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Pour que perdure le choix des Acadiens pour leur «Jour du Souvenir» à eux

2009 par Contribution anonyme

Le Comité de rédaction de La Petite Souvenance a voulu  souligner l’importance capitale que c’est pour la nation acadienne, ce recueillement annuel à l’occasion d’un Jour du Souvenir acadien, que plusieurs observent depuis que M. Stephen A. White a proposé en octobre 2000 au congrès de la Fédération des Associations de familles acadiennes (FAFA) que le 13 décembre soit désigné comme le Jour du Souvenir acadien. C’était pour commémorer la grande perte de vies qui a eu lieu durant le Grand Dérangement. La date du 13 décembre a été proposée  parce qu’elle marque l’anniversaire de la noyade d’environ 362 Acadiens à bord du Duke William, étant le pire d’un convoi de trois naufrages totalisant plus de 850 noyés survenus en cinq jours en décembre 1758 (du 12 décembre au 16 décembre, d’abord au large des Cornouailles les 12 décembre (Violet) et 13 décembre (Duke William), et ensuite aux Açores le 16 décembre (Ruby). Ces navires transportaient les Acadiens de l’île Saint-Jean. Ces naufrages ont coûté aux Acadiens plus de vies que n’importe quel autre événement du Grand Dérangement. La plupart de ceux-ci étaient des enfants car l’âge moyen était d’environ 15 ans.

Cette proposition de M. Stephen A. White a fait du chemin. La toute première commémoration du Jour du Souvenir acadien a eu lieu en 2004 à la chapelle Notre-Dame d’Acadie, au campus de l’Université de Moncton, à la suite d’une messe célébrée par l’archevêque du diocèse de  Moncton, Mgr André Richard. La même manière de commémoration eut lieu en 2005, 2006 et 2007, les deux premières étant également à la chapelle Notre-Dame d’Acadie, mais la dernière étant à l’hôtel de ville de Dieppe. Il y a aussi eu en 2009 une commémoration au Musée historique de la Vallée de Memramcook. Les toutes premières commémorations à  l’Î.-P.-É. eurent lieu en 2008 et 2009 à Port-la-Joye sur la mer Rouge, lieu de l’embarquement des Acadiens de l’île Saint-Jean vers leur sort mortel dans les gouffres de l’océan Atlantique.

Le choix des Acadiens pour leur «Jour du Souvenir» à eux

2009 par Jacinthe Laforest

 
Les deux premières commémorations à l’Î.-P.-É. : Port-la-Joye

 

Port-la-Joye, 13 décembre 2008

 

Jacinthe Laforest

Le lieu historique national Port-la-Joye-Fort Amherst s’est enrichi le 13 décembre d’un monument à la mémoire de la Déportation de 1758, survenue à l’île Saint-Jean.  En ce jour du Souvenir acadien, marqué officiellement pour la première fois à l’Île en cette année anniversaire, un public nombreux a bravé le froid pour prendre part au dévoilement officiel.

Alors que le monument était dévoilé, le public est resté plusieurs minutes
à le contempler, tout en chantant l’Ave Maris Stella et Un Acadien errant.

La soprano acadienne Suzie LeBlanc dans son interprétation du chant acadien «Tout passe».

 

Port-la-Joye, 13 décembre 2009

 

Jacinthe Laforest

Environ 60 personnes ont assisté le dimanche 13 décembre à la cérémonie du Jour du Souvenir acadien, au lieu historique national Port-la-Joye-Fort Amherst.  C’est là qu’il y a un an, le 13 décembre 2008, le monument de l’Odyssée acadienne a été inauguré afin de commémorer la déportation des Acadiens de l’île Saint-Jean, survenue en 1758.  La Déportation a commencé en 1755 et s’est poursuivie jusqu’en 1763, lorsque la guerre de Sept Ans a pris fin.  Les historiens s’accordent pour dire que la déportation de 1758, celle qui a déraciné les Acadiens de l’île Saint-Jean, a été la plus meurtrière.

 

Proclamation du Jour du Souvenir acadien

En ce 13 décembre, Jour du Souvenir acadien, nous voici rassemblés pour honorer la mémoire des milliers d’Acadiens et d’Acadiennes de toute l’Acadie qui ont perdu la vie pendant le Grand Dérangement.

Aujourd’hui, sur ce beau site de l’ancien Port-la-Joye, chef lieu de l’île Saint-Jean, nous voulons nous souvenir tout particulièrement de la désastreuse déportation de 1758 et de ses nombreuses victimes. Entre le 31 août et le 4 novembre 1758, au cours de la guerre de Sept Ans, quelque 3 000 hommes, femmes et enfants ont été déportés de l’île vers la France sous les ordres des autorités britanniques.

Pendant la longue et périlleuse traversée de l’Atlantique, la moitié des malheureux déportés ont péri de maladie et de noyade, anéantissant des familles entières. Parmi ces nombreuses victimes, nous nous devons de mentionner les passagers de trois navires qui ont fait naufrage : le Violet, le Ruby et le Duke William. Lors de son départ de Port-la-Joye, le Duke William comptait à son bord quelque 360 Acadiens et Acadiennes. Ce navire a sombré dans l’océan le 13 décembre 1758 entraînant dans la mort presque tous ses passagers. Ce jour fatidique constitue la journée la plus meurtrière du Grand Dérangement.

Souvenons-nous respectueusement de tous ces pionniers de notre île, victimes de conflits impériaux, qui reposent au fond de l’océan Atlantique. Souvenons-nous des Aucoin, Benoît, Boudreau, Doiron, Guédry, Haché dit Gallant, Hébert, Landry, Lejeune, Le Prince, Pitre, Richard, Thériault et de nombreux autres.

Rassemblés au pied du monument de l’Odyssée acadienne, en nous rappelant cette sombre page de notre histoire collective, ayons une pensée spéciale pour toutes les personnes à travers le monde qui aujourd’hui même souffrent cruellement des affres de la guerre.

 

 

Tout de suite après les discours d’occasion, le public s’est dirigé en procession vers le monument de l’Odyssée acadienne, en suivant le président de la SSTA, Edmond Richard, qui portait la couronne du Souvenir, dans l’intention de la déposer au pied du monument.

 

NDLR : Nous exprimons à La Voix acadienne nos remerciements pour les extraits de ses éditions du 17 décembre 2008 et du 16 décembre 2009.

Deportation, not Expulsion

2009 par Colonel John Brooks Devoe

We did upon pretenses not worth a farthing, root out this innocent, deserving people, whom our utter inability to govern or reconcile gave us no right to extirpate.” – Edmund Burke (1729-97) British Statesman, Author… on the Deportation.

 

While some might initially perceive the subject of this paper as being purely a matter of semantics, I contend that every person of Acadian descent should eschew the use of the term Expulsion with reference to the tragic events of 1755-63. It is a word designated by the perpetrators of the horrendous act to describe their evil deed and since, unwittingly, adopted by many who profess to be sympathetic to the Acadian view.

I was reminded of this not long ago when discussing with a Scot the tragedy that befell the Highlanders during the Clearances, which were also instigated by the English Crown. He had used the word Expulsion in connection with the Acadians, and when I admonished him, giving my reasons, he agreed with my position adding,  “The victor writes the history and that is the word I learned in the history books of Nova Scotia.” And so it is. The term is preferred because it then likens the Deportation to acts committed by the French with respect to the Huguenots or the eviction of the so-called “Loyalists” by the American patriots (loyal only to their new nation) and fighting for independence from the Crown. Such a comparison is entirely without merit; a person expulsed may choose his destination.

Words have meanings. The Deportation was unique in its intent and cruelty: The homes of the Acadians were burned, much of their cattle slaughtered; families were physically removed (often separated) and driven onto vessels at bayonet point bound for destinations chosen by their captors. They were not expelled, they did not emigrate, they were deported. Not all lexicographers deal with the difference between the words Deportation and Expulsion with precision, often giving them similar meanings. The roots from which they etymologically evolved suggest they are quite unlike in meaning however. The Latin origins of deport are deportare, carry off, carry away: de, away, off + portare, carry and for expel we find expellare, drive out: ex-out + pelier, to drive. Again, the Acadians were not driven, they were taken.

While some sympathetic to the Acadian view of things slip into the use of the victor’s choice of words, those of the British view never fail to choose carefully. The English bias of Mahaffie in his recently published Land of Discord Always is evident in both his index and the text; the word is Expulsion, never Deportation. On the other hand, A. H. Clark (as neutral a writer as I have found) in his Acadia uses Deportation exclusively. There is a “code” here if you will, and a check of the indices of any of the histories of the time is revealing; try it. When writing, make your mark as an Acadian, use DEPORTATION, never Expulsion!

 

NDLR : L’article ci-dessus du colonel Devoe, de Stratham, New Hampshire, est paru en mai 2002 dans Le Réveil Acadien publié par la “Acadian Cultural Society”, à Fitchburg, Ma. Tandis que le colonel préconise l’utilisation du mot “Déportation” contrairement à “Dispersion” (Expulsion), d’autres utilisent sans ambages les mots “nettoyage ethnique” (John Mack Faragher, John Eldon Green), et “génocide” (Roger Paradis (1998), Warren Perrin, Southern University Law Review (1999), Fidèle Thériault, Me Christian Néron, Benoît Aubin, Émery LeBlanc, Pierre-Maurice Hébert, Stephen J. Martin et Gilbert Gendron, The Barnes Review (2002), Dean Jobb (2005), etc. En tout cas, quiconque lit “L’Article II de la Convention contre le génocide,” pourra comprendre que les Acadiens ont bel et bien subi une nettoyage ethnique et un génocide en face du «Berceau même de la Confédération» canadienne tel que l’écrivait dans The Guardian (Charlottetown, 1er novembre 2000) John Eldon Green, consultant en gestion au lieu historique national de Port-la-Joye-Fort Amherst.

 

Témoignages de la Déportation proprement dite sur trois monuments de commémoration à l’Île-du-Prince-Édouard

2008 par Contribution anonyme

Inscription sur le monument dévoilé le 26 juin 2005 cimetière acadien-écossais à Eldon

«Suivant la capitulation de Louisbourg en juillet 1758, les Britanniques prirent l’île Saint-Jean (Î.-P.-É.) et déportèrent la plupart de ses habitants en France… Des quelque 1 650 morts survenus sur les transports britanniques pendant la traversée, près de 400 avaient été rassemblés à partir des établissements de la paroisse Saint-Paul de la Pointe-Prime et contraints à embarquer sur le Duke William, le 20 octobre 1758.»

 

Inscription sur le monument dévoilé le 30 octobre 2008 à la rivière de Tignish, chemin Chiasson,Tignish

«Le peuple acadien, premier peuple d’origine européenne à s’établir en permanence au Canada dés 1604-1605, subit en période de paix une première vague de déportations (1755… ) suivie d’une deuxième vague en période de guerre (1758… ) alors qu’environ 1700 déportés, sujets français établis à l’Isle Saint-Jean depuis 1720, ont perdu la vie en mer suite à leur embarquement à Port-la-Joye et leur traversée de la mer Rouge (détroit de Northumberland).»

 

Inscription sur le monument dévoilé le 13 décembre 2008 au lieu de l’embarquement, Port-la-Joye

«Suite à la chute de Louisbourg, en 1758, l’île Saint-Jean tombe aux mains des Britanniques qui procèdent à la déportation de quelque 3 000 habitants vers la France. Au cours de la traversée et dans les mois suivant leur arrivée, les deux tiers meurent par noyade ou de maladie.»

 

LES SEPT PREMIERS LIEUX DE LA COMMÉMORATION INTERNATIONALE DE L’ODYSSÉE ACADIENNE 2005-2008

2008 par Contribution anonyme

Depuis l’année 2005, sept monuments ont été érigés dont quatre au Nouveau-Brunswick, un en Nouvelle-Écosse, un à l’Île-du-Prince-Édouard et un à Miquelon (France).

Dieppe, le 28 juillet 2005

Halifax, le 28 juillet 2005

Saint-Basile, le 28 juillet 2006

Miramichi, le 13 août 2006

Caraquet, le 28 juillet 2007

Miquelon, le 23 octobre 2007

Port-la-Joye, le 13 décembre 2008

 

 

UN PREMIER MONUMENT DE L’ODYSSÉE ACADIENNE : DIEPPE

DÉVOILÉ LE 28 JUILLET 2005

 

LA RÉSISTANCE SUR LA PETCOUDIAC

Lorsque débute la Déportation, en août 1755, une importante population acadienne vit dans la région des Trois-Rivières (Chipoudie, Memramkouke et Petcoudiac). Le caractère indépendant de ces habitants motive les autorités britanniques à les déporter en premier et rapidement, une démarche qui se butera à une opposition farouche.

Dès septembre 1755, des résistants armés infligent un dur revers à des soldats britanniques venus brûler les villages acadiens de la Petcoudiac. Retranchés dans le haut de la rivière sous le commandement des frères Broussard (Beausoleil), ils mèneront une guérilla impitoyable contre l’agresseur jusqu’en 1758. Cet été-là,
ils essuient un premier échec, à la bataille du Cran (ruisseau Stoney). À l’automne, on assiste à la fin de la résistance sur la Petcoudiac quand s’achève la destruction des villages acadiens.

Pourchassés, décimés par la maladie et emprisonnés par la suite, plusieurs de ces résistants auront tout de même réussi à éviter la Déportation et permis à l’Acadie de survivre. Certaines familles acadiennes partent vers la Louisiane de leur propre chef, tandis que le sol natal retient ceux et celles qui construiront la nouvelle Acadie.

 

RESISTANCE ON THE PETCOUDIAC

When the Deportation began in August 1755, a significant Acadian population lived in the region of the Trois-Rivières (Chipoudie, Memramkouke and Petcoudiac). The British authorities decided that, given the independent character of these inhabitants, they were to be deported immediately, a move which met with stiff opposition.

As early as September 1755, armed resistance fighters inflicted a major setback on the British soldiers sent to burn the Acadian villages along the Petcoudiac. For three years, entrenched in the upper reaches of the river and under the leadership of the Broussard (Beausoleil) brothers, the Acadians waged incessant guerrilla warfare against the British. But in the summer of 1758, they lost their first combat, the battle of the Cran (Stoney Creek). That autumn, the final destruction of the Acadian villages brought an end to the resistance on the Petcoudiac.

Even though many of these Acadians were pursued, decimated by illness and imprisoned, they still managed to avoid the Deportation, thus allowing Acadie to survive. While some families chose to leave voluntarily for Louisiana, others remained in their native land to build the new Acadie.

 

UN DEUXIÈME MONUMENT DE L’ODYSSÉE ACADIENNE : HALIFAX

DÉVOILÉ LE 28 JUILLET 2005

 

ÎLE GEORGES – HALIFAX

C’est à Halifax le 28 juillet 1755 que le Conseil de la Nouvelle-Écosse prend la décision d’expulser la population acadienne de la colonie. Au cours de la décennie suivante, l’île Georges (petite île dans le havre) sert de prison pour des centaines d’Acadiens à la fois. Les représentants de la population acadienne ayant plaidé la cause des leurs devant le Conseil en juillet 1755 en sont les premiers prisonniers.

Le lieutenant-gouverneur Lawrence décrit l’île comme « le lieu le plus sûr » et il n’est pas rare que des partisans acadiens ayant pris part à la résistance s’y retrouvent. Les installations de l’île sont inadéquates et les conditions de détention terribles. Lors de la dernière tentative de déportation massive en 1762, plus de 600 prisonniers sont transportés à Boston. Le Massachusetts refuse de les accepter et les navires doivent remettre le cap sur Halifax.

La politique de la Déportation prend fin en 1764 et le gouvernement fait en sorte que le peuple acadien revenant s’établir en Nouvelle-Écosse soient éparpillés sur le territoire. En Nouvelle-Écosse, la nouvelle Acadie se retrouve, bien vivante, dans des communautés comme Clare, Argyle, Chéticamp, Isle-Madame, Pomquet.

 

GEORGES ISLANDHALIFAX

It was in Halifax on July 28th, 1755 that the Nova Scotia Council made the decision to remove every Acadian from the colony. Over the next decade, Georges Island (small island in the harbour) was used as a prison for hundreds of Acadians at a time. The first prisoners were the deputies who pleaded the Acadian cause before the Nova Scotia Council in July 1755.

Lieutenant-governor Lawrence described the island as “the place of most security,” so Acadian partisans who took part in the resistance often ended up there. The facilities on the island were inadequate and living conditions were terrible. The last attempted mass deportation came in 1762 when more than 600 prisoners were shipped to Boston. Massachusetts refused to accept them and the ships returned to Halifax.

The Deportation policy ended in 1764, and the government made sure that the Acadians who resettled Nova Scotia did so in scattered communities. In Nova Scotia, a vibrant, new Acadie lives on in communities such as Clare, Argyle, Chéticamp, Isle Madame, Pomquet.

 

UN TROISIÈME MONUMENT DE L’ODYSSÉE ACADIENNE : Saint-Basile

DÉVOILÉ LE 28 JUILLET 2006

MADAWASKA

La fondation d’une colonie acadienne au Madawaska remonte à juillet 1785 avec l’arrivée des premières familles provenant du bas de la rivière Saint-Jean.

En 1755, les établissements acadiens du Saint-Jean deviennent des lieux de refuge et de transit pour les familles fuyant la Déportation. En 1758 et 1759, les Britanniques attaquent et brûlent ces villages, forçant leurs habitants à se réfugier le long du fleuve Saint-Laurent. Au cours des années 1760, plusieurs familles reviennent à ces anciens établissements, mais l’arrivée des Loyalistes, au milieu des années 1780, provoque l’exode de la population acadienne du bas Saint-Jean. Certaines familles vont s’établir le long de la côte est du Nouveau-Brunswick, alors que les autres remontent vers le Madawaska qui avait été témoin de leur passage lors de la Déportation.

Saint-Basile tire ainsi ses racines des événements de 1755. Ses colons estimaient à juste titre que seul l’éloignement pouvait apporter la paix propice au développement de leur pays. Cette nouvelle colonie, enrichie ensuite par l’arrivée de familles canadiennes, développera un caractère unique et formera une des régions les plus dynamiques de l’Acadie contemporaine.

 

MADAWASKA

The Acadian colonization of Madawaska dates back to July 1785 with the arrival of families from the lower St. John River.

In 1755, the Acadian settlements along the river had become places of refuge and of transit for Acadian families fleeing the Deportation. In 1758 and 1759, the British attacked and burned these villages, forcing their inhabitants to seek refuge along the St. Lawrence River. During the 1760s, many of them returned to these former settlements. However, the arrival of the Loyalists in the mid-1780s led to the exodus of Acadians from the lower St. John River. Some went on to settle on the east coast of New Brunswick, while others went upriver to Madawaska, which they had earlier passed through in fleeing the Deportation.

Saint Basile thus had its origins in the events of 1755. The colonists realized rightly that only by distancing themselves could they find the peace required for the full development of their community. The new colony, further strengthened by the arrival of families from French Canada, developed a unique character and evolved into one of the most dynamic regions of contemporary Acadie.

 

UN QUATRIÈME MONUMENT DE L’ODYSSÉE ACADIENNE : MIRAMICHI

DÉVOILÉ LE 13 AOÛT 2006

LE CAMP D’ESPÉRANCE

Entre 1756 et 1758, quelques milliers d’Acadiens et Acadiennes se réfugient dans la région de Miramichi, principalement à la pointe Wilsons. Propice à la chasse et à la pêche, ce lieu redonne espoir aux familles acadiennes qui le nomment Camp d’Espérance.

En réalité, il a été un véritable enfer pour ces personnes qui fuyaient la Déportation et leur pays soumis à la destruction. En les installant à Miramichi, sous la protection d’une garnison commandée par l’officier canadien Charles Deschamps de Boishébert, l’administration de la Nouvelle-France pensait offrir aux réfugiés un endroit stratégique plus facile à défendre et à approvisionner. Cependant, certains administrateurs corrompus détournent les fonds devant servir à l’achat de vivres pour ces réfugiés.

Abandonnés à eux-mêmes, frappés par la famine et par une épidémie de petite vérole, les réfugiés acadiens du Camp d’Espérance mourront par centaines à l’hiver de 1756–1757. Ce sera l’une des pires pages de l’histoire du Grand Dérangement. Par la suite, les survivants de la Miramichi s’établiront dans les Provinces maritimes, au Québec et en Louisiane.

 

CAMP D’ESPÉRANCE

Between 1756 and 1758, several thousand Acadians fled to the Miramichi region, particularly to Wilsons Point. Favourably situated for hunting and fishing, this refuge brought new hope to these Acadian families, who named it Camp d’Espérance, or Camp of Hope.

As it turned out, it became a place of great suffering and privation for those who had fled deportation and the destruction of their homeland. By directing these refugees to the Miramichi, under the protection of a garrison commanded by a French Canadian officer, Charles Deschamps de Boishébert, the government of New France thought they would benefit from its strategic location that was easier to defend and to supply. However, corrupt officials embezzled the money allocated to buy provisions for these refugees.

Left to fend for themselves, and suffering from famine and from an epidemic of smallpox, hundreds of Acadian refugees at Camp d’Espérance died during the winter of 1756–1757. This was one of the worst episodes in the history of the Grand Dérangement. Survivors of the Miramichi eventually settled in
the Maritime Provinces, Québec and Louisiana.

 

UN CINQUIÈME MONUMENT DE L’ODYSSÉE ACADIENNE : CARAQUET

DÉVOILÉ LE 28 JUILLET 2007

CARAQUET

L’arrivée des Acadiens dans le nord-est du Nouveau-Brunswick remonte à 1757. Des centaines de familles, rescapées de la Déportation de 1755 et fuyant la disette du Camp d’Espérance (Miramichi), viennent alors s’installer le long du littoral de Nipisiguit à Néguac, y compris Pokemouche et Caraquet. Dans la baie de Caraquet, ils se joignent à un groupe d’habitants d’origine normande venus dans la région pour y pratiquer la pêche.

En 1761, plusieurs de ces familles sont capturées lors du raid du capitaine Roderick MacKenzie et emprisonnées à Halifax et au fort Cumberland (fort Beauséjour). Ceux qui échappent à ces attaques s’établissent autour de la baie des Chaleurs, notamment à Bonaventure et à Miscou. Par après, plusieurs reviendront s’établir dans leur ancien lieu de refuge.

