Résultats: ‘Société Saint Thomas-d’Aquin’

L’Oeuvre de J.-Henri Blanchard

1986 par Cécile Gallant

Cécile Gallant

 

Le présent article est le texte d’une conférence présentée à Moncton le 26 octobre 1985 lors du colloque qui soulignait le 25e anniversaire de la Société Historique Acadienne de Moncton.

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La Société Historique acadienne de l’Île-du-Prince-Édouard a entrepris depuis quelques années une recherche sur la vie et l’oeuvre de J.-Henri Blanchard en vue d’une publication. Né à Rustico, le 16 juin 1881, l’année de la première Convention Nationale des Acadiens, et décédé en 1968, J.-Henri Blanchard est l’un de nos plus grands patriotes acadiens.  Professeur, historien et animateur des plus dynamiques pendant plus d’un demi-siècle, Blanchard a contribué de façon significative à la survivance acadienne dans l’Île.  La Société désire, par le biais d’une biographie du genre populaire, faire connaître au grand public l’importance historique de cette contribution.  Cette biographie se vent aussi scientifique que possible tout en était écrit dans un style à portée de tous.

Des projets de recherche subventionnés par le Secrétariat d’État ont permis de recueillir une vaste documentation ayant trait aux multiples aspects de la vie et de l’oeuvre de Blanchard.  L’histoire orale a été l’approche privilégiée dans un premier projet.  Une cinquantaine d’entrevues ont ainsi été réalisées avec des gens qui ont bien connu Blanchard.  Dans un deuxième projet, une bibliographie de ses écrits (ouvrages, articles de revues et de journaux, discours, correspondances) a été établie.  Tous les extraits de ses discours tels que rapportés dans les procès-verbaux de diverses associations acadiennes dans lesquelles il a oeuvré ont aussi été relevés.

Nous connaissions peu de détails de l’enfance et de la jeunesse de J.-Henri Blanchard.  Nous avons alors tenté de cerner ce qui aurait pu marqué cette période de sa vie.  Fils de Jérémie Blanchard et de Domithilde Gallant, Henri est né à Rustico en 1881.  L’année suivante, ses grands-parents paternels, ses parents et lui-même, âgé d’onze mois, quittent Rustico où le surpeuplement et le manque de terres avaient entraîné depuis les années 1860 une émigration importante de familles acadiennes de cet endroit.  La famille Blanchard déménage à Duvar dans la paroisse de Bloomfield où elle achète une ferme de 100 acres.  Les Acadiens constituent la majorité de la paroisse de Bloomfield, mais l’élément anglophone est très fort dans la région de sorte que l’anglicisation des Acadiens est déjà une réalité dans les années 1880.  Toutefois, Jérémie et Domithilde réussissent à transmettre à leurs enfants leur attachement à la langue française.

La maisonnée Blanchard comprend les grands-parents, les parents et onze enfants dont Henri est l’aîné.  La plupart des membres de la famille participent aux travaux de la ferme.  Et pour suppléer au revenu familial, le père et le grand-père, bons charpentiers, s’adonnent parfois à ce métier.

En 1890, alors qu’Henri avait neuf ans, son père se présente candidat aux élections provinciales.  Il est défait. Il réussit cependant à se faire élire membre de l’Assemblée législative de l’Île aux élections de 1893.  Comme politicien, Jérémie Blanchard était très bon orateur.  Ses discours politiques ont été qualifiés de “fantastiques”.  C’était un homme qui n’avait pas été au collège mais qui s’était instruit par la lecture.  Henri a sans doute été influencé dans son enfance par les discussions politiques qu’il entendait chez-lui, et il a probablement appris certaines techniques de l’art oratoire en observant son père.

Ses grands-parents ont aussi joué un rôle important dans sa formation.  Virginie Blanchard, née Doucet, la grand-mère, semble avoir eu une influence particulière sur son petit-fils.  Malgré son peu d’éducation formelle, Mémé Blanchard possédait tout un bagage d’histoires qu’elle aimait raconter le soir à ses petits-enfants, surtout à Henri.  Elle connaissait des histoires de la Bible, des histoires à propos de Napoléon, enfin, semble-t-il, des histoires de toutes sortes.  Elle encouragea Henri, dès son jeune âge, d’étudier et puis de lire tous les livres qu’il pourrait.  De sa grand-mère, il a hérité ainsi ce goût qu’elle avait pour l’histoire, la lecture et pour s’instruire, ce goût qu’il ne cessera de cultiver tout au long de sa vie.

Une relation étroite existait également entre Henri et son grand-père Sylvestre Blanchard, un habile charpentier et charron.  Plus tard, Henri se plaisait de raconter une expérience qui l’avait beaucoup touché.  Une journée, son grand-père fabriquait méticuleusement les roues d’un wagon, un service qu’il rendait à un certain individu qui ne payait pas toujours ses comptes.  Il aurait dit à Henri:  “Je fais ce wagon ici pour un monsieur.  Je ne me ferai jamais payer pour ceci.”  “Ah, mais, lui dit Henri, pourquoi alors êtes-vous si minutieux?”  Son grand-père lui a répondu:  “S’il ne veut pas me payer, ça c’est ses affaires.  Moi, j’ai à faire un wagon et puis je le fais le mieux possible.”

Henri Blanchard a commencé son éducation dans la petite école de Duvar.  À l’âge de douze ans, il se rendait étudier à l’école secondaire de Tignish où il eut Gilbert Buote comme professeur de 1893 à 1894.  C’était l’année de la fondation de L’Impartial, le premier journal de langue française publié dans l’Île.  Gilbert Buote en était le propriétaire et le rédacteur.  C’était un homme qui avait aussi une grande passion pour l’histoire et la généalogie.  Quoique peu méthodique, Buote était, comme l’écrira plus tard Blanchard, “un splendide écrudit,” “un homme très renseigné qui souvent parlait au-dessus de la tête des élèves.”  Cet éminent maître a été pour Blanchard une autre source d’inspiration.  Ses études primaires terminées, le jeune Henri devint élève au Collège Prince de Galles de Charlottetown, où il obtint son brevet d’instituteur à l’âge de 19 ans.  Il enseigna par la suite pendant neuf ans dans les écoles acadiennes de l’Île.

Outre son éducation formelle, Blanchard s’est instruit par la lecture.  Jeune adolescent, il préférait de beaucoup la lecture aux travaux de la ferme.  Il lisait à chaque occasion qu’il avait.  Et, plus tard, pendant les longues veillées d’hiver lorsqu’il était professeur de campagne, il lisait souvent jusqu’à une heure avancée de la nuit.  C’est le cas de son séjour à l’école de Saint-Chrysostome à partir de 1903.  Âgé de 22 ans, il pensionnait chez un dénommé Jos Pacifique Gallant.  Ce dernier possédait une assez bonne bibliothèque héritée, semble-t-il, d’un curé de la paroisse.  La famille Gallant servait Henri comme s’il était un grand visiteur, et elle faisait tout dans son possible pour qu’il soit confortable.  Installé dans une grande chambre au deuxième étage avec un poêle à bois, Henri passait ses soirées à lire.  À tous les soirs après le souper, Jos Pacifique montait avec une brassée de bois pour le poêle.  “J’ai passé ici,” Blanchard a-t-il dit plus tard, “les deux plus belles années de ma vie.”  Il aimait particulièrement lire des romans historiques qui lui donnaient le sens de l’histoire.  La poésie était une autre de ses lectures favorites.

À part ses lectures, il étudiait une grammaire française que Jean-O. Arsenault, son confrère à l’école de Saint-Chrysostome, lui avait passée.  Jusque-là, Blanchard comme de nombreux Acadiens de l’Île, n’avait pas eu l’opportunité de suivre aucun véritable cours de français.  Grâce à Jean-O. Arsenault et à sa grammaire française, Henri approfondit alors pour la première fois la langue française.  Dans le cadre de ses fameux concours de français qu’il organisera à partir de 1930 dans les écoles acadiennes de l’Île, Blanchard visera à partager avec ses compatriotes l’importance de l’apprentissage de la grammaire française.

