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Rapport annuel du président du Musée acadien

1986 par J.-Edmond Arsenault

 

L’Association du Musée acadien incorporée vient de clore sa vingt-deuxième année de fonctionnement.  Cette dernière année a été, comme plusieurs autres, fort bien remplie d’activités, de travail, de progrès et de réalisation apte à la mettre en état d’offrir de meilleurs services à la clientèle et à oeuvrer vers l’atteinte de ses buts qui sont de collectionner, préserver, étudier, interpréter l’histoire et le patrimoine Acadiens de l’Île-du-Prince-Édouard.

LE CONSEIL D’ADMINISTRATION

Au cours de l’exercice financier qui vient de se clore, le conseil d’administration a tenu sept réunions.  Il a géré les affaires de l’Association du Musée Acadien, a étayé ses décisions et ses actions sur les attributions qui lui sont acquises dans la charte et les règlements de l’Association.

PROJETS

L’Association a bénéficié, encore cette année, de plusieurs projets dont le financement lui parvenait des instances gouvernementales et muséales.  Ceci lui a permis d’entreprendre le montage d’une exposition permanente traitant de l’histoire des Acadiens.  Elle a reçu un octroi du Musée provincial (Heritage Foundation de l’Î.-P.-É.) pour en défrayer une partie des coûts.  Récemment, nous avons adressé une demande d’octroi au ministère des Affaires communautaires et culturelles.  Une exposition temporaire est aussi en voie d’être montée.

Un projet financé par Emploi et Immigration Canada, dans le cadre du programme Développement de l’emploi, nous a valu un octroi de $44,806.00 qui nous a permis d’embaucher quatre personnes soit:  une conservatrice pour une période d’une année, deux personnes préposées à la classification et l’indexage des artefacts contenus dans notre collection (20 semaines), et un agent de développement chargé de faire la promotion du Musée Acadien auprès des écoles et d’autres groupes, en plus de faire du travail préliminaire pour la campagne de financement que nous nous proposons d’organiser (24 semaines).

LA CLIENTÈLE

La clientèle du musée se maintient au niveau de 4,500 à 5,000 visiteurs par année.  L’affluence des clients bat son plein en été, au cours de la saison touristique.  Les touristes constituent environ 95% ou plus de la clientèle.  Au poste de bénéfices financiers c’est un apport fort apprécié mais qui ne met pas en valeur le potentiel éducatif et culturel du Musée à l’endroit des Acadiens de l’Île-du-Prince-Édouard, jeunes et adultes, qui ne lui font que d’assez rares visites.  Il faudra donc, par le biais de l’animation, de la promotion, de l’annonce, d’expositions spéciales et d’une programmation bien ordonnée attirer une plus nombreuse clientèle de chez-nous.

Voilà pourquoi nous préconisons l’emploi d’un agent de développement ou animateur à temps complet chargé de faire des contacts, d’établir des relations avec les écoles, les associations de gens d’âge d’or, les organismes culturels en plus de planifier des programmes aptes à intéresser une clientèle variée composée de personnes de tous les âges.  Afin que le Musée joue le rôle qui lui est dévolu et atteigne ses buts, il faut viser à le voir tenir ses portes ouvertes à l’année longue.
Nous ne prétendons certes pas négliger le secteur touristique.  L’Association a inséré, encore cette année, une annonce dans le cahier préparé par La Voix Acadienne pur l’Association touristique de la région Évangéline.  Ce cahier a été distribué à 450,000 exemplaires dans des journaux de la province de Québec.  Cette annonce et celle du Village Pionnier Acadien sont susceptibles de résulter en un apport accru de touristes québécois dans les régions acadiennes de l’Île.  Nous l’espérons!   Nous tenterons de faire l’inventaire des touristes qui ont découvert l’existence du Musée au moyen de cette annonce.

FINANCEMENT

Le problème primordial de l’Association du Musée Acadien demeure son financement à court terme et à long terme.  Le régime de travail bénévole dont elle a joui au cours d’une vingtaine d’années est révolu; elle fait face à un régime d’employés rémunérés.  Pour assurer le bon fonctionnement de l’entreprise, il y a au moins quatre postes rémunérés à combler.  Il faut embaucher un conservateur du Musée, un agent de développement ou animateur-éducateur, un directeur du centre d’étude acadiennes et une secrétaire.  Nous avons demandé un nouvel octroi au Secrétariat d’État pour le Centre d’études acadiennes.  Pour les autres salaires, nous comptons sur l’aide du Gouvernement provincial et un projet de Développement d’Emploi si ce programme est disponible l’an prochain.  Toutefois, rien n’est assuré.  Nous vivons dans l’attente!

Il est évident que l’Association doit viser à s’autofinancer afin de garantir son fonctionnement à long terme.  Le conseil d’administration a déjà pris certaines dispositions à cet égard.  Il est à mettre sur pied un comité de financement dans le but de tenter l’organisation d’une campagne financière.  Cette campagne pourrait comporter deux volets:  le premier étant la cueillette de fonds chez les Acadiens, les organismes, les entreprises et les commerces de l’Île; le deuxième volet s’adresse aux entreprises et aux fondations de l’extérieur plus particulièrement du Nouveau-Brunswick et de la Province de Québec, et aux gouvernements provincial et fédéral.

Le comité de financement aura à décider de la somme totale des argents à percevoir ou requise, faire le partage des sommes à recueillir sur l’Île et à l’extérieur.  Nous avons obtenu, du ministère des Affaires intergouvernementales de la province de Québec, les services d’un consultant qui viendra animer un atelier sur les techniques organisationnelles d’une campagne financière.  Le conseil d’administration, les membres du comité de financement et d’autres membres intéressés participeront à cet atelier qui aura lieu au cours d’une fin de semaine.  Suite à cette rencontre, nous serons en mesure de procéder à la planification de la campagne.  Ce ne sera pas une maigre tâche de mettre sur pied une campagne de financement bien ordonnée.  Il y a du pain sur la planche!  Une tâche ardue à accomplir, un objectif louable à atteindre.  Courage et persévérance.  Il nous faut, sans faute, mener ce projet à bonne fin.  Présentement, les gouvernements coupent leurs budgets, abandonnent certains programmes et diminuent leur aide financière à d’autres.  Nous ne pouvons indéfiniment dépendre sur nos gouvernements pour financier nos oeuvres.  Mieux vaut accepter cette constatation aujourd’hui et de se préparer à cette éventualité — demain il sera trop tard.

 
IMMOBILISATION ET RÉNOVATION

À ce chapitre, nous avions soumis, le 5 juin 1985, une demande de financement au ministère des Communications dans le but de payer les frais d’embauche d’un architecte qui produirait un avant-plan ou dessin schématique d’un nouvel édifice et de la rénovation de l’ancien.  Le coût du projet est de 7580$.  Nous croyions pouvoir obtenir 50% du coût, soit 3790$ de ce ministère et puiser la balance à d’autres sources.  Nous avions été avisé que dans l’éventualité de la participation du gouvernement de l’Î.-P.-É., le financement du projet deviendrait une priorité chez le Gouvernement fédéral.  Dans notre mémoire aux instances provinciales, nous les avons priées de nous accorder 3790$ pour défrayer le coût de notre part du projet.  La somme nous a été versée au mois de novembre dernier.

En septembre dernier, on nous dit au ministère des Communications que notre projet était accepté et rendu au stade de la signature du Ministre. Malheureusement, comme un grand nombre d’autres projets, il n’a jamais reçu la signature officielle. Après de nombreuses démarches et d’appels téléphoniques de notre part, nous recevions enfin la lettre du 26 mars qui annonçait le gel de toutes les dépenses et qui s’appliquent également aux contributions et aux subventions.  On nous invite à confirmer notre projet par écrit après le 1er juin 1986 et à en fournir une mise à jour.  Suite à cette lettre, nous avons continué nos démarches auprès de honorables Marcel Masse et  Tom McMillan mais nous demeurons sans réponse.  Tous nos efforts n’ont pas abouti aux résultats anticipés.  Nous en sommes frustrés, à vrai dire, c’est notre plus grande déboire.  Sans l’exécution de ce projet nous ne pouvons avancer ou progresser.  Il semble que les possibilités d’obtenir des octrois du volet de l’aide à l’immobilisation ne sont pas trop prometteuses.

MÉMOIRE

Au mois de septembre 1985, le conseil d’administration a présenté un mémoire au premier ministre James Lee, le ministre de l’Éducation Léone Bagnall et le ministre des Affaires communautaires et culturelles, George McMahon.  Ce document contenait un bref aperçu de l’histoire du Musée Acadien, de son organisation, son fonctionnement et son rôle de conservateur du patrimoine acadien.  En plus, il traitait du développement et du rôle futur du Musée dans le cadre de recommandations contenues dans le Rapport Lord.  Le document se terminait par un résumé des onze demandes que nous y avions formulées.  Les principales étaient:

a)  Doter le Musée Acadien d’un statut provincial.

b)  Le gouvernement paie les salaires des employés du Musée Acadien et du Centre d’études acadiennes qui préparent et exécutent des programmes éducatifs.

c)  Le gouvernement provincial paie la moitié du coût de l’avant-plan ou dessin schématique.

d)  Le ministère de l’Éducation aide financièrement aux développements des aspects éducatifs du Musée Acadien et du Centre d’études acadiennes.

e)  Le gouvernement fournisse plus d’aide financière au Musée Acadien et aux autres musées communautaires de la province.