Au moment où 34 familles de Caraquet reçoivent leurs titres de terre du gouvernement colonial le 19 mars 1784, totalisant 14 500 acres, ce peuplement prend définitivement racine dans la Péninsule acadienne. S’ajouteront à cette colonie des familles acadiennes fuyant le bas de la rivière Saint-Jean après l’arrivée des Loyalistes. C’est ainsi que toute cette région s’inscrira dans la nouvelle Acadie.

 

CARAQUET

The arrival of Acadians in northeastern New Brunswick dates back to 1757. Hundreds of families, having survived the famine of Camp d’Espérance (Miramichi) and, before that, escaped the Deportation of 1755, settled along the coast from Nipisiguit to Neguac, including at Pokemouche and Caraquet. On the Bay of Caraquet they joined a group of Norman fisherman, who had settled there to live off the fishery.

In 1761, many of these families were captured during the raid by Captain Roderick MacKenzie and then imprisoned at Halifax and Fort Cumberland (Fort Beauséjour). Those who had escaped these attacks settled along the Chaleur Bay, principally at Bonaventure and Miscou. Shortly afterwards, others returned to settle in their former places of refuge.

When 34 families from Caraquet received title to their lands from the colonial government on 19 March 1784, a grant comprising 14,500 acres, these settlements finally took root in the Acadian Peninsula. More Acadian families joined them after being displaced by the arrival of the Loyalists on the lower St. John River. In this way the whole region became part of the new Acadia.

 

UN SIXIÈME MONUMENT DE L’ODYSSÉE ACADIENNE : MIQUELON

DÉVOILÉ LE 23 OCTOBRE 2007

MIQUELON

Le traité de Paris en 1763 consacre la perte du Canada par la France. Saint-Pierre et Miquelon, désormais seul territoire français sur le continent, devient terre d’accueil et de transit pour des centaines d’Acadiens.

Dès octobre 1763, plusieurs familles déportées, emprisonnées ou réfugiées, venant de Boston, fort Cumberland (fort Beauséjour), Halifax, l’Île-Saint-Jean, l’Île-Royale et la Ristigouche, viennent s’établir à Miquelon. Cette arrivée massive d’Acadiens inquiète les autorités françaises, qui tentent d’abord de les faire passer en Guyane. En 1767, on ordonne de les déporter en France. Certains évitent ce sort en regagnant l’Acadie. Plusieurs des autres amenés en France reviennent à Miquelon dès 1768.

En 1778 et en 1794, ces malheureux sont à nouveau déportés vers la France, cette fois par les britanniques qui ont capturé l’archipel. Lors de cette même période, d’importantes migrations se font aussi vers l’Acadie, les Îles-de-la-Madeleine, d’autres régions du Québec et la Louisiane. Ce n’est qu’en 1816 que le retour final des Acadiens et leurs descendants exilés en France se fait vers Miquelon, marquant  la fin du Grand Dérangement. L’identité acadienne est depuis bien vivante à Miquelon.

 

MIQUELON

The Treaty of Paris in 1763 confirmed France’s loss of Canada. St. Pierre and Miquelon, now the only French territory in North America, came to serve as a place of refuge and of transit for hundreds of Acadians.

As early as October 1763, many families that had been deported, imprisoned, or had escaped the Deportation, started arriving at Miquelon from Boston, Fort Cumberland (Fort Beauséjour), Halifax, Île-Saint-Jean (Prince Edward Island), Île-Royale (Cap Breton) and Ristigouche. The arrival of so many Acadians worried the French authorities, who first tried to persuade them to emigrate to French Guyana. In 1767 their deportation to France was ordered. Some avoided this fate by returning to Acadie. Many among those deported to France returned to Miquelon the following year.

Its inhabitants were again deported to France in 1778 and 1794 when the British seized the islands. During this period, some had also emigrated to Acadie, to the Magdalen Islands and other regions of Québec, and even to Louisiana. Only in 1816 did the final return of these Acadians and their descendants take place, marking the end of the Grand Dérangement. To this day Miquelon preserves a vibrant Acadian identity.

 

UN SEPTIÈME MONUMENT DE L’ODYSSÉE ACADIENNE : PORT-LA-JOYE

DÉVOILÉ LE 13 DÉCEMBRE 2008

ÎLE SAINT-JEAN

La colonie de l’île Saint-Jean (Île-du-Prince-Édouard) est fondée en 1720 par des colons venus de France et d’Acadie. Cependant, elle se peuple principalement par les réfugiés acadiens de la Nouvelle-Écosse à partir de 1749. L’île devient aussi un refuge pour des centaines d’Acadiens fuyant la Déportation de 1755.

Suite à la chute de Louisbourg, en 1758, l’île Saint-Jean tombe aux mains des Britanniques qui procèdent à la déportation de quelque 3000 habitants vers la France. Au cours de la traversée et dans les mois suivants leur arrivée, les deux tiers meurent par noyade ou de maladie. Parmi les survivants, plusieurs s’installent en France, d’autres reviennent sur les côtes du golfe du Saint-Laurent, certains se rendent dans les Antilles, mais le plus grand nombre s’établit en Louisiane en 1785.

Environ 1100 insulaires ont évité la déportation en 1758. La plupart se réfugient sur la terre ferme. Avec le temps, ils prennent racine au Nouveau-Brunswick, en Nouvelle-Écosse, en Gaspésie, aux îles de la Madeleine et à Miquelon. Certains se rendent même en Louisiane. Un petit nombre, par contre, revient à l’île. Leurs descendants forment la communauté acadienne d’aujourd’hui.

 

ÎLE SAINT-JEAN

The colony of Île Saint-Jean (Prince Edward Island) was founded by French and Acadian settlers in 1720. Starting in 1749, however, it was populated primarily by Acadian refugees from Nova Scotia. They were joined by hundreds of Acadians fleeing deportation from the mainland in 1755.

After the fall of Louisbourg in 1758, Île Saint-Jean was handed over to the British, who proceeded to deport some 3,000 of its inhabitants to France. Nearly two thirds of the deportees died, either by drowning or by succumbing to disease during the crossing or in the months following their arrival. Among the survivors, many settled in France, while others returned to the Gulf of St. Lawrence region, or left for the Caribbean, but the majority emigrated to Louisiana in 1785.

Approximately 1100 Islanders had escaped deportation in 1758, most of whom took refuge on the mainland. Over time, they put down roots in New Brunswick, Nova Scotia, The Gaspé Peninsula, The Magdalen Islands and in Miquelon. Some of them even reached Louisiana. However, a small group returned to the Island. Their descendants form the Acadian community which exists on Prince Edward Island today.

Le 13 décembre 2008, Jour du Souvenir acadien annuel, commémoration de la déportation de 1758 des Acadiens et des Acadiennes de l’île Saint-Jean

2008 par Contribution anonyme

Beaucoup parmi les Acadiens préfèrent le 13 décembre en tant que «Jour du Souvenir acadien» annuel en commémoration de leurs déportations et en particulier à cause de la pire tragédie en pertes humaines de toutes les déportations acadiennes (1755-1762), celle du naufrage, le 13 décembre 1758, du navire Duke William près des côtes de l’Angleterre avec près de 400 Acadiens et Acadiennes à son bord.

En l’occurrence, le «Jour du Souvenir acadien» en 2008 marque alors le 250e anniversaire (1758-2008) dudit naufrage du Duke William. La Société Saint-Thomas-d’Aquin, porte-parole des Acadiens et Acadiennes de l’Île-du-Prince-Édouard, a voulu commémorer ce triste 250e anniversaire par le dévoilement de son Monument de l’Odyssée acadienne qui s’est produit dans le lieu panoramique du havre de Charlottetown car, après tout, ce fut bien à Port-la-Joye où eut lieu l’embarquement de la ronde de déportations de l’Isle Saint-Jean. Il serait de mise de se remémorer les noms des vaisseaux britanniques qui furent utilisés pour déporter nos aïeux en partance de la mer Rouge (aujourd’hui le détroit de Northumberland) : Briton, Duke William, Violet, Ruby, Mary, Scarborough, Supply, Tamerlane, John and Samuel, Mathias, Yarmouth, Restoration, Parnassus, Neptune, Richard and Mary, Three Sisters et Patience (voir aussi la couverture arrière de cette édition).

 

Jour du Souvenir acadien annuel (Port-la-Joye, le 13 décembre 2008)

 

Présentation du maître de cérémonie : Jean-Paul Arsenault

 Bonjour et bienvenue!

Je m’appelle Jean-Paul Arsenault et il me fait grand plaisir d’agir en tant que votre maître de cérémonie lors des cérémonies de clôture du 250e anniversaire de la Déportation des Acadiens et Acadiennes de l’île Saint-Jean et du dévoilement du monument de l’Odyssée acadienne…

Maisons et fermes brûlées, un peuple emprisonné, déporté, déchiré, et qui a dû se réfugier contre sa volonté; familles séparées, bateaux naufragés … Ce ne sont que quelques défis auxquels ont dû survivre
mes ancêtres, nos ancêtres … mes racines, nos racines.

La Déportation de 1758 constitue le chapitre le plus sombre de l’histoire de la communauté acadienne. Cette Déportation des Acadiens de l’île Saint-Jean constitue la plus grande tragédie humaine documentée dans l’histoire de l’Île.  Elle a entraîné dans la mort plus de 1 700 Acadiens et Acadiennes, cinquante pour cent étant des jeunes âgés de 15 ans et moins.  La plupart de ceux-ci sont décédés en  mer, soit par la maladie, soit par la noyade.  Ceux et celles qui ont pu échapper à l’expulsion ont été obligés d’abandonner leurs villages et de fuir sur la terre ferme.  En somme, une communauté comprenant cinq paroisses fut déracinée et exilée.  Seulement un petit nombre des survivants est revenu s’établir dans l’île.

Homes and farms burned, a people imprisoned, deported, torn and made refugees against their will; families separated, ships and lives lost at sea.  These were the challenges faced by my ancestors, by our ancestors; these are my roots, these are our roots.

The Deportation of 1758 is the greatest documented human tragedy in the Island’s history.  Over 1,700 deportees died at sea, fifty percent of these were children under the age of 15.  Most died from sickness or drowning while being transported overseas.  The population of the Island’s five parishes were uprooted and exiled.  Only a small number of survivors came back to settle on the Island.

En terminant l’année de ce 250e anniversaire, nous voulons d’abord nous rappeler du courage et de la persévérance de nos ancêtres qui ont vécu ces années éprouvantes. Celle-ci a été une année pour célébrer notre survivance comme peuple et pour célébrer la richesse et le dynamisme de notre culture.

Nous aimerions maintenant vous inviter à vous joindre à nous et à nous suivre pour faire le dévoilement officiel du monument de l’Odyssée acadienne.  Nous procéderons au dévoilement avec la prise de photos officielles.  Pour ceux qui désirent demeurer au chaud dans la tente, vous êtes les bienvenus.  Nous serons de retour dans quelques minutes afin de poursuivre avec les discours et la cérémonie de clôture.

 

 

DISCOURS, EXTRAITS DE DISCOURS OU NOTES D’ALLOCUTION PROVENANT DE L’INAUGURATION DU MONUMENT DE L’ODYSSÉE ACADIENNE

 

Discours prononcé par Mme Françoise Enguehard, présidente de la Société Nationale de l’Acadie

 

Madame la Ministre, Messieurs les députés,

Monsieur le Chef de Abegweit Premières Nations,

Mesdames et Messieurs,

Chers amis de l’Acadie,

Ladies and Gentlemen,

Port La Joie, tout comme Grand Pré, est un endroit magnifique où les champs descendent doucement vers la mer, à l’abri des grands vents du large, invitant le promeneur à s’arrêter pour apprécier le paysage et la douceur de vivre. Et, pourtant, ce superbe panorama a été témoin d’une grande détresse puisque c’est ici où l’on réunit il y a si longtemps les prisonniers, hommes, femmes, enfants, forcés à abandonner leurs terres et leurs biens à Étang des Berges, Rivière des Blonds ou Anse à Pinet au nom d’un royaume qu’ils ne connaissaient pas et d’une guerre à laquelle ils avaient tenté désespérément d’échapper.

Le 13 décembre a été choisi pour commémorer chaque année à travers toute l’Acadie, tous ceux qui ont perdu la vie durant la déportation, cet atroce arrachement qui a commencé dans la région de Beaubassin, passant ensuite par Grand Pré pour arriver quatre ans plus tard ici même. La date – vous le savez – est celle du naufrage du Duke William au large des côtes de l’Angleterre. La veille, le navire Violet avait connu le même sort. Des centaines d’Acadiens et d’Acadiennes de l’Île Saint-Jean terminaient ainsi, il y a 250 ans, leur long calvaire.

Les monuments de l’Odyssée acadienne font oeuvre de mémoire. Partout où ils se dressent ils rappellent les milliers de déracinés, de déportés, d’exilés de notre Grand Dérangement. Au détour d’un chemin  à Sainte-Anne du Bocage, entre la grève et l’église  à Miquelon, au coin d’une rue animée de Halifax ou sur les bords de la rivière Petticodiac à Dieppe, ils proclament aussi la fierté de notre peuple, forgé dans la tragédie et dans une victoire éclatante sur l’adversité.

Car aujourd’hui, descendants de ceux qu’on avait voulu anéantir, nous sommes ici debout. Mieux encore, nous sommes ici avec les descendants de ceux qui, à l’époque, avaient voulus nous écarter, superbe exemple qu’il est possible ensemble de tourner une  page déplorable de notre histoire et d’entamer un autre chapitre plus souriant celui-là.

December 13 – date of the fateful sinking of the Duke William off the coast of England – has been chosen as a day where all Acadians wherever they are, commemorate those who lost their lives in what we call the Great Upheaval.

The Acadians never forget. How could they? They were born of the deportation and of an overwhelming will to survive. Monuments such as this one are springing up in various places that saw the arrival of the Acadian deportees 250 years ago. You’ll find one in Halifax, near the harbour front, on the French islands of Saint-Pierre et Miquelon, in New-Brunswick and soon in Newfoundland and Labrador, in England and the United States.

Their objective is to remember but it is also to affirm! To affirm that Acadia is indeed alive and well in the heart of all of us. Ours is a nationhood of genealogy rather than passport, of shared historic grief rather than frontiers. We may be stateless but we know who we are, where we are going and why. That we stand here with all of you to inaugurate this monument today is also proof that we have all turned a painful page of our common history and have started to write a more pleasant one. Together.

La communauté acadienne et francophone de l’Île-du-Prince-Édouard a honoré tout au long de cette année la mémoire de ses ancêtres. Que vous soyez ici, actifs, pleinement engagés dans la vie de l’île, forts de vos institutions et de votre jeunesse, honore ceux qui se sont embarqués ici pensant qu’ils n’y reviendraient jamais. Fort heureusement, ils s’étaient trompés puisque vous êtes là. Le 13 décembre 1758 le site de Port Lajoie était désert… À partir d’aujourd’hui, 13 décembre 2008, grâce à ce monument, l’Acadie y a élu domicile. Just think: on December 13, 1758 Port Lajoie was deserted. Everyone had left. Today, with this monument, Acadie has chosen to live here.

Merci. Thank you.

 

Notes d’allocution de M. Brendan McDonald, directeur général de l’Est du Canada pour Parcs Canada

Je désire vous offrir, à tous et à toutes, mes meilleurs voeux à l’occasion de la commémoration de ce moment déterminant, non seulement de l’histoire de l’Île-du-Prince-Édouard, mais aussi de celle du Canada, et des quatre cultures qui y ont pris part.

The Government of Canada recognizes the importance of the story of the Acadians as part of Canada’s history, and as such, Parks Canada was pleased to sign a memorandum of understanding with la Société Saint-Thomas-d’Aquin this past summer. The agreement allowed the société to erect a monument marking the Deportation of Acadians on this day, the 250th anniversary of the 1758 event, here at the historically important location of Port-La-Joye-Fort Amherst National Historic Site. The Acadian Odyssey Monument has been placed at the end of “the old harbour path” to commemorate the over 3,000 Acadians who were deported from Prince Edward Island as well as those who remained to create the vibrant Acadian culture that exists here today.

Parks Canada strives to facilitate meaningful visitor experiences that connect Canadians and other visitors to the natural and cultural heritage of the region. Working together with la Société Saint-Thomas-d’Aquin to commemorate the Deportation of Acadians from this site is one of the key actions taken to achieve this goal. In addition, Parks Canada is currently working very closely with partners – la Société Saint-Thomas-d’Aquin, the Mi’kmaq Confederacy of Prince Edward Island and the British Commonwealth Society to finalize a plan for the future development of this beautiful and culturally significant site.

Along with the memorandum of understanding that was signed earlier this year, Parks Canada also expanded «the old harbour path» and erected new interpretive panels which explore how four cultures, Mi’kmaq, French, Acadian and British, each played an important role in the history at this site and the area.

Ces panneaux constituent un exemple concret de l’engagement continu de notre gouvernement à fournir aux visiteurs canadiens et étrangers la chance de vivre des expériences mémorables et d’approfondir leur connaissance de l’histoire du Canada.

Parcs Canada est fier de s’associer à des organismes qui désirent commémorer notre histoire commune. Je tiens à souligner la contribution de la Société Saint-Thomas-d’Aquin et de la province de l’Île-du-Prince-Édouard à l’événement d’aujourd’hui. La Société a organisé de nombreuses activités afin de commémorer ce moment très émouvant de l’histoire du Canada.

Ongoing commemorative events on this, the “Acadian Remembrance Day” complemented by this beautiful monument and interpretive trail will ensure that the Deportation of the Acadians 250 years ago is remembered today and well into the future.

Thank you. Merci et bonne journée.

 

Notes d’allocution de l’hon. Carolyn Bertram, ministre responsable des Affaires acadiennes et francophones

Au nom du premier ministre Ghiz et de l’ensemble du gouvernement provincial, c’est avec grand plaisir que je me joins à vous aujourd’hui pour le dévoilement du monument de l’Odyssée acadienne ici à l’Île-du-Prince-Édouard.

Aujourd’hui et au courant de l’année, nous avons souligné le deux cent cinquantième anniversaire de la Déportation des Acadiens et Acadiennes de l’Île.

Mais nous avons également célébré le courage et la persévérance du peuple acadien tout comme nous célébrons la vitalité de la communauté acadienne et francophone.

Nous nous retrouvons donc une fois de plus ici à Port-la-Joye, où se trouvent les vestiges du premier établissement européen à l’Île, pour clore les célébrations entourant ce deux cent cinquantième anniversaire.

While the various deportations that began in 1755 are inextricably linked, they are not one and the same. It is my hope that having the Acadian Odyssey Monument here will promote better knowledge and understanding not only of the Deportation of Island Acadians, but also of our Island’s Acadian roots.

D’ailleurs, je crois que nous allons entendre parler du redéveloppement du site un peu plus tard cet après-midi. Dans cette perspective, je souhaite vivement que jeunes et moins jeunes mettront Port-la-Joye-Fort Amherst sur leur liste de choses à voir et découvrir à l’Île-du-Prince-Édouard.

Nous avons une riche histoire qu’il est important de faire connaître, autant auprès des Insulaires qu’auprès de ceux qui nous rendent visitent par milliers à chaque année. Merci.

 

Sur le plan de redéveloppement du lieu historique national  de Port-la-Joye – Fort Amherst

 

Notes d’allocution de M. Edmond Richard, président de la Société Saint-Thomas-d’Aquin

Les recommandations, telles qu’établies par le Comité de réaménagement de Port-la-Joye – Fort-Amherst au cours du processus de planification,  concernent les priorités du réaménagement du lieu historique national. Ces recommandations s’inspirent de la collaboration soutenue entre les membres du Comité, les intervenants et les consultants et elles traduisent la vision et la mission du Comité de réaménagement.  Les 14 recommandations sont présentées en catégories correspondant aux principaux domaines du réaménagement,

1 •       soit l’accès et la visibilité,

2 •       le terrain et les structures,

3 •       les installations d’accueil et expériences du visiteur

4 •       de même que le processus, les relations et les partenariats.

I invite you to peruse the recommendations presented in summary form on the panels along the wall.

Le Comité reconnaît que le réaménagement à Port-la-Joye – Fort-Amherst ne se fera pas instantanément. Il faut, avant d’apporter toute amélioration au site, une vision claire du réaménagement et de toutes les étapes à venir pour concrétiser les améliorations. Il faut en outre sensibiliser les gens à la vision afin de créer une impulsion et de constituer une base solide de soutien.

Le Comité de réaménagement du Port-la-Joye – Fort-Amherst est conscient d’avoir une importante occasion de donner une orientation future au site et présente ce rapport, convaincu qu’il est temps de redonner vie au lieu historique national du Canada du Port-la-Joye – Fort-Amherst et de restaurer l’intérêt du public à son égard.

Merci/ Thank you / We’lali’oq

 

Notes d’allocution de Mme Judy Clark au nom de la Mi’kmaq Confederacy of Prince Edward Island

The Port la Joye Fort Amherst Redevelopment Committee would like to thank the SSTA for the opportunity to be part of this special day.   —-

Port la Joye – Fort Amherst is a profoundly important place.  It has been the scene of struggle, conflict and cooperation, of great accomplishments and terrible tragedies. The decisions and actions effected here laid the foundations for much of what Prince Edward Island is today. The stories that Port-la-Joye-Fort Amherst has to tell are meaningful and compelling.

Visitors to this National Historic Site are often struck first by its beauty.  Those who are also fortunate to discover and appreciate the richness and scope of what has taken place here are often moved by the experience.  Port -la-Joye – Fort Amherst (PLJFA) is a place to which many people develop a strong attachment.

Much of the Site’s tremendous potential, however, has remained untapped.  That remarkable potential has been recognized and expressed by many individuals and groups over the last decade. Collectively, they voiced a desire to see the site reinvigorated through the development of engaging new visitor experiences and attractive facilities that would increase visitation, revitalize the site’s profile, and create greater relevance to the public (both Islanders and visitors).

The catalyst for redevelopment at Port-la-Joye – Fort Amherst occurred in 2005, when an unfortunate mechanical malfunction caused extensive water damage in the site’s Visitor Reception Centre. Rather than invest financially in repairing a building that had not yet been studied for future site growth, Parks Canada elected to begin a project to cooperatively plan a comprehensive redevelopment that would encompass the entire Port-la-Joye – Fort Amherst site.

