Résultats: ‘L’Impartial’

Une semaine dans la vie de François-Joseph Buote

1986 par Elizabeth E. Cran

présenté par Elizabeth E. Cran

 

François-Joseph Buote est un personnage important de l’histoire de Tignish et de la communauté acadienne de l’Île.  Effectivement il est, avec son père, le fondateur de L’Impartial, le premier journal de langue française publié dans la province.  Ce que peu de gens savent c’est que F. -J. Buote a tenu pendant un certain temps un journal intime.  Caché dans un Journal et Almanach pour l’année 1898 (qui s’appelle aussi Guide complet de l’imprimeur, publié par John Haddon et Cie de Londres), cet important manuscrit se trouve dans la collection de Reginald Porter, grâce à qui j’ai pu l’étudier.

L’écriture de F. -J. Buote présente un gros problème à qui voudrait transcrire son journal.  Elle est souvent difficile à déchiffrer et assez fréquemment illisible.  Et encore, cette écriture varie tellement qu’on la décrirait mieux comme deux écritures différentes.  On ne peut choisir une partie à étudier sans y trouver plusieurs mots qui résistent à nos efforts de compréhension.

Curieusement, Buote tenait son journal en anglais, jusqu’au point d’appeler sa femme (née Marie Goguen) “Mary”.  On ne saura probablement jamais pourquoi, mais il est difficile de résister à la tentation de spéculer.  Il écrivait facilement l’anglais.  Il y a peu de traces de sa langue maternelle dans sa façon de s’exprimer.  Dans ma traduction, j’ai essayé de rester aussi fidèle que possible au texte anglais, sans pourtant écrire quelque chose qui ne soit pas du bon français.

Comment choisir des passages à publier dans un journal si intéressant?  C’était difficile en effet.  J’ai commencé au 6 janvier, le jour de l’anniversaire de son mariage, qui est suivi par une semaine assez typique du journal entier avec son mélange d’activités très variées et d’expressions d’ennui dont “rien de nouveau par ici” en est le refrain.

****************

 

jeudi 6 janvier – Épiphanie :  Aujourd’hui le soleil brille merveilleusement.  C’est l’anniversaire de notre mariage.  Il y a 12 ans aujourd’hui que nous nous sommes mariés au Cape Bald, N.-B., par le père Breadly (sic).  Quels changements depuis.  Je rends grâce que jusqu’à présent j’ai prospéré.  Ce soir nous sommes allés au concert; nous nous sommes bien amusés.  La somme de $24.00 a été réalisée et tous étaient satisfaits.  Après le concert tout le groupe est venu chez nous et nous nous sommes amusés.  Je rends grâce aujourd’hui pour le bon anniversaire.

vendredi 7 janvier:  Il a plu la plus grande partie de la journée.  J’ai reçu aujourd’hui de nouveaux caractères, des similigravures et d’autres marchandises de Duchêne.  J’étais occupé à arranger et à attacher les caractères dans les cases.  Rien de nouveau.  Nous avons tenu notre réunion du C.M.B.A.Le Dr McLellan, grand député, a installé les nouveaux officiers.  La réunion était animée.  Beaucoup d’échanges entre Murphy2, Brennan, O’Brien (sic) et moi-même, (mot illisible) le président, ainsi il ne pouvait décider quoi faire.  Nous anticipons un hiver animé au C.M.B.A.

samedi 8 janvier :  Aujourd’hui il faisait assez froid.  Nous étions très occupés à imprimer et mettre nos presses et notre bureau en bon ordre.  Rien de nouveau.  Mon père a reçu son manteau de Joe Chaisson, il lui allait très bien.  Il l’a payé en entier.  Il y avait un peu de neiges qui volait aujourd’hui, mais rien pour déranger.  Je ne me sens pas très bien.  (mots illisibles) semble mieux.  Tranquille au village.

dimanche 9 janvier :  Je ne suis pas sorti de la maison aujourd’hui.  Ne me sentais pas très bien.  Il faisait froid aussi.  Rien de nouveau.  Tout semble tranquille et ennuyeux.  Cependant nous n’avons rien à nous plaindre. Tout va bien avec nous et nous avons beaucoup de raisons à être reconnaissants.  J’entends qu’il y a plusieurs nouvelles publications de mariages aujourd’hui.

lundi 10 janvier :  C’était une journée bien occupée pour moi.  Ai préparé un côté du journal à imprimer tard en soirée.  En train de mettre les livres de la C.M.B.A. en ordre, les ai arrangés.  Rien d’important.  McEleory (sic) a détaché le fil de téléphone de sa maison en le frappant parce qu’il faisait trop de bruit dedans.  À minuit, plusieurs tapageurs de nuit étaient sur le sentier de la guerre.  Pas de dommages cependant.  À 6 heures du soir il faisait un peu moins froid et il semblait qu’il allait neiger.  Le vent continue fort et humide.  Il y a beaucoup de maladie dans la paroisse.  Les adultes aussi bien que les enfants (mots illisibles) dans chaque section.  Ai payé exp… (,)

mardi 11 janvier:  Aujourd’hui il faisait assez froid.  Il y avait 3 couples qui se mariaient ce matin.  Dominique Abram Chaisson, Joe Fidèle Perry et Lambert (?) (mot illisible).  Je suis allé chez J. Chaisson, au coin à Béloni cet après-midi.  Ai acheté tabac et mouchoir.  Il n’y a rien de nouveau.  Ai envoyé Albert au moulin près de chez Peter Maxim3 .  Les chemins ne sont pas en très bonne condition.  Les affaires semblent être complètement arrêtées.  Rien ne bouge.  Il n’y a rien de nouveau dans le courrier de ce soir.  Il y a quelques ivrognes dans les rues, mais ils sont bien tranquilles.  Le père Burke4 est venu à Tignish ce soir.

mercredi 12 janvier:  En matinée il faisait plutôt doux.  Vent du sud-ouest.  Rien de très important.  Mon père est allé à Saint-Louis ce matin.  Nous sommes occupés à imprimer.  Nos affaires marchent bien.  Mon oncle Jérôme est ici pour dîner.  À midi le vent était assez fort et plus tard il tempêtait.  Tout est tranquille.  J’ai reçu trois sous-main par le courrier ce soir et (mots illisibles).  Nous avons fini d’imprimer à 8 h 45.  Tout a marché d’une façon satisfaisante et nous affirmons avoir le meilleur journal des Provinces Maritimes.  Il y a une conférence à la salle Sainte-Marie ce soir donnée par le révérend père Dugald5 .  Suis trop occupé pour (mot illisible) conséquemment ne peux y aller.  “Les affaires avant le plaisir” a toujours été ma devise et doit-elle céder à cette occasion.

