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Rapport annuel du président de la Société historique acadienne

1985 par Francis C. Blanchard

 

Il me fait plaisir de vous souhaiter tous la plus cordiale bienvenue à la réunion annuelle de la Société Historique Acadienne de l’Île-du-Prince-Édouard.

J’espère que vous trouverez nos délibérations des plus intéressantes.  Je vous invite à participer à nos discussions.  J’exprime au nom de l’auditoire une bienvenue spéciale à M. Bernard LeBlanc, directeur du Musée Acadien à l’Université de Moncton qui sera notre conférencier invité ce soir.

Je ne peux pas passer sous silence le fait que nos assises de cette année marquent le 30e anniversaire de la fondation de notre Société.

La Société Historique Acadienne de l’Île-du-Prince-Édouard tire ses origines d’un comité historique, généalogique et littéraire qui avait été créé par la défunte Association des Instituteurs et Institutrices Acadiens de l’Île-du-Prince-Édouard pendant son 62e congrès annuel tenu en 1955 en la salle paroissiale de Miscouche.

Mesdames et Messieurs c’est à votre vaillante association d’enseignants et d’enseignantes acadiens d’autrefois que nous les Acadiens de l’Île doivent une dette de reconnaissance pour toutes les initiatives qu’elle a su engendrer afin de doter le peuple acadien d’instruments et d’institutions à caractère national pour favoriser sa survivance, son développement et son épanouissement.

L’Association des enseignants acadiens de l’Île a aussi enfanté La Société Saint-Thomas d’Aquin, lors de son 27e congrès à Bloomfield en 1919.

La première réunion du comité historique, généalogique et littéraire eut lieu le 14 novembre 1955.  La réunion fut sous la présidence de M. le juge Sylvère DesRoches.  Les autres membres présents étaient:  M. le docteur J.-Henri Blanchard, Mme Dolor Richard, M. Jérémie Pineau et Soeur Antoinette DesRoches, C.N.D.  Le comité s’est donné le nom, Le Comité Historique, Généalogique et Littéraire Acadien de l’Île-du-Prince-Édouard.

Le premier Comité exécutif fut élu comme suit :

Président:  M. le juge Sylvère DesRoches
Vice-présidente:  Mme Dolor Richard
Secrétaire-trésorier:  M. Jérémie Pineau

Le comité de la constitution se composait de:  M. le docteur J.-Henri Blanchard, M. J.-Edmond Arsenault, et M. le juge Sylvère DesRoches.  Un président fut nommé pour s’occuper d’une des sections :

Historique:  M. l’abbé Charles Gallant
Généalogique:  M. le docteur J.-Henri Blanchard
Littéraire:  Soeur Ann Elizabeth White, C.N.D.

Dès le début du Comité, on discutait du besoin d’établir un musée acadien.  Cette idée ne prendra pas racine avant 1964, lorsque fut fondé le Musée Acadien à Miscouche.

Ce ne sera qu’en 1967, l’année du centenaire de la Confédération canadienne, qu’on établira la présente Société Historique Acadienne de l’Île-du-Prince-Édouard.

Après avoir opéré depuis son établissement en 1955 à l’échelon de comité, le Comité Historique, Généalogique et Littéraire est passé au statut de société.  Et dès lors elle portera le nom de:  La Société Historique Acadienne de l’Île-du-Prince-Édouard.

À la réunion du 13 novembre 1967, le Père Jean F.-Buote a recommandé la fondation de la Société Historique Acadienne de l’Île-du-Prince-Édouard dans son rapport du comité organisé pour étudier le futur du Comité Historique, généalogique et littéraire établi en 1955.

Les personnes qui ont servi dans ce comité d’étude furent M. l’abbé Jean Buote, M. J.-Edmond Arsenault et M. Benoit-W. DesRoches.

La proposition de la nouvelle fondation est présentée à une assemblée générale par M. le docteur J.-Aubin Doiron, et est appuyée par M. l’abbé Charles Gallant.  La proposition est acceptée à l’unanimité.

Un comité fut choisi pour rédiger une nouvelle constitution.  À la réunion du 19 août 1970, les statuts et règlements furent débattus longuement et finalement adoptés.

Le premier comité exécutif de la nouvelle société se composait comme suit :

Président:  M. J.-Edmond Arsenault
Vice-président:  M. l’abbé Jean-F. Buote
Secrétaire:  M. Francis-C. Blanchard
Trésorière:  Soeur Antoinette DesRoches, C.N.D.
Conseillers:  M. Antoine Richard, M. J.-Albert Gallant et M. le docteur J.-Aubin Doiron

Les années 1955, 1964 et 1967 sont donc trois dates de grande signification historique :

1955 – la fondation du Comité Historique, généalogique et littéraire sous l’égide de l’Association des Instituteurs et Institutrices Acadiens de l’Î.-P.-É.  C’est aussi l’année du Bicentenaire de la Dispersion des Acadiens de 1755.

1964 – la fondation du Musée Acadien à Miscouche – pour coïncider avec les fêtes provinciales marquant le centenaire de la première réunion des Pères de la Confédération canadienne tenue à Charlottetown en 1864.

1967 – l’établissement de la Société Historique Acadienne de l’Île-du-Prince-Édouard – réalisé en la même année que les Canadiens célèbrent le centenaire de la Confédération canadienne de 1867.

Nous ne faisons pas les choses par des petite mesures – n’est-ce pas?  Et ce qui est significatif encore dans l’histoire de notre fondation, c’est que nous les Acadiens avons choisi Miscouche, où nous avons fondé ces organismes qui sont appelés à nous aider à promouvoir et à sauvegarder nos intérêts historiques comme peuple acadien; et cela à l’endroit même où nos chefs acadiens, en 1884, ont délibéré pour le choix du drapeau tricolore avec son étoile et l’hymne national, l’Ave Maris Stella.

Depuis sa fondation en 1967, la Société Historique Acadienne l’Île-du-Prince-Édouard a réalisé plusieurs projets de grande importance historique.  Parmi ceux-ci mentionnons:

1)  Le dévoilement en 1976 du monument à la mémoire des anciens Acadiens de la Rivière Platte – berceau des paroisses acadiennes du comté de Prince – dont les ossements furent transportés dans le cimetière de Miscouche.

