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Le 13 décembre 2008, Jour du Souvenir acadien annuel, commémoration de la déportation de 1758 des Acadiens et des Acadiennes de l’île Saint-Jean

2008 par Contribution anonyme

Beaucoup parmi les Acadiens préfèrent le 13 décembre en tant que «Jour du Souvenir acadien» annuel en commémoration de leurs déportations et en particulier à cause de la pire tragédie en pertes humaines de toutes les déportations acadiennes (1755-1762), celle du naufrage, le 13 décembre 1758, du navire Duke William près des côtes de l’Angleterre avec près de 400 Acadiens et Acadiennes à son bord.

En l’occurrence, le «Jour du Souvenir acadien» en 2008 marque alors le 250e anniversaire (1758-2008) dudit naufrage du Duke William. La Société Saint-Thomas-d’Aquin, porte-parole des Acadiens et Acadiennes de l’Île-du-Prince-Édouard, a voulu commémorer ce triste 250e anniversaire par le dévoilement de son Monument de l’Odyssée acadienne qui s’est produit dans le lieu panoramique du havre de Charlottetown car, après tout, ce fut bien à Port-la-Joye où eut lieu l’embarquement de la ronde de déportations de l’Isle Saint-Jean. Il serait de mise de se remémorer les noms des vaisseaux britanniques qui furent utilisés pour déporter nos aïeux en partance de la mer Rouge (aujourd’hui le détroit de Northumberland) : Briton, Duke William, Violet, Ruby, Mary, Scarborough, Supply, Tamerlane, John and Samuel, Mathias, Yarmouth, Restoration, Parnassus, Neptune, Richard and Mary, Three Sisters et Patience (voir aussi la couverture arrière de cette édition).

 

Jour du Souvenir acadien annuel (Port-la-Joye, le 13 décembre 2008)

 

Présentation du maître de cérémonie : Jean-Paul Arsenault

 Bonjour et bienvenue!

Je m’appelle Jean-Paul Arsenault et il me fait grand plaisir d’agir en tant que votre maître de cérémonie lors des cérémonies de clôture du 250e anniversaire de la Déportation des Acadiens et Acadiennes de l’île Saint-Jean et du dévoilement du monument de l’Odyssée acadienne…

Maisons et fermes brûlées, un peuple emprisonné, déporté, déchiré, et qui a dû se réfugier contre sa volonté; familles séparées, bateaux naufragés … Ce ne sont que quelques défis auxquels ont dû survivre
mes ancêtres, nos ancêtres … mes racines, nos racines.

La Déportation de 1758 constitue le chapitre le plus sombre de l’histoire de la communauté acadienne. Cette Déportation des Acadiens de l’île Saint-Jean constitue la plus grande tragédie humaine documentée dans l’histoire de l’Île.  Elle a entraîné dans la mort plus de 1 700 Acadiens et Acadiennes, cinquante pour cent étant des jeunes âgés de 15 ans et moins.  La plupart de ceux-ci sont décédés en  mer, soit par la maladie, soit par la noyade.  Ceux et celles qui ont pu échapper à l’expulsion ont été obligés d’abandonner leurs villages et de fuir sur la terre ferme.  En somme, une communauté comprenant cinq paroisses fut déracinée et exilée.  Seulement un petit nombre des survivants est revenu s’établir dans l’île.

Homes and farms burned, a people imprisoned, deported, torn and made refugees against their will; families separated, ships and lives lost at sea.  These were the challenges faced by my ancestors, by our ancestors; these are my roots, these are our roots.

The Deportation of 1758 is the greatest documented human tragedy in the Island’s history.  Over 1,700 deportees died at sea, fifty percent of these were children under the age of 15.  Most died from sickness or drowning while being transported overseas.  The population of the Island’s five parishes were uprooted and exiled.  Only a small number of survivors came back to settle on the Island.

En terminant l’année de ce 250e anniversaire, nous voulons d’abord nous rappeler du courage et de la persévérance de nos ancêtres qui ont vécu ces années éprouvantes. Celle-ci a été une année pour célébrer notre survivance comme peuple et pour célébrer la richesse et le dynamisme de notre culture.

Nous aimerions maintenant vous inviter à vous joindre à nous et à nous suivre pour faire le dévoilement officiel du monument de l’Odyssée acadienne.  Nous procéderons au dévoilement avec la prise de photos officielles.  Pour ceux qui désirent demeurer au chaud dans la tente, vous êtes les bienvenus.  Nous serons de retour dans quelques minutes afin de poursuivre avec les discours et la cérémonie de clôture.

 

 

DISCOURS, EXTRAITS DE DISCOURS OU NOTES D’ALLOCUTION PROVENANT DE L’INAUGURATION DU MONUMENT DE L’ODYSSÉE ACADIENNE

 

Discours prononcé par Mme Françoise Enguehard, présidente de la Société Nationale de l’Acadie

 

Madame la Ministre, Messieurs les députés,

Monsieur le Chef de Abegweit Premières Nations,

Mesdames et Messieurs,

Chers amis de l’Acadie,

Ladies and Gentlemen,

Port La Joie, tout comme Grand Pré, est un endroit magnifique où les champs descendent doucement vers la mer, à l’abri des grands vents du large, invitant le promeneur à s’arrêter pour apprécier le paysage et la douceur de vivre. Et, pourtant, ce superbe panorama a été témoin d’une grande détresse puisque c’est ici où l’on réunit il y a si longtemps les prisonniers, hommes, femmes, enfants, forcés à abandonner leurs terres et leurs biens à Étang des Berges, Rivière des Blonds ou Anse à Pinet au nom d’un royaume qu’ils ne connaissaient pas et d’une guerre à laquelle ils avaient tenté désespérément d’échapper.

Le 13 décembre a été choisi pour commémorer chaque année à travers toute l’Acadie, tous ceux qui ont perdu la vie durant la déportation, cet atroce arrachement qui a commencé dans la région de Beaubassin, passant ensuite par Grand Pré pour arriver quatre ans plus tard ici même. La date – vous le savez – est celle du naufrage du Duke William au large des côtes de l’Angleterre. La veille, le navire Violet avait connu le même sort. Des centaines d’Acadiens et d’Acadiennes de l’Île Saint-Jean terminaient ainsi, il y a 250 ans, leur long calvaire.

Les monuments de l’Odyssée acadienne font oeuvre de mémoire. Partout où ils se dressent ils rappellent les milliers de déracinés, de déportés, d’exilés de notre Grand Dérangement. Au détour d’un chemin  à Sainte-Anne du Bocage, entre la grève et l’église  à Miquelon, au coin d’une rue animée de Halifax ou sur les bords de la rivière Petticodiac à Dieppe, ils proclament aussi la fierté de notre peuple, forgé dans la tragédie et dans une victoire éclatante sur l’adversité.

Car aujourd’hui, descendants de ceux qu’on avait voulu anéantir, nous sommes ici debout. Mieux encore, nous sommes ici avec les descendants de ceux qui, à l’époque, avaient voulus nous écarter, superbe exemple qu’il est possible ensemble de tourner une  page déplorable de notre histoire et d’entamer un autre chapitre plus souriant celui-là.

December 13 – date of the fateful sinking of the Duke William off the coast of England – has been chosen as a day where all Acadians wherever they are, commemorate those who lost their lives in what we call the Great Upheaval.

The Acadians never forget. How could they? They were born of the deportation and of an overwhelming will to survive. Monuments such as this one are springing up in various places that saw the arrival of the Acadian deportees 250 years ago. You’ll find one in Halifax, near the harbour front, on the French islands of Saint-Pierre et Miquelon, in New-Brunswick and soon in Newfoundland and Labrador, in England and the United States.

Their objective is to remember but it is also to affirm! To affirm that Acadia is indeed alive and well in the heart of all of us. Ours is a nationhood of genealogy rather than passport, of shared historic grief rather than frontiers. We may be stateless but we know who we are, where we are going and why. That we stand here with all of you to inaugurate this monument today is also proof that we have all turned a painful page of our common history and have started to write a more pleasant one. Together.

La communauté acadienne et francophone de l’Île-du-Prince-Édouard a honoré tout au long de cette année la mémoire de ses ancêtres. Que vous soyez ici, actifs, pleinement engagés dans la vie de l’île, forts de vos institutions et de votre jeunesse, honore ceux qui se sont embarqués ici pensant qu’ils n’y reviendraient jamais. Fort heureusement, ils s’étaient trompés puisque vous êtes là. Le 13 décembre 1758 le site de Port Lajoie était désert… À partir d’aujourd’hui, 13 décembre 2008, grâce à ce monument, l’Acadie y a élu domicile. Just think: on December 13, 1758 Port Lajoie was deserted. Everyone had left. Today, with this monument, Acadie has chosen to live here.

Merci. Thank you.

 

Notes d’allocution de M. Brendan McDonald, directeur général de l’Est du Canada pour Parcs Canada

Je désire vous offrir, à tous et à toutes, mes meilleurs voeux à l’occasion de la commémoration de ce moment déterminant, non seulement de l’histoire de l’Île-du-Prince-Édouard, mais aussi de celle du Canada, et des quatre cultures qui y ont pris part.

The Government of Canada recognizes the importance of the story of the Acadians as part of Canada’s history, and as such, Parks Canada was pleased to sign a memorandum of understanding with la Société Saint-Thomas-d’Aquin this past summer. The agreement allowed the société to erect a monument marking the Deportation of Acadians on this day, the 250th anniversary of the 1758 event, here at the historically important location of Port-La-Joye-Fort Amherst National Historic Site. The Acadian Odyssey Monument has been placed at the end of “the old harbour path” to commemorate the over 3,000 Acadians who were deported from Prince Edward Island as well as those who remained to create the vibrant Acadian culture that exists here today.

Parks Canada strives to facilitate meaningful visitor experiences that connect Canadians and other visitors to the natural and cultural heritage of the region. Working together with la Société Saint-Thomas-d’Aquin to commemorate the Deportation of Acadians from this site is one of the key actions taken to achieve this goal. In addition, Parks Canada is currently working very closely with partners – la Société Saint-Thomas-d’Aquin, the Mi’kmaq Confederacy of Prince Edward Island and the British Commonwealth Society to finalize a plan for the future development of this beautiful and culturally significant site.

Along with the memorandum of understanding that was signed earlier this year, Parks Canada also expanded «the old harbour path» and erected new interpretive panels which explore how four cultures, Mi’kmaq, French, Acadian and British, each played an important role in the history at this site and the area.

Ces panneaux constituent un exemple concret de l’engagement continu de notre gouvernement à fournir aux visiteurs canadiens et étrangers la chance de vivre des expériences mémorables et d’approfondir leur connaissance de l’histoire du Canada.

Parcs Canada est fier de s’associer à des organismes qui désirent commémorer notre histoire commune. Je tiens à souligner la contribution de la Société Saint-Thomas-d’Aquin et de la province de l’Île-du-Prince-Édouard à l’événement d’aujourd’hui. La Société a organisé de nombreuses activités afin de commémorer ce moment très émouvant de l’histoire du Canada.

Ongoing commemorative events on this, the “Acadian Remembrance Day” complemented by this beautiful monument and interpretive trail will ensure that the Deportation of the Acadians 250 years ago is remembered today and well into the future.

Thank you. Merci et bonne journée.

 

Notes d’allocution de l’hon. Carolyn Bertram, ministre responsable des Affaires acadiennes et francophones

Au nom du premier ministre Ghiz et de l’ensemble du gouvernement provincial, c’est avec grand plaisir que je me joins à vous aujourd’hui pour le dévoilement du monument de l’Odyssée acadienne ici à l’Île-du-Prince-Édouard.

Aujourd’hui et au courant de l’année, nous avons souligné le deux cent cinquantième anniversaire de la Déportation des Acadiens et Acadiennes de l’Île.

Mais nous avons également célébré le courage et la persévérance du peuple acadien tout comme nous célébrons la vitalité de la communauté acadienne et francophone.

Nous nous retrouvons donc une fois de plus ici à Port-la-Joye, où se trouvent les vestiges du premier établissement européen à l’Île, pour clore les célébrations entourant ce deux cent cinquantième anniversaire.

While the various deportations that began in 1755 are inextricably linked, they are not one and the same. It is my hope that having the Acadian Odyssey Monument here will promote better knowledge and understanding not only of the Deportation of Island Acadians, but also of our Island’s Acadian roots.

D’ailleurs, je crois que nous allons entendre parler du redéveloppement du site un peu plus tard cet après-midi. Dans cette perspective, je souhaite vivement que jeunes et moins jeunes mettront Port-la-Joye-Fort Amherst sur leur liste de choses à voir et découvrir à l’Île-du-Prince-Édouard.

Nous avons une riche histoire qu’il est important de faire connaître, autant auprès des Insulaires qu’auprès de ceux qui nous rendent visitent par milliers à chaque année. Merci.

 

Sur le plan de redéveloppement du lieu historique national  de Port-la-Joye – Fort Amherst

 

Notes d’allocution de M. Edmond Richard, président de la Société Saint-Thomas-d’Aquin

Les recommandations, telles qu’établies par le Comité de réaménagement de Port-la-Joye – Fort-Amherst au cours du processus de planification,  concernent les priorités du réaménagement du lieu historique national. Ces recommandations s’inspirent de la collaboration soutenue entre les membres du Comité, les intervenants et les consultants et elles traduisent la vision et la mission du Comité de réaménagement.  Les 14 recommandations sont présentées en catégories correspondant aux principaux domaines du réaménagement,

1 •       soit l’accès et la visibilité,

2 •       le terrain et les structures,

3 •       les installations d’accueil et expériences du visiteur

4 •       de même que le processus, les relations et les partenariats.

I invite you to peruse the recommendations presented in summary form on the panels along the wall.

Le Comité reconnaît que le réaménagement à Port-la-Joye – Fort-Amherst ne se fera pas instantanément. Il faut, avant d’apporter toute amélioration au site, une vision claire du réaménagement et de toutes les étapes à venir pour concrétiser les améliorations. Il faut en outre sensibiliser les gens à la vision afin de créer une impulsion et de constituer une base solide de soutien.

Le Comité de réaménagement du Port-la-Joye – Fort-Amherst est conscient d’avoir une importante occasion de donner une orientation future au site et présente ce rapport, convaincu qu’il est temps de redonner vie au lieu historique national du Canada du Port-la-Joye – Fort-Amherst et de restaurer l’intérêt du public à son égard.

Merci/ Thank you / We’lali’oq

 

Notes d’allocution de Mme Judy Clark au nom de la Mi’kmaq Confederacy of Prince Edward Island

The Port la Joye Fort Amherst Redevelopment Committee would like to thank the SSTA for the opportunity to be part of this special day.   —-

Port la Joye – Fort Amherst is a profoundly important place.  It has been the scene of struggle, conflict and cooperation, of great accomplishments and terrible tragedies. The decisions and actions effected here laid the foundations for much of what Prince Edward Island is today. The stories that Port-la-Joye-Fort Amherst has to tell are meaningful and compelling.

Visitors to this National Historic Site are often struck first by its beauty.  Those who are also fortunate to discover and appreciate the richness and scope of what has taken place here are often moved by the experience.  Port -la-Joye – Fort Amherst (PLJFA) is a place to which many people develop a strong attachment.

Much of the Site’s tremendous potential, however, has remained untapped.  That remarkable potential has been recognized and expressed by many individuals and groups over the last decade. Collectively, they voiced a desire to see the site reinvigorated through the development of engaging new visitor experiences and attractive facilities that would increase visitation, revitalize the site’s profile, and create greater relevance to the public (both Islanders and visitors).

The catalyst for redevelopment at Port-la-Joye – Fort Amherst occurred in 2005, when an unfortunate mechanical malfunction caused extensive water damage in the site’s Visitor Reception Centre. Rather than invest financially in repairing a building that had not yet been studied for future site growth, Parks Canada elected to begin a project to cooperatively plan a comprehensive redevelopment that would encompass the entire Port-la-Joye – Fort Amherst site.

 

Notes d’allocution de M. Kinsey Smith au nom de la RoyalCommonwealth Society of Prince Edward Island

The need for greater consultation with, and involvement of, stakeholder and community groups was immediately recognized as essential to the redevelopment planning process for Port-la-Joye – Fort Amherst. Discussions with representatives of key stakeholder groups were thus initiated to begin the first step in the planning process – establishing a vision for redevelopment at the site. Representation from three organizations – The Mi’kmaq Confederacy of PEI (MCPEI), La Société Saint Thomas d’Aquin (SSTA), and The Royal Commonwealth Society Prince Edward Island – reflect the interests of Mi’kmaq, Acadian and Francophone, and British cultural groups respectively at this Site and in this collaborative process.
Our groups possess a deep interest and affinity for Port-la-Joye – Fort Amherst, as a result of deep-rooted cultural and in several cases, family connections to the Site.  The group has come together in a spirit of respect and appreciation for all of the histories present.

A Memorandum of Understanding signed by these parties and the Parks Canada Agency in May of 2007 formalized this partnership and expressed the mission, goals, and objectives of the Port-la-Joye – Fort Amherst Redevelopment Committee.

The basis of the Redevelopment Committee’s work has been:

•          To create a vision for the revitalization of Port-la-Joye – Fort Amherst,
for recommendation to Parks Canada; and

•          make recommendations and oversee (if/where necessary) the
creation of an agreement or entity which may subsequently assist
Parks Canada in the realization of this vision.

Recognizing that there are other interested stakeholders who can also make valuable contributions to the process, the Committee held workshops on July 10, 2007 and June 16, 2008 to discuss the creation of a redevelopment vision for the site and gather additional stakeholder input.  The Port-la-Joye – Fort Amherst Redevelopment Committee wishes to recognize the input of the broad range of stakeholders, from a wide variety of fields, who have made significant contributions to this Vision for Redevelopment.

The report of this committee encompasses four overarching goals:

•          Create an historical and cultural experience unique in Atlantic Canada

•            Increase awareness and appreciation of Port-la-Joye – Fort Amherst
and its history

•          Increase visitation

•          Continue to provide opportunities for community involvement in the
future direction and redevelopment of the site.

Pierre Douville : un illustre fils de l’île Saint-Jean

2008 par Georges Arsenault

Parmi les quelque 3 000 habitants de l’île Saint-Jean déportés en France en 1758, Pierre Douville est sans doute celui qui s’est le plus illustré dans les années qui ont suivi le Grand Dérangement. Devenu homme d’affaires et capitaine de navire, il offre ses services de navigateur expérimenté pour combattre les Britanniques, d’abord auprès des Américains et ensuite auprès des Français 1.

Pierre Douville a vu le jour le 7 août 1745 à Havre-Saint-Pierre, île Saint-Jean. Il était le dixième enfant et le plus jeune fils de François Douville et de Marie Roger. La famille Douville était l’une des familles pionnières de l’île Saint-Jean et l’une des plus prospères. Le père, François Douville, s’établit à l’île en 1719 2.

Portrait de Pierre Douville.
Source : Military Collection, John Hay Library, Brown University, Providence, Rhode Island

À l’automne de 1758, alors qu’il n’a que 13 ans, Pierre Douville se voit déporté en France. Après environ trois mois en mer, il débarque à Saint- Malo, en Bretagne, le 29 janvier 1757 en même temps que sa mère, deux frères, cinq soeurs, deux beaux-frères, une belle-soeur ainsi que plusieurs neveux et nièces. Malgré la grande épreuve à laquelle elle a dû faire face, la famille Douville se compte chanceuse d’avoir survécu contrairement aux 24 familles de la région du Havre-Saint-Pierre qui sont complètement disparues pendant la Déportation. De toute évidence, elles ont été englouties par la mer quand le bateau qui les transportait, probablement le Violet, a coulé près des côtes de l’Angleterre pendant une tempête le 12 décembre 17583. Cependant, la famille Douville n’a pas été complètement épargnée. Dans les quelques mois qui suivent son arrivée en France, Pierre Douville perd trois soeurs, un beau-frère et sept neveux et nièces 4 qui sont emportés par la maladie.

Exilée en France, la famille Douville s’installe temporairement à Saint-Servan, en banlieue de Saint-Malo. Aussitôt la paix revenue entre la France et la Grande-Bretagne, et le traité de Paris signé en 1763, les Douville passent aux îles Saint- Pierre et Miquelon à l’instar de nombreuses autres familles qui avaient été déportées de l’Isle Royale, de l’île Saint-Jean et de l’Acadie. Ils quittent les côtes de la Bretagne dès le mois de juin à bord de La Marie-Charlotte, navire affrété par le roi. À leur arrivée aux îles, le gouvernement leur attribue deux concessions, avec graves donnant sur la mer, et situées sur l’Île-aux-Chiens, dans l’entrée de la rade de Saint-Pierre. La première concession est au nom de la veuve Douville et de ses enfants (y inclus Pierre), la seconde au fils aîné, Jacques Douville, époux de Judith Quémine. La pêche à la morue et son commerce deviennent le principal gagne-pain de la famille 5.

Pierre est alors un jeune navigateur de 17 ans. L’année suivante, il quitte sa famille et retourne en France où on le retrouve comme matelot sur La Nourrice, une flûte du Roi qui transporte des familles acadiennes à Cayenne, en Guyane française6. En 1765, à titre de second lieutenant, Pierre fait partie de l’équipage des Deux Amis qui amène en France 45 Acadiens récemment arrivés aux îles Saint-Pierre et Miquelon. Ces derniers sont forcés par les autorités françaises à quitter les îles parce qu’on juge qu’il y a un surcroît de population.

 
Le jeune navigateur revient bientôt auprès des siens et il navigue sur des navires de commerce entre Saint-Pierre et Miquelon et les ports de la Nouvelle-Angleterre. Vers 1770, Pierre Douville s’établit au Rhode Island où il est d’abord maître de navire et travaille pour le compte de riches négogiants. Il s’installe d’abord à Pawtucket puis à Providence.

 

La guerre de l’Indépendance américaine déclarée le 18 avril 1775, Douville ne tarde pas à s’enrôler dans la marine américaine et mène une carrière militaire navale pendant huit ans et sept mois. Il est d’abord nommé second lieutenant. Ses connaissances approfondies de la navigation le long des côtes de l’Atlantique font de lui un guide précieux pour les opérations militaires. Il joue notamment un rôle important comme pilote pour la flotte française, commandée par le comte d’Estaing, venue prêter main-forte aux Américains contre les Britanniques. Sa performance est récompensée par une promotion au rang de lieutenant de marine. Entre 1780 et 1782, on le trouve au service de l’escadre du comte de Barras, lieutenant général des armées navales françaises, à bord du Duc de Bourgogne. La lettre d’appréciation écrite par Monsieur de Barras témoigne de la qualité de ses services :

Nous Lieutenant général des Armées navales, Commandant de l’Ordre royal et militaire de Saint-Louis, certifions que M. Douville, lieutenant dans la Marine des États-Unis de l’Amérique, a servi pendant près de deux ans en qualité de Lieutenant de Vaisseau et de pratique des côtes de la Nouvelle Angleterre, à bord du vaisseau du Roi le Duc de Bourgogne, sous nos ordres immédiats, et sous ceux des Généraux qui nous ont précédé dans le commandement de l’escadre stationnée sur les côtes de l’Amérique septentrionale, et nous déclarons avoir toujours été parfaitement satisfait de ses services, comme officier de mer, comme homme de guerre, et comme pratique des côtes du nord de l’Amérique. – A bord du Duc de Bourgogne, dans la Baye du fort Royal de la Martinique, le 24 mars 1782. Signé : Barras 7

 Les excellents services rendus aux fondateurs de la nation américaine par ce natif de l’île Saint- Jean ne sont pas oubliés. Le 5 octobre 1784, Pierre Douville est nommé membre fondateur de la Society of the Cincinnati, ordre destiné à récompenser ceux qui s’étaient illustrés au cours de la guerre de l’Indépendance. Le président-fondateur de cette société était nul autre que le général George Washington, premier président des États-Unis d’Amérique.