Notes

1.  Catholic Mutual Benefit Association.

2.  Le docteur Murphy, plus tard sénateur; J. -A. Brennan, homme d’affaires de Tignish.

3.  Fils de Maximin Chaisson dont la ferme se trouvait au nord du village, assez près de la maison des Buote.

4.  A. -E. Burke, curé d’Alberton à l’époque et actif dans beaucoup de projets communautaires.

5.  Curé de Tignish, le père Dugald MacDougall.

Nouvelles de l’empremier

1986 par Contribution anonyme

 

1868 – Baie-Egmont :  “A petition of Thomas Mowbray and others, inhabitants of Egmont Bay Settlement and its vicinity, was presented to the House by Mr. Arsenault, and the same was received and read, praying for the establishment of a Small Debt Court at some convenient part of the said Settlement of Egmont Bay.”  (Journal of the House of Assembly of P.E.I., 1868, p. 34.)

 

1888 – Miscouche :  “In North Miscouche there are three sugar factories at work this spring.  The flow of sap has been small owing to the continuance of stormy weather and lack of frost and sunshine.  The production of maple sugar is consequently much below the average.  The manufacturers find no difficulty in disposing of the quantity on hand at very good prices, most of it never leaving the factories where it is produced.  (…)  It is worthy of note that the majority of those taffy-seekers were not ladies but belonged to the male portion of the community.”  (The Prince Edward Island Agriculturist, April 30, 1888)

 

1892 – Bloomfield :  “Les habitants de Bloomfield apprennent avec joie que la station de Mill River doit être transférée de Haywood, où elle profitait au petit nombre et incommodait le grand nombre, et localisée à la traverse de Howlan Road, le centre de la région, où se trouvent nos marchands locaux, MM. F. Pitre et Joseph Gaudet.  Comme le chemin que nous devons à son énergie lorsqu’il était dans le gouvernement local, la nouvelle gare, qui sera ouverte le 1er juillet, portera le nom “Howland Station”, en l’honneur du sénateur dont le nom est sur les lèvres de tout le monde de l’Île.”  (L’Évangéline, le 19 mai 1892).

 

1894 – Palmer Road:  “Jeudi et vendredi de la semaine dernière le Revd. Père Chiasson, Pasteur de la paroisse de Palmer Road, a établi la société du Sacré Coeur dans sa paroisse.  Les cérémonies ont été très imposantes et faites avec solennité.  Les Revd. D. MacDonald curé de Tignish, A.E. Burke, curé d’Alberton et F.X. Gallant, curé de St. Antoine de Bloomfield assistaient pour les confessions.”  (L’Impartial, le 14 juin 1894)

Nouvelles de l’empremier

1985 par Contribution anonyme

 

1883 – Baie-Egmont :  “Le vénérable vieillard, le Rév. M. Poirier, que tous nos lecteurs connaissent, est encore assez frais, malgré son grand âge et ses nombreuses infirmités.  Il a changé dernièrement de demeure en laissant Mont-Carmel pour venir sous le toit hospitalier de M. Felix Poirier, près de l’église d’Egmont Bay.”  (Le Moniteur Acadien, le 2 août 1883)

 

1887 – Tignish :  “M. J. S. Gaudet, cultivateur de Tignish, a eu une drôle d’aventure.  En ouvrant sa cave de dehors, il y a de cela quelques jours, il y trouva deux moutons.  Ils étaient dans la cave depuis le mois de décembre dernier à l’insu de M. Gaudet.  L’un deux pesait 200 livres, et avait une toison de laine de cinq pouces de long.  Les provisions que M. Gaudet avait dans sa cave étaient un tant soit peu diminuées.”  (Le Moniteur Acadien, le 22 avril 1887.)

 

1890 – Palmer Road :  “M. l’abbé Picotte, curé de Palmer Road, Î.-P.-É., vient de faire l’acquisition d’un magnifique étalon de pur sang canadien.  M. François Gendron, de Sainte Anne de la Pocatière, P.Q., qui a vendu ce beau cheval, est arrivé, vendredi soir à Shédiac, avec l’animal qu’il a délivré à M. Hubert Arsenault, d’Egmont Bay, qui était délégué par M. l’abbé Picotte pour en prendre charge.  Le prix de l’étalon est de $600.  C’est un cheval de sept ans, qui quoique n’ayant jamais été exercé pour la course trotte un mille en moins de trois minutes.”  (Le Moniteur Acadien, le 6 mai 1890.)

 

1897 – “The drawing of prizes in connection with the Lefebvre Memorial Hall took place at Memramcook, N.B., on Thursday last.  The first prize, a three year’s course at St. Joseph’s, was won by Stephen Arsenault, of Prince Edward Island.”  (The Examiner, 15 February 1897.)

 

1907 – Miscouche :  “Au nombre de ceux qui ont obtenu le titre de B.A. au collège St. Joseph, Memramcook, cette année était M. Nazaire Poirier de Miscouche.  De plus M. Poirier a gagné le prix Beaulieu, $10 en or pour excellence dans la composition française et le prix LeBlanc pour excellence dans l’élocution française.”  (L’Impartial, le 27 juin 1907.)

Nouvelles de l’empremier

1985 par Contribution anonyme

 

1874 – Wellington :  “Le Pique-Nique des catholiques de Wellington, Île-du-Prince-Édouard qui avait lieu mardi de la semaine dernière pour venir en aide à la Nouvelle-Église actuellement en voie d’érection, a rapporté la jolie somme de $300.  L’Hon. Jos. O. Arsenau et M. John A. McDonald, M.P.P., y assistaient et au moment de la séparation, trois hourrahs furent poussés pour l’Église, le curé et la Reine.”  (Le Moniteur Acadien, le 1er octobre 1874)

 

1884 – Rustico :  “L’honorable M. Ross, premier ministre de la province de Québec, est actuellement en villégiature à Rustico.  On sait que Rustico, village acadien-français, situé sur la côte nord de l’Île-du-Prince-Édouard, c’est-à-dire, en plein golfe, est depuis plusieurs années une station balnéaire recherchée.”  (La Minerve, le 4 août 1884)

 

1885 – Abram-Village :  “M. Sylvain-E. Gallant d’Abram-Village, Î.-P.-É., a récolté une patate qui, par sa grosseur et sa pesanteur peut, avec raison être appelée la plus grosse.  Elle pèse deux livres et douze onces, elle est de l’espèce Early Rose et peut être vue au magasin de l’hon. Jos. O. Arsenault, Egmont Bay.  Qui pourra battre cela?”  (Le Moniteur Acadien, le 15 octobre 1885.)

