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Extraits de lettres du père Georges-Antoine Belcourt

2009 par Georges Arsenault

 
« Je devrais me trouver content de faire ici le bien que j’y fais. »

 

 L’année 2009 marque le 150e anniversaire de l’arrivée à l’Île-du-Prince-Édouard du célèbre père Georges-Antoine Belcourt, curé de la paroisse de Rustico de 1859 à 1869 et fondateur de l’historique Banque des fermiers de Rustico. Afin de souligner cet anniversaire, nous publions des extraits de quelques-unes des premières lettres qu’il a écrites de l’Île à son ami de longue date, l’abbé Charles-Félix Cazeau (1807- 1881), vicaire général de l’Archidiocèse de Québec. Il lui a écrit sa première lettre le 9 décembre 1859, la journée même qu’il est arrivé à Charlottetown où l’attendait au collège St. Dunstan’s l’évêque Bernard D. MacDonald. Ce dernier avait été curé de Rustico à compter de 1822 et était demeuré à la tête de cette paroisse acadienne après avoir été sacré évêque du diocèse de Charlottetown en 1837. Très malade, il s’était retiré à Charlottetown en octobre 1859 où il est décédé le 30 décembre suivant.

Dans cette première lettre, Belcourt raconte son long périple qui l’a conduit de Montréal à Charlottetown en passant par Portland, Bangor et Calais (Maine), Saint-Jean, Moncton, Shédiac et Cap-Tourmentin (Nouveau-Brunswick), voyageant par train, par diligence et par bateau. Il confie à son ami que son voyage a été dispendieux et fatiguant : « Tu as sans doute peine à en croire à tes yeux qu’il m’eut fallu plus de 16 jours pour arriver ici et qui plus est plus de £ 60.00 sans compter les privations et la fatigue que je me suis imposés pour hâter la route et économiser… ». Belcourt décrit aussi sa rencontre avec l’évêque MacDonald :

Enfin j’arrive, je vois à 5 milles le clocher du collège, maison en bois à 4 étages d’environ 200 pieds sur cinquante. J’y trouve Mgr étendu sur son soffa; d’où il se lève en souriant et avec peine, il me bénit avec bonté et excuse ma lenteur avec bienveillance.

Le pauvre évêque ne peut espérer d’en revenir; il s’éteint peu à peu; j’ai peine à l’entendre, malgré moi il me faut le faire répéter, ce qui le fatigue beaucoup. C’est dommage, c’est un brave homme, on ne peut s’y méprendre. Il parait aussi content de me voir que si j’en vallais la peine. Je pars demain pour Rustico. (AAQ, Série 310, II : 50, Belcourt à Cazeau, 9 décembre 1859)

C’est donc le 10 décembre 1859 que le père Belcourt serait arrivé à Rustico où le lendemain il baptise un premier enfant, Modeste Doucet, fille de Josué Doucet et de Charlotte Gallant.

Des lettres du père Belcourt, nous avons choisi de publier ici des extraits pour la plupart inédits. Il y est question notamment du manque de prêtres de langue française à l’Île, de la mort de l’évêque MacDonald, de la population de Rustico et de Hope River ainsi que du manque de terre pour la nouvelle génération acadienne de sa paroisse. Il y est aussi question du père Sylvain-Éphrem Perrey que Belcourt et Cazeau avaient bien connu au collège de Nicolet dans les années 1820. Nous reproduisons intégralement ces extraits de lettres sans apporter aucune correction à l’orthographe. Les documents originaux sont conservés aux Archives de l’Archidiocèse de Québec (AAQ). Nous les avons consultés sur microfilm au Centre d’études acadiennes Anselme-Chiasson de l’Université de Moncton.

Bureau des archives et des documents publics
de l’Î.-P.-É. 2330 – H-31

Lettre du 18 décembre 1859,
AAQ Série 310, II : 51.


