d’un centre d’études acadiennes.  Le Père Pierre Arsenault a été chargé de faire cette étude qui sera complétée vers la fin de l’été.  On attend impatiemment les résultats.

 

P.E.I. Heritage Foundation – Au mois de janvier, le Heritage Foundation se procurait les services de Reggie Porter à titre de directeur de la programmation.  Monsieur Porter est un Acadien originaire de Tignish.  Enfin, on peut avoir du service en français de notre organisme provincial chargé de la protection du patrimoine.  Profitons-en!

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Membres du Conseil d’administration de la Société Historique Acadienne de l’Î.-P.-É. 1981-1982

Président -        M. J.-Edmond Arsenault
Vice-président -    M. Jean-Paul Arsenault
Secrétaire -        M. Georges Arsenault
Trésorière -        Mme Hélène Cheverie
Conseillers -        Soeur Marguerite Richard
                                 Père Albin Arsenault
                                M. Jean-Louis Beauregard
                                M. Michel Belliveau

Les pique-niques à Miscouche

1981 par Sœur Hermina DesRoches

par Soeur Hermina DesRoches

 

Cet article voudrait faire suite à celui qui a paru dans La Petite Souvenance, Vol. 2, No 2, et qui  a éveillé plusieurs souvenirs dans ma mémoire.  Il était intitulé:  “Les pique-niques à Mont-Carmel” – un entretien avec Magloire Gallant, par Marie-Anne Arsenault.”  J’espère que M. Gallant ne m’en voudra pas si je me base sur ses souvenirs pour raconter les miens.

Les pique-niques à Miscouche, tout en étant un peu semblables à ceux de Mont-Carmel, étaient aussi un peu différents.  D’abord, nous n’avions pas la belle brise de la mer pour rafraîchir nos visiteurs, et nous n’avions pas nos plus les finesses du Père P.P. Arsenault, car lui il était unique.

Tandis qu’à Mont-Carmel, on profitait des trains réguliers qui passaient à Wellington, à Miscouche, assez souvent, on avait un train spécial qui venait de Tignish, et un autre venant de Souris.  Le terrain du pique-nique était situé tout près de la gare du chemin de fer, et c’était très commode, car une fois descendus du train, les gens n’avaient que quelques pas à faire pour être rendus.  Comme de raison, ces trains spéciaux n’étaient pas fournis gratuitement par l’Intercolonial à la paroisse de Miscouche!

Pour les tables, au nombre de sept ou huit, débordantes de toutes sortes de bonnes choses, on pouvait toujours compter sur les ménagères de la paroisse, qui, depuis une dizaine de jours, étaient occupées à faire des pâtisseries, des tartes et toutes sortes de douceurs pour tous ceux qui viendraient prendre des repas au pique-nique.

Les trains spéciaux arrivaient vers 10 heures, et il fallait commencer de bonne heure à servir le repas du midi, car ces gens-là venaient de loin et avaient déjeuné de bonne heure!

Les tables étaient mises sous des abris construits la veille, (par les hommes, cette fois) et couverts de petits arbrisseaux, ce qui protégeait du soleil, nourriture et convives.  En arrière de ces abris, on érigeait des poêles à bois, où l’on faisait chauffer l’eau pour le thé et le lavage de la vaisselle, car ils étaient encore loin les jours où, vaisselle en carton et ustensiles en plastiques, trouveraient le chemin de la poubelle.

Pour ce qui est des jeux, ceux de Miscouche ressemblaient à ceux de Mont-Carmel, – en était-il ainsi de la crème glacée, des galances, des danses carrées et oui, malheureusement, des chicanes.Il y avait cependant, un coin, où on vendait des objets de fantaisie, tels que broderies, tricot, crochet, fine couture, etc., et des loteries pour lesquelles, nous, les jeunes, vendions des billets, au profit du bazar.  Je me rappelle qu’en 1922, l’année où l’on agrandissait le couvent, il y avait eu un pique-nique et un bazar au profit de cette oeuvre.  La Soeur Cuisinière du Couvent avait fait un gâteau en la forme du nouveau Couvent, et on en faisait une loterie.  Mais, voyons ce que rapportent les annales du Couvent pour cette année-là:

4 juillet, 1922 – il pleut à torrents.  Les gens s’étaient préparés pour faire $2,000; mais ils seront déçus.  La pluie tombe toute la journée et gâte à peu près tous les préparatifs.  Le pique-nique est remis au 7 juillet, mais avec la même déception que le premier jour.  Le montant réalisé est de $400.  Heureusement, qu’une loterie faite au printemps d’un magnifique Renard Argenté, don de M. Urban Gillis, avait rapporté $1,378.