 

Notes d’allocution de M. Kinsey Smith au nom de la RoyalCommonwealth Society of Prince Edward Island

The need for greater consultation with, and involvement of, stakeholder and community groups was immediately recognized as essential to the redevelopment planning process for Port-la-Joye – Fort Amherst. Discussions with representatives of key stakeholder groups were thus initiated to begin the first step in the planning process – establishing a vision for redevelopment at the site. Representation from three organizations – The Mi’kmaq Confederacy of PEI (MCPEI), La Société Saint Thomas d’Aquin (SSTA), and The Royal Commonwealth Society Prince Edward Island – reflect the interests of Mi’kmaq, Acadian and Francophone, and British cultural groups respectively at this Site and in this collaborative process.
Our groups possess a deep interest and affinity for Port-la-Joye – Fort Amherst, as a result of deep-rooted cultural and in several cases, family connections to the Site.  The group has come together in a spirit of respect and appreciation for all of the histories present.

A Memorandum of Understanding signed by these parties and the Parks Canada Agency in May of 2007 formalized this partnership and expressed the mission, goals, and objectives of the Port-la-Joye – Fort Amherst Redevelopment Committee.

The basis of the Redevelopment Committee’s work has been:

•          To create a vision for the revitalization of Port-la-Joye – Fort Amherst,
for recommendation to Parks Canada; and

•          make recommendations and oversee (if/where necessary) the
creation of an agreement or entity which may subsequently assist
Parks Canada in the realization of this vision.

Recognizing that there are other interested stakeholders who can also make valuable contributions to the process, the Committee held workshops on July 10, 2007 and June 16, 2008 to discuss the creation of a redevelopment vision for the site and gather additional stakeholder input.  The Port-la-Joye – Fort Amherst Redevelopment Committee wishes to recognize the input of the broad range of stakeholders, from a wide variety of fields, who have made significant contributions to this Vision for Redevelopment.

The report of this committee encompasses four overarching goals:

•          Create an historical and cultural experience unique in Atlantic Canada

•            Increase awareness and appreciation of Port-la-Joye – Fort Amherst
and its history

•          Increase visitation

•          Continue to provide opportunities for community involvement in the
future direction and redevelopment of the site.

MOTION 12 DES MEMBRES DE L’ASSEMBLÉE LÉGISLATIVE DE L’ÎLE-DU-PRINCE ÉDOUARD

2008 par Contribution anonyme


ASSEMBLÉE LÉGISLATIVE DE L’ÎLE-DU-PRINCE-ÉDOUARDDeuxième session de la soixante-troisième assemblée générale

Présidente L l’honorable Kathleen M. Casey

Motion 12 eu égard à la Déportation des Acadiens de l’île Saint-Jean Proposée par l’hon. Robert Ghiz, premier ministre de l’Île-du-Prince-Édouard Appuyée par le député Sonny Gallant, Évangéline-Miscouche Adoptée unanimement le vendredi 2 mai 2008 / Hansard : pages 1164-1181

 

GOVERNMENT MOTIONS


Speaker: the hon. Provincial treasurer.

Mr. Sheridan: madam speaker, I move, seconded by the hon. Premier, that Motion 12 be now read.

Speaker: Shall it carry?

Some Hon. Members: Carried.

Clerk: Motion No. 12.
The Honourable Premier moves, seconded by the hon. Member from Evangeline-

Miscouche, the following motion:

WHEREAS French and Acadian settlers came here in 1720, to Isle-Saint-Jean, and established the first permanent European settlement on the island, living side-by-side with the Mi’kmaq;

AND WHEREAS 250 years ago, in 1758, the British order of Deportation of island Acadians sentenced entire communities to exile and deprived them of their peaceful way of life;

AND WHEREAS two-thirds of the settlers were forcibly expulsed, 1,700 of whom perished, while others fled, sparing only a couple of hundred individuals by mid-1759;

AND WHEREAS the Deportation inflicted suffering and hardships that shaped the indomitable spirit of the Acadian people, spirit that is alive and well today;

AND WHEREAS the Acadian and Francophone community is an integral part of the social fabric of our province and actively contributes to all aspects of island society;

AND WHEREAS the Acadian and Francophone community has built a dynamic network of institutions, like the Société Saint-Thomas-d’Aquin and the Collège Acadie Î.-P.-É., that ensure both its growth and its vitality;

AND WHEREAS institutions such as schools and community centres, French public libraries, the Acadian museum, among others, ensure that the Acadian culture and French language are not only preserved, but continue to flourish;

AND WHEREAS all islanders would benefit from gaining better understanding of the Deportation and of the significance of the province’s rich Acadian heritage;

AND WHEREAS governments have paved the way over the last 30 years for the present members of the Legislative Assembly to support linguistic duality in Prince Edward Island now, and for future generations;

THEREFORE BE IT RESOLVED
that the Legislative Assembly encourage all islanders to participate in the various activities which will take place throughout the year to commemorate the Deportation and celebrate the vitality of the Acadian and Francophone community, notably the unveiling of a monument this summer at Port-la-Joye-Fort-Amherst National Historic site, the location of the original French settlement;

THEREFORE BE IT FURTHER RESOLVED that the Government of Prince edward island actively pursue its commitment to the development and enhancement of the Acadian and Francophone community.

Speaker: Hon. members, we’ll move to the hon. Premier to open debate.

Premier Ghiz: Merci beaucoup Madame la présidente.
Premièrement, j’aimerais dire bonjour à tous les gens qui sont ici aujourd’hui avec nous. On a Georges Arsenault, président du Comité historique Soeur Antoinette DesRoches. On a Francis Blanchard, qui était un des gens que je connaissais quand j’étais un petit gars sur Brighton Road et puis qui est aussi membre du Comité historique Soeur Antoinette DesRoches et président du Club Richelieu Port-La-Joye. On a Marcellin Garneau, vice-président de la Société Saint-Thomas-d’Aquin; Edgar Arsenault, un autre de mes amis, directeur par intérim du Carrefour de l’Isle- Saint-Jean et puis on a aussi des gens qui travaillent avec nous et notre ministre, dans notre département Donald DesRoches, Dominique Chouinard et Ricky Hitchcock qui sont ici avec nous aujourd’hui.

Thank you very much, madam speaker.

First of all, I would like to say hello to everyone here with us today. We have Georges Arsenault, Chair of the Soeur Antoinette Desroches Historical Committee. We have Francis Blanchard whom I met when I was a young boy on Brighton road and who is also a member of the Soeur Antoinette Desroches Historical Committee and Chair of the Club Richelieu Port-La-Joye. We have Marcellin Garneau, Vice-President of the Société-Saint-Thomas-d’Aquin; one of my friends, Edgar Arsenault who is acting Director of the Carrefour de l’Isle-Saint-Jean and we also have people working with us and our minister in our Department, Donald Desroches, Dominique Chouinard and Ricky Hitchcock who are with us here today.

Madam Speaker, it is my privilege to move this motion recognizing the 250th anniversary of the deportation of Island Acadians.

Our Legislative Assembly first brought attention to this tragic event three years ago by recognizing the first wave of deportation which began in 1755 with the expulsion of Acadians from Nova Scotia.

Today, we turn our attention to island Acadians who were targeted for deportation beginning in 1758 when the French military surrendered Louisbourg to British troops.

It is difficult to imagine the conditions that greeted French and Acadian settlers when they arrived here in the spring of 1720. Not only had these individuals left their home country, friends and sometimes families, they had to establish an entirely new colony from scratch. They had to sustain themselves however they could, brave the elements, and endure hardships we will never fully be able understand.

While certainly not an easy way of life it had been a peaceful way of life. To have it all taken away from them – in what amounted to a power struggle between two far away countries – was a definitely cruel twist of fate.

Today, in commemorating the deportation of island Acadians we pay tribute to the Acadian people, to their lasting and ever- present contribution to our great province.
We also recognize hardships suffered not just with the deportation, but in other instances, such as in 1877 when most French books were pulled from Acadian schools, and the fact that the right to education in French wasn’t recognized until 1980.

But we’ve come a long way since then. In fact, last fall i was invited to speak at the Annual General meeting of La Société éducative, the French community college based in Wellington. That evening I had the opportunity to meet with community representatives and to hear the testimony of one of the college’s students who spoke of her learning experience.

To all those present – some of whom have long been involved in the area of education – it was apparent just how far we’d come.

The evening also highlighted how access to post-secondary education in French is vital to the development and enhancement of the Acadian and Francophone community and how it can be a powerful asset in building our province’s human capital. I’ll talk a little bit more about that later on in my notes.
The United Nations have declared 2008 to be the international Year of Languages. It has done so in order to bring attention to the essential role languages play in identity, preserving cultural heritage, and building knowledge societies.

In Canada, official language communities from coast-to-coast-to-coast contribute to our country’s social fabric and economic prosperity. Let us celebrate our linguistic diversity and continue to promote learning and using Canada’s official languages in the public and private domains.
Madame la Présidente, au cours des trente dernières années, le gouvernement provincial a fait d’importants progrès dans sa relation avec la communauté acadienne et francophone, en matière de promotion des langues officielles et dans la prestation de services en français.

Madam Speaker, during the past thirty years, the provincial government has made great strides in its relations with the Acadian and Francophone community regarding the promotion of official languages and the delivery of French language services.
Aussi, notre province continue de se démarquer par son leadership en matière de connaissance des langues officielles.

Also, our province continues to be known for its leadership in terms of its knowledge of official languages.

Alors que le taux de bilinguisme pour l’ensemble du Canada est légèrement à la baisse, le taux de bilinguisme à l’Île-du-Prince-Édouard continue d’augmenter.

While the bilingualism rate throughout Canada is slightly diminishing, the bilingualism rate in Prince Edward Island continues to increase.
Cela s’explique par l’amélioration de l’accès à l’éducation en français langue première mais également par la popularité des programmes d’immersion française.

This can be explained by improved access to French, first language instruction as well as by the popularity of French immersion programs.

Madame la présidente, mon gouvernement reconnaît que l’appui à la communauté acadienne et francophone doit s’exprimer par des mesures tangibles.

Madam Speaker, my government recognizes that the support provided to the Acadian and

Francophone community must be expressed by concrete measures.

C’est pourquoi nous avons pris un engagement concret envers le développement à long terme de la communauté acadienne et francophone. D’ailleurs, la ministre responsable et son équipe travaillent activement sur ce dossier depuis quelques mois déjà.

This is why we have made a concrete commitment to the long term development of the Acadian and Francophone community. In fact, the minister responsible and her team have been actively working on this issue for the past few months already.
L’an dernier, nous avons célébré le 30e anniversaire du Comité consultatif des communautés acadiennes et le 20e anniversaire de la Politique sur les services en français.

Last year, we celebrated the 30th anniversary of the Acadian Communities Advisory Committee and the 20th anniversary of the French services Policy.

Et dans deux ans à peine Madame la Présidente, nous allons célébrer le 10e anniversaire de la Loi sur les services en français.

And in barely two years, madam speaker, we will be celebrating the 10th anniversary of the French Language services Act.

Dans ce contexte, mon gouvernement a annoncé dans le discours du Trône qu’il allait élaborer – au cours de son mandat actuel – un horaire de promulgation intégrale de la Loi sur les services en français.

in this context, my government announced in the throne speech that it will develop – during the course of its present mandate – a schedule for the complete enactment of the French Language Services Act.

D’ailleurs, nous allons présenter dès ce printemps des modifications à la Loi. Ces modifications représentent une étape nécessaire avant la promulgation d’articles ou de sections supplémentaires – ce que nous souhaitons faire au cours de notre mandat actuel, en plus de l’horaire.

In fact, as of this spring, we will be presenting amendments to the act. these amendments represent a step required before the enactment of additional sections or parts which we want to do during our present mandate in addition to the schedule.

Madame la Présidente, nous reconnaissons qu’il existe une certaine impatience à ce sujet au sein de la communauté acadienne et francophone.

Madam Speaker, we recognize that there is some urgency in this regard within the Acadian and Francophone community.

Bien que la Loi ne soit pas encore entièrement promulguée, on note depuis un certain nombre d’années une amélioration dans la relation gouvernement-communauté. Il existe maintenant une plus grande ouverture de l’appareil gouvernemental envers les besoins de la communauté acadienne et francophone.
While the act is not completely enacted, we have noted during the past few years now that relations between government and the community have improved. Government is now more open to the needs of the Acadian and Francophone community.

De façon générale, on peut tirer les grands traits suivants à propos de ces améliorations: création de postes bilingues, dans le domaine de la santé en particulier; représentation de la communauté au sein de divers comités gouvernementaux, dont ceux reliés à l’enfance, aux aînés et à la situation de la femme; augmentation du nombre de publications bilingues; programme d’affichage routier bilingue; et l’établissement de centres-scolaires communautaires.

The following are the key areas of improvement: creation of bilingual positions, particularly in the field of health; representation of the community on various government committees, including those related to children, seniors and status of women; increase in the number of bilingual publications, bilingual road signage program and the establishment of school and community centres.

On peut également prendre comme exemple le programme « 30 minutes pour la famille » que nous avons lancé récemment.

We can also take as an example the Take 30 for the Family program which we recently launched.
Ce programme qui relève du Secrétariat à l’enfance a été conçu de façon entièrement bilingue et ce, dès le départ. Tout le matériel promotionnel – incluant le site Web, les auto-collants, les affiches et la publicité – est disponible dans les deux langues.

This program, which comes under the children’s secretariat, was developed in a completely bilingual format from the start.

All promotional material, including Web site, stickers, posters and publicity, is available in both languages.

De plus, les intervenants de la communauté acadienne et francophone ont eu l’occasion de se prononcer sur le contenu du programme en plus d’être des partenaires clés dans la mise en oeuvre du programme.

Also, the Acadian and Francophone community had the opportunity to voice their opinion on the contents of the program as well as serve as key partners in the implementation of the program.

Madame la Présidente, nous reconnaissons qu’il reste du travail à faire pour sûr. Pour être franc, il y aura toujours du travail à faire, car nous vivons dans une société toujours en mouvance, où les changements démographiques et la mondialisation se font continuellement sentir.

Madam Speaker, we know that there is certainly more work to be done. to be honest, there will always be work to do because we live in a society which is in constant evolution, where the effects of demographic changes and gobalization are continually being felt.
Mais la position de notre gouvernement est sans équivoque : nous souhaitons travailler en collaboration avec la communauté acadienne et francophone afin d’assurer son épanouissement aujourd’hui et pour les années à venir.

But our government’s position in unequivocal: we want to work in collaboration with the Acadian and Francophone community to ensure its development today and in the years to come.

Et puis, Madame la Présidente, je sais que des fois on fait des publications dans le gouvernement et quelqu’un m’appelle au téléphone pour dire qu’on n’a pas fait ça bilingue. Des fois on fait des invitations et ce n’est pas bilingue. C’est des choses que je sais qu’on doit améliorer ou essayer d’améliorer et puis on va travailler vraiment fort pour essayer d’améliorer ces choses dans le futur.

Also, Madam Speaker, I know that sometimes we prepare government publications and then someone calls me on the phone to say that it wasn’t done in a bilingual format. Sometimes we prepare invitations that are not bilingual. Those are things that I know must be improved or that we must try to improve and we will work really hard to try to improve these things in the future.

In my earlier comments, I talked a little bit about how much the French community contributes to Prince Edward Island socially, economically, culturally. I just want to talk for a couple of minutes on economical because since having the privilege of becoming Premier, I’ve been away on many business seeking missions, and I know whether or not I’m in Toronto, whether or not I’m in western Canada, whether or not I’m in the northeast Us, whether or not I’m in Montreal.
When you can sit down with a company and one of the things you are able to tell them is how much of a French presence you have on Prince Edward Island, how many people are bilingual, it makes an enormous difference in trying to attract a company to come to Prince Edward Island. the general population and myself – I didn’t have any idea how much it helps that we have French immersion, that we have French languages in our schools, that we have training at the post-secondary level.

I know myself and the minister of innovation and Advanced Learning just recently met with a company, it was a gaming company from France. They had never been to Prince Edward Island before. They came here and they were shocked a little bit that the Premier was able to converse in French to a certain extent. They were amazed at how much we were able to deliver French services in terms of our school system.
I talk a lot when I’m talking with these companies how it’s only going to grow in the years to come. Because of a lot of the work that the people that I mentioned earlier did in the past to make sure that the rights could be delivered so that people of Acadian or Francophone descent or any islanders were able to take French in the school system.

When you look at our school system right now you see a large decline in our English schools in terms of enrolment. But believe it or not, our French schools, starting right off in grade 1, a huge increase. In fact, our school in Charlottetown here, we’re going to have to expand on it because it’s growing so much.

 I think it’s a true testament to islanders, to this great country, that we’re able to have two official languages. I’m very happy to be representing a province that is moving forward in terms of recognizing our bilingualism here on Prince Edward Island and to be able to stand up and recognize our Acadian-Francophone community in this motion is very important.

I know that it’s not something that we probably wish we didn’t have to have this motion. But we do have to be able to recognize it. It’s unfortunate what took part 250 years ago, but it’s important that we learn from our past so that we can make sure that our future is that much better. I believe that by working with our Francophone and Acadian community here on Prince Edward Island that’s exactly what will happen into the future. Prince Edward Island as a whole will be in a much better situation the more we can embrace our Francophone and Acadian community here on Prince Edward Island.
With that I’ll close.
Merci beaucoup, Madame la Présidente.

Thank you, Madam Speaker.

 

Some Hon. Members: Hear, hear!

Speaker: I’ll now move to the hon. Member from Evangeline-Miscouche to second the motion.
Mr. Gallant: Merci beaucoup Madame la Présidente.

Thank you very much, Madam Speaker.
I’d like to welcome everyone to the gallery from the Acadian community. Nice to see you here this morning. I won’t mention any names because I can’t see behind me. I’d also like to congratulate the great contribution that the Acadian Francophone community has contributed to our island economically and culturally. It’s a pleasure to stand here today and second this motion.
In the year 1720, our island was known as Isle St. Jean and it was a French colony. The original settlers of our province were from France and it’s still evident in the names we hear and read each day in the telephone book, names like Gallant, Arsenault, Gaudet, and Doucette, just to name a few. An interesting fact I uncovered in my research was that in the first census of Isle St. Jean conducted in 1728 there were 297 permanent residents, and out of that number there was 127 fishers. By the year 1752, 25 years later, another census indicated the population of the colony had grown to 2,223, an increase of approximately 495 Acadians.
With the arrival of the British military and government officials the threat was realized and the first wave of deportation from the Mmaritimes started in 1755. this action targeted 6,000, 7000 Acadians from Nova Scotia. these people were deported to the southern colonies, Massachusetts and Georgia. As history as shown, a significant number of Acadian families deported from Nova Scotia fled and took refugee on the Island, Isle of St. Jean. Island Acadians were targeted for deportation starting in 1758 after the fall of Louisbourg on Cape Breton island. By then the population of our Island had grown another 2,477 Acadians to a total of 4,700. Eventually British troops arrived on Isle St. Jean at the beginning of August 1758 and started rounding up civilians almost immediately.
As seconder of the important motion, i would like to say that some statistics on the deportation of these 4,700 inhabitants of this colony show that 3,100 were resourcefully expulsed. Another 14 to 1,500 escaped between most of northeastern New Brunswick to the base of our Miramichi areas. Of the 3,100 that were expulsed, close to 1,700 died at sea, either from sickness or drowning when ships came in (indistinct) sank. While 1,000 died from sickness on the ships or after reaching our destination because of illness contacted on ships, the sinking of the Violet and the Duke William on December 1758 is often referred to as an event that caused the most significant loss of life at close to 700 deaths between two ships.

While there has been extensive research and writings on the subject of deportation of the Acadians for the year 1755, the targeted Acadians from Nova Scotia (indistinct) very little recorded about the deportation of Island Acadians that began in 1758.

As an Acadian and a member of the Legislative Assembly, I take pride in seconding this motion introduced by the hon. Premier, and urge that the Legislative Assembly encourage all Islanders to participate in various activities which will take place throughout this year to commemorate the deportation and celebration of the vitality, of the Acadian and Francophone communities, notably the unveiling of the monument this summer at Port-la-Joye-Amherst national historic site, the location of the original French settlement.

Madam Speaker, “that the Government of Prince Edward Island actively pursue its commitment to the development and enhancement of Acadian and Francophone community.”
Merci beaucoup.

Some Hon. Members: Hear, hear!

Speaker: the hon. Minister of Communities, Cultural Affairs and Labour.

Could one of the Pages please get her the podium? Thank you.
Ms. Bertram: Merci, Madame la présidente.

Thank you, Madam Speaker.
En tant que ministre responsable des Affaires acadiennes et francophones, je suis heureuse de prendre parole à la Chambre et d’appuyer la présente motion.

As minister responsible for Acadian and Francophone Affairs, it is my pleasure to rise and speak in support of this motion.

Certainement, je veux dire bonjour à tout le monde qui nous joignent aujourd’hui et c’était une bonne année à travailler avec la communauté acadienne et francophone de l’Île-du-Prince-Édouard et j’espère que nous pourrons continuer à travailler encore plus. Mais aujourd’hui je veux parler de cette vraiment importante résolution.

I certainly want to say hello to the people who have joined us here today and that it was a good year to be working with the Acadian and Francophone community of Prince Edward Island and i hope that we can continue working together even more. But today, I want to talk about this really important resolution.
The Deportation of the Island Acadians which began in 1758 is indeed a dark chapter in our province’s history. It’s important to remember that before the deportation order was given French and Acadian settlers had been present on the island for almost 40 years. During that time they cleared and worked the land and established homes, families, parishes, communities, alongside the Mi’kmaq. They created a life for themselves in this new world and they did so believing in better things to come.
We, the people of Prince Edward Island, can never forget how the deportation affected thousands of our own, thousands. We must never forget how it destroyed families and effectively wiped entire communities off the map. One can only imagine how this forced expulsion permeated the collective consciousness of the Acadian people. But from suffering comes resilience and strength of character. And from adversity, values like courage and perseverance take root.
Aujourd’hui et tout au long de l’année, nous commémorons le 250e anniversaire de la déportation des Acadiens et Acadiennes de l’Île. Cependant, nous célébrons également la vitalité de la communauté acadienne et francophone, sa culture et son patrimoine.

Today and throughout the year, we will be commemorating the 250th anniversary of the Deportation of Island Acadians. But we’ll also be celebrating the vitality of the Acadian and Francophone community, its culture and heritage.

Madame la Présidente, nous ne pouvons répéter assez souvent que la communauté acadienne et francophone fait partie intégrante du tissu social de notre province.