Après neuf années d’enseignement dans les petites écoles de campagne, il redevint élève et obtint son baccalauréat-ès-arts de l’Université St-Dunstan en 1911.  Il poursuivit plus tard des études de perfectionnement professionnel pendant ses vacances d’été à Mount Allison, au Collège d’Agriculture de Guelph et jusqu’à la Sorbonne à Paris.  Dès 1910, et jusqu’à sa retraite en 1948, l’on retrouve Blanchard comme professeur de français au Collège Prince de Galles.  Cinquante années de sa vie ont donc été consacrées à l’enseignement dont trente-huit au Collège Prince de Galles.

En 1912, Henri épousait Ursule Gallant, une institutrice de Duvar.  Installés au 114 rue Upper Prince, à Charlottetown, les Blanchard élèveront une famille de huit enfants.  Ursule assumait autant que possible la responsabilité de la maison et des enfants afin de permettre à son mari l’opportunité de s’impliquer dans la communauté acadienne.  Dans la dédicace de son dernier livre, Henri a rendu un hommage à son épouse pour tout l’appui qu’elle lui avait donné dans la réalisation de ses oeuvres.

Blanchard s’est d’abord grandement impliqué dans l’Association des Instituteurs et Institutrices Acadiens de l’Île-du-Prince-Édouard.  Membre de l’Association à partir de l’âge de 18 ans, il se distingua très tôt aux Congrès annuels par l’intelligence de ses interventions en ce qui avait trait au domaine de l’enseignement.  Dès 1903, il est élu directeur du regroupement.  À partir de 1906 et jusqu’en 1919, soit une période de 14 années consécutives, il fut secrétaire-trésorier de l’organisation.  On le nomma en 1912 à un comité responsable de formuler un programme d’étude française pour les écoles acadiennes de l’Île.  Il s’agissait surtout de choisir et de faire adopter par le Bureau d’Éducation une série de livres de lectures française et une grammaire française.  La participation de Blanchard au sein de ce comité l’a sans doute sensibilisé davantage à la question de l’enseignement du français dans les écoles acadiennes.

C’est en 1916, au Congrès de l’Association tenu à Baie-Egmont, que Blanchard présente pour la première fois une étude concernant la situation des Acadiens dans l’Île-du-Prince-Édouard.  Il est alors âgé de 35 ans.  Ainsi débute l’engagement extraordinaire de cet homme pour la survivance acadienne dans la province.  Bon orateur, il saura à de nombreuses reprises captiver l’attention d’importants auditoires par des discours traitant de divers aspects de la vie acadienne.  Outre ses nombreuses interventions orales à ce sujet, Blanchard se servira aussi de l’écriture pour transmettre à un plus vaste auditoire ses préoccupations au sujet de son peuple.

En mai 1918, Le Petit Canadien, une revue québécoise, publie un premier article de Blanchard intitulé “Les écoles acadiennes de l’Île-du-Prince-Édouard.” À l’âge de 37 ans, Blanchard entreprend ainsi une carrière d’écrivain, surtout d’historien.  En effet, il se distingue surtout par ses publications historiques dont Les Acadiens de l’Île Saint-Jean (1921), Histoire des Acadiens de l’Île-du-Prince-Édouard (1927), Rustico, une paroisse acadienne (1938), Acadiens de l’Île-du-Prince-Édouard (1956) et enfin The Acadians of Prince Edward Island (1964).  Blanchard a aussi écrit au cours de sa carrière divers articles de revues et de nombreux articles de journaux.

La participation de Blanchard a diverses associations tels la Société Saint Thomas-d’Aquin, la Société Nationale de l’Assomption et le Conseil de la Vie Française est un autre aspect important de sa contribution à la société acadienne.  Un des fondateurs en 1919 de la S.S.T.A., il remplit les fonctions de secrétaire-trésorier de cet organisme pendant dix-neuf ans et celles de président pendant huit ans.  L’objectif immédiat de la Société est de recueillir des fonds destinés à l’éducation de la jeunesse acadienne.  Grâce à des collectes et des soirées récréatives organisées par ses dirigeants, la Société réussit à amasser suffisamment d’argent pour parrainer annuellement quelques boursiers.  Les dirigeants, notamment le professeur Blanchard, étaient conscients cependant que leurs efforts ne réussissaient pas à assurer la formation d’une classe dirigeante acadienne suffisamment nombreuse pour répondre aux besoins de la population.  Un appui de la communauté francophone de l’extérieur de l’Île viendra au moment opportun les aider à atteindre leurs objectifs.

Nous sommes en 1937.  C’est l’année où a lieu, à Québec, le deuxième Congrès de la langue française au Canada.  Cet événement important est destiné à avoir une très grande répercussion sur la Société Saint Thomas-d’Aquin et ses oeuvres.  Le professeur Blanchard est invité à y exposer la situation du français dans sa province.  Dans une conférence très bien détaillée, il décrit de façon réaliste la situation précaire de la vie française et de l’éducation chez les siens.  Voici un extrait de son discours:

“Nous souffrons d’une pénurie extrême de chefs et de dirigeants avec toutes les conséquences qui en découlent.  Si nous avions ces chefs si nécessaires aujourd’hui, il ne serait pas encore trop tard pour endiguer les flots envahisseurs qui menacent de plus en plus de nous engloutir.  Nous avons bien la Société Saint Thomas-d’Aquin qui recueille quelques fonds et qui paie les études secondaires de deux élèves.  Mais c’est si peu en présence des dangers qui nous assaillent de tous côtés.  Si nous voulons préparer ces chefs si nécessaires et sans lesquels nous allons infailliblement disparaître comme groupe de langue française, il nous faudra marcher bien plus rondement et bien plus vite que cela; autrement il sera bientôt trop tard.”

Suite à son exposé, ses auditeurs québécois l’encouragent à aller frapper aux portes des maisons d’enseignement du Québec afin d’y solliciter des bourses d’études pour les Acadiens de son Île.  C’est ce qu’il fait en 1937 et 1939.  Les institutions québécoises accueillent à bras ouverts cet homme plutôt court, au torse solide, qui vient d’avoir 56 ans.  En 1937, Blanchard réussit à obtenir des bourses pour sept jeunes acadiens qui s’expatrient de l’Île pour entreprendre leurs cours classiques au Québec.  En 1939, ils sont au nombre de vingt-deux.  Les quelques collèges acadiens contribuent également leur part.  L’appui généreux de ces maisons d’enseignement de l’extérieur de l’Île se continuera pendant trois décennies.

 
Le professeur Blanchard a été reçu partout avec la plus grande sympathie.  Sa personnalité engageante, son dynamisme irrésistible, l’aident grandement dans ses démarches.  Selon l’abbé Paul Gosselin, du Conseil de la vie française, Blanchard présentait ses demandes “avec tant de chaleur et de désintéressement” que “nous n’avons jamais le courage de lui refuser quoi que ce soit.”  C’est d’ailleurs ce qu’exprimait aussi le Père Clément Cormier, de l’Université Saint-Joseph, de Memramcook, dans une lettre qu’il écrivait à Blanchard le 15 septembre 1944.  En voici un bref extrait:

“Mon cher monsieur Blanchard,

Nous refusions des élèves depuis un mois quand votre télégramme m’est arrivé.  Le R. Père Supérieur était absent, et j’ai pris sur moi de vous faire envoyer une réponse affirmative, me disant: “On ne peut rien refuser à M. Blanchard”.

Vos élèves de l’Île nous sont donc arrivés, quatre anciens et sept nouveaux, et vous pouvez être assuré que nous allons les entourer d’une sollicitude toute particulière.”

Cette initiative de Blanchard, soit de trouver des bourses pour la jeunesse acadienne, est, sans doute, la plus grande contribution qu’il a fait à la survivance acadienne dans l’Île.  En effet, jusque la fin des années 1960, des élèves acadiens de l’Île-du-Prince-Édouard ont pu bénéficier de bourses accordées par des maisons d’enseignement de langue française du Québec et des Provinces Maritimes, la distribution de ces bourses étant coordonnée par la Société Saint Thomas-d’Aquin.  De retour dans l’Île, de nombreux boursiers ont été en mesure de contribuer au développement de la vie acadienne.