2)  La publication d’un bulletin sous le titre de La Petite Souvenance.  Cette parution est en date de 1979 – l’année du 375e anniversaire de la fondation de l’Acadie et du 60e anniversaire de la fondation de la S.S.T.A.  Un numéro spécial de La Petite Souvenance fut préparé par La Société Historique pour commémorer le centenaire du Drapeau acadien.

3)  La Société Historique organise deux ou trois rencontres régionales chaque année, afin de faire mieux connaître notre héritage et notre patrimoine acadiens.

4)  La Société a mené une campagne assidue auprès des autorités de l’Église unie de Malpèque, afin de récupérer la vieille cloche de la paroisse de la Sainte Famille de l’ancien Malpec des Acadiens avant la Déportation de 1758.  Ses efforts ont été jusqu’à date sans succès.  Espérons qu’un jour cette relique nous sera remise entre nos mains!

5)  Tout récemment la Société Historique a institué le Prix Gilbert-Buote pour commémorer le nom d’un grand patriote acadien de l’Î.-P.-É.  Le prix est décerné à une personne ou autres qui auraient complété un travail d’intérêt historique acadien.

Après avoir passé en revue les péripéties de notre Société depuis sa fondation en 1955, faisons un bref compte rendu de son oeuvre pendant l’année qui vient de se terminer.

Mon comité exécutif se composait de M. Georges Arsenault-Président sortant de charge, M. l’abbé Charles Gallant-Vice-président, Mme Cécile Gallant-Secrétaire, Mme Avéline Pitre, M. l’abbé Albin Arsenault, M. Gary Robichaud et M. Joseph Cormier-Conseillers, et Francis Blanchard votre Président.

Durant l’année le comité exécutif a tenu trois réunions.  Nous avons pris les décisions nécessaires au bon fonctionnement de l’organisme.  Nous avons organisé deux rencontres régionales – une au Centre Culurel Port LaJoie à Charlottetown, et l’autre au Centre Dalton à Tignish.

À Charlottetown, quoiqu’il ny avait qu’un très petit nombre dans l’auditoire, Georges Arsenault, Marcella Perry et Francis Blanchard ont projetté leurs diapositives des lieux historiques acadiens en Poitou-Charentes et d’autres lieux en France.

À Tignish, où là encore, le nombre de participants était restreint, Mme Elizabeth Cran a su intéresser les gens avec sa présentation des mystères de l’histoire locale.

Notre grand projet de l’année s’est porté sur la continuation de la recherche sur la vie et l’oeuvre de feu le docteur J.-Henri Blanchard.  Mme Cécile Gallant fut embauchée comme recherchiste.  Personnellement, je suis très satisfait du travail réalisé par Cécile.

Lorsqu’elle est venue chez moi me passer à l’entrevue, nous avons pu jaser ensemble une bonne partie de la journée.  Je me suis aperçu dès le début de notre entretien, qu’elle avait très bien saisi l’esprit de l’homme et de son oeuvre.  Cela m’a beaucoup plu.  Cécile semblait entrer intensément en sa matière, tel qu’on aurait dit qu’elle l’avait connu de son vivant.

À l’heure actuelle notre Société compte 165 membres en règle:

2 membres honoraires
3 membres à vie
7 associations-membres, dont une bienfaitrice
153 membres réguliers, dont quatre bienfaiteurs

En conclusion, je désire remercier tous ceux qui ont aidé pendant l’année à faire avancer notre cause – l’exécutif; Georges Arsenault surtout pour son implication dans la publication de La Petite Souvenance et dans son travail dans le projet du Prix Gilbert Buote; et les équipes qui ont travaillé avec Georges dans ces deux activités; à Cécile un gros merci, comme secrétaire et comme recherchiste dans le projet de la vie et l’oeuvre de J.-Henri Blanchard.  Je dois la remercier spécialement pour la contribution qu’elle a faite lorsqu’elle a représenté la Société Historique de l’Île aux fêtes du 25e anniversaire de la Société Historique Acadienne à Moncton, N.-B.  Elle a fait, me dit-on, une présentation superbe de son projet – “La vie et l’oeuvre de J.-Henri Blanchard”.  Merci également à tous ceux qui ont rendu nos rencontres régionales des succès.  À la S.S.T.A., merci également pour votre appui.  Et finalement un merci sincère à tous nos sociétaires.  Si notre Société marche de l’avant, c’est parce que nous avons des membres fidèles.

Francis C. Blanchard, Président
le 24 novembre 1985

La Société historique acadienne de l’Î.-P.-É. – Rapport annuel du président

1984 par Francis C. Blanchard

 

L’année 1984 demeurera une année bien spéciale dans les annales de la communauté acadienne de l’Île-du-Prince-Édouard.  Effectivement, nous avons célébré en grandeur le centenaire du drapeau et de l’hymne national acadiens choisis en 1884 lors de la deuxième Convention nationale des Acadiens, tenue à Miscouche.  Tout au long de l’année nous avons pu étudier, d’une façon ou d’une autre, cette page d’histoire qui a été si déterminante dans le développement du nationalisme culturel acadien.  Comme vous le constaterez tout à l’heure, votre Société a fort bien contribué, par divers moyens, à faire connaître cette belle période de notre histoire collective.

Disons tout de suite que la Société a connu une année assez animée.  Tout d’abord, elle a enregistré une augmentation sensible de ses membres, soit de 30 pour cent!  En fait, elle compte 2 membres honoraires, 1 membre à vie, 4 membres bienfaiteurs, 8 institutions-membres (dont 2 bienfaitrices) et 153 membres réguliers.