L’accueil fut bon.  Les ministres ont été bien réceptifs à nos propositions et nos demandes.  La ministre de l’Éducation d’alors se montre très intéressée au rôle du Musée et du Centre d’études acadiennes en éducation et en enseignement de l’histoire acadienne dans les écoles.

Un comité fut nommé pour étudier le mémoire et présenter des recommandations au ministre des Affaires communautaires et culturelles qui, lui, les soumettra au Cabinet provincial.  Nous n’avons reçu aucune réponse officielle sauf le versement de $3,790.00 à notre projet d’embauche d’un architecte.

CENTRE D’ÉTUDES ACADIENNES

Depuis quelques années, des démarches avaient été entreprises dans le but d’établir un Centre d’études acadiennes à l’Î.-P.-É.  Au moyen d’un octroi du Secrétariat d’État nous avons pu, l’automne dernier, débuter l’aménagement de ce centre par l’embauche d’un directeur à demi-temps en la personne de Monsieur Georges Arsenault, spécialiste en histoire et folklore acadiens.  Le centre est logé dans l’édifice du Musée Acadien.  Déjà, une assez importante somme de travail a été accomplie.  C’est un bon début.  Le Centre d’études acadiennes est, en un sens, le complément du Musée acadien.  Les objectifs de l’un et de l’autre sont très semblables; l’un s’occupe des artefacts du patrimoine, l’autre de la documentation relative à l’histoire acadienne.  Nous formulons des voeux que le centre, à l’instar du Musée, saura rendre d’éminents services au peuple acadien.

DÉPART

Notre ancienne conservatrice du Musée, Soeur Marguerite Richard, a quitté son poste le 31 décembre dernier.  Avant son départ, le conseil l’a reçue à dîner, lui a lu un compliment, lui a présenté un cadeau souvenir et lui a décerné le titre de membre honoraire de l’Association du Musée Acadien.

Soeur Marguerite Richard mérite nos remerciements les plus sincères et notre plus vive reconnaissance à l’endroit de son travail assidu, de son dévouement et de son bénévolat.

REMERCIEMENTS

Nous tenons à remercier la Société Saint-Thomas d’Aquin, les Musées nationaux, le Secrétariat d’État, le Musée provincial, le ministère de l’Emploi et Immigration, le ministère des Communications, le Gouvernement de l’Île-du-Prince-Édouard ainsi que tous les organismes et individus qui nous ont rendu quelques services au cours de l’année.  Merci aux membres du conseil d’administration en marge de leur assiduité, leur intérêt et leur collaboration.  Merci à la conservatrice du Musée, au directeur du Centre d’études acadiennes et à nos autres employées de leur collaboration.

J.-Edmond Arsenault
le 27 mai 1986

Rapport annuel du président de la Société historique acadienne

1986 par Francis C. Blanchard

 

J’ai le grand plaisir de vous présenter le bilan des activités de la Société Historique Acadienne de l’Île-du-Prince-Édouard pour l’année fiscale 1985-86.  Ce fut, à mon point de vue, une année assez active et productive.  Certains projets n’ont pas abouti à leurs réalisations complètes, mais votre Société continue ses démarches jusqu’au bout de leur finition.

Nous nous sommes proposés d’aller chercher des octrois pour mener à terme le projet de la biographie de feu J.-Henri Blanchard – Nous voulons d’abord en faire une première rédaction et ensuite, passer à la publication.  D’une part, notre demande de subvention au Conseil des Arts du Canada, programmes d’explorations fut refusée, et de l’autre part, celle du Secrétariat d’État fut mise à l’écart pour la dernière année fiscale.

L’exécutif vient de préparer de nouvelles demandes pour l’année en cours.  Nous attendons anxieusement cette fois, des réponses positives à la réalisation de ce projet d’envergure.

J’espère pendant ces assises annuelles que vous trouverez nos délibérations des plus stimulantes.  Je vous invite, donc, à participer pleinement dans les discussions.  Nous voulons que les décisions prises ici soient les vôtres – C’est votre société.

Nous nous réjouissons de nous trouver à Tignish, dans cette paroisse très historique pour nos assises annuelles de 1986.  Je veux remercier au nom de tous nos sociétaires le Club Ti-Pa pour l’usage de son local, ainsi qu’à ces gens qui ont accepté de nous préparer le goûter qui sera servi à la fin de la réunion.

Puisque nous sommes dans la belle et grande paroisse de Tignish, je voudrais signaler que l’an prochain au 3 août 1987, il y aura 100 ans depuis le décès de l’abbé Sylvain-Ephrem Poirier.  Ce prêtre fut le premier acadien de l’Île-du-Prince-Édouard à gravir les marches de l’autel, et fut né à l’Étang-des-Clous dans cette paroisse.  Il fut enterré à Baie-Egmont où une pierre tombale porte l’inscription suivante:

“Ce monument a été érigé à la mémoire du révérend Sylvain-E. Poirier par les paroissiens de Tignish, Bloomfield, Mont-Carmel et Saint-Jacques d’Egmont-Bay.
Il a vécu en vertu
Il vit dans la mémoire
Il vivra dans la gloire”.

D’une manière ou d’une autre il faudrait que cet anniversaire serait marqué adéquatement.  L’influence exercée par cet homme de Dieu fut grande dans la réhabilitation des Acadiens de cette Île.

L’exécutif de la Société Historique s’est réuni à 3 reprises pendant l’année – deux fois au Musée Acadien de Miscouche, et une fois au Centre J.-Henri Blanchard à Summerside.

 
La Société a organisé une seule réunion régionale pendant l’année.  Elle a eu lieu au Centre d’interprétation au Parc National Fort Amherst/Port LaJoye à Rocky Point, à la fin du mois de juin.  À cette rencontre, les participants, bien que très peu nombreux, ont pu visionner la présentation audio-visuelle sur le régime français de 1720 à 1758 à Port LaJoye.  Ils ont pu également visiter le centre accompagnés de guides.  Je pense qu’il serait bon d’organiser une nouvelle rencontre à ce lieu historique au printemps prochain.  Et afin d’assurer sa réussite, il faudra s’y prendre d’avance à son organisation.

À l’heure actuelle, nous avons réalisé un recrutement de 150 membres – une diminution de 15 individus sur l’an dernier.  Ce n’est certainement pas tous les gens qui sont intéressés à l’histoire.  Il faut se contenter du nombre restreint de sociétaires, et se dire, c’est avant tout la qualité de nos membres qui compte.

Pendant l’année l’exécutif a vu à la révision des modalités du Concours “Le Prix Gilbert Buote”.  J’ai quelques copies de ces règlements, et s’il y a quelques personnes qui seraient intéressées à en avoir, vous pouvez les procurer de moi-même aujourd’hui.  Pour l’année en cours les projets devront être inscrits au concours au plus tard le 10 novembre.

Le Prix Gilbert Buote fut créé en 1982 par la Société dans le but de couronner, et de signaler les projets méritants réalisés dans le domaine de l’histoire et de l’héritage acadiens de notre province.

En dédiant le prix à la mémoire de feu Gilbert Buote (1833-1904) de Tignish, la Société désire souligner la très grande contribution à la vie acadienne faite par ce patriote acadien.  Éducateur, journaliste, historien et généalogiste, il fut l’âme ouvrière de la renaissance du peuple acadien à l’Île.  Il fonda en 1893, avec l’aide de son fils François-Joseph, L’Impartial, premier journal hebdomadaire de langue française dans cette province insulaire.  Recherchiste lui-même, il publia de nombreux écrits généalogiques et historiques.

Je désire souligner ces quelques détails à son sujet, afin de lui rendre un hommage à l’occasion de nos assises annuelles dans sa paroisse natale de Saint-Simon et de Saint-Jude.  Gilbert Buote repose dans le cimetière de cette paroisse.  Sa tombe se trouve à l’intérieur de la clôture en face de l’église actuelle.

Le Prix Gilbert Buote consiste en un parchemin encadré sur lequel est imprimé un fac-similé d’une première page d’un numéro de journal L’Impartial, une photographie de Gilbert Buote et une inscription appropriée dans laquelle figure le nom de la personne ou l’organisme méritant, le sujet du projet et la signature du/de la président(e) de la Société.

À partir de cette année, le prix sera attribué au récipiendaire lors d’une rencontre spéciale afin de donner un plus grand éclat à cet événement.

La Société s’est occupée de la publication de sa revue La Petite Souvenance.  Le numéro 14 est apparu au printemps dernier.  Le matériel de l’édition numéro 15 est maintenant prêt et sera publié d’ici le début de la nouvelle année.