La Société historique entreprendra sous peu la rédaction et la publication de la biographie de cet important leader acadien que fut J.-Henri Blanchard.  Ce sera sa façon de mieux faire connaître la vie et l’oeuvre de cet homme dont la contribution à la communauté acadienne se fait toujours sentir.

L’Association du Musée Acadien inc. – Rapport annuel du président

1984 par Contribution anonyme

 

Fondée en 1964, l’Association du Musée Acadien a doublé le cap de la vingtaine et se dirige vers la trentaine imbue de l’espoir d’entreprendre des projets qui la mettront mieux en mesure d’atteindre ses buts.  Au cours de ses quelques premières années de fonctionnement, l’Association ne disposait pas de ressources financières lui permettant de faire la catalogage, l’interprétation, la classification et l’étiquetage méthodiquement et systématiquement.  Elle a dû, de nécessité, se limiter à la collection, à la préservation et à la mise en montre des objets, outils, instruments et documents qu’elle avait en sa possession, au musée.  Elle espère qu’elle pourra, dans un avenir prochain, faire mieux apprécier l’histoire et le patrimoine acadiens aux Acadiens eux-mêmes.

L’année qui vient de se terminer a été fort bien remplie d’activités, de progrès et de réalisations.  Ce bref rapport ne fera que porter en évidence les facteurs les plus saillants qui contribuent à l’amélioration du fonctionnement immédiat et futur du musée, et à l’atteinte des buts et objectifs indiqués dans sa constitution.

Au cours de l’année financière le conseil d’administration a tenu cinq réunions.  Il a pris les décisions administratives aptes à favoriser le bon fonctionnement de l’entreprise, il a étudié les sources d’aide financière disponibles et a préparé, en collaboration avec la directrice, des projets pour présentation aux instances bailleresses de fonds.

Clientèle

Le musée dessert une clientèle fort variée dont nous visons à augmenter le nombre.  Les visiteurs sont des groupes scolaires, des touristes, des individus intéressés à l’histoire acadienne et à la généalogie.  Malheureusement le musée n’attire pas, en assez grand nombre, les Acadiens et les Anglophones de l’Î.-P.-É.  Il y a lieu de planifier et de promouvoir des projets qui rendraient le musée plus attrayant à la population spécifique dont il a la mission d’interpréter l’histoire et le patrimoine.  Le rapport Lord traite du problème et présence des recommandations aptes à lui apporter une solution.

Projets

Cette année encore le musée a exécuté, au moyen de projets financés par des instances gouvernementales ou muséales, des travaux destinés à rendre sa collection plus utile au visiteur qui pourra mieux se renseigner sur les objets en montre, leurs usages, l’époque de leur utilisation et leur histoire.  Le fonctionnement du musée en sera de même amélioré.  L’inventaire sera devenu indexé; les objets mieux identifiés et catalogués.  Ces améliorations rendront plus faciles la recherche et l’acquisition d’artefacts utiles et nécessaires à notre collection muséale.

 
Le financement

Le financement de l’opération du musée demeure un problème majeur quand nous traitons d’expansion et de services plus attrayants et plus culturellement avantageux à sa clientèle.  Le musée a traversé vingt années d’existence, a survécu et peut survivre, mais la pénurie des argents disponibles entrave son développement et un plus grand épanouissement de ses oeuvres.  Les octrois qui financent certains projets d’amélioration sont fort utiles et très appréciés mais ne suffisent guère à ses besoins.  Il lui faudrait un revenu plus élevé et dont la continuité serait assurée.  Ceci faciliterait la planification et le développement à long terme et fournirait quelques garanties de succès.  À ce jour, le musée opère selon ses revenus et ne recourt pas aux emprunts à long terme.

Perspectives

Des jalons d’espoir pointent à l’horizon.  L’avenir nous apparaît plus prometteur.  Un nouvel intérêt aux musées locaux et régionaux vient de poindre chez les instances gouvernementales.  Suite aux recommandations de M. Barry Lord en ce sens, la législature provinciale adoptait, l’an dernier, l’acte du musée provincial qui définit ce dit musée comme étant “The Prince Edward Island Museum and Heritage Foundation”, en français:  L’Acte du Musée et de la Fondation du Patrimoine de l’Île-du-Prince-Édouard.  L’acte n’affecte en rien les musées indépendants sauf que l’article 8(b) donne au conseil d’administration du P.E.I. Museum and Heritage Foundation le pouvoir d’accorder des octrois à des musées, des organismes ou des individus.  Rien de plus spécifiques!  Toutefois on nous assure que la Fondation sera en mesure de fournir de l’aide technique aux musées indépendants. La Fondation administre la collection provinciale, le quartier général Beaconsfield, le Centre Eptek et quatre musées:  soit Orwell Corner Rural Life Museum, Basin Head Fisheries, Elmira Railroad Station et Green Park Ship Building Museum.  Le Musée Acadien n’aurait-il pas le droit de citer parmi ceux-ci.  Cela lui permettrait peut-être de recevoir plus d’aide financière de la Province.  Actuellement, la Fondation du Patrimoine ne semble octroyer qu’une mince partie de son budget aux musées indépendants.

Une fédération ou une association provinciale des musées fut fondée au cours de l’année.  Celle-ci sera sans doute bénéfique aux musées indépendants.  Elle est trop jeune encore pour permettre une évaluation de ses réalisations.

Visiteurs

Le nombre de visiteurs s’accroît d’année en année.  Certains facteurs, telle la publicité faite pour augmenter l’affluence de visiteurs, de touristes, de congressistes à Summerside, à Mont-Carmel et à Mill River, devraient augmenter le nombre de visiteurs au Musée Acadien.  Encore, nous faudra-t-il faire la promotion et la publicité appropriées afin d’attirer les visiteurs et les induire à s’arrêter au musée.

En fait, la grande perspective d’avenir est la mise à exécution des recommandations du rapport Lord qui vient juste de nous être remis et dont nous traiterons très succinctement en cette occasion.  Ce rapport est un document de 289 pages qui contient 126 recommandations.  C’est du pain sur la planche.

Remerciements

Nous présentons nos remerciements les plus sincères à la directrice du musée, Soeur Marguerite Richard, à l’endroit de son travail assidu et d’une tâche fort bien accomplie; aux employées qui s’acquittent si efficacement de leurs tâches; à la Supérieure et aux religieuses du Couvent Saint-Joseph qui mettent à notre disposition un local pour la tenue de nos réunions et une salle de travail à la directrice; à la Congrégation Notre-Dame qui nous fournit à titre gratuit les services de Soeur Marguerite Richard.

Nous remercions aussi la Société Saint-Thomas d’Aquin, le Secrétariat d’État et le Ministère d’expansion économique régional qui ont pourvu à une partie de nos besoins financiers.

Enfin merci aux Musées nationaux qui nous ont accordé un octroi qui nous a permis de mettre à jour un plan de développement de cinq ans; aux membres du conseil d’administration en marge de leur dévouement, leur intérêt et leur collaboration.

J.-Edmond Arsenault, président

Nouvelles de partout

1983 par Contribution anonyme

 

Lors de son assemblée annuelle, la “Prince Edward Island Heritage Foundation” a accordé un prix d’honneur à la Société Saint-Thomas d’Aquin pour toutes les publications qu’elle a faites au cours des dernières années dans le but de faire connaître l’histoire et la culture acadiennes de l’Île.  À la même occasion, le Conseil Coopératif de l’Île-du-Prince-Édouard recevait un prix de mérite pour sa publication Le Mouvement coopératif chez les Acadiens de la région Évangéline – 1862-1982, livre écrit par Cécile Gallant.  D’autre part, notre ami Henri Gaudet, de Tignish, méritait le “Heritage Awareness Award” en reconnaissance du travail qu’il a fait pour souligner le centenaire de l’orgue de Tignish et celui de la naissance de l’organiste Benoît Poirier.