Au cours de l’année, le comité exécutif s’est réuni à quatre reprises afin de voir au bon fonctionnement de l’association.  Il a organisé deux rencontre régionales qui ont toutes deux bien réussi.  La première avait lieu à Charlottetown, le 10 février, à la résidence officielle du lieutenant-gouverneur, le docteur J.-Aubin Doiron.  De Tignish à Souris, nos membres sont venus nombreux à cette rencontre spéciale où ils ont pu entendre une excellente conférence sur l’histoire de la littérature acadienne, par madame Marguerite Maillet, spécialiste en la matière.  Nous tenons encore une fois à exprimer notre vive appréciation au docteur Doiron et à madame Bernice Doiron pour leur magnifique et chaleureux accueil.  La deuxième rencontre régionale avait lieu le 4 mars, cette fois-ci à Summerside.  À cette occasion nous accueillions madame Naomi Griffiths, historienne de grande renommée et spécialiste en histoire acadienne.  Dans sa conférence elle traita surtout de l’époque de la Déportation.

Cette année nous n’avons fait paraître qu’un seul numéro de La Petite Souvenance, soit le numéro 10, une publication spéciale publiée afin de marquer le centenaire du drapeau et de l’hymne national acadiens.  Ce livret commémoratif intitulé, Un peuple à unir, a été préparé grâce à l’aide d’une subvention du Secrétariat d’État et il a été imprimé avec une généreuse subvention du Gouvernement du Québec, par son Secrétariat aux Affaires gouvernementales canadiennes.  Nous en avons fait un tirage de 5000 copies.

Toujours dans le cadre du centenaire, la Société a collaboré au montage d’une exposition historique en montre pendant tout l’été au Centre Eptek, à Summerside.  Intitulée “Les Acadiens: un peuple et ses symboles”, cette exposition a été vue par plusieurs milles personnes.

Pendant les fêtes du centenaire qui se sont déroulées à l’Île du 15 au 19 août, la Société a été présente à certaines activités.  D’abord, elle a tenu un kiosque où elle avait en vente tous les numéros de sa revue, elle a lancé sa publication Un peuple à unir lors d’un lancement collectif et elle a participé à une réunion des sociétés historiques acadiennes des provinces maritimes, tenue à Abram-Village le 17 août, et organisée par Mme Muriel Roy, directrice du Centre d’études acadiennes à l’Université de Moncton.  Enfin, permettez-moi d’ajouter que votre président a donné une conférence intitulée “La colonisation et les Acadiens de l’Île-du-Prince-Édouard à l’époque des premières Conventions nationales des Acadiens”.  Il l’a donnée dans le cadre d’une série de conférences en histoire acadienne qui s’est déroulée également pendant les célébrations du centenaire.

La Société a maintenant son propre logo.  En forme ovale, on y aperçoit un petit bateau dont la charpente emprunte la forme de l’Île-du-Prince-Édouard, alors que la voile de l’embarcation rappelle le drapeau acadien.  Ce logo est l’oeuvre d’Anne Gallant, d’Abram-Village.  Aussitôt que nous aurons les moyens, nous ferons imprimer du papier et des enveloppes à en-tête avec ce signe distinctif de notre regroupement.

Le Prix Gilbert Buote ne sera malheureusement pas attribué cette année.  Aucune candidature n’a été présentée malgré les annonces que nous avons fait paraître dans trois journaux de la province et les envois de renseignements que nous avons fait parvenir à plusieurs individus.  Nous espérons cependant pouvoir le donner l’an prochain.

Voilà dans les grandes lignes ce que nous avons accompli cette année avec le temps et les moyens que nous avions à notre disposition.  Avant de terminer ce rapport, permettez-moi de mentionner quelques nouveaux projets que nous devrions songer à aborder dans un proche avenir.  En premier lieu, ne serait-il pas dans l’ordre que chaque année nous fassions une promotion de la Journée du patrimoine, laquelle a toujours lieu en février?  Ce serait une excellente occasion, à mon avis, de sensibiliser la communauté acadienne à la question de la conservation de nos biens culturels.  Peut-être que notre société pourrait travailler à un tel projet d’animation de concert avec les responsables de nos musées.  La question mérite d’être étudiée.

D’autre part, il ne faut pas oublier que notre environnement naturel, le paysage, avec tout ce qu’il comporte, fait aussi parti de notre héritage.  Jusqu’à présent, notre Société ne s’est pas intéressée à ce domaine.  Pourtant, il y aurait un grand besoin de sensibilisation vis-à-vis cette question dans nos régions.  Il faudrait en effet instruire la population sur l’importance de protéger l’environnement et de ne pas détruire le paysage.  Les caps et les dunes que l’on mange et que l’on détruit ne repousseront pas; les gros arbres que l’on abat prendront longtemps à être remplacés; les grandes fosses (pits) que l’on ouvre sur le bord de nos routes viennent aussi détruire un beau paysage que l’on ne pourra pas transmettre aux prochaine générations.  Tous ces éléments font aussi parti de notre héritage, même ils sont ce que nous avons de plus ancien dans notre entourage.

En terminant, je désire remercier les membres du comité exécutif pour leur dévouement à notre Société.  Je désire également remercier les institutions qui ont contribué d’une façon ou d’une autre à nos oeuvres, notamment la Société Saint-Thomas d’Aquin, le Musée provincial par le Centre Eptek, le Secrétariat d’État et le Gouvernement du Québec.

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Le Comité exécutif de la Société historique acadienne de l’Î.-P.-É. pour l’année 1984-85 :

Président - M. Francis Blanchard
Président sortant - M. Georges Arsenault
Vice-président - Père Charles Gallant
Secrétaire - Mme Cécile Gallant
Trésorier -  M. Albert Gallant 
Conseillers/conseillères -   

                   Mme Avéline Peters
                  Père Albin Arsenault
                  M. Joseph Cormier
                  M. Gary Robichaud

Publications récentes

1984 par Contribution anonyme

 

By The Old Mill Stream.  History of Wellington.  1833-1983.  Wellington, 1983, 576 p.

Une monoraphie volumineuse publiée par le Wellington Senior Citizens’ History Committee.  Rien n’est oublié dans cette histoire de Wellington qui est généreusement illustrée de photos intéressantes.  On y trouve quelque 240 pages de généalogies.

 

Jean-H. Doiron.  Rustico.  L’abbé Georges-Antoine Belcourt.  La Banque des fermiers.  Rustico, (1983), 56 p. (Ce livret est aussi disponible en anglais.)

