Résultats: ‘Mi’kmaq’

Attempted genocide of the Acadian and Mi’kmaq Nations

2005 par Daniel N. Paul

Daniel N. Paul

 

In early 1755 the Acadian Deputies were summoned to Halifax by Governor Lawrence and ordered to swear an oath of allegiance to the British Crown. This they refused to do, contending, as they had with Cornwallis in 1749, that if they did so the French would set the Indians against them and they would be massacred. The English lost no time in responding. Colonel Robert Monckton rounded up the Acadians in Chignecto, while Colonel John Winslow ordered those at Minas to assemble at Grand Pré. They were loaded into the holds of ships and scattered to the four corners of the world. Families were separated, never to see one another again, and untold numbers died in transport.

The Mi’kmaq faithfully stuck by their Acadian allies to the bitter end. Some of the Acadians tried to escape and were aided and protected by the Mi’kmaq to the best of their ability. The Mi’kmaq also joined forces with them to drive back the British, as was reported by the French Governor:

“The British burned the Village, including the Church at Chipoudy and was responded to thus. Mr. Boishebert, at the head of 125 Indians and Acadians, overtook them at the  River Pelkoudiak, attacked and fought them for three hours, and drove them vigorously back to their vessels. The English had 42 killed and 45 wounded. Mr. Gorham, a very active English Officer, was among the number of the wounded.  We lost 1 Indian, and had three others wounded.”

Many Acadians went into hiding among the Mi’kmaq and remained with them until the British and French ended their hostilities in 1763. A group of several hundred were hidden by the Mi’kmaq in the area known today as Kejimkujik National Park. The Expulsion order was almost universal.  Even individuals who had sworn allegiance to the British Crown and been promised the right to live peacefully in their ancestral homes were included.  Professor Jeffery Plank, University of Cincinnati, states:

Everyone involved understood the conflict to be a race war…. During the 1750s the politics of Nova Scotia centered on issues of national identity. At various times during the decade, the British engaged in combat with several different peoples who inhabited, or passed through, Nova Scotia: The Micmac, the French… and the Acadians… The British governors of Nova Scotia generally believed that they were surrounded by enemies, that the Acadians, the Micmac and the French would soon find a way to cooperate and overthrow British rule. One of the principle (sic) aims of British policy, therefore, was to keep these people separated, to isolate the Micmac, the Acadians, and the French. To achieve this goal of segregation, the colonial authorities adopted two draconian policies. In 1749 the governor began offering bounties for the scalps of Micmac men, women and children. The aim of this program was to eliminate the Micmac population on the peninsula of Nova Scotia, by death or forced emigration. In 1755 the British adopted a different but related strategy: it deported the Acadians, and relocated them in safer colonies to the west. Viewed in the abstract, these two programs, to pay for the deaths of the Micmac and to relocate and absorb the Acadians, represented very simple thinking. The colonial authorities who endorsed these programs placed the inhabitants of Nova Scotia into two categories, Europeans and savages, and treated them accordingly.

In retrospect, I don’t believe that the Mi’kmaq and Acadians could have ever escaped their fate. The paranoia and racism harboured by the British would never have permitted it. Today, the Acadians have in hand a half-hearted apology from the Crown for the horrors committed against their ancestors. However, the Crown stubbornly refuses to apologize for the horrors committed against the Mi’kmaq by Governors Edward Cornwallis and Charles Lawrence. Cornwallis, as the record witnesses, attempted Genocide, yet he is still widely honoured. A blot on this society that no decent human being can ever defend.

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We are upon a great and noble Scheme of sending the neutral French out of this Province,  who have always been secret Enemies, and have encouraged our Savages  to cut out throats. If we effect their Expulsion, it will be one of the greatest Things that ever the English did in America; for by all accounts, that Part of the Country they possess is as good Land as any in the World : in case therefore we could get some good English Farmers in their Room,  this Province would abound with all kinds of Provisions.

- news dispatch from Nova Scotia, printed in the Pennsylvania Gazette,
Sept. 4th, 1755

 

 

Saint-Pierre-du-Nord : une nouvelle voix du passé

2002 par Rob Ferguson

Rob Ferguson, archéologue au Centre de service de l’Atlantique de Parcs Canada

 

Vers 1764, Thomas Wright effectua des levés de la baie St. Peters dans le cadre du projet de Samuel
Holland en vue d’établir des propriétés pour le nouveau gouvernement britannique à l’Île-du-Prince-Édouard.  Grâce à ses travaux, Wright nous a légué un très précieux document d’une époque révolue : un indice visuel de l’établissement, aujourd’hui masqué, de Saint-Pierre-du-Nord.  Son plan des propriétés proposées dans le Lot 40 comprend un registre des parcelles laissées vacantes par l’éviction des résidants français en 1758.  On peut voir neuf fermes le long de la côte nord de la baie St. Peters dans le secteur de Greenwich, qui a été annexé au parc national de l’Île-du-Prince-Édouard en 1998.

