Résultats: ‘La Voix acadienne’

Un regard nostalgique sur les fêtes du 125e anniversaire du drapeau national en 2009

2009 par Contribution anonyme

 

NDLR : Le comité de rédaction de La Petite Souvenance veut remercier profusément La Voix acadienne pour avoir puisé du matériel de ses éditions des 8, 15 et 29 juillet et du 19 août 2009. Puisque aucune célébration n’a eut lieu à Miscouche le 15 août 2009 (date précise du 125e anniversaire de notre drapeau national), nous avons tout de même voulu récapituler les efforts remarquable de trois femmes avec leurs organismes respectifs, qui ont organisé pour le 14 juillet 2009 une célébration toute originale au Musée acadien de l’Î.-P.-É. Cependant nous voulons ajouter le fait que le 125e anniversaire de notre drapeau a aussi été observé en grand à Saint-Louis-de-Kent, le 8 novembre 2009 (pages 21-23). Bien que notre drapeau ait été adopté à Miscouche le 15 août 1884, c’est le lendemain 16 août 1884 qu’il a été hissé pour la toute première fois «sur terre» (près de l’église de Miscouche) et «sur mer» (sur le traversier de Summerside à destination de Pointe-du-Chêne, N.-B.) Le Conseil scolaire-communautaire Évangéline et la paroisse de Mont-Carmel doivent être félicités chaudement pour avoir hissé notre drapeau national à Mont-Carmel, le 16 août 2009, le jour anniversaire même de son tout premier lever, 125 ans de cela, au jour le jour (p. 24).

 

La Voix acadienne (le 8 juillet 2009, p. 3)

Réplique du drapeau acadien original dévoilée

2009 par Jacques Gallant

La Voix acadienne (le 15 juillet 2009, p. 3)

Chacune munie de leur propre machine à coudre, Marie Anne Arsenault, d’À-Point Boutique, à Mont-Carmel, et son assistante pour l’été, Kay Parks, ont su fabriquer un morceau d’histoire.

Au cours d’une semaine au mois de juin, elles ont cousu une réplique du drapeau acadien original en l’honneur du 125e anniversaire de l’adoption de celui-ci à Miscouche.  Elle a été dévoilée lors d’une journée de commémoration le 14 juillet au Musée acadien de l’Î.-P.-É., à Miscouche, où elle est montée en permanence.

Quant à la fabrication de la réplique, la tâche de chercher le matériel est allée à Béatrice Caillié, directrice de La Belle-Alliance.  C’est aussi elle qui a demandé aux dames d’À-Point Boutique d’entreprendre la fabrication au nom des organismes qui commémorent cette année le 125e anniversaire de l’adoption des symboles nationaux acadiens à Miscouche.

«J’avais été voir le drapeau acadien original au Musée acadien à l’Université de Moncton pour voir comment il avait été fait», dit Mme Caillié.  Une couturière elle-même, elle a pu noter les coutures et a dressé un plan.  «Le drapeau original était fait en douze morceaux de laine de mouton fine (quatre morceaux pour chacune des trois couleurs, le bleu, le blanc et le rouge) et c’était très difficile de trouver ce matériel», affirme-t-elle.

Enfin, Mme Caillié a trouvé des «pashminas», une sorte de châles.  «Les pashminas sont faits en laine de chèvre, qui est un peu plus molle que la laine de mouton, mais j’ai pensé que les pashminas feraient l’affaire», indique-t-elle.

Avec les châles, les dames d’À-Point Boutique se sont mises à l’oeuvre.  «Ce qui a pris beaucoup de temps», mentionne Kay Parks, «était de mesurer et couper les morceaux, parce que chacun des douze morceaux du drapeau doit être 36 pouces en longueur et 18 pouces en hauteur.»  Il fallait ensuite coudre ces morceaux ensemble, un exploit pas facile.  «Lorsqu’on essayait de passer deux morceaux sous la machine, un glissait souvent sur l’autre parce que le matériel est tellement mince», ajoute Marie Anne Arsenault.  La réplique porte les mêmes dimensions que le drapeau original, soit 9 pieds en longueur et 6 pieds en hauteur.

