Résultats: ‘L’Évangéline’

Nouvelles de l’empremier

1986 par Contribution anonyme

 

1868 – Baie-Egmont :  “A petition of Thomas Mowbray and others, inhabitants of Egmont Bay Settlement and its vicinity, was presented to the House by Mr. Arsenault, and the same was received and read, praying for the establishment of a Small Debt Court at some convenient part of the said Settlement of Egmont Bay.”  (Journal of the House of Assembly of P.E.I., 1868, p. 34.)

 

1888 – Miscouche :  “In North Miscouche there are three sugar factories at work this spring.  The flow of sap has been small owing to the continuance of stormy weather and lack of frost and sunshine.  The production of maple sugar is consequently much below the average.  The manufacturers find no difficulty in disposing of the quantity on hand at very good prices, most of it never leaving the factories where it is produced.  (…)  It is worthy of note that the majority of those taffy-seekers were not ladies but belonged to the male portion of the community.”  (The Prince Edward Island Agriculturist, April 30, 1888)

 

1892 – Bloomfield :  “Les habitants de Bloomfield apprennent avec joie que la station de Mill River doit être transférée de Haywood, où elle profitait au petit nombre et incommodait le grand nombre, et localisée à la traverse de Howlan Road, le centre de la région, où se trouvent nos marchands locaux, MM. F. Pitre et Joseph Gaudet.  Comme le chemin que nous devons à son énergie lorsqu’il était dans le gouvernement local, la nouvelle gare, qui sera ouverte le 1er juillet, portera le nom “Howland Station”, en l’honneur du sénateur dont le nom est sur les lèvres de tout le monde de l’Île.”  (L’Évangéline, le 19 mai 1892).

 

1894 – Palmer Road:  “Jeudi et vendredi de la semaine dernière le Revd. Père Chiasson, Pasteur de la paroisse de Palmer Road, a établi la société du Sacré Coeur dans sa paroisse.  Les cérémonies ont été très imposantes et faites avec solennité.  Les Revd. D. MacDonald curé de Tignish, A.E. Burke, curé d’Alberton et F.X. Gallant, curé de St. Antoine de Bloomfield assistaient pour les confessions.”  (L’Impartial, le 14 juin 1894)

Nouvelles de l’empremier

1982 par Contribution anonyme

 

1887 – Abram-Village :  “Les gens, comprenant qu’il leur importait d’avoir une bonne école à Abram-Village, vu le grand nombre d’enfants en état de fréquenter les classes, ont fait agrandir leur école au point qu’elle peut rivaliser avec celles des autres Districts.  Deux instituteurs ouvriront les cours, dans cette école, vers le commencement de janvier.”  (L’Évangéline, le 23 novembre 1887.)

 

1888 – Miscouche :  “L’assemblée des débats a eu lieu jeudi dernier, 15 de ce mois.  Le secrétaire, Mr. Patrick Cullen, a lu un magnifique travail sur l’agriculture et l’amélioration du bétail.  Le jeune conférencier a été maintes et maintes fois chaleureusement applaudi de l’auditoire.  Tous ont apprécié les talents de Mr. Cullen et ses connaissances agricoles.

Nous venons d’organiser une classe de chant sous la direction de Mr. Juste DesRoches, notre professeur de plain-chant.  Cette classe promet du succès. (L’Évangéline, le 28 mars 1888.)

 

1894 – Bloomfield :  “Notre nouveau représentant M. Jérémie Blanchard est actuellement occupé des travaux concernant sa ferme, en attendant l’appel de se rendre à la chambre des délibérations du pays.  M. Blanchard est cultivateur et est, par conséquent, en mesure de bien connaître les besoins de la cause agricole.  Espérons qu’à l’avenir, nos fermiers qui forment la majeure partie des électeurs, choisiront des hommes dans leurs rangs pour les représenter à la législature locale et fédérale.  À quoi bon cette armée d’avocats qui vont figurer dans notre nouvelle chambre locale?  Que savent-ils des besoins de la cause agricole?  Très peu, ou peut-être mieux, rien du tout.  – Agricole.  (L’Impartial, le 8 février 1894.)

 

1903 – Palmer Road :  “Après les jours austères du carême, il est bien légitime qu’on s’amuse un peu.  Aussi notre vénéré pasteur a-t-il voulu se charger d’organiser un concert gratis pour le soir du lundi de Pâques, (chose assez rare), auquel il a lui-même pris une part très active. (…)  Mais la palme revient, sans contradiction au Rev. P.C. Gauthier qui a profondément remué l’auditoire par sa chanson:  “Le Breton exilé”, exécutée d’une voix pure…”  (L’Impartial, le 23 avril 1903.)

