Résultats: ‘Prince-Ouest’

COMMÉMORATION À PRINCE-OUEST DE LA DÉPORTATION DES ACADIENS DE 1758

2008 par Contribution anonyme

Trois projets de l’Association du Complexe patrimonial de Prince-Ouest inc.

TIGNISH :  Commémoration sur l’eau et dévoilement d’un monument (le 30 octobre 2008)

Défilé en canots sur la rivière de Tignish avec des  jeunes en costumes
acadiens à l’ancienne. Dévoilement d’une plaque sur un monument en
pierre de 16 tonnes par deux jeunes de 13 ans (Kathlyn Richard et
Travis Gaudet) de l’école Pierre-Chiasson.

ELMSDALEPrésentation dramatique intitulée DÉPORTATION 1758 ! (les 26 oct. et 2 nov. 2008)

Deux présentations publiques française et anglaise à l’école
secondaire Westisle Composite (Elmsdale), écrites, traduites et
dirigées par Mme Eileen Chiasson Pendergast, de St-Louis, avec
presque 70 acteurs et figurants. Une présentation sur demande a aussi
eu lieu le 4 novembre 2008 en présence des élèves des écoles Pierre-
Chiasson et Évangéline ainsi que des élèves de plusieurs écoles
d’immersion.

 

 

Grande commémoration à Tignish

Les dirigeants de l’Association du Complexe patrimonial de Prince-Ouest ont tenu le jeudi 30 octobre une grande cérémonie de commémoration de la Déportation de 1758.

La cérémonie s’est déroulée en plusieurs volets et a pris fin par le dévoilement d’une plaque commémorative apposée sur un rocher pesant 16 tonnes. Le rocher repose sur la terre ancestrale des Chiasson, le site où l’Association a l’intention de construire éventuellement son complexe patrimonial.

Travis Gaudet et Kathlyn Richard, deux élèves à l’école Pierre-Chiasson, ont été choisis pour dévoiler la plaque, en raison de leur âge. À 13 ans, ils ont tous deux l’âge qu’avait le jeune Pierre Chiasson lorsqu’avec sa famille, il a accosté sur les côtes de Tignish en 1799. C’est lui qui aurait abattu le premier arbre devant servir à chauffer et à abriter les huit familles fondatrices qui faisaient partie du convoi ancestral. Et c’est en son honneur que l’école française à DeBlois a été nommée l’école Pierre-Chiasson.

Durant toute la durée de la cérémonie, ces jeunes et tous les autres qui ont participé ont été mis à rude épreuve. Quelque 15 adolescents provenant de deux écoles, Pierre-Chiasson et M.E. Callaghan, ont goûté au froid et au vent de la saison lorsqu’en canots, ils ont dû pagayer contre le vent et le courant pour venir accoster le long de la rive.

«C’était une bonne expérience, mais c’était difficile car on allait contre le courant», confirme Dominic Harper de l’école M.E. Callaghan. «On apprend un peu de l’histoire acadienne à l’école et cela nous a donné une idée de comment les ancêtres sont arrivés ici», a dit le jeune homme.

Comme les huit canots ayant pris part au cortège inaugural de la cérémonie, le canot de Dominic Harper portait symboliquement le nom de bateaux britanniques ayant transporté des Acadiens lors de la Déportation de 1758, le Mary et le Violet.

Ryan Gaudet de l’école Pierre-Chiasson était lui aussi dans un canot. «Il faisait très froid et il ventait. Et on a dû attendre deux canots qui se sont pris dans le sable.»

Deux jours avant la cérémonie, les élèves choisis pour conduire des canots avaient effectué une répétition, afin de se familiariser avec ce mode de transport. Angela Williams, enseignante, les accompagnait. Pour elle, l’expérience a été très enrichissante. «J’ai réalisé que pour conduire des canots, il faut travailler en équipe, sinon, le bateau n’avance pas. Peut-être qu’ils ne s’en sont pas rendu compte, mais moi je pense que c’est une leçon qu’ils vont conserver toute leur vie. Et je crois que j’aimerais éventuellement effectuer une sortie en canots avec tous mes élèves, pour qu’ils fassent l’expérience.»