Ce fascicule a été préparé dans l’espoir qu’il puisse servir dans les écoles afin d’aider aux jeunes à se familiariser avec certains aspects de l’histoire acadienne.  L’accent est placé sur l’oeuvre du Père Belcourt à Rustico, oeuvre qui est d’ailleurs bien traitée.

 

Marguerite Maillet.  Histoire de la littérature acadienne. De rêve en rêve.  Moncton, Éditions d’Acadie, 1983, 262 p.

Un excellent ouvrage qui trace les origines et l’évolution de la littérature acadienne de 1604 à nos jours.  L’Île y est représentée par l’écrivain “Paul”, auteur de Placide, l’homme mystérieux (voir La Petite Souvenance, no 7, p. 13) et par notre historien, J.-Henri Blanchard.  C’est un livre à lire.

 

Soeur Marie-Dorothée.  Une pierre de la mosaïque acadienne.  Montréal, Leméac, 1984, 189 p.

Ce livre brosse l’histoire de la communauté religieuse acadienne, la Congrégation des Soeurs du Sacré-Coeur.  Cette publication intéressera notamment les gens de la région Évangéline où des religieuses de cette congrégation ont oeuvré de 1959 à 1979.  Ce sont elles qui ont d’abord assumé la direction de l’École Régionale Évangéline.

 

Michel Poirier.  Les Acadiens aux îles Saint-Pierre et Miquelon.  1758-1828.  Moncton, Éditions d’Acadie, 1984, 528 p.

Plusieurs des familles acadiennes, qui sont venues s’établir à l’Île (surtout à Rustico) après la Déportation, ont demeuré pendant un certain temps sur l’île de Miquelon.  Voilà pourquoi cet ouvrage de Michel Poirier est d’un grand intérêt aux Acadiens de l’Île.  En appendice, l’auteur reproduit plusieurs recensements et autres documents dans lesquels on retrouve le nom de ces familles qui ont éventuellement déménagé à l’Î.-P.-É.

 

Georges Arsenault.  Initiation à l’histoire acadienne de l’Île-du-Prince-Édouard.  Summerside, S.S.T.A. 1984, 110 p.

Cette plus récente publication de Georges Arsenault brosse un tableau de l’évolution historique des Acadiens de l’Île de 1720 à 1980.  On lira avec intérêt les passages intitulés, “Une transformation des valeurs culturelles”, “Le domaine politique” et “Les Acadiens et le patronage politique”.

 

Donat Robichaud, ptre.  “Les Trudel-McNally à Shippagan”, La Revue d’histoire de la Société historique Nicolas-Denys.  Vol. X, no 2 (mai-août 1982), pp. 3-27.

Mgr Donat Robichaud nous livre ici une intéressante étude sur la famille Trudel.  Cette famille d’origine québécoise a habité Baie-Egmont une vingtaine d’années (c. 1865-1885) où elle a été bien active au niveau socio-économique et culturel.  Un membre de cette famille, le Père Azade Trudel fut le premier curé résident de Baie-Egmont.  Il fut également curé de Hope River et de Palmer Road.  De Baie-Egmont, les Trudel sont allés se fixer à Shippagan, au Nouveau-Brunswick.  Philippe McNally, marié à Hortense Trudel, suivra les Trudel à Shippagan.

 

R. Labelle et L. Léger, éditeurs.  En r’montant la tradition,  Hommage au père Anselme Chiasson.  Moncton, Éditions d’Acadie, 1982, 254 p.

Ce livre a été publié afin de souligner la grande contribution du Père Anselme Chiasson à la cueillette, à l’étude et à la publication dans le domaine du folklore acadien.  Cette publication comprend plusieurs articles de la plume de folkloristes qui, dans les traces du Père Anselme, s’adonnent à l’étude du folklore acadien.  Georges Arsenault y a contribué une étude intitulée, “Le gâteau des Rois à l’Île-du-Prince-Édouard”.

Le Prix Gilbert Buote

1983 par Contribution anonyme

 

1.  Introduction

Le Prix Gilbert Buote a été créé en 1982 par la Société Historique Acadienne de l’Île-du-Prince-Édouard dans le but de couronner et de signaler les projets méritants réalisés dans le domaine de l’histoire et de l’héritage acadiens de l’Île.  En décernant ce prix, la Société veut, d’une part, récompenser les auteurs de ces projets et les encourager à poursuivre leurs efforts en ce sens.  D’autre part, elle souhaite éveiller l’intérêt de la population au travail qui se fait dans ce domaine et susciter son appui.

En dédiant ce prix à la mémoire de Gilbert Buote (1833-1904), de Tignish, la Société désire souligner la grande contribution de ce patriote acadien à la cause de son peuple.  Éducateur, journaliste, historien et généalogiste, il fut un farouche défenseur des droits des Acadiens.  En 1893, avec l’aide de son fils François-Joseph, il fonda L’Impartial, premier journal de langue française publié dans l’Île.  Il y publia de nombreuses notes généalogiques et historique, fruit de ses propres recherches.  À l’occasion du centenaire de la paroisse de Tignish, en 1899, il rédigea et imprima L’Impartial Illustré, livret souvenir contenant l’histoire de la paroisse et la généalogie des familles.

 

2.  Les projets:  critères d’admissibilité

a)  Tout projet qui, d’une façon ou d’une autre, contribue à mieux faire connaître et/ou à conserver quelque aspect de l’histoire et de l’héritage acadiens, est admissible au concours.

Exemples :
- une publication
- un projet d’interprétation de l’histoire et/ou de l’héritage acadien par divers moyens d’expression
- un projet réalisé dans le but de faire reconnaître et/ou conserver un lieu ou un édifice historique

b)  Est admissible au concours:  tout projet réalisé par un individu (ou un groupe d’individus) résident de l’Île, ou encore par une association, une entreprise privée, une école (ou une classe), un village, une paroisse ou une ville insulaire.

c)  Le projet devra avoir été complété entre le 1er juin de l’année précédant l’attribution du prix, et le 31 mai de l’année de l’attribution.  Les projets devront être inscrits au concours au plus tard le 30 juin de chaque année.