 

1888 – Miscouche :  “Mr. John S. Gaudet, Miscouche, one of our most prominent exporters of produce, advertises for 1,000,000 eggs during the coming season, for which he will pay the highest cash price.  His team will begin to travel through the country as soon as the roads permit.   This great amount of eggs will require considerable industry on the part of the egg gatherers, and will leave a good deal of money among them.”  (The P.E.I. Agriculturist, March 26, 1888.)

 

1894 – Bloomfield :  “Les instituteurs de l’arrondissement de Bloomfield se sont réunis, sous la présidence de M. Moise Doucet, le ler septembre à la salle de Bloomfield.  Ils étaient tous présents sans exception.

Il y eut une discussion sur le sujet des livres d’école.  Ils en vinrent d’accord que la lecture anglaise doit être enseignée aux enfants français aussitôt qu’ils peuvent lire assez couramment le syllabaire en français.”  (L’Impartial, le 25 octobre 1894.)

Le Prix Gilbert Buote

1983 par Contribution anonyme

 

1.  Introduction

Le Prix Gilbert Buote a été créé en 1982 par la Société Historique Acadienne de l’Île-du-Prince-Édouard dans le but de couronner et de signaler les projets méritants réalisés dans le domaine de l’histoire et de l’héritage acadiens de l’Île.  En décernant ce prix, la Société veut, d’une part, récompenser les auteurs de ces projets et les encourager à poursuivre leurs efforts en ce sens.  D’autre part, elle souhaite éveiller l’intérêt de la population au travail qui se fait dans ce domaine et susciter son appui.

En dédiant ce prix à la mémoire de Gilbert Buote (1833-1904), de Tignish, la Société désire souligner la grande contribution de ce patriote acadien à la cause de son peuple.  Éducateur, journaliste, historien et généalogiste, il fut un farouche défenseur des droits des Acadiens.  En 1893, avec l’aide de son fils François-Joseph, il fonda L’Impartial, premier journal de langue française publié dans l’Île.  Il y publia de nombreuses notes généalogiques et historique, fruit de ses propres recherches.  À l’occasion du centenaire de la paroisse de Tignish, en 1899, il rédigea et imprima L’Impartial Illustré, livret souvenir contenant l’histoire de la paroisse et la généalogie des familles.

 

2.  Les projets:  critères d’admissibilité

a)  Tout projet qui, d’une façon ou d’une autre, contribue à mieux faire connaître et/ou à conserver quelque aspect de l’histoire et de l’héritage acadiens, est admissible au concours.

Exemples :
- une publication
- un projet d’interprétation de l’histoire et/ou de l’héritage acadien par divers moyens d’expression
- un projet réalisé dans le but de faire reconnaître et/ou conserver un lieu ou un édifice historique

b)  Est admissible au concours:  tout projet réalisé par un individu (ou un groupe d’individus) résident de l’Île, ou encore par une association, une entreprise privée, une école (ou une classe), un village, une paroisse ou une ville insulaire.

c)  Le projet devra avoir été complété entre le 1er juin de l’année précédant l’attribution du prix, et le 31 mai de l’année de l’attribution.  Les projets devront être inscrits au concours au plus tard le 30 juin de chaque année.

 

3.  Inscription des projets au concours

Toute personne intéressée est libre d’inscrire un projet au concours, qu’elle en soit l’auteur ou non, mais le prix ne pourra être décerné qu’à l’auteur.  De même, une organisation ou un comité quelconque peut soumettre des projets.

Le Comité exécutif de la Société historique acadienne verra à publiciser le concours.

 

4.  Critères d’évaluation

Chaque projet sera évalué selon les critères suivants :

a)  sa pertinence à l’histoire et à l’héritage acadien;
b)  sa contribution à la connaissance et à la conservation de l’histoire et de l’héritage acadien de l’Île-du-Prince-Édouard;
c)  la somme de travail exigée dans sa réalisation;
d)  la qualité du travail effectué;
e)  sa visibilité.

 

5.  Mode d’évaluation des projets

a)  Jury:  Le jury est composé de trois membres nommés par le Comité exécutif de la Société historique acadienne de l’Î.-P.-É.  Les membres du Comité exécutif ne pourront faire partie du jury.

b)  Le jury fera l’évaluation, pendant les mois de juillet et août de chaque année, de tous les projets reçus conformes aux critères d’admissibilité.

En règle générale, un seul prix sera décerné annuellement.  Cependant, dans le cas de deux projets remarquables, de qualité jugée égale, deux prix pourront être attribués.  Il n’y a cependant aucune obligation à ce que le prix soit décerné si le jury juge qu’aucun projet ne rencontre d’une façon satisfaisante les critères de sélection.  Le jury devra, en effet, veiller à conserver le prestige du prix en l’attribuant qu’à des projets de qualité.

c)  Des mentions pourront être décernées.

d)  La décision du jury sera finale.

e)  Le prix sera présenté lors de l’assemblée annuelle de la Société ou à une autre occasion jugée appropriée par le Comité exécutif de la Société.

 

6.  Le Prix

Le prix consiste en un parchemin encadré sur lequel est imprimé un fac-similé d’une première page d’un numéro du journal L’Impartial, une photo de Gilbert Buote et une inscription appropriée où apparaît le nom de la personne (ou de l’institution) méritante, le titre de son projet et la signature du président(e) de la Société.

Les Vieillards

1983 par La Petite Souvenance

 

Un correspondant de Wellington nous écrit ce qui suit, et demande aux autres journaux de faire connaître, s’ils le peuvent, un cas semblable dans aucune autre partie de l’Île, soit parmi les Français, les Anglais, les Irlandais ou les Écossais.