Madam Speaker, it cannot be said enough that the Acadian and Francophone community is an integral part of the social fabric of our province.

Nos ancêtres – peu importe leurs origines ou leur langue – représentent les nombreux fils qui, une fois tissés ensemble, ont formé un tissu social dont nous pouvons être fiers.
Our ancestors – whatever their origin or language may be – represent the many threads that once woven together, create this social fabric of which we can proud.

Aujourd’hui, la communauté acadienne et francophone se trouve principalement dans six régions, d’un bout à l’autre de l’Île: Prince-Ouest, Évangéline, Summerside, Rustico, le Grand Charlottetown et Kings- Est.

Today, the Acadian and Francophone community can be found mainly in six regions, from one end of the island to the other: West Prince, Evangeline, Summerside, Rustico, Greater Charlottetown and Eastern Kings.

Individuals who have French as a first language represent close to 5% of the population and almost a quarter of the entire island population is of Acadian descent. Our province, as a whole, has embraced the French language with 40% of our schools offering French immersion programs. In fact, PEI can boast of having the third most bilingual population in the country. That is the social fabric we celebrate.

I referenced earlier the Acadian culture and heritage. it would be remiss of me if I didn’t acknowledge the Acadian Museum in Miscouche. The museum plays a leadership role in preserving and proudly displaying the history of island Acadians. The Acadian Museum was first opened in 1964. The original building made way for a brand new construction that was officially opened in April 1992. The museum embraces its mission: to acquire, preserve, study, and interpret artifacts relating to the island’s Acadian heritage from 1720 to the present.

The museum’s popularity as well as its collection have grown over the years, along with its involvement in fostering pride in the Acadian culture and heritage. The museum does more than catalogue artifacts and put on exhibits. Among other events, it routinely hosts public lectures that generate significant interest. The museum truly lives up to its objectives of raising awareness of the Acadian culture and heritage among islanders. In doing so, it also plays a notable role in not only the survival but the full development and enhancement of the Acadian and Francophone community of PEI.

For all those interested in learning more about their Acadian ancestry, the museum’s genealogy centre contains a wealth of information on Acadian families. The museum’s permanent collection features six major paintings by artist Claude Picard that depict the adoption of the Acadian national symbols.

It was actually in Miscouche that the second Acadian National Convention was held in 1884. Delegates from across the Maritimes attended. It was during this historic conference, right here on PEI, that the Acadian national symbols were chosen: the Acadian flag, anthem, emblem and motto.
Cette année, de juin à décembre, le Musée acadien présentera une exposition commémorant le 250e anniversaire de la déportation des Acadiens et Acadiennes de l’Île. L’exposition mettra en vedette des costumes et des cartes historiques. L’une des cartes historiques affichera les peuplements acadiens selon les données du recensement de 1752, le dernier recensement avant la Déportation.
This year, from June to December, the Acadian museum will present an exhibit commemorating the 250th anniversary of the Deportation of island Acadians. This exhibit will include historical costumes and maps, one of which will feature the location of Acadian settlements on the island based on the 1752 census. This was the last census on record, prior to the Deportation.
L’exposition mettra également en vedette des artefacts datant du dix-huitième siecle, des peuplements de Port La Joye et de Havre Saint-Pierre. Georges Arsenault qui est avec nous aujourd’hui, un historien insulaire bien connu et Lucie Bellemare, une artiste locale, ont contribué leurs talents et leurs expertises à l’élaboration de l’exposition.
The exhibit will also feature artifacts of the eighteenth century from the Port La Joye and Havre Saint-Pierre settlements. Georges Arsenault a well known island historian who is with us here today and Lucie Bellemare, a local artist, have contributed their talents and expertise to the development of the exhibit.

Another example of an institution that takes history and heritage very seriously is the Farmer’s Bank located in Rustico, within my own riding. While the Evangeline region is sometimes referred to as the heart of the Acadian and Francophone community, Rustico can be considered the cradle of l’Acadie on PEI.

Rustico was one of the first Acadian communities established after the treaty of Paris, in 1763, when Acadians started trickling back to the island. In fact, Rustico is the oldest Acadian community continuously inhabited by Acadians on Prince Edward Island. According to the 1798 census, the Acadian population numbered close to 700 individuals that would be found in three settlements: Malpeque, Baie-de-Fortune and Rustico.
La Banque des fermiers a été fondée en 1864 par le père Georges-Antoine Belcourt à titre de toute première « banque du peuple » au Canada. Elle a exercé des activités jusqu’en 1894. On dit qu’en tant que l’une des premières institutions financières publiques au pays, elle servit de modèle pour les caisses populaires d’aujourd’hui.

The Farmer’s Bank was established in 1864 by father Georges-Antoine Belcourt as the very first “people’ s bank” in Canada. It operated until 1894. It is said that as one of the first public financial institutions in the country, it served as a model for the “caisses populaires” – the credit unions as we know them today.

Du point de vue architectural, l’édifice de la Banque des fermiers est un trésor national. L’an dernier, la Banque des fermiers figurait parmi les treize sites sélectionnés pour la Journée du patrimoine, organisée par la Fondation Héritage Canada. La Journée du patrimoine célèbre le patrimoine architectural et les lieux historiques du Canada.

Architecturally speaking, the Farmer’s Bank building is a national treasure. Just last year, it was featured among the thirteen sites selected for Heritage Day which is organized by the Heritage Canada Foundation. Heritage Day celebrates the architectural heritage and historic places of Canada.

The theme for the 2007 Heritage Day was: Places for People – our Heritage of the everyday. It showcased lesser-known but nonetheless important structures found throughout Canada.

The Farmer’s Bank was selected for its design and the materials used to build it – our famous red island sandstone. to picture this impressive building being built in the 1800s is to grasp the importance of this ambitious undertaking.

Other than its architectural significance, the bank played a defining role in the survival of the Acadian community of Rustico. it ensured local farmers and fishers had access to small low-interest loans. this enabled them to keep farming and fishing, and even to benefit from dividends paid out by the bank. Today, the museum of the Farmer’s Bank showcases the bank’s history, including that of its restoration. It also stands as a proud reminder of the perseverance and courage of the Acadian and Francophone community.

The Acadian culture is alive and well on PEI. Proof of that can be found in the many activities, festivals and special events that take place year-round. But this year, the City of Charlottetown is hosting a very special event, the 10th edition of the Événement Éloizes, which has already started, and it goes to May 4th. I know the hon. member that seconded this resolution from Miscouche attended Wednesday night’s event.

This is a five-day cultural event during which the Acadian artists are recognized for their achievement in categories such as literature, visual arts, cinema-video, dance, music and theatre.

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C’est la première fois que cet événement aura lieu à l’Î.-P.-É. et seulement la deuxième fois depuis la création des Éloizes il y a dix ans, que l’événement aura lieu ailleurs qu’au Nouveau- Brunswick. L’événement se déroule à l’Île pour souligner le 250e anniversaire de la Déportation.

It is the first time that this event is held in PEI and only the second time in the ten year history of the Éloizes that it is held outside New Brunswick. It is being held here on the island to highlight the 250th anniversary of the Deportation.

L’événement des Éloizes est l’une des manifestations les plus courues par les artistes acadiens. Le fait que Charlottetown accueille cet événement est une excellente occasion de mettre l’Î.-P.-É. et la communauté acadienne et francophone en vedette.

The Éloizes is one of the most sought after events by Acadian artists. Hosting the event in Charlottetown is a tremendous opportunity to put the spotlight on PEI and the Acadian and Francophone community.
A very special islander will be receiving the Prix Hommage at this year’s awards gala. The Prix Hommage is given out to celebrate the career and body of work of an artist. Angèle Arsenault from Abram-village will be receiving this award. She is a recipient of the Order of Canada, the Order of PEI, and is one of the first Acadian women who promoted Acadie beyond the Maritimes. She is a widely successful and prolific singer-songwriter with over 20 albums to her credit, spanning her three decade-long career.

This past march, Angèle participated in the festival Nuits Acadiennes in Paris which showcased Acadian artists. Time and time again she has been an ambassador for the Acadian and Francophone community and for our province. It is very fitting that the prestigious Prix Hommage be given to her at this year’s Éloizes event held here on Prince Edward Island.
On a personal note, it was by listening to Angèle’s music that I gained further appreciation of the French language and French music. I can remember in the early 1980s when I attended Elliott River school for French immersion and I remember Angèle Arsenault coming and singing then. I still have those records that I came home and told my mother that she had to buy for me because I enjoyed the music so much. But I think she has certainly inspired a lot of children to enjoy music and certainly maybe learning French as a second language, music certainly. It makes it easier to learn a second language. Certainly, Angèle has helped a lot of young people along over the years.

When we think of Acadian culture, it is hard not to think about music. It is ever-present, lively, invigorating and will be showcased again this year during the Francofolies de Charlottetown that will take place this June 20th to June 22nd. This event is the successor to the Festival de Charlottetown which was created in 1901.

Victoria Row will come alive with French and Acadian music this year. The festival will feature a lineup of seasoned performers like homegrown talent Vishten, Groupe Suroît whose members hail from the Magdalen Islands, and New-Brunswick’s, Jean-François Breau.
The anniversary of the deportation gives us pause to reflect on our past, our present and our future. We know for a fact that actions like the deportation of an entire people would never again take place in Canada. We must, however, remain proactive and ensure that the Acadian and Francophone community has the support and tools to continue thriving.

Madame la présidente, tel que la résolution l’indique, la communauté acadienne et francophone de l’Î.-P.-É. s’est créé un réseau dynamique d’organismes qui assurent sa croissance et sa vitalité.

As the resolution says, the Acadian and Francophone community of PEI has built a dynamic network of organizations that ensure its growth and vitality.
Nous avons tous l’obligation d’entretenir des relations de travail positives avec ces organismes, puisque la vitalité d’une communauté a un impact direct sur la vitalité de l’ensemble de la province.

It is incumbent upon us to foster positive working relationships with these organizations as the vitality of one community has a direct impact on the vitality of the entire province.

Madame la Présidente, le gouvernement a clairement articulé sa vision avant-gardiste qui veillera à assurer l’avenir de notre province : investir dans les individus et bâtir notre main-d’oeuvre afin de répondre aux besoins de notre économie en évolution.

Madam Speaker, government has clearly identified its forward-thinking approach to ensure our province’s future: investing in people and building our workforce to meet the demands of our evolving economy.

In our global economy and society, the ability to speak more than one language has long been recognized as an advantage. We must continue to instill the value and importance of Canada’s official languages and ensure opportunities to take full advantage of our bilingual population.

Again, I go back to my own life. I came from an Anglophone family and I certainly would never have learned how to speak French if it wasn’t for the French immersion program. Certainly we were bused out of the district, and maybe at the time in the early 1980s it wasn’t seen as a great idea, but there are lots of children – as I stated, we are the third most bilingual speaking province in Canada. I think we have a success story
for our education system here on Prince Edward Island. It is good, because many of our children that are exiting the school system today from grade 12 are bilingual thanks to French immersion. So it has given a whole new lease on life and opportunities for their future.

While being part of this global economy in society, we must continue to preserve and promote our culture and heritage of which the Acadian and Francophone community is an integral part. Our identity as Islanders, regardless of our origin, is directly tied to our culture.
In this year commemorating the deportation of island Acadians, let us celebrate the survival of the Acadian people, the riches of the French language and Acadian culture and whole-heartedly embrace our true diversity.

Je vous remercie, Madame la Présidente.

Merci.

Thank you, Madam Speaker. Thank you.
Some Hon. Members: Hear, hear!

Speaker: the hon. Leader of the opposition.

Leader of the Opposition: Thank you, Madam Speaker.

It gives me great pleasure to stand and to support this motion. I also would like to say hello to the people in the gallery. As other people mentioned, it’s difficult from this side to see who’s behind us.

The other part is I want to start off by saying it was certainly a very sad day in our history, the deportation of our Acadian people.

Other people have talked about the great contributions the Acadian people have made historically in the past, and some people have talked about even in the present and in the future, which I think is terrific.

I think a number of speakers have already spoke about the contributions Acadian people have made culturally, whether that’s been through their music, their food, their hospitality.

I thought I might focus a little bit on community economic development and of the great contribution the Acadian people have made. I believe many people are aware of the Acadian communities movement around co-operatives, and I also thought we should give some thank you to people like Léonce Bernard who’s well known for helping out with the co-operative movement.

The other part, too, is I was lucky enough in my own past to be able to sit on a national organization called the national Council of Welfare. When we had an opportunity to bring this group from across Canada to Prince Edward Island, as a community developer at the time I chose the group to be able to come to the Evangeline area. In the Evangeline area not only did we stay for the entire week, and we got to see first hand a rural community that was thriving at the time, we also had a lot of time to spend with people, whether they were from Ottawa or Saskatchewan. It gave people a chance to really realize how a bilingual community actually works.

In terms of the Acadian people, they’ve always been so good to those of us who do not have French as our second language. I myself went to school, my first few year in a one-room school, so it was at that particular time not even having French immersion.

The other thing I wanted to mention about, again on the community development theme, is I was lucky enough to work with a man by the name of Aubrey Cormier. I believe people from the Wellington area recognized Aubrey. At that time there was a national program that was coming out through the community access. Although I worked in Souris at the time, Aubrey and A developed dual proposals that we could have submitted at that particular time to get the Community Access Program started here on Prince Edward Island. I’m really proud that Aubrey, not only did he get the program started, but we were actually able to help over a number of years. That program evolved from the Community Access site to the present Collège Acadie.

I remember at the time the vision that Aubrey and the staff had there was not only as the Premier talked about – trying to prospect and bring people here to the province that may want to do business – but at one point in time the people in that community actually were prospecting themselves and bringing work from France and Quebec here to PEI to be developed.

The other part that I was really proud of is when Aubrey was still with Community Access Program in the Wellington area and I was doing some work as a volunteer in the Morell area, we actually participated in a project together, both communities, on digitalizing the Vimy Ridge story. I know that if you go on the veteran’s website you can still see that and that gives you an example again of how Acadian people still work with us (indistinct) everybody and the contribution back and forth is terrific.

The other part I thought I might also mention is – because I know we mentioned different people that made a great contribution, but there’s some ordinary people in the community too. People like Jeannita Bernard who’s made a great contribution to health community. the other part, she’s also co-chair of the Canada celebrations.

I already mentioned Léonce. I think we really should mention Wilfred Arsenault as well. Wilfred was a member in the House and he has been well known for his belief in community economic development for a long time. Another person that I’ve been able to get to know for a number of years is Fr. Eloys Arsenault, a terrific member of the church.

I thought maybe what we should do to conclude this is – would members of the House please stand and we do a moment of silence remembering and honouring the 250th anniversary?

[There was a moment of silence]

Speaker: the hon. member from Stratford-Kinlock.

Ms. Dunsford: Merci, Madame la Présidente.

Je veux parler juste pour une minute et dire bonjour, salut et bienvenue à Georges, Ricky et Donald et les autres. Aussi, je suis la présidente de cette région de l’Assemblée parlementaire de la francophonie et j’aimerais me lever à l’appui de cette motion. C’est tout (Indistinct) juste comme moi. Alors en anglais je vais dire -

Thank you, Madam Speaker.

I just want to speak for a minute and say hello, greetings, and welcome to Georges, Ricky and Donald and the others. Also, i am president of this section of the Francophonie Parliamentary Assembly and I would like to rise and support this motion. It’s all (indistinct) just like me. So in English, I’ll say -

I grew up in Moncton, new Brunswick, and spent my summers in Shediac where the French Acadians are very vibrant and still are very strong, very connected to their culture as they are here on Prince Edward Island.

I’ve attended many festivals in my youth. Many of my French were of Acadian decent so it became – I think maybe even my first boyfriend was French. I did learn how to crack open a lobster with my bare hands.

An Hon. Member: That’s a good thing.

Ms. Dunsford: It is a good thing.

I can tell you that in New Brunswick, being the only bilingual province in Canada, there is an incredible feeling in New Brunswick between the Acadian culture and the English-European culture. They really find a way to work together. I know here on Prince Edward Island that movement gets better and better all the time.

There’s a few more Acadians living in New Brunswick. There’s more of a recognition there as a bilingual province. I guess having grown up there and having had that experience, some of the things that still remain with me are influenced by my teachers.

À l’école secondaire on enseignait les chansons de Gilles Vigneault et Robert Charlebois, comme les chansons Gens du pays et j’ai continué à chanter cette chanson avec beaucoup de fierté.

Merci, Madame la Présidente,

My high school instruction included songs by Gilles Vigneault and Robert Charlebois, songs like Gens du pays and I continued to sing that song with much pride.

Thank you, Madam Speaker.

 Some Hon. Members: Hear, hear!

Speaker: the hon. Minister of Agriculture

Mr. LeClair: Madam Speaker, I would like to get up and endorse this motion as well and speak a bit to this motion because Tignish-Palmer road has a huge Acadian and Francophone presence.
As you can tell by my name. I think I have some of that blood in me as well. My father’s family is Acadian-Francophone and in Tignish-Palmer Road we’ve basically grown together. The English and French communities have grown together and we basically do everything, and there’s a mix of culture in all the people there. I can tell you that you can see the Acadian culture come out in everything that’s basically done around Tignish-Palmer Road, especially the Palmer Road area.
There’s a great spirit in the Acadians and especially in the music, and they have a knack for getting together and having a good time, every time they do get together. Doesn’t matter who they bring in. I see that a lot in our fundraising efforts where they get together and put on so many different community fundraisers for everything, especially for people in need.

As I was growing up I spent a lot of time in the Rustico area, because my father’s brother, Fr. Joe, was a parish priest there. When we were young we spent a lot of time there. Especially around the bank in Rustico there. We know that place pretty good. A lot of our summers were spent there and we had a great time when we were young fellows with Fr. Joe.

My aunt Ann Marie Perry is a huge – she was a huge Acadian supporter and a huge cultural person and she did a lot for the French on Prince Edward Island, especially in our area. She’s certainly missed. She passed away a few years ago. A good supporter of the Premier as well. Yeah, she passed away a couple of years ago and – she’s well remembered in our area for being a huge Acadian and supporter of the French in our area.

We have the French school in DeBlois, we have French mass, we have our meat pies, we have our fricot, we have our (indistinct), our (indistinct). We have everything with the Acadian culture is in Tignish-Palmer Road. It’s a great place to live and a great society to live in.
I just wanted to get up and recognize the expulsion, and recognize that the Acadians are alive and well, and really appreciate it.

Thank you.

 

Some Hon. Members: Hear, hear!

Speaker: the hon. member from Alberton-Roseville.
Mr. Murphy: Thank you, Madam Speaker.
Although you wouldn’t know it by the name of Alberton-Roseville it’s also home to a large Acadian section up in the western end of the island of St. Edwards, St. Louis, and Miminegash area.
As a matter of fact my name, too, Pat Murphy, wouldn’t indicate that there’s any French blood in me, but there is. My grandmother was a Thibodeau from the Miminegash area. Although I don’t speak it I’ve taken lessons. I’d like to be able to say a few words in French here today, but I’m not that brave yet to try it. Along with several of my other colleagues here, we’ve been taking French lessons and picking up a little bit, slowly but steady.

I had the privilege of attending of the opening of the new DeBlois school, the new French school up in DeBlois. I know that even a lot of non-Acadian people are seeing the advantage as having French as a second language. They’re sending their children to these schools. The pride was very evident at the opening of this school how proud the Acadian people are of their French culture.
It’s very good to know it’s alive and well here on Prince Edward Island today. I’ll just give you a little example of the Acadian hospitality. Our red tide hockey team had the privilege of playing up in Evangeline and we did win, but after the game we were treated to a little bit of Acadian hospitality. We had the chance to taste some of the traditional Acadian fare, such as chicken fricot and râpure. Although in the Miminegash area we call râpure, the minister of Agriculture referred to it awhile ago, we call it (indistinct) in that area.
As a kid growing up, many occasions my mom would cook bannock in the oven and there’s nothing like dipping bannock in hot molasses when it comes out of the oven.

I’m proud to stand and support this motion.

 

Thank you, Madam Speaker.

 

Some Hon. Members: Hear, hear!

Speaker: Are there any other members who care to speak to the motion before I move to the mover to close debate?
The hon. Premier to close debate.

 

Premier Ghiz: Thank you very much, Madam Speaker.
Madame la Présidente, c’est mon plaisir d’être ici aujourd’hui pour fermer la discussion au sujet de cette motion.

Madam Speaker, I am pleased to be here today to close discussion on this motion.

But like the hon. Minister of Communities, Cultural Affairs and Labour did, I’m going to talk just for a couple of minutes on some of my memories, too.

I also remember Angèle Arsenault singing. My grade 1 teacher used to play that record quite a bit. I’m not sure if you had the same, Rémi et Aline was our grade 1 book.
I can remember that. Just to show you the influence that when you’re in French immersion, and I’ll say this, small class size, which we’re trying to get towards, a small class size in this province of 15 to 1, and I know our class was probably 19. It was much smaller than the other English classes.

I remember Mlle. Lynn was my grade 1 teacher. Mme. Murphy, who is actually Shawn Murphy’s wife, was there partially for grade 2, along with Mme. Gallant. Grade 3, I had Mme. MacKenzie and Mme.Sharon. Grade 4, M. Poirier et puis M. Poirier maintenant je pense travaille à l’école à Deblois. Il était là pour un petit peu de temps et puis -

Mr. Poirier, and Mr. Poirier now works at the DeBlois school, I believe. He was there for a while and then in grade 5 I had Mme. Westlock, who I think might still work for the department; she did for a while. Then in grade 6 Mr. Galloway, j’avais M. Galloway et puis M. Galloway maintenant travaille à (Indistinct) et puis -

in grade six i had Mr. Galloway and Mr. Galloway now works at (indistinct) and – you know, growing up in that environment of French immersion gave us a lot of opportunities, it opened up a lot of doors.

It was great to be able to learn about the Acadian traditions, and the Francophone traditions, and I think it was truly something that was great. I actually went to West Kent. I might as well – maybe the hon. Member from Georgetown-St. Peters will get ready for a conflict of interest coming up, but I went to West Kent. There’s no French immersion currently at West Kent, it’s now over at spring Park full time. Hopefully, knock on wood, sometime I’ll have a family and might have to change that policy. We’ll see what happens. Just joking. (indistinct) only be changed.

Some Hon. Members: Hear, hear!