Quant à l’étoile, elle a été fabriquée d’après un patron préparé par Jacqueline Babineau, la petite-nièce de Marie Babineau, soit celle qui a cousu l’étoile originale dans le drapeau en 1884.

Tel qu’indiqué par Béatrice Caillié, on trouvait que c’était important de placer une réplique à Miscouche, étant donné que c’est à cet endroit où a été adopté le drapeau acadien original, qui était de confection manufacturière, lors de la Deuxième Convention Nationale des Acadiens en 1884.

«En fabriquant la réplique, cela nous faisait vraiment revivre une partie de notre histoire», confie Marie Anne Arsenault.

Une réplique de l’original du premier drapeau national : Béatrice Caillié (La Belle-Alliance), Cécile Gallant (Musée acadien de l’Î.-P.-É.) et Cécile Arsenault (Programme de partenariat culturel et communautaire).

125 années après la fabrication du premier drapeau acadien, Marie Anne Arsenault (à droite) et Kay Parks d’À-Point Boutique placent l’étoile sur une réplique du drapeau qu’elles ont fabriquée au cours d’une semaine.

Le drapeau acadien est souhaité «bonne fête» au Musée acadien

2009 par Jacques Gallant

La Voix acadienne (le 29 juillet 2009, p. 5)

Le 125e anniversaire du drapeau acadien, adopté lors de la Deuxième Convention Nationale des Acadiens à Miscouche en 1884, a été commémoré de digne façon lors d’une journée spéciale le 14 juillet au Musée acadien de l’Île-du-Prince-Édouard, à Miscouche.

Le tout s’est déroulé dans une ambiance de fête et musique, en honneur de cette grande occasion pour non seulement le peuple acadien de l’Île, mais pour les Acadiens du monde entier – on fêtait leur symbole le plus reconnu, celui qui forme en sorte la pierre angulaire de leur identité.

Dans son mot de bienvenue, la présidente de l’Association du Musée acadien de l’Î.-P.-É., Sue LeMaistre, a rappelé le but de la commémoration cette année.  «Grâce à nos activités, nous espérons que ça aidera à mieux faire connaître ces symboles du peuple acadien.  Nous espérons aussi que nos activités contribueront à faire reconnaître l’important rôle historique qu’a joué Miscouche dans l’histoire acadienne.»

Martine Aubé, directrice adjointe de la Société Nationale de l’Acadie, a lu un mot de la présidente de l’organisme, Françoise Enguehard.  «Le drapeau est un des symboles les plus forts d’un peuple. Il est la preuve de notre appartenance, le symbole de notre identité, le rappel de nos racines et le garant de notre unité.»

Edmond Richard, président de la Société Saint-Thomas-d’Aquin, organisme qui était un des bailleurs de fonds du projet de commémoration, a d’ailleurs souligné que «selon le recensement, il y a à peu près 5 000 francophones à l’Île, mais on pourrait estimer qu’il y en a environ 75 000 qui sont de descendance acadienne.  Même s’ils ne parlent pas tous le français, ils peuvent quand même être fiers qu’ils ont leur propre drapeau.»

Lors de la soirée, une réplique du drapeau acadien original, qui sera monté en permanence au Musée, ainsi qu’un dépliant au sujet des symboles nationaux acadiens ont été dévoilés.

Une délégation de Saint-Louis-de-Kent

Parmi la centaine de personnes présentes, il y avait un petit groupe de Saint-Louis-de-Kent, au Nouveau-Brunswick, soit l’endroit d’où provenait l’abbé Marcel-François Richard, celui qui a fait la promotion du tricolore étoilé comme drapeau acadien lors de la Convention à Miscouche en 1884.  C’est aussi à Saint-Louis-de-Kent où Marie Babineau a cousu l’étoile sur le drapeau.  Une des membres de la délégation, Thelma Richard, est la petite-fille d’Ozithe Richard, une nièce de l’abbé Richard.

Un autre membre du groupe, Francine Babineau, tient le drapeau acadien à coeur.  «Je trouve que cela est très important de reconnaître Miscouche, parce que cela unit l’Acadie.  Oui, le drapeau a été créé chez nous (à Saint-Louis-de-Kent), mais pour bien représenter l’Acadie, il faut aussi mentionner que le drapeau a été adopté à Miscouche.  Le drapeau devient comme un pont qui relie Saint-Louis-de-Kent et Miscouche.  On peut voyager sur la vague du drapeau.»