Voici ce dont il s’agit :

Les quatre personnes dont les noms suivent, tous frères et soeurs, sont encore vivantes et pleines de santé:

Mme Barbe Poirier, 96 ans
Mme Céleste Poirier, 94 ans
M. Cola Poirier, 92 ans
M. Thadée Poirier, 88 ans

L’Impartial,
le 4 novembre 1897

Nouvelles de l’empremier

1982 par Contribution anonyme

 

1887 – Abram-Village :  “Les gens, comprenant qu’il leur importait d’avoir une bonne école à Abram-Village, vu le grand nombre d’enfants en état de fréquenter les classes, ont fait agrandir leur école au point qu’elle peut rivaliser avec celles des autres Districts.  Deux instituteurs ouvriront les cours, dans cette école, vers le commencement de janvier.”  (L’Évangéline, le 23 novembre 1887.)

 

1888 – Miscouche :  “L’assemblée des débats a eu lieu jeudi dernier, 15 de ce mois.  Le secrétaire, Mr. Patrick Cullen, a lu un magnifique travail sur l’agriculture et l’amélioration du bétail.  Le jeune conférencier a été maintes et maintes fois chaleureusement applaudi de l’auditoire.  Tous ont apprécié les talents de Mr. Cullen et ses connaissances agricoles.

Nous venons d’organiser une classe de chant sous la direction de Mr. Juste DesRoches, notre professeur de plain-chant.  Cette classe promet du succès. (L’Évangéline, le 28 mars 1888.)

 

1894 – Bloomfield :  “Notre nouveau représentant M. Jérémie Blanchard est actuellement occupé des travaux concernant sa ferme, en attendant l’appel de se rendre à la chambre des délibérations du pays.  M. Blanchard est cultivateur et est, par conséquent, en mesure de bien connaître les besoins de la cause agricole.  Espérons qu’à l’avenir, nos fermiers qui forment la majeure partie des électeurs, choisiront des hommes dans leurs rangs pour les représenter à la législature locale et fédérale.  À quoi bon cette armée d’avocats qui vont figurer dans notre nouvelle chambre locale?  Que savent-ils des besoins de la cause agricole?  Très peu, ou peut-être mieux, rien du tout.  – Agricole.  (L’Impartial, le 8 février 1894.)

 

1903 – Palmer Road :  “Après les jours austères du carême, il est bien légitime qu’on s’amuse un peu.  Aussi notre vénéré pasteur a-t-il voulu se charger d’organiser un concert gratis pour le soir du lundi de Pâques, (chose assez rare), auquel il a lui-même pris une part très active. (…)  Mais la palme revient, sans contradiction au Rev. P.C. Gauthier qui a profondément remué l’auditoire par sa chanson:  “Le Breton exilé”, exécutée d’une voix pure…”  (L’Impartial, le 23 avril 1903.)

Tignish en 1882 – ce qui nous en reste

1982 par Elizabeth E. Cran

par Emily Elizabeth Cran

 

Comme les vagues et les marées laissent toutes sortes de débris sur nos côtes en des quantités diverses selon le temps et les saisons, ainsi les années qui s’écoulent laissent chacune des traces qui forment le matériel de l’histoire.  Il est curieux de constater parmi ces débris ce qu’on trouvait digne de noter, et ainsi de préserver.  Cent ans après, l’ensemble ressemble étrangement au mélange d’objets de valeur et de déchets que l’on rencontre sur les plages.

Voici ce qu’un batteur de grève (beachcomber) assidu a pu trouver de ce qui a été laissé par la vague “1882″, à Tignish.

Le village de Tignish se composait alors d’une trentaine de maisons dont la plupart des propriétaires portaient des noms irlandais ou britanniques.  On remarque cependant plusieurs Arsenault (J.A., J.J., S.F.), deux Buote, deux Chaisson, deux Gaudet (dont le forgeron), un seul Perry (S.T.) et, juste au nord du village, qui se délimitait alors avec l’église, le couvent et l’école, deux Gallant, soit Clément et le capitaine Frank.  Ce dernier possédait d’assez grandes terres, un magasin et un hôtel.  Si l’on consulte la liste d’abonnés au Meacham’s Atlas (1880), on en trouve trente-et-un qui habitent le Lot 1, dont onze noms acadiens.  On peut supposer que ces abonnés étaient parmi les gens les plus ambitieux, les mieux nantis et peut-être les plus éclairés de leur région; c’était des marchands (dont on remplissait aussi les fonctions de maître de poste à Tignish), un instituteur, un professeur, des fermiers parmi lesquels un était aussi le gérant adjoint de la compagnie Myrick à l’Étang des Grenouilles.  Il y avait aussi parmi ces abonnés à l’atlas des commis qui cumulaient, en général, d’autres emplois.

Pour faire connaître nos abonnés d’une autre façon, c’était des Buote, des Arsenault, des Gallant et des Perry de Tignish, des Gallant de l’Étang des Clous (Joseph-Sylvain, Evariste, Napoléon et Agno), et un Richard de Harper Road.  En consultant le Prince Edward Island Directory en 1880-1881, on apprend plus de détails sur certains de ces messieurs:  J.-J. Arsenault était juge de paix, S.F. Perry était député provincial aussi bien que fermier et propriétaire d’un moulin, et un nouveau Perry, (Pierre), était gardien du phare à North Cape.  Sur six membres du Bureau de la Santé, quatre étaient de Tignish, à savoir:  S.F. Perry, François Gallant, J.J. Arsenault et Sylvain F. Perry.  Il y avait aussi Clément Gallant qui était “Preventive Officer”, S.F. Arsenault était inspecteur-en-chef de la pêche pour le comté de Prince, et Isidore Chiasson occupait le poste de gardien de phare, à Tignish.

Allons maintenant regarder de plus près nos débris, les divisant en petit “tas” étiquetés “religion”, “éducation”, “gouvernement”, etc.

Dans le tas “religion”, nous trouvons qu’en 1882 on divisa la paroisse de Tignish faisant de la partie sud-ouest la paroisse Immaculée-Conception de Palmer Road, dont le premier curé sera le père A.J. Trudelle.  En octobre, les grandes orgues de Tignish, construites par L. Mitchell, de Montréal, arrivèrent et remplacèrent le vieil harmonium de l’église.