Angela Williams est aussi mère de famille et ses enfants ont pris part d’une manière ou d’une autre à la cérémonie. Emma était celle qui, pendant plus d’une heure, a tenu le mât de métal du drapeau acadien à mains nues. «Elle a eu froid, et elle n’est pas la seule.

Mais en général, les mères de famille ont encouragé leurs enfants à participer sans tenter de les surprotéger. L’une des mères a dit à sa fille que c’était une bonne façon d’apprécier ce que les ancêtres ont fait avant nous», raconte Angela Williams, qui est la fille de deux
parents aux identités très fortes, Eileen Chiasson Pendergast et feu Reg Pendergast.

Durant la cérémonie officielle, le maître de cérémonie et président de l’Association du Complexe patrimonial de Prince-Ouest, David Le Gallant, a invité tour à tour divers invités à pren- dre la parole. Il y a eu Elmer Arsenault, maire de Tignish, Donald Arsenault de Patrimoine canadien et Ricky Hitchcock du gouvernement provincial.
Trois élèves de l’école Westisle arrivées trop tard pour prendre le départ avec les autres en canots, ont au moins pu participer à une partie de la commémoration. (Jacinthe Laforest)
Gracieuseté : La Voix acadienne, article puisé dans son édition du 5 novembre 2008.

Partenaires
• Patrimoine canadien
• Communautés, Affaires culturelles et Travail (Î.-P.-É.)
• Communauté de Tignish
• Commission scolaire de langue française de l’Î.-P.-É.
• Western School Board of P.E.I.
• Comité régional Rév.-S.-É.-Perrey (SSTA)
• Société canadienne de la Croix-Rouge
• Jack Sark (bienfaiteur de la pierre)

Kathlyn Richard et Travis Gaudet (à droite) conduisent l’un des huit canots qui ont abordé sur les rives de la rivière de Tignish, dans une cérémonie symbolique visant à rappeler la Déportation de l’île Saint-Jean.  Dans le canot du centre, on voit Sarah Arsenault et Alan Graham et dans celui de gauche, on reconnaît Jenna McRae et Dominic Harper, ces deux derniers de l’école M.E. Callaghan, et les quatre premiers de l’école Pierre-Chiasson.

Du lieu de débarquement des canots, les jeunes navigateurs ont transporté leurs canots en procession, suivant le pavillon de leur peuple, tandis que les musiciens chantaient et jouaient Un Acadien errant.

Après l’arrivée en canots, les jeunes navigateurs ont transporté leurs embarcations jusqu’au lieu de la cérémonie.

La pierre de 16 tonnes sur laquelle on a apposé la plaque bilingue commémorant les événements de 1758 est un don de Jack Sark.  La pierre a été extraite du sol à Mount Misery Quarry, tout près de Lennox Island, et Harley Perry a généreusement contribué le transport jusqu’à Tignish pour le monument.  À côté de la plaque qu’elle vient juste de dévoiler avec son collègue Travis Gaudet, Kathlyn Richard monte la garde.  Le directeur de l’école Pierre Chiasson, Ghislain Bernard, fait la lecture au micro de la version française de la plaque.  David Le Gallant (béret rouge) se recueille en attendant de lire la version anglaise de la plaque.  On voit aussi le maire de Tignish, Elmer Arsenault.

Réflexion sur notre identité acadienne

2003 par Gordon Lavoie

Gordon Lavoie

 

Je suis un Acadien de la région Prince-Ouest et je dis ceci avec fierté car je suis un Acadien d’une région remplie d’histoire et de richesses culturelles acadiennes!  C’est vrai que nous sommes un peuple unique sur notre Île mais en même temps nous partageons des racines avec nos compatriotes acadiens sur un plus grand territoire que nos ancêtres ont nommé Acadie.