 

3.  Inscription des projets au concours

Toute personne intéressée est libre d’inscrire un projet au concours, qu’elle en soit l’auteur ou non, mais le prix ne pourra être décerné qu’à l’auteur.  De même, une organisation ou un comité quelconque peut soumettre des projets.

Le Comité exécutif de la Société historique acadienne verra à publiciser le concours.

 

4.  Critères d’évaluation

Chaque projet sera évalué selon les critères suivants :

a)  sa pertinence à l’histoire et à l’héritage acadien;
b)  sa contribution à la connaissance et à la conservation de l’histoire et de l’héritage acadien de l’Île-du-Prince-Édouard;
c)  la somme de travail exigée dans sa réalisation;
d)  la qualité du travail effectué;
e)  sa visibilité.

 

5.  Mode d’évaluation des projets

a)  Jury:  Le jury est composé de trois membres nommés par le Comité exécutif de la Société historique acadienne de l’Î.-P.-É.  Les membres du Comité exécutif ne pourront faire partie du jury.

b)  Le jury fera l’évaluation, pendant les mois de juillet et août de chaque année, de tous les projets reçus conformes aux critères d’admissibilité.

En règle générale, un seul prix sera décerné annuellement.  Cependant, dans le cas de deux projets remarquables, de qualité jugée égale, deux prix pourront être attribués.  Il n’y a cependant aucune obligation à ce que le prix soit décerné si le jury juge qu’aucun projet ne rencontre d’une façon satisfaisante les critères de sélection.  Le jury devra, en effet, veiller à conserver le prestige du prix en l’attribuant qu’à des projets de qualité.

c)  Des mentions pourront être décernées.

d)  La décision du jury sera finale.

e)  Le prix sera présenté lors de l’assemblée annuelle de la Société ou à une autre occasion jugée appropriée par le Comité exécutif de la Société.

 

6.  Le Prix

Le prix consiste en un parchemin encadré sur lequel est imprimé un fac-similé d’une première page d’un numéro du journal L’Impartial, une photo de Gilbert Buote et une inscription appropriée où apparaît le nom de la personne (ou de l’institution) méritante, le titre de son projet et la signature du président(e) de la Société.

Publications

1982 par Contribution anonyme

 

1.  Cécile Gallant.  Le Mouvement coopératif chez les Acadiens de la région Évangéline (1862-1982). Wellington, le Conseil Coopératif de l’Î.-P.-É., 1982-283 pages.

Dans l’avant-propos de ce livre lancé en 1982, l’auteur se dit “fort impressionnée par la ténacité des efforts des pionniers du mouvement coopératif” dans sa région natale.  En effet, à l’exemple de ses ancêtres, Mlle Gallant n’a point ménagé ses propres énergies, car, dans ce volume de quelque 280 pages, se déroule une histoire de coopération entre citoyens qui se lit comme un roman.

Afin d’aider le lecteur à mieux saisir l’évolution très intéressante du mouvement régional, l’introduction comprend un court résumé de l’histoire des Acadiens de l’Île à partir des débuts du Régime français ainsi qu’un exposé des origines et des principes généraux de la “Coopération”.

En première partie, l’auteur discute de l’établissement des premières associations coopératives dans la région (entre 1862 et 1936) y compris les banques de grain de semence, la fromagerie, les coopératives agricoles, les cercles des oeufs, les unions des pêcheurs, les cercles d’éleveurs, etc.

L’ère moderne de la “Coopération” dans la région fait le sujet de la seconde partie du texte.  Ainsi, l’adoption du principe de la “Coopération” se traduit éventuellement en l’établissement de caisses populaires, de coopératives de consommation, de coopératives de pêcheurs, en coopérative de fermiers, en coopérative d’habitation et autres, en plus du Conseil Coopératif de l’Î.-P.-É.

En guide de conclusion, l’auteur se permet de croire, et, à juste raison, que cet esprit de persévérance chez nos ancêtres acadiens dans le phénomène complexe de la coopération contribuera à stimuler d’autres chercheurs à s’y intéresser au moins autant.

Le lecteur pourra se délecter pendant des heures à lire ce texte qui se lit très facilement et auquel viennent s’ajouter d’innombrables extraits de documents historiques et de photographies bien choisies qui lui permettront de s’identifier non seulement avec le passé et le présent, mais aussi avec les possibilités d’avenir que peut offrir le véritable esprit de coopération.

Il va sans dire que le Conseil Coopératif de l’Î.-P.-É. se vante de cette publication qu’il a bien voulu parrainer.

 

2.  Paul Surette, Benoît Poirier.  La vie d’un musicien acadien 1882 à 1965. Tignish, La Société culturelle Ti-Pa, 1982, 70 pages.

En cette circonstance, Surette porte le chapeau du biographe, mais son texte fait tellement l’effet d’un roman que l’on est porté à le lire d’un seul coup.

L’auteur nous décrit la carrière de ce musicien Poirier qui débute lorsque, dès un bas âge, il est profondément impressionné par le rendement du grand orgue de l’église de son village natal de Tignish à l’Île-du-Prince-Édouard.

De là, et le long du volume, l’auteur nous fait vivre les expériences d’un jeune homme qui, en dépit de très nombreux obstacles, deviendra organiste de renom à l’église Notre-Dame de Montréal et composera des oeuvres musicales dignes des éloges des gens bien informés, tels un Frédéric Pelletier, un John Philip Sousa.

Ainsi, Surette permet au lecteur de suivre chaque étape d’acheminement de la carrière de son héro vers les plus grandes orgues du Canada et de se rendre vivement compte des multiples problèmes que Poirier devait envisager.  D’autre part, il nous rend conscients de cet esprit de persévérance muni d’une forte dose de courage que l’artiste a su démontrer au cours de sa carrière.  De plus, selon l’auteur, Benoît Poirier a toujours su conserver son esprit d’humilité profonde – que ce soit à la suite de l’interprétation de sa composition “Rhapsodie” par la fameuse fanfare de Sousa (The March King), des succès réalisés lors de ses récitals à Westmount, “ce bastion du privilège anglais”, ou encore, au lendemain de sa nomination au Conservatoire de Musique.