De la religion on passe aisément à l’éducation.  Il y avait alors à Tignish deux écoles – le couvent où quatre religieuses se chargeaient de l’éducation et de l’instruction de jeunes filles, dont plusieurs étaient des pensionnaires venant parfois d’assez loin, – et l’école pour garçons dont le directeur était Gilbert Buote.  Cette école se tenait dans l’ancienne église de Tignish, tout près du cimetière actuel, et était classifiée par le Bureau d’Éducation comme “école de première classe”.  Il semble que cela voulait dire “école où l’on donne un cours complet jusqu’à la fin des études secondaires, et où les instituteurs sont eux-mêmes plus et mieux instruits que l’instituteur moyen”.  En effet, en 1881, l’école de Tignish reçut mention spéciale dans le rapport du surintendant de l’instruction publique avec trois autres écoles au même niveau et cinq autres qui étaient jugées supérieures.  L’année suivante, le surintendant rapportait:  “The state of this school indicates that the teachers, Mr. Buote and Miss Casey, spare no pains to improve their pupils”.  Quant aux autres écoles de la région, il faudrait mentionner celle de Norway dont l’institutrice, Anastasia Phee, était considérée l’une des meilleures de la province par le Bureau d’Éducation, celle de Peter Road où l’instituteur était Philip F. Buote et celle désignée “Tignish (English)” qui dût être celle qu’on appelait plus tard Anglo-Tignish, et de nos jours, Anglo.

Dans notre tas “finances”, il ne se trouve que deux petites choses:  le montant des impôts perçus dans le Lot 1 était de $453.87 (en 1881 c’était de $455.65), et le Père Dugald MacDonald, curé de Tignish, reçut du gouvernement, comme assistance aux indigents (Pauper Relief), $57 pour 18 personnes mentionnées spécifiquement, et $95 comme aide générale aux pauvres.  C’était une subvention régulière qui variait peu d’année en année.  Parmi les 18 bénéficiaires, au moins 14 étaient acadiens.  L’année 1882 était d’ailleurs une mauvaise année; le correspondant de Tignish, au Pioneer de Summerside, nous donne des détails de la situation dans le numéro du 7 juin:

It is no exaggeration to say that never since I came to Tignish (over 12 years ago) has there been so much want in the country…  Only yesterday, a man living on 25 acres and who generally raises enough potatoes to last him through the winter, came a distance of 9 miles with a small jag (sic) of wood which he exchanged for a few groceries and 12 lbs. of corn meal.  He declared that he left his wife and 2 children at home without a particle of food of any kind, and that these few pounds was all he could look too with any certainty.  This case is only one of many I might quote, with the difference that most of those poverty-stricken people have no wood to bring.

On arrive ainsi au tas “industrie et commerce”.  L’année commença bien; F. J. Buote, fils de Gilbert, et plus tard éditeur et rédacteur en chef de L’Impartial, ouvrit une librairie dont voici l’annonce publicitaire parue dans le Pioneer du 1er février.

BOOKSTORE AT TIGNISH

THE SUBSCRIBER has just opened a BOOKSTORE at TIGNISH STATION and has on hand a good assortment of PRAYER BOOKS, SCHOOL BOOKS, SCHOOL REQUISITES, Stationery of all kinds, besides a choice Stock of Miscellaneous Reading, all of which are offered at lowest living prices.

In connection with the above a Circulating Library is kept to which anyone can have access for the small sum of fifty cents a year.  Eleven hundred (1100) books have exchanged hands from this Library since July last.  Give us a call and encourage a new beginner.

F. J. Buote

Tignish Station, January 4th, 1882.

Dans le même numéro du Pioneer, F. J. Davidson cherche à vendre ou à louer une “Lobster factory and fishing stage… with all equipment at North Cape”.  La compagnie Myrick vendit une propriété près de la gare de Tignish dans une entente avec la famille Hubbard, dont le chef, le capitaine W.E. Hubbard était un employé de la compagnie.  (On se demande s’il était mort cette année-là, d’où la raison de la vente.)  À ce moment-là la compagnie Myrick était l’un des principaux exportateurs de pommes de terre de l’Île et elle venait de se doter des “finest premises in Alberton”.

Ensuite nous arrivons au tas “politique”.  Le Pioneer mentionna, le 8 février, “une réunion politique se terminant dans la confusion”, mais ne nous en donne pas les raisons.  Deux sujets importants dans les relations entre Tignish et le gouvernement étaient le brise-lames qui avait besoin de réparations, et “l’horaire ridicule” du chemin de fer.  Le train quittait Tignish vers 6 h 45, s’arrêtait deux heures et demie à Summerside et prenait en tout plus de six heures pour franchir la distance entre Tignish et la capitale.  On avait présenté une pétition à ce sujet mais le gouvernement ne fournit aucune réponse.  Dans le Pioneer du 15 février on lit:

… much indignation is felt, especially in Tignish, at the high handed manner in which the appeal of the western people… has been treated.  A petition so respectably signed and so just in its nature had a right to be at least civilly acknowledged.

Deux ans plus tard on avait amélioré l’horaire, au moins quant à l’arrêt à Summerside qui n’était plus que de quarante minutes.  La livraison du 15 mars du Pioneer nous informe qu’on se préparait à réparer le brise-lames, mais nous ne savons pas si ou quand les réparations furent effectuées, et si tout le monde était content par après.

Le seul homme politique dont il est question dans nos “débris” était un certain M. Hackett qui semblait se trouver assez loin de la réalité de Tignish.  Au moment où la pauvreté sévissait, comme nous avons vu, il proclamait la paix et la prospérité; il se trouvait en difficulté au sujet de brise-lames (malheureusement on ne nous donne pas de détails sur ce problème).  Et pour mettre au comble de notre “tas”, quelque chose d’absolument fou:  Ce M. Hackett qualifia M. A. J. McFadyen, commis principal et plus tard partenaire de la compagnie Myrick, de “ ‘prototype’ of Mahomet and of Brigham Young”.  Mais selon le compte-rendu du Pioneer du 8 mars, cette façon d’attaquer un homme respectable “recoils upon himself” et M. McFadyen, de dire le journal, était capable de se défendre.  On se demande quand même pourquoi ces accusations de polygamie…

Voulez-vous essayer de deviner ce qui restera du Tignish de 1982 dans cent ans d’ici?