 
Pendant la guerre, Pierre Douville se marie à Providence, le 26 juillet 1778, avec Cynthia Aborn, fille du colonel Samuel Aborn de Warwick, Rhode Island. Ce dernier avait été député de l’Assemblée générale provinciale en mai 1772 et avait commandé un régiment de milice à Pawtucket en 1776-1777. Le couple Douville a eu cinq enfants.

Revenu à la vie civile à la fin décembre 1784, Pierre Douville reprend son commerce maritime. Il se construit une corvette et fait plusieurs voyages aux Antilles, région avec laquelle s’intensifiait le commerce de la jeune nation américaine. En 1787, il amène sa famille à Saint-Pierre et Miquelon où elle demeure jusqu’en 1789.

Pierre Douville se rend en France au mois de décembre 1792 et s’enrôle dans la marine de la République française en janvier 1793, voulant « se rendre utile à sa patrie » dans ces années turbulentes de la Révolution française. Il est d’abord affecté en tant que lieutenant de vaisseau sur L’Achille à surveiller les côtes de la Loire Inférieure et du Morbihan.

 
Le 25 février 1794, Douville reçoit le commandement de L’Impétueux, bâtiment de 74 canons. Ce navire fait partie d’une escadre de 26 bâtiments qui a pour mission de protéger le convoi de blé des États-Unis à destination de Brest qui devait servir à apaiser un peu la famine qui sévissait à la fois dans les villes et les campagnes de France. Il participe à la bataille navale de Prairial de l’an II (28 mai-1er juin 1794) qui se déroule à 400 milles de Brest contre l’escadre de l’amiral anglais Howe. Dès le début de l’affrontement, Pierre Douville est atteint de 18 projectiles de mitraille. Il est fait prisonnier et retenu prisonnier en Angleterre où il meurt le 17 juin 1794 à la prison de Forton, à Gosport, près de Portsmouth.

 
Il y a confusion sur le lieu où se trouve aujourd’hui la sépulture de Pierre Douville. Raymond Douville (qui n’a aucun lien de parenté avec lui), dans son article intitulé « L’Odyssée d’un Acadien dans les marines américaine et française », publié en 1954, affirme que la dépouille a été transportée de l’Angleterre aux États-Unis par les soins de la Société des Cincinnati. Il dit également qu’elle a été inhumée dans le West Burial Grounds à Providence, Rhode Island, puis déplacée non loin au cimetière Swan Point en 1871 où un élégant monument a été élevé sur sa tombe. L’auteur avoue cependant qu’il n’avait pu découvrir où précisément Douville avait été enterré en Angleterre. Il ne donne pas non plus de date pour le transport de la dépouille aux États-Unis et ne précise pas la source de son information. Quant aux archives de la Rhode Island Society of the Cincinnati, elles ne contiennent rien indiquant que la translation des restes de Douville aurait eu lieu 8.

Il est donc probable que les cendres de Douville soient toujours en Angleterre. D’ailleurs l’inscription sur le monument, situé dans la concession familiale au cimetière Swan Point, ne dit pas que sa dépouille a été rapatriée aux États-Unis ni qu’elle repose sous le monument :

PIERRE DOUVILLE
was born in Canada, a subject of the King of France. He settled in Providence as a merchant, and served as a Lieutenant in the American Navy during the War of Independence; after which he was recalled by his King [sic], and appointed to the command of the French ship-of-the-line L’Impétueux, which he defended in the desperate battle between the French and English fleets off Ushant, on the first of June, A.D. 1794, until his last spar was shot away, and until he had received eighteen wounds, of which he died; thus closing an unspotted life which had been bravely and consistently spent in the service of his adopted and of his native country.

 

Ce monument semble donc être un monument commémoratif et non funéraire. En 1877, deux petites-filles de Pierre Douville ont présenté un portrait de leur grand-père à la Brown University de Providence. Dans une lettre accompagnant le don, et signée J. W. P. Jenks, il est question du monument qui avait été déplacé quelques années auparavant. Il y a aucune suggestion qu’il repose sur la sépulture du disparu : « The Cincinnatus Society, aided by his heirs, erected a monument to his memory in the West Burying Ground, which has been lately removed to Swan Point Cemetery 9. »

Le portrait en question est une peinture qui aurait été exécutée en France en 1794. Elle a été présentée à la Brown University par Cynthia Douville Willis et Sarah A. Tinkham. Leur mère, Cynthia (Mme John Willis, Jr.) était la fille de Pierre Douville. Le portrait de Pierre Douville constitue le seul portrait qui existe d’un individu né à l’île Saint-Jean avant la Déportation. En 2008, à l’occasion du 250e anniversaire de la Déportation de 1758, le Musée d’art du Centre des arts de la Confédération a emprunté cette peinture historique et l’a exposée pendant tout l’été, ramenant ainsi Pierre Douville dans son île natale après deux siècles et demi d’absence.

Parmi les descendants de l’illustre Pierre Douville l’on compte l’acteur de cinéma américain, Charles-Douville Coburn (1877-1961). En 1943, il a gagné l’Oscar du meilleur second rôle masculin pour sa performance dans le film The More the Merrier. Il a notamment joué à côté de Marilyn Monroe dans le film Gentlemen Prefer Blondes produit en 1953 10.

L’histoire étonnante et admirable de Pierre Douville est peu connue à l’Île-du-Prince-Édouard. Avant la parution du livre de Earle Lockerby, The Deportation of the Prince Edward Island Acadians (Nimbus, 2008), cet ancien Insulaire ne figurait dans aucun livre d’histoire de l’Île-du-Prince- Édouard et même de l’Acadie. Mais il y a espoir que l’odyssée de cet intrépide « Acadien11 » sorte de plus en plus de l’obscurité. Son portrait figure depuis quelques années dans l’exposition permanente du Musée acadien de l’Université de Moncton. Nous souhaitons que la publication du présent article contribue à donner à ce célèbre Insulaire d’origine sa place dans l’histoire de notre Île.

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1. Les renseignements sur la vie de Pierre Douville sont tirés principalement des articles suivants : Raymond Douville, « L’Odyssée d’un Acadien dans les marines américaine et française », Les Éditions des Dix, Montréal, 1954, p. 1-30 ; Gérard Scavennec, « Pierre Douville, un Acadien à la recherche de son identité », dans Racines et Rameaux français d’Acadie, bulletin no 11 (juin 1994), p. 2-8 ; Gérard Scavennec, « Pierre Douville, 1745-1794 ou Le destin hors du commun d’un marin acadien », Racines et Rameaux français d’Acadie, numéro hors série, 2005, 35 p. : Florian Bernard (with additional notes by Michael Talbot & Dennis Boudreau), « François Douville and his Family, Forgotten Acadians », Le Réveil Acadien, Fitchburg, Mass., vol. XIV, no. 1 (February 1998), p. 20-22 ; Michel Poirier, « Pierre Douville, fils de Normands de Coutances, héros de la guerre d’Indépendance américaine et peut-être de Jules Verne », Annales de Normandie, Congrès des Sociétés historiques et archéologiques de Normandie, vol. 6, 2001, p. 314-328.

2. Georges Arsenault, « Le premier insulaire d’origine européenne enterré à St. Peters Harbour. », La Petite Souvenance, numéro 16, p. 9-11.

3. Information donnée par le généalogiste Stephen White dans une conférence à St. Peters lors du colloque « Discovering the History and People of Saint-Pierre-du Nord », le 12 mai 2001. Voir La Voix acadienne, 23 mai 2001, p. 5.

4. Gérard Scavennec, « Pierre Douville, 1745-1794 ou Le destin hors du commun d’un marin acadien », p. 6.

5. Michel Poirier, loc. cit.

6. Gérard Scavennec, op. cit., p. 6.

7. Cité dans Scavennec, « Pierre Douville ; un Acadien à la recherche de son identité »,  loc. cit., p. 4.

8. Lettre de Henry L. P. Beckwith, secrétaire de la Rhode Island Society of the Cincinnati, à Georges Arsenault, 6 décembre 2003, incluant quelques documents relatifs à la peinture de Pierre Douville, qui se trouve à la Brown University, et à son monument. Courriels de Lauren Fish, de la Library of the Society of the Cincinnati, 18 et 19 novembre 2003.

9.         Ibid.

10.       Ibid.

11.       Strictement parlant, Pierre Douville n’était pas Acadien et ne s’identifiait pas ainsi. Né à l’île Saint-Jean, son père était originaire de la Normandie et sa mère, Marie Roger, de La Rochelle. Les Douville ont vécu à l’île Saint-Jean de 1719 à 1758, colonie qui, à cette époque, n’était pas considérée comme faisant partie de l’Acadie.

 

MOTION 12 DES MEMBRES DE L’ASSEMBLÉE LÉGISLATIVE DE L’ÎLE-DU-PRINCE ÉDOUARD

2008 par Contribution anonyme


ASSEMBLÉE LÉGISLATIVE DE L’ÎLE-DU-PRINCE-ÉDOUARDDeuxième session de la soixante-troisième assemblée générale

Présidente L l’honorable Kathleen M. Casey

Motion 12 eu égard à la Déportation des Acadiens de l’île Saint-Jean Proposée par l’hon. Robert Ghiz, premier ministre de l’Île-du-Prince-Édouard Appuyée par le député Sonny Gallant, Évangéline-Miscouche Adoptée unanimement le vendredi 2 mai 2008 / Hansard : pages 1164-1181

 

GOVERNMENT MOTIONS


Speaker: the hon. Provincial treasurer.

Mr. Sheridan: madam speaker, I move, seconded by the hon. Premier, that Motion 12 be now read.

Speaker: Shall it carry?

Some Hon. Members: Carried.

Clerk: Motion No. 12.
The Honourable Premier moves, seconded by the hon. Member from Evangeline-

Miscouche, the following motion:

WHEREAS French and Acadian settlers came here in 1720, to Isle-Saint-Jean, and established the first permanent European settlement on the island, living side-by-side with the Mi’kmaq;

AND WHEREAS 250 years ago, in 1758, the British order of Deportation of island Acadians sentenced entire communities to exile and deprived them of their peaceful way of life;

AND WHEREAS two-thirds of the settlers were forcibly expulsed, 1,700 of whom perished, while others fled, sparing only a couple of hundred individuals by mid-1759;

AND WHEREAS the Deportation inflicted suffering and hardships that shaped the indomitable spirit of the Acadian people, spirit that is alive and well today;

AND WHEREAS the Acadian and Francophone community is an integral part of the social fabric of our province and actively contributes to all aspects of island society;

AND WHEREAS the Acadian and Francophone community has built a dynamic network of institutions, like the Société Saint-Thomas-d’Aquin and the Collège Acadie Î.-P.-É., that ensure both its growth and its vitality;

AND WHEREAS institutions such as schools and community centres, French public libraries, the Acadian museum, among others, ensure that the Acadian culture and French language are not only preserved, but continue to flourish;

AND WHEREAS all islanders would benefit from gaining better understanding of the Deportation and of the significance of the province’s rich Acadian heritage;

AND WHEREAS governments have paved the way over the last 30 years for the present members of the Legislative Assembly to support linguistic duality in Prince Edward Island now, and for future generations;

THEREFORE BE IT RESOLVED
that the Legislative Assembly encourage all islanders to participate in the various activities which will take place throughout the year to commemorate the Deportation and celebrate the vitality of the Acadian and Francophone community, notably the unveiling of a monument this summer at Port-la-Joye-Fort-Amherst National Historic site, the location of the original French settlement;

THEREFORE BE IT FURTHER RESOLVED that the Government of Prince edward island actively pursue its commitment to the development and enhancement of the Acadian and Francophone community.

Speaker: Hon. members, we’ll move to the hon. Premier to open debate.

Premier Ghiz: Merci beaucoup Madame la présidente.
Premièrement, j’aimerais dire bonjour à tous les gens qui sont ici aujourd’hui avec nous. On a Georges Arsenault, président du Comité historique Soeur Antoinette DesRoches. On a Francis Blanchard, qui était un des gens que je connaissais quand j’étais un petit gars sur Brighton Road et puis qui est aussi membre du Comité historique Soeur Antoinette DesRoches et président du Club Richelieu Port-La-Joye. On a Marcellin Garneau, vice-président de la Société Saint-Thomas-d’Aquin; Edgar Arsenault, un autre de mes amis, directeur par intérim du Carrefour de l’Isle- Saint-Jean et puis on a aussi des gens qui travaillent avec nous et notre ministre, dans notre département Donald DesRoches, Dominique Chouinard et Ricky Hitchcock qui sont ici avec nous aujourd’hui.

Thank you very much, madam speaker.

First of all, I would like to say hello to everyone here with us today. We have Georges Arsenault, Chair of the Soeur Antoinette Desroches Historical Committee. We have Francis Blanchard whom I met when I was a young boy on Brighton road and who is also a member of the Soeur Antoinette Desroches Historical Committee and Chair of the Club Richelieu Port-La-Joye. We have Marcellin Garneau, Vice-President of the Société-Saint-Thomas-d’Aquin; one of my friends, Edgar Arsenault who is acting Director of the Carrefour de l’Isle-Saint-Jean and we also have people working with us and our minister in our Department, Donald Desroches, Dominique Chouinard and Ricky Hitchcock who are with us here today.

Madam Speaker, it is my privilege to move this motion recognizing the 250th anniversary of the deportation of Island Acadians.

Our Legislative Assembly first brought attention to this tragic event three years ago by recognizing the first wave of deportation which began in 1755 with the expulsion of Acadians from Nova Scotia.

Today, we turn our attention to island Acadians who were targeted for deportation beginning in 1758 when the French military surrendered Louisbourg to British troops.

It is difficult to imagine the conditions that greeted French and Acadian settlers when they arrived here in the spring of 1720. Not only had these individuals left their home country, friends and sometimes families, they had to establish an entirely new colony from scratch. They had to sustain themselves however they could, brave the elements, and endure hardships we will never fully be able understand.

While certainly not an easy way of life it had been a peaceful way of life. To have it all taken away from them – in what amounted to a power struggle between two far away countries – was a definitely cruel twist of fate.

Today, in commemorating the deportation of island Acadians we pay tribute to the Acadian people, to their lasting and ever- present contribution to our great province.
We also recognize hardships suffered not just with the deportation, but in other instances, such as in 1877 when most French books were pulled from Acadian schools, and the fact that the right to education in French wasn’t recognized until 1980.

But we’ve come a long way since then. In fact, last fall i was invited to speak at the Annual General meeting of La Société éducative, the French community college based in Wellington. That evening I had the opportunity to meet with community representatives and to hear the testimony of one of the college’s students who spoke of her learning experience.

To all those present – some of whom have long been involved in the area of education – it was apparent just how far we’d come.

The evening also highlighted how access to post-secondary education in French is vital to the development and enhancement of the Acadian and Francophone community and how it can be a powerful asset in building our province’s human capital. I’ll talk a little bit more about that later on in my notes.
The United Nations have declared 2008 to be the international Year of Languages. It has done so in order to bring attention to the essential role languages play in identity, preserving cultural heritage, and building knowledge societies.

In Canada, official language communities from coast-to-coast-to-coast contribute to our country’s social fabric and economic prosperity. Let us celebrate our linguistic diversity and continue to promote learning and using Canada’s official languages in the public and private domains.
Madame la Présidente, au cours des trente dernières années, le gouvernement provincial a fait d’importants progrès dans sa relation avec la communauté acadienne et francophone, en matière de promotion des langues officielles et dans la prestation de services en français.

Madam Speaker, during the past thirty years, the provincial government has made great strides in its relations with the Acadian and Francophone community regarding the promotion of official languages and the delivery of French language services.
Aussi, notre province continue de se démarquer par son leadership en matière de connaissance des langues officielles.

Also, our province continues to be known for its leadership in terms of its knowledge of official languages.

Alors que le taux de bilinguisme pour l’ensemble du Canada est légèrement à la baisse, le taux de bilinguisme à l’Île-du-Prince-Édouard continue d’augmenter.

While the bilingualism rate throughout Canada is slightly diminishing, the bilingualism rate in Prince Edward Island continues to increase.
Cela s’explique par l’amélioration de l’accès à l’éducation en français langue première mais également par la popularité des programmes d’immersion française.

This can be explained by improved access to French, first language instruction as well as by the popularity of French immersion programs.

Madame la présidente, mon gouvernement reconnaît que l’appui à la communauté acadienne et francophone doit s’exprimer par des mesures tangibles.

Madam Speaker, my government recognizes that the support provided to the Acadian and

Francophone community must be expressed by concrete measures.

C’est pourquoi nous avons pris un engagement concret envers le développement à long terme de la communauté acadienne et francophone. D’ailleurs, la ministre responsable et son équipe travaillent activement sur ce dossier depuis quelques mois déjà.

This is why we have made a concrete commitment to the long term development of the Acadian and Francophone community. In fact, the minister responsible and her team have been actively working on this issue for the past few months already.
L’an dernier, nous avons célébré le 30e anniversaire du Comité consultatif des communautés acadiennes et le 20e anniversaire de la Politique sur les services en français.

Last year, we celebrated the 30th anniversary of the Acadian Communities Advisory Committee and the 20th anniversary of the French services Policy.

Et dans deux ans à peine Madame la Présidente, nous allons célébrer le 10e anniversaire de la Loi sur les services en français.

And in barely two years, madam speaker, we will be celebrating the 10th anniversary of the French Language services Act.

Dans ce contexte, mon gouvernement a annoncé dans le discours du Trône qu’il allait élaborer – au cours de son mandat actuel – un horaire de promulgation intégrale de la Loi sur les services en français.

in this context, my government announced in the throne speech that it will develop – during the course of its present mandate – a schedule for the complete enactment of the French Language Services Act.

D’ailleurs, nous allons présenter dès ce printemps des modifications à la Loi. Ces modifications représentent une étape nécessaire avant la promulgation d’articles ou de sections supplémentaires – ce que nous souhaitons faire au cours de notre mandat actuel, en plus de l’horaire.

In fact, as of this spring, we will be presenting amendments to the act. these amendments represent a step required before the enactment of additional sections or parts which we want to do during our present mandate in addition to the schedule.

Madame la Présidente, nous reconnaissons qu’il existe une certaine impatience à ce sujet au sein de la communauté acadienne et francophone.

Madam Speaker, we recognize that there is some urgency in this regard within the Acadian and Francophone community.

Bien que la Loi ne soit pas encore entièrement promulguée, on note depuis un certain nombre d’années une amélioration dans la relation gouvernement-communauté. Il existe maintenant une plus grande ouverture de l’appareil gouvernemental envers les besoins de la communauté acadienne et francophone.
While the act is not completely enacted, we have noted during the past few years now that relations between government and the community have improved. Government is now more open to the needs of the Acadian and Francophone community.

De façon générale, on peut tirer les grands traits suivants à propos de ces améliorations: création de postes bilingues, dans le domaine de la santé en particulier; représentation de la communauté au sein de divers comités gouvernementaux, dont ceux reliés à l’enfance, aux aînés et à la situation de la femme; augmentation du nombre de publications bilingues; programme d’affichage routier bilingue; et l’établissement de centres-scolaires communautaires.

The following are the key areas of improvement: creation of bilingual positions, particularly in the field of health; representation of the community on various government committees, including those related to children, seniors and status of women; increase in the number of bilingual publications, bilingual road signage program and the establishment of school and community centres.

On peut également prendre comme exemple le programme « 30 minutes pour la famille » que nous avons lancé récemment.

We can also take as an example the Take 30 for the Family program which we recently launched.
Ce programme qui relève du Secrétariat à l’enfance a été conçu de façon entièrement bilingue et ce, dès le départ. Tout le matériel promotionnel – incluant le site Web, les auto-collants, les affiches et la publicité – est disponible dans les deux langues.

This program, which comes under the children’s secretariat, was developed in a completely bilingual format from the start.

All promotional material, including Web site, stickers, posters and publicity, is available in both languages.

De plus, les intervenants de la communauté acadienne et francophone ont eu l’occasion de se prononcer sur le contenu du programme en plus d’être des partenaires clés dans la mise en oeuvre du programme.

Also, the Acadian and Francophone community had the opportunity to voice their opinion on the contents of the program as well as serve as key partners in the implementation of the program.

Madame la Présidente, nous reconnaissons qu’il reste du travail à faire pour sûr. Pour être franc, il y aura toujours du travail à faire, car nous vivons dans une société toujours en mouvance, où les changements démographiques et la mondialisation se font continuellement sentir.

Madam Speaker, we know that there is certainly more work to be done. to be honest, there will always be work to do because we live in a society which is in constant evolution, where the effects of demographic changes and gobalization are continually being felt.
Mais la position de notre gouvernement est sans équivoque : nous souhaitons travailler en collaboration avec la communauté acadienne et francophone afin d’assurer son épanouissement aujourd’hui et pour les années à venir.

But our government’s position in unequivocal: we want to work in collaboration with the Acadian and Francophone community to ensure its development today and in the years to come.

Et puis, Madame la Présidente, je sais que des fois on fait des publications dans le gouvernement et quelqu’un m’appelle au téléphone pour dire qu’on n’a pas fait ça bilingue. Des fois on fait des invitations et ce n’est pas bilingue. C’est des choses que je sais qu’on doit améliorer ou essayer d’améliorer et puis on va travailler vraiment fort pour essayer d’améliorer ces choses dans le futur.

Also, Madam Speaker, I know that sometimes we prepare government publications and then someone calls me on the phone to say that it wasn’t done in a bilingual format. Sometimes we prepare invitations that are not bilingual. Those are things that I know must be improved or that we must try to improve and we will work really hard to try to improve these things in the future.

In my earlier comments, I talked a little bit about how much the French community contributes to Prince Edward Island socially, economically, culturally. I just want to talk for a couple of minutes on economical because since having the privilege of becoming Premier, I’ve been away on many business seeking missions, and I know whether or not I’m in Toronto, whether or not I’m in western Canada, whether or not I’m in the northeast Us, whether or not I’m in Montreal.
When you can sit down with a company and one of the things you are able to tell them is how much of a French presence you have on Prince Edward Island, how many people are bilingual, it makes an enormous difference in trying to attract a company to come to Prince Edward Island. the general population and myself – I didn’t have any idea how much it helps that we have French immersion, that we have French languages in our schools, that we have training at the post-secondary level.