Cécile Gallant, directrice du Musée acadien de l’Île-du-Prince-Édouard, parlant au nom des coordonnatrices du projet, qui incluent aussi Béatrice Caillié du Centre Belle-Alliance et Yvette Arsenault du Conseil scolaire-communtauire Évangéline, se dit réjouie du résultat de l’événement.  «Nous sommes très heureux de la grande participation des gens de la communauté à notre activité», indique-t-elle.  «Nous espérons que cet événement revalorisera la place des symboles nationaux acadiens dans notre société acadienne d’aujourd’hui.»

Une petite délégation de Saint-Louis-de-Kent, du Nouveau-Brunswick, était présente lors de la journée de commémoration du 125e anniversaire du drapeau acadien au Musée acadien de l’Î.-P.-É., à Miscouche. De g. à d., Flavien Babineau, Betty McLaughlin, Thelma Richard, Camille Richard, Francine Babineau et Régis Richard.

 

Le choix des Acadiens pour leur «Jour du Souvenir» à eux

2009 par Jacinthe Laforest

 
Les deux premières commémorations à l’Î.-P.-É. : Port-la-Joye

 

Port-la-Joye, 13 décembre 2008

 

Jacinthe Laforest

Le lieu historique national Port-la-Joye-Fort Amherst s’est enrichi le 13 décembre d’un monument à la mémoire de la Déportation de 1758, survenue à l’île Saint-Jean.  En ce jour du Souvenir acadien, marqué officiellement pour la première fois à l’Île en cette année anniversaire, un public nombreux a bravé le froid pour prendre part au dévoilement officiel.

Alors que le monument était dévoilé, le public est resté plusieurs minutes
à le contempler, tout en chantant l’Ave Maris Stella et Un Acadien errant.

La soprano acadienne Suzie LeBlanc dans son interprétation du chant acadien «Tout passe».

 

Port-la-Joye, 13 décembre 2009

 

Jacinthe Laforest

Environ 60 personnes ont assisté le dimanche 13 décembre à la cérémonie du Jour du Souvenir acadien, au lieu historique national Port-la-Joye-Fort Amherst.  C’est là qu’il y a un an, le 13 décembre 2008, le monument de l’Odyssée acadienne a été inauguré afin de commémorer la déportation des Acadiens de l’île Saint-Jean, survenue en 1758.  La Déportation a commencé en 1755 et s’est poursuivie jusqu’en 1763, lorsque la guerre de Sept Ans a pris fin.  Les historiens s’accordent pour dire que la déportation de 1758, celle qui a déraciné les Acadiens de l’île Saint-Jean, a été la plus meurtrière.

 

Proclamation du Jour du Souvenir acadien

En ce 13 décembre, Jour du Souvenir acadien, nous voici rassemblés pour honorer la mémoire des milliers d’Acadiens et d’Acadiennes de toute l’Acadie qui ont perdu la vie pendant le Grand Dérangement.

Aujourd’hui, sur ce beau site de l’ancien Port-la-Joye, chef lieu de l’île Saint-Jean, nous voulons nous souvenir tout particulièrement de la désastreuse déportation de 1758 et de ses nombreuses victimes. Entre le 31 août et le 4 novembre 1758, au cours de la guerre de Sept Ans, quelque 3 000 hommes, femmes et enfants ont été déportés de l’île vers la France sous les ordres des autorités britanniques.

Pendant la longue et périlleuse traversée de l’Atlantique, la moitié des malheureux déportés ont péri de maladie et de noyade, anéantissant des familles entières. Parmi ces nombreuses victimes, nous nous devons de mentionner les passagers de trois navires qui ont fait naufrage : le Violet, le Ruby et le Duke William. Lors de son départ de Port-la-Joye, le Duke William comptait à son bord quelque 360 Acadiens et Acadiennes. Ce navire a sombré dans l’océan le 13 décembre 1758 entraînant dans la mort presque tous ses passagers. Ce jour fatidique constitue la journée la plus meurtrière du Grand Dérangement.