On se souvient pourtant aussi de la fanfare qui ne manquait pas d’égayer la fête en se faisant entendre plusieurs fois au cours de la journée.  Qu’il faisait bon déguster un succulent cornet de crème glacée tout en écoutant de belle musique… et pour ceux qui étaient à table, ils devaient se croire dans un grand hôtel de Montréal!

Si de nos jours des “Bingos” ont remplacé les pique-niques comme moyen de finance, on peut toujours se demander pour combien de temps on a eu recours aux pique-niques comme moyen financier dans nos paroisses?  De nouveau, je trouve une partie de la réponse dans les Annales du Couvent, le 12 septembre 1864.  Je cite:

“En ce jour, les gens, ayant à leur tête le Révérend Père Quévillon, avaient préparé un “Tea-Party” dont le profit était destiné à rembourser les dépenses faites pour le Couvent, par ce bon prêtre.  Des tables étaient dressées dehors, mais la Divine Providence en disposa autrement, et il plut toute la journée, de sorte que les tables furent transportées au Couvent.  La foule était telle que nous n’avions jamais vu un concours semblable.”

Pour mieux comprendre ce qui suit, il faut se rappeler que les Soeurs venaient justement d’arriver dans la paroisse.  “Nous fûmes vraiment un objet de curiosité, particulièrement pour les protestants qui n’avaient jamais vu de religieuses.”  Soulignons que les costumes d’alors ne ressemblaient pas à ceux d’aujourd’hui!

On voit donc que les “pique-niques” ou les “tea-parties” avaient lieu même en 1864.  Quand ont-ils cessé?  Peut-être qu’un autre article saura donner la réponse.

Une visite à Rustico

1980 par Louis Tesson

 

par Louis Tesson

Louis Tesson est né en 1856 à Saintes (Charente inférieure) en France.  En 1875 il passe aux Etats-Unis où il se lance dans le journalisme.  Il écrit également des romans dont Sang Noir, Un amour sous les frimas, Céleste.  En 1881 il est installé à Charlottetown.  Cette année-là il rédige quelques articles sur les Acadiens de Rustico qu’il publie dans le Messager de Lewiston (Maine).  Ces articles, dont celui ci-dessous, ont été reproduits dans Le Moniteur Acadien et L’Évangéline.

 

EN ACADIE

Rustico, comme tous les établissements acadiens, a un bon fonds de légendes et d’histoires, où le chroniqueur, le poète et le romancier peuvent puiser à loisir.  Il n’y a rien cependant ici qui rappelle les histoires de revenants, de sorciers, les maisons hantées, les vieilles superstitions qui faisaient en France la terreur de nos grands-pères et surtout de nos grand’mères.  Tout au plus mentionne-t-on, et M. Faucher de Saint Maurice, je crois, dans son charmant livre De tribord à bâbord, rapporte qu’autrefois les gens de Rustico, comme ceux de Gaspé, avaient cru entendre dans leur église des bruits étranges, comme des voix plaintives de trépassés demandant la sépulture.

À Souris, par exemple, on trouve du merveilleux.  Souris, une petite ville située sur la côte de l’île, doit son nom au fait que, sous l’occupation française, les souris infestaient cette partie du pays et y dévoraient sur pied toutes les récoltes, réduisant ainsi les gens à la famine.  On fit des prières publiques et on vit, paraît-il, les souris courir à la mer comme une armée en désordre et s’y précipiter jusqu’à la dernière.  Depuis, on n’en a plus entendu parler.  Le même fait se serait passé à Tignish, à l’extrémité nord-ouest de l’île.  Mais là, ce seraient des sauterelles à la place de souris.  Ce serait un peu plus croyable.  N’importe, acceptons la légende pour ce qu’elle est, plutôt que d’aller y voir.