Vous êtes, sans doute, au courant de la démission de notre rédacteur en chef de La Petite Souvenance.  Georges Arsenault est maintenant à l’emploi de Radio-Canada à Moncton.  Il occupe le poste d’animateur à l’émission “Bonjour Atlantique” du poste C.B.A.F.  Il suffit à dire que notre perte est un gain précieux pour Radio-Canada.  Je m’empresse à lui exprimer notre vive et entière gratitude pour sa contribution à l’avancement des intérêts historiques de notre Société et particulièrement pour sa part précise au succès de La Petite Souvenance.

Je lui souhaite, au nom de vous tous, beaucoup de succès à son nouveau poste.  Je sais qu’il serait très encouragé à savoir que nous sommes à l’écoute de son émission qui est radio-diffusée sur les ondes de 6 h 00 à 9 h 00 chaque matin du lundi au vendredi.  Cette émission nous touche de près, car nombreux sont les items d’histoire pendant le programme – Soyons à l’écoute.

Présentement, donc, nous sommes à la recherche d’un(une) remplaçant(e) à Georges.  La personne une fois embauchée aura à travailler avec le comité de rédaction dans la préparation de chaque édition de notre revue.

Je suis très reconnaissant à Mme Cécile Gallant qui s’est offerte de s’occuper du prochain numéro, maintenant que le matériel a été reçu de Georges Arsenault.

En terminant ce rapport, je désire remercier tous les membres de notre exécutif.  L’exécutif pour l’année écoulée se composait de:  Georges Arsenault, président sortant de charge; M. l’abbé Charles Gallant, vice-président; M Réal Gagnon, secrétaire; Mme Céline Lapointe, trésorière; Mme Avéline Peters, M. l’abbé Albin Arsenault, M. Gary Robichaud et M. Robert Maddix, conseillers, et moi-même, Francis Blanchard, président.  L’appui que j’ai reçu de tous ces gens est inestimable.  Je vous en suis redevable.  Vous avez consacré beaucoup de votre temps aux intérêts de la Société.  Je remercie également tous ceux qui ont rendu ma tâche très agréable.  Je souhaite au nouveau président et au nouvel exécutif une aussi agréable expérience.

Francis C. Blanchard
le 2 novembre 1986

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Conseil d’administration de la Société historique acadienne de l’.-P.-É. pour l’année 1986-1987 :

Président -        M. Réal Gagnon
Président sortant -    M. Francis C. Blanchard
Vice-président -    Père Charles Gallant
Secrétaire –         Mad. Marie-Anne Arsenault
Trésorière -        Mad. Céline Lapointe
Conseillers(ères) -    

Mad. Jeanne-Mance Arsenault
Mad. Avéline Peters
Mad. Florina Gallant
Père Albin Arsenault

Le Centre de Recherches acadiennes : rapport

1986 par Contribution anonyme

 

Depuis plusieurs années l’on discutait de mettre sur pied un centre qui se spécialiserait dans les études acadiennes à l’Île-du-Prince-Édouard.  C’est maintenant chose faite, le centre est établi au sein du Musée Acadien et il a été baptisé du nom Centre de recherches acadiennes.  Il a pu être mis sur pied grâce à une subvention du Secrétariat d’État qui a permis l’embauche de Georges Arsenault, professeur à demi-temps à U.P.E.I., comme directeur du centre pour une période de six mois.  C’est effectivement depuis la fin de novembre dernier que Georges Arsenault est à la tâche.

Le Centre de recherches acadiennes se propose les buts suivants:

a)  De regrouper, conserver, identifier et classifier tous les documents manuscrits, imprimés, visuels et sonores qui ont trait à la vie acadienne, en particulier à la vie des Acadiens de l’Île.

b)  De mettre à la disposition des Acadiens les ressources nécessaires à la préparation de matériaux pédagogiques de manière à faciliter l’étude et l’enseignement de l’histoire et de la culture acadiennes.

c)  De voir à la promotion à la diffusion, à l’Î.-P.-É., de l’histoire et de la culture traditionnelle des Acadiens.

d)  D’établir des liens de coopération et d’échange avec les centres provinciaux, nationaux et internationaux publics et privés qui oeuvrent dans les mêmes domaines que le Centre.

En quoi consiste le Centre?  Présentement, il est situé dans la bibliothèque du Musée Acadien et il contient d’abord une documentation assez abondante accumulée depuis la fondation du Musée Acadien en 1964.  Le directeur s’occupe maintenant d’augmenter cette collection de sorte que bientôt le Centre sera l’institution de la province la mieux documentée dans le domaine des études acadiennes.

À l’heure actuelle, la bibliothèque comprend pratiquement tout ce qui a été publié sous forme de volumes sur le sujet des Acadiens insulaires.  De plus, la bibliothèque a une collection intéressante de livres traitant de l’histoire, de la généalogie et de la culture acadienne des provinces maritimes et d’ailleurs.  On y trouve également des livres provenant des bibliothèques d’individus tels Mgr Jean Chiasson, Père F.- X. Gallant, Gilbert Buote, Mgr Nazaire Poirier, et quelques autres.  On trouve aussi une large sélection de vieux livres religieux (certains remontent à la fin du 18e siècle), d’anciens manuels scolaires, des livres de la bibliothèque du Couvent de Miscouche, etc.

La section généalogique est une partie très importante du Centre.  D’abord, il y a le fichier comprenant quelque 30,000 fiches qui regroupent les actes de baptême/naissance, de mariage et de sépulture tirés des registres paroissiaux des paroisses acadiennes.  C’est un outil de recherche très précieux pour toute personne qui décide d’entreprendre le “défrichage” de sa parenté et de ses ancêtres.  En plus du fichier, il y a des dossiers qui regroupent par nom de famille des notes généalogiques provenant de sources diverses.

Le Centre possède également un grand nombre de dossiers qui portent sur les paroisses et les villages acadiens, sur des institutions et des personnalités acadiennes, sur les traditions acadiennes et sur bien d’autres sujets.  Dans ces dossiers on trouve des coupures de journaux, des articles de revues, des notes manuscrites, etc.

Il y a aussi une collection de documents originaux tels cahiers de procès-verbaux d’organismes, livres de comptes de commerçants et ainsi de suite (voir liste dans la rubrique “À la recherche des documents”).

Du côté des journaux, le Centre possède une collection complète de La Voix Acadienne et une collection incomplète de L’Impartial.  De plus, on y trouve quelques numéros de d’autres journaux (de langue française et anglaise) publiés dans les Maritimes.

La collection de photographies du Musée est impressionnante.  Malheureusement, beaucoup de photos ne sont pas identifiées.  Le Centre tentera d’augmenter cette collection et de mieux la documenter.

Voilà en gros ce que renferme à l’heure actuelle notre Centre de recherches.  Nous espérons agrandir de beaucoup ces collections dans les années à venir.  Nous prenons ici l’occasion d’inviter les lecteurs à y contribuer en déposant pour sauvegarde des documents de famille, d’organismes, de paroisses et d’entreprises qui seraient en leur possession.  En faisant ainsi on fera un pas de l’avant en vue de conserver notre patrimoine et à le rendre accessible aux chercheurs.  Si toutes nos associations déposaient leurs archives au Centre, ça serait beaucoup plus facile d’écrire leur histoire dans 25, 50 et 100 ans d’ici, parce qu’on saurait où trouver les documents.  Rien de plus frustrant lorsqu’on se rend compte que les documents importants ont été brûlés par des gens qui n’en voyaient pas la valeur.  Nous invitons aussi les gens qui ont dressé leur généalogie d’en donner une copie au Centre.  Ceci pourrait beaucoup aider de futurs chercheurs.

Les collections du Centre (livres, documents, photos) ne peuvent pas être empruntées.  Tout doit être consulté sur place.  Le Centre dispose d’une photocopieuse ce qui peut faciliter le travail des chercheurs.

Avant de se présenter au Centre, il serait préférable de faire un rendez-vous par téléphone (436-6237), sauf pendant les mois de juillet et août alors que le Musée est ouvert tous les jours de la semaine.

Rapport annuel du président de la Société historique acadienne

1985 par Francis C. Blanchard

 

Il me fait plaisir de vous souhaiter tous la plus cordiale bienvenue à la réunion annuelle de la Société Historique Acadienne de l’Île-du-Prince-Édouard.

J’espère que vous trouverez nos délibérations des plus intéressantes.  Je vous invite à participer à nos discussions.  J’exprime au nom de l’auditoire une bienvenue spéciale à M. Bernard LeBlanc, directeur du Musée Acadien à l’Université de Moncton qui sera notre conférencier invité ce soir.

Je ne peux pas passer sous silence le fait que nos assises de cette année marquent le 30e anniversaire de la fondation de notre Société.

La Société Historique Acadienne de l’Île-du-Prince-Édouard tire ses origines d’un comité historique, généalogique et littéraire qui avait été créé par la défunte Association des Instituteurs et Institutrices Acadiens de l’Île-du-Prince-Édouard pendant son 62e congrès annuel tenu en 1955 en la salle paroissiale de Miscouche.