L’histoire acadienne vit dans quelques beaux noms que certaines de nos institutions acadiennes se sont donnés au cours des dernières quelques années :  École François Buote (école française de Charlottetown), le Théâtre la Grand’Couette (troupe théâtrale du Club Ti-Pa), le Comité régional S.E. Perrey (comité régional de la S.S.T.A. dans Prince-Ouest), le Comité régional Belle Alliance (comité régional de la S.S.T.A. pour la région Miscouche – Summerside).  Continuons ainsi à faire connaître notre histoire.

Cécile Gallant est en train d’écrire un nouveau livre.  Il s’agit d’un ouvrage qui porte sur la contribution de la femme acadienne de l’Île-du-Prince-Édouard à la société d’hier et d’aujourd’hui.  C’est un livre qui promet d’être fort intéressant.  Il comblera un vide qui se fait beaucoup sentir dans la littérature qui traite de l’histoire acadienne de l’Île.  Ce projet est une initiative de l’Association de la femme acadienne de l’Î.-P.-É.

George Arsenault est aussi à l’oeuvre.  Il a fait paraître 3 livres pour le compte de la S.S.T.A. depuis le début de l’année.  Il s’agit de:  La Religion et les Acadiens à l’Île-du-Prince-Édouard 1720-1980, La Chanson du pays et Le Conte et la légende du pays.  Ces deux derniers livres sont accompagnés de cassettes.  Georges prépare présentement une introduction à l’histoire acadienne de l’Île.  Ce livre sera publié par la S.S.T.A. en 1984.

Croyances populaires

1982 par Sœur Saint-Hildebert

par Soeur Saint-Hildebert, c.n.d.

 

Cet article est tiré du manuscrit L’Âme acadienne rédigé vers 1940 par Soeur Saint-Hildebert (Ann Elizabeth White), 1886-1967, religieuse de la Congrégation de Notre-Dame.  Née à Rollo Bay, Île-du-Prince-Édouard, elle entra en religion en 1908 après avoir décroché un certificat d’enseignante du collège Prince of Wales.  Elle obtint ensuite un B.A. de l’Université de Montréal, un M.A. du Boston College et elle accumula de nombreux crédits en vue d’un doctorat.  Enseignante de profession, elle fit la classe pendant de nombreuses années à Montréal, à Rustico, à Summerside et à Miscouche.  Elle occupa aussi le poste de “Dean of Women” au Mount St. Bernard College, à Antigonish.

La Société Saint-Thomas d’Aquin possède une copie de son manuscrit et le Centre d’études acadiennes de l’Université de Moncton en a une copie microfilmée.

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Les anciens Acadiens croyaient que la lune influait beaucoup sur la nature.  Afin d’avoir une bonne récolte, ils plantaient les pommes de terre et semaient les graines pendant son premier quartier.1 Quelquefois, à cause du mauvais temps, il arrivait que la saison était très avancée avant que la terre fût préparée pour les semences; si la lune n’était pas favorable alors, il fallait planter les pommes de terre pendant que la marée descendait.

Les femmes acadiennes plantaient les graines de concombres après la Fête-Dieu et dans le déclin de la lune; elles croyaient que, si elles n’observaient pas cette règle, il n’y aurait que des fleurs stériles sur les plantes.  Elles regardaient aussi la lune avant de planter les boutures ou de transplanter des fleurs, lorsqu’elles mettaient les poules à couver et quand elles faisaient du savon.  Pour avoir une belle chevelure, les jeunes filles se coupaient un petit bout de cheveux chaque mois pendant le croissant de la lune.

C’était pendant le déclin de la lune que les Acadiens coupaient le bois pour les poteaux et pour les fondations des maisons.  Ils regardaient la nouvelle lune avant d’aller à la chasse.  Si les deux extrémités du croissant étaient en ligne verticale, la chasse serait favorable.  Mais si les extrémités étaient en ligne oblique, le chasseur devait accrocher sa corne à poudre et rester à la maison.

Avant d’aller à la chasse les Acadiens de Terre-Neuve faisaient bouillir les balles, car ils croyaient que, s’ils ne prenaient pas cette précaution, ils risqueraient de tuer un homme.Ainsi, deux hommes allèrent à la chasse dans les bois de Terre-Neuve.  Ils prirent soin de faire bouillir leurs balles avant de partir. Arrivés dans la forêt, ils virent quelque chose qui se remuait parmi le feuillage, l’un d’eux visa; son compagnon l’avertit:  “Prends garde, c’est peut-être un homme;” – il avait raison, et les bons chasseurs se disent:  “On a bien fait de faire bouillir les balles”.

 
Pour savoir si l’hiver serait long et rigoureux, on regardait la fourrure des animaux, l’écorce des arbres, ou la quantité de noix que les écureuils avaient comme provisions pour la saison.  Si la fourrure et l’écorce étaient épaisses ou les provisions des écureuils abondantes, on pouvait s’attendre à un hiver long et froid.  Si les nids des écureuils étaient placés à une distance considérable de la terre, il y aurait beaucoup de neige;  si, au contraire, les nids étaient près de la terre, on s’attendait à avoir peu de neige, car l’instinct de ce petit animal le pousse à agir de telle sorte que sa provision de noix soit toujours au-dessus du niveau de la neige.

Un autre moyen de savoir si l’hiver serait long, c’était de regarder la rate des cochons quand on les tuait à l’automne.  Si elle était grosse, on s’attendait à un long et rude hiver; au contraire, si elle était petite, l’hiver serait court.  La température pendant les douze jours commençant le 25 décembre donne la température des douze mois de l’année.  S’il fait beau le 25 décembre, il fera beau pendant le mois de janvier et ainsi de suite.  Les Acadiens disent aussi que le plus fort de l’hiver est entre les deux chaires, c’est-à-dire entre la fête de la Chaire de Saint-Pierre à Rome et la fête de la Chaire de Saint-Pierre à Antioche.

S’il pleut le premier dimanche du mois, il pleuvra tous les autres dimanches de ce mois.  S’il pleut le 3 du mois, il y aura beaucoup de pluie pendant le mois:  “Le trois fait le mois”.

La température pendant la lecture de l’Évangile le Vendredi Saint sera la température pendant quarante jours; s’il vente beaucoup ce jour-là, il y aura beaucoup de vent pendant quarante jours.

Il y avait chez les Acadiens une foule de choses qu’ils regardaient comme signes de malchance.  Ces superstitions tendent à disparaître.  Mais un certain nombre persistent parmi le peuple.  On n’y croit guère, mais on les remarque.  Parmi ces signes ou événements de mauvais augure, mentionnons les suivants :

Oublier quelque chose à la maison et y retourner pour la chercher.
Voir à terre une croix faite de morceaux de paille ou de bois sans la défaire.
Faire tourner une chaise.
Tuer un crapaud sans dire:  “Je me défends de ton “levain”“. (venin)
Tuer un criquet.
Ouvrir un parapluie dans la maison.
Commencer un ouvrage important le vendredi.
Déménager le vendredi, — en ce cas, on ne restera pas longtemps dans la nouvelle maison.
Avoir des peupliers près de la maison.
En marchant avec quelqu’un, se laisser séparer par un objet.
Rencontrer un bossu du même sexe que soi.
Ne pas étrenner quelque chose le jour de l’An.  En ce cas, on aurait la gale pendant l’année.
Se couper les ongles le dimanche, — on aurait des humiliations pendant la semaine.
Passer sous une échelle.
Enter dans une maison par une porte et en sortir par une autre.
Chanter avant le déjeuner.
Danser sur la terre nue.
S’asseoir sur une table.
Balayer la cuisine après le souper.  On croyait qu’une personne qui faisait cela resterait toujours pauvre.3

Mettre en mouvement une chaise berceuse vide.  La personne qui s’en sert mourra.
Mettre en mouvement un berceau vide.  L’enfant mourra.

Parmi les choses qui portent bonheur, le fer à cheval est au premier rang.  Si un homme venait à en trouver un, il le clouait à la porte de sa grange.  Si la personne chanceuse était une femme, elle couvrait le fer de soie ou de velours, et lui donnait une place d’honneur dans la maison.  On le voyait quelquefois au-dessus de la porte du petit salon, ou de la salle à manger.  La légende qui suit explique la raison de cette coutume.