Peut-être, la citation que Surette a placé en page 45 explique le mieux le caractère de cet éminent Acadien :

“L’Acadien prend nettement la vedette dans les journaux francophones.  La critique du “Bulletin” servira d’exemple” :

L’un des numéros du programme les plus goûtés fut celui de M.B.-F. Poirier, organiste à Notre-Dame, qui joua sa composition “Au Pays d’Évangéline”, une pièce très délicate, pleine de fraîcheur et d’une superbe inspiration.  Disons en passant que M. Poirier est né au pays d’Évangéline, ce qui explique un peu l’atmosphère spéciale dont il a su envelopper sa composition”.

Ce volume de 70 pages se lit très facilement et le choix de photos se veut très à propos.  Les quelque 250 notes de référence démontrent bien que Surette écrit en connaissance de cause.

Même s’il ne faut guère s’appuyer sur notre autorité en matière de musique (entre autres), nous n’hésitons pas de recommander fortement cette biographie aux lecteurs.  Elle ne peut que piquer l’intérêt de tous les Acadiens, surtout ceux et celles de l’Île, car elle fait honneur à l’un des nôtres maintenant passé à l’histoire.  Quant aux plus jeunes lecteurs, y trouveront-ils, peut-être, un modèle d’esprit idéal à poursuivre?

 

3.  J.-Henri Gaudet.  The Tignish Pipe Organ in Musical Retrospect 1882-1982. Tignish, The Tignish Historical Society, 1982, 29 pages.
Au mois d’août dernier, la paroisse de St-Simon et St-Jude de Tignish a célébré le centenaire de l’installation du grand orgue Mitchell dans l’église en 1882.  À cette occasion, la Société Historique de Tignish a organisé le lancement de l’histoire de cet orgue, histoire écrite par l’organiste actuel, M. J.-Henri Gaudet.

Gaudet traite en détail des événements où l’orgue a joué un rôle de grande importance pendant les 100 dernières années de vie paroissiale.  Mais aussi, l’auteur ajoute des informations intéressantes au sujet des chorales, maîtres de chapelle, organistes, clergé et d’autres personnalités, ce qui ajoute à l’agrément de la lecture.  Par exemple, il fait mention considérable de Benoît Poirier, ce natif de Tignish devenu organiste à Note-Dame de Montréal.  Poirier fait l’objet d’une biographie complète également lancée à l’occasion de ce centenaire.

Sans aucun doute, la partie la plus importante du texte décrit la période des années 50 et 60 lorsque, en raison de problèmes techniques apparemment incessants, l’on songeait à faire disparaître l’orgue pour le remplacer par un instrument électronique, et ceci, pour éviter les coûts élevés de réparation.  Cependant, Gaudet était convaincu que “le fait de détruire l’orgue de Tignish serait commettre un délit contre un trésor historique irremplaçable”.

L’organiste et ses amis ont remporté le coup décisif car on procéda à la restauration de l’instrument et cet orgue historique Mitchel continue toujours d’embellir de façon extraordinaire les services religieux à St-Simon et St-Jude.

Ce livret de quelque 30 pages est très bien documenté et contient de nombreuses photographies qui ajoutent un cachet spécial à sa valeur historique.

M. Gaudet nous a fourni un travail précieux et il va sans dire que ce dernier devrait être traduit en français pour la postérité.

Wilmer Blanchard

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Membres du Comité exécutif de la Société Historique acadienne de  l’Î.-P.-É. 1982-1983

Président -        M. Georges Arsenault
Président sortant -    M. J.-Edmond Arsenault
Vice-président -    M. Jean-Paul Arsenault
Secrétaire -        Mlle Cécile Gallant
Trésorière -        Mme Hélène Cheverie
Conseillers(ères) -    Soeur Marguerite Richard
                               Mme Avéline Peters
                               Père Albin Arsenault
                              M. Jean-Louis Beauregard

Des nouvelles de partout

1982 par Contribution anonyme

 

Tignish – Au courant de l’hiver, le Club Ti-Pa a parrainé un projet de généalogie.  Il s’agissait de tracer les descendants des principales familles fondatrices de la paroisse de Tignish.  On veut dresser un tableau généalogique qui fera partie du décor du centre du Club.

Le même organisme organise pour l’été des activités qui souligneront le centenaire de la naissance de l’organiste Benoit Poirier et le centenaire de l’installation des grandes orgues dans l’Église St-Simon et St-Jude.

L’Association historique de Tignish s’est procurée l’ancienne école Dalton dans laquelle on veut y aménager, entre autres, un musée et une salle d’exposition.  On se propose d’y tenir une exposition de photos historiques au cours de l’été.

 

Wellington – Le Club d’Âge d’Or de Wellington s’affaire depuis quelques années à rechercher l’histoire de la région de Wellington.  Le projet avance bien et on espère pouvoir publier le fruit des recherches dans un avenir pas trop éloigné.

 

Mont-Carmel – La Coopérative du Village Pionnier Acadien a embauché cet hiver les services d’un historien, en la personne de Kenneth Breau, pour faire une recherche sérieuse sur l’histoire de Mont-Carmel, de sa fondation (1812) à 1860.  La Coopérative vise à améliorer l’interprétation de l’histoire locale dans son village historique.

 

Région Évangéline – Une publication d’une grande importance sur l’histoire du mouvement coopératif dans la région Évangéline (1862-1982) est à la veille de paraître.  C’est le résultat d’un projet mis sur pied par le Conseil coopératif de l’Î.-P.-É., en 1980.  Cécile Gallant était la responsable du projet et c’est elle qui a écrit le livre, une brique d’environ 300 pages!  C’est à lire.

 

Miscouche – Le Musée Acadien de l’Île, situé à Miscouche, est bien actif.  L’automne dernier il a mené une campagne de financement et de recrutement de membres, laquelle a bien réussi.  Le Musée a aussi profité d’un octroi du Secrétariat d’État, ce qui lui a permis de mettre de l’ordre dans sa collection de photos et de documents.  Le 12 mai, Mad. Deborah Robichaud, directrice du Musée Acadien de l’Université de Moncton, donnait une intéressante conférence aux amis du Musée Acadien de l’Île.  Elle traita, grosso modo, du rôle d’un musée et de sa place dans une communauté.