Mesdames et Messieurs c’est à votre vaillante association d’enseignants et d’enseignantes acadiens d’autrefois que nous les Acadiens de l’Île doivent une dette de reconnaissance pour toutes les initiatives qu’elle a su engendrer afin de doter le peuple acadien d’instruments et d’institutions à caractère national pour favoriser sa survivance, son développement et son épanouissement.

L’Association des enseignants acadiens de l’Île a aussi enfanté La Société Saint-Thomas d’Aquin, lors de son 27e congrès à Bloomfield en 1919.

La première réunion du comité historique, généalogique et littéraire eut lieu le 14 novembre 1955.  La réunion fut sous la présidence de M. le juge Sylvère DesRoches.  Les autres membres présents étaient:  M. le docteur J.-Henri Blanchard, Mme Dolor Richard, M. Jérémie Pineau et Soeur Antoinette DesRoches, C.N.D.  Le comité s’est donné le nom, Le Comité Historique, Généalogique et Littéraire Acadien de l’Île-du-Prince-Édouard.

Le premier Comité exécutif fut élu comme suit :

Président:  M. le juge Sylvère DesRoches
Vice-présidente:  Mme Dolor Richard
Secrétaire-trésorier:  M. Jérémie Pineau

Le comité de la constitution se composait de:  M. le docteur J.-Henri Blanchard, M. J.-Edmond Arsenault, et M. le juge Sylvère DesRoches.  Un président fut nommé pour s’occuper d’une des sections :

Historique:  M. l’abbé Charles Gallant
Généalogique:  M. le docteur J.-Henri Blanchard
Littéraire:  Soeur Ann Elizabeth White, C.N.D.

Dès le début du Comité, on discutait du besoin d’établir un musée acadien.  Cette idée ne prendra pas racine avant 1964, lorsque fut fondé le Musée Acadien à Miscouche.

Ce ne sera qu’en 1967, l’année du centenaire de la Confédération canadienne, qu’on établira la présente Société Historique Acadienne de l’Île-du-Prince-Édouard.

Après avoir opéré depuis son établissement en 1955 à l’échelon de comité, le Comité Historique, Généalogique et Littéraire est passé au statut de société.  Et dès lors elle portera le nom de:  La Société Historique Acadienne de l’Île-du-Prince-Édouard.

À la réunion du 13 novembre 1967, le Père Jean F.-Buote a recommandé la fondation de la Société Historique Acadienne de l’Île-du-Prince-Édouard dans son rapport du comité organisé pour étudier le futur du Comité Historique, généalogique et littéraire établi en 1955.

Les personnes qui ont servi dans ce comité d’étude furent M. l’abbé Jean Buote, M. J.-Edmond Arsenault et M. Benoit-W. DesRoches.

La proposition de la nouvelle fondation est présentée à une assemblée générale par M. le docteur J.-Aubin Doiron, et est appuyée par M. l’abbé Charles Gallant.  La proposition est acceptée à l’unanimité.

Un comité fut choisi pour rédiger une nouvelle constitution.  À la réunion du 19 août 1970, les statuts et règlements furent débattus longuement et finalement adoptés.

Le premier comité exécutif de la nouvelle société se composait comme suit :

Président:  M. J.-Edmond Arsenault
Vice-président:  M. l’abbé Jean-F. Buote
Secrétaire:  M. Francis-C. Blanchard
Trésorière:  Soeur Antoinette DesRoches, C.N.D.
Conseillers:  M. Antoine Richard, M. J.-Albert Gallant et M. le docteur J.-Aubin Doiron

Les années 1955, 1964 et 1967 sont donc trois dates de grande signification historique :

1955 – la fondation du Comité Historique, généalogique et littéraire sous l’égide de l’Association des Instituteurs et Institutrices Acadiens de l’Î.-P.-É.  C’est aussi l’année du Bicentenaire de la Dispersion des Acadiens de 1755.

1964 – la fondation du Musée Acadien à Miscouche – pour coïncider avec les fêtes provinciales marquant le centenaire de la première réunion des Pères de la Confédération canadienne tenue à Charlottetown en 1864.

1967 – l’établissement de la Société Historique Acadienne de l’Île-du-Prince-Édouard – réalisé en la même année que les Canadiens célèbrent le centenaire de la Confédération canadienne de 1867.

Nous ne faisons pas les choses par des petite mesures – n’est-ce pas?  Et ce qui est significatif encore dans l’histoire de notre fondation, c’est que nous les Acadiens avons choisi Miscouche, où nous avons fondé ces organismes qui sont appelés à nous aider à promouvoir et à sauvegarder nos intérêts historiques comme peuple acadien; et cela à l’endroit même où nos chefs acadiens, en 1884, ont délibéré pour le choix du drapeau tricolore avec son étoile et l’hymne national, l’Ave Maris Stella.

Depuis sa fondation en 1967, la Société Historique Acadienne l’Île-du-Prince-Édouard a réalisé plusieurs projets de grande importance historique.  Parmi ceux-ci mentionnons:

1)  Le dévoilement en 1976 du monument à la mémoire des anciens Acadiens de la Rivière Platte – berceau des paroisses acadiennes du comté de Prince – dont les ossements furent transportés dans le cimetière de Miscouche.

2)  La publication d’un bulletin sous le titre de La Petite Souvenance.  Cette parution est en date de 1979 – l’année du 375e anniversaire de la fondation de l’Acadie et du 60e anniversaire de la fondation de la S.S.T.A.  Un numéro spécial de La Petite Souvenance fut préparé par La Société Historique pour commémorer le centenaire du Drapeau acadien.

3)  La Société Historique organise deux ou trois rencontres régionales chaque année, afin de faire mieux connaître notre héritage et notre patrimoine acadiens.

4)  La Société a mené une campagne assidue auprès des autorités de l’Église unie de Malpèque, afin de récupérer la vieille cloche de la paroisse de la Sainte Famille de l’ancien Malpec des Acadiens avant la Déportation de 1758.  Ses efforts ont été jusqu’à date sans succès.  Espérons qu’un jour cette relique nous sera remise entre nos mains!

5)  Tout récemment la Société Historique a institué le Prix Gilbert-Buote pour commémorer le nom d’un grand patriote acadien de l’Î.-P.-É.  Le prix est décerné à une personne ou autres qui auraient complété un travail d’intérêt historique acadien.

Après avoir passé en revue les péripéties de notre Société depuis sa fondation en 1955, faisons un bref compte rendu de son oeuvre pendant l’année qui vient de se terminer.

Mon comité exécutif se composait de M. Georges Arsenault-Président sortant de charge, M. l’abbé Charles Gallant-Vice-président, Mme Cécile Gallant-Secrétaire, Mme Avéline Pitre, M. l’abbé Albin Arsenault, M. Gary Robichaud et M. Joseph Cormier-Conseillers, et Francis Blanchard votre Président.

Durant l’année le comité exécutif a tenu trois réunions.  Nous avons pris les décisions nécessaires au bon fonctionnement de l’organisme.  Nous avons organisé deux rencontres régionales – une au Centre Culurel Port LaJoie à Charlottetown, et l’autre au Centre Dalton à Tignish.

À Charlottetown, quoiqu’il ny avait qu’un très petit nombre dans l’auditoire, Georges Arsenault, Marcella Perry et Francis Blanchard ont projetté leurs diapositives des lieux historiques acadiens en Poitou-Charentes et d’autres lieux en France.

À Tignish, où là encore, le nombre de participants était restreint, Mme Elizabeth Cran a su intéresser les gens avec sa présentation des mystères de l’histoire locale.

Notre grand projet de l’année s’est porté sur la continuation de la recherche sur la vie et l’oeuvre de feu le docteur J.-Henri Blanchard.  Mme Cécile Gallant fut embauchée comme recherchiste.  Personnellement, je suis très satisfait du travail réalisé par Cécile.

Lorsqu’elle est venue chez moi me passer à l’entrevue, nous avons pu jaser ensemble une bonne partie de la journée.  Je me suis aperçu dès le début de notre entretien, qu’elle avait très bien saisi l’esprit de l’homme et de son oeuvre.  Cela m’a beaucoup plu.  Cécile semblait entrer intensément en sa matière, tel qu’on aurait dit qu’elle l’avait connu de son vivant.

À l’heure actuelle notre Société compte 165 membres en règle:

2 membres honoraires
3 membres à vie
7 associations-membres, dont une bienfaitrice
153 membres réguliers, dont quatre bienfaiteurs

En conclusion, je désire remercier tous ceux qui ont aidé pendant l’année à faire avancer notre cause – l’exécutif; Georges Arsenault surtout pour son implication dans la publication de La Petite Souvenance et dans son travail dans le projet du Prix Gilbert Buote; et les équipes qui ont travaillé avec Georges dans ces deux activités; à Cécile un gros merci, comme secrétaire et comme recherchiste dans le projet de la vie et l’oeuvre de J.-Henri Blanchard.  Je dois la remercier spécialement pour la contribution qu’elle a faite lorsqu’elle a représenté la Société Historique de l’Île aux fêtes du 25e anniversaire de la Société Historique Acadienne à Moncton, N.-B.  Elle a fait, me dit-on, une présentation superbe de son projet – “La vie et l’oeuvre de J.-Henri Blanchard”.  Merci également à tous ceux qui ont rendu nos rencontres régionales des succès.  À la S.S.T.A., merci également pour votre appui.  Et finalement un merci sincère à tous nos sociétaires.  Si notre Société marche de l’avant, c’est parce que nous avons des membres fidèles.