I know myself and the minister of innovation and Advanced Learning just recently met with a company, it was a gaming company from France. They had never been to Prince Edward Island before. They came here and they were shocked a little bit that the Premier was able to converse in French to a certain extent. They were amazed at how much we were able to deliver French services in terms of our school system.
I talk a lot when I’m talking with these companies how it’s only going to grow in the years to come. Because of a lot of the work that the people that I mentioned earlier did in the past to make sure that the rights could be delivered so that people of Acadian or Francophone descent or any islanders were able to take French in the school system.

When you look at our school system right now you see a large decline in our English schools in terms of enrolment. But believe it or not, our French schools, starting right off in grade 1, a huge increase. In fact, our school in Charlottetown here, we’re going to have to expand on it because it’s growing so much.

 I think it’s a true testament to islanders, to this great country, that we’re able to have two official languages. I’m very happy to be representing a province that is moving forward in terms of recognizing our bilingualism here on Prince Edward Island and to be able to stand up and recognize our Acadian-Francophone community in this motion is very important.

I know that it’s not something that we probably wish we didn’t have to have this motion. But we do have to be able to recognize it. It’s unfortunate what took part 250 years ago, but it’s important that we learn from our past so that we can make sure that our future is that much better. I believe that by working with our Francophone and Acadian community here on Prince Edward Island that’s exactly what will happen into the future. Prince Edward Island as a whole will be in a much better situation the more we can embrace our Francophone and Acadian community here on Prince Edward Island.
With that I’ll close.
Merci beaucoup, Madame la Présidente.

Thank you, Madam Speaker.

 

Some Hon. Members: Hear, hear!

Speaker: I’ll now move to the hon. Member from Evangeline-Miscouche to second the motion.
Mr. Gallant: Merci beaucoup Madame la Présidente.

Thank you very much, Madam Speaker.
I’d like to welcome everyone to the gallery from the Acadian community. Nice to see you here this morning. I won’t mention any names because I can’t see behind me. I’d also like to congratulate the great contribution that the Acadian Francophone community has contributed to our island economically and culturally. It’s a pleasure to stand here today and second this motion.
In the year 1720, our island was known as Isle St. Jean and it was a French colony. The original settlers of our province were from France and it’s still evident in the names we hear and read each day in the telephone book, names like Gallant, Arsenault, Gaudet, and Doucette, just to name a few. An interesting fact I uncovered in my research was that in the first census of Isle St. Jean conducted in 1728 there were 297 permanent residents, and out of that number there was 127 fishers. By the year 1752, 25 years later, another census indicated the population of the colony had grown to 2,223, an increase of approximately 495 Acadians.
With the arrival of the British military and government officials the threat was realized and the first wave of deportation from the Mmaritimes started in 1755. this action targeted 6,000, 7000 Acadians from Nova Scotia. these people were deported to the southern colonies, Massachusetts and Georgia. As history as shown, a significant number of Acadian families deported from Nova Scotia fled and took refugee on the Island, Isle of St. Jean. Island Acadians were targeted for deportation starting in 1758 after the fall of Louisbourg on Cape Breton island. By then the population of our Island had grown another 2,477 Acadians to a total of 4,700. Eventually British troops arrived on Isle St. Jean at the beginning of August 1758 and started rounding up civilians almost immediately.
As seconder of the important motion, i would like to say that some statistics on the deportation of these 4,700 inhabitants of this colony show that 3,100 were resourcefully expulsed. Another 14 to 1,500 escaped between most of northeastern New Brunswick to the base of our Miramichi areas. Of the 3,100 that were expulsed, close to 1,700 died at sea, either from sickness or drowning when ships came in (indistinct) sank. While 1,000 died from sickness on the ships or after reaching our destination because of illness contacted on ships, the sinking of the Violet and the Duke William on December 1758 is often referred to as an event that caused the most significant loss of life at close to 700 deaths between two ships.

While there has been extensive research and writings on the subject of deportation of the Acadians for the year 1755, the targeted Acadians from Nova Scotia (indistinct) very little recorded about the deportation of Island Acadians that began in 1758.

As an Acadian and a member of the Legislative Assembly, I take pride in seconding this motion introduced by the hon. Premier, and urge that the Legislative Assembly encourage all Islanders to participate in various activities which will take place throughout this year to commemorate the deportation and celebration of the vitality, of the Acadian and Francophone communities, notably the unveiling of the monument this summer at Port-la-Joye-Amherst national historic site, the location of the original French settlement.

Madam Speaker, “that the Government of Prince Edward Island actively pursue its commitment to the development and enhancement of Acadian and Francophone community.”
Merci beaucoup.

Some Hon. Members: Hear, hear!

Speaker: the hon. Minister of Communities, Cultural Affairs and Labour.

Could one of the Pages please get her the podium? Thank you.
Ms. Bertram: Merci, Madame la présidente.

Thank you, Madam Speaker.
En tant que ministre responsable des Affaires acadiennes et francophones, je suis heureuse de prendre parole à la Chambre et d’appuyer la présente motion.

As minister responsible for Acadian and Francophone Affairs, it is my pleasure to rise and speak in support of this motion.

Certainement, je veux dire bonjour à tout le monde qui nous joignent aujourd’hui et c’était une bonne année à travailler avec la communauté acadienne et francophone de l’Île-du-Prince-Édouard et j’espère que nous pourrons continuer à travailler encore plus. Mais aujourd’hui je veux parler de cette vraiment importante résolution.

I certainly want to say hello to the people who have joined us here today and that it was a good year to be working with the Acadian and Francophone community of Prince Edward Island and i hope that we can continue working together even more. But today, I want to talk about this really important resolution.
The Deportation of the Island Acadians which began in 1758 is indeed a dark chapter in our province’s history. It’s important to remember that before the deportation order was given French and Acadian settlers had been present on the island for almost 40 years. During that time they cleared and worked the land and established homes, families, parishes, communities, alongside the Mi’kmaq. They created a life for themselves in this new world and they did so believing in better things to come.
We, the people of Prince Edward Island, can never forget how the deportation affected thousands of our own, thousands. We must never forget how it destroyed families and effectively wiped entire communities off the map. One can only imagine how this forced expulsion permeated the collective consciousness of the Acadian people. But from suffering comes resilience and strength of character. And from adversity, values like courage and perseverance take root.
Aujourd’hui et tout au long de l’année, nous commémorons le 250e anniversaire de la déportation des Acadiens et Acadiennes de l’Île. Cependant, nous célébrons également la vitalité de la communauté acadienne et francophone, sa culture et son patrimoine.

Today and throughout the year, we will be commemorating the 250th anniversary of the Deportation of Island Acadians. But we’ll also be celebrating the vitality of the Acadian and Francophone community, its culture and heritage.

Madame la Présidente, nous ne pouvons répéter assez souvent que la communauté acadienne et francophone fait partie intégrante du tissu social de notre province.

Madam Speaker, it cannot be said enough that the Acadian and Francophone community is an integral part of the social fabric of our province.

Nos ancêtres – peu importe leurs origines ou leur langue – représentent les nombreux fils qui, une fois tissés ensemble, ont formé un tissu social dont nous pouvons être fiers.
Our ancestors – whatever their origin or language may be – represent the many threads that once woven together, create this social fabric of which we can proud.

Aujourd’hui, la communauté acadienne et francophone se trouve principalement dans six régions, d’un bout à l’autre de l’Île: Prince-Ouest, Évangéline, Summerside, Rustico, le Grand Charlottetown et Kings- Est.

Today, the Acadian and Francophone community can be found mainly in six regions, from one end of the island to the other: West Prince, Evangeline, Summerside, Rustico, Greater Charlottetown and Eastern Kings.

Individuals who have French as a first language represent close to 5% of the population and almost a quarter of the entire island population is of Acadian descent. Our province, as a whole, has embraced the French language with 40% of our schools offering French immersion programs. In fact, PEI can boast of having the third most bilingual population in the country. That is the social fabric we celebrate.

I referenced earlier the Acadian culture and heritage. it would be remiss of me if I didn’t acknowledge the Acadian Museum in Miscouche. The museum plays a leadership role in preserving and proudly displaying the history of island Acadians. The Acadian Museum was first opened in 1964. The original building made way for a brand new construction that was officially opened in April 1992. The museum embraces its mission: to acquire, preserve, study, and interpret artifacts relating to the island’s Acadian heritage from 1720 to the present.

The museum’s popularity as well as its collection have grown over the years, along with its involvement in fostering pride in the Acadian culture and heritage. The museum does more than catalogue artifacts and put on exhibits. Among other events, it routinely hosts public lectures that generate significant interest. The museum truly lives up to its objectives of raising awareness of the Acadian culture and heritage among islanders. In doing so, it also plays a notable role in not only the survival but the full development and enhancement of the Acadian and Francophone community of PEI.

For all those interested in learning more about their Acadian ancestry, the museum’s genealogy centre contains a wealth of information on Acadian families. The museum’s permanent collection features six major paintings by artist Claude Picard that depict the adoption of the Acadian national symbols.

It was actually in Miscouche that the second Acadian National Convention was held in 1884. Delegates from across the Maritimes attended. It was during this historic conference, right here on PEI, that the Acadian national symbols were chosen: the Acadian flag, anthem, emblem and motto.
Cette année, de juin à décembre, le Musée acadien présentera une exposition commémorant le 250e anniversaire de la déportation des Acadiens et Acadiennes de l’Île. L’exposition mettra en vedette des costumes et des cartes historiques. L’une des cartes historiques affichera les peuplements acadiens selon les données du recensement de 1752, le dernier recensement avant la Déportation.
This year, from June to December, the Acadian museum will present an exhibit commemorating the 250th anniversary of the Deportation of island Acadians. This exhibit will include historical costumes and maps, one of which will feature the location of Acadian settlements on the island based on the 1752 census. This was the last census on record, prior to the Deportation.
L’exposition mettra également en vedette des artefacts datant du dix-huitième siecle, des peuplements de Port La Joye et de Havre Saint-Pierre. Georges Arsenault qui est avec nous aujourd’hui, un historien insulaire bien connu et Lucie Bellemare, une artiste locale, ont contribué leurs talents et leurs expertises à l’élaboration de l’exposition.
The exhibit will also feature artifacts of the eighteenth century from the Port La Joye and Havre Saint-Pierre settlements. Georges Arsenault a well known island historian who is with us here today and Lucie Bellemare, a local artist, have contributed their talents and expertise to the development of the exhibit.

Another example of an institution that takes history and heritage very seriously is the Farmer’s Bank located in Rustico, within my own riding. While the Evangeline region is sometimes referred to as the heart of the Acadian and Francophone community, Rustico can be considered the cradle of l’Acadie on PEI.

Rustico was one of the first Acadian communities established after the treaty of Paris, in 1763, when Acadians started trickling back to the island. In fact, Rustico is the oldest Acadian community continuously inhabited by Acadians on Prince Edward Island. According to the 1798 census, the Acadian population numbered close to 700 individuals that would be found in three settlements: Malpeque, Baie-de-Fortune and Rustico.
La Banque des fermiers a été fondée en 1864 par le père Georges-Antoine Belcourt à titre de toute première « banque du peuple » au Canada. Elle a exercé des activités jusqu’en 1894. On dit qu’en tant que l’une des premières institutions financières publiques au pays, elle servit de modèle pour les caisses populaires d’aujourd’hui.

The Farmer’s Bank was established in 1864 by father Georges-Antoine Belcourt as the very first “people’ s bank” in Canada. It operated until 1894. It is said that as one of the first public financial institutions in the country, it served as a model for the “caisses populaires” – the credit unions as we know them today.

Du point de vue architectural, l’édifice de la Banque des fermiers est un trésor national. L’an dernier, la Banque des fermiers figurait parmi les treize sites sélectionnés pour la Journée du patrimoine, organisée par la Fondation Héritage Canada. La Journée du patrimoine célèbre le patrimoine architectural et les lieux historiques du Canada.

Architecturally speaking, the Farmer’s Bank building is a national treasure. Just last year, it was featured among the thirteen sites selected for Heritage Day which is organized by the Heritage Canada Foundation. Heritage Day celebrates the architectural heritage and historic places of Canada.

The theme for the 2007 Heritage Day was: Places for People – our Heritage of the everyday. It showcased lesser-known but nonetheless important structures found throughout Canada.

The Farmer’s Bank was selected for its design and the materials used to build it – our famous red island sandstone. to picture this impressive building being built in the 1800s is to grasp the importance of this ambitious undertaking.

Other than its architectural significance, the bank played a defining role in the survival of the Acadian community of Rustico. it ensured local farmers and fishers had access to small low-interest loans. this enabled them to keep farming and fishing, and even to benefit from dividends paid out by the bank. Today, the museum of the Farmer’s Bank showcases the bank’s history, including that of its restoration. It also stands as a proud reminder of the perseverance and courage of the Acadian and Francophone community.

The Acadian culture is alive and well on PEI. Proof of that can be found in the many activities, festivals and special events that take place year-round. But this year, the City of Charlottetown is hosting a very special event, the 10th edition of the Événement Éloizes, which has already started, and it goes to May 4th. I know the hon. member that seconded this resolution from Miscouche attended Wednesday night’s event.

This is a five-day cultural event during which the Acadian artists are recognized for their achievement in categories such as literature, visual arts, cinema-video, dance, music and theatre.

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C’est la première fois que cet événement aura lieu à l’Î.-P.-É. et seulement la deuxième fois depuis la création des Éloizes il y a dix ans, que l’événement aura lieu ailleurs qu’au Nouveau- Brunswick. L’événement se déroule à l’Île pour souligner le 250e anniversaire de la Déportation.

It is the first time that this event is held in PEI and only the second time in the ten year history of the Éloizes that it is held outside New Brunswick. It is being held here on the island to highlight the 250th anniversary of the Deportation.

L’événement des Éloizes est l’une des manifestations les plus courues par les artistes acadiens. Le fait que Charlottetown accueille cet événement est une excellente occasion de mettre l’Î.-P.-É. et la communauté acadienne et francophone en vedette.

The Éloizes is one of the most sought after events by Acadian artists. Hosting the event in Charlottetown is a tremendous opportunity to put the spotlight on PEI and the Acadian and Francophone community.
A very special islander will be receiving the Prix Hommage at this year’s awards gala. The Prix Hommage is given out to celebrate the career and body of work of an artist. Angèle Arsenault from Abram-village will be receiving this award. She is a recipient of the Order of Canada, the Order of PEI, and is one of the first Acadian women who promoted Acadie beyond the Maritimes. She is a widely successful and prolific singer-songwriter with over 20 albums to her credit, spanning her three decade-long career.

This past march, Angèle participated in the festival Nuits Acadiennes in Paris which showcased Acadian artists. Time and time again she has been an ambassador for the Acadian and Francophone community and for our province. It is very fitting that the prestigious Prix Hommage be given to her at this year’s Éloizes event held here on Prince Edward Island.
On a personal note, it was by listening to Angèle’s music that I gained further appreciation of the French language and French music. I can remember in the early 1980s when I attended Elliott River school for French immersion and I remember Angèle Arsenault coming and singing then. I still have those records that I came home and told my mother that she had to buy for me because I enjoyed the music so much. But I think she has certainly inspired a lot of children to enjoy music and certainly maybe learning French as a second language, music certainly. It makes it easier to learn a second language. Certainly, Angèle has helped a lot of young people along over the years.

When we think of Acadian culture, it is hard not to think about music. It is ever-present, lively, invigorating and will be showcased again this year during the Francofolies de Charlottetown that will take place this June 20th to June 22nd. This event is the successor to the Festival de Charlottetown which was created in 1901.

Victoria Row will come alive with French and Acadian music this year. The festival will feature a lineup of seasoned performers like homegrown talent Vishten, Groupe Suroît whose members hail from the Magdalen Islands, and New-Brunswick’s, Jean-François Breau.
The anniversary of the deportation gives us pause to reflect on our past, our present and our future. We know for a fact that actions like the deportation of an entire people would never again take place in Canada. We must, however, remain proactive and ensure that the Acadian and Francophone community has the support and tools to continue thriving.

Madame la présidente, tel que la résolution l’indique, la communauté acadienne et francophone de l’Î.-P.-É. s’est créé un réseau dynamique d’organismes qui assurent sa croissance et sa vitalité.

As the resolution says, the Acadian and Francophone community of PEI has built a dynamic network of organizations that ensure its growth and vitality.
Nous avons tous l’obligation d’entretenir des relations de travail positives avec ces organismes, puisque la vitalité d’une communauté a un impact direct sur la vitalité de l’ensemble de la province.

It is incumbent upon us to foster positive working relationships with these organizations as the vitality of one community has a direct impact on the vitality of the entire province.

Madame la Présidente, le gouvernement a clairement articulé sa vision avant-gardiste qui veillera à assurer l’avenir de notre province : investir dans les individus et bâtir notre main-d’oeuvre afin de répondre aux besoins de notre économie en évolution.

Madam Speaker, government has clearly identified its forward-thinking approach to ensure our province’s future: investing in people and building our workforce to meet the demands of our evolving economy.

In our global economy and society, the ability to speak more than one language has long been recognized as an advantage. We must continue to instill the value and importance of Canada’s official languages and ensure opportunities to take full advantage of our bilingual population.

Again, I go back to my own life. I came from an Anglophone family and I certainly would never have learned how to speak French if it wasn’t for the French immersion program. Certainly we were bused out of the district, and maybe at the time in the early 1980s it wasn’t seen as a great idea, but there are lots of children – as I stated, we are the third most bilingual speaking province in Canada. I think we have a success story
for our education system here on Prince Edward Island. It is good, because many of our children that are exiting the school system today from grade 12 are bilingual thanks to French immersion. So it has given a whole new lease on life and opportunities for their future.

While being part of this global economy in society, we must continue to preserve and promote our culture and heritage of which the Acadian and Francophone community is an integral part. Our identity as Islanders, regardless of our origin, is directly tied to our culture.
In this year commemorating the deportation of island Acadians, let us celebrate the survival of the Acadian people, the riches of the French language and Acadian culture and whole-heartedly embrace our true diversity.

Je vous remercie, Madame la Présidente.

Merci.

Thank you, Madam Speaker. Thank you.
Some Hon. Members: Hear, hear!

Speaker: the hon. Leader of the opposition.

Leader of the Opposition: Thank you, Madam Speaker.

It gives me great pleasure to stand and to support this motion. I also would like to say hello to the people in the gallery. As other people mentioned, it’s difficult from this side to see who’s behind us.

The other part is I want to start off by saying it was certainly a very sad day in our history, the deportation of our Acadian people.

Other people have talked about the great contributions the Acadian people have made historically in the past, and some people have talked about even in the present and in the future, which I think is terrific.

I think a number of speakers have already spoke about the contributions Acadian people have made culturally, whether that’s been through their music, their food, their hospitality.

I thought I might focus a little bit on community economic development and of the great contribution the Acadian people have made. I believe many people are aware of the Acadian communities movement around co-operatives, and I also thought we should give some thank you to people like Léonce Bernard who’s well known for helping out with the co-operative movement.

The other part, too, is I was lucky enough in my own past to be able to sit on a national organization called the national Council of Welfare. When we had an opportunity to bring this group from across Canada to Prince Edward Island, as a community developer at the time I chose the group to be able to come to the Evangeline area. In the Evangeline area not only did we stay for the entire week, and we got to see first hand a rural community that was thriving at the time, we also had a lot of time to spend with people, whether they were from Ottawa or Saskatchewan. It gave people a chance to really realize how a bilingual community actually works.

In terms of the Acadian people, they’ve always been so good to those of us who do not have French as our second language. I myself went to school, my first few year in a one-room school, so it was at that particular time not even having French immersion.

The other thing I wanted to mention about, again on the community development theme, is I was lucky enough to work with a man by the name of Aubrey Cormier. I believe people from the Wellington area recognized Aubrey. At that time there was a national program that was coming out through the community access. Although I worked in Souris at the time, Aubrey and A developed dual proposals that we could have submitted at that particular time to get the Community Access Program started here on Prince Edward Island. I’m really proud that Aubrey, not only did he get the program started, but we were actually able to help over a number of years. That program evolved from the Community Access site to the present Collège Acadie.

I remember at the time the vision that Aubrey and the staff had there was not only as the Premier talked about – trying to prospect and bring people here to the province that may want to do business – but at one point in time the people in that community actually were prospecting themselves and bringing work from France and Quebec here to PEI to be developed.

The other part that I was really proud of is when Aubrey was still with Community Access Program in the Wellington area and I was doing some work as a volunteer in the Morell area, we actually participated in a project together, both communities, on digitalizing the Vimy Ridge story. I know that if you go on the veteran’s website you can still see that and that gives you an example again of how Acadian people still work with us (indistinct) everybody and the contribution back and forth is terrific.

The other part I thought I might also mention is – because I know we mentioned different people that made a great contribution, but there’s some ordinary people in the community too. People like Jeannita Bernard who’s made a great contribution to health community. the other part, she’s also co-chair of the Canada celebrations.

I already mentioned Léonce. I think we really should mention Wilfred Arsenault as well. Wilfred was a member in the House and he has been well known for his belief in community economic development for a long time. Another person that I’ve been able to get to know for a number of years is Fr. Eloys Arsenault, a terrific member of the church.

I thought maybe what we should do to conclude this is – would members of the House please stand and we do a moment of silence remembering and honouring the 250th anniversary?

[There was a moment of silence]

Speaker: the hon. member from Stratford-Kinlock.

Ms. Dunsford: Merci, Madame la Présidente.

Je veux parler juste pour une minute et dire bonjour, salut et bienvenue à Georges, Ricky et Donald et les autres. Aussi, je suis la présidente de cette région de l’Assemblée parlementaire de la francophonie et j’aimerais me lever à l’appui de cette motion. C’est tout (Indistinct) juste comme moi. Alors en anglais je vais dire -

Thank you, Madam Speaker.

I just want to speak for a minute and say hello, greetings, and welcome to Georges, Ricky and Donald and the others. Also, i am president of this section of the Francophonie Parliamentary Assembly and I would like to rise and support this motion. It’s all (indistinct) just like me. So in English, I’ll say -

I grew up in Moncton, new Brunswick, and spent my summers in Shediac where the French Acadians are very vibrant and still are very strong, very connected to their culture as they are here on Prince Edward Island.

I’ve attended many festivals in my youth. Many of my French were of Acadian decent so it became – I think maybe even my first boyfriend was French. I did learn how to crack open a lobster with my bare hands.

An Hon. Member: That’s a good thing.

Ms. Dunsford: It is a good thing.

I can tell you that in New Brunswick, being the only bilingual province in Canada, there is an incredible feeling in New Brunswick between the Acadian culture and the English-European culture. They really find a way to work together. I know here on Prince Edward Island that movement gets better and better all the time.

There’s a few more Acadians living in New Brunswick. There’s more of a recognition there as a bilingual province. I guess having grown up there and having had that experience, some of the things that still remain with me are influenced by my teachers.

À l’école secondaire on enseignait les chansons de Gilles Vigneault et Robert Charlebois, comme les chansons Gens du pays et j’ai continué à chanter cette chanson avec beaucoup de fierté.

Merci, Madame la Présidente,

My high school instruction included songs by Gilles Vigneault and Robert Charlebois, songs like Gens du pays and I continued to sing that song with much pride.