« Mgr McDonald, qui me parait fort attaché déjà, et que je regrette beaucoup de n’avoir pas vu plutôt, est toujours s’affaiblissant. Il m’a donné des marques d’une grande confiance. Il m’a prié d’aller le voir souvent et pour cela a mis un de ses meilleurs chevaux à ma disposition. Je suis à 14 milles de lui. Les pauvres Français qui sont ici sont heureux me dit-on d’entendre des sermons en leur langue. Mgr depuis deux ans ne pouvait plus faire les offices. Une foule d’absolutions ont été données à tout hazard depuis quelques années. »

 

Lettre du 20 janvier 1860,
AAQ Série 310, II : 52


« Si je pouvais goûter aucune consolation sur la terre, je devrais me trouver content de faire ici le bien que j’y fais. Déjà plus de cent fois j’ai vu des personnes fondant en larmes me remercier d’être venu à leur secours. Mgr en mourant me disais je voudrais bien avoir encore deux prêtres comme vous; en retranchant les deux derniers mots de sa phrase, il avait bien raison. Les pauvres gens reçoivent ce que je leur dis par les oreilles, par la bouche et par les yeux. Le 2e Dim[anche] [a]p[rès] Ep[iphanie] je les instruisis sur l’instit[ion] du sacr[ement] de mariage. Tous, filles, garçons, hommes, femmes, chacun à son article paya son tribu d’attendrissement d’une manière si sincère, que les deux P.P. McIntire et McDonald qui étaient présent me dirent nous ne vous laisserons pas partir, voyez le besoin que ces pauvres gens ont de vous; vous prendrez tout ce qu’il vous plaira à l’ancan sans vous gêner, et nous vous attendrons pour le payement. J’ai bien peur qu’il me soit difficile d’en partir. »
« P.S. Je n’ai pas encore vu Sylvain[Perrey] qui dit-on est vieu et infirme, il ne s’est pas trouvé aux obsèques de l’Evêque, lesquelles se sont fait avec grande pompe. Toutes les maisons d’affaires ont été closes ainsi que la cour de justice et une foule de protestans ont assisté à la cérémonie; le sermon sans être brillant a énuméré d’une manière bien naïve et bien naturelle les travaux et les vertus du Prélat et a été bien goûté. Treize prêtres assistaient à l’office où on m’a prié de faire diacre. J’étais le seul prêtre français représentant cette partie de la population de l’île; trois ou 4 prêtres Irlandais représentaient leur nation, tous les autres écossais représentaient l’autre partie de la pop[ulation] cath[olique] qui est la moins nombreuse. Je regrette de voir dans la grande majorité une ignorance absolue de la langue française, et tous ont des français à desservir. Toutes ces pauvres gens me disent qu’ils ont eu deux sermons français depuis six ans! »

 

Lettre du 9 février 1860,
AAQ Série 310, II : 53


« J’arrive d’une visite à Sylvain, le cher Sylvain qui est à l’état de votre bon Mr Roy de l’Archevêché, d’une sensibilité de cerveau telle que quand il lui vient à l’idée qu’il pourrait tomber, la tête lui tourne, selon l’expression, et il faut qu’il s’asseye. Aujourd’hui je l’ai ramené à notre beau tems de collège et il a été enfant et badin comme alors; je lui ai dit avec quelle sollicitude tu désirais avoir de ses nouvelles, et il t’en est reconnaissant et me prie de t’assurer ses respects affectionnés. Il m’a aussi prié de te demander s’il ne lui serait pas possible d’avoir avec lui Benjamin Durocher qui je crois est à St Croix; il pense qu’il pourrait lui être d’un grand secours pour la confession et la prédication. Il y a déjà plusieurs années qu’il ne peut plus prêcher; et c’est le souverain mal de ce qu’il y a de meilleur dans l’Ile, la population française. »

« Je suis, à proprement parler, le seul qui puisse prêcher en langue française dans toute l’Ile car Mr McIntyre est aussi malade des bronches d’une manière si grave qu’on a été obligé de lui couper l’alluette et ne peut prêcher qu’avec l’assurance d’avoir ensuite plusieurs jours de souffrances. Prends donc la peine, pour la cause de Dieu, de voir si Benj. Durocher pourrait venir, et laisse-le moi savoir. Cela ne veut pas dire que si tu en avais un autre de bon pied bon oeil, il ne serait pas bien reçu; car il faudrait deux à part de moi; l’un pour Sylvain qui n’étant pas capable de bien desservir une seule église, en a cependant trois sous ses soins; et l’autre pour Mr McIntyre qui malgré son afflic- tion a néanmoins 4 églises à desservir. Je me suis engagé à aller donner une semaine à Sylvain de tems à autre et j’en ferai autant pour McIntyre quand j’aurai quelque relâche; car pour moi je n’ai que deux églises, l’une Irlandaise, environ 80 familles et l’autre française, Rustico, environ 300 familles. »