Mère Évangéline Gallant

1982 par Marguerite Michaud

par Marguerite Michaud

 

Cet article fut publié dans L’Évangéline vers 1950.  Nous remercions Mme Sylvère Gaudet, de Miscouche, de nous en avoir fait prendre connaissance.

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Certains personnages de l’Acadie renommés soit dans le domaine religieux, pédagogique, commercial ou autres sont très bien connus de notre population parce que l’on y réfère constamment.  Ceux-ci ont leur grand mérite et notre pensée est loin de vouloir les déprécier.  Mais, par contre, il y a de grandes figures inconnues qui se sont dévouées inlassablement et dont nous ignorons presque le nom; tel est le cas de Mère Évangéline Gallant, ancienne supérieure générale des Soeurs Grises de Montréal.

Le nom témoigne bien son origine de l’Île-du-Prince-Édouard; de cette hérédité Mère Gallant est très fière.  Née à Egmont Bay, fille de Sylvain Gallant et d’Eulalie Arsenault (soeur de feu l’abbé Théodore Gallant, curé de Mont-Carmel), Mère Gallant suivit tout d’abord ses cours primaires à la petite école du village.  Très jeune, elle entra chez les Religieuses de la Congrégation de Notre-Dame, mais la Providence la destinait ailleurs puisque le 30 décembre 1901 elle faisait profession chez les Soeurs Grises de Montréal.  Voulant se dévouer aux malheureux, aux infortunés et aux infirmes, elle paracheva son cours de garde-malade et servit jusqu’en 1926 dans les diverses missions des États-Unis et de l’Ouest canadien.  Ses qualités d’administration et sa noblesse d’âme la destinaient aux hauts postes de sa communauté.  Supérieure provinciale de l’Alberta en 1926, assistante générale en 1930, elle devait régir les grandes oeuvres de sa communauté à titre de supérieure générale de 1935 à 1946.  Rome ne lui permettant pas d’après le code religieux de servir plus longuement dans ce rôle, elle accepta son poste actuel, celui de supérieure provinciale à l’Hôtel-Dieu de Nicolet, P.Q.

Pour comprendre l’influence bienfaitrice de Mère Gallant et l’étendue de ses responsabilités, écoutons l’historienne de la communauté, Albertine Ferland-Angers:  “En 1738, Mère d’Youville forma une coalition de Charité et fit de son Institut un havre de la souffrance indigente.  Et depuis deux siècles, les vieilles gens sont recueillis et soignés chez les Soeurs Grises dans de confortables hospices.  Nouveaux-nés sans familles, enfants abandonnés ou aveugles ou orphelins, jeunesse étudiante des écoles ménagères, tous grandissent sous la protection et les soins maternels des Filles de Mère d’Youville.”  Les Soeurs Grises de Montréal sont les premières canadiennes missionnaires.  Dès 1844, elle suivirent les Évangélisateurs sur les bords de la Rivière-Rouge et ont, depuis traversé le continent du sud au nord.  À la Baie d’Hudson, au Keewatin et au MacKenzie, leur zèle se dépense avec amour auprès des Indiens et des Esquimaux.  Aujourd’hui, il y a au-delà de cinq mille Soeurs Grises disséminées sur trois continents; elles sont devenues gardes-malades universitaires, institutrices, bachelières, missionnaires au MacKenzie, à la Baie d’Hudson, en Chine, en Afrique.

Dans le domaine de la Charité au Canada la primauté des Soeurs Grises paraît incontestable.  En plus de leur oeuvre d’apostolat chez les indigènes, ces Religieuses sont les premières à ouvrir une école de gardes-malades laïques canadiennes-françaises, l’Hôpital Notre-Dame de Montréal; elles ont aussi ouvert à Régina, Saskatchewan, la première Clinique du Cancer du pays.  “Puis voici la Soeur Julianna Panet qui conçut l’idée de l’Adoption légale des enfants trouvés ou orphelins.  Ridiculisée au début, elle persiste et élabore un projet de loi que les législateurs, ébahis, édictèrent en 1909.  Les bienfaits de cette Loi sont inappréciables.  Enfin voici Soeur Bonneau dont le nom est éternellement associé à l’Oeuvre des Sans-Abri et à celle, combien touchante, des Pâques des Queux.  Vraiment ces Humbles projettent l’ombre de leur bienfaisance sur toute notre vie sociale.”  Et c’est une des nôtres, une Acadienne de l’Île-du-Prince-Édouard, qui administre toutes ces organisations, qui mène à bonne fin tous ces projets.  Quelle gloire pour notre peuple!  Quelle émulation pour notre jeunesse!