Ces faits et d’autres sont consignés dans des relations de voyage fort intéressantes sur lesquelles j’ai pu jeter un coup d’oeil, grâce à l’obligeance du juge Alley, de Charlottetown, qui a rapporté de France une foule de copies de documents précieux pour la première période de l’Île-du-Prince-Édouard sous l’occupation française.  J’y ai lu des lettres autographes du Père de Calonne, frère du ministre de Louis XVI, et alors de Rustico.  Ce prêtre n’est pas le seul haut personnage que Rustico ait eu l’avantage de posséder.  On m’a conté qu’un jeune homme d’une très grande famille de France était venu à Rustico probablement à l’époque de la Révolution et s’était marié avec une native du pays.  À la Restauration, sans doute, il était retourné en France, où il vivait en grand seigneur.  Lui et sa femme moururent sans héritiers directs.  Les collatéraux qui auraient dû hériter sont encore à Rustico; ils ont fait des démarches mais trop tard.  On cite encore le cas d’un Français mort dans le Mississippi, laissant une fortune considérable que ses héritiers pauvres à Rustico n’ont pas su recueillir.  C’est un peu l’histoire de toutes les parties de  l’Amérique.  Que d’héritages ont été ainsi perdus à cause de la distance, des difficultés de communications, ou par l’ignorance ou l’incurie d’intéressés!

Pour en revenir au chapitre des superstitions populaires, j’ai été surpris d’en trouver si peu ici.  J’en citerai une en passant qui est fort innocente.  Avant d’aller se coucher, les jeunes filles mangent du hareng salé, avec l’espoir que la soif leur fera rêver que le jeune homme qu’elles doivent épouser leur offrira un verre d’eau.  Comme ailleurs, on se garde de renverser la salière ou de marcher sur la queue du chat; mais au fond, on y attache peu d’importance.

En ma qualité de Français, je n’ai pu m’empêcher de faire quelques observations que je vais souligner :

L’Acadien n’est pas chasseur.  Dans beaucoup de maisons, il n’y a pas de fusils.  Pourtant, en automne le bon gibier ne manque pas:  les canards, les oies sauvages, les crevans (brants) et tout l’hiver, de délicieuses perdrix.  Il y a ici, je crois, plusieurs espèces de champignons comestibles.  Tout au moins, j’ai vu sur le talus des routes et dans les prés de belles brunettes auxquelles personne touche et qui pourrissent sur pied.  Les chancres, ou crabes, les moules, peuvent croître et prospérer en paix :  c’est un trop maigre régal, paraît-il.  Les palourdes ou les “clams”, sont, au contraire, très recherchées.  On les retire, à marée basse, du sable de la grève où elles sont enfouies, à l’aide d’une pelle.  Je ne parlerai pas des grenouilles.  Ce mets si bien apprécié des fines bouches des grandes villes américaines, fait sourire de méfiance ou d’incrédulité.

Puisque nous en sommes sur la cuisine, j’ajouterai que l’Acadie est d’une grande frugalité.  Le pain de ménage qui ne se cuit pas par grandes fournées, mais par petites quantité presque journellement dans un petit four adapté au poêle de cuisine est d’une grande blancheur.  Le beurre fait par les ménagères est excellent et, comme chez les Anglais, compose une grande partie de l’alimentation.  Les femmes excellent à faire de la pâtisserie, des tourteaux de toutes sortes.  Les fruits sont assez rares, hors les fraises, les framboises sauvages et les “blueberries”.

Vous parlerai-je de la langue acadienne?  Elle est excessivement douce en général, surtout dans la bouche des femmes, et contraste singulièrement avec l’accent un peu rude et parfois bredouillant de certains Canadiens que j’ai entendus.  Remarquez bien que je ne suis pas de ceux qui prétendent ou veulent laisser croire qu’au Canada on parle le français mieux qu’en France, prenant le pays dans son ensemble, en ce sens qu’un Français peut voyager dans tout le Canada et comprendre partout la langue qu’on y parle, tandis qu’en France il n’entend rien à certains patois ou langues presque mortes, comme le provençal, le gascon, le basque, le basbreton, etc., bien que ces idiomes tendent à disparaître complètement bientôt, par suite du développement considérable de l’instruction publique en France depuis quelques années.  Voici un autre fait qui prouvera mon assertion.  Des Acadiens avec qui j’ai causé m’ont fait cette remarque :

- Nous vous comprenons bien mieux que d’autres Français qui sont venus ici.  Comment cela se fait-il?