 
Lettre du 4 mars 1860,
AAQ Série 310, II : 55


« Je viens de recevoir ta lettre du 8 Févr. J’arrivais de ma visite paroissiale des Irlandais [Hope River] où il ne me reste plus que quelques maisons à visiter. J’y ai dit la messe toute la semaine et y ai donné des instructions à chaque messe. Il a toujours été de règle de ne les visiter que deux fois par an, et en conséquence ils sont eux aussi affamés de la parole de Dieu; ils ont écouté avec leur foi ordinaire tout ce que je leur ai dit. Peu d’entre eux vont à la messe à Rustico, et pour les y attirer comme aussi pour m’acquitter d’un devoir, j’avais annoncé, un dimanche à l’avant, que l’instruction du dim[anche] suivant serait en anglais; à ma grande surprise, le dim[anche] suivant l’église était remplie excessivement d’une population venue de Charlotte Town, et de Protestans, des représentans, etc. C’était à m’intimider, si je n’avais été accoutumé à faire face à des auditoires d’aspect plus redoutable encore. Le croirais-tu, on a osé dire, m’a-t-on dit, qu’un notable après la messe avait dit qu’il n’avait jamais entendu rien de mieux dit et de si intelligiblement énoncé, de la part même de l’Evêque défunt; c’est sans doute qu’une chose présente à toujours l’avantage sur une chose passée, laissant un souvenir plus frais; c’est toute fois, encourageant pour moi, et enfin me suis-je exprimé avec beaucoup plus d’aisance depuis. Louons le Seigneur. »

« Je ne puis te donner le résultat complet de ma visite, mais je puis t’en donner un apperçu suffisant. La population de Rustico, que j’ai toute vue chez elle, est de 345 familles françaises, y compris quelques familles écossaises en très petit nombre. Il y a 2245 âmes, dont 784 garçons et 745 filles, formant 1262 communiants, sur cette population , (note ceci) il y a environ 25 idiots et tombant de haut- mal; outre des grosses gorges et des simplex. Toute cette population est bâtie, une moitié sur 25 arpens de terre, les 3/4 du reste sur 50 arpens, et le reste sur 100 et très peu sur 150 arpens. L’île entière est de 150 milles de long environ et de 30 milles de large tout au plus, avec une population de 72 000 dont les catholiques sont en minorité de 7 est (?) à 8, desservie par 12 prêtres dont quelques uns ont jusqu’à 4 dessertes. Rustico est la desserte qui contient le plus de monde sur une moindre étendue. La division irlandaise qui a sa chapelle, se compose de 101 famille formant 349 communiants, 518 âmes, 220 garçons, 118 filles. Touts les enfants d’écoles se montent à 126 chez les irlandais et 330 chez les français. Résumé total sur une étendue de 9 milles sur 6 milles – 1611 com[muniants], 2763 âmes – 1004 garçons, 943 filles. Il n’y a plus de terre disponible. D’après cet apperçu, la question qui se présente de suite, c’est, où s’établiront ces mille garçons sans compter ceux qui les suivront de près? Et par suite on est édifié de voir de si bonnes moeurs dans les familles à très peu d’exception près; je ne veux pas dire que la misère n’existe pas chez la pauvre jeunesse, en proportion d’autant plus grande qu’étant tous parents proches, ils sont tous familiers entr’eux; en huit mariages, les mariés, ce jour là ont donné £15 de dispense de parenté. J’en dis assez pour te mettre sur la piste, au sujet des idiots, etc., sans compter la moitié des morts de consomption. Pour moi, qui après 28 ans passés parmi les nations, n’ai rencontré jamais un seul idiot, ni tombant du haut-mal, chez des peuples qui ont une horreur invincible des alliances entre parens en ligne directe de quelque distance qu’il soit, c’est frappant. Il faut donc une émigration, 1o pour éviter la misère 2o pour changer le sang.