Nouvelles de l’empremier

1982 par Contribution anonyme

 

1888 – Bloomfield :  “A few neighbors were agreeably surprised the other evening to hear the delightful music from the organ by a four years and five months old little miss of Mr. Joachim Gaudet of this place, who played four pieces on the organ with great accuracy, viz.  “Pleasure Dream”, “Les anges dans nos campagnes” and two others.  We believe this precacious maiden is the Mozart of the present day.  Mr. Gallant and his family of six children can all perform on the organ, and four of them are good violinists.”  (The Prince Edward Island Agriculturist, May 7, 1888.)

1888 – “Mr. Jos. Arsenault, Egmont Bay, familiarly known as “Joe the Post,” was in town one day last week, looking hale and hearty for his years.  He was for many years a mail carrier, and was always noted for his promptness, good nature and strict integrity.  “Split the track for Joe the Post”, will continue to be a bye-word long after its author – one of the few survivors of a generation that is rapidly passing away – undertakes his final journey.”  (The Prince Edward Island Agriculturist, November 12, 1888.)

1889 -  “La pêche à l’éperlan sur l’Île est une nouvelle industrie qui, (paraît-il) se développe assez rapidement, et promet assez bien.  Qui aurait dit, il y a un quart de siècle, que le homard, les huîtres et les éperlans seraient pour une grande partie de nos ressources financières?  (Le Moniteur Acadien, le 27 décembre 1889.)

1899 - Baie-Egmont :  “M. Édilbert Poirier d’Egmont-Bay qui habite Klondyke depuis une couple d’années et qui n’avait pas écrit depuis six mois, vient de donner de ses nouvelles.  Sa femme vient de recevoir de lui une lettre qui portait un chèque de $500.  M. Poirier a écrit de Dawson City et dit qu’il est en bonne santé et réussit bien.  (L’Impartial, le 17 août, 1899.)

1901 – Rustico-Nord :  “Les contribuables du district de St. André se sont assemblés, mercredi soir, le 23 janvier, dans leur maison d’école, pour se consulter au sujet de bâtir un appartement à leur école déjà graduée.  Tous se déclarèrent favorables à ce projet.  On espère que le nouvel appartement sera prêt à l’ouverture des classes de la prochaine année scolaire.  (L’Impartial, le 7 février, 1901.)

Qui était Paul? auteur de “Placide, l’homme mystérieux”

1982 par Marguerite Maillet

par Marguerite Maillet

 

L’article ci-dessous est un extrait d’une étude, à paraître, sur le développement de la littérature écrite en Acadie.  Son auteur, Marguerite Maillet, est professeur de français à l’Université de Moncton.  Elle vient de terminer une thèse de doctorat sur la littérature acadienne.  Dans les quelques pages qui suivent, Mad. Maillet discute du contenu d’un roman publié dans L’Impartial en 1904 et 1906, et de son auteur insulaire dont nous connaissons le nom de plume, “Paul”.

****************

Nous savons peu de choses au sujet de PAUL, sinon qu’il est un Acadien de l’Île-du-Prince-Édouard, collaborateur à L’Impartial et intéressé au développement culturel de sa province1. En 1906, il fut l’un des trois braves patriotes à souscrire chacun une somme de 50,00 $ pour la fondation d’un collège acadien sur l’île, qu’il dénomme encore l’île Saint-Jean.  Mais, c’est à titre d’auteur des aventures de Placide, que Paul mérite une place dans une histoire de la littérature acadienne.  En effet, selon toute vraisemblance, il fut le premier Acadien à publier un roman, et qui plus est, un roman d’aventures.

Il faut dire, néanmoins, que seule fut tirée à part la première de deux grandes aventures de Placide données en feuilleton, dans L’Impartial, en 1904 et en 19062. Une troisième fut annoncée qui aurait dû conduire le héros à San Francisco alors que son champ d’action avait été, précédemment, New York et Londres.  Signalons aussi que la deuxième aventure de Placide est nettement inférieure à la première sur le plan de la langue et du style, et, à un degré moindre, de l’intrigue.  Ces changements, joints à l’emploi des guillemets pour les dialogues (que nous remarquons à partir de la dernière tranche de la première avenue), nous portent à croire que le pseudonyme Paul recouvre le nom de deux auteurs dont le premier serait Gilbert Buote.  Enseignant avant de fonder L’Impartial, il est mort le 16 juillet 1904 à la suite d’une maladie de quatre mois.  Or, nous remarquons que le feuilleton fut discontinué à partir du 5 mai et que la “suite et fin”, donnée le 18 août, en plus d’accuser une assez nette différence avec les tranches antérieures, ressemble à la deuxième aventure annoncée dans la conclusion, mais qui paraîtra deux ans plus tard seulement.  Quoi qu’il en soit de son auteur, le tiré à part, Placide, l’homme mystérieux3 , demeure un roman policier d’une étonnante vivacité qui retient l’intérêt malgré des faiblesses évidentes.

Le héros Placide, un Acadien de l’île Saint-Jean, est un jeune limier hors pair que le chef de la police new-yorkaise a fait venir pour faire la chasse aux escrocs qui sèment la terreur dans sa ville.  Passant d’un déguisement à l’autre, d’une aventure à l’autre, “l’homme mystérieux”, doué d’une force herculéenne, d’une présence d’esprit et d’un sang-froid remarquables, s’attire l’admiration et le respect des personnes qu’il protège comme de celles qu’il poursuit.  En peu de temps, il capture le chef de la bande, Pierre Quavillon, celui dont le nom seul fait trembler les plus braves, celui que n’ont pu réussir à dépister les meilleurs limiers de New York et du monde.

Sans prétention, Placide se défend d’être un héros, un Acadien exceptionnel:  il est d’une race d’hommes qui se croient “aussi nobles que les plus grands hommes de la terre4« .  L’Acadien, dans ce roman, vient d’un territoire bien défini; il a ses caractéristiques propres; fier de sa nationalité qu’il affiche, il est connu et respecté comme Acadien.  Le terrible Quavillon demande à son adjoint qui a été fort impressionné par Placide:

- Est-il un Américain?
- Non.
- De quelle nationalité, donc?
- Je ne puis le dire, répondit Thomas, mais il est bien rusé, brave et capable.  Il pourrait être un Acadien5.