Souvenons-nous respectueusement de tous ces pionniers de notre île, victimes de conflits impériaux, qui reposent au fond de l’océan Atlantique. Souvenons-nous des Aucoin, Benoît, Boudreau, Doiron, Guédry, Haché dit Gallant, Hébert, Landry, Lejeune, Le Prince, Pitre, Richard, Thériault et de nombreux autres.

Rassemblés au pied du monument de l’Odyssée acadienne, en nous rappelant cette sombre page de notre histoire collective, ayons une pensée spéciale pour toutes les personnes à travers le monde qui aujourd’hui même souffrent cruellement des affres de la guerre.

 

 

Tout de suite après les discours d’occasion, le public s’est dirigé en procession vers le monument de l’Odyssée acadienne, en suivant le président de la SSTA, Edmond Richard, qui portait la couronne du Souvenir, dans l’intention de la déposer au pied du monument.

 

NDLR : Nous exprimons à La Voix acadienne nos remerciements pour les extraits de ses éditions du 17 décembre 2008 et du 16 décembre 2009.

Une Petite Nyctale à Urbainville!

2009 par Jacinthe Laforest

La Voix acadienne, 2 mars 2005, p. 28.

Comme on le sait, l’Association du Musée acadien de l’Île-du-Prince-Édouard voudrait que la Petite Nyctale devienne l’emblème aviaire de l’Acadie, c’est-à-dire l’oiseau qui représente l’Acadie, pour ajouter à la liste des symboles distinctifs de l’Acadie.

Cette chouette est relativement rare et peu de gens en ont vu des vraies de vraies.  Lorsque Hermine Arsenault, membre du conseil d’administration du Musée acadien, a mentionné qu’elle possédait une de ces chouettes, empaillée, le président David Le Gallant, a tout de suite demandé à Hermine de l’apporter au Musée, ce qu’elle a fait.  L’oiseau, adulte, avait été trouvé mort dans une grange par l’un des fils d’Hermine.  «C’était l’hiver alors nous pensions qu’il était mort de froid ou de faim.  Mon garçon a fait des démarches pour le faire empailler et il me l’a donné à Noël en décembre 2003.  J’aimerais bien cela que cet oiseau devienne un symbole de l’Acadie», dit Hermine Arsenault d’Urbainville dans la région Évangéline.

L’oiseau, empaillé par un taxidermiste de la région Évangéline, est installé dans une place bien en vue de la cuisine chez Hermine Arsenault.  Elle est bien fière de posséder un oiseau qui sera peut-être l’emblème aviaire de son peuple.

Hermine Arsenault et la Petite Nyctale.

Un pasteur anglais présente ses excuses aux Acadiens

2005 par Contribution anonyme

 

Paroisse Notre-Dame-du-Mont-Carmel, Î.-P.-É.

Le père Pierre-Marie Dagnaud, supérieur au Collège Sainte-Anne (auj. Université Sainte-Anne) à la baie Sainte-Marie (N.-É.) disait que l’étoile dans l’azur du drapeau acadien lui rappelait l’étoile du matin qu’il dénommait pour la circonstance « l’aurore des grands jours ». (Convention nationale d’Arichat, 1900)

Pasteur David Adcock, Southampton Community Church, Angleterre
(Photo : La Voix acadienne)

À en croire ce qui s’est passé à la messe du dimanche à la paroisse de Mont-Carmel (Î.-P.-É.), le 1er avril dernier, les paroissiens de cette paroisse ont pu tenir pour véritable que l’aurore des grands jours allait commencer à poindre. Car  un pasteur anglais du nom de David Adcock de la Southampton Community Church leur présentait ses excuses pour ce que son pays (l’Angleterre) avait fait à leurs ancêtres lors  de la Déportation de l’Acadie (Nouvelle-Écosse péninsulaire) en 1755 et de l’Isle Saint-Jean (Î.-P.-É.) en 1758. Et les paroissiens et leur curé, le père Eddie Cormier, furent entièrement pris au dépourvu. On ne s’y attendait guère. Les larmes coulaient chez certains. Les applaudissements crépitaient.