Vers la fin du 10e siècle, Saint Dunstan était évêque de Cantorbery.  Avant de devenir homme d’église, il avait été forgeron.  Le diable savait cela et, pour embarrasser le saint évêque, il se présenta devant lui avec ses pieds renforcés de cornes et lui demanda s‘il ne pourrait pas lui placer des fers comme il faisait autrefois pour les chevaux.

L’évêque le reconnut, “C’est bien facile, lui dit-il.  Seulement, il faut vous laisser attacher solidement; l’opération sera longue et demande autant d’endurance que de patience.”  Le diable consentit.

Le prélat l’attacha auprès d’un poteau et, avec son grand marteau, l’ancien forgeron le cogna au point que Satan, hurlant de douleur ne faisait que crier:  “Grâce!  Grâce!”

Saint Dunstan, n’en pouvant plus lui-même, mit de côté son marteau.  “Je t’accorde ta grâce, lui dit-il, mais à une condition:  Jamais, jamais plus, tu entends, tu ne passeras par un endroit où se trouvera un fer à cheval”.

Le trèfle à quatre feuilles portait bonheur tout comme le fer à cheval.  La raison pour cette dernière croyance était que l’on remarquait que le trèfle à quatre feuilles était aussi rare que le bonheur lui-même.

Si, en rencontrant un cheval blanc, on se frappait les deux poings l’un contre l’autre, on pouvait faire un souhait qui serait certainement réalisé.

 

LA MER

Les pêcheurs acadiens disaient:  “Celui qui jure n’attrape pas de poissons, car les poissons ont le blasphème en honneur et ils s’éloignent des parages où on se permet de le proférer”.

De chaque côté, la morue (merluche) a une tache noire.  C’est le poisson qui a eu l’honneur de fournir le denier aux apôtres pour payer l’impôt.  Les taches noires sont les marques qu’ont laissées les doigts de Saint-Pierre lorsqu’il ouvrit la gueule du poisson pour prendre la pièce d’argent.

Le Jour des Morts, les Acadiens n’aimaient pas aller au large.  Ils craignaient de trouver des ossements des morts dans leurs filets s’ils les retiraient de l’eau ce jour-là.

 
VISITES

Si on se frappe le coude droit, on aura une visite qui fera plaisir; si c’est le coude gauche, la visite sera déplaisante.

Prendre un morceau de pain dans le plat avant qu’on ait fini celui qu’on a dans son assiette annonce la visite d’une personne qui aura faim.

Si un couteau, ciseau ou autre objet reste planté debout en tombant, on aura la visite d’un étranger, et la direction vers laquelle l’objet se penche indique la direction d’où viendra la visite.

Oublier et laisser un couteau sur le fourneau indique la visite d’un parent.

Laisser tomber le linge à vaisselle annonce la visite d’un malpropre.

Mettre le balai la tête en bas fera partir une visite importune.

Si une petite feuille de thé flotte sur la surface du liquide, il y aura une visite, surtout si, en la tapant avec le gros de la main, on peut la faire coller et ainsi l’enlever.

 

SUPERSTITIONS DIVERSES

Le soleil danse le jour de Pâques.

Si un enfant meurt et qu’on donne son nom à l’autre qui naîtra après lui, ce dernier mourra aussi.

Si deux personnes s’essuient les mains en même temps sur la même serviette, elle se chicaneront.

Si on jette la première fraise qu’on cueille dans la saison sans regarder où elle tombe, on pourra faire un souhait qui sera certainement réalisé.

Si, en allant à la messe de minuit ou en revenant, on voit la lune à travers la grange, il y aura une récolte maigre en l’année qui va commencer, ou, s’il fait clair dans la grange la nuit de Noël, la grange sera vide l’hiver suivant.

Si une jeune fille marche sur la queue d’un chat, on lui dit:  “Pas cette année, ma fille!”  Cela veut dire qu’elle ne se mariera pas pendant l’année.  Elle se fait dire la même chose si elle vient de renverser une chaise ou si l’allumette qu’elle allume s’éteint dans sa main avant qu’elle puisse s’en servir.

Les hirondelles reviennent chaque année à la même place pour bâtir leur nid; après avoir occupé le même local pendant sept ans l’oiseau laisse une petite pierre dans le nid.  Celui qui trouve cette pierre se croit bien chanceux, car elle a le pouvoir de guérir ou de prévenir diverses maladies.
On doit prendre le contraire des rêves; c’est-à-dire, pour avoir le sens des rêves, il faut prendre le contraire des scènes qu’ils nous font voir.  Par exemple, rêver qu’une personne est morte signifie qu’elle va se marier.

Briser un miroir porte malheur.  Si le miroir se casse par le milieu en deux morceaux, on sera malchanceux pendant sept ans.

Lorsque deux personnes veulent savoir laquelle survivra à l’autre, elles doivent prendre une clavicule de volaille, en saisir chacun une des branches, puis tirer en sens inverse.  La personne tenant la branche qui se brise est celle qui précédera l’autre.

Si la paupière droite cille, ou si l’oreille droite bourdonne, on parle mal de nous; en ce cas, si nous nous mordons le pouce, le parleur se mordra la langue.  Si c’est à l’oeil gauche ou à l’oreille gauche qu’on sent le malaise, on parle bien de nous.

Si un corbeau vole au-dessus de la maison, c’est un signe qu’on aura de mauvaises nouvelles, — deux corbeaux, bonnes nouvelles, — trois, embarras.

La foudre ne frappe pas deux fois à la même place.  Si l’on porte sur soi, ou si l’on place dans la maison un éclat de bois d’un arbre foudroyé, cela préserve de la foudre.

Si un corps reste sur les planches le dimanche, il y aura une autre mortalité dans la famille avant la fin de l’année.

Si l’on remue la terre dans le cimetière le vendredi, on creusera une autre fosse avant que la semaine soit écoulée.

Sous l’influence de la religion et de la science, ces superstitions tendent à disparaître.  Mais elles sont assez nombreuses encore chez les gens de la campagne.

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1  Les Acadiens disent “le croissant de la lune”.

2  On a vu dans un journal anglais (décembre 1940) “Before driving a nail into plaster, boil it for a few minutes and the plaster will not break around it.”

3  Les paysans français disent: “Quand on est trop propre, on n’est jamais riche; l’argent est dans la crasse.”

Historique de l’École Régionale Évangéline

1982 par Georges Arsenault

par Georges Arsenault

 

Conférence prononcée lors du banquet de la rencontre des diplômés de l’École Régionale Évangéline, le 14 août 1982, au Centre Récréatif Évangéline.

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Depuis hier soir nous fêtons avec beaucoup de gaieté nos retrouvailles en tant que diplômés de l’École Régionale Évangéline.  Cette rencontre, à laquelle les vaillants organisateurs ont donné presque les dimensions d’un festival, nous donne l’occasion de revoir nos camarades de classe et nos instituteurs que certains d’entre nous n’avons pas vus depuis plusieurs années, même depuis une vingtaine d’années.  Je suis sûr et certain que nous garderons tous pendant longtemps de bons et heureux souvenirs de cette première rencontre pour laquelle les organisateurs, dirigés par le Comité des Acadiens de la région Évangéline (comité régional de la Société Saint-Thomas d’Aquin) méritent nos remerciements les plus sincères et les plus chaleureux.

Cette fin de semaine se veut surtout une occasion de rencontre, de solidarité et de fête, mais les organisateurs ont jugé bon d’inclure au programme un exposé sur l’histoire de notre école afin de rappeler à tous les origines de notre Alma Mater et aussi afin de rendre hommage à ses fondateurs.  Les faits que je vous exposerai tout à l’heure seront pour certains des détails déjà connus; pour le grand nombre, cependant, il est bien possible que ce soit là une page d’histoire presque, ou totalement, inconnue.