Dans l’accomplissement de ses devoirs, Mère Générale, Évangéline Gallant effectua deux grands voyages dans ses missions les plus lointaines.  À l’été de 1937 elle se rendit jusqu’à Aklavik dans le Cercle Polaire.  Partie de Montréal le 30 mai, où elle se rendit à Edmonton, Alberta – 2,159 milles – en soixante heures.  (Les missionnaires fondatrices de 1844 voyagèrent 59 jours en canot d’écorce — à travers lacs et portages — pour atteindre Rivière-Rouge, aujourd’hui Saint Boniface.)  De là, vers le nord, la rivière MacKenzie, le cercle arctique où Aklavik est réellement bâti sur la glace, où le sol est couvert de neige huit ou neuf mois par an, où le soleil de minuit ne disparaît pas de l’horizon de la mi-juin à la mi-juillet, où il y a deux mois d’obscurité complète durant l’hiver, où la viande renne est la seule au pays, mais où les Soeurs Grises continuent leur oeuvre de charité et de conversion chez les Indiens et Esquimaux tout comme le font les RR. PP. Oblats.

En 1944, Mère Gallant se rendait cette fois à la Baie d’Hudson.  “En 1844 elles étaient venues, quatre Soeurs Grises, pour ouvrir le premier sillon, et maintenant, elles étaient des centaines à chanter leur action de grâces.  En 1844, une maison d’emprunt avait accueilli les fondatrices; aujourd’hui, trente-neuf institutions de charité groupées en trois provinces canoniques, s’échelonnaient dans l’Ouest canadien et jusqu’à l’océan Arctique.  Songeant à cette expansion apostolique, Mère Gallant revoyait en pensée chacune de ses missions d’elle si bien connues, puisqu’à toutes elle avait personnellement et plus d’une fois, porté le réconfort de son affection”.  La lecture des voyages de la Mère Gallant rappelle l’odyssée des grands aventuriers et explorateurs d’autrefois avec cette différence:  elle a la soif du bien corporel et spirituel des âmes et non la soif de la richesse temporelle.

Notre compatriote reçut plusieurs décorations, comme elle le méritait bien.  En 1938, elle eut l’insigne honneur de recevoir de Sa Sainteté, Pie XI, la plus haute décoration accordée aux femmes par le Pape, la médaille d’or Bene Merenti.  En 1940, elle était admise Chevalier de la Société du Bon Parler français; en 1947, le département de l’Instruction publique de la province de Québec lui décernait la grande médaille du Mérite Scolaire.  Dans son allocution, M. le surintendant référa aux travaux scolaires de notre distinguée Mère Gallant:  fondation de l’École Normale scolasticat de sa communauté, encouragement du programme des écoles ménagères régionales, établissement du camp de vacances pour la “Société des Enfants Infirmes”, promotion de l’éducation des aveugles.  Grâce à son dévouement, un jeune aveugle, anxieux de devenir prêtre, put compléter son éducation philosophique; elle fit transcrire en “Braille” tous les volumes nécessaires lesquels constituèrent une vraie bibliothèque.  Ajoutons discrètement, que les Soeurs Grises donnèrent généreusement à la campagne de la Bonne Presse acadienne organisée dans la province de Québec en 1943.

 
Nos amis de l’Île-du-Prince-Édouard doivent être heureux de l’héroïsme, du zèle apostolique, de l’ardeur missionnaire de leur soeur et voisine, Mère Évangéline Gallant.  Et nous, femmes acadiennes, rendons hommage à l’une des nôtres qui n’a cessé par un dévouement infatigable à faire rayonner la gloire de son pays d’origine et qui nous dit avec son sourire magnanime tout resplendissant de bonté: “Je suis contente de me dire Acadienne”.

Hommages au Père Arsenault

1981 par Contribution anonyme

Hommages au Père Arsenault

“Son talent naturel pour les choses grandes, son tact et sa sollicitude gagnèrent du premier coup la confiance et les coeurs de tous ses paroissiens, et sa sage et bienveillante administration des affaires paroissiales restera ineffaçable dans la paroisse de Mont-Carmel.

À l’église, à la sacristie, au presbytère, le Père Arsenault fut toujours le prêtre digne et l’apôtre zélé et infatigable de toutes les bonnes causes et de tous les bons combats.  Il se dévoua à l’avancement matériel et religieux de ses paroissiens avec un zèle et un dévouement au-dessus de tout éloge, et les Acadiens de l’Île-du-Prince-Édouard n’ont pas encore possédé d’enfant plus dévoué à leurs intérêts, de défenseur plus habile et plus intrépide de leurs droits et d’apôtre plus infatigable.  En un mot, c’était un homme aux idées larges et élevées, qui étaient d’ailleurs en rapport avec son grand et généreux coeur”.