Penses-tu que s’il se formait une émigration au fond de la Baye des Chaleurs en joignant le St Laurent, vers l’endroit supposé où la voie ferrée sera construite, on pourrait espérer d’avoir un prêtre de Québec pour eux? Tous sentent le besoin d’émigrer, mais il leur manque encore des informations et un chef. Si je disais que je vais les accompagner, plus de 300 me suivraient en aveugle. Ce serait une belle matière pour le zèle d’un jeune homme qui commence la carrière de son sacerdoce. Je vais en écrire à Mr Boucher et Hébert, mais la distance de leur établissements répugne à mes Rusticos.

Si tu étais en état de me donner quelqu’information qui m’aiderait à organiser, et placer cette émigration, composée de gens pauvres en général, mais bon travaillants, tu rendrais un grand service. S’ils n’émigrent pas, ils seront forcés de vendre, peu à peu leur biens passeront aux Protestans, et à la fin les catholiques disparaîtront presque totalement de l’Isle. »

 

Pour lire davantage sur le père Georges-Antoine Belcourt :


- Georges Arsenault, « Comment des pauvres gens peuvent devenir banquiers? Extrait d’une lettre du père Georges-Antoine Belcourt, curé de Rustico ». La Petite Souvenance. Numéro 18, (2004), p. 18-19.

 
- Gabriel Bertrand, Paroisse acadienne de Rustico (Î.-P.-É.) et la Banque des fermiers. Recueil de citations épistolaires du père Georges-Antoine Belcourt. Cahier de recherche numéro 95-04, Moncton, Chaire d’études coopératives, Université de Moncton, avril 1995, 101 p.

 
- John T. Croteau, « The Farmers’ Bank of Rustico: An Episode in Acadian History », The Island Magazine, Number 4 (Spring/Summer 1978), pp. 3-8.

 
-    Jean H. Doiron, Rustico. L’abbé Georges-Antoine Belcourt. La Banque des fermiers. S.l., n.d., 1983, 56 p.

– Cécile Gallant, « L’engagement social de Georges-Antoine Belcourt, curé de Rustico, 1859-1869 », Les Cahiers, la Société historique acadienne, vol. 11, no 4 (décembre 1980), pp. 316-339.

-  W. L. Morton, « Bellecourt, Georges-Antoine », Dictionnaire biographique du Canada. Volume X, Québec, Presses de l’Université Laval, 1972, pp. 49-51.

 
-    J. M. Reardon, George Antony Belcourt, Pioneer Catholic Missionary of the Northwest, 1803-1874. His Life and Times. St. Paul (Minnesota), 1955, 223 p.

 

 

 

Le buste de Napoléon III, empereur des Français

2004 par Francis C. Blanchard

Francis C. Blanchard

 

Buste de Napoléon III en l’église Saint-Augustin. (archives privées: David Le Gallant)

Les Amis de la Banque des fermiers de Rustico et les Amis de Napoléon III, avec la participation de la Fondation Napoléon et le Consulat Général de France à Moncton et à Halifax, se sont mis de la partie pour apporter au Musée de la Banque des fermiers de Rustico un magnifique buste en bronze de Napoléon III, sculpté par l’artiste Jean-Auguste Barre. La Banque des fermiers de Rustico avait été fondée en 1864 grâce aux dons personnels de Sa Majesté Impériale. 

Cet événement international a été organisé en reconnaissance de la très grande générosité de Napoléon III à l’égard des Acadiens de l’Île-du-Prince-Édouard. Le dévoilement du buste a eu lieu solennellement en l’église Saint-Augustin à Rustico, le 3 avril 2004, en présence d’un détachement de l’équipage du porte-hélicoptère Jeanne d’Arc de la marine française et de nombreuses personnalités acadiennes, françaises et gouvernementales; une foule imposante, de gens de langue française et de langue anglaise, participait aussi à la célébration.