Thank you, Madam Speaker.

 Some Hon. Members: Hear, hear!

Speaker: the hon. Minister of Agriculture

Mr. LeClair: Madam Speaker, I would like to get up and endorse this motion as well and speak a bit to this motion because Tignish-Palmer road has a huge Acadian and Francophone presence.
As you can tell by my name. I think I have some of that blood in me as well. My father’s family is Acadian-Francophone and in Tignish-Palmer Road we’ve basically grown together. The English and French communities have grown together and we basically do everything, and there’s a mix of culture in all the people there. I can tell you that you can see the Acadian culture come out in everything that’s basically done around Tignish-Palmer Road, especially the Palmer Road area.
There’s a great spirit in the Acadians and especially in the music, and they have a knack for getting together and having a good time, every time they do get together. Doesn’t matter who they bring in. I see that a lot in our fundraising efforts where they get together and put on so many different community fundraisers for everything, especially for people in need.

As I was growing up I spent a lot of time in the Rustico area, because my father’s brother, Fr. Joe, was a parish priest there. When we were young we spent a lot of time there. Especially around the bank in Rustico there. We know that place pretty good. A lot of our summers were spent there and we had a great time when we were young fellows with Fr. Joe.

My aunt Ann Marie Perry is a huge – she was a huge Acadian supporter and a huge cultural person and she did a lot for the French on Prince Edward Island, especially in our area. She’s certainly missed. She passed away a few years ago. A good supporter of the Premier as well. Yeah, she passed away a couple of years ago and – she’s well remembered in our area for being a huge Acadian and supporter of the French in our area.

We have the French school in DeBlois, we have French mass, we have our meat pies, we have our fricot, we have our (indistinct), our (indistinct). We have everything with the Acadian culture is in Tignish-Palmer Road. It’s a great place to live and a great society to live in.
I just wanted to get up and recognize the expulsion, and recognize that the Acadians are alive and well, and really appreciate it.

Thank you.

 

Some Hon. Members: Hear, hear!

Speaker: the hon. member from Alberton-Roseville.
Mr. Murphy: Thank you, Madam Speaker.
Although you wouldn’t know it by the name of Alberton-Roseville it’s also home to a large Acadian section up in the western end of the island of St. Edwards, St. Louis, and Miminegash area.
As a matter of fact my name, too, Pat Murphy, wouldn’t indicate that there’s any French blood in me, but there is. My grandmother was a Thibodeau from the Miminegash area. Although I don’t speak it I’ve taken lessons. I’d like to be able to say a few words in French here today, but I’m not that brave yet to try it. Along with several of my other colleagues here, we’ve been taking French lessons and picking up a little bit, slowly but steady.

I had the privilege of attending of the opening of the new DeBlois school, the new French school up in DeBlois. I know that even a lot of non-Acadian people are seeing the advantage as having French as a second language. They’re sending their children to these schools. The pride was very evident at the opening of this school how proud the Acadian people are of their French culture.
It’s very good to know it’s alive and well here on Prince Edward Island today. I’ll just give you a little example of the Acadian hospitality. Our red tide hockey team had the privilege of playing up in Evangeline and we did win, but after the game we were treated to a little bit of Acadian hospitality. We had the chance to taste some of the traditional Acadian fare, such as chicken fricot and râpure. Although in the Miminegash area we call râpure, the minister of Agriculture referred to it awhile ago, we call it (indistinct) in that area.
As a kid growing up, many occasions my mom would cook bannock in the oven and there’s nothing like dipping bannock in hot molasses when it comes out of the oven.

I’m proud to stand and support this motion.

 

Thank you, Madam Speaker.

 

Some Hon. Members: Hear, hear!

Speaker: Are there any other members who care to speak to the motion before I move to the mover to close debate?
The hon. Premier to close debate.

 

Premier Ghiz: Thank you very much, Madam Speaker.
Madame la Présidente, c’est mon plaisir d’être ici aujourd’hui pour fermer la discussion au sujet de cette motion.

Madam Speaker, I am pleased to be here today to close discussion on this motion.

But like the hon. Minister of Communities, Cultural Affairs and Labour did, I’m going to talk just for a couple of minutes on some of my memories, too.

I also remember Angèle Arsenault singing. My grade 1 teacher used to play that record quite a bit. I’m not sure if you had the same, Rémi et Aline was our grade 1 book.
I can remember that. Just to show you the influence that when you’re in French immersion, and I’ll say this, small class size, which we’re trying to get towards, a small class size in this province of 15 to 1, and I know our class was probably 19. It was much smaller than the other English classes.

I remember Mlle. Lynn was my grade 1 teacher. Mme. Murphy, who is actually Shawn Murphy’s wife, was there partially for grade 2, along with Mme. Gallant. Grade 3, I had Mme. MacKenzie and Mme.Sharon. Grade 4, M. Poirier et puis M. Poirier maintenant je pense travaille à l’école à Deblois. Il était là pour un petit peu de temps et puis -

Mr. Poirier, and Mr. Poirier now works at the DeBlois school, I believe. He was there for a while and then in grade 5 I had Mme. Westlock, who I think might still work for the department; she did for a while. Then in grade 6 Mr. Galloway, j’avais M. Galloway et puis M. Galloway maintenant travaille à (Indistinct) et puis -

in grade six i had Mr. Galloway and Mr. Galloway now works at (indistinct) and – you know, growing up in that environment of French immersion gave us a lot of opportunities, it opened up a lot of doors.

It was great to be able to learn about the Acadian traditions, and the Francophone traditions, and I think it was truly something that was great. I actually went to West Kent. I might as well – maybe the hon. Member from Georgetown-St. Peters will get ready for a conflict of interest coming up, but I went to West Kent. There’s no French immersion currently at West Kent, it’s now over at spring Park full time. Hopefully, knock on wood, sometime I’ll have a family and might have to change that policy. We’ll see what happens. Just joking. (indistinct) only be changed.

Some Hon. Members: Hear, hear!

Premier Ghiz: That’ll only be changed if the demand’s there. I’ll leave that up to the department.
It truly is a great contribution that our Acadian and Francophone community make here on Prince Edward Island. I think wherever you go across Prince Edward Island you can see the impact that’s there, even up in the Souris area. Souris, we have an incredible community there. If you look at our tourism department, the majority of our visitors come from la Belle Province, du Québec – la Belle Province, in Quebec. They come here because they can get – they’re comfortable here. Of course, we’re on the way to les Îles de la Madeleine if they want to take the ferry. There’s just so much they contribute.
I know that we have to move faster in proclaiming the act. I know that there’s a lot of things that we can improve, and i can assure everyone that what we’re going to do is work as hard as we can and as fast as we can to make sure that we resolve a lot of those issues still out there. Like was mentioned, it’s unfortunate that we have to recognize this day because of a tragedy that took place at 250 years ago, but it’s also nice that we’re able to stand up here and recognize the great contribution that the Acadian and Francophone communities make to Prince Edward Island.

So with that I will close.

Thank you. Merci beaucoup.
Some Hon. Members: Hear, hear!

Speaker: Hon. members, you’ve heard the debate on the motion.

Are you ready for the question?

Some Hon. Members: Question.

Speaker: The question’s been called.
All those voting against the motion, please signify by saying ‘nay.’

All in favour of the motion, signify by saying ‘aye.’

Some Hon. Members: Aye!

 

Speaker: The motion is carried, and it is unanimous.

 

Some Hon. Members: Hear, hear!

 

L’île Saint-Jean et la Déportation de 1755

2005 par Georges Arsenault

Georges Arsenault

 

La déportation des Acadiens, entreprise par les Britanniques1au cours de l’été de 1755, a eu un impact considérable sur la colonie de l’île Saint-Jean. Elle a dû accueillir en catastrophe quelque deux mille Acadiens qui ont réussi à échapper aux militaires britanniques1.Rappelons-nous que l’îleSaint-Jean, comme l’île Royale, était toujours une colonie française en 1755,alors que l’Acadie continentale (la Nouvelle-Écosse péninsulaire) vivait sous le drapeau britannique depuis1710. Quant au territoire qui constitue aujourd’hui le Nouveau-Brunswick, la France et l’Angleterre s’en disputaient l’appartenance depuis le traité d’Utrecht de 1713.

Les réfugiés qui arrivent à l’île Saint-Jean en raison de la Déportation de1755 retrouvent des centaines de leurs compatriotes qui avaient abandonné leurs terres en Acadie anglaise à la suite de la guerre de 1744-48. D’ailleurs, en raison de cette première migration importante, la population de l’île avait quadruplé en six ans, passant de 735 à 2 969 habitants entre1748 et 1755. Un grand nombre de ces nouveaux arrivants se présentaient avec leurs biens et leurs animaux, alors que d’autres étaient grandement démunis manquant de quoi se vêtir et se nourrir et nécessitaient l’aide du gouvernement pour recommencer à neuf.

Malgré de mauvaises récoltes pendant plusieurs années et des temps de misère, les colons réussissent tranquillement à améliorer leur sort à tel point qu’au printemps de 1755, les administrateurs de l’île Saint-Jean prévoient même que la colonie pourra désormais se passer des rations fournies par Louisbourg et Québec2. Ils pensent donc avoir surmonté la période critique dans laquelle la colonie se trouvait depuis six ans.

Cependant, l’arrivée d’un très grand nombre de réfugiés acadiens, à compter de l’automne 1755, jette à nouveau la petite colonie insulaire dans un état de crise. Celle-ci s’avère bien pire que l’exode précédent (1748-1754), car beaucoup de ces nouveaux réfugiés arrivent presque complètement démunis. Ils fuient à la hâte leurs villages pour éviter d’être pris par les militaires britanniques qui s’amènent et incendient leurs maisons, leurs granges et leurs récoltes. On estime qu’environ deux mille de ces réfugiés acadiens auraient traversé à l’île en 1755-56. Mais les ressources pour les ravitailler manquent de sorte qu’un grand nombre retourne à la terre ferme et se rend à Miramichi. De plus, le commandant de l’île Saint-Jean, Gabriel Rousseau de Villejouin, envoie à Québec beaucoup de personnes malades et inaptes. Dans une lettre au ministre de la Marine, le 26 novembre 1756, le commissaire ordonnateur à Louisbourg, Jacques Prévost, écrit : 

La situation générale de la colonie [...] ne m’a pas permis de faire passer a l’isle St jean tous les secours que m’a demandé M. de Villejouin, et dont il a reellement besoin pour faire vivre et pour couvrir cette multitude de refugiés qu’il a recu depuis un an. Il luy en reste encore quatorze cents independament de tous ceux qui ont retournés a miramichi, et de ceux que ce commandant a fait exporter en Canada.3

Ces réfugiés viennent d’abord des régions de Beaubassin et de Cobequit. Parmi les malheureux qui arrivent à l’île à la fin octobre, il y a un groupe d’une centaine de femmes de Beaubassin dont les maris avaient été pris par les soldats et déportés en Géorgie. De leur cachette, l’abbé François Le Guerne conduit les femmes et leurs enfants à l’île avec plusieurs autres réfugiés :  Par bonheur pour l’accomplissement de ce projet écrit-il, il se trouvait parmi elles plusieurs jeunes gens, des vieillards et cinq ou six hommes échappés de Beaubassin.4  L’été suivant, il y a même seize personnes revenus de la Caroline du Sud, où ils avaient été déportés l’automne précédent, qui traversent à l’île en passant par Cocagne5. Parmi ces gens se trouve la famille de Félix LeBlanc et de Marie-Josèphe Thériot (voir article de Earle Lockerby dans la présente édition 2005). D’autres réfugiés arrivent de Halifax où ils avaient été fait prisonniers.

Tous ces réfugiés réussissent à s’esquiver à l’île grâce à plus de trente  bateaux que le commandant Villejouin nolise et envoie à Cocagne et à Tatamagouche. Ils appartiennent principalement à des Acadiens de l’île Saint-Jean. Parmi les capitaines qui font plusieurs voyages, mentionnons Abraham Dugas, Joseph Dugas, Amant Bujeau, Pierre Gautier, Pierre Gravois, Charles Gallant, Joseph Richard et Jean-Baptiste Le Marquis.Dans ces voyages sur « la Mer Rouge », ils transportent non seulement des passagers mais aussi une grande quantité de bétail et des provisions alimentaires qu’ils réussissent à sauver avant que l’ennemi n’en prenne possession6 Le commandant emploie aussi de nombreux Mi’kmaq pour obtenir et transporter des provisions pour la colonie en crise7 . Les traversées ne se font pas sans danger dans le détroit qui est patrouillé par des navires anglais.

Au cours de l’hiver de 1756-57, les provisions disponibles pour ravitailler les quelque 1 400 exilés sont minces.  Les récoltes ont été mauvaises et afin de prévenir une plus grande crise dans l’avenir, les autorités interdisent aux habitants de tuer le bétail et les moutons pour se nourrir. Villejouin doit alors limiter la ration mensuelle à 20 livres de farine, 10 de légumes, 12 de boeuf et une livre de beurre ou un pot de mélasse par famille8 . [Correction : « par famille « ] Selon sa propre évaluation de la manière dont il avait géré la crise, aucun réfugié ne serait mort de faim et de froid. Voici ce qu’il écrit au ministre responsable des colonies le 8 septembre 1758 :

 … il y a trois ans, Monseigneur, que les derniers réfugiés sont sur l’Isle, il leurs a fallu essuyer bien des pertes et bien des fatigues pour s’y rendre, et rendu ils se sont trouvés pour ainsy dire, dénués de tout secours, la disette de vivres et de vêtements les a accompagné sur l’Isle, je n’avais que très peu de chose à leurs distribuer, mes distributions n’ont été que minces et ce n’est qu’en les rendant fréquentes que je suis parvenu à ne voir mourir personne de touttes ses misères9.

En fondant la colonie de l’île Saint-Jean en 1720, la France souhaitait y attirer les cultivateurs acadiens pour que l’île deviennent le « grenier » de Louisbourg. Ce n’est que 29 ans plus tard que les Acadiens, se sentant de plus en plus en danger en Nouvelle-Écosse et pressés par les autorités françaises, ont commencé à émigrer dans l’île en grand nombre. Avec le déclenchement de la Déportation en 1755, leur nombre augmente de beaucoup et malgré qu’ils arrivent dans des circonstances très difficiles, il y a espoir que les choses vont bientôt s’améliorer et que la colonie pourra prospérer pour enfin remplir le rôle qu’on lui avait souhaité vis-à-vis de la ville forteresse de Louisbourg. C’est du moins ce que laisse entendre le gouverneur de la Nouvelle-France, Pierre de Rigaud de Cavagnial, marquis de Vaudreuil, dans une lettre qu’il écrit au ministre, au mois d’août 1756, où il parle du commandant Villejouin qui s’emploie à amener sur l’île des Acadiens qui se trouvent encore en Nouvelle-Écosse :

Il a du monde en campagne sur les terres de l’accadie qui travaillent aussy à en ramasser. Il espère tirer encore des bons habitants du côté de Cobéquit, des Mines et de péjéguit qui sont aises en bestiaux et en argent, lesquels joints à ceux qu’il a, seront suffisans pour former de bons établissements sur l’isle St. Jean10.

Malheureusement, l’île Saint-Jean n’aura pas la chance de se remettre de sa crise et de connaître la prospérité. Avec la prise de Louisbourg, le 26 juillet 1758, le sort des quelque 4 600 habitants de l’île Saint-Jean est décidé. Ils doivent être expropriés de leurs terres et déportés vers la France. Environ 3 000 sont effectivement exilés parmi lesquels se trouve un grand nombre de ceux qui avaient réussi à éviter la Déportation de 1755. D’autres réussissent encore à s’évincer des soldats britanniques(11). Ils seront de ceux qui se retrousseront les manches dans les années qui suivront pour rebâtir l’Acadie sur les côtes du golfe Saint-Laurent.

 

1          Je désire remercier Sally Ross et Earle Lockerby qui ont aimablement lu et commenté cet article. Leurs suggestions m’ont été très utiles.

2          Barbara M. Schmeisser, Building a Colonial Outpost on Ile St. Jean Port La Joye, 1720-1758, Halifax, Parcs Canada, 2000, p. 58.

3          Lettre du 26 novembre 1756 de Jacques Prévost au ministre de la Marine, Archives des colonies (France), C11B, vol. 36, p. 158-164.

4          Letttre citée par H.-R. Casgrain dans Une Seconde Acadie, Québec, 1894, p. 317-318.

5          Lettre du 7 août 1756 de Vaudreuil au ministre de la Marine, Archives des colonies, C11A, vol. 101, p. 84-87v.

6          Schmeisser, op. cit., p. 61, 145-148.

7          Schmeisser, op. cit., p. 64.

8          D. C. Harvey, The French Régime in Prince Edward Island, New Haven, 1926 (AMS Edition, New York 1970), p. 183.

9          Lettre du 8 septembre 1758 de Gabriel Rousseau de Villejouin, commandant de l’île Saint-Jean au ministre de la Marine, Archives des colonies, C11B,
vol. 38, p. 165-167.

10        Lettre du 7 août 1756 de Vaudreuil au ministre de la Marine, loc.cit.

11        Earle Lockerby, « The Deportation of the Acadians from Ile St.-Jean, 1758 », Acadiensis, vol. XXVII, no 2 (printemps 1998), pp. 45-94.


 

 

Félix LeBlanc – Milicien, Activiste, Aquadient

2005 par Earle Lockerby

Earle Lockerby

 

For some years, and particularly from 1749 to 1756, Île Saint-Jean was viewed by many residents of British dominated Acadia as a refuge – a place still under the French crown to which they could relocate. The founding of Halifax in 1749, the erection the following year of Fort Edward at Pisiquid (Windsor) and the subsequent fortification of the Isthmus of Chignecto, by both the British and the French, created tensions and political uncertainty for many Acadians. Matters were not helped by disagreements over the location of the boundaries of Acadia. Census and other records suggest that roughly 3000 Acadians chose to move to Île Saint-Jean. For the vast majority of these migrants, little is known of them as individuals, other than what is provided by census data and parish records. For many of them, however, not even these kinds of records (where indeed they have survived) reflect their residency on Île Saint-Jean. There are a few exceptions wherein either surviving court documents or petitions to the crown do provide interesting glimpses into the lives of such individuals. One such person is Félix LeBlanc who arrived on Île Saint-Jean in 1756.

In 1774, sixteen years after being deported from Île Saint-Jean to France, Félix, by then a resident of Châtellerault, France, sent a petition to the French King. He requested compensation for his services to the King during the last eight or so years of his time in North America, and for the personal burdens and sacrifices attending his service and loyalty to the King. The three-page petition, including one page recording the names of twenty-five Acadians supporting the petition, is quite difficult to read on account of the style of handwriting, orthography, phraseology and the fact that some words or portions of words are apparently missing as a result of damage to one edge of the original document.(1) The document, in transcribed form, is as follows :

Suplie – Et remontre trés humblement felix leblanc fil de Claude et de Jeanne Dugas agée de 53 ans originaire de la paroisse de St. Charles diosse de quebec, de present demeurant En Chattellerault.

Disant que le pere de son pere Etoit natif du port royal de l’accadie Et le pere de ce dernier Etoit françois et que lors du siege de Beausejour fait par les ennemis de là il fut fait par son Experience Enseigne avec Brevet pour le commandement de milices pour mille accadiens de ce poste. il fut fait Espion a la [ ? ] des accadiens, il fut Envoyé premierement aux mines par ordre de monsieur la corne, y remplit Son devoir deux autres voyages sous le même commandement avec reussite quoique Echapé de la voye de (? l’ennemi). Et de 50 hommes le poursuivant Et se retira à la faveur de la nuit il fut outre commandé pour quebec. Son zele pour son prince et les obstacles n’etoient que fleur au suppliant. Et a quebec il fut chargé des paquets de sa Majesté qu’il a raporté a monsieur Vergor commandant a Beausejour avec reussitte sy le suppliant avait Eu l’Ecriture et le loisir d’un Journal, if Serait flatté de sa conduitte Et declaré vrais françois il fut [ ? ] aux pont Buot avec 40 hommes a un passage il s’aquitta de son devoir et de Sa prudence ils firent 20 prisonniers ou plus et on tuez 20 a 22. Ensuitte il fut avec la compagnie ou il Etait sous le commandement de monsieur paul d’aigre au siege que l’enemy de l’etat fit et y fit fasse sans blessure apres 18 a 20 joursil fallut Se rendre.

Il a Eté prisonnier de guerre pour recompense Et sacrifié saisi transferé par les anglois a la Caroline de ce lieu il deserta avec sa famille qu’il prit sous sa conduitte a la riviere Saint Jean ou il Joignit les francais commandé par monsieur Boisbert Ensuitte monsieur Boisbert leurs accorda permission de se retirer a L’Isle Saint Jean ou ils ont demeurés. Il se ressent des peines et fatigues de toutes les miseres ou il a Eté reduits et [ ? ] dont il en est fort incommodé. Le suppliant fut Commandé pour le roy par monsieur Villejouin pour L’Isle Royalle Et sa mission Etoit Courrier puisqu’il portoit les paquets a leur Destination apres Ses fonctions il fut renvoyé a L’Isle St. Jean. Le siege de louisbourg fait avec reussitte et il a Eté du nombre des prisonniers d’Etat et passé a Boulogne En mer dans le parlementaire Le Neptune.

Sy recompense ou gratification doit Etre a un bon sujet Et dont son corps se ressent de grande incommodité, le suppliant par la verification et les temoins qui sont denommez cy dessus pour temoignage de la verite doit anisy recompensé. C’est pourquoy Monseigneur Soyez de votre grace Specialle, propice et Son vray Remunerateur il ne [assurera ?] et Sa famille de prier dieu pour votre precieuse Santé Monseigneur. de votre trés illustre famille Et de la maison Royalle et a signé Ce qui Chattellerault

Le 29 9bre 1774                               Felix Leblanc, aquadient

Because Félix identified his parents (Claude LeBlanc and Jeanne Dugas), we know how he fits genealogically into the LeBlanc family.(2) His father was a first cousin of Acadian patriot Joseph LeBlanc dit Le Maigre, the most renowned, some would say notorious, LeBlanc of his time.(3) Born at Grand-Pré in 1719, Félix had apparently relocated by 1749 or 1750 to the Chignecto region. The outline of his service, as presented in the petition, is obviously not totally in chronological order.

Félix mentions serving as a spy under M. La Corne. The latter was in Acadia only from late 1749 until late 1750 and during this time organized militia units in the Chignecto region. On two occasions in 1750 Louis La Corne (known as Chevalier La Corne) and his troops also engaged in hostile action against Charles Lawrence who was sent to the area to build a fort. In the spring of that year Lawrence was driven off, but in the fall returned to successfully establish Fort Lawrence. Félix’s close encounter with 50 British soldiers would likely have occurred sometime over the next several years when skirmishes occasionally occurred between British troops and French forces or their Mi’kmaq allies. Louis Du Pont Duchambon de Vergor took over the command of Fort Beauséjour in the latter part of 1754, so Félix’s trip to Québec would have been some time between then and the commencement of the siege of the fort at the beginning of June of the following year. During the siege, Félix was one of several hundred Acadians of the region who took up arms against the British – some defended the fort from within, while others went on the attack against British soldiers in the countryside. The majority did so indifferently and unenthusiastically. A firefight occurred at Pont-à-Buot between the British besiegers and French defenders on June 4, 1755 as a prelude to the taking of the fort.