C’est à nous de nous identifier comme étant de nationalité acadienne appartenant à l’Acadie, territoire un peu flou, avec ses vestiges de la langue française ancestrale et unique.  En disant que nous sommes Acadiens, je m’interroge après 400 ans d’existence sur ce que c’est d’être Acadien.  Certes, question difficile et simple à la fois.  Simple si nous acceptons sans réserve d’être Acadien sans vouloir aller plus loin dans nos pensées.  Plus difficile à expliquer si nous cherchons à mieux comprendre avec profondeur « l’âme acadienne ».  Quelle serait une réponse judicieuse à cette question simple et difficile?

De prime abord, en reconnaissant l’importance et l’honneur de porter les coutumes et les noms de nos ancêtres, il faut aussi accepter le fait que nous sommes déjà un peuple unique par définition, tant par l’histoire et la géographie que par la littérature.  Le Larousse (1977) nous le dit :

Acadie, région orientale du Canada français, colonisée dès 1604 et

cédée à l’Angleterre par le traité d’Utrecht

(1713).  [Hab. Acadiens.]

 

Le Petit Robert (1987) nous dit à son tour :

ACADIEN, IENNE … Adj. et n. (De Acadie,

région canadienne 1604).

t     10 D’Acadie. – Spécialt. Du groupe

ethnique et linguistique canadien* français

de l’Acadie.  Subst. Les Acadiens

(dès Maritimes*, de la Louisiane, etc.).

t     N.m. L’Acadien. Le français propre aux

Acadiens.

20 (1960) Géol. Se dit de l’étage moyen du

système cambrien.

Subst. L’acadien.  HOM akkadien.

Le Dictionnaire Encyclopédique Universel (1962) dit au mot « acadien » à propos de « cambrien », ce système du début du primaire qui contient la plus ancienne faune connue sur terre et qui se divise en trois étages : géorgien, acadien et potsdamien : (Serait-ce cela l’origine de ladite« forêt acadienne »?)

Étage moyen du cambrien (V. ce mot) représenté en Acadie.

Pour certains Acadiens, la question d’être Acadien ou Acadienne se limite à notre culture, nos croyances, nos coutumes, notre façon de parler et notre musique.  En effet, notre réalité est plus complexe lorsque nous relevons certains facteurs tels que les influences socioculturelles, économiques, linguistiques, etc., dans un monde axé de plus en plus sur la mondialisation.  Pensons à la question de la langue, par exemple.  Admettons que la langue enrichit notre réalité et notre culture, mais est-elle absolument nécessaire pour notre identité?  Il est vrai que beaucoup d’Acadiens ont perdu leur langue, mais est-ce cela veut dire qu’ils sont moins Acadiens que ceux qui l’ont gardée?  Le dénominateur commun ne serait-il pas qu’être Acadien ou Acadienne, c’est parler avec fierté de notre pays l’Acadie, de notre passé, de notre présent et de notre avenir!

Quant à savoir d’où nous venons, des recherches actuelles semblent confirmer que les Acadiens ne sont pas pour la plupart des nouveaux arrivés de plusieurs endroits « par hasard » mais plutôt de quelques régions particulières de la France.  Voici un extrait d’un numéro de Ven’d’est (hiver 93-94) où nous lisons :

Maison d’Acadie, La Chaussée, Poitou.  Dans le musée du « berceau de l’Acadie », le touriste acadien à toutes les chances de retrouver ses racines.  Sur le mur, s’affiche avec fierté une liste de 16 noms de familles qui fleurent bon l’Acadie et qui seraient originaires de ce coin du Poitou : les Babin, Dousset, Poirier, Belliveau, Robichaud, Gaudet, Savoie, Thériault…  Tous seraient partis d’ici, de trois villages appelés La Chaussée, Martaizé et Aulnay…  D’après le président des Cousins acadiens du Poitou, plus de 50 p. 100 des Acadiens vivant par le monde descendent des « poitevins ».