Tout cela avait commencé alors que des gens de la congrégation de la Summerside Community Church (Î.-P.-É.)  étaient allés en Angleterre chez leurs confrères à Southampton. Le pasteur Adcock, qui avait été pendant cinq ans, conseiller à la BBC en matière de radiodiffusion religieuse, fait partie de l’équipe d’un mouvement  protestant, évangélique et charismatique, un mouvement fort sur la réconciliation  des Églises et des peuples.

Le pasteur Adcock, qui parle un français impeccable, apprit des gens de Summerside qu’il y avait des Acadiens de langue française sur l’Île et que leurs ancêtres avaient été déportés par l’Angleterre. C’est alors que le pasteur anglais conçut l’idée d’entrer en contact avec le curé de Mont-Carmel, le père Eddie Cormier, et de lui demander s’il pouvait dans l’esprit du renouveau oecuménique, participer à la  messe du dimanche, le 1er avril 2001.

Se basant sur la seconde lettre de saint Paul aux Corinthiens 5 :17ss qui traite du sujet de la réconciliation ainsi que sur le thème du carême « Tant de raisons de se réconcilier »,  le pasteur surprit tout le monde avec les propos suivants :  « L’année dernière, quand je visitais l’Île pour la première fois, j’ai lu à propos de la Déportation du peuple acadien, et Anglais que je suis, je fus bouleversé d’apprendre ce qui vous était arrivé. Si vous pensez qu’il est approprié pour un Anglais, un pasteur de Southampton en Angleterre, en l’année 2001, de présenter ses excuses, permettez-moi de le faire ainsi. Je vous demande pardon pour la façon dont mon peuple vous a traités. »

Au dire d’un historien local, pas seulement pour les Acadiens de Mont-Carmel mais pour tout le peuple acadien , ce fut certes « l’aurore d’un grand jour », d’un jour annonciateur où la reine d’Angleterre se déplacerait à Grand-Pré, aujourd’hui en Nouvelle-Écosse (l’ancienne Acadie historique) pour venir faire des excuses formelles en son nom personnel pour ses ancêtres royaux et au nom du gouvernement du Royaume- Uni, pour avoir fomenté, délibérément et en temps de paix, la destruction systématique de la nation acadienne, inoffensive et neutre.

Et aussi pour avoir agi à l’encontre des lois du royaume (ex. : la Grande-Charte, etc.) protégeant tout citoyen britannique contre les abus du pouvoir. Car, il ne faut jamais oublier que les Acadiens, lors de leur Déportation, étaient justement des sujets britanniques depuis la chute de Port-Royal en 1710, ce que le traité d’Utrecht confirma en 1713. Arracher les Acadiens de leurs terres et les déporter constituaient un crime de lèse-humanité. 

Tiré de La Voix acadienne, le 30 mai 2001.

 

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Nous avons commis la faute la plus grave qui soit :  tuer un peuple! Oui, nous avons tué le peuple acadien… Nous l’avons tué en l’arrachant de ses terres comme on tue une plante en l’extirpant de son humus.  Ce crime entachera la réputation de la Grande-Bretagne pour les siècles à venir.  J’ai honte d’être anglais.

René Verville, Le saule de Grand-Pré, 2001, p. 440

(Monckton à son aide de camp, Douglas Fryman)

 

 

 

Elizabeth E. Cran mérite le Prix Gilbert Buote

1985 par Contribution anonyme

 

La Société historique acadienne décernait le Prix Gilbert Buote à Mme Elizabeth E. Cran lors de son assemblée annuelle, le 24 novembre 1985.  Mme Cran s’est vue attribuer le prix pour sa chronique dans La Voix Acadienne intitulée, “Tignish:  le passé, le présent, le futur”.