The claim of 20 or more British soldiers having been taken prisoner and 20 to 22 killed is a gross exaggeration. A total of seven journals have survived, all written by officers who were present – four British and three French. All are unanimous on the number of British soldiers taken prisoner – a grand total of one throughout the two weeks (not 18 to 20 days, as indicated by Félix) during which the campaign lasted. As for the number of British soldiers killed in the campaign, the journals are less consistent. Nevertheless, it would appear that British losses were no less than two and no more than five, including the one man who had been taken prisoner – he died accidentally as a result of a British bomb striking the casement in which he was being incarcerated.

Paul Daigre, under whose command Félix served for at least part of the siege at Fort Beauséjour, himself had close connections to Île Saint-Jean. He appears to have settled at Malpec about 1750 and was living there in 1752 at the time of Sieur de la Roque’s census. Census records for Aulac during the winter of 1754-1755 show that he was by then living in the Chignecto region. Since considerable numbers of residents of Chignecto were in those years relocating to Île Saint-Jean to get away from political and military tensions and uncertainty, it is quite possible, or even probable, that Daigre moved in the reverse direction specifically to play a role in the British/French conflict.

Félix and his family (wife, Marie-Josèphe Thériot, and at least two children) were, according to his petition, among those deported to Carolina in the aftermath of the battle at Fort Beauséjour. Their return to the Maritimes occurred the following spring. In two letters, Québec governor Vaudreuil reported that five Acadian families (50 people in total) had arrived on the Saint John River on 16 June from Carolina, and that M. Villejouin had sent a boat to Cocagne to pick up 85 Acadians of whom 16 were among those who had returned from Carolina.(4) It is well known that Charles Boishébert played a major role in assisting Acadian refugees in present-day New Brunswick during the years 1756-1757, particularly along the Saint John River, and in refugee camps along the Northumberland Strait. He is known to have facilitated the passage of some refugees to Île Saint-Jean.

M.Villejouin, who provided employment to Félix, is Gabriel Rousseau de Villejouin, major and commandant of Île Saint-Jean from 1754 to 1758, the year that approximately 3000 Island Acadians were deported to France.(5) One interesting bit of information revealed by the petition is that the cartel vessel which carried deportees to Boulogne was the Neptune. It was previously known that one of the vessels which left Port La Joye was the Neptune. It was also known that one of the vessels had discharged its human cargo at Boulogne rather than at Saint-Malo, where most of the other vessels docked. This anomaly occurred on account of bad weather which blew the vessel further up the English Channel than the captain had wanted, and, perhaps also, because of provisions running low. Archival information which survives at Boulogne tells of the arrival of the vessel from Île Saint-Jean, but neglects to mention the name of the vessel. Though the petition refers to Boulogne-en-Mer, the form «Boulognesur-Mer» is used today, and is frequently shortened to, simply, Boulogne.

Lastly, the petition illustrates a commonly found form of shorthand used to denote calendar dates on eighteenth century French documents. One might (mistakenly) think that “le 29 9bre 1774” refers to 29 September 1774, September being the ninth month of the year. The date of the petition is in fact 29 November, 1774. “Neuf” is derived from the Latin novem, and in the Roman calendar, which had, as does our modern calendar, 12 lunar months, the first month was Martius (mars), while the ninth was November.

Félix LeBlanc’s petition presents a glimpse of his life during the 1750s and tells us a bit about his character. Though the information is somewhat limited, it is considerably more than is available for most of his contemporaries during a period when Île Saint-Jean went through much turmoil. It is not known whether his petition was successful.Félix LeBlanc was not an ordinary or typical Acadian. At the same time, he and Paul Daigre were certainly not unique. It is reliably documented that during the 1750s other Acadians resident on Île Saint-Jean made trips to the mainland to participate in the siege of Beauséjour and that of Louisbourg – in the latter case a group of Island Acadians (estimates variously range from 100 to 400) were put under the command of Boishébert. And in an incident reported to Vaudreuil by Villejouin,

un détachment de 60 Acadiens de bonne volonté prit un nombre de chevaux et quarante boeufs aux environs du fort de Pégéguit, tua 13 Anglois et en blessés quatre, se rendit maitre d’un magasin dans lequel il y avoit trois cents barriques de blé, 60 barriques de farine, quatre-vingt-dix quarts de lard et dix tierçons de beurre, et après avoir fait provisions il y mit le feu. Il brûla aussi cinq cents gerbes de froment, deux granges, une boulangerie et un moulin.(6)

There is one way however in which our Félix is unique. According to genealogist Stephen White, Félix Le-Blanc’s family is the sole family which was deported to the American colonies in 1755 and to France in 1758. One of Félix’s daughters, Marie-Blanche, had the unenviable distinction of being the sole Acadian deported four times by the British – in 1755 from Chignecto to South Carolina; in 1758 from Île Saint-Jean to France; in 1778 from Saint-Pierre and Miquelon to France; and in 1794 from Saint-Pierre and Miquelon to Boston.(7)  

 lockerby@nbnet.nb.ca

1          The original document is believed to be in France. A copy exists at the Centre d’études acadiennes at the Université de Moncton as CEA A9-3-10. The author is indebted to Stephen White for bringing the document to his attention, and for certain genealogical information regarding Paul Daigre; especially to Georges Arsenault for valuable assistance in transcribing the document;  and to Ronnie-Gilles LeBlanc for deciphering several of the most difficult words.

2          For a more genealogical treatment of Félix LeBlanc, see Stephen White’s article at http://www.historiatv.com/origines/3_11_stephen_white.htm

3          Joseph LeBlanc dit Le Maigre was for many years a thorn in the side of British authorities in Acadia, actively opposing the regime. See Bernard Potier, « Joseph LeBlanc dit Le Maigre », Dictionnaire Biographique du Canada, Vol. III (Québec, 1974) pp. 395-396.

4          Vaudreuil to Minister, August 6 and 7, 1756, Archives Nationales, Paris, Archives des Colonies (AC), Série C11A, Vol. 101, pp.73-82 and 83-88, respectively.

5          See Earle Lockerby, “The Deportation of the Acadians from Ile St.-Jean”, 1758, Acadiensis, XXVII, 2, 1998, pp. 45-94 and Earle Lockerby, “Deportation of the Acadians from Île St.-Jean, 1758”, The Island Magazine, No. 46, 1999, pp. 17-25.

6          Vaudreuil to Minister, 19 April 1757, AC, C11A, Vol. 102, pp. 8-11.

7          Stephen A. White. « Rapport du Secteur Généalogie », Contact-Acadie, No 34, 2004, p. 26

 

 

QUELQUES ÉVÉNEMENTS SAILLANTS PRÉVUS* POUR LES FÊTES DU 400e DE L’ACADIE À L’ÎLE SAINT-JEAN (1604-2004)

2004 par Contribution anonyme

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le premier insulaire d’origine européenne enterré à St. Peters Harbour

2002 par Georges Arsenault

Georges Arsenault

 

Le 30 janvier 1757, la communauté de Havre-Saint-Pierre, sur la côte nord de l’Île Saint-Jean, se réunissait dans l’église paroissiale pour faire ses adieux à un notable de la paroisse, Sieur François Douville, décédé la veille à l’âge de 72 ans, « Le premier habitant de la dite Isle », comme le curé de Biscarret prenait soin de noter dans l’acte de sépulture1.

Lors de son décès, François Douville était l’habitant le plus prospère des environs.  Selon le recensement effectué cinq ans plus tôt2 , il était à la fois pêcheur, navigateur et fermier.  Il était propriétaire de trois terrains.  En 1752, il demeurait avec sa famille « au lieu du Nigeagant3 » (probablement près de l’église) où il avait fait un défriché et semé 60 boisseaux de blé.  Le deuxième terrain se trouvait « au fond des Étangs » (aujourd’hui Bristol) où Douville y avait un moulin à farine.  Son autre propriété était située à « la pointe au havre Saint-Pierre-du-Nord ».  Là, il avait défriché suffisamment de terre pour cultiver un jardin, le restant du terrain servant de grave pour faire sécher la morue.  C’est en ce lieu qu’il tenait son bateau et ses deux chaloupes.  Le recenseur, Joseph de la Roque, rapporte qu’un incendie avait détruit la maison qui se trouvait sur ce terrain.   François Douville possédait aussi les plus gros troupeaux de la paroisse, soit 8 boeufs, 8 vaches, 4 génisses, 8 veaux, 1 cheval, 22 brebis, 9 cochons, 4 oies, 50 poules et poulets et 20 dindes et dindonneaux.

Nous ne connaissons rien des circonstances qui ont amené Douville à l’île Saint-Jean où il est arrivé en 17194 , un an avant l’établissement officiel de la colonie par les colons recrutés en France et en Acadie par la Compagnie de l’Isle Saint-Jean.  Né le 27 juillet 1684 à Saint-Denis-le-Gatz en Normandie, fils de Mathieu Douville et de Marie Marquier5, il est possible, à l’instar de nombreux jeunes pêcheurs normands, qu’il ait fréquenté les bancs de pêche du Golfe Saint-Laurent et de la côte atlantique pendant quelques saisons avant de s’établir dans l’Île.  On peut s’imaginer qu’il connaissait les gens de la Compagnie de l’Isle Saint-Jean et qu’il leur ait même servi d’éclaireur.  D’ailleurs, le principal actionnaire de la Compagnie, le comte de Saint-Pierre, Louis-Hyacinthe de Castel, était lui aussi de Normandie.  Il se trouve que la Compagnie a choisi le Havre-Saint-Pierre pour y établir son comptoir de pêche.

Extrait d’une carte intitulée « A Sketch of the Island of St. John’s » faite par les Britanniques quelques années après la Déportation. On y aperçoit la baie Saint-Pierre avec, à l’ouest, le village de Havre-Saint-Pierre (St. Peters Village) et son église. Le pointillé représente les terres défrichées par les colons pendant le Régime français. (Archives publiques du Canada)

Vers 1722, âgé alors d’environ 38 ans, François Douville épouse une jeune fille de 13 ans, Marie-Élisabeth Roger, née le 25 septembre 1709 à La Rochelle, fille du commerçant Gabriel Roger de Havre-Saint-Pierre et d’Élisabeth Gautron6.

Le couple a eu onze enfants, mais aucun de leurs descendants n’habite aujourd’hui l’Île.  Lors de la Déportation de 1758, la veuve de François Douville et ses enfants ont été transportés en France à bord d’un navire britannique où les survivants ont débarqué à Saint-Malo le 23 janvier 1759.  Plusieurs membres de cette famille ont plus tard retraversé l’océan pour s’établir aux Îles-Saint-Pierre-et-Miquelon.  C’est d’ailleurs à Saint-Pierre qu’est décédée Marie-Élisabeth le 6 juin 1758 à l’âge de 75 ans.  L’un des fils Douville, Pierre, a émigré en Nouvelle-Angleterre où il a été lieutenant dans la marine américaine pendant la guerre d’Indépendance.  Ses restes reposent au Rhode Island7. Parmi ses descendants on compte l’acteur de cinéma américain, Charles-Douville Coburn (1877-1961) qui a joué à côté de Marilyn Munroe dans le film Gentlemen Prefer Blondes (1953).

La pierre tombale de François Douville, pionnier de l’Île Saint-Jean, a depuis très longtemps disparu de St. Peters Harbour.  Cependant, des gens de la région savent encore où se trouve l’ancien cimetière de la paroisse Saint-Pierre-du-Nord.  Il y a cent ans, l’historien John Caven a visité l’emplacement de cet ancien cimetière, situé sur la ferme d’un dénommé John Sinnott et en a publié une description dans le Prince Edward Island Magazine8.  D’après l’historien, il s’agissait d’un « lopin de terre carré, soigneusement clôturé, qui est épargné du nivellement de la charrue par le propriétaire respectueux, car, selon la tradition orale, les restes de nombreux vaillants colons y reposent.  Un bosquet de sapins projette une ombre triste sur cette terre consacrée ».

Havre Saint-Pierre, aujourd’hui St. Peters Harbour, constitue un lieu historique de grande valeur pour la province.  Établissement le plus peuplé entre 1720 et 1758, il a été le premier et le plus grand centre commercial de l’Île pendant le Régime français.

La plupart de ses habitants ont connu le malheureux sort de la Déportation, un grand nombre d’entre eux ayant comme tombeau l’océan Atlantique9 .  Cependant, les restes des tout premiers habitants de Havre-Saint-Pierre, y compris ceux de François Douville, reposent toujours près de la rive de la baie St. Peters.  Il serait juste que leur mémoire soit rappelée par un geste tangible.  C’est pour cette raison que le Comité historique Havre-Saint-Pierre vient d’être formé, sous la présidence de l’historienne Juanita Rossiter.  La mise sur pied de ce comité découle du colloque organisé à St. Peters, Î.-P.-É., au mois de mai dernier, par le Comité historique Soeur-Antoinette-DesRoches et Parcs Canada.

_________________________________________

1 Registre Saint-Pierre-du-Nord, copie manuscrite consultée sur microfilm aux Archives provinciales de l’Île.  Je dois préciser que Douville aurait été le premier insulaire d’origine européenne à demeurer « en permanence » dans l’Île.  De toute évidence, il y aurait eu des familles acadiennes qui se seraient installées temporairement dans l’Île avant 1719.  Notons le cas de Louis LaBauve et d’Anne La Vache qui faisaient baptiser à Beaubassin le 21 juin 1717 un fils, Jean LaBauve.  Selon le baptistaire inscrit dans le registre paroissiale de Beaubassin, cet enfant était né le 1er juillet 1716 sur l’île Saint-Jean.  Je tiens à remercier Earle Lockerby de m’avoir signalé cette information.

2 « Voyage d’inspection du Sieur de la Roque.  Recensement.  1752 ».  Publié dans le Rapport concernant les Archives canadiennes pour l’année 1905, Ottawa, Imprimerie du Roi, Volume II, pp. 137-138.

3 Nigeagan : Bourdigue, enceinte de claies aménagée au bord de la mer ou sur un cours d’eau pour prendre du poisson, notamment le hareng et le maquereau.  (Yves Cormier, Dictionnaire du français acadien, Montréal, Fides, 1999.)

4 Selon le recensement de 1728.

5 Merci à Gérard Scavennec, descendant de François Douville qui demeure à Lanester (France), de m’avoir fourni une copie du baptistaire de son ancêtre.

6 Stephen A. White, Dictionnaire généalogique des familles acadiennes, volume II, Moncton, Centre d’études acadiennes, 1999, pp. 1418-1419.

7 Gérard Scavennec, « Pierre Douville : un Acadien à la recherche de son identité », Racines et Rameaux d’Acadie, Bulletin No 11, pp. 2-8.

8 John Caven, « Settlement at St. Peter’s Harbor », The Prince Edward Island Magazine, Vol. III No. 8 (October 1901), p. 276.

9 Information donnée par le généalogiste Stephen A. White lors d’une conférence prononcée lors du minicolloque « Découvrir l’histoire et les gens de Saint-Pierre-du-Nord » à St. Peters le 12 mai 2001.

Registre de Port-La-Joie en l’Isle Saint-Jean (1721-1758) – 4e partie

1986 par Francis C. Blanchard

Francis C. Blanchard

 

Le 3 novembre 1750 on trouve cinq actes de mariage, tous signés par le Frère Patrice LaGrée.  Deux des mariages voyaient deux frères Arsenault se marier à deux soeurs Boudrot.  Sans doutes, ce fut une occasion de grandes fêtes dans la communauté de Malpec.

A.  Il y avait le mariage entre françois doucet fils de françois Doucet et de Marie Caré, de la paroisse de Malpec et Marguerite Jacquemain fille de Pierre Jacquemain et de Marguerite Haché de la paroisse de Port LaJoye.

B.  Il y avait le mariage entre pierre Arsenault fils de Charles Arsenault et Cécille Bros, de la paroisse de Malpec et Marie Boudrot fille de Claude Boudrot et de Judic Belliveau de la paroisse de St.-Pierre.

C.  Il y avait le mariage entre Jean Arseneau fils de Charles Arseneau et de Cécille Bros, de la paroisse de Malpec et Madelaine Boudrot fille de Claude Boudrot et de Judic Belliveau de la paroisse de St.-Pierre.

D.  Il y avait le mariage entre Jean Arsenault fils de Jacques Arseneau et de Marie Poitvin de la paroisse de Malpec et macdelaine Boudrot fille de françois Boudrot et de Jeanne Landry de la paroisse de St. Pierre.

E.  Il y avait également le mariage entre Jean Oudy fils de Jacques Oudy et de Marguerite Poirier de la paroisse de St.-Pierre à marie Blanchard fille de françois Blanchard et de Marguerite Caré, de la paroisse de Malpec.

François, gentilhomme, Blanchard est né en 1686, donc 200 ans passés, à St.-Marc LeBlanc en Bretagne, France.  Avant son arrivée à l’Isle Saint-Jean il est d’abord passé en Acadie.  François Blanchard et Marguerite Caré ont eu 7 enfants:  5 filles dont Marie et 2 garçons, Jean et François.  Les deux garçons sont les ancêtres de tous les Blanchard de l’Île-du-Prince-Édouard selon Rustico, une paroisse acadienne.

Un personnage très important fut inhumé à Port LaJoye le 6 janvier 1752.  Ce qui suit est la transcription de l’acte de sépulture :

“Ce Sixième janvier 1752, a esté par moy soussigné inhumé le cimetière au Port LaJoye le Sr. françois Marie Degoutin Doyen du Conseil Supérieur, subdélégué de Monsieur l’intendent de la Nouvelle France et Guarde de Magasin pour le Roy au port LaJoye, décédé de hier après avoir reçue tous ses sacrements, âgé d’environ soixante cinq ans,

En foy de quoy, j’ay signé
fre patrice LaGrée.”

Le prochain acte est de la sépulture d’une personnalité qui a fait fort belle figure en Acadie avant son arrivée à l’Isle Saint-Jean.  Le Sieur Joseph Nicolas Gautier s’est établi à St.-Louis-du-Nord-est où il donna le nom Belair à sa nouvelle habitation – le même nom qu’il avait appelé son habitation à Port-Royal qu’il a quittée par nécessité.  En 1751 Nicolas Gautier a fourni une large part de ce qu’il fallait en bois pour la construction de la nouvelle église.

“Ce 2 avril 1752, a esté inhumé au dessus de la Source à Belair dans la rivière du Nord-Est le Sieur Joseph Nicolas Gautier agé d’environ 63 ans, après avoir reçu ses sacrements, décédé hier environ les dix heures du soir, espoux de dame Marie Alain, native de Port Royal en l’Accadie et le dit Sieur Joseph Nicolas Gautier originaire de Rochefort.

Signé:  fre patrice LaGrée.”

La paroisse de St.-Louis-du-Nord-est se trouvait à Scotchfort, à côté de l’actuel Mount Stewart.  On y voit encore le cimetière qui fut utilisé aussi par les Écossais catholiques à partir de leur arrivée à l’Isle Saint-Jean, en 1772.  À côté du cimetière le chercheur peut s’apercevoir d’une dépression au sol.  D’après feu mon père, J.-Henri Blanchard, c’était probablement là l’emplacement de l’église St.-Louis-du-Nord-est.

M. l’abbé Jean Perronet, curé de la paroisse St.-Louis-du-Nord-est fait l’entrée d’un baptême le 16 juillet 1753.  Il fut curé à St.-Louis de 1752 à 1753.  Il est ensuite envoyé dans la paroisse St.-Pierre-du-Nord où il est assistant au curé de 1753 à 1758.

Le 7 août 1754, on trouve l’acte du baptême de Pierre Marin Pitre inscrit par l’abbé Pierre Cassiet, curé de St-Louis-du-Nord-est.  L’abbé Cassiet fut tout d’abord curé dans la paroisse de la Sainte-Famille de Malpec (Low Point près de Port Hill) de 1752-1753; et ensuite, il fut curé de 1753 à 1758 de la paroisse de St-Louis-du-Nord-est.

L’abbé Cassiet fut une figure de grande marque d’abord en Acadie et ensuite à l’Isle Saint-Jean.  Lors de la Déportation de 1758, l’abbé Cassiet fut choisi avec l’abbé Biscaret, curé de la paroisse St-Pierre-du-Nord, pour aller porter la pétition des habitants acadiens de l’Isle Saint-Jean aux autorités anglaises à Louisbourg.  La pétition demandait qu’on accepte la soumission des habitants acadiens et qu’on leur permette de demeurer sur leurs terres.

L’effort des curés fut en vain.  Le Général Jeffrey Amherst et l’Amiral Boscawen ont demeuré insensible et inflexible devant les porte-paroles.  Ils ont ordonné l’évacuation complète des Acadiens de l’Île.

L’abbé Pierre Cassiet fut déporté avec les habitants de l’Île, et on le retrouve plus tard en France, où finalement, il est devenu le supérieur du Calvaire à Betharram près de Lourdes.  D’après la tradition de la famille Cassiet, l’abbé fut traité avec beaucoup d’inhumanité par les gardes au cours de la traversée.  Et lorsque la Révolution française a éclaté, l’abbé Cassiet a du encore confesser sa foi une deuxième fois et a dû se réfugier en Espagne.

 
Nous trouvons également dans ce registre une entrée signée par l’abbé Jacques Gérard curé de la paroisse St-Paul à la Pointe Prime.

“Ce 6 février 1755, je soussigné, certifie que M. Gérard curé de la pointe prime a baptisé à la Rivière du Nord, anne madeleine née le 16 7 bre 1754, de légitime mariage de François Landry et de marie Joseph Babin parain et maraine ont été Joseph Landry et Anne Madeleine Landry.

Signé à la minute:  Girard
Signé:  fre Gratien Raoul”

L’abbé Girard fut un des grands prêtres célèbres de l’Acadie.  Sa vie apostolique en est une de grand héroïsme.  Il est arrivé en Acadie en 1733 et est envoyé desservir la paroisse de Beaubassin.  En 1742 il est nommé curé à Cobequid (Truro).

Pendant ses fonctions à la cure de Cobequid il fut emprisonné à Halifax avec quatre de ses paroissiens pour avoir conseillé à ses paroissiens de ne pas prêter le serment de fidélité sans réserves que l’on exigeait du peuple.

On lui permit plus tard de sortir de prison pour desservir les habitants du Bassin des Mines.  Il fut enlevé par un groupe de Micmacs, et il se cacha dans la forêt jusqu’au printemps de crainte de tomber à nouveau entre les mains des autorités.  Il réussit à passer à l’Île St-Jean où il s’occupera de la cure de St-Paul à la Pointe Prime.

Lors de la Déportation il embarqua à bord du “Duke William” avec ses paroissiens.  Ce bateau fera naufrage à l’ouest de l’Angleterre, mais l’abbé Girard réussit à s’échapper dans une chaloupe.   Finalement, il arriva en France et fut nommé aumônier à l’Abbaye de Jouarre.