Premier Ghiz: That’ll only be changed if the demand’s there. I’ll leave that up to the department.
It truly is a great contribution that our Acadian and Francophone community make here on Prince Edward Island. I think wherever you go across Prince Edward Island you can see the impact that’s there, even up in the Souris area. Souris, we have an incredible community there. If you look at our tourism department, the majority of our visitors come from la Belle Province, du Québec – la Belle Province, in Quebec. They come here because they can get – they’re comfortable here. Of course, we’re on the way to les Îles de la Madeleine if they want to take the ferry. There’s just so much they contribute.
I know that we have to move faster in proclaiming the act. I know that there’s a lot of things that we can improve, and i can assure everyone that what we’re going to do is work as hard as we can and as fast as we can to make sure that we resolve a lot of those issues still out there. Like was mentioned, it’s unfortunate that we have to recognize this day because of a tragedy that took place at 250 years ago, but it’s also nice that we’re able to stand up here and recognize the great contribution that the Acadian and Francophone communities make to Prince Edward Island.

So with that I will close.

Thank you. Merci beaucoup.
Some Hon. Members: Hear, hear!

Speaker: Hon. members, you’ve heard the debate on the motion.

Are you ready for the question?

Some Hon. Members: Question.

Speaker: The question’s been called.
All those voting against the motion, please signify by saying ‘nay.’

All in favour of the motion, signify by saying ‘aye.’

Some Hon. Members: Aye!

 

Speaker: The motion is carried, and it is unanimous.

 

Some Hon. Members: Hear, hear!

 

Des célébrations qui sortent de l’ordinaire

2007 par Francis C. Blanchard

Nos souvenirs en tant qu’Acadiens et Acadiennes sortent souvent de l’ordinaire. On les trouve même dans nos anciens registres paroissiaux qui d’ailleurs seraient un excellent outil pédagogique pour nos professeur(e)s d’histoire acadienne.

Mariages en triple

Dans La Voix acadienne du 19 juin 1996 sous la rubrique « Un brin d’histoire », David Le Gallant avait fait part d’un triple mariage célébré le 20 juin 1735 de trois enfants de Michel Haché-Gallant et de Anne Cormier en l’église Saint-Jean-L’Évangéliste, à Port-La-Joye à l’Isle Saint-Jean. Il s’agissait des mariages de François, Jacques et Louise, tous enfants desdits Michel Haché-Gallant et Anne Cormier.

Mariages en quintuple

Francis C. Blanchard, sous la même rubrique « Un brin d’histoire » dans La Voix acadienne du 11 décembre 1996, raconte un autre événement tout à fait unique pour l’époque. Ce fut l’occasion de cinq mariages célébrés le 3 novembre 1750 dans la paroisse Sainte-Famille à Malpec (souvent francisé à « Malpèque ») toujours à l’Isle Saint-Jean. Au cas où on l’ignore, cette ancienne paroisse acadienne se trouvait là où se situe de nos jours Gillis Point ou Low Point. La pointe fait face à l’Île Lennox à côté de l’entrée de la baie de Malpec.

Les entrées de registre pour ces cinq mariages qui eurent lieu à Malpec (Low Point) huit ans avant la Déportation de l’Île (1758) se trouvent toutes inscrites dans le registre de la paroisse Saint-Jean-l’Évangéliste (Port-La-Joye). C’est le Récollet Patrice La Grée (sic) qui officia à ces mariages en quintuple. Deux des cinq mariages ci-dessous sont ceux de deux frères (Pierre et Jean Arsenault) mariés avec deux soeurs (Marie et Madeleine Boudrot).

1. François Doucet, fils de François Doucet et Marie Carré de la paroisse de Malpec, et Marguerite Jacquemain, fille de Pierre Jacquemain et de Marguerite Haché de la paroisse de Port-La-Joye.

2. Pierre Arsenault, fils de Charles Arsenault et Cécile Bros de la paroisse de Malpec et Marie Boudrot, fille de Claude Boudrot et de Judic Belliveau de la paroisse de Saint-Pierre.

3. Jean Arsenault, fils de Charles Arsenault et de Cécile Bros de la paroisse de Malpec et Madeleine Boudrot, fille de Claude Boudrot et de Judic Belliveau de la paroisse de Saint-Pierre.

4. Jean Arseneau, fils de Jacques Arseneau et de Marie Poitvin de la paroisse de Malpec et Magdelaine Boudrot, fille de François Boudrot et de Jeanne Landry de la paroisse de Saint-Pierre.

5. Jean Oudy, fils de Jacques Oudy et de Marguerite Poirier de la paroisse Saint-Pierre et Marie Blanchard, fille de François Blanchard et de Marguerite Carré de la paroisse de Malpec.

Noces d’or en septuple

Une autre célébration qui sort de l’ordinaire eut lieu le 7 juin 1893 à Rustico d’après l’historien et patriote J. Henri Blanchard (Rustico, une paroisse acadienne, 1938) et reprise dans La Voix acadienne le 23 octobre 1996. Cette célébration tout à fait unique était les noces d’or de sept couples :

Isidore Pitre et Madeleine Doiron / Ignace Gallant et Domithilde Buote  Hubert Gallant et Barbe Buote / Gilbert Pitre et Marguerite Buote Sylvestre Doiron et Sophie Gallant / Fidèle Doucet et Gertrude Gallant Joseph Doiron et Clothilde Arsenault

Il est à remarquer que Isidore Pitre et Madeleine Doiron étaient alors mariés depuis 55 ans et qu’ils vont même célébrer leur 66e aniversaire de leur mariage. Deux des hommes, Ignace Gallant et Hubert Gallant étaient frères; trois des femmes étaient sœurs : Domithilde Buote, Barbe Buote et Marguerite Buote. Ces sept couples ont eu 76 enfants; il y avait une famille de seize, deux de douze, une de onze et une de dix enfants. Les petits-enfants de ces sept familles sont au nombre de plus de cinq cents. À l’occasion de cette célébration unique, il y eut la grand-messe à l’église paroissiale de Saint-Augustin (Rustico). L’évêque James Charles MacDonald y assistait avec un nombreux clergé. Le sermon de circonstance fut prononcé par l’abbé F.-X. Gallant alors curé de Bloomfield et le premier enfant acadien de la paroisse élevé à la prêtrise. Nombreux sont les héritiers de ces belles familles d’antan qui ont de quoi se souvenir. Vive nos belles souvenances! Faisons nôtres, les souvenirs de nos devanciers!

La première route sur l’Île – Le chemin de Havre-Saint-Pierre

2004 par Jean-Paul Arsenault

Jean-Paul Arsenault

 

Peut-être s’agit-il du plus ancien chemin à l’Île-du-Prince-Édouard comme on le prétend sur une enseigne routière mais le Covehead Road n’est pas la première route utilisée par les colons européens pour transporter personnes et marchandises d’un endroit à l’autre.  En effet, cette distinction appartient au sentier qui liait le haut de la rivière Hillsborough, ou rivière du Nord-Est, à l’établissement français de Havre-Saint-Pierre, village principal de la paroisse de Saint-Pierre-du-Nord.  Dans l’atlas Meacham de 1880, on aperçoit une courte section de chemin entre le lac St. Peters et la baie St. Peters nommée «Old St. Peters Highway».1 Celle-ci représente l’extrémité est du lien entre Port-La-Joye, les emplacements acadiens le long de la rivière Hillsborough et ses tributaires, et le centre commercial de l’Île Saint-Jean, Havre-Saint-Pierre, pendant le régime français de 1720 à 1758.

Cet article présente une analyse des documents historiques et des cartes géographiques datant du régime français et des premières années de l’administration britannique, et met en évidence le récit de la visite à l’Île Saint-Jean de l’ingénieur militaire Louis Franquet qui a parcouru la route pendant l’été 1751.  L’article décrit d’abord brièvement les portages utilisés sur l’Île dont l’un est le précurseur du chemin de Havre-Saint-Pierre, ainsi que ce premier établissement commercial d’envergure.

Les anciens portages

Avant l’arrivée des colons européens, les autochtones voyageaient abondamment sur l’île qu’ils nommaient Epekwitk, et ils utilisaient des portages entre les côtes nord et sud à certains endroits où les distances et la topographie permettaient le transport par voie de terre.  Plusieurs de ces portages seraient utilisés plus tard par les Européens, et leurs emplacements ont été préservés par le biais de noms modernes de chemins et de villages.  Portage, par exemple, est situé sur une section étroite du comté de Prince, entre les rivières Percival et Portage, une distance de trois kilomètres et demi.  Le chemin Portage dans le comté de Queens marque le lieu probable d’un portage entre la rivière Hillsborough et la baie de Tracadie, une distance de trois kilomètres.  Le village d’Urbainville dans le région Évangéline est connu sous le nom de Portage, appellation qui indique probablement la route par voie de terre entre la baie Egmont et la rivière Ellis, une distance de huit kilomètres.  Un autre portage est celui entre le ruisseau Read sur la baie de Bédèque et le ruisseau Rayner sur la baie de Malpèque, une distance de trois kilomètres et demi.2

Quelques portages sont indiqués sur les anciennes cartes françaises, par exemple, celle de 1730 qui énumère les familles établies le long de la rivière Hillsborough3.  Celui qui nous intéresse a son origine près du village contemporain de St. Andrews et est indiqué sur la carte comme allant vers Havre-à-l’Anguille, connu aujourd’hui sous le nom de Havre-aux-Sauvages.  Les Mi’kmaq habitaient le haut de la rivière Hillsborough et, sans doute, auraient utilisé ce portage pour traverser de la rivière à la baie et se rendre dans le golfe Saint-Laurent.  Quittant la rivière sans doute à l’embouchure du ruisseau Bambrick, le voyageur marchait environ deux kilomètres portant canot et provisions, pour ensuite reprendre la navigation dans la partie sud-est du Havre-aux-Sauvages à l’endroit le plus proche, le ruisseau MacIntyre.  Pagayant vers le nord, ils quittaient le havre pour ensuite longer la côte vers l’est pour atteindre Havre-Saint-Pierre, une distance d’environ treize kilomètres.  Les documents de la période française n’indiquent pas quand le portage a été remplacé par une route; le premier récit écrit est celui de l’ingénieur Louis Franquet qui emprunta cette route en 1751.  Il serait raisonnable de présumer qu’une fois la circulation de personnes et de marchandises ayant atteint un certain volume, le pouvoir humain et la capacité des canots n’auraient plus fourni à la demande.  La tradition orale dans la communauté locale prétend que ce portage aurait été utilisé comme sentier de transport et que, à certains endroits, des traces de roues de charrettes seraient encore visibles de nos jours.

Havre-Saint-Pierre

Le régime français à l’Île Saint-Jean a connu ses débuts avec l’arrivée en 1720 d’un groupe de soldats et de colons envoyés par le comte de Saint-Pierre.  Ce dernier avait reçu une concession du roi Louis XV lui permettant d’exploiter la pêche et les autres ressources naturelles se trouvant dans les îles Saint-Jean et Miscou, ainsi que dans les îles avoisinantes du golfe Saint-Laurent.  Deux tiers des habitants de la nouvelle colonie se sont rendus à Havre-Saint-Pierre où ils ont établis ce qui deviendrait le centre commercial, tandis que Port-La-Joye serait le centre militaire et administratif.4 Bien que l’entreprise du comte de Saint-Pierre ait connu la faillite en 1724, la communauté qui porte son nom a continué de grandir en étendue et en importance.

 En soustrayant les 104 pêcheurs du recensement de 1735, cela nous donne un meilleur portrait du nombre de résidants permanents à cette époque.  Donc, la population de Havre-Saint-Pierre aurait augmenté de façon importante entre 1735 et 1752.  Le recensement de 1752 démontre qu’une partie de l’augmentation est due aux naissances; le reste est attribué à l’arrivée de nouvelles familles.5 Cette augmentation a eu lieu malgré quelques sinistres tels qu’une épidémie de souris dévastatrice en 1738, et des incendies de forêt en 1736 et 1742.  Ceux-ci ont détruit forêts, maisons et cultures à Havre-Saint-Pierre et le long de la rivière Hillsborough.  Plusieurs administrateurs militaires à Port-La-Joye ont recommandé que le quartier général de la colonie soit déménagé à Havre-Saint-Pierre puisque cet endroit s’avérerait plus convenable comme avant-poste principal du roi.  Pour appuyer leurs arguments, ils se référaient à la supériorité de la pêche, de l’agriculture et du commerce ainsi qu’une population plus élevée.  Toutefois, le ministre responsable a refusé leur proposition en raison de l’incapacité du havre d’accommoder les vaisseaux du roi.6 En 1744, le statut de l’avant-poste militaire de Port-La-Joye a été rétrogradé et, pendant l’hiver, les troupes ont été mises en garnison à Havre-Saint-Pierre.  Renforcées de leurs alliés mi’kmaq et acadiens, les troupes se sont engagées dans une action militaire contre les Anglais de la Nouvelle-Angleterre à la rivière Hillsborough en juin 1745.  Nous croyons qu’au cours de la bataille, ils auraient tué quelques soldats anglais et en capturé vingt-huit ainsi qu’un vaisseau anglais, avant de regagner Havre-Saint-Pierre et d’embarquer pour Québec an août 1745.7

L’administration française fut de retour en 1748, année qui marqua la restitution de l’Île Saint-Jean à la France grâce au traité d’Aix-la-Chapelle.  Encore une fois, Port-La-Joye est devenu le port principal et le siège du gouvernement.  Marin, pêcheur et marchand, François Douville a fait construire un moulin à farine à Havre-Saint-Pierre pour prendre avantage de la croissance économique.  Malgré les tensions militaires entre les Anglais et les Français en Amérique du Nord, les habitants de l’Île Saint-Jean ont pu poursuivre leur vie tranquille de culture et d’élevage.

À sa plus belle époque pendant les années 1750, Havre-Saint-Pierre était une communauté très prospère.  Des fouilles récentes entreprises par Parcs Canada sur la côte nord de la baie de Saint-Pierre à Greenwich ont permis de découvrir la propriété d’un forgeron.  L’archéologue Rob Ferguson a déclaré que des morceaux de porcelaine ont été trouvés ainsi que des verres de vin et de la vaisselle allemande, anglaise et française.  Il a rapporté que : «Ces gens n’étaient pas que de simples paysans; ils étaient des entrepreneurs, ils avaient des surplus et de l’argent pour acheter des articles de luxe» (traduction de l’auteur).8 Le village comptait une belle église et un presbytère ainsi qu’un curé. De toute évidence, il s’agissait d’une communauté complète, prospère et indépendante.  Afin de fournir un moyen de transport plus efficace entre Port-La-Joye et Havre-Saint-Pierre, une route fut construite afin de lier le haut de la rivière Hillsborough à ce qui était devenu le centre commercial le plus important de l’Île Saint-Jean.

La visite de Louis Franquet en août 1751

La meilleure description du chemin allant à Havre-Saint-Pierre est celle de l’ingénieur français Louis Franquet qui, dans sa capacité d’inspecteur général des fortifications, a préparé un compte-rendu détaillé de son voyage d’inspection à l’Île en 1751.  Ordonné par le roi à dessiner des fortifications pour protéger l’Île Royale et l’Île Saint-Jean contre les Anglais, suite au traité d’Aix-la-Chapelle de 1748, Franquet soumet un rapport qui est considéré par la plupart des historiens comme un portrait réaliste de ce qu’il a vu et vécu.  Contrairement à d’autres voyageurs, il n’avait pas l’intention de publier un récit de voyage. Tel que noté dans le Rapport de l’archiviste de la province du Québec : «Le voyageur qui n’écrit pas pour le public est plus vrai, plus sincère.  Il n’a aucun intérêt à ménager et écrit ce qu’il pense».9

Louis Franquet est arrivé à Port-La-Joye le 2 août 1751 et il passa les prochains six jours à inspecter l’emplacement, prenant note du port lui-même,  des fortifications et des fermes acadiennes, tout en dressant les plans d’un nouveau fort.  Le 9 août, il monta la rivière du Nord-Est dans sa gabare avec l’aide de six rameurs et remorqué par un voilier (esquif).  Après avoir passé la nuit à Belair, aujourd’hui Scotchfort, chez les sieurs Bujeau et Gauthier, il commenta avec enthousiasme la grande richesse des terres qu’il dit aussi bonnes que dans les meilleurs cantons de France.  Ensuite, il monta la rivière une distance de deux lieues, à peu près huit kilomètres, ce qui l’aurait placé entre St. Andrews et le AS@ dans le haut de la rivière du Nord-Est, un peu en aval de l’embouchure du ruisseau Tannery. Son compte-rendu est le suivant :

Après avoir fait environ deux lieues, l’on découvrit, de loin, une maison de face au cours de la rivière; l’on nous dit que son origine était à un quart de lieue au-dessus, et qu’il était à propos, crainte de manquer d’eau plus avant, de mettre à terre à la rive droite [nord] vis-à-vis l’habitation de la veuve Gentil, nous y vîmes de près des grains de la plus grande beauté, et le chemin de là au havre St-Pierre étant frayé, large de 6 à 7 pieds et propre à des charrettes attelées de deux boeufs, on le suivit à pied, il traverse des bois brûlés dans lesquels est une grande quantité de bleuets qu’on mange en rafraîchissement, il va aboutir au ruisseau à Comeau où la mer forme une espèce de barachois qu’on traverse à sec, à marée basse, et à haute mer sur deux pieds et demi d’eau; cet endroit est réputé le point milieu du chemin d’entre la dite veuve Gentil et le havre St-Pierre.

À la sortie de ce barachois, le chemin rentre dans le bois jusqu’à l’endroit nommé la Queue-des-Étangs où un autre petit ruisseau forme semblable barachois, toujours couvert d’eau, et dont le fond vaseux et mol en rend le passage difficile.

C’est à cet endroit que les dunes commencent à se former, elles garantissent le pays des inondations de la mer, le chemin les laisse à gauche et à droite il borde des étangs que l’on traverse de distance à autre, il s’y trouve ordinairement deux pieds à deux pieds et demi de hauteur d’eau et dans les grandes crues toute l’assiette du chemin en est couverte; néanmoins comme elle est dure, il n’y a aucun risque d’y passer, mais seulement beaucoup d’incommodités aux gens de pied qui sont obligés de se mouiller; à la sortie de ces étangs se trouvent les clôtures des terrains concédés, on les côtoie pour arriver devant l’entrée du havre du Petit-St-Pierre.10

Le plan de Franquet pour une route supérieure

Franquet passa la journée du 11 août à Havre-Saint-Pierre décrivant dans son journal les environs du village, la condition du havre et les difficultés encourues par les pêcheurs forcés d’échanger avec Louisbourg.  Il dressa aussi les plans d’un fort carré à quatre bastions sur le sommet de la colline où était située l’église.  Le lendemain, il quitta Havre-Saint-Pierre :

L’on suivit le chemin qu’on avait tenu en venant, il parut également mauvais aux voitures et incommode aux gens de pieds; parvenus chez la dite veuve Gentil, l’on fut visiter une fontaine nommée communément la Grande-Source, éloignée d’un petit quart de lieue de la maison de la dite veuve, et d’une demie de l’endroit où la rivière du Nord-Est prend son origine; les habitants prétendent que dans le canal de la décharge de ses eaux dans la dite rivière, il y en a suffisamment à demi-marée pour le remonter en canots, et même en chaloupes, que c’est l’endroit le plus propre au mouillage des bâtiments, et au dépôt des marchandises à transporter du dit havre St-Pierre au port LaJoie; leur sentiment à cet égard se trouve soutenu du mauvais état du chemin qui conduit à St-Pierre, de la facilité qu’il y en aurait d’en tracer un nouveau, A, B, depuis la dite Grande-Source, droit sur l’église du dit havre; ce projet nous ayant paru avantageux aux habitants, l’on fut reconnaître le local et après avoir examiné les terrains que son alignement parcourra l’on est convenu qu’il pourrait s’exécuter sans la moindre difficulté, qu’il ne saurait que concourir au commerce et à établir une relation prompte d’un endroit à l’autre; l’on a rapporté l’ancien chemin et le nouveau projeté à la carte de cette île.11

La carte identifiée dans le compte-rendu de Franquet est celle qui est dessiné à l’envers, c’est-à-dire avec le sud vers le haut.12 Chose étrange, elle démontre la maison de la veuve Gentil et le début du chemin à Havre-Saint-Pierre comme étant situés sur la rivière du Nord-Est au sud de la baie de Tracadie à Belair.  Pourtant, si Franquet avait séjourné à Belair, au sud de la baie de Tracadie et, le lendemain, avait monté la rivière une distance de deux lieues avant d’arriver chez la veuve Gentil, la carte ne peut pas être correcte.  Toutes les cartes subséquentes, incluant celle de Samuel Holland, indiquent que le chemin de Havre-Saint-Pierre quittait la rivière Hillsborough (Nord-Est) au sud du Havre-aux-Sauvages, non pas de la baie de Tracadie.13 Toutefois, la carte de Franquet illustre bien son plan pour une route plus directe, A, B, de la rivière allant jusqu’au village.

De là, alors, la question se pose : la nouvelle route, a-t-elle été construite? Il n’existe aucune preuve que ce chemin et les autres recommandés par Franquet ont été construits.  Nous savons qu’il existait un sentier entre Havre-Saint-Pierre et l’établissement de Jean-Pierre Roma à Trois-Rivières, et un autre entre Trois-Rivières et Port-La-Joye, bien que ceux-ci ne semblent pas avoir été convenables aux charrettes, seulement aux personnes à cheval.

Extrait de la Carte de Lisle St. Jean dessinée après la visite de Franquet.