Le message de l’auteur Paul est clair.  Les Acadiens n’ont pas peur de se battre, ils ne sont pas des lâches, au contraire; et quand ils savent rester eux-mêmes et se faire reconnaître comme Acadiens, ils forcent non seulement tout le monde à les respecter, mais, les coupables, à reculer.  L’exil des jeunes aux États-Unis et le bilinguisme comme élément de supériorité sont notés.  Mais rien n’est appuyé par le narrateur.  Dans ce roman, écrit presque entièrement sous la forme de dialogues, c’est l’action qui demeure au premier plan.  Voilà qui diffère grandement des romans à thèse parus dans les années 30 et 60.

______________________

1.  “Nos feuilletons”, dans L’Impartial, 21 janvier 1904, p. 4, col. 1.

2.  Paul, “Placide, l’homme mystérieux”, en treize tranches, du 21 janvier au 18 août 1904; “Deuxième aventure de Placide”, en dix-sept tranches, du 18 janvier au 21 juin 1906.

3.  Paul, Placide, l’homme mystérieux, Tignish, Bureau de “l’Impartial”, (s.d.), 61 p.  Notre copie provient de Public Archives of P.E.I., Charlottetown.

4.  Paul, Placide, l’homme mystérieux, p. 42.

5.  Ibid., p. 47.

Nouvelles de l’empremier

1981 par Contribution anonyme

 

1889 – Baie-Egmont :  “La fièvre matrimoniale a encore fait son apparition parmi nous cet automne.  Si le temps de l’Avent ne fut venu mettre un frein à sa marche, le nombre de ses victimes aurait été assez considérable; espérons que ceux qui se sont laissés prendre dans ces filets sauront faire mentir le proverbe qui dit “Il y en a plus de mariés que d’heureux.”  (Le Moniteur Acadien, le 27 décembre 1889.)

1899 – Wellington :  “Notre compatriote et jeune député M. J. F. Arsenault de Wellington a droit aux plus chaleureuses félicitations pour son esprit d’entreprise.  M. Arsenault fait un commerce sur une grande échelle et s’est acquis par ses bonnes qualités et son esprit d’intégrité une position qui le place au premier rang dans le monde commercial.  Dans quelques semaines, il occupera son nouveau magasin, magnifique établissement de 85 pieds de longueur, fini dans tous les goûts de l’art moderne.  Succès à notre vaillant et énergique compatriote.”  (L’Impartial, le 17 août 1899.)

1894 – Palmer Road :  “M. l’inspecteur Arsenault en nous parlant des écoles qu’il vient de visiter dit que l’école de Palmer Road (à l’église) est maintenant trop nombreuse pour un seul maître et que pour donner justice à l’instituteur aussi bien qu’aux élèves, il faut absolument qu’il y ait un autre département.  Là où il y a 70 élèves dans le même appartement avec un seul maître, on ne doit pas s’attendre à des progrès satisfaisants.  C’est aux contribuables à y voir et ils ne devraient pas l’oublier.  La loi des écoles est tout à fait en leur faveur sous ce rapport.”  (L’Impartial, le 2 août 1894.)

1905 – Abram-Village :  “Le travail sur le Pont “Haldimand” n’avance pas vite, le monde en souffre.  Au dire des connaisseurs le travail est très mal fait et ne peut durer que très peu de temps, autant d’argent de gaspiller.  C’est bien dommage pourtant car ce pont est d’une utilité indispensable.”  (L’Impartial, le 10 août 1905.)

L’Assomption à Palmer Road – 1897

1981 par Contribution anonyme

 

La paroisse de l’Immaculée Conception de Palmer Road cette année a célébré la fête patronale des Acadiens avec un éclat et une pompe tout à fait inaccoutumée.  La veille de l’Assomption on voyait des milliers de personnes venues des paroisses voisines se réunir sur le terrain de l’église pour chômer ensemble la belle fête de l’Assomption.  Tous sans distinction de nationalité ou de religion étaient venus encourager par leur présence et leur bourse les humbles efforts des bons paroissiens de Palmer Road.  Une franche gaieté animait tous les visages et chacun semblait prendre part à la joie universelle qui caractérisait cette réunion. 

La fête de l’Assomption n’a pas été choisie comme fête des Acadiens dans le seul but de réjouir et de resserrer plus étroitement les liens sociaux qui unissent les descendants des Acadiens de 1755, mais c’est surtout pour leur rappeler que si les descendants des proscrits de Grand Pré ont encore une existence comme peuple, c’est grâce à la religion catholique qu’ils ont toujours été fiers de professer et de pratiquer.  Ainsi l’église de Palmer Road ouvrait avec un redoublement d’allégresse ses portes à deux battants, le 15 août, à la foule pieuse qui était venue assister au saint sacrifice de la messe et demander à Notre Dame de l’Assomption de veiller d’une manière spéciale sur la famille acadienne. 

Un temps superbe de nombreux pavillons flottant à la brise, l’église toujours belle ayant emprunté pour la circonstance la richesse variée de la forêt, l’autel dont les contours se perdaient pour ainsi dire dans un vert feuillage mis en relief par des pavillons aux couleurs variées, un grand nombre de personnes venues des paroisses voisines; tout en un mot annonçait que l’église de l’Immaculée Conception allait être témoin d’une solennité peu ordinaire. 

Pour la seconde fois seulement la nouvelle église de Palmer Road voyait se célébrer une messe solennelle avec diacre et sous-diacre.  M. l’abbé Turbide, vicaire de Tignish, était le célébrant; monsieur l’abbé Chiasson, curé de la paroisse, agissant comme diacre et M. l’abbé Gauthier comme sous-diacre.  Il va sans dire que le choeur de la paroisse sut se montrer digne de son passé et maintenir la haute réputation qu’il s’est acquise.

Après la communion, M. l’abbé Gauthier donna le sermon de circonstance.  Il nous présenta la Ste Vierge comme Reine du Ciel et de la terre et Reine des martyrs.  C’est à ce dernier titre surtout, dit-il, qu’elle est la patronne des Acadiens dont les aïeux ont tant souffert et enduré toutes sortes de martyre plutôt que d’abandonner leur religion.  C’est là un bel exemple, a-t-il dit, que nous ont légué nos pères; à nous de nous montrer dignes d’eux et de jamais trahir la cause pour laquelle ils ont tant souffert.  M. l’abbé Gauthier, grâce à l’ampleur de sa voix et la chaleur de son débit, sait faire parvenir à son auditoire chacune de ses paroles et captiver l’attention de ceux à qui il s’adresse.  Quoi-qu’il semble n’avoir pour but que de convaincre ses paroles néanmoins entraînent la persuasion et atteignent même parfois le pathétique.