Le texte dit plus loin que d’autres régions telles que la Touraine, la Normandie et la Champagne sont parmi les régions d’où venaient les Acadiens.  Et les recherches continuent.

Souvent on écrit qu’un Acadien est Acadien parce qu’il vit en Acadie.  Aujourd’hui nous connaissons une réalité qui fait que nos croyances doivent évoluer pour accepter la possibilité que les Acadiens vivent partout au Canada et dans le monde, soi-disant à l’extérieur de l’Acadie traditionnelle (Provinces maritimes) ou historique (Nouvelle-Écosse péninsulaire).  Chez nous comme ailleurs, beaucoup de jeunes Acadiens et Acadiennes choisissent de quitter leurs communautés acadiennes pour aller ailleurs.  L’Acadien ou l’Acadienne se déplace à l’extérieur de sa communauté acadienne plus ou moins homogène ou opte de faire sa vie dans sa propre petite mais vibrante communauté acadienne francophone comme par exemple à Charlottetown où demeurent de plus en plus de personnes de descendance acadienne.

Peu importe comment nous concevons notre appartenance à l’Acadie, notre grande famille acadienne vit dans une société qui devient vraiment mondiale qui par ce fait même influe sur notre façon d’être.  Cela n’est pas mauvais en quelque sorte mais il entraîne certains défis pour nous les Acadiens, défis tels que d’assurer que nous n’oublierons pas les sacrifices de nos aïeux et que nous conserverons, en tant que possible, nos coutumes, nos richesses culturelles et notre identité.

Bien entendu, ce n’était pas notre décision d’être Acadien ou pas.  Cette décision a été prise pour nous à partir de notre naissance ou ascendance mais il nous reste la responsabilité de respecter ou non ce destin qu’est « l’âme acadienne ».  Tout de même, d’autres qui ne sont pas né(e) Acadien ou Acadienne peuvent s’identifier comme Acadien.  Le partenaire non acadien dans un mariage exogame ou simplement le fait d’être parmi un grand nombre d’Acadiens peut développer chez l’autre une identité acadienne.

Lorsque nous considérons le grand nombre de descendants issus de quelque 40 grandes familles acadiennes, il est facile d’imaginer que nous avons tout de même un peu de poids en ce bas monde.  Pour ne donner qu’un exemple, dans le film Le Lien Acadien de l’Office national du film, on fait mention des centaines de milliers de Leblanc dans le monde entier.  C’est incroyable qu’une famille acadienne pourrait exercer une si grande présence démographique un peu partout sur notre terre ferme!  Ne faudrait-il pas davantage réaliser que les Acadiens sont en mesure, eux aussi, d’influencer et de changer le monde dans lequel ils côtoient les autres quotidiennement.  L’historique de notre généalogie tout à fait remarquable nous en dirait beaucoup sur la présence et l’influence de ceux et celles qui se targuent d’être Acadien ou Acadienne.  Acadiennement vôtre!

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La rédaction souhaiterait recevoir à l’avenir d’autres articles sous cette rubrique touchant à l’identité et à la nationalité acadiennes.

 

L’éducation en français – Un nouveau millénaire – un nouvel essor

2002 par Tilmon Gallant

Tilmon Gallant

 

Depuis la disparition des quelque deux cent petits districts scolaires locaux et l’arrivée des cinq unités scolaires régionales en 1972, la communauté francophone et acadienne de l’Île déplorait le fait que cet événement était responsable, plus que d’autre chose, de la fermeture des écoles acadiennes dans la province (autre que l’école Évangéline).  Les régions de Prince-Ouest, Summerside et Rustico ont été englobées par les nouveaux districts régionaux anglophones qui ont été établis sur ces territoires et conséquemment, les Acadiens et francophones vivant dans ces régions ont perdu le contrôle de leurs petites écoles.

Pendant les prochains vingt ans, l’éducation en français fut limitée au programme offert au Centre d’éducation Évangéline avec une tentative de programmation offerte au premier cycle de l’élémentaire à Summerside, tentative qui a eu lieu au moment de la fermeture de la base militaire et des classes installées dans le sous-sol d’une église à Charlottetown.  Ce fut le début de l’école François-Buote.