D’après les documents que j’ai réussi à consulter, il semblerait que les premières discussions sérieuses concernant la création d’une école secondaire (high school) acadienne aient eu lieu au sein du Conseil général de la Société Saint-Thomas d’Aquin dès le début des années 1950, et possiblement même avant.  Effectivement, les chefs acadiens qui composaient le Conseil général de la S.S.T.A. du temps se réunissaient quelque fois par année où ils discutaient des problèmes de la communauté acadienne de l’Île et des moyens à prendre afin de sauvegarder la vie française dans la province.  Au niveau de l’éducation acadienne, la situation n’était pas rose; les problèmes étaient nombreux et d’envergure.  D’abord, il y avait un manque d’enseignants compétents en français pour desservir les écoles acadiennes qui étaient, pour la plupart, des petits écoles rurales dans lesquelles on enseignait de la lère jusqu’à la 10e année.  Les écoliers dans les classes avancées étaient très rares et ceux qui désiraient poursuivre leurs études en 11e et 12e années devaient fréquenter les couvents ou les collèges.  Cependant, ils étaient rares ces parents acadiens qui avaient les moyens de payer ces années d’études à leurs enfants; seulement les quelques-uns qui réussissaient à obtenir des bourses ou qui pouvaient emprunter de la S.S.T.A. se rendaient plus loin que la 10e année.  En général, la grande majorité des écoliers mettaient fin à leurs études vers la 8e année.

Il y avait cependant, dans l’Île, des couvents dans quelques paroisses acadiennes (Miscouche, Tignish et Rustico) où l’on offrait des cours avancés de qualité.  Mais ces couvents, qui accueillaient autant, si non plus d’élèves anglophones que d’élèves acadiens-français, étaient plutôt des écoles anglaises:  la place faite au français était mince.  Ces institutions ne contribuaient donc pas comme on aurait voulu à la conservation de la langue française et à la promotion de la culture acadienne.

D’autre part, c’étaient surtout les filles qui poursuivaient les études après la 8e année; il y avait donc une grave pénurie de jeunes  hommes qui embrassaient les carrières professionnelles, plutôt réservées aux hommes, à l’époque.

Face à cette situation lamentable, les conseillers de la S.S.T.A. discutèrent à plusieurs reprises la possibilité de fonder une école centrale acadienne-française pour desservir tout la population francophone de l’Île.  On songeait à une école dirigée par une congrégation religieuse masculine afin d’attirer les jeunes garçons à poursuivre leurs études.  En 1955, le Conseil général de la S.S.T.A. décidait qu’il était grand temps de faire un pas de l’avant afin de réaliser leur rêve.  Vu la nature du projet, lequel impliquait directement l’Église catholique – car on songeait à amener sur l’Île une nouvelle congrégation religieuse – on devait naturellement se munir de l’approbation et de l’appui des autorités religieuses.  C’est pourquoi on décida d’en discuter d’abord avec l’archevêque acadien, Mgr Norbert Robichaud de Moncton, ce qui fit une délégation du Conseil général qui comprenait, entre autres, le Père Jean Buote, alors président de la S.S.T.A.  Mgr Robichaud se montra très favorable au projet que lui proposèrent de ses visiteurs insulaires; il leur suggéra de s’en retourner chez eux et “de préparer leur terrain”.

Fort encouragé par l’appui moral de l’archevêque de Moncton, le Conseil général, à sa réunion du mois d’octobre 1955, décida qu’il fallait mettre sur pied un comité qui se chargerait de faire les démarches nécessaires à l’établissement de cette école centrale tant désirée.  Le Père Buote fut alors nommé président de ce comité et on lui laissa la liberté de choisir son propre comité pour l’aider dans sa tâche.  Suite à cette réunion, le Père Buote commença son travail d’animation et parla du projet à quelques personnes clefs.  Il se rendit vite compte qu’il allait falloir faire beaucoup de travail auprès de la population afin de la sensibiliser au besoin d’une telle école.

À la réunion du Conseil général du mois de juin 1956, les conseillers décidèrent qu’il fallait absolument obtenir l’approbation de l’évêque de l’Île, Mgr Malcolm MacEachern, avant d’aller plus loin dans le projet.  En effet, ils étaient bien conscients du fait que le projet serait difficilement réalisable sans le consentement et l’appui de l’évêque de l’Île puisque, après tout, Mgr Robichaud ne détenait aucun pouvoir sur le diocèse de Charlottetown.  Le Père Buote se rendit donc chez Mgr MacEachern qui se montra favorable à l’organisation d’une école régionale française sous la direction d’une congrégation d’hommes ou de femmes.  Le chemin était maintenant ouvert; il fallait donc s’organiser.

Au mois d’octobre 1957, le Conseil général de la S.S.T.A. nomma un comité de cinq personnes pour prendre en main le projet.  Ce comité était composé du Père Buote, bien sûr, et aussi des messieurs Euclide Arsenault, Charles M. Arsenault, Gilbert Gaudet et J.-Edmond Arsenault.  À partir de cette réunion, un travail intense se fit par ce comité qui s’adjoignit d’autres collaborateurs recrutés  dans les paroisses de Baie-Egmont, de Mont-Carmel et de Wellington, car c’est dans cette région que l’on décida de situer l’école.  Le comité se restructura quelque peu et Euclide Arsenault et Ulric Poirier en devinrent les principaux animateurs.  Ils se mirent aussitôt à l’oeuvre afin de préparer un plan d’action:  il leur fallait prévoir les sources de financement et d’opération d’une telle école et de trouver des moyens pour “vendre” l’idée d’une si grosse entreprise aux contribuables des douze petites commissions scolaires de la région.  Rappelons-nous qu’à l’époque la taxe scolaire était fixée et perçue au niveau local, c’est-à-dire au niveau de chaque petit district scolaire.  Elle variait donc de village en village selon les dépenses que la commission scolaire locale encourait annuellement.  Ainsi, une nouvelle école se traduisait donc en des taxes scolaires plus élevées pour les contribuables de la région, et ce pour plusieurs années.  La question financière était un problème important car l’argent était plutôt rare dans la région, composée à l’époque surtout de petits fermiers et de petits pêcheurs qui réussissaient à peine à faire vivre leurs grandes familles composées généralement de 5 à 15 enfants.

Notons ici que depuis 1955, l’idée d’écoles régionales faisait son chemin au ministère de l’Éducation de l’Île, lequel cherchait à améliorer le système d’éducation dans la province.  Enfin, en 1958, le gouvernement provincial votait une loi qui permettait et encourageait l’établissement d’écoles régionales dans la province.  Cette loi pava, en quelque sorte, le chemin qui permit l’établissement d’une école régionale acadienne.

Une fois le plan d’action bien dressé, Euclide Arsenault et Ulric Poirier allèrent alors de district en district, statistiques en main, et bien convaincus de l’urgence d’une telle école, chercher l’appui des contribuables.  Après ces nombreuses rencontres et beaucoup de discussions qui durèrent plus d’un an, une commission scolaire fut formée, composée d’un représentant par district scolaire.  Le ministère de l’Éducation nomma M. Euclide Arsenault président de cette première commission scolaire régionale de la province.  La première réunion eut lieu le 22 janvier 1960 à laquelle il fut décidé de construire l’école à Abram-Village.  Ce fut le commissaire de Wellington, M. Edmond L. Arsenault, qui suggéra que l’école porte le nom Évangéline; et c’est sous sa supervision que l’école fut construite.  Quant à l’ouverture officielle, elle eut lieu le 26 octobre 1960.

Le financement de la construction d’une école du genre n’était pas chose facile à l’époque.  Le gouvernement contribuait une certaine somme, mais le gros de l’argent devait être amassé par les contribuables des districts concernés.  Une campagne de financement fut alors lancée et on réussit à recueillir des dons importants de plusieurs individus, de sociétés, de districts, de paroisses et de maisons de commerce.  Les membres de l’Assemblée législative représentant la 3e circonscription électorale du comté de Prince (3rd Prince), les honorables Henry Wedge et le docteur Hubert McNeil, ont à eux seuls contribué $1,000 pour l’achat du terrain de l’école.  En plus de ces dons, la Société Mutuelle l’Assomption accepta de prêter la somme de $40,000 à la nouvelle commission scolaire, vu qu’aucune banque ne voulait leur avancer une telle somme d’argent sans garanti sûr.