- C’est bien simple, leur dis-je ; ces gens-là vous parlaient sans doute auvergnat, tandis que moi je prétends parler français, et je suis heureux que vous me compreniez.

Il ne faudrait pas croire cependant qu’on parle ici le français aussi purement que sur le boulevard des Italiens.  Il est même étonnant qu’une poignée de familles enclavée dans une population anglaise, ait pu conserver si longtemps sa langue.  L’anglais s’impose forcément et tous les Acadiens de l’île le parlent couramment; il est la langue du dehors, la langue des affaires, le français est la langue du foyer, de la famille et de l’intimité.  Elles se mêlent parfois d’une manière étrange.  Certains mots français se sont perdus et ont été remplacés par leurs équivalents en anglais.  D’autres, exprimant une idée ou une chose essentiellement anglaise, sont passés dans le français; enfin, une foule de verbes anglais se retrouvent en français avec une terminaison française.

Dans le vieux français ou le patois qui émaille le parler acadien, j’ai retrouvé une foule de mots qui me sont familiers et que j’ai entendus dans le patois saintongeais.  Une chose m’a frappé tout d’abord:  la prononciation aspirée du “g”, tout comme en Saintonge.  J’ai reconnu tout de suite comme de vieilles connaissances; l’égail pour la rosée, la “goule” pour la bouche, la “mare” pour la mer, la “bouillée”, le “mitant”.  Quand on m’a dit:  I s’avant émoyé de vous, j’ai compris qu’on s’était informé de moi.  Quand on m’a dit:  Huchez donc, j’ai gueulé de toute la force de mes poumons.  Les enfants braillent, ils ne pleurent pas, mais ce n’est pas plus agréable.  Il ne pleut jamais ici, mais il mouille parfois, ce qui fait compensation.  On ne porte ni vêtements, ni habits, mais des hardes.  Les pêcheurs deviennent pêcheux, sans qu’ils prennent plus de poisson pour cela, et les “drôles” font un bec à leur drôlesses, au lieu de les embrasser purement et simplement.

C’est tout; il n’y a pas dans l’acadien ces corruptions de français si fréquentes dans nos patois; par exemple, “dau” pour “du”; “â” pour “au”.  L’Acadien dit bien purement du pain et non dau pain; un oiseau et non in osia.  Les troisièmes personnes plurielles des verbes sonnent “ant”; le pronom “je” remplace “nous” fréquemment; “j’avons” pour “nous avons”.  Les passés définis des quatre conjugaisons sont en “is” indistinctement:  je mangis, je finis, je recevis, je rendis.  Avec cela, beaucoup de termes de marines; on amarre un cheval ou son soulier; on embarque dans une voiture; Mlle Eudoxie se grée, tout comme une corvette, pour aller au bal; son drôle (bon ami) ne démarre pas d’à côté d’elle de toute la soirée; il la pilote au bal, et les hommes tirent parfois une bordée.  On hale du bois à la maison, etc.

Quand je parle de patois saintongeais retrouvé dans le parler acadien, il n’y a pas lieu de s’étonner; car l’histoire de l’Acadie est là pour nous prouver qu’un bon nombre de Français partis pour l’Acadie étaient originaires de la Saintonge ou de la Rochelle et de l’île de Ré.  Citons au hasard des souvenirs de Champlain, né à Brouage, qui, je crois, passa nombre d’années en Acadie avant d’aller au Canada.  Les marchands et armateurs de la Rochelle ont été lontemps les fournisseurs de l’Acadie, et l’un d’eux organisa plusieurs expéditions et définitivement gouverna ce pays.  Rameau dit dans son histoire d’Acadie que les aboiteaux de la vallée du Port-Royal et de la Grand’Pré ont été faits à la suggestion des natifs de l’île de Ré qui avaient appris dans leur pays à disputer ainsi à la mer de fertiles terrains.  Il y a des noms acadiens qui se retrouvent fréquemment en Saintonge.  Sans aller plus loin, le nom de Poirier, par exemple, qui est celui de ma mère, est commun en Saintonge, mon pays natal, et je ne serais pas étonné d’avoir, de ce côté de l’Atlantique des parents – un peu éloignés, il est vrai.

Quoi qu’il en soit, mes chers cousins plus ou moins proches, je suis enchanté d’avoir fait votre connaissance, et nous recauserons de vous et de l’Acadie1.

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Le Moniteur Acadien, le 13 novembre 1891.