Quelques faits saillants ont marqué le tournant des décisions qui ont, depuis ces dernières années, permis un regain de vie scolaire dans plusieurs régions de la province.

L’arrivée du ministère fédéral des Anciens combattants à Charlottetown pendant les années 1980 a influencé en grande mesure l’établissement du Carrefour de l’Isle Saint-Jean et l’école François-Buote qui a ouvert ses portes en 1991, offrant ainsi un enseignement aux niveaux élémentaire et secondaire en français dans la région de Charlottetown et des environs.

En 1990, la commission scolaire régionale Évangéline (Unité scolaire no 5) a relevé le défi d’élargir son mandat et son territoire en devenant une commission scolaire provinciale avec représentation de toutes les régions de la province.  Le leadership exercé par cet organisme mérite d’être noté puisqu’elle a travaillé d’arrache-pied afin de gagner la confiance d’un grand nombre d’ayants droit à l’éducation en français.  Elle récolte aujourd’hui les fruits de son travail en ouvrant les portes d’une nouvelle école à Summerside en plus de celles de Prince-Ouest et Rustico.

Suite au rapatriement de la Constitution canadienne et de l’adoption de la Charte canadienne des droits et libertés, la province a amendé la loi scolaire afin qu’elle respecte et reflète les clauses de l’article 23 de la Charte donnant ainsi droit aux citoyens ayant le droit de recevoir leur éducation en français là où le nombre le justifie et ce, financé par les fonds publics.  Appuyé par la Charte et la loi scolaire, un groupe de parents de la région de Summerside, après plusieurs refus de la commission scolaire de l’Unité no 2 (Summerside et ses environs) et du ministère de l’Éducation, a mené une lutte jusqu’à la Cour suprême du Canada afin de finalement recevoir une décision favorable en janvier 2000, permettant ainsi aux Acadiens et francophones de la région de Summerside de recevoir l’éducation en français dans leur région.

La province entérine la décision de la Cour suprême et a immédiatement mis en marche le processus de planification menant à la construction de cette nouvelle école qui ouvre ses portes au début du mois de février 2002.

La Commission scolaire de langue française en collaboration avec le ministère de l’Éducation a, du même coup, ouvert des écoles à Prince-Ouest et à Rustico avec l’appui financier du ministère de l’Éducation et du ministère fédéral du Patrimoine canadien.

Ce nouvel élan en éducation en français est dû à un ensemble de facteurs qui comprend les éléments mentionnés ci-dessus ainsi qu’un éveil dans la communauté acadienne et francophone créé par les nombreux organismes locaux, régionaux et provinciaux qui n’ont jamais abandonné l’espoir qu’un jour on aurait accès à des écoles françaises partout où il y a une demande justifiée dans la province.

Les prochains défis à relever surtout en situation minoritaire telle la nôtre seront de pouvoir offrir une programmation et un enseignement de qualité équivalente à celle offerte en anglais dans les écoles voisines et de promouvoir continuellement les avantages d’une formation en français auprès des ayants droit.  Ceux-ci devront fournir une clientèle étudiante suffisante afin d’assurer que les portes qui viennent d’ouvrir sur un réseau d’écoles françaises dans les régions acadiennes restent ouvertes pour les générations à venir.

Ces deux défis sont étroitement liés l’un à l’autre, mais l’infrastructure tant regrettée et absente par les années passées est maintenant en place afin de permettre que les progrès de ces quelques dernières années continuent et augmentent d’année en année.

Plan architectural du nouveau centre scolaire-communautaire de Summerside.

Un Acadien de l’Île dans l’Ouest canadien

1986 par Avéline Peters

Avéline Peters         Traduction de Rita Schyle

 

Stanislas Pitre (1879-1949) est un Acadien de la région de Prince-Ouest qui a laissé sa marque dans l’Ouest du Canada.  Né à Bloomfield, il était le fils de Fabien Pitre et de Marie Priscille Pineau de Bloomfield.