 Toutefois, il existe quelques indices intéressants dans les documents et revues historiques, et dans la tradition orale des personnes qui connaissent l’histoire des communautés de Cherry Hill, Head of Hillsborough et le Cameron Settlement.  Par exemple, dans le Prince Edward Island Magazine de 1900, J. Bambrick écrit (traduction de l’auteur) : « Un autre sentier liant la rivière Hillsborough et St. Peters passait à travers d’une forêt épaisse au sud de la voie ferrée.  Bien qu’utilisée seulement les mois d’hiver, des colons s’étaient établis le long du chemin.  Comme preuve, on a trouvé des vieilles caves au nord du Cameron settlement».  Plus tôt, dans le même article, Bambrick dit (traduction de l’auteur) : «Les os d’une paire de boeufs, comprenant aussi une grosse chaîne par laquelle ils étaient amarrés contre un arbre et, à côté, les restes de métal de la charrue ont été trouvés, il y a quelques années, au fond des bois, au nord du Cameron Settlement ».14 Bambrick a présumé que ces artefactes fournissaient la preuve que les Français s’y étaient établis auparavant.  Un autre indice intéressant de l’existence du chemin se trouve dans le recensement de 1752 du Sieur de la Roque.  Il décrit Mathurin Thenière comme étant établi sur une terre «…située à l’intérieur à un demi-lieue du chemin du Roi qui mène à la Grande-Source».  On dit que d’autres colons énumérés au même recensement, et qui se trouvaient le long de la rivière du Nord-Est, vivaient près de la grande Source.15

En se servant d’une carte géographique et un peu de raisonnement déductif, on pourrait s’imaginer que le trajet proposé par Franquet aurait rejoint la rivière du Nord-Est près du ruisseau Tannery, le premier cours d’eau en aval de la source de la rivière principale à pouvoir flotter un bateau d’une grandeur commerciale.  De là, le chemin aurait parcouru les terrains plus élevés au sud du ruisseau Tannery, évitant ainsi les terres marécageuses entre le ruisseau et la voie ferrée et aurait traversé le ruisseau Berrigan à l’est du chemin MacEwen, se dirigeant au sud de l’Étang-de-Saint-Pierre pour arriver enfin au village de Havre-Saint-Pierre.  Au lieu de faire douze kilomètres sur le premier chemin, celui-ci aurait fait à peu près neuf kilomètres et ce, sur un meilleur parcours.  Toutefois, sans preuves supplémentaires, nous ne pouvons pas connaître le trajet exact de ce que de la Roque appelle le «chemin du Roi qui mène à la Grande Source».

Traçant le parcours du premier chemin à l’Île-Saint-Jean

La carte de Samuel Holland démontre un chemin qui commence à la rivière Hillsborough où elle croise la ligne entre les comtés de Queens et Kings, allant en direction nord-est vers Havre-aux-Sauvages, pour traverser le ruisseau MacEwen.16 Ensuite, le chemin tourne vers l’est, traversant le ruisseau MacDougall et, de là, va en direction de St. Peters Harbour, traversant St. Peters Lake au mitan de celui-ci.  De l’autre côté du ruisseau MacDougall, la carte de Holland indique une branche du chemin s’en allant vers le nord-est pour atteindre la côte.  Cette route pourrait être le parcours décrit par Franquet lorsqu’il dit avoir d’abord traversé deux ruisseaux, probablement MacEwen et MacDougall.  Ensuite, l’on présume que le sentier aurait mené au nord de la série d’étangs puisque Franquet décrit les dunes à sa gauche et les étangs à sa droite.

Carte de Samuel Holland indiquant « Road to St. Peters ».

Le Meacham’s Atlas démontre un chemin nommé le Canovey [Canavoy] Road qui mène ves le nord-est à partir du St. Peters Road près de St. Andrews.17

Extrait de Meacham’s Atlas indiquant le Canovey Road.

Plusieurs cartes dont nous ne connaissons pas les dates dénomment ce chemin «Road to Savage Harbour» ou «Road to Stukeley».18 Dans le Provincial Road Atlas, ce bout de chemin de deux kilomètres est indiqué par le numéro 23747, et l’on dit qu’il est impraticable.19 Vraisemblablement, il s’agit du dernier vestige de la première route sur notre Île.  Malheureusement, elle existe seulement comme un droit de passage abandonné, une section qui a récemment été transféré à un particulier qui possède de la terre des deux côtés.

Extrait du Provincial Road Atlas indiquant le chemin no 23747.

À l’autre extrémité se trouve le village abandonné de Havre-Saint-Pierre.  Au sommet des terres avoisinantes, on retrouve aujourd’hui une maison construite en 1883 par un dénommé John Sinnott.  En parlant de sa construction, le Weekly Examiner & Island Argus écrivait que le propriétaire (traduction de l’auteur) «… posait la fondation … sur le présumé site de l’ancienne église française… L’endroit est dominant; l’emplacement environ un quart de mille de la côte.  Les inégalités étranges du terrain à côté sont suggestifs.  Une cloche d’église a été trouvée à une distance de quarante verges, en direction du nord B entre la maison et la côte … le premier enfant né à Havre-Saint-Pierre (ou dans l’Île-du-Prince-Édouard) a été baptisé dans l’église de Saint-Pierre…».20 Plus tard, en 1901, John Caven écrivait dans le Prince Edward Island Magazine (traduction de l’auteur) : «Au sud, où la terre monte à partir de la côte, à mi-chemin sur une inclinaison graduelle, se trouvaient les maisons des pêcheurs.  Deux rangés de caves, chacune d’une longueur de cent verges, et séparées d’une rue, marquent encore l’endroit… Au sommet de l’éminence, à quelques verges près de l’habitation de M. Sinnott, se trouvait l’église».21

Conclusion

Eh bien, peu de traces ont survécu du premier chemin de l’Île, le chemin à Havre-Saint-Pierre.  Grâce à l’intérêt démontré par les gens de la place et les historiens acadiens ainsi qu’aux fouilles archéologiques impressionnantes présentement en cours par Parcs Canada à Greenwich, nous commençons à découvrir la vraie histoire du premier centre commercial de l’Île.  Espérons que la sagesse et le respect pour le passé triompheront sur les intérêts commerciaux de notre monde moderne, et que nous pourrons un jour commémorer l’importance de ce lieu historique d’une manière appropriée.  Il est dommage que les résidants locaux et le gouvernement provincial n’ont pas reconnu l’importance historique de ce qui reste de ce premier chemin.  Peut-être n’est-il pas trop tard pour désigner et protéger certaines sections de cette route patrimoniale en utilisant un instrument législatif approprié.

 

 1          Illustrated Historical Atlas of Province of Prince Edward Island, J. H. Meacham  & Co. 1880. Edited by Mika Publishing Company, Belleville, Ontario, 1977, p. 92.

2          « Voyage d’inspection du Sieur de la Roque. Recensement 1752. » Rapport concernant les Archives canadiennes pour l’année 1905. Ottawa: Imprimeur du Roi. p. 156.

3          Plan de la rivière du Nord-est en Lisle St. Jean en 1730. Archives nationales du Canada, contact no. c49768.

4          Barbara Schmeisser, Building a Colonial Outpost on Île-Saint-Jean, Port LaJoye 1720-1758, Parks Canada Agency, 1999, p. 3.

5          «Voyage d’inspection du Sieur de la Roque. Recensement 1752.», Rapport
concernant les Archives canadiennes pour l’année 1905
, Ottawa : Imprimeur du Roi,  pp. 128-143.

6          Barbara Schmeisser, op,cit., pp. 20-31.

7          A. W. Warburton, A History of Prince Edward Island, Barnes and Co., Saint John, N.B., Section C., pp. 1-2.

8          Mary MacKay, «Buried Treasures», The Guardian, Charlottetown, P.E.I., July 26, 2003, Section C., pp. 1-2.

9          Rapport de l’archiviste de la province du Québec pour 1923-1924, pp. 111-139.

10        op. cit., p. 118.

11        op. cit., p. 121.

12        Carte de Lisle St. Jean dans le Golfe de St. Laurent au Canada, Provincial Archives and Records Office no. 0545.

13        Carte de Samuel Holland, Provincial Archives and Records Office no. 0617.

14        J. Bambrick. «Traditions of the Early Acadians – Occupation of East River and
St. Peter’s», Prince Edward Island Magazine, Vol. III, October 1900, No. 8.
pp. 361-363.

15        «Voyage d’inspection du Sieur de la Roque. Recensement 1752.», Rapport

concernant les Archives canadiennes pour l’année 1905, Ottawa : Imprimeur
du Roi, p. 131 et p. 89.

16        Carte de Samuel Holland, Provincial Archives and Records Office no. 0617.

17        Illustrated Historical Atlas of Province of Prince Edward Island, J. H. Meacham
& Co., 1880, Edited by Mika Publishing Company, Belleville, Ontario. 1977. p.
92.
18        Provincial Archives and Records Office, cartes numéros 1089A, 0515B et
0690C.

19        Prince Edward Island Provincial Road Atlas : 2000 edition, Prince Edward
Island Department of Transportation and Public Works, Charlottetown. p. 29.

20        “Ye Olden Time”, The Weekly Examiner & Island Argus, November 23, 1883.
p. 21. (En dépit de ce qui se trouve dans cet article, la réclamation voulant que la
première personne née à Havre-Saint-Pierre, ou à l’Île, aurait été baptisée
dans l’église de Havre-Saint-Pierre est vraisemblablement fausse. Nous
savons qu’un enfant acadien a été né à l’Île-Saint-Jean vers  1716, et que cet
enfant a été baptisé à Beaubassin.  Aussi, puisqu’il est probable que l’église
de Port-La-Joye fut construite un an ou deux avant celle de Havre-Saint-
Pierre, il est probable que les nouveaux-nés de Havre-Saint-Pierre auraient
été baptisés d’abord à Port-La-Joye.)

21        John Caven, «Settlement at St. Peter’s Harbour», Prince Edward Island
Magazine
, Vol. III, October 1901, No. 8. p. 276.
Extrait de la Carte de Lisle St. Jean dessinée après la visite de Franquet
Carte de Samuel Holland indiquant «Road to St. Peters»
Extrait de Meacham’s Atlas indiquant le Canovey Road
Extrait du Provincial Road Atlas indiquant le chemin no 23747

 

QUELQUES ÉVÉNEMENTS SAILLANTS PRÉVUS* POUR LES FÊTES DU 400e DE L’ACADIE À L’ÎLE SAINT-JEAN (1604-2004)

2004 par Contribution anonyme

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Saint-Pierre-du-Nord : une nouvelle voix du passé

2002 par Rob Ferguson

Rob Ferguson, archéologue au Centre de service de l’Atlantique de Parcs Canada

 

Vers 1764, Thomas Wright effectua des levés de la baie St. Peters dans le cadre du projet de Samuel
Holland en vue d’établir des propriétés pour le nouveau gouvernement britannique à l’Île-du-Prince-Édouard.  Grâce à ses travaux, Wright nous a légué un très précieux document d’une époque révolue : un indice visuel de l’établissement, aujourd’hui masqué, de Saint-Pierre-du-Nord.  Son plan des propriétés proposées dans le Lot 40 comprend un registre des parcelles laissées vacantes par l’éviction des résidants français en 1758.  On peut voir neuf fermes le long de la côte nord de la baie St. Peters dans le secteur de Greenwich, qui a été annexé au parc national de l’Île-du-Prince-Édouard en 1998.

Pendant deux ans, les archéologues de Parcs Canada, en collaboration avec le Musée canadien des civilisations, la Commission géologique du Canada, les universités Mount Allison et Memorial, Archaeoconsulting et Epekwitk Heritage Consulting, ont cherché les traces d’un établissement humain à Greenwich.  Cet établissement se serait étendu sur environ 10 000 ans, depuis l’arrivée des premiers peuples que le recul des glaciers força à se déplacer vers d’autres terres2.  Au fil des millénaires durant lesquels des peuples des Premières Nations vécurent le long du littoral de la baie St. Peters, cette profonde vallée fluviale se transforma graduellement en la baie d’eau salée que nous connaissons aujourd’hui.  L’abondance des richesses naturelles de la terre permit aux ancêtres des Mi’kmaq de prospérer.  Les Mi’kmaq accueillirent les premiers colons français, qui arrivèrent en 1720.  L’année précédente, le comte de Saint-Pierre avait reçu les droits d’exploitation commerciale de l’Isle Saint-Jean et des îles adjacentes dans le Golfe du Saint-Laurent.  En 1720, il envoya trois vaisseaux de La Rochelle pour installer son centre administratif à Port-la-Joye et un établissement de pêche à Saint-Pierre-du-Nord, également connu sous le nom de Havre Saint-Pierre.  Quelques années plus tard, cependant, la compagnie fit faillite, et le gouvernement français prit le contrôle de la colonie.

Saint-Pierre devint le carrefour de la population française à l’Île.  Son économie reposait sur la pêche et l’agriculture, et ses occupants venaient de France et d’Acadie.  La communauté continua de croître malgré les troubles politiques, jusqu’à ce que l’Angleterre ordonne l’éviction des citoyens français en 1758.

Un recensement effectué en 1752 par le Sieur de la Roque répertoriait sept familles sur la rive nord de la rivière Saint-Pierre.  Dans chacune de ces familles, le mari ou la femme était membre de la famille Oudy d’Acadie.  À l’époque, l’aînée était Marguerite Saulnier, veuve de Jacques Oudy,  Un fils, Joseph, se maria en 17544, ce qui expliquerait peut-être l’existence d’une des deux propriétés supplémentaires illustrées par Wright.  Après l’avancée des colons anglais sur les terres, les celliers et les puits, les dépendances et les champs du clan Oudy disparurent graduellement sous les sillons des charrues.  Aujourd’hui, les champs de gazon et les lignes tracées par les vieilles clôtures témoignent clairement de cette occupation subséquente, mais qu’est-il arrivé à Saint-Pierre-du-Nord?

Une reconnaissance initiale de la région a été effectuée en 1987, dans le cadre de l’évaluation environnementale d’un projet de villégiature5.  La Cataraqui Archaeological Research Foundation a identifié les endroits où l’on pouvait trouver des artefacts français du 18e siècle, mais n’a pas pu retrouver de vestiges de Saint-Pierre-du-Nord.

Selon le folklore local, un cellier profond situé sur une crête rocheuse à l’extrémité occidentale du parc aurait été le site de l’église française d’origine.  Toutefois, des preuves historiques situent sans équivoque l’église du côté opposé de la baie6 , et le cellier est trop grand pour les maisons typiques de cette période7 .  Néanmoins, Kevin Leonard, de Mount Allison University, a creusé une fosse d’excavation à l’extérieur du cellier pour vérifier la possibilité d’une association avec les Français.  Les artefacts associés à la construction ont permis de confirmer qu’il s’agissait d’une résidence britannique datant de la fin du 18 siècle et du début du 19siècle.

Cependant, sous ce niveau, se trouvait un tertre (de détritus) plus ancien datant de l’établissement français.  Sans aucun doute, le fermier britannique avait bâti sa maison sur le point proéminent qui avait attiré le premier colon.  Cette couche plus profonde était un riche dépôt contenant des artefacts, des os d’animaux et même des graines de céréales jetées par une des familles Oudy.  Des fragments de bols verts émaillés de la Saintonge, des pipes d’argile, des clous de fer forgés à la main, des plombs, des épingles droites et même une plaque de serrure en laiton furent jetés dans la cour.  On y a découvert sans surprise un grand nombre d’arêtes de poisson, notamment de morue, d’anguille, de plie et de maquereau.  On a également constaté la présence d’animaux domestiques – vaches, moutons, porcs et poulets.  Les habitants chassaient le rat musqué, le lynx, le vison et le lapin, la gélinotte huppée, la tourte et le canard, et rapportaient leur gibier à la maison.  Plusieurs souris, dont des hordes de campagnols des champs qui détruisirent les récoltes à plusieurs reprises8, se frayaient un chemin dans les détritus et y mouraient.  Même les cadavres du chien et du chat de la famille se trouvaient parmi les ordures9 .  Un certain nombre de grains de céréales, dont probablement du blé et de l’avoine, ont été récupérés grâce à la flottation des sols minutieusement effectuée par le Dr Leonard.  LaRoche mentionne le blé, l’avoine, les pois et le lin parmi les cultures des familles Oudy.

Il ne fait aucun doute que la maison de ferme britannique avait été construite sur une propriété familiale française antérieure.  Il s’agit peut-être de la ferme la plus à l’ouest sur le plan de Wright, et c’est la seule preuve visible sur laquelle nous pouvions nous fonder.  Pour poursuivre plus à fond nos recherches, nous avons utilisé un EM-38, instrument de géophysique permettant de lire la conductivité électrique et la susceptibilité magnétique des sols.  Les modifications de ces propriétés dans le sol nous permettent de détecter des formes enfouies qui peuvent être des indices culturels.  Cet instrument avait joué un rôle critique dans la découverte du site d’une maison sur la propriété de Michel Haché-Gallant au lieu historique national Port-La-Joye-Fort Amherst en 198710.

Des travaux préliminaires avec le EM-38 à Greenwich en 2000 nous ont permis de repérer un deuxième cellier français.  Une petite excavation a montré que des lectures concluantes marquaient la limite d’une cave à légumes creusée dans le sol.  Les fermiers suivants avaient rempli le cellier avec de la terre meuble et des pierres jusqu’au niveau du sol.  On a trouvé sur le plancher du cellier un grand nombre d’objets perdus ou cassés, notamment des clous, du verre, de la céramique et un couteau au manche en os.

L’été dernier, nous avons entrepris une étude complète avec le EM-38, couvrant presque tout le secteur entre les deux celliers (environ 265 m) et le secteur autour du cellier enfoui.  Les lectures n’ont presque rien révélé dans le champ intermédiaire, mais on a constaté des anomalies frappantes dans le secteur du cellier.  L’alignement régulier indique que nous pouvons cartographier non seulement le cellier, mais également la cour clôturée qui l’entoure et peut-être une deuxième résidence dans l’enceinte.  Ce secteur mesure environ 20 m sur 20.  Il aurait contenu les maisons, les dépendances et les hangars pour les animaux, un potager et un puits.

Au cours des années à venir, nous espérons poursuivre les levés à l’aide du EM-38 pour chercher les sept autres maisons cartographiées par Wright.  Jusqu’à maintenant, seulement de très petits secteurs des deux sites français identifiés ont été excavés.  Stephen White, du Centre d’études acadiennes de l’Université de Moncton, a émis l’hypothèse que les membres de la famille Oudy pouvaient avoir été parmi les quelque 300 personnes embarquées sur le navire Violet en 1758 pour être déportées en France11 .  La perte du Violet quelque part dans l’Atlantique aurait décimé cette  famille.  Les nouvelles recherches de Parcs Canada à Greenwich, dans le parc national de l’Île-du-Prince-Édouard, redonnent une voix à cette famille et ouvrent une fenêtre sur une période importante de l’histoire française à l’Isle Saint-Jean.

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A Plan of Lot No. 40 Situated in King’s County in the Island St. John; Same Size from the Original Field Book by Thos. Wright, Archives publiques de l’Île-du-Prince-Édouard, no d’acquisition 0758E.

2 Voir, par exemple, David Keenlyside (1985), « La période paléoindienne sur l’Île-du-Prince-Édouard », Recherches Amérindiennes au Québec, Vol. XV, Nos 1-2, pp. 119-126.

3 « Sieur de la Roque 1752 Census for Prince Edward Island/Ile Saint Jean », transcription de Report of the Canadian Archives for 1905, pp. 75-165, Archives nationales du Canada.  Accessible sur le site Web Island Register de David Hunter, http://www.isn.net/~dhunter/index.html

4 Don Blanchard, The Ancestors of Modeste Blanchard, www.geocities.com/hookspei/modeste.html

5 Cataraqui Archaeological Research Foundation, 1987, An Archaeological Assessment of St. Peters Bay Estates, St. Peters Bay, Kings County, Prince Edward Island.  Manuscrit rédigé pour Morello Associates.

6 C’est ce qu’indiquent au moins trois cartes britanniques dessinées entre 1760 et 1764; voir par exemple Sketch of the Island of St. John’s in the Gulf of St. Lawrence, Archives nationales du Canada, H3/204 (1764) NMC 1853 (original du British Museum).

7 On trouvera une synthèse de l’information archéologique sur la construction des maisons acadiennes dans Andrée Crépeau et David Christianson (1995), « Home and Hearth: An Archaeological Perspective on Acadian Domestic Architecture ».  Canadian Folklore Canadien, Vol. 17, No 2, pp. 93-109.

8 Ian MacQuarrie, 1987, « Plagues of Mice », The Island Magazine, No 21.

9 Frances L. Stewart (2001), « A Zooarchaeological Sample Excavated from the Greenwich Historical Site in July, 2000 ».  Manuscrit au dossier, Parcs Canada, Halifax.

10 Robert Ferguson (1990), « The Search of Port LaJoye: Archaeology at Isle Saint-Jean’s First French Settlement », The Island Magazine, No 27, pp. 3-8.

11 Stephen White (2001), « What became of the People of Saint-Pierre-du-Nord after 1758? ».  Communication présentée à Discovering the History and the People of Saint-Pierre-du-Nord, mini colloque parrainé par le Comité historique Soeur-Antoinette-DesRoches.




Flying the Flag at Port-la-Joye

2002 par John Eldon Green

John Eldon Green

 

Canadians observe the constant migration of refugees around the world with a certain measure of detachment.  It is something that happens elsewhere, to other people, from which we have been mercifully spared.  We live here in peace, free from terrorism, unaware of its real and lasting effects.  We are comfortable, our families safe, and our only threat is sickness.

Imagine our reaction then if an army suddenly invaded us this month, because of a war in a faraway continent among people of whom we know little, speaking a language not our own.  The strange soldiers order us from our homes at gunpoint, permitting us nothing of our possessions but what we can carry, and after a forced march of many miles gather us in fields near the administrative centre of the Island.  All the while we protest that we have done them no harm, and indeed do not have the means to harm them.  We have no army, have never been warlike, and have caused trouble to no one.

Finally assembled in a field without the least shelter from the elements, we are told that we will be transported from the Island into exile – mothers and children in one boat, fathers and single men in another.  Our destination is a matter of indifference to those in charge of our expulsion, and so is our fate.  As the days pass we live in terror, hoping for a change of heart, even without knowing how we would survive the coming winter if the invaders did relent.  Some of us may escape and perhaps join up with the invisible Mi’kmaq people who will accommodate us, but most of us will be shipped out, many to our deaths.  Some of our families will never be reunited.

This scenario is so far-fetched it is embarrassing even to write it, yet it describes what happened to the first French settlers on PEI, 40 long years after they became established here.  Upwards of 4,000 people – some say maybe 6,000 – were gathered in the fields next to the French administrative quarters at Port-la-Joye in late October, 1758 and deported from the colony they had carefully and patiently built from scratch.  In due course the British who replaced them would establish a fort on the site, named after the British General responsible for the expulsion.

The site of Port-la-Joye and Fort Amherst, on a picturesque point of land across the harbour from Charlottetown, is now recognized as a National Historic Site.  The breastworks for the Fort are clearly visible, but it requires imagination to recognize anything of Port-la-Joye.  A nearby Interpretation Centre provides a summary of the history of the times and an account of the expulsion, but it is a lame account, without a sense of the suffering of the people, nor a tribute to those who survived to rebuild the present day Acadian community – their language, culture and religion still intact, as promised them in 1763 by the Treaty of Paris.