À six heures les vêpres ainsi que le Salut furent chantés par le prédicateur du jour.

Ainsi se terminèrent les solennités de l’Assomption par la bénédiction de N.S.J.C. qui par son divin Sacrement vint couronner ce jour et mettre le sceau à cette fête de l’Assomption de 1897 dont les paroissiens de Palmer Road garderont un souvenir ineffaçable.

L’Impartial, 26 août 1897, p. 4

Nouveau chant national des Acadiens

1980 par Contribution anonyme

Sur l’air du Petit Mousse Noir.

Présenté à la Société Acadienne de Tignish, par G. Buote, et chanté pour la première fois en Acadie, à Tignish, 15 août 1901, jour de la célébration de la Fête Nationale des Acadiens.

_______________________

Lève ton front, ô ma patrie!
Contemple le ciel radieux!
Luit sur ta bannière chérie,
Le soleil d’un jour glorieux.
Débris d’une héroïque histoire,
Peuple déroule tes drapeaux!
Souviens-toi des vieux jours de gloire
Et des combats de tes héros!

Qu’ils sont beaux sur ton oriflamme.
Ces lys teints du sang de nos preux!
Braver la mitraille et la flamme,
Je crois les voir encore poudreux.
Débris d’une héroïque histoire,
Peuple déroule tes drapeaux;
Souviens-toi des vieux jours de gloire )
Et des combats de tes héros!                    ) bis

Et que la bise sur son aile,
Porte à l’ancien monde étonné
L’hymne, de sa voix solennelle,
Que chante un peuple nouveau-né.
Nous avons notre vieille histoire,
Peuple déroulons nos drapeaux;
Il est encore des jours de gloire )
Nous pouvons être des héros?   ) bis
________________________

INVOCATION

Reine des cieux, Notre Patronne,
Entends la voix de tes enfants
En ce beau jour, Sainte Madone,
Nous renouvelons nos serments.
Comm’jadis au temps de nos pères,
Dans nos chants nous t’invoquons tous;
Accepte nos humbles prières, )
À ton fils porte les pour nous.  ) bis

________________________

Publié dans L’Impartial, le 21 mars 1907, p. 4.

Nouvelles de l’empremier

1980 par Contribution anonyme

 

1880 – Rustico :  “Il nous fait plaisir d’apprendre que la banque acadienne de Rustico prospère et que ses billets sont en grande circulation.  M. Joseph Gallant en est le digne président.  Ce monsieur vient de se construire un superbe édifice dont les étages supérieurs lui serviront de résidence, et l’étage inférieur de magasin.  Il a aussi actuellement en construction sur les chantiers une jolie goélette de 80 tonneaux; elle sera prête la semaine prochaine à recevoir sa cargaison, consistant principalement en poisson, et fera voile pour Boston, sous la direction du capitaine Leblanc, d’Arichat.”  (Le Moniteur Acadien, le 12 août 1880)

1880 – Miscouche :  “M. Prospère Desroches vient d’ouvrir ici un établissement de marchand-tailleur, tel qu’on en voit peu sur l’Île.  Nos jeunes gens à 50 milles à la ronde ne manqueront pas de venir s’y faire élégants, et M. Desroches est homme à garder sa pratique, une fois celle-ci acquise.”  (Le Moniteur Acadien, le 12 août 1880)

1893 – Bloomfield :  “Le patriotisme se réveille rapidement dans nos parages.  Toutes nos écoles sont dirigées par des instituteurs acadiens.  M. Doucet à la direction de l’école de Howlan Road.  Celle de Duvar Road est sous la direction de M. Gallant, et celle de Bloomfield est tenue par M. R. Gallant.  Toutes trois sont dirigées avec habileté.”  (L’Evangéline, le 16 mars 1893)

1896 – Egmont Bay :  “La fanfare d’Egmont Bay, sous la direction du Prof. Théodore Gallant, a fait entendre pour la première fois ses sons harmonieux en donnant deux morceaux choisis de son répertoire – un avant la messe (de minuit), l’autre immédiatement après les vêpres.  (L’Impartial, le 11 février 1897)

1902 – Mont-Carmel :  “Il y aura vers le 15 juin prochain, un grand bazar et tirage de prix dans cette paroisse au profit du nouveau presbytère en voie de construction, sous les soins dévoués et paternels de notre digne curé, le Rév. M.P.P. Arsenault.  Des livres de billets sont en circulation dans la province et chez nos voisins, et nous avons confiance que nos amis nous donneront main forte, dans notre entreprise religieuse.” (L’Évangéline, 13 février 1902)

On lisait dans L’IMPARTIAL…

1979 par Contribution anonyme

le 5 octobre 1893 :

“Depuis huit jours nous avons eu un temps très orageux.  On ne constate cependant aucun dommage au havre de Tignish, on compte au delà de 150 embarcations de Caraquet qui sont venues se mettre à l’abri au commencement de la tempête.”

le 23 avril 1896 :

“Les fermiers d’Egmont Bay et des villages avoisinants sont à ériger une bâtisse à Abrams Village en vue de partir une fromagerie.  L’intérêt qu’ils ont manifesté en entendant les leçons que leur a données le Professeur Robertson les a portés à s’engager dans cette branche d’industrie devenue indispensable au bien du pays.”

le 13 janvier 1898 :

“Pendant l’année 1897 il y a eu à l’église de l’Immaculée Conception, Palmer Road, 81 baptêmes, 10 mariages et 25 sépultures dont 14 adultes.”

le 17 août 1899 :

“Les gens d’Urbainville viennent de former un cercle agricole dont M. Laurent A. Arsenault est le président.  L’Association comprend maintenant 70 membres au nombre desquels sont plusieurs des fermiers les plus en vue dans la belle paroisse d’Egmont Bay.  Les assemblées régulières sont tenues tous les quinze jours, où l’on y traite des principales questions qui ont rapport aux améliorations de la culture du sol.”