Stanislas a reçu une formation en enseignement à l’École normale du Collège Prince de Galles.  De 1902 à 1905, Joseph-Octave Arsenault était inspecteur des écoles acadiennes de l’Île et celui-ci exigeait que les enseignants acadiens se perfectionnent dans les langues anglaise et française.  Stanislas Pitre a été un des instituteurs qui est devenu couramment bilingue par suite de son influence.

En 1903, Stanislas Pitre s’est marié avec Ursule Martin, fille d’Hippolyte et de Marguerite Pineau, à l’église Saint-Antoine de Bloomfield lors d’une cérémonie célébrée par le Père François-Xavier Gallant.  Peu après, Stanislas et Ursule ont déménagé dans l’Ouest canadien car les salaires aux enseignants y étaient plus élevés.  Au cours des années suivantes, Stanislas a enseigné dans diverses localités du Manitoba, soit au Lac du Bonnet, à Makinak, à McCreary et à Laurier.

En 1920, le malheur a frappé leur famille.  Un cyclone s’est abattu sur le village de Laurier et a détruit, entre autres, l’école et la demeure familiale des Pitre.  La mère, Ursule, a été la plus grièvement blessée: sa colonne vertébrale était endommagée.  Stanislas a alors déménagé sa famille à Winnipeg où Ursule allait recevoir des soins médicaux.  Entre temps, toute la famille priait pour sa guérison.  Stanislas a continué à enseigner à Winnipeg puis il a été nommé directeur de l’école Glenwood.

Par la suite, Ursule s’est complètement remise de sa blessure et a repris son rôle de ménagère et de maîtresse de maison.  Lorsqu’elle était jeune, Ursule avait aidé sa mère, Marguerite, qui avait été sage-femme dans les villages de Prince-Ouest.  Comme on avait aussi besoin de sages-femmes dans les provinces de l’Ouest, Ursule a mis son expérience en pratique:  à son tour, elle a exercé ce métier dans les différentes localités où la famille demeurait, et ce, jusqu’en 1932.

Lorsque la famille de Stanislas comptait 12 personnes, on a effectué un autre déménagement; cette fois, c’était vers l’Alberta, province où les salaires étaient les plus élevés.

En 1933, Stanislas enseignait dans la région de Saint-Paul dans une école administrée par les Frères Oblats.  La famille s’est acheté un morceau de terre que les fils aînés, Emmanuel et Wilfred, ont cultivé.

En 1941, alors qu’il prenait sa retraite de l’enseignement, Stanislas a accepté le poste de premier magistrat pour les régions de Cold Lake* et de Saint-Paul.

Sa persévérance face à l’adversité l’a toujours aidé à se trouver un emploi; son honnêteté et son impartialité lui ont valu d’être en demande chaque fois qu’on recherchait un bon administrateur.  Il a été directeur du Conseil de l’hôpital Sainte-Thérèse, des Chevaliers de Colomb ainsi qu’un chef du mouvement scout et de groupes culturels qui encourageaient le développement de la musique et du théâtre.

Ursule, pour sa part, encourageait ses enfants à utiliser leur éducation bilingue et à participer à la vie communautaire et paroissiale, partout où ils ont demeuré dans les quatre provinces de l’Ouest.

*Cold Lake, en Alberta, est la région où l’on retrouve, en 1985, le projet d’exploitation des sables bitumineux (Tar Sands Oil Project).

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Conseil d’administration de la Société Historique Acadienne 1985-1986.

Président -        M. Francis Blanchard
Président sortant -    M. Georges Arsenault
Vice-président -    Père Charles Gallant
Secrétaire -        M. Réal Gagnon
Trésorière -        Mad. Céline Lapointe

Conseillers(ères) -    

Mad. Avéline Peters
Père Albin Arsenault
M. Gary Robichaud
M. Robert Maddix