Entretemps, le Père Buote eut à affronter l’opposition de certains membres du clergé anglophone de l’Île, surtout d’origine irlandaise, qui s’opposaient à ce qu’une école secondaire française fût construite dans l’Île.  Ils firent circuler une pétition à cet effet, firent pression auprès des autorités du ministère de l’Éducation et se rendirent même en délégation chez le Père Buote pour tenter de le dissuader dans son projet.  Mais leurs démarches ont évidemment échoué, d’abord parce que le Père Buote, convaincu de l’importance et de la légitimité d’une école secondaire acadienne, n’allait pas se laisser intimider par qui que ce soit.  Et, d’autre part, le projet jouissait de l’appui entier du ministère de l’Éducation, dont le Dr Georges Dewar, de O’Leary, était ministre, et de certaines autres instances gouvernementales.  On s’était effectivement assuré, dès le départ, de l’appui du parti politique au pouvoir à l’époque, soit le parti conservateur.  Il faut ici souligner le rôle qu’a joué M. Tilmon B. Gallant, président du parti conservateur pour la circonscription électorale “3rd Prince”, qui usa habilement de son influence afin de gagner la faveur des autorités gouvernementales.

Revenons pour un moment au Père Buote.  Bien qu’il laissât aux laïcs le soin de former la commission scolaire et de construire l’école, il continua à prêter main forte aux principaux organisateurs.  Il s’occupa notamment de faire les démarches nécessaires auprès de la Supérieure Générale des Soeurs Notre-Dame du Sacré-Coeur dans le but d’obtenir quelques-unes de ses soeurs enseignantes pour s’occuper de la direction de la nouvelle école, et aussi pour enseigner dans quelques écoles de district.  La Mère Supérieure acquiesça aimablement à sa demande et lui promit de lui envoyer de ses meilleures éducatrices.  En 1959, un an avant l’ouverture de l’École Régionale Évangéline, le Couvent de Mont-Carmel ouvrait ses portes pour accueillir les premières de plusieurs religieuses acadiennes du Nouveau-Brunswick qui ont séjourné chez nous pendant une période de vingt ans.  Elles nous arrivent pleines d’enthousiasme, prêtes à tout faire pour relever le niveau d’éducation dans la région.  Elles amènent avec eux cette fierté et ce respect pour la langue française et la culture acadienne qu’elles essaient de transmettre à leurs élèves.  Parmi ces nombreuses soeurs qui ont séjourné chez nous, il faut particulièrement nommer Soeur Marie Carmélice et Soeur Marie Jeanne d’Arc car ce sont elles, avec Mme Béatrice Arsenault, qui ont eu à mettre sur pied le programme d’enseignement de l’École, un programme et une méthode d’enseignement qui eurent tôt placé l’École Régionale Évangéline sur la carte.

À tous ces fondateurs de notre Alma Mater que je viens de mentionner, sans oublier tous les contribuables du temps qui ont appuyé la fondation de l’école, nous, les diplômés, vous devons  une immense dette de gratitude.  Vous nous avez fourni l’occasion de compléter nos études secondaires chez nous dans une institution de haute qualité.  Vous nous avez surtout donné une école propre à notre culture et à notre langue, ce pour quoi nous vous serons toujours immensément reconnaissants.

Nous sommes heureux que les principaux fondateurs soient avec nous pour fêter ces retrouvailles. Mais nous regrettons aussi l’absence du président-fondateur de notre école, M. Euclide Arsenault, que la mort nous a enlevé prématurément.  Nous voulons dire à sa famille toute l’admiration et toute la gratitude que nous avons envers ce grand éducateur qui a marqué le développement de l’éducation dans la région.

Depuis sa fondation, voilà 22 ans, bien des choses se sont passées entre les murs de notre école.  Quelques milliers d’écoliers y ont séjourné dont près de 500 y ont décroché leur diplôme de 12e année.  Un grand nombre de ces derniers ont poursuivi leurs études et les autres se sont lancés dans des carrières les plus diverses.  Certains diplômés se sont d’ailleurs distingués dans leur profession et c’est une source de grande fierté pour nous et pour tous les gens de la région de les compter parmi les anciens élèves de l’École Régionale Évangéline.

 
Au cours des années, notre école s’est distinguée plus qu’à son tour parmi les autres écoles de la province.  Chacun de nous en garde de beaux et d’heureux souvenirs.  Les uns n’oublieront jamais les années où l’école venait en tête des autres écoles de la province dans les “cruels” examens du Maritime Examination Board, ou encore lorsque l’école remportait plus que sa part des prix du concours de composition du Jour du Souvenir.  D’autres semblent encore vivre les fortes émotions vécues lorsque la chorale Évangéline remportait les honneurs au festival de musique ou lorsque des équipes des différentes disciplines sportives remportaient habilement la victoire lors de tournois contre des écoles beaucoup plus grandes que la nôtre.  Et la réputation de notre école se porte toujours bien.  À titre d’exemple, cette année, les élèves de chez-nous, inscrits en première année à l’Université de Moncton, ont obtenu, comme groupe, au 1er semestre, la plus haute moyenne de toutes les écoles secondaires acadiennes des provinces Maritimes.  Voilà de quoi nous réjouir et qui nous démontre que l’École Évangéline, bien qu’elle soit relativement petite comparée à la plupart des écoles secondaires des provinces Maritimes, sait quand même produire des diplômés de haut calibre.

Une rencontre comme celle que nous vivons cette fin de semaine devrait nous porter à réfléchir sur le rôle que nous devrions jouer vis-à-vis notre Alma Mater.  Personnellement, j’y vois un très grand rôle.  Il faudrait que nous puissions lui être un solide appui, et surtout que nous veillions à ce qu’elle ne disparaisse jamais car elle a un rôle très important à jouer.  En effet, l’École Régionale Évangéline a une mission qui dépasse celle de toutes les autres écoles secondaires de la province.  Elle doit, en plus de donner un enseignement et une éducation de qualité, contribuer à maintenir vivantes une culture et une langue en grand danger de perdition.  Pour cette raison, notre école doit être un château-fort de la langue française et de la culture acadienne.  Si nous en sommes convaincus, nous pouvons, en tant qu’anciens diplômés, voir à ce que cela soit toujours ainsi.  Si nous habitons la région, n’hésitons pas à nous impliquer au niveau de la commission scolaire ou du foyer école.  C’est peut-être les moyens les plus directs et les plus efficaces d’exercer de l’influence.

On vous a suggéré la création d’une association des anciens.  L’idée est excellente.  Ce serait un excellent moyen pour tous les diplômés, qu’ils soient résidents ou non de la région, de contribuer de quelque façon à l’épanouissement de notre école.  Les projets et les activités pourraient être nombreux et fort profitables.  À titre d’exemple, ce pourrait être en forme d’aide financière à des activités culturelles ou sportives qui ne peuvent se développer sans aide de l’extérieur, ou bien la création de bourses d’études dans des domaines qui pourraient contribuer de façon significative à l’école et à la communauté.  Je souhaite de tout coeur qu’il sera possible de mettre sur pied cette association car elle pourrait opérer un bien immense.

Avec ce souhait je termine ma présentation et je vous remercie de m’avoir prêté votre attention.  À tous et chacun, joyeuse fête!

Hommage à J.-Edmond Arsenault

1982 par Contribution anonyme

 

La rédaction de La Petite Souvenance désire rendre hommage au président de la Société Historique Acadienne de l’Île-du-Prince-Édouard, M. J.-Edmond Arsenault qui, au mois d’avril dernier, était décoré de l’Ordre du Canada par son Excellence le gouverneur-général Edward Schreyer, chancelier et compagnon principal de l’Ordre.  Notons que l’Ordre du Canada constitue la plus haute distinction canadienne attribuée à des civils.  M. Arsenault est le deuxième Acadien insulaire à mériter ce grand honneur.

Le travail que M. Arsenault a accompli au cours des années est assez bien connu de beaucoup d’entre nous.  Travailleur infatigable, il a été actif dans de nombreuses organisations tant municipales, provinciales, régionales que nationales.  Mais on connaît surtout son grand dévouement à la Société Saint-Thomas d’Aquin pour laquelle il a assumé bénévolement la lourde charge de secrétaire-général pendant 30 ans!