À l’occasion  du récent dévoilement, au dire de M. Robert Pichette, auteur du volume Napoléon III, l’Acadie et le Canada français :

«La cérémonie qui nous rassemble aujourd’hui dans ce vénérable édifice marque un temps fort de l’amitié séculaire France-Acadie en ce quadricentenaire de l’Acadie. Elle illustre à merveille la pérennité du lien qui unit encore à la mère patrie des Français qui n’en sont plus politiquement depuis des     siècles1

Oui, le dévoilement du buste s’est fait en souvenir de l’établissement de la Banque des fermiers dont la construction fut commencée en 1861 et l’ouverture eut lieu en 1864. Le tout fut dirigé sous la direction de l’intrépide et le très sympathique curé, l’abbé Georges-Antoine Belcourt. L’abbé Belcourt fut à la cure de la paroisse Saint-Augustin de Rustico de 1859 à 1869, une période de 10 ans. Sa marque à Rustico fut de grande conséquence.

Lors du dévoilement: capitaine du Briançon, Michel Freymuth (consul général de France), Judy MacDonald et Francis Blanchard (présidente et vice-président des Amis de la Banque des fermiers de Rustico), Baron Gilbert Ameil, l’hon. Wayne Easter (député fédéral) et Robert Pichette (auteur de Napoléon III, l’Acadie et le Canada français). (Archives : DLG)

Ce fut par l’intermédiaire de l’historien français François Edme Rameau de Saint-Père (1820-1899) et grand correspondant de l’abbé Belcourt lequel a réussi à obtenir de l’aide financière de l’empereur lui-même. C’est ce qui a permis au père Belcourt d’entreprendre tant de projets dans sa paroisse.

Il y a lieu de ne pas confondre Napoléon III avec son oncle, le grand Napoléon Bonaparte. Qui donc était Napoléon III ? Né au château des Tuileries à Paris en 1808, Charles-Louis-Napoléon Bonaparte était le fils de Louis Bonaparte, le frère de Napoléon Ier et de Hortense de Beauharnais.  Élu président de la République en 1848, il donne une grande poussée à l’expansion commerciale de la France en créant un réseau de consulats et d’agences à travers le monde. Des agences furent créées au Québec, au Nouveau-Brunswick, en Nouvelle-Écosse et à Terre-Neuve durant les années 1850. Une agence fut ouverte à Charlottetown en 1865, suite à la demande expresse de la part des marchands de l’Île.

Détachement de l’équipage du porte-hélicoptère Jeanne d’Arc. (Archives : DLG)

Empereur des Français de 1852 à 1870, Napoléon III sera le premier chef de son pays à travailler à faire comme l’ambition de son règne une réussite de son programme économique et social. Le mot d’ordre «L’Empire, c’est la paix» deviendra le souci principal de son administration et ce souci va se marier merveilleusement bien avec son idée et son concept de la grandeur et de la gloire de la patrie, la France, comme le viendront démontrer les grandes expositions universelles de 1855 et de 1867.

Georges-Antoine Belcourt, ancien curé de Rustico (Centre de recherche acadien de l’Î.-P.-É.)

François Edme Rameau de Saint-Père, correspondant du père Belcourt. (Centre d’études acadiennes, Université de Moncton)

La France s’est fait bien connaître outre-mer par les influences de Napoléon III.  Ses actions dirigées vers l’Acadie ont été de nature humanitaire.  Et, plutôt qu’on conçoive ses générosités comme de l’interférence politique, il a voulu et il a fait en sorte qu’elles proviennent de lui personnellement et non des deniers publics.  

Deux curés des Provinces maritimes, l’abbé Georges-Antoine Belcourt de Rustico, Î.-P.-É., et l’abbé Hubert Girroir de Arichat au Cap-Breton en Nouvelle-Écosse se sont adressés à l’empereur par l’intermédiaire de l’historien français, François Edme Rameau de Saint-Père, afin d’obtenir  l’aide impériale dans leurs projets concernant les Acadiens. Et comme  Robert Pichette le disait si bien dans son plus récent volume Napoléon III, l’Acadie et le Canada français :

«…en dotant généreusement la bibliothèque de Rustico, en aidant à défrayer le salaire d’un instituteur, en facilitant la migration de familles acadiennes de l’Île-du-Prince-Édouard vers le Québec et le Nouveau-Brunswick voisins, et en amorçant une véritable politique culturelle par des dons importants de livres et d’instruments scientifiques, tant au Québec qu’en Acadie, Napoléon III agissait par altruisme naturel plutôt que par calcul politique2