 

Rustico – Le Musée de la Banque de Rustico a obtenu lui aussi, printemps dernier, un octroi du Secrétariat d’État.  Cette subvention a permis l’embauche de deux personnes qui travaillent à améliorer l’interprétation de l’histoire de la Banque et de l’époque du Père Belcourt à Rustico.

 

Rollo Bay – La succursale de Souris – Rollo Bay de la S.S.T.A. a obtenu un projet d’emploi d’été pour étudiants par lequel on tentera de mettre plus en évidence la cloche historique de l’Église de Rollo Bay (laquelle date du Régime français) et le monument, érigé en 1929, qui marque l’emplacement du cimetière des pionniers acadiens de l’endroit.

 

La Société Saint-Thomas d’Aquin – Le Projet d’histoire et de culture acadiennes de la S.S.T.A. est très productif.  L’été dernier on lançait le livre L’Agriculture chez les Acadiens de l’Î.-P.-É. 1720-1980 (69 pages) et tout récemment on a fait paraître L’Éducation chez les Acadiens de l’Î.-P.-É. 1720-1980, ou La survivance acadienne à l’Î.-P.-É. (85 pages).  Ces deux livres de Georges Arsenault sont abondamment illustrés de cartes, de dessins et de photos.

On a aussi produit, dans le cadre du Projet, deux montages audio-visuels intitulés Les Acadiens de l’Île-du-Prince-Édouard et La pêche et les Acadiens.  Ces montages sont disponibles en français et en anglais.  On peut les emprunter en s’adressant au bureau-chef de la Société.

La S.S.T.A. mène présentement une étude afin de déterminer si les ressources financières et physiques sont disponibles pour l’établissement d’un centre d’études acadiennes.  Le Père Pierre Arsenault a été chargé de faire cette étude qui sera complétée vers la fin de l’été.  On attend impatiemment les résultats.

 

P.E.I. Heritage Foundation – Au mois de janvier, le Heritage Foundation se procurait les services de Reggie Porter à titre de directeur de la programmation.  Monsieur Porter est un Acadien originaire de Tignish.  Enfin, on peut avoir du service en français de notre organisme provincial chargé de la protection du patrimoine.  Profitons-en!

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Membres du Conseil d’administration de la Société Historique Acadienne de l’Î.-P.-É. 1981-1982

Président -        M. J.-Edmond Arsenault
Vice-président -    M. Jean-Paul Arsenault
Secrétaire -        M. Georges Arsenault
Trésorière -        Mme Hélène Cheverie
Conseillers -        Soeur Marguerite Richard
                                 Père Albin Arsenault
                                M. Jean-Louis Beauregard
                                M. Michel Belliveau

Des nouvelles de partout

1980 par Contribution anonyme

 

La Société Historique Acadienne à Tignish

Le Club Ti-Pa accueillait dans son centre, le 30 mars dernier, la Société Historique Acadienne qui y tenait sa première rencontre régionale de l’année.  Plus d’une trentaine de personnes assistaient.  Au programme, plusieurs présentations.  Le président, M. J.-Edmond Arsenault parla brièvement des buts de la Société, Mme Avéline Peters expliqua le travail que fait la Société Historique de Bloomfield et Mlle Sylvia Arsenault fit un court exposé sur le projet de généalogie en marche au Musée Acadien.  M. Georges Arsenault de la SSTA présente la récente publication, Histoire de la pêche chez les Acadiens de l’I.-P.-É alors que M. Henri Gaudet donne une causerie sur l’oeuvre de l’artiste, feue Alma Buote.  De nombreux exemples du travail de Mme Buote étaient en exposition.

Le Musée Acadien entame un projet de généalogie

Grâce à un projet “Canada au travail”, l’Association du Musée Acadien, sous la direction de Soeur Marguerite Richard, est en train de monter un fichier généalogique très important.  Le projet consiste à mettre sur fiche le contenu des registres des paroisses acadiennes de l’Île pour les années 1812 à 1890.

Le travail terminé, le fichier sera une aide précieuse à toute personne qui s’intéresse au “défrichetage de parenté”.  On pourra désormais consulter rapidement, dans un même endroit, tous les registres paroissiaux acadiens.  De plus, chaque fiche sera classée en ordre alphabétique et la couleur de la fiche variera selon la paroisse.  Le fichier sera situé au Musée Acadien pendant l’été et au Couvent de Miscouche pendant l’hiver.

Le projet qui a permis l’embauche de quatre personnes a commencé au mois de novembre et se terminera en juin.

Ça grouille aussi à Rustico!

La paroisse de Rustico-sud a bénéficié au cours de l’hiver d’un projet “Canada au travail” qui lui a permis de faire les réparations nécessaires à la vieille salle paroissiale, construite en 1866-67.  On a pris garde de ne pas abîmer l’architecture de cet imposant monument acadien érigé sous la direction du Père Georges Antoine Belcourt.  Le projet a surtout permis de restaurer cette partie de la salle qui logea jadis la fameuse Banque de Rustico mise sur pied par le dynamique Père Belcourt.  Les anciens locaux de cette banque constituent aujourd’hui un musée géré par la paroisse.

Le projet a aussi permis l’embauche d’une historienne, Mme Ruth Brewer, qui eut comme tâche de recueillir toute l’information possible sur l’aménagement et le fonctionnement de la banque, et sur toutes les autres oeuvres du Père Belcourt.

Bravo gens de Rustico!

Indexation de l’Impartial

La SSTA, dans le cadre de son “Projet d’histoire et de culture acadiennes” est à faire indexer L’Impartial, journal acadien publié à Tignish de 1893 à 1915.

Le travail de l’indexation se fait au Centre d’études acadiennes de l’Université de Moncton où se trouve la seule collection, passablement complète, du journal.  Le travail a été commencé au début février par Mad. Gabrielle LeBlanc de Shédiac qui a dû démissionner à la fin mars pour prendre un emploi à temps plein.  Mad. Diane Lecouffe de Dieppe continue le travail qui prendra fin au mois de juillet.  À ce moment-là, il est prévu que la collection complète aura été indexée et toute l’information sera sur fiches.  La Société Saint-Thomas d’Aquin publiera cet index sous forme de livret.  Toute personne intéressée peut s’adresser à la Société.