Enseignant puis agronome de profession, M. Arsenault est officiellement à la retraite depuis 1980.  Mais pour une personne de sa trempe, la retraite c’est l’occasion de contribuer davantage aux organisme bénévoles qui lui sont chers.  Ainsi, en plus d’occuper la présidence de notre Société historique, M. Arsenault est présentement président de la Voix Acadienne Inc., de l’Association du Musée Acadien et du Comité d’aide financière aux étudiants de la S.S.T.A.; vice-président du Comité franco-acadien pour la jeunesse; membre du Bureau des Gouverneurs de l’Université de l’Île-du-Prince-Édouard et président désigné du Rotary Club de Charlottetown.

Nous nous réjouissons de cette distinction mille fois méritée dont M. Arsenault a été l’objet.  C’est un événement qui fait honneur à toute la communauté acadienne et à l’Île entière.

Chaleureuses félicitations, M. le président, et merci de l’intérêt et du dévouement que vous manifestez envers notre Société Historique Acadienne.  Hommage également à votre digne épouse, Bernadette, toujours prête à vous encourager dans vos activités, et qui s’intéresse et travaille activement elle-même dans plusieurs mouvements.

La rédaction

Des nouvelles de partout

1982 par Contribution anonyme

 

Tignish – Au courant de l’hiver, le Club Ti-Pa a parrainé un projet de généalogie.  Il s’agissait de tracer les descendants des principales familles fondatrices de la paroisse de Tignish.  On veut dresser un tableau généalogique qui fera partie du décor du centre du Club.

Le même organisme organise pour l’été des activités qui souligneront le centenaire de la naissance de l’organiste Benoit Poirier et le centenaire de l’installation des grandes orgues dans l’Église St-Simon et St-Jude.

L’Association historique de Tignish s’est procurée l’ancienne école Dalton dans laquelle on veut y aménager, entre autres, un musée et une salle d’exposition.  On se propose d’y tenir une exposition de photos historiques au cours de l’été.

 

Wellington – Le Club d’Âge d’Or de Wellington s’affaire depuis quelques années à rechercher l’histoire de la région de Wellington.  Le projet avance bien et on espère pouvoir publier le fruit des recherches dans un avenir pas trop éloigné.

 

Mont-Carmel – La Coopérative du Village Pionnier Acadien a embauché cet hiver les services d’un historien, en la personne de Kenneth Breau, pour faire une recherche sérieuse sur l’histoire de Mont-Carmel, de sa fondation (1812) à 1860.  La Coopérative vise à améliorer l’interprétation de l’histoire locale dans son village historique.

 

Région Évangéline – Une publication d’une grande importance sur l’histoire du mouvement coopératif dans la région Évangéline (1862-1982) est à la veille de paraître.  C’est le résultat d’un projet mis sur pied par le Conseil coopératif de l’Î.-P.-É., en 1980.  Cécile Gallant était la responsable du projet et c’est elle qui a écrit le livre, une brique d’environ 300 pages!  C’est à lire.

 

Miscouche – Le Musée Acadien de l’Île, situé à Miscouche, est bien actif.  L’automne dernier il a mené une campagne de financement et de recrutement de membres, laquelle a bien réussi.  Le Musée a aussi profité d’un octroi du Secrétariat d’État, ce qui lui a permis de mettre de l’ordre dans sa collection de photos et de documents.  Le 12 mai, Mad. Deborah Robichaud, directrice du Musée Acadien de l’Université de Moncton, donnait une intéressante conférence aux amis du Musée Acadien de l’Île.  Elle traita, grosso modo, du rôle d’un musée et de sa place dans une communauté.

 

Rustico – Le Musée de la Banque de Rustico a obtenu lui aussi, printemps dernier, un octroi du Secrétariat d’État.  Cette subvention a permis l’embauche de deux personnes qui travaillent à améliorer l’interprétation de l’histoire de la Banque et de l’époque du Père Belcourt à Rustico.

 

Rollo Bay – La succursale de Souris – Rollo Bay de la S.S.T.A. a obtenu un projet d’emploi d’été pour étudiants par lequel on tentera de mettre plus en évidence la cloche historique de l’Église de Rollo Bay (laquelle date du Régime français) et le monument, érigé en 1929, qui marque l’emplacement du cimetière des pionniers acadiens de l’endroit.

 

La Société Saint-Thomas d’Aquin – Le Projet d’histoire et de culture acadiennes de la S.S.T.A. est très productif.  L’été dernier on lançait le livre L’Agriculture chez les Acadiens de l’Î.-P.-É. 1720-1980 (69 pages) et tout récemment on a fait paraître L’Éducation chez les Acadiens de l’Î.-P.-É. 1720-1980, ou La survivance acadienne à l’Î.-P.-É. (85 pages).  Ces deux livres de Georges Arsenault sont abondamment illustrés de cartes, de dessins et de photos.

On a aussi produit, dans le cadre du Projet, deux montages audio-visuels intitulés Les Acadiens de l’Île-du-Prince-Édouard et La pêche et les Acadiens.  Ces montages sont disponibles en français et en anglais.  On peut les emprunter en s’adressant au bureau-chef de la Société.

La S.S.T.A. mène présentement une étude afin de déterminer si les ressources financières et physiques sont disponibles pour l’établissement d’un centre d’études acadiennes.  Le Père Pierre Arsenault a été chargé de faire cette étude qui sera complétée vers la fin de l’été.  On attend impatiemment les résultats.

 

P.E.I. Heritage Foundation – Au mois de janvier, le Heritage Foundation se procurait les services de Reggie Porter à titre de directeur de la programmation.  Monsieur Porter est un Acadien originaire de Tignish.  Enfin, on peut avoir du service en français de notre organisme provincial chargé de la protection du patrimoine.  Profitons-en!

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Membres du Conseil d’administration de la Société Historique Acadienne de l’Î.-P.-É. 1981-1982

Président -        M. J.-Edmond Arsenault
Vice-président -    M. Jean-Paul Arsenault
Secrétaire -        M. Georges Arsenault
Trésorière -        Mme Hélène Cheverie
Conseillers -        Soeur Marguerite Richard
                                 Père Albin Arsenault
                                M. Jean-Louis Beauregard
                                M. Michel Belliveau

Double fête à l’Île-du-Prince-Édouard

1979 par Contribution anonyme

Trois cent soixante-quinze ans, ça se fête!  Les Acadiens de l’Île-du-Prince-Édouard se joignent aux Acadiens des autres provinces et du monde entier pour célébrer ensemble ce 375e anniversaire de la fondation de l’Acadie.  Cette année est l’occasion par excellence de resserrer les liens qui nous unissent et d’organiser des activités qui nous feront redécouvrir le passé, développeront notre sentiment d’appartenance et affirmeront notre vouloir vivre collectif.

Ce 375e anniversaire de la fondation de l’Acadie se veut une double fête pour les Acadiens de l’Île-du-Prince-Édouard.  En effet, cette année la Société Saint-Thomas d’Aquin et tous les Acadiens de cette province célébreront le 60eanniversaire de leur association provinciale.  Ce double anniversaire sera marqué de façon spéciale.  Les 8, 9 et 10 juin les Acadiens insulaires se réuniront pour évaluer le chemin parcouru et discuter de leur avenir.  L’assemblée annuelle de la Société Saint-Thomas d’Aquin de même que celle de l’association des jeunes Acadiens de l’Île, Jeunesse Acadienne, auront lieu lors de cette rencontre et des spectacles et autres activités culturelles complèteront le programme de la fin de semaine soulignant ainsi les anniversaires.  De plus, les succursales de la SSTA organiseront des fêtes locales pour célébrer le 60e anniversaire de la Société alors que tous les autres organismes acadiens sont invités à préparer des activités dans les cadres du 375anniversaire de l’Acadie.

M. Théodore Thériault, président du Comité des fêtes de l’Î.-P.-É., invite tous les organismes à communiquer avec le bureau central pour soumettre des projets, obtenir des trousses de publicité, etc.

La Société invite tous les Acadiens à entrer dans la fête et les encourage à se visiter, d’une province à l’autre, d’une région à l’autre afin de resserrer davantage les liens qui nous unissent depuis 1604.