Le 26 mai 1755 l’abbé Joseph-Sylvestre Dosque curé de la Sainte-Famille à Malpec signe l’acte de baptême de Marie Joseph Bourg :

“Ce jour 26 may 1755, je soussigné, certifie que M. Dosque, curé de la paroisse de Malpeck a baptisé marie joseph, le 22 may de 1754, née le 2 x bre 1753, de légitime mariage de Jean Bourg et de Françoise Douaron, habitants de la rivière des Crappeaux.  Parrain et maraine ont estée Louis Bourg et marie Rose Douaron.

Signé sur l’extrait délivré:  Dosque et
fr: Gratien Raoul.”

Lors de la Dispersion, l’abbé Dosque a pu s’esquiver au Québec.  Plus tard il devint le curé de la cathédrale Notre-Dame à Québec.

La prochaine entrée est l’acte de sépulture de Jean Le Prince agé de 28 ans dans le cimetière de St-Paul la Grande-Ance (Orwell Bay près d’Eldon).

 “Ce 21 février 1751, a esté par moy, soussigné faisant les fonctions curiales, inhumé dans le cimetière de St-Paul, à la Grande ance Jean LePrince âgé d’environ 36 ans, mort en enfance sans sacrement, n’ayant jamais eu aucune connaissance.

Signé:  fr. Patrice LaGrée.”

De temps à autres on trouve les noms d’Anglais ou d’Irlandais dans le registre :

“Ce 29 juillet 1755, je soussigné, ay baptisé un fils nommé Jean Baptiste, de nation anglaise, agé de 19 ans, son père appellé nicolas Samson, sa mère Elisabeth, habitans du port Royal.  Parain et maraine Jean baptiste perial, Ursule Robicho.

Signé:  Mezzin LeRoy, Laviolette et fre Gratien Raoul.”

On sait qu’il y a eu un cimetière à Tryon.  L’entrée ensuite semble le confirmer.  Pendant le Régime français la rivière Tryon se nommait la rivière des Blonds.

“Ce 7 mars 1746, a été inhumé dans le cimetière des Blonds, un fils agé de 14 mois nommé Raphael, née de légitime mariage d’Eustache Bourg et de Marguerite Daigre.

Signé:  fre Gratien Raoul.”

Même si les Acadiens de l’Acadie avaient à endurer de tracas insupportables pendant les années 1750, cela n’a pas empêcher à certains de vivre à un âge très avancé, ce que témoigne l’acte suivant :

“Le 4 aoust 1750, a esté inhumé dans la paroisse isle de St-Jean, au port LaJoye Germain Teriot agé de 87 ans fils de Germain Teriot et d’André Bernard, de la paroisse du Port Royal lequel après avoir reçu tous ses sacrements a esté inhumé par moy soussigné dans le cimetière du port LaJoye.

Signé:  fre Patrice LaGrée.”

Des noms de lieux qui figurent dans ce registre pour lesquels nous avons les noms d’aujourd’hui sont :

Rivière des Blancs -            Johnson’s River
Rivière de l’ouest -            West River
Rivière du Nord -            North River
Rivière du Nord-Est -            East ou Hillsboro River
Rivière des Crapeaux -        Crapaud River
Le Petit Maret -            Pownal Bay
L’ance aux Morts -            Mermaid Cove
La Grande Ascension -        Vernon River
La Petite Ascension -            Fullerton’s Creek
L’ance aux Sauvages -        Cove à Rocky Point
L’ance à Pinet -            Pinette Bay
Le Havre aux Sauvages -        Savage Harbour
St-Pierre du Nord -            St. Peter’s Harbour
L’ance aux Pirogues -        Stewart Cove
L’ance aux Sangliers -        Holland Cove
Tracadie -                Tracadie
L’ance à Dubuisson -            Walker’s Cove
La Pointe Prime -            Point Prim
L’Ance à la Pointe du Nord-ouest -    Nine Mile Creek
Des Estangs -                St. Peter’s Lake
L’Ance aux Matelots -        Alexandra
Rivière des Blonds -            Tryon River

Des noms de lieux pour lesquels nous n’avons pas les noms aujourd’hui, entre autres, sont :

La Terre Rouge, L’Ance du Nord-est, Ruisseau Vincent, Ruisseau la France, L’Ance aux Landry, L’Ance Compte St.-Pierre, Ruisseau des Mats.

Ce qui suit est l’acte de sépulture d’un noble homme et personnage important de la colonie.

“L’an 1744, le 26 mars, j’ay soussigné inhumé environ les 11 heures du matin dans le cimetière de ce havre, le corps de nobel homme Ecurier Robert potier du Buisson, mort du jour précédent environ une heure après midy natif… subdélégué de M. l’intendent de la nouvelle france.

Signé:  fre Elie Kvielze.”

L’acte suivant enregistre le baptême d’un enfant illigitime.  Au bas de l’acte il y a un ajout intéressant :

“Le 26 juin 1754, j’ai baptisé pierre, né le même jour, de marie Vincent qui n’a pas voulu en déclarer le père.  Parain et maraine ont été pierre Herbert et marie Michel.

Signé:  fre Ambroise Aubré

(Le lendemain le père s’est déclaré avec promesse d’épouser la fille)”

L’acte suivant signé par le frère Elie Kvielze porte un intérêt spécial :

“Le 25 9 bre de l’année 1743, moy, fre Elie K. recolet, je soussigné ay donné la bénédiction nuptialle à Etienne Charles philippe fils de pierre philippe, et de catherine Géraud, soldat au détachement marine et à marie Mazeromme et de genevieve fovel, natif du port Royalle, évêché de Québec, lesquels m’aïant aporté un graçon d’environ 18 jours provenu d’eux, pour le faire legitimer, l’ay mis sous le voille et légitimé selon le rit de la Ste Église et ordonnance de Monseigneur de Québec en recevant leur mutuel consentement et foy de mariage, après quoy, nous avons supplée aux cérémonies de son baptême en présence des témoins qui ont signé avec nous.
Signé:  Etienne Chelle philippe -
Le chlr Duvivier
Le chavalier Duchambon – De la
Brejonnière – Potier
Dubuisson – Duchambon Decoux -
Dentremont decoux – Anne henriette
Duchambon et fre Elie Kvielze aumônier”

Une petite île qui est située dans la rivière Hillsboro juste en face de Fort Augustus s’appelle l’île Glenfinnan.  Pendant le Régime français, selon mes recherches, cette île se nommait l’Île au foin.

Les deux extraits suivants sont des sépultures qui ont eu lieu à l’Île au foin.  L’époux et l’épouse sont décédés un après l’autre et sont enterrés sur deux jours consécutifs :

“Ce 29 mars 1751, a esté inhumé à l’isle au foin à cause des mauvais temps, Pierre Douaron agé d’environ 45 ans après avoir esté confessé, époux de Marguerite Bro.

Signé:  fre Patrice LaGrée.”

“Ce 28 mars 1751, a esté inhumée à cause des mauvais temps, à l’isle au foin, Marguerite Bro agée de 26 ans, épouse de Pierre Douaron, après avoir été confessée.

Signée:  fre Patrice LaGrée.”

Nous trouvons dans les entrées du registre de nombreux soubriquets :

“Le 12 avril 1752, a esté inhumé dans le cimetière du port Lajoye du costé du couchant au bas du cimetière René… dit pret à rire, soldat de marine de la compagnie de M. Lavillière, agé d’environ 25 ans, ayant été trouvé mort dans les glaces et ayant sur luy des marques de chrétien, je luy ay donné la sépulture écclésiastique avec les cérémonies ordinaires.

Signé:  fre patrice LaGrée.”

Ce fut une mort tragique pour cet homme qui semblait toujours rayonner le bonheur.

Selon un dénombrement rapide fait de ma part, il y a eu à Port-LaJoie quelque 143 sépultures.  Sans doute, il y avait des sépultures faites à cet endroit en absence d’un prêtre et ainsi n’auraient pas été enregistrées de la façon coutumière.  Où est l’emplacement de ce cimetière?  Personne à l’heure actuelle semble le savoir.  Peut-être, dans un avenir pas si lointain, Parcs Canada fera les fouilles nécessaires à sa redécouverte…

Plus de 50 pour cent des entrées du registre sont de 1749 à 1758.  C’est à partir de 1749 qu’on a vu la grande émigration acadienne se diriger vers l’Isle Saint Jean suite à la construction du fort à Halifax et que les autorités britanniques ont commencé à parler de Déportation.  Présentement à l’Île-du-Prince-Édouard, nous avons le nom de famille Longaphie.  Ce nom selon ce registre était Longuepée, Longueépée, Longue espée ou Longeépée.  Nous avons également les familles Deagle à l’Île qui sont d’origine acadienne.  Ce nom de famille était D’aigre ou Daigre selon le registre.  Au Nouveau-Brunswick le nom est Daigle.  Le nom de famille Doiron était parfois épellé Doiron, Douäron, Douaron, Douaïron et Doeron.

En conclusion je cite du registre une des trois conversions faites à Port-LaJoye.

“Ce 11ème jour de janvier 1755, je soussigné et certifie Aumonier du Roy, curé de la paroisse du port LaJoye et supérieur de l’isle St Jean qu’Abraham Louis predreman, actuellement de cette paroisse, fils de feu Jean predreman et de marguerite Clotre, natifs de Canton de Berne dans l’allemagne suisse, a de ferme foy confessé entre mes main en face d’église et en présence de Gabriel Rousseau ecuyer, Sieur Villejouin chevalier de l’ordre militaire de St Louis, major et commandant pour le Roy à l’isle St Jean, de Michel Rousseau, écuyer Sr de Dorfontaine, capitaine d’infanterie et de Louis melchior Vareille, sieur de la Bregeonnière, capitaine et aide major de l’isle St Jean et autre témoins qui ont icy signés avec moy, tant en général qu’en particulier les articles contenus au Symbole de le foy dont se sert la Ste Eglise Catholique, apostolique et romaine, a reçu sans aucun doute toutes les autres choses qui ont été données, définies et déclarées par les sacrés canons et principalement par le saint concile de trente.  En même temps a condamné, rejetté anathematisé, renoncé à toutes les hérésies que l’église Catholique, apostolique et Romaine a condammées Rejettées, anathematisées, a enfin promis, vouée juré sur les saints évangiles de Dieu, tenir et confesser sans aucune contrainte cette vraye foy catholique sans laquelle personne ne peut être sauvé et a promis de la garder constamment moyennant la grâce de Dieu, jusqu’au dernier soupir de sa vie et tant qu’il luy sera possible la faire tenir, garder et observer par touts ceux desquels il aura charge en sa maison et en son état et au cas qu’il luy avienne de faire le contraire à l’avenir il se soumet à toutes les peines portées par les Sts decrets et constitutions canoniques, en conséquence je l’ay absous de l’excommunication par luy encourru en vertu du pouvoir qui m’en a été donné par l’ordinaire suivant l’ordonnance au port Lajoye les dits jours et an que dessus.

Rousseau de Villejouin, L. Vareille de Brejeonnière
Rousseau de Dorfontaine, Chatton, Yvoanry
Maillardet et fr: Gratien Raoul, Recollet.”

Registre de Port-La-Joie en l’Isle Saint-Jean (1721-1758) – 3e partie

1985 par Francis C. Blanchard

Francis C. Blanchard

 

… et je cite d’autres entrées d’intérêt historique et généalogique.  Ce qui suit est l’acte de la sépulture de Pierre Devaust, victime d’une noyade.  Des noyades étaient fréquentes à cette époque.

Le 22 novembre 1723, je soussigné, ait inhumé le nommé Pierre Devaust dit Dauphiné engagé de la compagnie noyé à deux lieues dans l’isle St-Jean fait au port Lajoye 22 9bre 1723 signé: fr. Louis Barbet Dudonjon.

Quelques entrées ont comme objet le baptême d’un enfant micmac.  Il est intéressant à noter que les Micmacs portaient des prénoms seulement.  Les noms de famille n’existaient pas chez eux à cette date.  Et on sait que la plupart des Micmacs étaient des convertis au catholicisme par les vénérables missionnaires du XVIIe siècle en Acadie.  Or il ne faut pas s’étonner que ces braves gens portaient des prénoms chrétiens.

Le 27 juin 1723, je soussigné… ay baptizé Elizabeth fille de François et de Therese sa femme sauvages née environ la Toussaint 1722.  Parrein Glaude haenrion commis des magazins de la compagnie de l’isle St-Jean et la mareine:  Elizabeth Cheneau, femme de hilaire Cheneau maître canonier.
signé:  Henrion L. de métivier, missionaire

Je cite ensuite une entrée de l’enterrement d’un enfant baptisé par le médecin en l’absence du prêtre.

Le 2 7bre 1722 – inhumé le corps d’un enfant de Paul Gemel engagé et de Marguerite Hurel né et ondoié à la maison par le Sr Grandpré chirurgien major ce cette isle le 1er jour desd. mois et an, mort le même jour. témoins:  Le d.paul Gemel et Jacques Migon engagé lesquels ont déclaré ne savoir signer                              signé:  de Breslay, gd. vre.

L’entrée qui suit fait mention d’un personnage important chez les Micmacs de l’île St-Jean :

Le 29 may 1722 baptizé marguerite fille de Jean Baptiste Armetcheck sauvage Mikmack et fille d’Agnes Nabdevit agée de 5 mois.  Le parein mathurin Renaud habitant du havre St-Pierre, la mareine Marguerite Armetcheck femme d’Antoine Arghimo capitaine des sauvages Mikmaques, lesquels ont déclaré ne sçavoir signer          de Breslay – gd. vre.

Ce qui est intéressant avec l’oeuvre de M. Pierre Margry c’est sa fidélité à l’original.  Lorsqu’il s’agit d’une page déchirée, le copiste l’indique dans son recueil.  La partie déchirée est malheureusement perdue.  Là où l’original porte une tache d’encre, Pierre Margry la signale dans sa copie.  Parfois on voit une feuille dont le bas est déchiqueté excepté pour une pointe sur laqauelle il écrit ce qu’il trouve dans l’original.

Pour ce qui est du premier mariage enregistré par l’église à Port LaJoye de personnes de race blanche, il est daté du 17 avril 1721.  Il s’agit du mariage de François du Roché et d’Elizabeth Bruneau, originaires de Bretagne, France.  Il est tout probable que le nom du Roché ait été changé à DesRoches, dans le cours du temps.

Je cite ensuite la noyade d’un jeune garçon dans les ports (probablement à St-Pierre-du-Nord) dont le corps n’a point été retrouvé.

Le 3 juillet 1721… j’ai soussigné et certifie qu’Etienne Poitevin agé de 8 ans fils d’Etienne Poitevin et d’Anne Daigle a été perdu le 6 juin de la présente année dans les ports et qu’il n’a point été retrouvé.
Témoins:  Louis LeBouve et François Boisseau pêcheurs
signé de Breslay curé.

Port-LaJoye ou Port LaJoie :  Nous trouvons dans ce registre surtout la première orthographe.  “La Joie” s’épelle aujourd’hui avec “i”.  Anciennement on trouve un “y” à la place d’un “i” dans l’épellation des mots.  L’ “y” à la place du “i” est une forme de stylisation qu’on employait autrefois.  Souvent dans le registre on trouve l’épellation may pour le mois de mai – aujourd’huy pour aujourd’hui.  Parfois on voit aussi l’orthographe Port LaJoie.  L’abbé de Breslay l’emploie.  Dans le cas où l’orthographe d’un mot donne un double “s”, on voit la première lettre “s” en forme stylisée.  L’ “s” prend la forme d’un “f” – (exemple paroifse).

L’instruction chez les Acadiens à cette époque était presque nulle.  Cela se voit lorsqu’on lit entrée après entrée et que c’est écrit que les témoins des cérémonies ne savent signer.

“La mareine a fait sa croix ainsi
que le père de l’enfant”
ou
“…lesquels ont déclaré ne sçavoir signer”

Un père récollet qui a beaucoup oeuvré en Acadie, et un des plus célèbres missionnaires, est le Frère Félix Pain.  Il est passé à l’Isle St-Jean à trois différentes reprises faisant sa fonction curiale :

a)  du 1er juillet 1725 au 8 septembre 1726;
b)  du 26 novembre 1726 au 10 juillet 1731; et
c)  le 27 septembre 1736.  Un seule acte.

D’après les historiens, le poète américain Henry Wadsworth Longfellow se serait inspiré de l’oeuvre du Frère Félix Pain parmi les Acadiens avant la Déportation, et se serait servi de ce personnage comme prototype du Père Félicien dans son épopée Évangéline, publiée en 1847.

De dire les historiens, Rustico-sud et Rustico-nord tiennent leurs noms de René Rassicot qui était marié à Marie Haché, fille de Michel Haché dit Gallant et Anne Cormier.  Ce René Rassicot, dit-on, aurait été propriétaire d’un terrain là où se situe aujourd’hui Rustico.  Voici l’acte de mariage de René Rassicot et de Marie Haché, veuve de feu François Poirier:

Ce trente unième d’octobre de la présente année 1729, moi, soussigné missionnaire recollet faisant les fonctions curiales dans cette paroisse, après la publication de 2 bans aux prones des messes paroissiales et ayant dispensé du troisième, sans qu’il se soit trouvé aucun empeschement, ai donné la bénédiction nuptiale à René Rassicot, fils de feu Jean Rassicot et de Marguerite Crossier de la paroisse de St Ursin diocèse de Coutance d’une part, et Marie Haché veuve de feu françois Poirier de cette paroisse d’autre part, après avoir reçu leur mutuel consentement en présence de leurs parents et amis soussignés, l’époux et l’épouze ont déclaré ne sçavoir signer de ce enquis selon l’ordonnance et ont fait leur marque ordinaire
Signé:  Joseph haché, Depensens, Michel haché et fr. felix Pain, recollet missionnaire.

D’après certains actes dans le registre de la paroisse de Port LaJoye, il y avait un endroit qui s’appelait Rasico.

Ce 30 juillet 1750, a esté baptisé sous condition françois agé d’environ un mois, fils de Joseph sauvage et d’Elisabethe, aussi sauvage, de Rasico.  Le parrain: le Sr françois de Mezilla, officier d’infanterie, la maraine, Magdeleine, sauvagesse
Signé:  Mezillac et fr. patrice LaGrée.

Souvent, lorsque le prêtre était absent il fallait que quelqu’un s’occupe de la sépulture des morts.  Voici donc, l’acte d’un enterrement sans qu’il y ait de prêtre:

Ce 28 7bre 1750, a esté inhumée, dans le cimetière du port LaJoye, Angélique Vincent agée de 33 ans fille de deffunt pierre Vincent et de Jeanne Trahan, de la paroisse de l’Assomption, laquelle a esté inhumée par un soldat faute de prêtre. En foy de quoy, j’ay signé:
Signé:  Fr. Patrice LaGrée.

D’autres cimetières français et acadiens existaient à l’Isle Saint-Jean à part de celui à Port LaJoye avant la Déportation de 1758.  On sait que vers 1750-52 quatre nouvelles paroisses avec curés résidents furent érigées dans la colonie:  St-Paul à la pointe Prime (près d’Eldon); St-Louis du Nord-est (à Scotchfort); La Sainte-Famille à Malpec (Low Point près de Port Hill); et St-Pierre du Nord (St. Peter’s Harbour).  Je vous en citerai au long de ce travail.  Voici un acte de sépulture du corps d’une jeune fille dans le cimetière de St-Pierre-du-Nord.

Ce 24 8bre 1750, a été inhumé par moy dans le cimetière de St-Pierre au pied de la croix du costé du nord Anastasie agée d’onze mois fille d’André Renaud et de Marie Roget
Signé patrice LaGrée.

L’acte suivant porte le nom d’un médecin Georges Barbudeau qui était chirurgien-major à Louisbourg avant d’être appelé à l’Île Saint-Jean où la population n’avait pas les services médicaux qu’il leur fallait.  Il a habité à Port LaJoye d’où il fut déporté en 1758.  Rendu plus tard en France, il s’est trouvé parmi les locataires de la ligne acadienne du Marquis de Pérusse des Cars à Archigny, en Poitou.  Aujourd’hui on peut visiter le terrain qu’il occupait.  L’auteur de cette série est allé voir la terre occupée par le médecin Barbudeau.

Le Vingt septième de novembre de la présente année mil sept cent vingt cinq, moi soussigné missionnaire, faisant les fonctions curialles dans cette paroisse, ai baptisé son condition Jean Baptiste né le 17 octobre de la susdite année fils du Sr. George Barbudeau, chirurgien major de ce lieu et de Marguerite françoise Vigneau légitimement conjoints.  Il a eu pour Parein Jean Baptiste Péré et pour maraine Marie Françoise Gugot, en foy de quoy j’ai signé avec le parrein et le père de l’enfant, ces jours et an que dessus.
Signé:  Jean Péré, Berbudeau et fr. félix pain recollet missionnaire.

Le prêtre était à l’occasion demandé à défaut de notaire, à témoigner un contrat entre différentes parties.  L’extrait suivant du registre est l’entrée d’obligation de pension annuelle promise de la part des enfants de Michel Haché Gallant et Anne Cormier à l’endroit de leurs parents.  Cette entrée est probablement le premier contrat légal à l’Île Saint-Jean.

Obligation de pension annuelle de 10tt pour chacun des desnommés:  Ce jour, dix septième novembre mil sept cent trente six, en présence du père Angélique Collin Recollet de la province de Bretagne, missionnaire et aumonier du Roy au port Lajoye, dans l’isle St-Jean évêché de Québec, faisant les fonctions curiales audit lieu au défaut de Notaire pour passer le présent acte, entre les soussignés Michel haché et Anne Cormier sa femme d’une part et ses enfants de l’autre part, cy nommés, Michel Haché, Joseph haché, Marie haché épouse de René Rassicot lui consentant, Baptiste haché, Charles haché, pierre Haché, marguerite haché épouse de pierre jacmin lui consentant, françois haché, Jaque haché, Louise haché épouse de Louis belliveau, Marie Madeleine Haché épouse de pierre Duval, lui consentant, lesquels sont convenus de ce qui suit.  Sçavoir que tous les dits enfants ci dessus mentionnés s’obligent de donner chacun à leur père et mère leur vie durante la somme de dix livres tournois chaque année à commencer aujourd’huy de plus renoncent les dits enfants à la succession de leurs père et mère après leur mort.  Leur père et mère étant libres par le présent de donner leur bien à perpétuité à celui de leurs enfants qu’ils jugeront à propos.  En foy de quoy, ceux desdits enfants qui scavent écrire ont signé avec nous, les autres qui ne scavent écrire ont mis leur marque ordinaire en présence de Philippe, le neuf Eguyer Sieur de Beaubassin, enseigne d’une compagnie détachée de la marine et de Charles Boudrot, capitaine du bateau du Sieur de Beaubassin qui ont aussi sicné comme témoins.
Signé:  Michel Haché – Joseph Haché

Derechef, sont encore convenus les dits michel haché et anne cormier sa femme, avec leurs enfants que l’un diceux venant à mourir, les dits enfants ne payeront plus que la moitié de la susdite somme de dix livres.