People speak of lands made holy by the blood of martyrs, but I believe that lands can also be made sacred by the suffering of innocent people, such as we have done in dedicating monuments in France to Canadian soldiers who served there, among those who died.  When I visit Port-la-Joye/Fort Amherst I feel a sense of reverence in the silence of the place, made all the more

profound by the lack of visitors.  It is the most important historical site in Atlantic Canada, being the seat of two earliest governments as well as the site of an expulsion of thousands of innocents, and yet it is largely ignored.  It is ignored because we have not known what to make of it.  The Acadian people have now lived for two hundred and forty-three years with the memory of the expulsion, much of that time spent in cautious dread of the English majority, asking mostly to be left alone.  For our part, our governments undertook to make them English.  Until only recently, in terms of Island history, their school books were in English, their curriculum was an English curriculum, and classes were to be conducted in English.  The services of their government were conducted entirely in English and little accommodation was made for those who could not understand the language.  We have not understood their persistence in remaining French.

For many reasons, I have long thought that the National Historic Site should be turned over to an Acadian organization for management, under contract with Parks Canada.  The Acadian people should be welcomed back to Port-la-Joye in time for their major celebration in 2004, not to commemorate the expulsion but rather to celebrate their return and prideful survival among us.

Port-la-Joye/Fort Amherst should be a major attraction for visitors, not only for its surpassing beauty but also because there is no better setting for telling people the history of our province, and why it is a province.  Some years ago we were invited to prepare a management plan for the site, which was set aside at the time because of the federal government’s total and over-riding commitment to accountancy rather than program development.  I believe it is now time for the plan to be dusted off, and who would have a better cause to do it than an Acadian organization through a management contract with the Government of Canada.

 John Eldon Green is a descendant of refugees from the American Revolution who settled on PEI, on lands cleared by French pioneers.

Registre de Port-La-Joie en l’Isle Saint-Jean (1721-1758) – 4e partie

1986 par Francis C. Blanchard

Francis C. Blanchard

 

Le 3 novembre 1750 on trouve cinq actes de mariage, tous signés par le Frère Patrice LaGrée.  Deux des mariages voyaient deux frères Arsenault se marier à deux soeurs Boudrot.  Sans doutes, ce fut une occasion de grandes fêtes dans la communauté de Malpec.

A.  Il y avait le mariage entre françois doucet fils de françois Doucet et de Marie Caré, de la paroisse de Malpec et Marguerite Jacquemain fille de Pierre Jacquemain et de Marguerite Haché de la paroisse de Port LaJoye.

B.  Il y avait le mariage entre pierre Arsenault fils de Charles Arsenault et Cécille Bros, de la paroisse de Malpec et Marie Boudrot fille de Claude Boudrot et de Judic Belliveau de la paroisse de St.-Pierre.

C.  Il y avait le mariage entre Jean Arseneau fils de Charles Arseneau et de Cécille Bros, de la paroisse de Malpec et Madelaine Boudrot fille de Claude Boudrot et de Judic Belliveau de la paroisse de St.-Pierre.

D.  Il y avait le mariage entre Jean Arsenault fils de Jacques Arseneau et de Marie Poitvin de la paroisse de Malpec et macdelaine Boudrot fille de françois Boudrot et de Jeanne Landry de la paroisse de St. Pierre.

E.  Il y avait également le mariage entre Jean Oudy fils de Jacques Oudy et de Marguerite Poirier de la paroisse de St.-Pierre à marie Blanchard fille de françois Blanchard et de Marguerite Caré, de la paroisse de Malpec.

François, gentilhomme, Blanchard est né en 1686, donc 200 ans passés, à St.-Marc LeBlanc en Bretagne, France.  Avant son arrivée à l’Isle Saint-Jean il est d’abord passé en Acadie.  François Blanchard et Marguerite Caré ont eu 7 enfants:  5 filles dont Marie et 2 garçons, Jean et François.  Les deux garçons sont les ancêtres de tous les Blanchard de l’Île-du-Prince-Édouard selon Rustico, une paroisse acadienne.

Un personnage très important fut inhumé à Port LaJoye le 6 janvier 1752.  Ce qui suit est la transcription de l’acte de sépulture :

“Ce Sixième janvier 1752, a esté par moy soussigné inhumé le cimetière au Port LaJoye le Sr. françois Marie Degoutin Doyen du Conseil Supérieur, subdélégué de Monsieur l’intendent de la Nouvelle France et Guarde de Magasin pour le Roy au port LaJoye, décédé de hier après avoir reçue tous ses sacrements, âgé d’environ soixante cinq ans,

En foy de quoy, j’ay signé
fre patrice LaGrée.”

Le prochain acte est de la sépulture d’une personnalité qui a fait fort belle figure en Acadie avant son arrivée à l’Isle Saint-Jean.  Le Sieur Joseph Nicolas Gautier s’est établi à St.-Louis-du-Nord-est où il donna le nom Belair à sa nouvelle habitation – le même nom qu’il avait appelé son habitation à Port-Royal qu’il a quittée par nécessité.  En 1751 Nicolas Gautier a fourni une large part de ce qu’il fallait en bois pour la construction de la nouvelle église.

“Ce 2 avril 1752, a esté inhumé au dessus de la Source à Belair dans la rivière du Nord-Est le Sieur Joseph Nicolas Gautier agé d’environ 63 ans, après avoir reçu ses sacrements, décédé hier environ les dix heures du soir, espoux de dame Marie Alain, native de Port Royal en l’Accadie et le dit Sieur Joseph Nicolas Gautier originaire de Rochefort.

Signé:  fre patrice LaGrée.”

La paroisse de St.-Louis-du-Nord-est se trouvait à Scotchfort, à côté de l’actuel Mount Stewart.  On y voit encore le cimetière qui fut utilisé aussi par les Écossais catholiques à partir de leur arrivée à l’Isle Saint-Jean, en 1772.  À côté du cimetière le chercheur peut s’apercevoir d’une dépression au sol.  D’après feu mon père, J.-Henri Blanchard, c’était probablement là l’emplacement de l’église St.-Louis-du-Nord-est.

M. l’abbé Jean Perronet, curé de la paroisse St.-Louis-du-Nord-est fait l’entrée d’un baptême le 16 juillet 1753.  Il fut curé à St.-Louis de 1752 à 1753.  Il est ensuite envoyé dans la paroisse St.-Pierre-du-Nord où il est assistant au curé de 1753 à 1758.

Le 7 août 1754, on trouve l’acte du baptême de Pierre Marin Pitre inscrit par l’abbé Pierre Cassiet, curé de St-Louis-du-Nord-est.  L’abbé Cassiet fut tout d’abord curé dans la paroisse de la Sainte-Famille de Malpec (Low Point près de Port Hill) de 1752-1753; et ensuite, il fut curé de 1753 à 1758 de la paroisse de St-Louis-du-Nord-est.

L’abbé Cassiet fut une figure de grande marque d’abord en Acadie et ensuite à l’Isle Saint-Jean.  Lors de la Déportation de 1758, l’abbé Cassiet fut choisi avec l’abbé Biscaret, curé de la paroisse St-Pierre-du-Nord, pour aller porter la pétition des habitants acadiens de l’Isle Saint-Jean aux autorités anglaises à Louisbourg.  La pétition demandait qu’on accepte la soumission des habitants acadiens et qu’on leur permette de demeurer sur leurs terres.

L’effort des curés fut en vain.  Le Général Jeffrey Amherst et l’Amiral Boscawen ont demeuré insensible et inflexible devant les porte-paroles.  Ils ont ordonné l’évacuation complète des Acadiens de l’Île.

L’abbé Pierre Cassiet fut déporté avec les habitants de l’Île, et on le retrouve plus tard en France, où finalement, il est devenu le supérieur du Calvaire à Betharram près de Lourdes.  D’après la tradition de la famille Cassiet, l’abbé fut traité avec beaucoup d’inhumanité par les gardes au cours de la traversée.  Et lorsque la Révolution française a éclaté, l’abbé Cassiet a du encore confesser sa foi une deuxième fois et a dû se réfugier en Espagne.

 
Nous trouvons également dans ce registre une entrée signée par l’abbé Jacques Gérard curé de la paroisse St-Paul à la Pointe Prime.

“Ce 6 février 1755, je soussigné, certifie que M. Gérard curé de la pointe prime a baptisé à la Rivière du Nord, anne madeleine née le 16 7 bre 1754, de légitime mariage de François Landry et de marie Joseph Babin parain et maraine ont été Joseph Landry et Anne Madeleine Landry.

Signé à la minute:  Girard
Signé:  fre Gratien Raoul”

L’abbé Girard fut un des grands prêtres célèbres de l’Acadie.  Sa vie apostolique en est une de grand héroïsme.  Il est arrivé en Acadie en 1733 et est envoyé desservir la paroisse de Beaubassin.  En 1742 il est nommé curé à Cobequid (Truro).

Pendant ses fonctions à la cure de Cobequid il fut emprisonné à Halifax avec quatre de ses paroissiens pour avoir conseillé à ses paroissiens de ne pas prêter le serment de fidélité sans réserves que l’on exigeait du peuple.

On lui permit plus tard de sortir de prison pour desservir les habitants du Bassin des Mines.  Il fut enlevé par un groupe de Micmacs, et il se cacha dans la forêt jusqu’au printemps de crainte de tomber à nouveau entre les mains des autorités.  Il réussit à passer à l’Île St-Jean où il s’occupera de la cure de St-Paul à la Pointe Prime.

Lors de la Déportation il embarqua à bord du “Duke William” avec ses paroissiens.  Ce bateau fera naufrage à l’ouest de l’Angleterre, mais l’abbé Girard réussit à s’échapper dans une chaloupe.   Finalement, il arriva en France et fut nommé aumônier à l’Abbaye de Jouarre.

Le 26 mai 1755 l’abbé Joseph-Sylvestre Dosque curé de la Sainte-Famille à Malpec signe l’acte de baptême de Marie Joseph Bourg :

“Ce jour 26 may 1755, je soussigné, certifie que M. Dosque, curé de la paroisse de Malpeck a baptisé marie joseph, le 22 may de 1754, née le 2 x bre 1753, de légitime mariage de Jean Bourg et de Françoise Douaron, habitants de la rivière des Crappeaux.  Parrain et maraine ont estée Louis Bourg et marie Rose Douaron.

Signé sur l’extrait délivré:  Dosque et
fr: Gratien Raoul.”

Lors de la Dispersion, l’abbé Dosque a pu s’esquiver au Québec.  Plus tard il devint le curé de la cathédrale Notre-Dame à Québec.

La prochaine entrée est l’acte de sépulture de Jean Le Prince agé de 28 ans dans le cimetière de St-Paul la Grande-Ance (Orwell Bay près d’Eldon).

 “Ce 21 février 1751, a esté par moy, soussigné faisant les fonctions curiales, inhumé dans le cimetière de St-Paul, à la Grande ance Jean LePrince âgé d’environ 36 ans, mort en enfance sans sacrement, n’ayant jamais eu aucune connaissance.

Signé:  fr. Patrice LaGrée.”

De temps à autres on trouve les noms d’Anglais ou d’Irlandais dans le registre :

“Ce 29 juillet 1755, je soussigné, ay baptisé un fils nommé Jean Baptiste, de nation anglaise, agé de 19 ans, son père appellé nicolas Samson, sa mère Elisabeth, habitans du port Royal.  Parain et maraine Jean baptiste perial, Ursule Robicho.

Signé:  Mezzin LeRoy, Laviolette et fre Gratien Raoul.”

On sait qu’il y a eu un cimetière à Tryon.  L’entrée ensuite semble le confirmer.  Pendant le Régime français la rivière Tryon se nommait la rivière des Blonds.

“Ce 7 mars 1746, a été inhumé dans le cimetière des Blonds, un fils agé de 14 mois nommé Raphael, née de légitime mariage d’Eustache Bourg et de Marguerite Daigre.

Signé:  fre Gratien Raoul.”

Même si les Acadiens de l’Acadie avaient à endurer de tracas insupportables pendant les années 1750, cela n’a pas empêcher à certains de vivre à un âge très avancé, ce que témoigne l’acte suivant :

“Le 4 aoust 1750, a esté inhumé dans la paroisse isle de St-Jean, au port LaJoye Germain Teriot agé de 87 ans fils de Germain Teriot et d’André Bernard, de la paroisse du Port Royal lequel après avoir reçu tous ses sacrements a esté inhumé par moy soussigné dans le cimetière du port LaJoye.

Signé:  fre Patrice LaGrée.”

Des noms de lieux qui figurent dans ce registre pour lesquels nous avons les noms d’aujourd’hui sont :

Rivière des Blancs -            Johnson’s River
Rivière de l’ouest -            West River
Rivière du Nord -            North River
Rivière du Nord-Est -            East ou Hillsboro River
Rivière des Crapeaux -        Crapaud River
Le Petit Maret -            Pownal Bay
L’ance aux Morts -            Mermaid Cove
La Grande Ascension -        Vernon River
La Petite Ascension -            Fullerton’s Creek
L’ance aux Sauvages -        Cove à Rocky Point
L’ance à Pinet -            Pinette Bay
Le Havre aux Sauvages -        Savage Harbour
St-Pierre du Nord -            St. Peter’s Harbour
L’ance aux Pirogues -        Stewart Cove
L’ance aux Sangliers -        Holland Cove
Tracadie -                Tracadie
L’ance à Dubuisson -            Walker’s Cove
La Pointe Prime -            Point Prim
L’Ance à la Pointe du Nord-ouest -    Nine Mile Creek
Des Estangs -                St. Peter’s Lake
L’Ance aux Matelots -        Alexandra
Rivière des Blonds -            Tryon River

Des noms de lieux pour lesquels nous n’avons pas les noms aujourd’hui, entre autres, sont :

La Terre Rouge, L’Ance du Nord-est, Ruisseau Vincent, Ruisseau la France, L’Ance aux Landry, L’Ance Compte St.-Pierre, Ruisseau des Mats.

Ce qui suit est l’acte de sépulture d’un noble homme et personnage important de la colonie.

“L’an 1744, le 26 mars, j’ay soussigné inhumé environ les 11 heures du matin dans le cimetière de ce havre, le corps de nobel homme Ecurier Robert potier du Buisson, mort du jour précédent environ une heure après midy natif… subdélégué de M. l’intendent de la nouvelle france.

Signé:  fre Elie Kvielze.”

L’acte suivant enregistre le baptême d’un enfant illigitime.  Au bas de l’acte il y a un ajout intéressant :

“Le 26 juin 1754, j’ai baptisé pierre, né le même jour, de marie Vincent qui n’a pas voulu en déclarer le père.  Parain et maraine ont été pierre Herbert et marie Michel.

Signé:  fre Ambroise Aubré

(Le lendemain le père s’est déclaré avec promesse d’épouser la fille)”

L’acte suivant signé par le frère Elie Kvielze porte un intérêt spécial :

“Le 25 9 bre de l’année 1743, moy, fre Elie K. recolet, je soussigné ay donné la bénédiction nuptialle à Etienne Charles philippe fils de pierre philippe, et de catherine Géraud, soldat au détachement marine et à marie Mazeromme et de genevieve fovel, natif du port Royalle, évêché de Québec, lesquels m’aïant aporté un graçon d’environ 18 jours provenu d’eux, pour le faire legitimer, l’ay mis sous le voille et légitimé selon le rit de la Ste Église et ordonnance de Monseigneur de Québec en recevant leur mutuel consentement et foy de mariage, après quoy, nous avons supplée aux cérémonies de son baptême en présence des témoins qui ont signé avec nous.
Signé:  Etienne Chelle philippe -
Le chlr Duvivier
Le chavalier Duchambon – De la
Brejonnière – Potier
Dubuisson – Duchambon Decoux -
Dentremont decoux – Anne henriette
Duchambon et fre Elie Kvielze aumônier”

Une petite île qui est située dans la rivière Hillsboro juste en face de Fort Augustus s’appelle l’île Glenfinnan.  Pendant le Régime français, selon mes recherches, cette île se nommait l’Île au foin.

Les deux extraits suivants sont des sépultures qui ont eu lieu à l’Île au foin.  L’époux et l’épouse sont décédés un après l’autre et sont enterrés sur deux jours consécutifs :

“Ce 29 mars 1751, a esté inhumé à l’isle au foin à cause des mauvais temps, Pierre Douaron agé d’environ 45 ans après avoir esté confessé, époux de Marguerite Bro.

Signé:  fre Patrice LaGrée.”

“Ce 28 mars 1751, a esté inhumée à cause des mauvais temps, à l’isle au foin, Marguerite Bro agée de 26 ans, épouse de Pierre Douaron, après avoir été confessée.

Signée:  fre Patrice LaGrée.”

Nous trouvons dans les entrées du registre de nombreux soubriquets :

“Le 12 avril 1752, a esté inhumé dans le cimetière du port Lajoye du costé du couchant au bas du cimetière René… dit pret à rire, soldat de marine de la compagnie de M. Lavillière, agé d’environ 25 ans, ayant été trouvé mort dans les glaces et ayant sur luy des marques de chrétien, je luy ay donné la sépulture écclésiastique avec les cérémonies ordinaires.

Signé:  fre patrice LaGrée.”

Ce fut une mort tragique pour cet homme qui semblait toujours rayonner le bonheur.

Selon un dénombrement rapide fait de ma part, il y a eu à Port-LaJoie quelque 143 sépultures.  Sans doute, il y avait des sépultures faites à cet endroit en absence d’un prêtre et ainsi n’auraient pas été enregistrées de la façon coutumière.  Où est l’emplacement de ce cimetière?  Personne à l’heure actuelle semble le savoir.  Peut-être, dans un avenir pas si lointain, Parcs Canada fera les fouilles nécessaires à sa redécouverte…

Plus de 50 pour cent des entrées du registre sont de 1749 à 1758.  C’est à partir de 1749 qu’on a vu la grande émigration acadienne se diriger vers l’Isle Saint Jean suite à la construction du fort à Halifax et que les autorités britanniques ont commencé à parler de Déportation.  Présentement à l’Île-du-Prince-Édouard, nous avons le nom de famille Longaphie.  Ce nom selon ce registre était Longuepée, Longueépée, Longue espée ou Longeépée.  Nous avons également les familles Deagle à l’Île qui sont d’origine acadienne.  Ce nom de famille était D’aigre ou Daigre selon le registre.  Au Nouveau-Brunswick le nom est Daigle.  Le nom de famille Doiron était parfois épellé Doiron, Douäron, Douaron, Douaïron et Doeron.

En conclusion je cite du registre une des trois conversions faites à Port-LaJoye.

“Ce 11ème jour de janvier 1755, je soussigné et certifie Aumonier du Roy, curé de la paroisse du port LaJoye et supérieur de l’isle St Jean qu’Abraham Louis predreman, actuellement de cette paroisse, fils de feu Jean predreman et de marguerite Clotre, natifs de Canton de Berne dans l’allemagne suisse, a de ferme foy confessé entre mes main en face d’église et en présence de Gabriel Rousseau ecuyer, Sieur Villejouin chevalier de l’ordre militaire de St Louis, major et commandant pour le Roy à l’isle St Jean, de Michel Rousseau, écuyer Sr de Dorfontaine, capitaine d’infanterie et de Louis melchior Vareille, sieur de la Bregeonnière, capitaine et aide major de l’isle St Jean et autre témoins qui ont icy signés avec moy, tant en général qu’en particulier les articles contenus au Symbole de le foy dont se sert la Ste Eglise Catholique, apostolique et romaine, a reçu sans aucun doute toutes les autres choses qui ont été données, définies et déclarées par les sacrés canons et principalement par le saint concile de trente.  En même temps a condamné, rejetté anathematisé, renoncé à toutes les hérésies que l’église Catholique, apostolique et Romaine a condammées Rejettées, anathematisées, a enfin promis, vouée juré sur les saints évangiles de Dieu, tenir et confesser sans aucune contrainte cette vraye foy catholique sans laquelle personne ne peut être sauvé et a promis de la garder constamment moyennant la grâce de Dieu, jusqu’au dernier soupir de sa vie et tant qu’il luy sera possible la faire tenir, garder et observer par touts ceux desquels il aura charge en sa maison et en son état et au cas qu’il luy avienne de faire le contraire à l’avenir il se soumet à toutes les peines portées par les Sts decrets et constitutions canoniques, en conséquence je l’ay absous de l’excommunication par luy encourru en vertu du pouvoir qui m’en a été donné par l’ordinaire suivant l’ordonnance au port Lajoye les dits jours et an que dessus.

Rousseau de Villejouin, L. Vareille de Brejeonnière
Rousseau de Dorfontaine, Chatton, Yvoanry
Maillardet et fr: Gratien Raoul, Recollet.”

Registre de Port-La-Joie en l’Isle Saint-Jean (1721-1758) – 3e partie

1985 par Francis C. Blanchard

Francis C. Blanchard

 

… et je cite d’autres entrées d’intérêt historique et généalogique.  Ce qui suit est l’acte de la sépulture de Pierre Devaust, victime d’une noyade.  Des noyades étaient fréquentes à cette époque.

Le 22 novembre 1723, je soussigné, ait inhumé le nommé Pierre Devaust dit Dauphiné engagé de la compagnie noyé à deux lieues dans l’isle St-Jean fait au port Lajoye 22 9bre 1723 signé: fr. Louis Barbet Dudonjon.

Quelques entrées ont comme objet le baptême d’un enfant micmac.  Il est intéressant à noter que les Micmacs portaient des prénoms seulement.  Les noms de famille n’existaient pas chez eux à cette date.  Et on sait que la plupart des Micmacs étaient des convertis au catholicisme par les vénérables missionnaires du XVIIe siècle en Acadie.  Or il ne faut pas s’étonner que ces braves gens portaient des prénoms chrétiens.

Le 27 juin 1723, je soussigné… ay baptizé Elizabeth fille de François et de Therese sa femme sauvages née environ la Toussaint 1722.  Parrein Glaude haenrion commis des magazins de la compagnie de l’isle St-Jean et la mareine:  Elizabeth Cheneau, femme de hilaire Cheneau maître canonier.
signé:  Henrion L. de métivier, missionaire

Je cite ensuite une entrée de l’enterrement d’un enfant baptisé par le médecin en l’absence du prêtre.