Francis C. Blanchard, Président
le 24 novembre 1985

Rapport annuel du président du Musée acadien

1985 par J.-Edmond Arsenault

 

L’Association du Musée Acadien Incorporée vient de débuter, il y a quelques mois, sa vingt et unième année d’existence.  Elle a donc atteint l’âge adulte.  Au cours des années, grâce surtout au travail bénévole et malgré une pénurie de ressources financières, l’organisme n’a pas cessé de progresser et de jouer son rôle dans l’étude, la collection, la préservation et l’interprétation de l’histoire, des traditions et du patrimoine acadiens de l’Île-du-Prince-Édouard qui, à l’époque de la fondation de sa première colonie française, en 1720 jusqu’en 1798, portait le noble nom de l’Isle Saint-Jean.

Au cours de l’année qui vient de se terminer, ses activités, ses progrès et ses réalisations ont été très marquants.  Dans un rapport nécessairement succinct, nous ne ferons que mettre en évidence les faits les plus saillants qui ont contribué au bon fonctionnement du musée et à l’atteinte, dans la mesure du possible, de ses buts et ses objectifs tels qu’inscrits dans sa constitution.  Pour le moins, la situation actuelle est fort encourageante.

Depuis la dernière assemblée générale annuelle, le conseil d’administration a tenu sept réunions.  Parmi ses actions les plus importantes, notons la mise en place d’un comité des collections; un comité de recrutement de membres; négociations au sujet de l’achat du terrain; un comité des programmes, formulation de demandes d’aide financière; présentations à plusieurs organismes et instances gouvernementales.  Le conseil d’administration a établi un ordre de priorités dans l’aménagement des édifices requis:

A.  La construction d’un nouvel édifice muni des aménagements nécessaires à la climatisation propice à la conservation des documents et artefacts.

B.  Rénovation de l’ancien édifice dans le but d’en faire un lieu d’accueil, de visionnement de diapositives et d’instruction.

C.  Le centre d’études acadiennes a besoin d’un édifice ou d’une partie d’un édifice possédant de moyens de climatisation semblables à ceux du musée.  Bien que ce soit la troisième priorité, l’étude du plan schématique et le coût de construction sont aptes d’indiquer que ce centre soit logé dans le même édifice que le musée plutôt que dans un bâtiment séparé construit à une date ultérieure.

Nous sommes heureux de constater que la clientèle ait augmenté d’environ 1000 visiteurs au cours de la dernière année.  Par le biais de l’annonce, d’expositions spéciales et d’une programmation bien ordonnée nous espérons d’attirer un plus grand nombre de visiteurs.  Nous avons placé une annonce dans Graphic.  Nous pourrons vendre leurs livres à colorier et faire un bénéfice supplémentaire à l’annonce.

L’Association du Musée Acadien a placé une annonce dans le cahier préparé par La Voix Acadienne pour le ministère du Tourisme de l’Île-du-Prince-Édouard.  Ce cahier est distribué à 140,000 exemplaires inclus dans une édition du Soleil, journal publié à Québec.  Cette annonce et celle du Village Pionnier Acadien devraient résulter en un apport sensible de visiteurs québécois dans les régions acadiennes de l’Île.

Projets :

Au cours des quelques dernières années, le musée a bénéficié de plusieurs projets dont le financement nous parvenait des instances gouvernementales ou muséales.

L’administratrice, Soeur Marguerite Richard, rapportera l’exécution de travaux et de projets complétés et en cours tant dans des réparations à l’édifice que dans l’indexage, identification et catalogage des artefacts en inventaire.

Le financement :

Le financement demeure le problème numéro un.  Au cours de ses vingt et un ans d’existence, les opérations du musée ont survécu grâce au travail bénévole de deux religieuses de la Congrégation Notre-Dame qui en ont fait gratuitement l’administration.  Malheureusement, ce régime tire vers sa fin et, dès le début de l’année prochaine, nous devrons recourir aux services d’un directeur rémunéré.  Nous prévoyons aussi l’emploi d’un directeur du centre d’études acadiennes, un animateur-éducateur et une secrétaire.  Pour ces trois derniers postes à demi-temps nous avons soumis des projets demandant l’aide financière du Secrétariat d’État.

Il sera donc de mise au cours de l’année financière qui vient de débuter de découvrir des sources de financement aptes à garantir le fonctionnement continu de l’organisme.  Le rapport Barry Lord fait quelques suggestions auxquelles s’en ajoutent d’autres:

1.  Campagne de financement
2.  Membres corporatifs
3.  Clubs de 1,000$, 500$, 100$, 10$
4.  Les Amis du Musée Acadien 20$ ou 25$
5.  Membres à Vie
6.  Membres bienfaiteurs
7.  Legs testamentaires

Peut-être que vous avez d’autres suggestions.  Nous pourrons en discuter, plus tard, aux affaires nouvelles.

Développement :

Un de nos besoins les plus pressants se veut l’embauche d’un agent de développement.  Nous en avons fait la demande dans un projet présenté au Secrétariat d’État mais à cause des restrictions financières, les argents attribués sont restés au même niveau que l’an dernier; il n’y a donc rien pour le financement de nouveaux projets.  Sans agent de développement il est assez difficile de faire un travail bien ordonné et de faire le suivi des négociations entreprises et à entreprendre.  Si nous ne pouvons trouver de ressources financières pour embaucher cet agent, peut-être nous faudra-t-il recourir aux services du S.A.I.C. du gouvernement du Québec qui nous consentirait peut-être le prêt d’une personne dont le salaire et les frais seraient défrayés par lui.

 Rénovations et aménagement :

À l’encontre du financement des salaires, il semble que l’aide financière destinée à la rénovation et à la construction soit plus facile à obtenir des diverses instances gouvernementales.  Le ministère des Communications et les Musées nationaux offrent des subventions en ce sens.  Le M.E.I.R. et d’autres ministères fédéraux peuvent aussi nous aider.  Les ministères des Affaires communautaires et culturelles et de l’Éducation de notre province devraient octroyer un apport financier à notre entreprise.

Mais avant de soumettre des requêtes aux instances indiquées plus haut, il nous faut embaucher un architecte dont la tâche sera de préparer un avant-plan ou dessin schématique.  Ce projet coûterait 7,580$.  Nous avons soumis un projet d’aide financière au ministère des Communications qui pourrait, nous croyons, nous accorder 50% de la somme prévue, soit 3,790$.  Il nous reste à fournir l’autre moitié.  Nous avons déjà fait des démarches pour obtenir ces argents.  Nous allons inviter le gouvernement provincial à contribuer sa part.

Aide financière provinciale :

Nous venons de terminer la rédaction d’un mémoire qui, dans quelques semaines, sera présenté au premier ministre, au ministre des Affaires communautaires et culturelles ainsi qu’au ministre de l’Éducation.  Ce mémoire leur expose nos projets et les invite à nous accorder le support moral et l’aide financière nécessaires à la réalisation de nos projets.

Nous avons entamé des négociations pour l’achat du terrain; nous ne sommes pas encore arrivés à une entente.  Si vous désirez d’autres précisions nous vous les relaterons verbalement.

Remerciements :

Nous tenons à remercier la Société Saint-Thomas d’Aquin, le Comité de Gestion, les Musées Nationaux, la Société Nationale des Acadiens, le Secrétariat d’État, le ministère des Communications ainsi que tous les organismes et les individus qui nous ont rendu des services quelconques au cours de l’année.

Merci aux membres du conseil d’administration en marge de leur assiduité, leur intérêt et leur collaboration.

Enfin, il nous doit de présenter des remerciements spéciaux et exprimer notre plus vive reconnaissance à la directrice du musée, Soeur Marguerite Richard, à l’endroit de son dévouement, de son travail assidu et d’une tâche fort bien accomplie au cours des années où elle a dirigé les opérations du Musée Acadien.  C’est à regret que nous avons accepté sa décision de terminer son mandat de directrice le 31 décembre de cette année.  Nous nous empressons de lui souhaiter les plus grands succès dans sa nouvelle sphère d’activités plus étroitement liées aux buts et objectifs de sa congrégation.  Nous espérons que nous pourrons la consulter et lui demander ses avis sur l’aménagement de l’édifice et tous les autres aspects du fonctionnement du Musée.  Nous ne pouvons exprimer avec assez de sincérité nos remerciements et notre reconnaissance à la Congrégation Notre-Dame qui a si gracieusement permis à ses religieuses de travailler bénévolement à l’épanouissement de cet organisme acadien.