Pendant deux ans, les archéologues de Parcs Canada, en collaboration avec le Musée canadien des civilisations, la Commission géologique du Canada, les universités Mount Allison et Memorial, Archaeoconsulting et Epekwitk Heritage Consulting, ont cherché les traces d’un établissement humain à Greenwich.  Cet établissement se serait étendu sur environ 10 000 ans, depuis l’arrivée des premiers peuples que le recul des glaciers força à se déplacer vers d’autres terres2.  Au fil des millénaires durant lesquels des peuples des Premières Nations vécurent le long du littoral de la baie St. Peters, cette profonde vallée fluviale se transforma graduellement en la baie d’eau salée que nous connaissons aujourd’hui.  L’abondance des richesses naturelles de la terre permit aux ancêtres des Mi’kmaq de prospérer.  Les Mi’kmaq accueillirent les premiers colons français, qui arrivèrent en 1720.  L’année précédente, le comte de Saint-Pierre avait reçu les droits d’exploitation commerciale de l’Isle Saint-Jean et des îles adjacentes dans le Golfe du Saint-Laurent.  En 1720, il envoya trois vaisseaux de La Rochelle pour installer son centre administratif à Port-la-Joye et un établissement de pêche à Saint-Pierre-du-Nord, également connu sous le nom de Havre Saint-Pierre.  Quelques années plus tard, cependant, la compagnie fit faillite, et le gouvernement français prit le contrôle de la colonie.

Saint-Pierre devint le carrefour de la population française à l’Île.  Son économie reposait sur la pêche et l’agriculture, et ses occupants venaient de France et d’Acadie.  La communauté continua de croître malgré les troubles politiques, jusqu’à ce que l’Angleterre ordonne l’éviction des citoyens français en 1758.

Un recensement effectué en 1752 par le Sieur de la Roque répertoriait sept familles sur la rive nord de la rivière Saint-Pierre.  Dans chacune de ces familles, le mari ou la femme était membre de la famille Oudy d’Acadie.  À l’époque, l’aînée était Marguerite Saulnier, veuve de Jacques Oudy,  Un fils, Joseph, se maria en 17544, ce qui expliquerait peut-être l’existence d’une des deux propriétés supplémentaires illustrées par Wright.  Après l’avancée des colons anglais sur les terres, les celliers et les puits, les dépendances et les champs du clan Oudy disparurent graduellement sous les sillons des charrues.  Aujourd’hui, les champs de gazon et les lignes tracées par les vieilles clôtures témoignent clairement de cette occupation subséquente, mais qu’est-il arrivé à Saint-Pierre-du-Nord?

Une reconnaissance initiale de la région a été effectuée en 1987, dans le cadre de l’évaluation environnementale d’un projet de villégiature5.  La Cataraqui Archaeological Research Foundation a identifié les endroits où l’on pouvait trouver des artefacts français du 18e siècle, mais n’a pas pu retrouver de vestiges de Saint-Pierre-du-Nord.

Selon le folklore local, un cellier profond situé sur une crête rocheuse à l’extrémité occidentale du parc aurait été le site de l’église française d’origine.  Toutefois, des preuves historiques situent sans équivoque l’église du côté opposé de la baie6 , et le cellier est trop grand pour les maisons typiques de cette période7 .  Néanmoins, Kevin Leonard, de Mount Allison University, a creusé une fosse d’excavation à l’extérieur du cellier pour vérifier la possibilité d’une association avec les Français.  Les artefacts associés à la construction ont permis de confirmer qu’il s’agissait d’une résidence britannique datant de la fin du 18 siècle et du début du 19siècle.

Cependant, sous ce niveau, se trouvait un tertre (de détritus) plus ancien datant de l’établissement français.  Sans aucun doute, le fermier britannique avait bâti sa maison sur le point proéminent qui avait attiré le premier colon.  Cette couche plus profonde était un riche dépôt contenant des artefacts, des os d’animaux et même des graines de céréales jetées par une des familles Oudy.  Des fragments de bols verts émaillés de la Saintonge, des pipes d’argile, des clous de fer forgés à la main, des plombs, des épingles droites et même une plaque de serrure en laiton furent jetés dans la cour.  On y a découvert sans surprise un grand nombre d’arêtes de poisson, notamment de morue, d’anguille, de plie et de maquereau.  On a également constaté la présence d’animaux domestiques – vaches, moutons, porcs et poulets.  Les habitants chassaient le rat musqué, le lynx, le vison et le lapin, la gélinotte huppée, la tourte et le canard, et rapportaient leur gibier à la maison.  Plusieurs souris, dont des hordes de campagnols des champs qui détruisirent les récoltes à plusieurs reprises8, se frayaient un chemin dans les détritus et y mouraient.  Même les cadavres du chien et du chat de la famille se trouvaient parmi les ordures9 .  Un certain nombre de grains de céréales, dont probablement du blé et de l’avoine, ont été récupérés grâce à la flottation des sols minutieusement effectuée par le Dr Leonard.  LaRoche mentionne le blé, l’avoine, les pois et le lin parmi les cultures des familles Oudy.