Cet index sera un instrument de travail précieux pour toute personne qui s’intéresse à l’histoire, à la culture et à la généalogie acadienne.  Notons que le rédacteur-fondateur du journal, Gilbert Buote, était instituteur, historien et généalogiste!  Avec son fils Joseph, il a profondément marqué la vie acadienne de son époque.

Notons enfin que la collection de L’Impartial a été micro-filmée.  Jusqu’à présent il existe trois copies des micro-films à l’Î.-P.-É.

1)  Bibliothèque du Centre de la Confédération, Charlottetown;

2)  Robertson Memorial Library, Université de l’Î.-P.-É.;

3)  École Westisle, Elmsdale.

La Société historique acadienne de l’Île-du-Prince-Édouard

1979 par J.-Edmond Arsenault

 

La Société Historique Acadienne de l’Île-du-Prince-Édouard tient ses origines d’un comité historique, généalogique et littéraire créé par l’Association des Instituteurs et Institutrices Acadiens de l’Île-du-Prince-Édouard lors de son congrès annuel de 1955 qui avait lieu en la salle paroissiale de Miscouche.  Cette association en était alors à sa deuxième création.  Lors de son congrès de Bloomfield, en 1919, elle enfantait la Société Saint-Thomas d’Aquin.

Dès 1956, le comité se transforme en une société et se donne une constitution et des règlements.  Toutefois, elle prend difficilement son élan.  Elle ne tient pas de réunions régulières.  Elle fait un travail intermittent.  Elle n’a ni argent dans sa trésorerie, ni membres réguliers.  Quelques personnes font cependant des recherches historiques et généalogiques, récupèrent et colligent des documents.  Parmi celles-ci, notons Soeur Antoinette DesRoches, feu le juge Sylvère DesRoches et feu le docteur J.-Henri Blanchard.  La société éveille et anime l’intérêt des Acadiens à leur histoire et à la conservation de l’héritage et au souvenir des luttes tenaces et héroïques de leurs ancêtres.  Elle désire rassembler et conserver les objets antiques, meubles, outils, instruments aratoires dont se servaient nos ancêtres.  Dans le but d’atteindre cet objectif, elle fonde, en 1964, le Musée Acadien.  Elle en fait un organisme indépendant.  L’Association du Musée Acadien loge un édifice à Miscouche.  Ce musée est aujourd’hui rempli d’objets fort intéressants.  Les visiteurs nombreux qui le fréquentent goûtent à sa saveur historique et folklorique.

Enfin, en 1970, la Société Historique Acadienne se donne une nouvelle constitution.  Elle recrute des membres.  Elle décide de concrétiser ses actions en entreprenant des projets.  Une occasion surgit.  La tombe des anciens Acadiens de la Rivière Platte inhumés dans le cimetière de Miscouche en 1859 n’est pas ornée d’une simple croix où d’un monument.  Il conviendrait que ces aïeux soient comblés d’un plus digne hommage.  La Société Historique Acadienne juge donc opportun d’ériger un monument à leur mémoire.  Dans ce but, elle lance une campagne financière.  Les Acadiens sont généreux!  Le monument est érigé.  Le dévoilement a lieu le 13 août 1978, jour où à l’occasion de la fête de Notre-Dame de l’Assomption, le saint sacrifice de la messe est célébré au cimetière sur la tombe de ces vaillants pionniers, les ancêtres d’un très grand nombre d’Acadiens du comté de Prince et d’autres régions canadiennes et américaines.

Bien que très jeune encore, la Société Historique Acadienne ne compte déjà un membre honoraire.  Lors de ses assises annuelles de 1978, elle discernait ce titre à Soeur Antoinette DesRoches, une de ses fondatrices et une vaillante et inlassable ouvrière au domaine de la recherche en histoire et en généalogie.  Elle a oeuvré tant au sein de cet organisme qu’à l’aménagement et la direction du Musée Acadien et à l’éducation de la jeunesse acadienne.

En terminant, il semble utile de rappeler brièvement les objectifs et les priorités établis par la Société.  Ses buts sont, dans un premier temps, de regrouper les individus qui s’intéressent à l’histoire et plus particulièrement à l’histoire acadienne.  S’étant acquis l’adhésion de disciples ardents, convaincus que l’histoire d’un peuple influe sur sa survivance et ses réalisations futures, elle veut, dans un deuxième temps, leur permettre de participer à une action bien ordonnée et apte à assurer le bon fonctionnement et le succès de leur organisme.  La Société fera donc appel à leur collaboration dans ses projets de découverte, de rassemblement, d’inventaires de faits et de documents historiques se rapportant à la vie d’un petit peuple dont les ancêtres furent les découvreurs et les premiers Européens à prendre racine sur le continent nord américain.  En un troisième temps, la Société trouvera les moyens de conserver les documents et les données qu’elle aura colligés et verra à ce qu’ils deviennent accessibles à ceux qui désireraient les consulter.  Enfin, aux moyens d’études, de publications, d’ateliers et de colloques la Société s’évertuera à faire connaître et aimer l’histoire acadienne.

Lors de ses assises annuelles de 1978, la Société établissait les priorités suivantes:

1.  Convoquer, au cours de l’année, trois assemblées régionales dans les régions acadiennes de l’Île.

2.  Étudier la possibilité d’établir un centre de recherche, de récupération et de conservation de documents relatifs à l’histoire acadienne.

3.  Animer et sensibiliser la population à l’étude de son histoire; faire l’inventaire de sites et de documents historiques; publier des articles et rédiger un bulletin.

La Société Historique Acadienne compte 82 membres.  Nous remercions ceux et celles qui ont répondu à notre appel.  C’est un fait de bon augure!  Le Comité exécutif 1978-79 se compose de:

M. J.-Edmond Arsenault, président
M. l’abbé Jean-F. Buote, vice-président
M. J.-Edmond Gallant, trésorier
M. Francis Blanchard, secrétaire
M. Antoine Richard, directeur
Mme Avéline Peters, directrice
M. Georges Arsenault, directeur
M. le docteur J.-Aubin Doiron, directeur