Commentaires du jury :

Ce projet s’avère aux yeux du jury comme des plus pertinent à l’histoire et à l’héritage acadiens.  C’est d’ailleurs le but premier de cette chronique:  faire connaître des parties cachées de l’histoire, en chercher de nouvelles, rattacher ces parties au présent et impliquer cette mosaïque de faits culturels et historiques dans la détermination du futur du peuple acadien.  Bien que la chronique de Mme Cran soit spécifique à la région de Tignish, elle traite quand même de l’Acadien de l’Île en général et de son passé.  Les articles de Mme Cran sont en eux-mêmes une mise en valeur de l’héritage acadien et une façon de faire connaître les Acadiens aux Acadiens.  Un autre point remarquable quant à ce projet, c’est la vulgarisation de l’histoire, cette façon intéressante qu’a Mme Cran d’écrire de manière simple et de montrer aux Acadiens (surtout ceux de Tignish) qu’ils ont écrit l’histoire et que les pages de leur passé sont aussi importantes que celles de n’importe quel bouquin.  Mme Cran a un style qui rend l’histoire accessible, facile à comprendre et très intéressante.  Le jury considère qu’un tel projet peut non seulement favoriser la connaissance de l’héritage et de l’histoire acadiens, mais aussi sa conservation en créant un intérêt chez les Acadiens pour leur passé.

C’est pourquoi le jury considère ce projet comme très pertinent et contribuant fortement à l’histoire et à l’héritage acadiens.  De plus, le jury a pu constater le genre de recherche exigée pour un tel travail et le nombre d’années que Mme Cran a investi dans la connaissance de cette région acadienne.  Le travail est aussi d’une très grande qualité si on se base sur les critères d’écriture, d’accessibilité, de méthode de travail et de recherche.  De plus, parce que l’auteur sait vous captiver et retenir votre attention, le jury estime qu’elle est largement lue par la plupart de ceux qui achètent le journal (média facilement accessible) dans lequel elle écrit ses chroniques, ce qui ajoute à la visibilité du projet.  Et si on considère que ce journal est même expédié à l’extérieur de l’Île, cela diversifie l’auditoire rejoint.  Cependant, il faut considérer que ces chroniques ne sont pas accessibles aux unilingues anglais.

Mention honorable :

Le juré a donné une mention honorable au Comité Tourisme Acadien Prince Ouest pour son projet “La reproduction du débarquement de Jacques Cartier à l’Île Saint-Jean en 1534″.

Commentaires du jury :

Le jury fut très impressionné par la qualité de réalisation du dossier qui lui a été remis.  De plus, en lisant les découpures de journaux tant francophones qu’anglophones, il réalise que ce projet a rejoint beaucoup de gens de différentes parties de l’Île comme de l’extérieur, de différentes cultures et de différents âges.  Il nous apparaît qu’une très grande somme de personnes-temps-énergie fut dépensée pour la réalisation du projet comme du rapport.  De plus, le projet s’est déplacé sur l’Île, ajoutant à sa visibilité.  Le jury tient aussi à féliciter le Comité T.A.P.O. pour son initiative et sa bonne organisation.  Finalement, les nombreux prix remportés par ce projet et les commentaires relatés dans les journaux nous incitent à croire que le travail réalisé en était un de qualité supérieure.

Hommage à J.-Edmond Arsenault

1982 par Contribution anonyme

 

La rédaction de La Petite Souvenance désire rendre hommage au président de la Société Historique Acadienne de l’Île-du-Prince-Édouard, M. J.-Edmond Arsenault qui, au mois d’avril dernier, était décoré de l’Ordre du Canada par son Excellence le gouverneur-général Edward Schreyer, chancelier et compagnon principal de l’Ordre.  Notons que l’Ordre du Canada constitue la plus haute distinction canadienne attribuée à des civils.  M. Arsenault est le deuxième Acadien insulaire à mériter ce grand honneur.

Le travail que M. Arsenault a accompli au cours des années est assez bien connu de beaucoup d’entre nous.  Travailleur infatigable, il a été actif dans de nombreuses organisations tant municipales, provinciales, régionales que nationales.  Mais on connaît surtout son grand dévouement à la Société Saint-Thomas d’Aquin pour laquelle il a assumé bénévolement la lourde charge de secrétaire-général pendant 30 ans!

Enseignant puis agronome de profession, M. Arsenault est officiellement à la retraite depuis 1980.  Mais pour une personne de sa trempe, la retraite c’est l’occasion de contribuer davantage aux organisme bénévoles qui lui sont chers.  Ainsi, en plus d’occuper la présidence de notre Société historique, M. Arsenault est présentement président de la Voix Acadienne Inc., de l’Association du Musée Acadien et du Comité d’aide financière aux étudiants de la S.S.T.A.; vice-président du Comité franco-acadien pour la jeunesse; membre du Bureau des Gouverneurs de l’Université de l’Île-du-Prince-Édouard et président désigné du Rotary Club de Charlottetown.