Il ne fait aucun doute que la maison de ferme britannique avait été construite sur une propriété familiale française antérieure.  Il s’agit peut-être de la ferme la plus à l’ouest sur le plan de Wright, et c’est la seule preuve visible sur laquelle nous pouvions nous fonder.  Pour poursuivre plus à fond nos recherches, nous avons utilisé un EM-38, instrument de géophysique permettant de lire la conductivité électrique et la susceptibilité magnétique des sols.  Les modifications de ces propriétés dans le sol nous permettent de détecter des formes enfouies qui peuvent être des indices culturels.  Cet instrument avait joué un rôle critique dans la découverte du site d’une maison sur la propriété de Michel Haché-Gallant au lieu historique national Port-La-Joye-Fort Amherst en 198710.

Des travaux préliminaires avec le EM-38 à Greenwich en 2000 nous ont permis de repérer un deuxième cellier français.  Une petite excavation a montré que des lectures concluantes marquaient la limite d’une cave à légumes creusée dans le sol.  Les fermiers suivants avaient rempli le cellier avec de la terre meuble et des pierres jusqu’au niveau du sol.  On a trouvé sur le plancher du cellier un grand nombre d’objets perdus ou cassés, notamment des clous, du verre, de la céramique et un couteau au manche en os.

L’été dernier, nous avons entrepris une étude complète avec le EM-38, couvrant presque tout le secteur entre les deux celliers (environ 265 m) et le secteur autour du cellier enfoui.  Les lectures n’ont presque rien révélé dans le champ intermédiaire, mais on a constaté des anomalies frappantes dans le secteur du cellier.  L’alignement régulier indique que nous pouvons cartographier non seulement le cellier, mais également la cour clôturée qui l’entoure et peut-être une deuxième résidence dans l’enceinte.  Ce secteur mesure environ 20 m sur 20.  Il aurait contenu les maisons, les dépendances et les hangars pour les animaux, un potager et un puits.

Au cours des années à venir, nous espérons poursuivre les levés à l’aide du EM-38 pour chercher les sept autres maisons cartographiées par Wright.  Jusqu’à maintenant, seulement de très petits secteurs des deux sites français identifiés ont été excavés.  Stephen White, du Centre d’études acadiennes de l’Université de Moncton, a émis l’hypothèse que les membres de la famille Oudy pouvaient avoir été parmi les quelque 300 personnes embarquées sur le navire Violet en 1758 pour être déportées en France11 .  La perte du Violet quelque part dans l’Atlantique aurait décimé cette  famille.  Les nouvelles recherches de Parcs Canada à Greenwich, dans le parc national de l’Île-du-Prince-Édouard, redonnent une voix à cette famille et ouvrent une fenêtre sur une période importante de l’histoire française à l’Isle Saint-Jean.

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A Plan of Lot No. 40 Situated in King’s County in the Island St. John; Same Size from the Original Field Book by Thos. Wright, Archives publiques de l’Île-du-Prince-Édouard, no d’acquisition 0758E.

2 Voir, par exemple, David Keenlyside (1985), « La période paléoindienne sur l’Île-du-Prince-Édouard », Recherches Amérindiennes au Québec, Vol. XV, Nos 1-2, pp. 119-126.

3 « Sieur de la Roque 1752 Census for Prince Edward Island/Ile Saint Jean », transcription de Report of the Canadian Archives for 1905, pp. 75-165, Archives nationales du Canada.  Accessible sur le site Web Island Register de David Hunter, http://www.isn.net/~dhunter/index.html

4 Don Blanchard, The Ancestors of Modeste Blanchard, www.geocities.com/hookspei/modeste.html

5 Cataraqui Archaeological Research Foundation, 1987, An Archaeological Assessment of St. Peters Bay Estates, St. Peters Bay, Kings County, Prince Edward Island.  Manuscrit rédigé pour Morello Associates.

6 C’est ce qu’indiquent au moins trois cartes britanniques dessinées entre 1760 et 1764; voir par exemple Sketch of the Island of St. John’s in the Gulf of St. Lawrence, Archives nationales du Canada, H3/204 (1764) NMC 1853 (original du British Museum).

7 On trouvera une synthèse de l’information archéologique sur la construction des maisons acadiennes dans Andrée Crépeau et David Christianson (1995), « Home and Hearth: An Archaeological Perspective on Acadian Domestic Architecture ».  Canadian Folklore Canadien, Vol. 17, No 2, pp. 93-109.

8 Ian MacQuarrie, 1987, « Plagues of Mice », The Island Magazine, No 21.

9 Frances L. Stewart (2001), « A Zooarchaeological Sample Excavated from the Greenwich Historical Site in July, 2000 ».  Manuscrit au dossier, Parcs Canada, Halifax.

10 Robert Ferguson (1990), « The Search of Port LaJoye: Archaeology at Isle Saint-Jean’s First French Settlement », The Island Magazine, No 27, pp. 3-8.

11 Stephen White (2001), « What became of the People of Saint-Pierre-du-Nord after 1758? ».  Communication présentée à Discovering the History and the People of Saint-Pierre-du-Nord, mini colloque parrainé par le Comité historique Soeur-Antoinette-DesRoches.