En foy de quoy ils ont signé comme dessus
Signé Michel haché – Joseph Haché
marque de René Rassicot 0 marque de Pierre Hachez X marque de Baptiste Haché X marque de marguerite Haché X marque de Jacques hachez X Sr. Laurant.

Ce qui se lit ensuite est l’entrée de la mort tragique de l’ancêtre des Haché-Gallant :

Le 17 juillet 1737, je soussigné, ay inhumé dans le cimetière de ce hâvre, le corps de Michel Haché dit Galant, habitant dudit port, lequel s’était enfoncé dans les fons à l’embouchure de la rivière du Nord le dixième d’avril de la présente année et n’a pu être trouvé jusqu’à ce jour.
Signé: Frère Angélique Collin.

Un très beau monument a été érigé à Port LaJoie en face du Parc National Fort Amherst – Port LaJoye à la mémoire des ancêtres Michel – Haché – Gallant et Anne Cormier en 1965 par leurs descendants.

(à suivre)

Registre de Port-La-Joie en l’Isle Saint-Jean (1721-1758) – 2e partie

1985 par Francis C. Blanchard

par Francis C. Blanchard

 

Le registre de la paroisse St-Jean L’Évangéliste de Port-LaJoye en l’Isle Saint-Jean renferme plusieurs bijoux d’intérêt généalogique et historique.  Ce qui suit vous fait part de quelques-uns de ces relevés intéressants.

Une très grande fête, telle qu’il ne devait pas en avoir souvent dans la colonie à cette époque, eut lieu au Port-LaJoye, le 20 juin 1737, lorsque le récollet, Frère Athanase Guégot bénissait les mariages de trois enfants de Michel Haché (Gallant) et d’Anne Cormier.  Ces mariages eurent lieu 250 ans passés.  Les deux mariages des deux frères avec les deux soeurs Boudrot auront d’importantes conséquences généalogiques chez les Acadiens de l’Î.-P.-É.

1)  François Haché (Gallant), le père des Dix Frères de Rustico, se maria à Anne Boudrot;

2)  Jacques Haché (Gallant), le père de Cyprien Haché (Gallant), qui devint à son tour le père des Dix Frères de Cascumpec, se maria à Josephte Boudrot.  Cyprien, le fils, eut comme épouse Marie Bernard; et,

3)  Louise Haché (Gallant) se maria à Louis Bellyveau.

François et Jacques (Cyprien fils) Haché (Gallant) sont les ancêtres d’un très grand nombre d’Acadiens à l’Île-du-Prince-Édouard.  On n’a qu’à parcourir les arbres généalogiques des familles acadiennes de l’Île pour le constater.  Les deux frères Haché (Gallant) se sont mariés à deux soeurs Boudrot, filles de François et d’Anne Landry.

Louis Belliveau et Louise Haché Gallant eurent 9 enfants.  Cette famille est aux îles St-Pierre et Miquelon en 1767.  Louis Belliveau y est décédé le 24 décembre 1775.  Sa veuve est transportée avec ses enfants à La Rochelle, France, en 1778, et elle est décédée à St-Nicolas de La Rochelle le 29 octobre 1779.

L’auteur de cet article, du côté de sa mère, Ursule Gallant, descend de Cyprien, fils de Jacques, (Dix Frère de Cascumpec), et du côté de son père, J.-Henri Blanchard, dont la mère était Domithilde Gallant, descend de François Haché Gallant, le père des Dix Frères de Rustico.

Voici la transcription des trois actes mentionnés ci-dessus :

“Le 20 juin 1735, moy soussigné ay donné la bénédiction nuptiale à François Haché agé de 27 ans fils de Michel Haché et d’Anne Cormier natifs de Beaubassin évêché de Québec, actuellement habitants de ce port LaJoye, d’une part, et à Anne Boudrot agée de 16 ans, fille de François Boudrot et d’Anne Landry, natifs du port Royal évêché de Québec habitants actuellement de Tracadie paroisse de St-Pierre, isle St Jean, d’autre part.

Signé:    

Michel Haché      x marque de l’épouse
St Vilmé, Jacquemin dit Laurent        x marque de l’épouse
Duval          Joseph Haché x           x François Boudrot                    

                                                                 xx des frères
                                                                  x Anne Landry
frère Athanase Guégot-missionnaire.”

 

“Le 20 juin 1735, moy soussigné, après avoir publié trois bannes de mariage au prosne de la grande messe, ay donné la bénédiction nuptiale à Jacques Haché, âgé de 22 ans, fils de Michel haché et d’anne Cormier – d’une part et à Josephte Boudrot fille de françois Boudrot et d’Anne Landry -

Ont signé:    Michel Haché St Vilmé Duval
Jacquemin dit Laurent-Joseph
Haché xxx marques des frères,
de marie Landry, du père et
la mère, de l’époux et de l’épouse
Frère Athanase Guégot–“

 

“Le 20 juin 1735 moy soussigné, ay donné la bénédiction nuptiale à Louis Bellyveau agé de 27 ans fils de Jean Belliveau et de Cécile Melanceon natifs de port Royal évêché de Québec, actuellement habitant de Tracadie paroisse de St Pierre isle St Jean, et à Louise Haché agée de 20 ans, fille de Michel Haché et d’Anne Cormier ses père et mère natifs de Beaubassin, évêché de Québec actuellement habitans du port LaJoye, isle de St Jean.

Signé:    Louise Haché:  St Vilmé; Michel Haché, Duval, Joseph Haché, Pierre Jacquemin dit Laurant – Frère Athanase Guégot.

 

Nombreuses sont les signatures dans ce document-recueil et certaines de celles-ci sont de la plume de personnes de marque.  Citons seulement quelques noms qui paraissent pour l’année 1721.

- René-Charles de Breslay – Prêtre de St Sulpice.  Avant son arrivée à l’Île St-Jean il était missionnaire chez les Indiens algonquins de la mission de St-Louis au-dessus de l’île de Montréal.  À l’Île St-Jean il agissait à titre de curé et de grand vicaire.  Il fut le premier curé résident à l’Île St-Jean.  Il signait toujours “de Breslay curé”.

- Marie-Anselme de Métivier – Prêtre de St Sulpice – lui aussi a oeuvré au sein des missions indiennes canadiennes.  Il signait “de Métivier missionnaire”.  Il était l’adjoint de l’abbé de Breslay.

- Denys de la Ronde – un officier de grande expérience qui signait “La Ronde Denys”.

 - Sieur Robert David de Gotteville de Belleisle – Lieutenant de la Marine, Chevalier de l’ordre militaire de Saint-Louis, et le Commandant-gouverneur en charge de la nouvelle colonie.  On attribue au Sieur de Gotteville de Belleisle et à Denys de la Ronde, d’avoir baptisé la capitale de la nouvelle colonie Port LaJoye, car disaient-ils le paysage est d’une telle beauté qu’il occasionne la joie.  Il signait “Gotteville de Belile”.

- Le père Michel Brulai – missionnaire des indiens à la baie des Chaleurs.  Il était prêtre récollet et signait “frère Michel Bruylé”.

- Michel Haché – Capitaine du Port LaJoye et commandant de la milice.  Une des premières familles acadiennes à s’établir à l’Île St-Jean.  Avec le temps son nom est devenu Michel Haché Gallant.  Il est l’ancêtre des familles Haché et Gallant.  Son épouse était Anne Cormier.  Il signait “Michel Haché”.  Un monument en leur mémoire fut érigé par leurs descendants en 1965 à Rocky Point là où se situait autrefois Port LaJoye.

Le premier acte où apparaissent les noms de Michel Haché et d’Anne Cormier est daté du 11 juin 1721.  C’est à l’occasion du premier baptême à Port La Joye :

“Le 11 de juin 1721 j’ay soussigné prêtre, de l’isle St-Jean, baptisé Pierre Robet François fils de François Pestureau directeur général des vivres du gouvernement de lad. isle et de damoiselle Françoise Simoneau son épouse, né le même jour desd. mois et an.  Parein Messire Robert David Gotteville chevalier de l’ordre militaire de St Louis, capitaine pour le Roy d’une compagnie Franche de la Marine, gouverneur des Isles St Jean, La Magdeleine, Brion, Miskou et autres dans le golfe de St Laurent.

…..  la mareine Très haute et puissante dame dame Louise de Kervin, dame d’honneur de Très haute, très puissante et très excellente princesse son altesse royale Madame la Duchesse d’Orléans épouse de très haut et puissant seigneur Messire Pierre, comte de St Pierre premier écurier de son altesse royale ditte dame duchesse d’Orléans et grand maître de sa maison seigneur des dites isles représentée par dame Anne Cormier épouse du Sr Michel Haché capitaine de milisse de la côte de Bobassin en l’Acadie, lesquels ont signé avec moy la d. Anne Cormier a déclaré ne savoir signer.

signé:    Gotteville de Belisle, Pestureau de Breslay, curé.”

La première fois que Michel Haché signe un acte dans ce registre est en date du 25 décembre 1721.  Ce fut à l’occasion du baptême de Gabriel Noël (notez la date) fils de Hilaire Cheneau et de Marie Blanchard, né le 24 décembre.  Ce fut aussi à l’occasion du double baptême de jumeaux.  Probablement les premiers jumeaux à naître à l’Île St-Jean.  Voici la transcription des deux entrées :

“Le 25 décembre 1721, Baptisé Gabriel Noël fils de Hilaire Cheneau, maître canonier du port de la Joie et de Marie Blanchard sa femme, né le 24 dud.

Parrain Gabriel Brunet, cloutier; Marraine Marguerite Haché fille du Sr Michel haché capne du port LaJoie -

Ont signé:  Brunet, hilaire cheneau, Michel Haché, de Breslay grand vicaire.”

“Le 25 xbre 1721, Baptisé Marie Elizabeth, fille de Hilaire Cheneau maitre canonier et de Marie Blanchard sa femme, née le même jour desd. mois l’an.

Parrain Gilles le Roy, taillandier, mareine, Marie Girard femme de Jean Chauvet tonnelier.

Ont signé:  Hilaire Cheneau, Marie Girard, de Breslay.”

Une entrée intéressante mais triste est en date du 16 septembre 1721.  Elle se lit comme suit :

“Le 16 septembre 1721 – je soussigné, – - certifie que François Selier agé d’environ 45 ans, premièrement engagé de la compagnie, ensuite habitant de la d. isle à 4 lieues de ce port LaJoye et de cette paroisse de St-Jean L’Évangéliste, a été trouvé mort dans sa maison, d’un coup de fusil, sans scavoir par qui, n’y ayant alors que trois femmes y compris sa propre femme.  J’ay trouvé en arrivant à sa maison son corps enterré parce qu’il y avait déjà trois ou quatre jours qu’il était mort.  J’ai béni sa fosse en présence de Nicolas Coindet et de Jean Chauvet aussi habitant dud. lieu appelé la côte St Joseph.  Il était de la paroisse de Landrée Diocèse de la Rochelle.

Signé:  de Breslay”

Le premier mariage enregistré par l’église à Port LaJoye entre personnes de la race blanche est daté du 17 avril 1721 entre François du Roché et Elizabeth Bruneau.  L’acte porte les signatures suivantes:  Marianne Simoneau, La Ronde Denys Catalongue, Pierre Dédé, Pierre Jacquemin et De Breslay, curé.  Cet acte était quelque peu lacéré dans l’original et donc nous n’en avons qu’un fac-similé de ce qui demeure de l’entrée.

Voici l’entrée du premier enterrement enregistré à Port LaJoye :

“Le 23 avril 1721 j’ay soussigné prêtre inhumé le corps de Jean Daulet agé d’environ 20 ans, fils de Jean Daulet portefaix de Moran Diocèse de la Rochelle mort le 29 et ayant reçu les sacrements (engagé de la Compagnie)

témoins:  André Chanelon bédeau de cette église et Michel Bodin engagé de la d. compagnie qui ont déclaré ne scavoir signer.

de Breslay curé.”

 

(à suivre)

Registre de Port-La-Joie en l’Isle Saint-Jean (1721-1758)

1984 par Francis C. Blanchard

par Francis C. Blanchard

 

Le document communément appelé Registre de Port-La-Joie est en réalité un recueil de documents renfermant à la fois trois registres paroissiaux de l’ancienne îsle Saint-Jean.  Le premier acte est en date du 10 avril 1721 et nous y trouvons de nombreux actes semblables qui coïncident avec la période française dans l’histoire de l’Île-du-Prince-Édouard.  Ces actes couvrent les années 1721 à 1758, sauf une lacune de 1745 à 1749 lorsqu’il y eut l’occupation anglaise de l’île, durant laquelle on avait expulsé tout le clergé.  En somme, ce registre comprend les actes suivants :

1)  baptêmes, mariages, sépultures et autres actes:  île Saint-Jean, la paroisse Saint-Jean de l’Évangéliste à Port-La-Joie, (1721-1744);

2)  baptêmes, mariages, sépultures et autres actes:  île Saint-Jean, pour les paroisses Saint-Pierre-du-Nord et Saint-Jean l’Évangéliste à Port-La-Joie, (le 15 septembre 1749 au 6 décembre 1751); et,

3)  baptêmes, mariages, sépultures et autres actes:  Saint-Jean l’Évangéliste à Port-La-Joie (le 6 janvier 1752 au 30 mai 1758, quelques mois avant la Déportation des Acadiens de l’île Saint-Jean).

Avant 1752, pendant le Régime français, il n’y eut à l’îsle Saint-Jean qu’une seule paroisse, celle de Saint-Jean l’Évangéliste, à Port-La-Joie.  Cette paroisse, avec son curé résident, fut appelée à desservir toute la colonie à partir de 1720.  Le missionnaire résident parcourait toute l’île et chaque année séjournait un certain lapse de temps à Saint-Pierre-du-Nord.  C’est ainsi que nous trouvons des actes de cérémonies religieuses dans ces registres qui prirent place dans cette paroisse.  Par conséquent, les deux registres sont complémentaires.

La paroisse Sain-Jean l’Évangéliste fut établie avec l’arrivée des premiers colons français en 1720, à l’endroit où se situe Rocky Point présentement.

Le 15 avril 1720, dans le havre de Rochefort, à l’intérieur des terres, et de La Rochelle, sur l’Atlantique en France, se trouvaient trois petits navires chargés de 300 passagers, de provisions et de munitions, soit, de tout ce qui était prévu nécessaire à l’établissement d’une nouvelle colonie à l’île Saint-Jean.  Quatre mois plus tard, le 23 août, ces mêmes navires jetèrent leurs ancres à Port-La-Joie.  Ayant pris connaissance d’une nouvelle colonie française à l’île, quelques familles acadiennes de l’Acadie anglaise vinrent se joindre aux colons français

La colonie naissante avait besoin des services d’un clergé pour assurer la présence de l’Église Catholique.  Lorsque le comte de Saint-Pierre, qui avait reçu en concession ces nouvelles terres, préparait son expédition, il rencontra René-Charles de Breslay, prêtre de Saint-Sulpice.  Il le pria d’accompagner les colons.  Celui-ci n’a pas eu de difficulté à accepter, puisqu’il était déjà habitué aux rudes labeurs et aux rigueurs saisonniers du Canada.  René-Charles de Breslay avait en effet dépense 16 ans à travailler dans les missions près de Montréal.  Un jeune Sulpicien, l’abbé Marie-Anselme de Métivier, qui, lui aussi avait oeuvré dans les missions canadiennes, s’embarqua avec les colons.

Les deux pères sulpiciens étaient établis dans l’île quelques mois, quand l’abbé de Breslay écrivit le premier acte dans le registre de Port-La-Joie.  Ce premier acte, en date du 10 avril 1721, enregistre le mariage de François du Rocher, originaire de Bretagne, et d’Elizabeth Bruneau.

Selon les documents qu’on trouve aux archives à Saint-Malo et à Rennes, en France, la paroisse Saint-Pierre-du-Nord eut des registres distincts à partir de 1724, et fort probablement fut munie d’une chapelle vers la même date.  Mais de nombreux actes de cérémonies religieuses de Saint-Pierre-du-Nord figurent aussi dans les registres de Port-La-Joie.

Parmi les pièces historiques précieuses jalousement gardées par l’auteur de cet article est une photocopie de ce document.  À toutes fins pratiques, cette copie est une excellente source première d’information sur l’histoire des Acadiens de l’Île-du-Prince-Édouard.  C’est une source qui devrait être à la disposition des chercheurs de notre histoire.  Les archives diocésaines à Dun Glaston, le Musée Acadien à Miscouche, la Fondation du Patrimoine de l’Î.-P.-É., les Archives provinciales et le Centre de ressources historiques de l’Université de l’Île-du-Prince-Édouard, si ces institutions ne l’ont pas déjà procurée, devraient se la faire parvenir.  Une copie de ce document est également conservée aux Archives nationales du Canada à Ottawa et aux archives de l’Archidiocèse de Québec.

L’origine de cette photocopie est en soit une histoire des plus intéressantes.  À la demande de Monseigneur Peter MacIntyre, le troisième évêque du diocèse de Charlottetown, Pierre Margry, copiste professionnel de Paris, fit des copies exactes des registres originaux de l’îsle Saint-Jean et de nombreux autres documents.  Ce travail monumental fut exécuté de 1876 à 77, et il comprend cinq gros registres formés de documents tirés des Archives de la Marine et des Colonies à Paris.  L’ensemble de l’oeuvre de transcription porte le titre :

“Documents pour servir à l’histoire de l’Isle Saint-Jean et des pays voisins sous la domination française.”

L’originale de cette copie, compilée par M. Pierre Margry, est conservée au Centre d’études acadiennes, à l’Université de Moncton.  Comment s’est-elle rendue là-bas?

Lorsque feu J.-Henri Blanchard faisait des recherches pendant les années 1930, il est allé visiter l’ancien évêché sur la rue Great George à Charlottetown.  L’évêque du temps était Monseigneur Joseph Anthony O’Sullivan (1931-1944).

J.-Henri Blanchard lui rendit visite et lui demanda la permission de regarder au grenier et ailleurs dans l’ancienne résidence voir s’il existait des documents d’intérêt historique.  Monseigneur reconnut immédiatement l’intérêt que portait monsieur Blanchard à la chose et il l’invita de fouiller.

Après avoir cherché longuement ici-là, il découvrit dans la cave, parmi les cendres de la fournaise, ce qui ressemblait à des registres.  Hâtivement, il les retira de l’amas, et par un examen rapide il se rendit compte qu’il avait sous les yeux les manuscrits de M. Pierre Margry.

Sans doute sa surprise fut grande à sa découverte et son empressement pour les sauver des mains destructrices du concierge s’est vite manifesté.  Henri Blanchard les sortit et les montra à Monseigneur l’évêque, qui lui dit :

“Emportez-les, vous êtes le seul qui pourrait apprécier leur juste valeur.”

Très content, il partit à la maison avec son trésor sous le bras.  Les registres sont restés en sa possession jusqu’à peu de temps avant son décès.  Le Révérend Père Anselme Chiasson, o.f.m. du Centre d’études acadiennes en visite chez Blanchard les a obtenus pour qu’ils soient conservés au Centre d’études acadiennes.

À la suite des obsèques de Henri Blanchard, à ma requête, le Révérend Père Anselme Chiasson me fit parvenir la photocopie du registre, sujet du présent article.

À la première page du registre, nous lisons la déclaration suivante, signée par l’abbé de Breslay :

“Je soussigné prêtre du Séminaire de St-Sulpice, missionnaire des sauvages Algonquins et Nipissainiens de la mission de St Louis, au dessus de l’isle de Montréal en Canada, envoyé par M. Leschassier prêtre docteur de Sorbonne et supérieur dud. séminaire de St Sulpice et par M. le comte de St Pierre premier écuier de madame la Duchesse d’orléans, de l’agrément et consentement de Monseigneur de Mornay coadjuteur Mgr l’évêque de Québec et son grand vicaire, résident pour lors à Paris, voié dis-je pariceux du consentement aussi et agrément de la Cour pour servir curé dans les iles de St Jean, la Magdalaine, Miskou Brion, la Ramée et autres isles dans le golfe de St Laurent aud Canada accordées par Sa Majesté and. M. le comte de St. Pierre certifie qu’on m’a présenté le présent livre tenant 106 feuillets pour servir de registres pour les baptêmes mariages et sépultures des habitants desd. iles et qu’on n’a pas pu envoier le dit livre à Louisbourg pour le faire signer et parapher par M. le juge de la jurisdiction royale dud. Louisbourg dont les d. isles sont dépendantes, suivant l’ordonnace, à cause de la saison de l’hyver et des glaces qui empêchent la navigation.

En foy de quoy j’ay signé, le dix septième jour du mois d’avril de l’an mil sept cent ving-un.

Signé:  de Breslay, curé.”

Cette note semble contredire les histoires qui maintiennent que l’église catholique à l’Île-du-Prince-Édouard n’eût ses débuts qu’à l’occasion de l’entrée du premier acte du registre de Port-La-Joie, le 10 avril 1721.  Si ce qu’avance certains est vrai, il est difficile à concevoir que ces deux religieux aient été résidents depuis plusieurs mois dans la colonie insulaire sans y avoir au moins célébré le Saint Sacrifice de la Messe.

 
Le registre de Port-La-Joie renferme beaucoup de renseignements très intéressants.  Il peut nous apprendre à apprécier le genre de vie que les pionniers avaient à supporter aux petites heures de notre histoire.  Cet article se propose de vous faire part des détails intéressants qui sont là pour le recherchiste.

(à suivre)

La langue française sur l’Île-du-Prince-Édouard

1983 par Contribution anonyme

 

Le document que nous reproduisons ci-dessous est une lettre au rédacteur publiée dans Le Moniteur Acadien (Shédiac) le 20 novembre 1884.  L’auteur est un Acadien de l’Île-du-Prince-Édouard.  Il se plaint amèrement de l’état de la langue française dans sa province.  Il parle, entre autres, du problème de l’anglicisation des Acadiens pour lequel il jette en partie le blâme sur le manque d’enseignement français dans les écoles acadiennes et à l’École normale.  Fortement préoccupé par le problème, il se demande ce que sera la vie française, à l’Île, dans cinquante ou cent ans.

L’an prochain, il y aura exactement cent ans depuis la publication de cette lettre.  Nous sommes donc en mesure de répondre à son auteur.  La Petite Souvenance invite ses lecteurs à le faire.

****************

 

Monsieur le rédacteur — Permettez que je sollicite un court espace dans les colonnes de votre aimable journal, afin d’y insérer quelques lignes, que je désire adresser à mes compatriotes sur un sujet bien important, je veux dire la langue française.  Chaque jour je suis attristé de voir la manière dont on déteste la langue française sur l’Île Saint-Jean.  Si vous rencontrez un ami, il se donnera garde de vous adresser la parole en français, mais au contraire, il fera usage du jargon britannique, en vous disant: “How do you do, sir?” ou bien “Good morning”.

Cette coutume, mes amis, est exécrable et ne peut avoir aucune excuse.  Nous français, et avoir honte de notre langue?  Si vous leur dites:  “Mais n’es-tu pas français, parle-donc ta langue?”  Et plusieurs vous répondent:  “What’s the good of French?”  Je ne sais si c’est seulement pour contrarier que ces gens parlent ainsi; mais toujours ce sont des discours bas et dégoûtant, et qui ne devraient jamais être prononcés par des gens d’origine française.