Nous nous réjouissons de cette distinction mille fois méritée dont M. Arsenault a été l’objet.  C’est un événement qui fait honneur à toute la communauté acadienne et à l’Île entière.

Chaleureuses félicitations, M. le président, et merci de l’intérêt et du dévouement que vous manifestez envers notre Société Historique Acadienne.  Hommage également à votre digne épouse, Bernadette, toujours prête à vous encourager dans vos activités, et qui s’intéresse et travaille activement elle-même dans plusieurs mouvements.

La rédaction

Douces souvenirs du beau pays de mon enfance

1981 par Sœur Bella Arsenault

par Soeur Bella Arsenault

Marlboro, Mass.

 

La Voix Acadienne de la fin août 1980 me mit au courant des activités en préparation au festival, le dixième de la région acadienne de notre Île.  Cette lecture me rappela les origines des pique-niques de jadis si bien décrites par Monsieur Magloire Gallant en page 9 de La Petite Souvenance (Vol. 2, No. 1).

J’avais à peine six ans, et déjà mon imagination enfantine attendait ce jour qui ne semblait jamais arriver.  C’était, en effet, une fête de famille que ce pique-nique paroissial où tous se considéraient frères et soeurs sous la houlette paternelle de notre bon et vénéré Père Boudreau.  Pas une seule famille restait indifférente à cet événement familial que l’on nomme si bien aujourd’hui :  Festival.

Pour sa part, maman faisait un “pound-cake” de trois ou quatre étages, véritable château tel que grand’maman Pélagie décrivait dans ses contes de fées.  Tout en surveillant petite Maman au coin de la table de cuisine, ma petite tête pensait; mais, quel château magique! sans porte ni fenêtre!…  Le sucre blanc si brun n’était pas épargné, et je suis sûre que Monsieur Yeo devait le considérer comme l’un des plus beaux.

Papa, lui, choisissait son plus réussi petit veau, et Maggie lui attachait au cou un joli ruban pour le présenter, en triomphe, à l’Exposition Agricole.  Habituellement, son jeune maître, François, le ramenait avec prix, comme l’un des plus beaux de la région.

Monsieur Magloire me fit souvenir d’un mot oublié depuis longtemps, mais bien cher à mon coeur d’enfant, en ce jour de pique-nique:  les galances!  Maman n’oubliait jamais de procurer ce tour de plaisir à ses trois ou quatre plus jeunes, et lorsqu’on descendait de cette chère galance, la tête nous tournait comme toupis.

À la veillée, mes soeurs aînées avaient tout droit aux danses carrées, cette fois sans être munies de permission spéciale.  Et tard dans la soirée, toute la famille, y compris grand’mère Pélagie, s’entassait, ivre de joie et de grand air dans le “truck-wagon” en route vers la Petite allée, Higgins Road.

N’étant âgée que de dix ans quand il a fallu m’expatrier, mes souvenances sont limitées, mais je compléterai ce stage de mon existence heureuse en payant tribut à la mémoire de mes admirables parents.  Je ne saurais guère en faire assez d’éloges, mais vous parler de leur foi, et de leur piété  chrétienne est sûrement le couronnement de leur belle existence.

Quand, par exemple, approchait le temps de la Semaine Sainte, et que papa, membre de la chorale, ne pouvait se rendre aux répétitions, vue la distance, il invitait ses voisins, également de la chorale, à exercer chants et psaumes qu’on devait exécuter pendant les cérémonies du triduum pascal. Après la prière du soir, les plus jeunes devaient se retirer pour faire place à ces messieurs, et surtout à cause du silence respectueux qui devait accompagner ces pieux exercices.  L’on commençait par quelques exercices de solfège, puis suivaient les Lamentations et les autres chants liturgiques.

Mais quand, au Vendredi Saint, l’on pouvait contempler ces braves paysans en soutanes et surplis, rangés dans le sanctuaire, lire, en parties, la Passion du Seigneur, ces admirables pêcheurs et cultivateurs rivalisaient en ferveur les moines des cloîtres de jadis.