L’Évangéline
le 1er décembre 1927

Nouvelles de l’empremier

1980 par Contribution anonyme

 

1880 – Rustico :  “Il nous fait plaisir d’apprendre que la banque acadienne de Rustico prospère et que ses billets sont en grande circulation.  M. Joseph Gallant en est le digne président.  Ce monsieur vient de se construire un superbe édifice dont les étages supérieurs lui serviront de résidence, et l’étage inférieur de magasin.  Il a aussi actuellement en construction sur les chantiers une jolie goélette de 80 tonneaux; elle sera prête la semaine prochaine à recevoir sa cargaison, consistant principalement en poisson, et fera voile pour Boston, sous la direction du capitaine Leblanc, d’Arichat.”  (Le Moniteur Acadien, le 12 août 1880)

1880 – Miscouche :  “M. Prospère Desroches vient d’ouvrir ici un établissement de marchand-tailleur, tel qu’on en voit peu sur l’Île.  Nos jeunes gens à 50 milles à la ronde ne manqueront pas de venir s’y faire élégants, et M. Desroches est homme à garder sa pratique, une fois celle-ci acquise.”  (Le Moniteur Acadien, le 12 août 1880)

1893 – Bloomfield :  “Le patriotisme se réveille rapidement dans nos parages.  Toutes nos écoles sont dirigées par des instituteurs acadiens.  M. Doucet à la direction de l’école de Howlan Road.  Celle de Duvar Road est sous la direction de M. Gallant, et celle de Bloomfield est tenue par M. R. Gallant.  Toutes trois sont dirigées avec habileté.”  (L’Evangéline, le 16 mars 1893)

1896 – Egmont Bay :  “La fanfare d’Egmont Bay, sous la direction du Prof. Théodore Gallant, a fait entendre pour la première fois ses sons harmonieux en donnant deux morceaux choisis de son répertoire – un avant la messe (de minuit), l’autre immédiatement après les vêpres.  (L’Impartial, le 11 février 1897)

1902 – Mont-Carmel :  “Il y aura vers le 15 juin prochain, un grand bazar et tirage de prix dans cette paroisse au profit du nouveau presbytère en voie de construction, sous les soins dévoués et paternels de notre digne curé, le Rév. M.P.P. Arsenault.  Des livres de billets sont en circulation dans la province et chez nos voisins, et nous avons confiance que nos amis nous donneront main forte, dans notre entreprise religieuse.” (L’Évangéline, 13 février 1902)

Noces d’autrefois

1980 par Contribution anonyme

 

Rustico

Les fêtes de noces apportent toujours avec elles assez de plaisirs et de divertissements, et ceux qui ont le bonheur d’en participer aiment à en parler, surtout quand ils ont passé des journées aussi agréables.

Mardi, le 7 du courant, M. Anselme Doucet conduisait à l’autel Mlle Valentine Blanchard, et ils furent unis par les liens sacrés du mariage, par le Révérend Père R.B. McDonald, curé de la paroisse.  Garçon et fille d’honneur étaient M. Ignace Doiron et Mlle Thérèse Blanchard.  Devant le même autel aussi M. Eusèbe Gallant s’unissait à Mlle Marie Doucet.  Garçon et fille d’honneur étaient M. S. Pitre et Mlle Marguerite Gaudet.

M. Doucet et la mariée Gallant étant frère et soeur les heureux couples se rendirent chez M. Doucet où les nombreux conviés s’assemblèrent pour offrir leurs souhaits aux mariés et fêter l’occasion avec toute la gaieté possible.

Après le somptueux déjeuner, selon les coutumes acadiennes la danse commença, et continua toute la journée, excepté le temps consacré aux délicieux repas.  On dansa aux accords du violon joué par M. Paul Poirier, qui, par son habileté et la haute réputation dont il jouit comme violoniste, rappelle surtout aux Acadiens, Michel du poème d’Évangéline.  M. Firman Gallant, bâton en main, choisissait ceux qui devaient remplacer les danseurs du moment; sous son habile direction pas un de ceux qui voulaient danser ne fut oublié et un frottement et battement de pieds continuels, mesurant la musique du violon, furent entendus avec plaisir par ceux qui avaient préféré prendre part aux jeux qu’on avait eu soin de procurer.

La nuit venue, chacun prit congé des mariés après leur avoir une fois de plus offert leurs souhaits de bonheur et de prospérité.

Le lendemain un grand nombre d’amis se réunirent chez M. Gallant et M. Moïse Blanchard, pour fêter doublement les heureuses noces et une autre journée fut passée avec beaucoup d’appréciation.  Nos meilleurs souhaits à M. et Mme Doucet et M. et Mme Gallant.

Un Ami

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Tiré de L’Évangéline, le 23 février 1893, p. 2.