J.-Edmond Arsenault
le 11 juin 1985

La Société historique acadienne de l’Î.-P.-É. – Rapport annuel du président

1984 par Francis C. Blanchard

 

L’année 1984 demeurera une année bien spéciale dans les annales de la communauté acadienne de l’Île-du-Prince-Édouard.  Effectivement, nous avons célébré en grandeur le centenaire du drapeau et de l’hymne national acadiens choisis en 1884 lors de la deuxième Convention nationale des Acadiens, tenue à Miscouche.  Tout au long de l’année nous avons pu étudier, d’une façon ou d’une autre, cette page d’histoire qui a été si déterminante dans le développement du nationalisme culturel acadien.  Comme vous le constaterez tout à l’heure, votre Société a fort bien contribué, par divers moyens, à faire connaître cette belle période de notre histoire collective.

Disons tout de suite que la Société a connu une année assez animée.  Tout d’abord, elle a enregistré une augmentation sensible de ses membres, soit de 30 pour cent!  En fait, elle compte 2 membres honoraires, 1 membre à vie, 4 membres bienfaiteurs, 8 institutions-membres (dont 2 bienfaitrices) et 153 membres réguliers.

Au cours de l’année, le comité exécutif s’est réuni à quatre reprises afin de voir au bon fonctionnement de l’association.  Il a organisé deux rencontre régionales qui ont toutes deux bien réussi.  La première avait lieu à Charlottetown, le 10 février, à la résidence officielle du lieutenant-gouverneur, le docteur J.-Aubin Doiron.  De Tignish à Souris, nos membres sont venus nombreux à cette rencontre spéciale où ils ont pu entendre une excellente conférence sur l’histoire de la littérature acadienne, par madame Marguerite Maillet, spécialiste en la matière.  Nous tenons encore une fois à exprimer notre vive appréciation au docteur Doiron et à madame Bernice Doiron pour leur magnifique et chaleureux accueil.  La deuxième rencontre régionale avait lieu le 4 mars, cette fois-ci à Summerside.  À cette occasion nous accueillions madame Naomi Griffiths, historienne de grande renommée et spécialiste en histoire acadienne.  Dans sa conférence elle traita surtout de l’époque de la Déportation.

Cette année nous n’avons fait paraître qu’un seul numéro de La Petite Souvenance, soit le numéro 10, une publication spéciale publiée afin de marquer le centenaire du drapeau et de l’hymne national acadiens.  Ce livret commémoratif intitulé, Un peuple à unir, a été préparé grâce à l’aide d’une subvention du Secrétariat d’État et il a été imprimé avec une généreuse subvention du Gouvernement du Québec, par son Secrétariat aux Affaires gouvernementales canadiennes.  Nous en avons fait un tirage de 5000 copies.

Toujours dans le cadre du centenaire, la Société a collaboré au montage d’une exposition historique en montre pendant tout l’été au Centre Eptek, à Summerside.  Intitulée “Les Acadiens: un peuple et ses symboles”, cette exposition a été vue par plusieurs milles personnes.

Pendant les fêtes du centenaire qui se sont déroulées à l’Île du 15 au 19 août, la Société a été présente à certaines activités.  D’abord, elle a tenu un kiosque où elle avait en vente tous les numéros de sa revue, elle a lancé sa publication Un peuple à unir lors d’un lancement collectif et elle a participé à une réunion des sociétés historiques acadiennes des provinces maritimes, tenue à Abram-Village le 17 août, et organisée par Mme Muriel Roy, directrice du Centre d’études acadiennes à l’Université de Moncton.  Enfin, permettez-moi d’ajouter que votre président a donné une conférence intitulée “La colonisation et les Acadiens de l’Île-du-Prince-Édouard à l’époque des premières Conventions nationales des Acadiens”.  Il l’a donnée dans le cadre d’une série de conférences en histoire acadienne qui s’est déroulée également pendant les célébrations du centenaire.

La Société a maintenant son propre logo.  En forme ovale, on y aperçoit un petit bateau dont la charpente emprunte la forme de l’Île-du-Prince-Édouard, alors que la voile de l’embarcation rappelle le drapeau acadien.  Ce logo est l’oeuvre d’Anne Gallant, d’Abram-Village.  Aussitôt que nous aurons les moyens, nous ferons imprimer du papier et des enveloppes à en-tête avec ce signe distinctif de notre regroupement.

Le Prix Gilbert Buote ne sera malheureusement pas attribué cette année.  Aucune candidature n’a été présentée malgré les annonces que nous avons fait paraître dans trois journaux de la province et les envois de renseignements que nous avons fait parvenir à plusieurs individus.  Nous espérons cependant pouvoir le donner l’an prochain.

Voilà dans les grandes lignes ce que nous avons accompli cette année avec le temps et les moyens que nous avions à notre disposition.  Avant de terminer ce rapport, permettez-moi de mentionner quelques nouveaux projets que nous devrions songer à aborder dans un proche avenir.  En premier lieu, ne serait-il pas dans l’ordre que chaque année nous fassions une promotion de la Journée du patrimoine, laquelle a toujours lieu en février?  Ce serait une excellente occasion, à mon avis, de sensibiliser la communauté acadienne à la question de la conservation de nos biens culturels.  Peut-être que notre société pourrait travailler à un tel projet d’animation de concert avec les responsables de nos musées.  La question mérite d’être étudiée.

D’autre part, il ne faut pas oublier que notre environnement naturel, le paysage, avec tout ce qu’il comporte, fait aussi parti de notre héritage.  Jusqu’à présent, notre Société ne s’est pas intéressée à ce domaine.  Pourtant, il y aurait un grand besoin de sensibilisation vis-à-vis cette question dans nos régions.  Il faudrait en effet instruire la population sur l’importance de protéger l’environnement et de ne pas détruire le paysage.  Les caps et les dunes que l’on mange et que l’on détruit ne repousseront pas; les gros arbres que l’on abat prendront longtemps à être remplacés; les grandes fosses (pits) que l’on ouvre sur le bord de nos routes viennent aussi détruire un beau paysage que l’on ne pourra pas transmettre aux prochaine générations.  Tous ces éléments font aussi parti de notre héritage, même ils sont ce que nous avons de plus ancien dans notre entourage.

En terminant, je désire remercier les membres du comité exécutif pour leur dévouement à notre Société.  Je désire également remercier les institutions qui ont contribué d’une façon ou d’une autre à nos oeuvres, notamment la Société Saint-Thomas d’Aquin, le Musée provincial par le Centre Eptek, le Secrétariat d’État et le Gouvernement du Québec.

****************

Le Comité exécutif de la Société historique acadienne de l’Î.-P.-É. pour l’année 1984-85 :

Président - M. Francis Blanchard
Président sortant - M. Georges Arsenault
Vice-président - Père Charles Gallant
Secrétaire - Mme Cécile Gallant
Trésorier -  M. Albert Gallant 
Conseillers/conseillères -   

                   Mme Avéline Peters
                  Père Albin Arsenault
                  M. Joseph Cormier
                  M. Gary Robichaud

L’Association du Musée Acadien inc. – Rapport annuel du président

1984 par Contribution anonyme

 

Fondée en 1964, l’Association du Musée Acadien a doublé le cap de la vingtaine et se dirige vers la trentaine imbue de l’espoir d’entreprendre des projets qui la mettront mieux en mesure d’atteindre ses buts.  Au cours de ses quelques premières années de fonctionnement, l’Association ne disposait pas de ressources financières lui permettant de faire la catalogage, l’interprétation, la classification et l’étiquetage méthodiquement et systématiquement.  Elle a dû, de nécessité, se limiter à la collection, à la préservation et à la mise en montre des objets, outils, instruments et documents qu’elle avait en sa possession, au musée.  Elle espère qu’elle pourra, dans un avenir prochain, faire mieux apprécier l’histoire et le patrimoine acadiens aux Acadiens eux-mêmes.

L’année qui vient de se terminer a été fort bien remplie d’activités, de progrès et de réalisations.  Ce bref rapport ne fera que porter en évidence les facteurs les plus saillants qui contribuent à l’amélioration du fonctionnement immédiat et futur du musée, et à l’atteinte des buts et objectifs indiqués dans sa constitution.

Au cours de l’année financière le conseil d’administration a tenu cinq réunions.  Il a pris les décisions administratives aptes à favoriser le bon fonctionnement de l’entreprise, il a étudié les sources d’aide financière disponibles et a préparé, en collaboration avec la directrice, des projets pour présentation aux instances bailleresses de fonds.

Clientèle

Le musée dessert une clientèle fort variée dont nous visons à augmenter le nombre.  Les visiteurs sont des groupes scolaires, des touristes, des individus intéressés à l’histoire acadienne et à la généalogie.  Malheureusement le musée n’attire pas, en assez grand nombre, les Acadiens et les Anglophones de l’Î.-P.-É.  Il y a lieu de planifier et de promouvoir des projets qui rendraient le musée plus attrayant à la population spécifique dont il a la mission d’interpréter l’histoire et le patrimoine.  Le rapport Lord traite du problème et présence des recommandations aptes à lui apporter une solution.