Comme chaque dimanche, les Vêpres se chantaient dans l’après-midi, papa avait l’habitude, en été, de retourner, malgré la distance, pour prendre part à la liturgie vespérale.  C’est alors que l’on se servait du “buggie” et de la petite jument brune.  Papa et Maman prenaient avec eux celui des jeunes qui avait été le plus sage pendant la semaine.  Enfin! une fois arriva mon tour!  C’est vous dire que j’étais loin d’être un petit ange.  Notre banc de famille étant alors au jubé, et de là, l’on pouvait apercevoir les membre du choeur de chant.  J’avais alors neuf ans, et le chant et la musique me charmaient. Vers la fin des Vêpres, une voix entonna le Magnificat, et cette voix, je la reconnus.  Maman se pencha vers moi et me murmura:  “C’est ton père qui chante.”  Alors, ce fut pour sa fillette un moment ravissant, même si elle n’y comprenait rien!

Quand, le matin, maman, très occupée, ne pouvait voir à la prière de chacun des plus jeunes, les quatre coins de la cuisine devenaient leurs prie-Dieu, et les plus âgés devenaient moniteurs: D’abord, le signe de la croix bien tracé, le Bonjour mon bon ange, suivi du Notre Père et du Je vous salue Marie étaient de rigueur.  Le bonjour aux parents était suivi du déjeuner, frugal mais substantiel.  C’était ensuite la préparation pour l’école en compagnie de nos petits voisins de la famille Cormier.

Cette belle famille Cormier dont la maman était parente de la nôtre, était aussi notre refuge quand le bon Dieu ajoutait à notre famille un membre de plus.  Nous voyions arriver alors grand-tante Sophique sans trop savoir la raison de cette visite mystérieuse.  Papa prenait alors les quatre ou cinq plus jeunes de sa nichée, avec robes de nuit et couvertures, puis, en procession, nous nous rendions chez nos aimables voisins, et la maman toujours si accueillante, nous préparait un petit lit sur le plancher.  La prière du soir terminée, nous passions la nuit, heureux comme des anges, mais anxieux de retourner au foyer pour découvrir le mystère.  En effet, un ange avait passé et avait déposé un petit frère ou une petite soeur de plus!

Une autre de mes souvenances les plus belles, est bien la bénédiction des bateaux de pêche.  À ce dimanche spécial de mai, personne ne s’absentait.  À cette occasion, unique pour moi, marraine Jacqueline me fit ma première robe neuve et y avait mis tout le beau talent de fine couturière:  un joli tissu rose, entrelacé au corsage d’un gracieux petit ruban de velours noir piqué d’une rose blanche.  C’est alors que la petite vaniteuse que j’étais, devint en ce jour, la petite reine du foyer.  Comme toute la famille devait être présente, il fallut ajouter deux planches au “truck-wagon” attelé de deux vigoureux chevaux.  Après la messe, très solennelle, tous se rendirent, en procession, sur la grève, suivis de Monsieur le Curé en chape, surplis et étole, précédé de la croix, des acolytes en soutanes et surplis de fête.  La chorale suivait, entonnant des chants d’occasion.  Lorsque chaque bateau reçut l’eau sainte et la bénédiction du ministre du Seigneur, les pêcheurs s’installèrent dans leurs barques, puis au chant de l’Avé Maris Stella par la foule, les bateaux quittèrent le port lentement, pour ensuite revenir vers la rive où chaque pêcheur rejoignait sa famille.  La Vierge, du haut de son trône de gloire, devait sourire à ses enfants d’Acadie, et bénir ces braves navigueurs confiés à sa maternelle protection.

Et voici ma troisième petite souvenance terminée.  En vous quittant, chers frères et soeurs de mon beau pays natal, laissez-moi vous chanter, sur l’air du Petite Mousse, quelques fragments de notre nouveau chant national trouvé en première page de La Petite Souvenance :

Reine des cieux, notre Patronne,
Entends la voix de tes enfants.
Accepte nos humbles prières,
À ton Fils, porte-les pour nous.

Le 4 septembre 1980