Le 2 7bre 1722 – inhumé le corps d’un enfant de Paul Gemel engagé et de Marguerite Hurel né et ondoié à la maison par le Sr Grandpré chirurgien major ce cette isle le 1er jour desd. mois et an, mort le même jour. témoins:  Le d.paul Gemel et Jacques Migon engagé lesquels ont déclaré ne savoir signer                              signé:  de Breslay, gd. vre.

L’entrée qui suit fait mention d’un personnage important chez les Micmacs de l’île St-Jean :

Le 29 may 1722 baptizé marguerite fille de Jean Baptiste Armetcheck sauvage Mikmack et fille d’Agnes Nabdevit agée de 5 mois.  Le parein mathurin Renaud habitant du havre St-Pierre, la mareine Marguerite Armetcheck femme d’Antoine Arghimo capitaine des sauvages Mikmaques, lesquels ont déclaré ne sçavoir signer          de Breslay – gd. vre.

Ce qui est intéressant avec l’oeuvre de M. Pierre Margry c’est sa fidélité à l’original.  Lorsqu’il s’agit d’une page déchirée, le copiste l’indique dans son recueil.  La partie déchirée est malheureusement perdue.  Là où l’original porte une tache d’encre, Pierre Margry la signale dans sa copie.  Parfois on voit une feuille dont le bas est déchiqueté excepté pour une pointe sur laqauelle il écrit ce qu’il trouve dans l’original.

Pour ce qui est du premier mariage enregistré par l’église à Port LaJoye de personnes de race blanche, il est daté du 17 avril 1721.  Il s’agit du mariage de François du Roché et d’Elizabeth Bruneau, originaires de Bretagne, France.  Il est tout probable que le nom du Roché ait été changé à DesRoches, dans le cours du temps.

Je cite ensuite la noyade d’un jeune garçon dans les ports (probablement à St-Pierre-du-Nord) dont le corps n’a point été retrouvé.

Le 3 juillet 1721… j’ai soussigné et certifie qu’Etienne Poitevin agé de 8 ans fils d’Etienne Poitevin et d’Anne Daigle a été perdu le 6 juin de la présente année dans les ports et qu’il n’a point été retrouvé.
Témoins:  Louis LeBouve et François Boisseau pêcheurs
signé de Breslay curé.

Port-LaJoye ou Port LaJoie :  Nous trouvons dans ce registre surtout la première orthographe.  “La Joie” s’épelle aujourd’hui avec “i”.  Anciennement on trouve un “y” à la place d’un “i” dans l’épellation des mots.  L’ “y” à la place du “i” est une forme de stylisation qu’on employait autrefois.  Souvent dans le registre on trouve l’épellation may pour le mois de mai – aujourd’huy pour aujourd’hui.  Parfois on voit aussi l’orthographe Port LaJoie.  L’abbé de Breslay l’emploie.  Dans le cas où l’orthographe d’un mot donne un double “s”, on voit la première lettre “s” en forme stylisée.  L’ “s” prend la forme d’un “f” – (exemple paroifse).

L’instruction chez les Acadiens à cette époque était presque nulle.  Cela se voit lorsqu’on lit entrée après entrée et que c’est écrit que les témoins des cérémonies ne savent signer.

“La mareine a fait sa croix ainsi
que le père de l’enfant”
ou
“…lesquels ont déclaré ne sçavoir signer”

Un père récollet qui a beaucoup oeuvré en Acadie, et un des plus célèbres missionnaires, est le Frère Félix Pain.  Il est passé à l’Isle St-Jean à trois différentes reprises faisant sa fonction curiale :

a)  du 1er juillet 1725 au 8 septembre 1726;
b)  du 26 novembre 1726 au 10 juillet 1731; et
c)  le 27 septembre 1736.  Un seule acte.

D’après les historiens, le poète américain Henry Wadsworth Longfellow se serait inspiré de l’oeuvre du Frère Félix Pain parmi les Acadiens avant la Déportation, et se serait servi de ce personnage comme prototype du Père Félicien dans son épopée Évangéline, publiée en 1847.

De dire les historiens, Rustico-sud et Rustico-nord tiennent leurs noms de René Rassicot qui était marié à Marie Haché, fille de Michel Haché dit Gallant et Anne Cormier.  Ce René Rassicot, dit-on, aurait été propriétaire d’un terrain là où se situe aujourd’hui Rustico.  Voici l’acte de mariage de René Rassicot et de Marie Haché, veuve de feu François Poirier:

Ce trente unième d’octobre de la présente année 1729, moi, soussigné missionnaire recollet faisant les fonctions curiales dans cette paroisse, après la publication de 2 bans aux prones des messes paroissiales et ayant dispensé du troisième, sans qu’il se soit trouvé aucun empeschement, ai donné la bénédiction nuptiale à René Rassicot, fils de feu Jean Rassicot et de Marguerite Crossier de la paroisse de St Ursin diocèse de Coutance d’une part, et Marie Haché veuve de feu françois Poirier de cette paroisse d’autre part, après avoir reçu leur mutuel consentement en présence de leurs parents et amis soussignés, l’époux et l’épouze ont déclaré ne sçavoir signer de ce enquis selon l’ordonnance et ont fait leur marque ordinaire
Signé:  Joseph haché, Depensens, Michel haché et fr. felix Pain, recollet missionnaire.

D’après certains actes dans le registre de la paroisse de Port LaJoye, il y avait un endroit qui s’appelait Rasico.

Ce 30 juillet 1750, a esté baptisé sous condition françois agé d’environ un mois, fils de Joseph sauvage et d’Elisabethe, aussi sauvage, de Rasico.  Le parrain: le Sr françois de Mezilla, officier d’infanterie, la maraine, Magdeleine, sauvagesse
Signé:  Mezillac et fr. patrice LaGrée.

Souvent, lorsque le prêtre était absent il fallait que quelqu’un s’occupe de la sépulture des morts.  Voici donc, l’acte d’un enterrement sans qu’il y ait de prêtre:

Ce 28 7bre 1750, a esté inhumée, dans le cimetière du port LaJoye, Angélique Vincent agée de 33 ans fille de deffunt pierre Vincent et de Jeanne Trahan, de la paroisse de l’Assomption, laquelle a esté inhumée par un soldat faute de prêtre. En foy de quoy, j’ay signé:
Signé:  Fr. Patrice LaGrée.

D’autres cimetières français et acadiens existaient à l’Isle Saint-Jean à part de celui à Port LaJoye avant la Déportation de 1758.  On sait que vers 1750-52 quatre nouvelles paroisses avec curés résidents furent érigées dans la colonie:  St-Paul à la pointe Prime (près d’Eldon); St-Louis du Nord-est (à Scotchfort); La Sainte-Famille à Malpec (Low Point près de Port Hill); et St-Pierre du Nord (St. Peter’s Harbour).  Je vous en citerai au long de ce travail.  Voici un acte de sépulture du corps d’une jeune fille dans le cimetière de St-Pierre-du-Nord.

Ce 24 8bre 1750, a été inhumé par moy dans le cimetière de St-Pierre au pied de la croix du costé du nord Anastasie agée d’onze mois fille d’André Renaud et de Marie Roget
Signé patrice LaGrée.

L’acte suivant porte le nom d’un médecin Georges Barbudeau qui était chirurgien-major à Louisbourg avant d’être appelé à l’Île Saint-Jean où la population n’avait pas les services médicaux qu’il leur fallait.  Il a habité à Port LaJoye d’où il fut déporté en 1758.  Rendu plus tard en France, il s’est trouvé parmi les locataires de la ligne acadienne du Marquis de Pérusse des Cars à Archigny, en Poitou.  Aujourd’hui on peut visiter le terrain qu’il occupait.  L’auteur de cette série est allé voir la terre occupée par le médecin Barbudeau.

Le Vingt septième de novembre de la présente année mil sept cent vingt cinq, moi soussigné missionnaire, faisant les fonctions curialles dans cette paroisse, ai baptisé son condition Jean Baptiste né le 17 octobre de la susdite année fils du Sr. George Barbudeau, chirurgien major de ce lieu et de Marguerite françoise Vigneau légitimement conjoints.  Il a eu pour Parein Jean Baptiste Péré et pour maraine Marie Françoise Gugot, en foy de quoy j’ai signé avec le parrein et le père de l’enfant, ces jours et an que dessus.
Signé:  Jean Péré, Berbudeau et fr. félix pain recollet missionnaire.

Le prêtre était à l’occasion demandé à défaut de notaire, à témoigner un contrat entre différentes parties.  L’extrait suivant du registre est l’entrée d’obligation de pension annuelle promise de la part des enfants de Michel Haché Gallant et Anne Cormier à l’endroit de leurs parents.  Cette entrée est probablement le premier contrat légal à l’Île Saint-Jean.

Obligation de pension annuelle de 10tt pour chacun des desnommés:  Ce jour, dix septième novembre mil sept cent trente six, en présence du père Angélique Collin Recollet de la province de Bretagne, missionnaire et aumonier du Roy au port Lajoye, dans l’isle St-Jean évêché de Québec, faisant les fonctions curiales audit lieu au défaut de Notaire pour passer le présent acte, entre les soussignés Michel haché et Anne Cormier sa femme d’une part et ses enfants de l’autre part, cy nommés, Michel Haché, Joseph haché, Marie haché épouse de René Rassicot lui consentant, Baptiste haché, Charles haché, pierre Haché, marguerite haché épouse de pierre jacmin lui consentant, françois haché, Jaque haché, Louise haché épouse de Louis belliveau, Marie Madeleine Haché épouse de pierre Duval, lui consentant, lesquels sont convenus de ce qui suit.  Sçavoir que tous les dits enfants ci dessus mentionnés s’obligent de donner chacun à leur père et mère leur vie durante la somme de dix livres tournois chaque année à commencer aujourd’huy de plus renoncent les dits enfants à la succession de leurs père et mère après leur mort.  Leur père et mère étant libres par le présent de donner leur bien à perpétuité à celui de leurs enfants qu’ils jugeront à propos.  En foy de quoy, ceux desdits enfants qui scavent écrire ont signé avec nous, les autres qui ne scavent écrire ont mis leur marque ordinaire en présence de Philippe, le neuf Eguyer Sieur de Beaubassin, enseigne d’une compagnie détachée de la marine et de Charles Boudrot, capitaine du bateau du Sieur de Beaubassin qui ont aussi sicné comme témoins.
Signé:  Michel Haché – Joseph Haché

Derechef, sont encore convenus les dits michel haché et anne cormier sa femme, avec leurs enfants que l’un diceux venant à mourir, les dits enfants ne payeront plus que la moitié de la susdite somme de dix livres.

En foy de quoy ils ont signé comme dessus
Signé Michel haché – Joseph Haché
marque de René Rassicot 0 marque de Pierre Hachez X marque de Baptiste Haché X marque de marguerite Haché X marque de Jacques hachez X Sr. Laurant.

Ce qui se lit ensuite est l’entrée de la mort tragique de l’ancêtre des Haché-Gallant :

Le 17 juillet 1737, je soussigné, ay inhumé dans le cimetière de ce hâvre, le corps de Michel Haché dit Galant, habitant dudit port, lequel s’était enfoncé dans les fons à l’embouchure de la rivière du Nord le dixième d’avril de la présente année et n’a pu être trouvé jusqu’à ce jour.
Signé: Frère Angélique Collin.

Un très beau monument a été érigé à Port LaJoie en face du Parc National Fort Amherst – Port LaJoye à la mémoire des ancêtres Michel – Haché – Gallant et Anne Cormier en 1965 par leurs descendants.

(à suivre)

Registre de Port-La-Joie en l’Isle Saint-Jean (1721-1758) – 2e partie

1985 par Francis C. Blanchard

par Francis C. Blanchard

 

Le registre de la paroisse St-Jean L’Évangéliste de Port-LaJoye en l’Isle Saint-Jean renferme plusieurs bijoux d’intérêt généalogique et historique.  Ce qui suit vous fait part de quelques-uns de ces relevés intéressants.

Une très grande fête, telle qu’il ne devait pas en avoir souvent dans la colonie à cette époque, eut lieu au Port-LaJoye, le 20 juin 1737, lorsque le récollet, Frère Athanase Guégot bénissait les mariages de trois enfants de Michel Haché (Gallant) et d’Anne Cormier.  Ces mariages eurent lieu 250 ans passés.  Les deux mariages des deux frères avec les deux soeurs Boudrot auront d’importantes conséquences généalogiques chez les Acadiens de l’Î.-P.-É.

1)  François Haché (Gallant), le père des Dix Frères de Rustico, se maria à Anne Boudrot;

2)  Jacques Haché (Gallant), le père de Cyprien Haché (Gallant), qui devint à son tour le père des Dix Frères de Cascumpec, se maria à Josephte Boudrot.  Cyprien, le fils, eut comme épouse Marie Bernard; et,

3)  Louise Haché (Gallant) se maria à Louis Bellyveau.

François et Jacques (Cyprien fils) Haché (Gallant) sont les ancêtres d’un très grand nombre d’Acadiens à l’Île-du-Prince-Édouard.  On n’a qu’à parcourir les arbres généalogiques des familles acadiennes de l’Île pour le constater.  Les deux frères Haché (Gallant) se sont mariés à deux soeurs Boudrot, filles de François et d’Anne Landry.

Louis Belliveau et Louise Haché Gallant eurent 9 enfants.  Cette famille est aux îles St-Pierre et Miquelon en 1767.  Louis Belliveau y est décédé le 24 décembre 1775.  Sa veuve est transportée avec ses enfants à La Rochelle, France, en 1778, et elle est décédée à St-Nicolas de La Rochelle le 29 octobre 1779.

L’auteur de cet article, du côté de sa mère, Ursule Gallant, descend de Cyprien, fils de Jacques, (Dix Frère de Cascumpec), et du côté de son père, J.-Henri Blanchard, dont la mère était Domithilde Gallant, descend de François Haché Gallant, le père des Dix Frères de Rustico.

Voici la transcription des trois actes mentionnés ci-dessus :

“Le 20 juin 1735, moy soussigné ay donné la bénédiction nuptiale à François Haché agé de 27 ans fils de Michel Haché et d’Anne Cormier natifs de Beaubassin évêché de Québec, actuellement habitants de ce port LaJoye, d’une part, et à Anne Boudrot agée de 16 ans, fille de François Boudrot et d’Anne Landry, natifs du port Royal évêché de Québec habitants actuellement de Tracadie paroisse de St-Pierre, isle St Jean, d’autre part.

Signé:    

Michel Haché      x marque de l’épouse
St Vilmé, Jacquemin dit Laurent        x marque de l’épouse
Duval          Joseph Haché x           x François Boudrot                    

                                                                 xx des frères
                                                                  x Anne Landry
frère Athanase Guégot-missionnaire.”

 

“Le 20 juin 1735, moy soussigné, après avoir publié trois bannes de mariage au prosne de la grande messe, ay donné la bénédiction nuptiale à Jacques Haché, âgé de 22 ans, fils de Michel haché et d’anne Cormier – d’une part et à Josephte Boudrot fille de françois Boudrot et d’Anne Landry -

Ont signé:    Michel Haché St Vilmé Duval
Jacquemin dit Laurent-Joseph
Haché xxx marques des frères,
de marie Landry, du père et
la mère, de l’époux et de l’épouse
Frère Athanase Guégot–“

 

“Le 20 juin 1735 moy soussigné, ay donné la bénédiction nuptiale à Louis Bellyveau agé de 27 ans fils de Jean Belliveau et de Cécile Melanceon natifs de port Royal évêché de Québec, actuellement habitant de Tracadie paroisse de St Pierre isle St Jean, et à Louise Haché agée de 20 ans, fille de Michel Haché et d’Anne Cormier ses père et mère natifs de Beaubassin, évêché de Québec actuellement habitans du port LaJoye, isle de St Jean.

Signé:    Louise Haché:  St Vilmé; Michel Haché, Duval, Joseph Haché, Pierre Jacquemin dit Laurant – Frère Athanase Guégot.

 

Nombreuses sont les signatures dans ce document-recueil et certaines de celles-ci sont de la plume de personnes de marque.  Citons seulement quelques noms qui paraissent pour l’année 1721.

- René-Charles de Breslay – Prêtre de St Sulpice.  Avant son arrivée à l’Île St-Jean il était missionnaire chez les Indiens algonquins de la mission de St-Louis au-dessus de l’île de Montréal.  À l’Île St-Jean il agissait à titre de curé et de grand vicaire.  Il fut le premier curé résident à l’Île St-Jean.  Il signait toujours “de Breslay curé”.

- Marie-Anselme de Métivier – Prêtre de St Sulpice – lui aussi a oeuvré au sein des missions indiennes canadiennes.  Il signait “de Métivier missionnaire”.  Il était l’adjoint de l’abbé de Breslay.

- Denys de la Ronde – un officier de grande expérience qui signait “La Ronde Denys”.

 - Sieur Robert David de Gotteville de Belleisle – Lieutenant de la Marine, Chevalier de l’ordre militaire de Saint-Louis, et le Commandant-gouverneur en charge de la nouvelle colonie.  On attribue au Sieur de Gotteville de Belleisle et à Denys de la Ronde, d’avoir baptisé la capitale de la nouvelle colonie Port LaJoye, car disaient-ils le paysage est d’une telle beauté qu’il occasionne la joie.  Il signait “Gotteville de Belile”.

- Le père Michel Brulai – missionnaire des indiens à la baie des Chaleurs.  Il était prêtre récollet et signait “frère Michel Bruylé”.

- Michel Haché – Capitaine du Port LaJoye et commandant de la milice.  Une des premières familles acadiennes à s’établir à l’Île St-Jean.  Avec le temps son nom est devenu Michel Haché Gallant.  Il est l’ancêtre des familles Haché et Gallant.  Son épouse était Anne Cormier.  Il signait “Michel Haché”.  Un monument en leur mémoire fut érigé par leurs descendants en 1965 à Rocky Point là où se situait autrefois Port LaJoye.

Le premier acte où apparaissent les noms de Michel Haché et d’Anne Cormier est daté du 11 juin 1721.  C’est à l’occasion du premier baptême à Port La Joye :

“Le 11 de juin 1721 j’ay soussigné prêtre, de l’isle St-Jean, baptisé Pierre Robet François fils de François Pestureau directeur général des vivres du gouvernement de lad. isle et de damoiselle Françoise Simoneau son épouse, né le même jour desd. mois et an.  Parein Messire Robert David Gotteville chevalier de l’ordre militaire de St Louis, capitaine pour le Roy d’une compagnie Franche de la Marine, gouverneur des Isles St Jean, La Magdeleine, Brion, Miskou et autres dans le golfe de St Laurent.

…..  la mareine Très haute et puissante dame dame Louise de Kervin, dame d’honneur de Très haute, très puissante et très excellente princesse son altesse royale Madame la Duchesse d’Orléans épouse de très haut et puissant seigneur Messire Pierre, comte de St Pierre premier écurier de son altesse royale ditte dame duchesse d’Orléans et grand maître de sa maison seigneur des dites isles représentée par dame Anne Cormier épouse du Sr Michel Haché capitaine de milisse de la côte de Bobassin en l’Acadie, lesquels ont signé avec moy la d. Anne Cormier a déclaré ne savoir signer.

signé:    Gotteville de Belisle, Pestureau de Breslay, curé.”

La première fois que Michel Haché signe un acte dans ce registre est en date du 25 décembre 1721.  Ce fut à l’occasion du baptême de Gabriel Noël (notez la date) fils de Hilaire Cheneau et de Marie Blanchard, né le 24 décembre.  Ce fut aussi à l’occasion du double baptême de jumeaux.  Probablement les premiers jumeaux à naître à l’Île St-Jean.  Voici la transcription des deux entrées :

“Le 25 décembre 1721, Baptisé Gabriel Noël fils de Hilaire Cheneau, maître canonier du port de la Joie et de Marie Blanchard sa femme, né le 24 dud.

Parrain Gabriel Brunet, cloutier; Marraine Marguerite Haché fille du Sr Michel haché capne du port LaJoie -

Ont signé:  Brunet, hilaire cheneau, Michel Haché, de Breslay grand vicaire.”

“Le 25 xbre 1721, Baptisé Marie Elizabeth, fille de Hilaire Cheneau maitre canonier et de Marie Blanchard sa femme, née le même jour desd. mois l’an.

Parrain Gilles le Roy, taillandier, mareine, Marie Girard femme de Jean Chauvet tonnelier.

Ont signé:  Hilaire Cheneau, Marie Girard, de Breslay.”

Une entrée intéressante mais triste est en date du 16 septembre 1721.  Elle se lit comme suit :

“Le 16 septembre 1721 – je soussigné, – - certifie que François Selier agé d’environ 45 ans, premièrement engagé de la compagnie, ensuite habitant de la d. isle à 4 lieues de ce port LaJoye et de cette paroisse de St-Jean L’Évangéliste, a été trouvé mort dans sa maison, d’un coup de fusil, sans scavoir par qui, n’y ayant alors que trois femmes y compris sa propre femme.  J’ay trouvé en arrivant à sa maison son corps enterré parce qu’il y avait déjà trois ou quatre jours qu’il était mort.  J’ai béni sa fosse en présence de Nicolas Coindet et de Jean Chauvet aussi habitant dud. lieu appelé la côte St Joseph.  Il était de la paroisse de Landrée Diocèse de la Rochelle.

Signé:  de Breslay”

Le premier mariage enregistré par l’église à Port LaJoye entre personnes de la race blanche est daté du 17 avril 1721 entre François du Roché et Elizabeth Bruneau.  L’acte porte les signatures suivantes:  Marianne Simoneau, La Ronde Denys Catalongue, Pierre Dédé, Pierre Jacquemin et De Breslay, curé.  Cet acte était quelque peu lacéré dans l’original et donc nous n’en avons qu’un fac-similé de ce qui demeure de l’entrée.

Voici l’entrée du premier enterrement enregistré à Port LaJoye :

“Le 23 avril 1721 j’ay soussigné prêtre inhumé le corps de Jean Daulet agé d’environ 20 ans, fils de Jean Daulet portefaix de Moran Diocèse de la Rochelle mort le 29 et ayant reçu les sacrements (engagé de la Compagnie)

témoins:  André Chanelon bédeau de cette église et Michel Bodin engagé de la d. compagnie qui ont déclaré ne scavoir signer.

de Breslay curé.”

 

(à suivre)