Projets

Cette année encore le musée a exécuté, au moyen de projets financés par des instances gouvernementales ou muséales, des travaux destinés à rendre sa collection plus utile au visiteur qui pourra mieux se renseigner sur les objets en montre, leurs usages, l’époque de leur utilisation et leur histoire.  Le fonctionnement du musée en sera de même amélioré.  L’inventaire sera devenu indexé; les objets mieux identifiés et catalogués.  Ces améliorations rendront plus faciles la recherche et l’acquisition d’artefacts utiles et nécessaires à notre collection muséale.

 
Le financement

Le financement de l’opération du musée demeure un problème majeur quand nous traitons d’expansion et de services plus attrayants et plus culturellement avantageux à sa clientèle.  Le musée a traversé vingt années d’existence, a survécu et peut survivre, mais la pénurie des argents disponibles entrave son développement et un plus grand épanouissement de ses oeuvres.  Les octrois qui financent certains projets d’amélioration sont fort utiles et très appréciés mais ne suffisent guère à ses besoins.  Il lui faudrait un revenu plus élevé et dont la continuité serait assurée.  Ceci faciliterait la planification et le développement à long terme et fournirait quelques garanties de succès.  À ce jour, le musée opère selon ses revenus et ne recourt pas aux emprunts à long terme.

Perspectives

Des jalons d’espoir pointent à l’horizon.  L’avenir nous apparaît plus prometteur.  Un nouvel intérêt aux musées locaux et régionaux vient de poindre chez les instances gouvernementales.  Suite aux recommandations de M. Barry Lord en ce sens, la législature provinciale adoptait, l’an dernier, l’acte du musée provincial qui définit ce dit musée comme étant “The Prince Edward Island Museum and Heritage Foundation”, en français:  L’Acte du Musée et de la Fondation du Patrimoine de l’Île-du-Prince-Édouard.  L’acte n’affecte en rien les musées indépendants sauf que l’article 8(b) donne au conseil d’administration du P.E.I. Museum and Heritage Foundation le pouvoir d’accorder des octrois à des musées, des organismes ou des individus.  Rien de plus spécifiques!  Toutefois on nous assure que la Fondation sera en mesure de fournir de l’aide technique aux musées indépendants. La Fondation administre la collection provinciale, le quartier général Beaconsfield, le Centre Eptek et quatre musées:  soit Orwell Corner Rural Life Museum, Basin Head Fisheries, Elmira Railroad Station et Green Park Ship Building Museum.  Le Musée Acadien n’aurait-il pas le droit de citer parmi ceux-ci.  Cela lui permettrait peut-être de recevoir plus d’aide financière de la Province.  Actuellement, la Fondation du Patrimoine ne semble octroyer qu’une mince partie de son budget aux musées indépendants.

Une fédération ou une association provinciale des musées fut fondée au cours de l’année.  Celle-ci sera sans doute bénéfique aux musées indépendants.  Elle est trop jeune encore pour permettre une évaluation de ses réalisations.

Visiteurs

Le nombre de visiteurs s’accroît d’année en année.  Certains facteurs, telle la publicité faite pour augmenter l’affluence de visiteurs, de touristes, de congressistes à Summerside, à Mont-Carmel et à Mill River, devraient augmenter le nombre de visiteurs au Musée Acadien.  Encore, nous faudra-t-il faire la promotion et la publicité appropriées afin d’attirer les visiteurs et les induire à s’arrêter au musée.

En fait, la grande perspective d’avenir est la mise à exécution des recommandations du rapport Lord qui vient juste de nous être remis et dont nous traiterons très succinctement en cette occasion.  Ce rapport est un document de 289 pages qui contient 126 recommandations.  C’est du pain sur la planche.

Remerciements

Nous présentons nos remerciements les plus sincères à la directrice du musée, Soeur Marguerite Richard, à l’endroit de son travail assidu et d’une tâche fort bien accomplie; aux employées qui s’acquittent si efficacement de leurs tâches; à la Supérieure et aux religieuses du Couvent Saint-Joseph qui mettent à notre disposition un local pour la tenue de nos réunions et une salle de travail à la directrice; à la Congrégation Notre-Dame qui nous fournit à titre gratuit les services de Soeur Marguerite Richard.

Nous remercions aussi la Société Saint-Thomas d’Aquin, le Secrétariat d’État et le Ministère d’expansion économique régional qui ont pourvu à une partie de nos besoins financiers.

Enfin merci aux Musées nationaux qui nous ont accordé un octroi qui nous a permis de mettre à jour un plan de développement de cinq ans; aux membres du conseil d’administration en marge de leur dévouement, leur intérêt et leur collaboration.

J.-Edmond Arsenault, président

La Société historique acadienne de l’Î.-P.-É. : rapport annuel

1982 par J.-Edmond Arsenault

 

Rapport annuel du président

Une nouvelle fois, nous nous rencontrons en assises annuelles.  En cette occasion, nous vous présentons un bref aperçu du travail, des actions et des projets exécutés au cours de l’année.

L’exécutif de la S.H.A. de l’Î.-P.-É. a tenu trois réunions au cours de l’année.

Cette année, la campagne de recrutement nous a valu l’inscription de 125 membres, dix en moins que l’année précédente.  L’appel aux cotisations 1982-1983 devrait être lancée le plus tôt possible, au cours du mois de novembre.

La Société Historique Acadienne a tenu, au cours de l’année, trois rencontres régionales, dans l’ensemble, assez bien réussies.  Ces réunions avaient lieu à Tignish, à Abram-Village et à  Rustico.  Ces assises étaient fort intéressantes et informatives.  Celle de Rustico, au musée, a permis à l’auditoire de faire une randonnée dans l’histoire de la paroisse de Rustico, du Père Belcourt, et de la Banque de Fermiers.  M. Jean Doiron a certes relaté une foule de faits historiques très intéressants.  Il est évident que ces réunions régionales sont très utiles et qu’il est fortement recommandé de les continuer et de les rendre plus nombreuses, si possible.  Il y aurait peut-être lieu d’en faire un projet de plus grande envergure et faire une demande d’aide-financière dans le but de défrayer les frais d’animation et de tenue de ces rencontres.  Ceci s’applique aussi à l’organisation de journées d’études en généalogie, en conservation de documents et d’objets historiques.

Le projet “cueillette de renseignements et d’information sur la vie et les oeuvres de feu J.-Henri Blanchard” est terminé.  La Société possède plus d’une quarantaine d’entrevues enregistrées sur rubans sonores.  Nous avons obtenu le financement d’un projet pour en faire la transcription.  Nous sommes à la recherche d’une personne que nous désirons embaucher pour faire ce travail.

La Petite Souvenance est publiée deux fois par année.  Cette revue fournit des faits et des renseignements historiques fort intéressants qui la font apprécier du lecteur.  Je félicite le rédacteur et le comité de rédaction ainsi les auteurs des articles qui donnent à notre revue un caractère particulier.

Au cours de l’année, un comité a préparé un document explicitant les critères à utiliser dans l’attribution d’une distinction honorifique à une personne méritante pour sa contribution dans les domaines de l’histoire ou du patrimoine acadiens.  Le rapport de ce comité vous sera présenté au numéro six de l’ordre du jour.

Cloche de Malpèque -

Nous avons continué les recherches dans le but d’établir l’authenticité de la cloche.  Nous avons adressé des lettres à quelques individus ou organismes aptes à être en mesure de nous fournir des renseignements ou à nous indiquer des sources où nous pourrions aller les puiser.  Ces lettres nous ont valu des réponses plus ou moins encourageantes.  Toutefois quelques-unes nous indiquent des pistes à suivre.  Les archives nationales du Canada possèdent des microfilms de certains documents de l’époque 1750-1758, y compris des lettres de Prévost aux instances gouvernementales françaises, à Paris.  Ces microfilms sont à la disposition de la bibliothèque de l’Université de l’Île-du-Prince-Édouard qui possède les équipements utiles à en faire la lecture mais il faut obtenir de l’aide financière pour payer le salaire de la personne qui entreprendra ce travail.

Une demande en ce sens au Secrétariat d’État n’a pu être acceptée faute d’argent disponible.  Nous pourrons, peut-être, obtenir le financement de ce projet l’an prochain.  Il semble qu’il ne faudrait pas trop tôt abandonner la partie; il faudrait, coûte que coûte, recouvrir la cloche qui, avant la déportation, invitait nos aïeux à réciter l’Angelus, à prier pour les défunts et à participer aux offices religieux.  Cette cloche, les Acadiens de l’ancienne Île-St-Jean la posséderont peut-être un jour!

En terminant, nous remercions les membres de l’exécutif, la Société Saint-Thomas d’Aquin et tous ceux et celles qui ont, au cours de l’année, collaboré aux oeuvres de la Société Historique Acadienne de l’Î.-P.-É.

J.-Edmond Arsenault
le 24 octobre 1982

La Société historique de l’Î.-P.-É. : rapport annuel

1981 par J.-Edmond Arsenault

 

Rapport annuel du président

Une fois de plus, nous nous rencontrons en assisses annuelles.  Le fait de tenir notre assemblée au Musée acadien nous permet de nous rapprocher de l’une de nos créations.  La conservation et la mise en montre d’outils, de meubles, d’instruments aratoires et d’objets divers utilisés et parfois confectionnés par nos ancêtres fut l’un des premiers soucis des fondateurs de la Société historique acadienne.  Cette visite sert à nous remémorer la vie et les labeurs de nos devanciers, ces valeureux défricheurs des terrains fertiles de l’Île Saint-Jean.