Si vous êtes descendants de l’Acadie, si le sang français coule encore dans vos veines, conservez le français, ainsi que votre langue.  N’ayez pas honte d’une langue que des génies n’ont pas eu honte de parler avant vous.

Une grand défaut, que je remarque sur l’Isle du Prince-Édouard, c’est le manque d’enseignement français, dans nos écoles.  Est-ce la faute du gouvernement ou celle des instituteurs?  La faute des deux, je pense; car si notre gouvernement apportait plus de soin à l’instruction de nos jeunes hommes, tant dans la langue française que dans la langue anglaise, de meilleurs citoyens habiteraient nos villes et nos campagnes.  Ils en feraient des hommes loyaux et intelligents.  La grande faute des instituteurs français, dans mon opinion, est leur manque d’activité à agiter cette grande et noble question, en faisant application au gouvernement afin d’obtenir un département français à l’École Normale.  Est-ce leur manque de courage ou leur manque de patriotisme qui les empêche de faire quelques efforts?  Pensez-vous que dans cent ans, s’il n’y a pas d’amendement, au train que nous allons, toute trace de notre belle langue française sera effacée dans nos générations futures!  De nos jours déjà, à peine pouvez-vous arracher une parole française, tant des instituteurs que des élèves.  Qu’en sera-t-il donc dans cinquante ou cent ans?  Le jargon britannique sera la langue dominatrice ou adoptée par notre race; et les accents de la langue française ne seront plus entendus sur notre belle Isle St-Jean.  Anglais, partout l’Anglais!  Plus d’Acadiens! plus de langue française!  Et pourquoi? pour faire place à une langue étrangère.

Oh! mes amis, un tel état de choses est déplorable à constater. Si les cendres de nos ancêtres pouvaient se rassembler et sortir de la tombe qui les tient prisonniers!  Oh! qu’ils rougiraient de nous, en nous entendant parler une autre langue que la langue française, à laquelle ils attachaient un si grand prix.  Il me semble les entendre, s’adressant à nous, en ces termes:  “Eh quoi, vous n’êtes donc plus français?  vous n’êtes donc plus des descendants de la vieille et belle Acadie!”  Ou bien:  “Eh quoi, vous n’avez pas honte de renier votre nation, votre langue, votre origine, et je pourrais même dire votre honneur?”

Tâchons donc, mes amis, et surtout la classe instruite, d’attacher plus de prix à notre langue, et de la parler toujours.  C’est un noble héritage que nous devons conserver à juste titre, et de plus le conserver intact.  S’il nous est absolument nécessaire d’avoir une connaissance de la langue anglaise, du moins ne faisons pas mépris de notre langue maternelle.  Parlons-la dans nos familles, parlons-la entre nous, enfin parlons-la en société.  Elle est toujours la plus belle et la plus riche.  Dans tous les cercles de la société aux États-Unis, comme en Angleterre, la langue française n’est pas méprisée, mais au contraire elle est parlée en société, préférablement à l’anglais, comme étant la plus claire, la plus douce et la plus belle, et ils ne se trompent pas dans cette assertion.  Lors de la convention de 1884, je l’avoue avec franchise, j’avais honte de mes compatriotes de l’Isle, de voir la manière dont ils s’entretenaient entre eux.  Il me semble que cela devait être très contrariant pour les étrangers de voir que dans une assemblée acadienne, ou pour mieux dire dans une Convention acadienne, de voir leurs frères de l’Isle toujours parler anglais.  Tout anglais:   billets pour dîner, programme, motos, etc.

Un certain monsieur, qui aime la langue française, me disait “qu’il était étonné de voir comme le français était négligé sur l’Isle.  Pourquoi ne parlez vous pas votre langue française?” me demandait-il.  “Depuis que je suis parmi vous, je vous ai nullement entendus parler français.”  C’est honteux disait-il, de voir que des Acadiens oublient ainsi leur origine.  Or donc, mes amis, tâchons de faire mieux à l’avenir.  Pratiquons notre belle langue, faisons-la pratiquer à nos enfants; parlons la en famille, en société et dans nos assemblées, et nous aurons bientôt gagné ce que nous avons perdu.

Un bon moyen de pratiquer notre langue, serait d’organiser des sociétés de débat; ainsi que des salles de lectures, dans chaque paroisse acadienne, où chaque semaine on pourrait s’assembler, et s’instruire.  Par exemple, pendant les longues soirées d’hiver, pourrions-nous avoir un plus bel amusement, et tout en s’amusant, puiser à la source de l’instruction et des sciences?  Un autre bon moyen, de rendre nos enfants parfaits, dans notre langue, est que tout père de famille qui le peut devrait envoyer ses enfants au Collège de Memramcook, où ils recevraient une bonne éducation française.  Si aujourd’hui le Nouveau-Brunswick a des prêtres acadiens, des docteurs, des avocats, des instituteurs et des hommes d’État ils peuvent remercier le Collège St-Joseph.  Eh pourquoi cette sainte maison n’en ferait-elle pas autant pour nous si nous la patronisions?  Ne sommes-nous pas aussi intelligents que nos frères du N.B.?  N’avons nous pas comme eux nos talents?  Oui certes.  Donc tâchons de faire instruire nos enfants, et nous en ferons aussi des hommes intelligents, capables d’élever la voix, et de défendre notre cause.

Une bonne chose pour nos enfants serait d’introduire la grammaire française dans nos écoles; mais pour l’introduire, il nous faut des instituteurs capables de l’enseigner, preuve qu’il est absolument nécessaire pour nous d’avoir un département français à l’École Normale; où nos jeunes hommes qui se dédient pour la carrière de l’enseignement, pourraient recevoir une bonne éducation française.  Nos hommes publics devraient avoir depuis longtemps compris cela et auraient dû se faire un devoir d’agiter cette importante question.  Voyez au N.B., ils ont un département français à l’École Normale, ils ont leurs professeurs, leurs inspecteurs, leurs instituteurs et leurs écoles tout français.  Pourquoi n’aurions-nous pas les mêmes avantages que nos frères?  Ne sommes-nous pas des sujets aussi loyaux qu’eux?  Ne payons-nous pas nos taxes ponctuellement?  N’avons-nous pas aussi un droit à l’argent qui chaque année est déboursé pour l’instruction publique?  Oui certainement.  Nos hommes publics, j’espère y songeront, et tâcheront de mettre cette question en agitation.  C’est leur devoir, et pourquoi reculeraient-ils devant un oeuvre juste et loyale.  Avant de terminer il me semble qu’il est de mon devoir de dire un mot en passant sur la question de la colonisation.

Notre petite isle, qui, aujourd’hui est remplie comme un oeuf, ne peut plus offrir, à nos jeunes gens, les moyens de s’établir.  Que vont-ils faire?  Vont-ils s’entasser les uns contre les autres, sur un petit coin de terre amaigrie, pour languir dans la misère le reste de leur vie?  Assurément non.

Mes amis, voici le seul moyen.  Allez coloniser au Nouveau-Brunswick ou au Canada.  Là vous trouverez des milliers d’acres de terre, qui n’attendent que des bras forts et vigoureux, pour se transformer en magnifiques champs de blé.  Aujourd’hui, nous avons toutes les chances d’aller coloniser, et de nous acquérir chacun une propriété.

Nous avons des sociétés de colonisation qui sont prêtes à secourir les colons qui se trouveraient en détresse.  Nous avons des voies ferrées pour nous transporter; nous avons les frères qui nous attendent, pour aller les joindre, dans l’oeuvre de la colonisation.  Nous avons partout des débouchés et des marchés, qui sont prêts à acheter vos produits.  N’est-ce pas de grands avantages pour nous?

Dix, quinze ou vingt ans passés lorsque nos devanciers ont été coloniser, tant au N.B. qu’au Canada; je vous le demande, avaient-ils les mêmes avantages.  Non loin de là.  Ils se sont enfoncés dans ces noires forêts, sans chemin, sans appui, sans même une pauvre cabane pour se mettre à couvert des intempéries.  Toutes les contrariétés ne les ont pas découragés; et aujourd’hui ils sont à l’aise, sinon indépendants.  Le seule obstacle, que je remarque, sont les hauts prix de passage. Lorsqu’un père de famille s’en va coloniser, il vend sa petite propriété, et la plus grande partie du résultat est employé à payer son passage.  Pourquoi le gouvernement du N.B. n’aurait-il pas des prix de passage spéciaux pour les colonisateurs comme ils ont au Canada?  Je pense que cela pourrait être obtenu si cette question était agitée par les hommes influents du N.B.  Je m’arrête, monsieur le rédacteur, de crainte d’ennuyer vos intelligents lecteurs, espérant que les quelques suggestions, dont j’ai fait mention auront de bons résultats.  J’ai, monsieur le rédacteur, l’honneur d’être votre tout dévoué, etc.

UN ACADIEN

La Société historique de l’Î.-P.-É. : rapport annuel

1981 par J.-Edmond Arsenault

 

Rapport annuel du président

Une fois de plus, nous nous rencontrons en assisses annuelles.  Le fait de tenir notre assemblée au Musée acadien nous permet de nous rapprocher de l’une de nos créations.  La conservation et la mise en montre d’outils, de meubles, d’instruments aratoires et d’objets divers utilisés et parfois confectionnés par nos ancêtres fut l’un des premiers soucis des fondateurs de la Société historique acadienne.  Cette visite sert à nous remémorer la vie et les labeurs de nos devanciers, ces valeureux défricheurs des terrains fertiles de l’Île Saint-Jean.

Depuis la dernière assemblée annuelle, votre exécutif a tenu quatre réunions.  Au cours de ces assises, vos représentants ont pris les décisions et ont exécuté des actions aptes d’assurer le fonctionnement progressif de la Société.

Cette année, la campagne de recrutement s’est soldée par l’inscription de 135 membres à nos registres.  L’appel aux cotisations 1981-82 devrait se lancer, encore cette année, au cours du mois d’octobre.  Nous y reviendrons au poste de la promotion pour l’adhérence de nouveaux membres.

La Société s’était proposée d’augmenter, si possible, le nombre des rencontres régionales qu’elle organise au cours de chaque année.  Hélas! faute de disponibilité de temps et de personnel permanent, nous n’avons pu réaliser toutes les rencontres prévues.  Certaines tentatives d’organiser des rencontres se sont soldées par des échecs.  En effet peut-être en avons-nous tenu une dont l’éclat, le caractère d’une première et l’assistance nombreuse étaient compensatoires au manquement d’en convoquer un plus grand nombre.  Rappelons que le 13 mars dernier une rencontre régionale avait lieu à la résidence de son honneur le lieutenant-gouverneur J.-Aubin et Mme Bérénice Doiron alors que, pour la première fois, une association acadienne était invitée à siéger à la résidence du lieutenant-gouverneur de notre province.  Une soixantaine de membres de la Société assistaient à cette réunion au cours de laquelle le conférencier invité, le professeur d’histoire, M. Léon Thériault de l’Université de Moncton, fit une excellente historique des premières conventions nationales acadiennes.  En hommage à sa contribution aux oeuvres acadiennes, un certificat de membre honoraire fut présenté à son honneur le lieutenant-gouverneur J.-Aubin Doiron.  À l’occasion, une gerbe de fleurs était remise à Madame Doiron.

Le 5 mai dernier se tenait un atelier en histoire locale.  Il s’agissait de renseigner les participants sur les méthodes de recherches; les sources de renseignement; les démarches à faire pour écrire et publier un manuscrit.  Cet atelier fut fort bien réussi et nous remercions le secrétaire, M. Georges Arsenault, de l’avoir organisé et d’en avoir été l’animateur.

La Société a présenté une demande de financement d’un projet de recherches au Secrétariat d’État.  Elle a reçu un octroi de $2,875.  M. Jérémie Pineau a entrepris une recherche sur la carrière de feu J.-Henri Blanchard; ses oeuvres, son érudition, sa mémoire sans pareille, son éloquence, son sens de l’humour, ses saintes colères, sa simplicité, sa conception du développement du peuple acadien, etc.  Cette recherche consiste d’interviews chez une cinquantaine d’informateurs et se fait en vue de la préparation d’une biographie à dimension intensément humaine, dans le sens essentiel du mot.

Les 2, 3, 4 et 5 juillet dernier, votre président assistait à la 4e rencontre des peuples francophones, à Québec.  Le programme comportait six ateliers dont les thèmes étaient les suivants :

a)  Aînés francophones
b)  Écrivains de langue française
c)  Programmation
d)  Coopération
e)  Généalogie et histoire
f)  Redécouverte des sources françaises

J’ai assisté à l’atelier “Généalogie et histoire” tenu sous l’égide de la Fédération des Sociétés d’histoire du Québec.  Cet atelier groupait des participants venus de la Louisiane, du Midwest, de la Nouvelle-Angleterre, des Maritimes, de l’ouest canadien, de l’Ontario, et du Québec.  Le but principal de cet atelier était de faire l’examen des moyens aptes à créer des liens entre les chercheurs et harmoniser les efforts de chaque région dans la recherche de la diffusion de la généalogie et de l’histoire des francophones.  Les travaux de l’atelier furent très intéressants et s’avèrent une source de renseignements fort utiles.  Des conclusions, sous forme de recommandations précises en quatre chapitres, donnèrent suite à ces ateliers.  Ce document a été déposé aux archives de la Société.

Le président était le délégué officiel de la Société aux assises annuelles de l’A.C.E.L.F. qui se déroulaient à Charlottetown les 20, 21 et 22 août dernier.  Les rapports et la documentation pertinents à ces délibérations ont été consignés aux dossiers de la Société.

La Société continue la publication et la distribution de La Petite Souvenance.  Cette revue est très appréciée du lecteur et nous a valu des commentaires fort élogieux de la part de personnages distingués.  Je saisis l’occasion pour en féliciter le rédacteur, le Comité de rédaction ainsi que ceux qui nous ont fourni les articles qui donnent à notre publication une saveur, un coloris qui lui sont particuliers.

Sans vouloir nous attarder à faire des inventaires, notons que l’étude de l’histoire et la parution de travaux sont en marche chez nous.  La plupart de ces projets sont parrainés par la Société Saint-Thomas d’Aquin qui pourvoit à leur financement au moyen de subventions du Secrétariat d’État.  Nous sommes heureux de constater que la recherche se fait au niveau de l’histoire contemporaine locale.  La publication de ce genre de récits servira à ranimer la fierté des Acadiens en leur exposant les réalisations merveilleuses d’eux mêmes et de leurs ancêtres.  Il semble fort utile de les convaincre que malgré les persécutions, la déportation même, les Acadiens ont su, par leur courage et leurs persévérance, devenir maître de leur propre destinée.  C’est avec empressement que nous félicitons, remercions et encourageons ceux et celles qui s’adonnent à la recherche, à l’étude, à la rédaction et à la publication de l’histoire des Acadiens et de leurs oeuvres.  Notre Société, à buts non-lucratifs, sans moyens financiers, ne peut dans la conjoncture actuelle que seconder vos efforts et vous souhaiter les meilleurs succès.

Cet automne aura lieu à nouveau, l’appel aux cotisations des membres.  Il faudrait, à l’occasion, viser à une augmentation substantielle du nombre de participants au travail de notre organisme.  Il faut y attirer de nouveaux membres.  Il faut préparer la relève.  Pour ce faire il faut y embrigader plus de jeunes.  Il faudra donc établir un comité chargé de dresser la liste des personnes à devenir membres de la Société Historique Acadienne.  Serait-il présomptueux de songer à un objectif de 200 membres, ce qui indique une augmentation de 65 membres.  Forte augmentation, direz-vous, mais elle reste raisonnable et facilement réalisable.

Lors de la dernière assemblée annuelle, nous avions rapporté qu’une requête invitant les paroissiens de l’Église Unie de Princeton (Malpeque) à remettre aux Acadiens la cloche de l’ancienne église acadienne de Malpeque, était en voie de préparation.  Cette requête fut expédiée le 24 décembre 1980 et présentée à l’assemblée annuelle des paroissiens le 25 janvier 1981.  L’assemblée résolut de soumettre la demande à un comité d’étude chargé de soumettre un rapport à une réunion spéciale de paroissiens.  Le rapport a été présenté le 26 juillet 1981.  Enfin, le 2 septembre 1981 nous avons reçu la réponse catégorique suivante:  “Lecture de la lettre”.  Pour toute réponse, nous n’avons donné qu’un simple accusé de réception, succint et poli.

Il nous reste à décider des prochaines démarches à entreprendre.  Allons-nous lâcher la partie ou continuer la lutte.  Allons-nous entreprendre quelques recherches qui pourraient nous apporter des preuves “irréfutables” de la véracité de notre réclamation?  Verbalement, un paroissien, qui se dit favorable à notre requête, m’a laissé entendre que nous aurions à établir les faits suivants:

a)  Approbation de la demande de Prévost par le roi de France ou son représentant.

b)  i) Preuve de l’achat de la cloche.
     ii) Date de l’expédition de la cloche.
    iii) Date de réception de la cloche.

c)  Toute information pertinente qui pourrait être appuyée par un document “irréfutable” serait utile.

Les renseignements que nous avons obtenus du Centre d’Études Acadiennes nous indiquent les sources possibles:

a)  Les Archives de France.

b)  Les Archives Publiques du Canada.

c)  Documents des Archives des Colonies.

d)  Les fichiers du Centre d’études acadiennes.

Les recherches suggérées peuvent être longues, pénibles et dispendieuses, mais il ne faut peut-être pas abandonner la partie et nous avouer vaincus!  Les vainqueurs n’ont rendu, aux pionniers Acadiens revenus de l’exil, ni leur cheptel, ni leurs maison, ni leurs anciennes terres; leur rendront-ils un jour la cloche baptisée de leur ancienne église?

Il serait trop long et oiseaux de donner à ce rapport tous les détails des dernières négociations mais tous sont disponibles et pourront  vous être communiqués en atelier ou en réponse à vos questions.

En terminant, nous remercions les membres de notre exécutif, La Société Saint-Thomas d’Aquin et tous ceux et celles qui ont, au cours de l’année, collaboré aux oeuvres de notre société historique.

 J.-Edmond Arsenault, président

 

 

Nouvelles de la Société

1980 par Contribution anonyme

 

Au cours de l’année, le Comité exécutif a tenu trois réunions.  Après examen, il a décidé des actions à prendre et a posé les gestes conséquents aptes d’assurer le bon fonctionnement de la Société.

La campagne de recrutement et de sollicitation de l’automne 1979 s’est soldée par une augmentation du nombre de membres inscrits.  Le nombre de membres passait de 97 à 136 ce qui indique une hausse de 40 membres ou de 41.6%.  C’est là un résultat réconfortant qu’il indique un intérêt grandissant aux oeuvres de la Société et à l’histoire acadienne.

Le 15 octobre dernier, nous lancions l’appel aux cotisations 1980-1981.  À l’occasion, des lettres et des formules d’inscription furent envoyées à tous les membres et à plusieurs autres personnes jugées susceptibles à s’inscrire.  Au 28 octobre, nous avions acquis l’adhérence de 65 membres.

La Société s’était proposée de tenir deux ou trois assemblées régionales au cours de l’année.  Il ne lui a pas été possible de réaliser, au complet, ce projet.  Une réunion régionale avait lieu à Tignish le 30 mars dernier.  L’assistance était assez nombreuse et le programme très intéressant.  Des tentatives d’organiser d’autres rencontres régionales se sont soldées par des échecs.  L’arrivée du printemps semble donner naissance à un grand nombre de réunions:  les dates libres et convenables deviennent quasi-impossible à trouver.  Il semble qu’il serait sage de tenir les réunions régionales au cours de l’automne et de l’hiver.

À l’automne de 1979, la Société organise, pour la première fois, un atelier généalogique.  Une quinzaine de personnes étaient inscrites à cette journée d’étude fort intéressante et très bien réussie.  Ce mode de rencontre s’avère des plus utiles et mérite de figurer parmi les projets de la Société.  Il y a plusieurs thèmes qui se prêteraient fort bien à l’étude en groupe.  Notons la recherche en histoire, la rédaction et la publication de travaux historiques; l’enseignement de l’histoire et quoi encore?

Le projet “Inventaire des sources documentaires sur les Acadiens de l’Île-du-Prince-Édouard” n’est pas encore terminé.  À l’origine, un projet communautaire étudiant nous avait permis d’ébaucher le travail et de recueillir des données dans cinq paroisses.  Faute de personnes disponibles, il est resté dormant au cours de l’année.  Toutefois, le travail vient de recommencer dans la paroisse de Bloomfield.  Il faudra tenter de l’exécuter dans les autres paroisses acadiennes.

Participation:  Nous étions invité, le 14 juillet, à participer à l’ouverture d’une exposition d’objet historiques, organisée par la Société Historique de Malpeque.  Votre président traita de l’histoire des Acadiens qui fondèrent les premiers établissements à l’Île Saint-Jean, et plus particulièrement de ceux qui allèrent s’établir à Malpeque et dont les noms des premiers venus sont inscrits au recensement de 1728.  Une artiste acadienne, Mlle Antoinette Perry exécuta quelques chants de son répertoire qui furent très appréciés si l’on en juge par les applaudissements de la foule.  La Société Historique de Malpeque est à rédiger une histoire de la région dont un chapitre traitera des pionniers acadiens qui furent les premiers habitants de cette partie de la province.

Au cours de l’année, la Société a présenté quelques requêtes et à surtout appuyé les requêtes de la Société Saint-Thomas d’Aquin aux instances gouvernementales et à d’autres organismes tel le C.R.T.C. en vue de défendre les droits des Acadiens et d’exiger les services qui leur sont dûs.

Parutions:  travaux historiques publiés au cours de l’année par divers groupes ou individus.

1.  A History of Cacsumpec – Fortune Cove 1779-1979
2.  History of Saint Anthony Parish 1803-1980
3.  Complaintes acadiennes de l’Île-du-Prince-Édouard
4.  Bibliographie acadienne
5.  Histoire de l’émigration chez les Acadiens de l’Île-du-Prince-Édouard
6.  Histoire de la pêche chez les Acadiens de l’Île-du-Prince-Édouard
7.  En préparation: Histoire de Wellington / Histoire de Malpeque
8. Le bulletin de la Société Historique “La Petite Souvenance”

La cloche de Malpeque :  Nous avons obtenu des renseignements additionnels au cours de l’année.  Une requête est en préparation et sera transmise au Conseil de l’Église Unie de Malpeque avant l’assemblée annuelle de la paroisse qui doit avoir lieu au début de l’année 1981.

Merci aux membres de l’exécutif et de la Société de leur bienveillante collaboration.

Le 30 octobre 1980                        J.-Edmond Arsenault, président

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Membres du Conseil d’administration – 1980-1981

Président – M. J.-Edmond Arsenault
Vice-président – Mme Avéline Peters
Secrétaire - M. Georges Arsenault
Trésorière - Mme Hélène Cheverie
Conseillers – Mlle Sylvia Arsenault
                          M. Jean Paul Arsenault
                          M. Henri Gaudet
                          M. Michel Belliveau