Depuis la dernière assemblée annuelle, votre exécutif a tenu quatre réunions.  Au cours de ces assises, vos représentants ont pris les décisions et ont exécuté des actions aptes d’assurer le fonctionnement progressif de la Société.

Cette année, la campagne de recrutement s’est soldée par l’inscription de 135 membres à nos registres.  L’appel aux cotisations 1981-82 devrait se lancer, encore cette année, au cours du mois d’octobre.  Nous y reviendrons au poste de la promotion pour l’adhérence de nouveaux membres.

La Société s’était proposée d’augmenter, si possible, le nombre des rencontres régionales qu’elle organise au cours de chaque année.  Hélas! faute de disponibilité de temps et de personnel permanent, nous n’avons pu réaliser toutes les rencontres prévues.  Certaines tentatives d’organiser des rencontres se sont soldées par des échecs.  En effet peut-être en avons-nous tenu une dont l’éclat, le caractère d’une première et l’assistance nombreuse étaient compensatoires au manquement d’en convoquer un plus grand nombre.  Rappelons que le 13 mars dernier une rencontre régionale avait lieu à la résidence de son honneur le lieutenant-gouverneur J.-Aubin et Mme Bérénice Doiron alors que, pour la première fois, une association acadienne était invitée à siéger à la résidence du lieutenant-gouverneur de notre province.  Une soixantaine de membres de la Société assistaient à cette réunion au cours de laquelle le conférencier invité, le professeur d’histoire, M. Léon Thériault de l’Université de Moncton, fit une excellente historique des premières conventions nationales acadiennes.  En hommage à sa contribution aux oeuvres acadiennes, un certificat de membre honoraire fut présenté à son honneur le lieutenant-gouverneur J.-Aubin Doiron.  À l’occasion, une gerbe de fleurs était remise à Madame Doiron.

Le 5 mai dernier se tenait un atelier en histoire locale.  Il s’agissait de renseigner les participants sur les méthodes de recherches; les sources de renseignement; les démarches à faire pour écrire et publier un manuscrit.  Cet atelier fut fort bien réussi et nous remercions le secrétaire, M. Georges Arsenault, de l’avoir organisé et d’en avoir été l’animateur.

La Société a présenté une demande de financement d’un projet de recherches au Secrétariat d’État.  Elle a reçu un octroi de $2,875.  M. Jérémie Pineau a entrepris une recherche sur la carrière de feu J.-Henri Blanchard; ses oeuvres, son érudition, sa mémoire sans pareille, son éloquence, son sens de l’humour, ses saintes colères, sa simplicité, sa conception du développement du peuple acadien, etc.  Cette recherche consiste d’interviews chez une cinquantaine d’informateurs et se fait en vue de la préparation d’une biographie à dimension intensément humaine, dans le sens essentiel du mot.

Les 2, 3, 4 et 5 juillet dernier, votre président assistait à la 4e rencontre des peuples francophones, à Québec.  Le programme comportait six ateliers dont les thèmes étaient les suivants :

a)  Aînés francophones
b)  Écrivains de langue française
c)  Programmation
d)  Coopération
e)  Généalogie et histoire
f)  Redécouverte des sources françaises

J’ai assisté à l’atelier “Généalogie et histoire” tenu sous l’égide de la Fédération des Sociétés d’histoire du Québec.  Cet atelier groupait des participants venus de la Louisiane, du Midwest, de la Nouvelle-Angleterre, des Maritimes, de l’ouest canadien, de l’Ontario, et du Québec.  Le but principal de cet atelier était de faire l’examen des moyens aptes à créer des liens entre les chercheurs et harmoniser les efforts de chaque région dans la recherche de la diffusion de la généalogie et de l’histoire des francophones.  Les travaux de l’atelier furent très intéressants et s’avèrent une source de renseignements fort utiles.  Des conclusions, sous forme de recommandations précises en quatre chapitres, donnèrent suite à ces ateliers.  Ce document a été déposé aux archives de la Société.

Le président était le délégué officiel de la Société aux assises annuelles de l’A.C.E.L.F. qui se déroulaient à Charlottetown les 20, 21 et 22 août dernier.  Les rapports et la documentation pertinents à ces délibérations ont été consignés aux dossiers de la Société.

La Société continue la publication et la distribution de La Petite Souvenance.  Cette revue est très appréciée du lecteur et nous a valu des commentaires fort élogieux de la part de personnages distingués.  Je saisis l’occasion pour en féliciter le rédacteur, le Comité de rédaction ainsi que ceux qui nous ont fourni les articles qui donnent à notre publication une saveur, un coloris qui lui sont particuliers.

Sans vouloir nous attarder à faire des inventaires, notons que l’étude de l’histoire et la parution de travaux sont en marche chez nous.  La plupart de ces projets sont parrainés par la Société Saint-Thomas d’Aquin qui pourvoit à leur financement au moyen de subventions du Secrétariat d’État.  Nous sommes heureux de constater que la recherche se fait au niveau de l’histoire contemporaine locale.  La publication de ce genre de récits servira à ranimer la fierté des Acadiens en leur exposant les réalisations merveilleuses d’eux mêmes et de leurs ancêtres.  Il semble fort utile de les convaincre que malgré les persécutions, la déportation même, les Acadiens ont su, par leur courage et leurs persévérance, devenir maître de leur propre destinée.  C’est avec empressement que nous félicitons, remercions et encourageons ceux et celles qui s’adonnent à la recherche, à l’étude, à la rédaction et à la publication de l’histoire des Acadiens et de leurs oeuvres.  Notre Société, à buts non-lucratifs, sans moyens financiers, ne peut dans la conjoncture actuelle que seconder vos efforts et vous souhaiter les meilleurs succès.

Cet automne aura lieu à nouveau, l’appel aux cotisations des membres.  Il faudrait, à l’occasion, viser à une augmentation substantielle du nombre de participants au travail de notre organisme.  Il faut y attirer de nouveaux membres.  Il faut préparer la relève.  Pour ce faire il faut y embrigader plus de jeunes.  Il faudra donc établir un comité chargé de dresser la liste des personnes à devenir membres de la Société Historique Acadienne.  Serait-il présomptueux de songer à un objectif de 200 membres, ce qui indique une augmentation de 65 membres.  Forte augmentation, direz-vous, mais elle reste raisonnable et facilement réalisable.

Lors de la dernière assemblée annuelle, nous avions rapporté qu’une requête invitant les paroissiens de l’Église Unie de Princeton (Malpeque) à remettre aux Acadiens la cloche de l’ancienne église acadienne de Malpeque, était en voie de préparation.  Cette requête fut expédiée le 24 décembre 1980 et présentée à l’assemblée annuelle des paroissiens le 25 janvier 1981.  L’assemblée résolut de soumettre la demande à un comité d’étude chargé de soumettre un rapport à une réunion spéciale de paroissiens.  Le rapport a été présenté le 26 juillet 1981.  Enfin, le 2 septembre 1981 nous avons reçu la réponse catégorique suivante:  “Lecture de la lettre”.  Pour toute réponse, nous n’avons donné qu’un simple accusé de réception, succint et poli.

Il nous reste à décider des prochaines démarches à entreprendre.  Allons-nous lâcher la partie ou continuer la lutte.  Allons-nous entreprendre quelques recherches qui pourraient nous apporter des preuves “irréfutables” de la véracité de notre réclamation?  Verbalement, un paroissien, qui se dit favorable à notre requête, m’a laissé entendre que nous aurions à établir les faits suivants:

a)  Approbation de la demande de Prévost par le roi de France ou son représentant.

b)  i) Preuve de l’achat de la cloche.
     ii) Date de l’expédition de la cloche.
    iii) Date de réception de la cloche.

c)  Toute information pertinente qui pourrait être appuyée par un document “irréfutable” serait utile.

Les renseignements que nous avons obtenus du Centre d’Études Acadiennes nous indiquent les sources possibles:

a)  Les Archives de France.

b)  Les Archives Publiques du Canada.

c)  Documents des Archives des Colonies.

d)  Les fichiers du Centre d’études acadiennes.

Les recherches suggérées peuvent être longues, pénibles et dispendieuses, mais il ne faut peut-être pas abandonner la partie et nous avouer vaincus!  Les vainqueurs n’ont rendu, aux pionniers Acadiens revenus de l’exil, ni leur cheptel, ni leurs maison, ni leurs anciennes terres; leur rendront-ils un jour la cloche baptisée de leur ancienne église?

Il serait trop long et oiseaux de donner à ce rapport tous les détails des dernières négociations mais tous sont disponibles et pourront  vous être communiqués en atelier ou en réponse à vos questions.

En terminant, nous remercions les membres de notre exécutif, La Société Saint-Thomas d’Aquin et tous ceux et celles qui ont, au cours de l’année, collaboré aux oeuvres de notre société historique.

 J.-Edmond Arsenault, président