Napoléon III possédait un désir de justice et de paix qui ont fortement influencé sa grande générosité sans amour-propre et sans intérêt politique du côté de l’État français pour les Canadiens français et pour les Acadiens. Ainsi conclut Robert Pichette :

Incontestablement, Napoléon III a été le rénovateur des liens traditionnels qui unissent l’Acadie et le Canada français à la mère patrie, tous régimes confondus au creuset d’une histoire commune. 3

Napoléon III déclara imprudemment la guerre à la Prusse et y perdit sa liberté et sa couronne. Fait prisonnier à Sedan, dans les Ardennes françaises détrôné par la révolution du 4-Septembre, puis par un vote de l’Assemblée nationale (mars 1871) et interné pendant la guerre à Wilhelmshoehe (Prusse). Après la paix, il alla rejoindre l’impératrice Eugénie à Chislehurst en Angleterre où il mourut le 9 janvier 1873 d’une maladie de la vessie.

Cérémonie de foin d’odeur 4 : Adolphe Leschevin d’Ere, père Éloi Arsenault et Keptin John
Joe Sark du Grand Conseil Mi’kmaq de Epekwitk. (Archives privées : Michelle Blanchard)

 

1          Tiré du discours prononcé par Robert Pichette à l’occasion du dévoilement
du buste de Napoléon III, empereur des Français, en l’église Saint-Augustin à
Rustico, le 3 avril 2004.

2          Robert Pichette, Napoléon III, l’Acadie et le Canada français, Moncton,
Éditions d’Acadie, 1998, p.198.

3          Robert Pichette, Napoléon III, l’Acadie et le Canada français, Moncton,
Éditions d’Acadie, 1998, p. 200

4          Le cercle qui apparaît sur la photo est d’origine mystérieuse, ne serait-ce
qu’un reflet!

La Banque des fermiers de Rustico : 1864-1894

2002 par Pie Edouard Blanchard

Pie Édouard Blanchard

 

L’édifice de la Banque des fermiers de Rustico, désigné site national historique depuis 1971, est un monument d’importance architecturale pour l’Île-du-Prince-Édouard et un symbole de la survivance acadienne.  En opération de 1864 à 1894, la Banque était une banque dite du peuple et a été un lien important à l’établissement des caisses populaires et des Credit Unions en Amérique du Nord.

L’immeuble de grès rouge, dans lequel se trouvait la Banque des fermiers, était l’oeuvre de l’intrépide curé de la paroisse Saint-Augustin de Rustico, monsieur l’abbé Georges-Antoine Belcourt, de 1859 à 1869.  L’abbé Belcourt est né à la Baie-du-Fleuve, comté Yamaska, Québec, le 22 avril 1803.  Comme missionnaire, il passa 28 années chez les autochtones et les Métis du Manitoba et de l’État du Dakota du Nord.  Il rentra au Québec en 1859.

À son arrivée à Rustico en 1859, l’abbé Belcourt s’est vite rendu compte du manque d’instruction et de l’état économique lamentable chez ses ouailles.  Donc, il établit l’Institut catholique de Rustico, groupant au-delà de 250 membres.  À chaque quinzaine, il organisait des rencontres, pendant lesquelles on assistait à des sessions d’étude et, c’est à l’intérieur de l’Institut qu’il fonda la Banque du peuple.  C’est alors la proclamation de l’Acte des banques fédérales de 1871, qui, en 1894, força définitivement la fermeture de cette institution financière.

L’abbé Georges-Antoine fit construire une bâtisse en pierre locale mesurant 60 pieds par 40 pieds pour loger sa banque.  Solidement construit, l’édifice donna des apparences de banque par ses imposantes dimensions.  Pendant de nombreuses années, on s’en est servi comme salle paroissiale et actuellement, on l’utilise comme musée où est commémorée l’oeuvre remarquable de son auteur.

 

Au fil des 137 années d’existence, les intempéries ont fait subir une détérioration considérable de l’immeuble.  C’est en 1991, que quelques personnes de la communauté, intéressées à conserver ce monument historique, se sont organisées d’abord en comité, pour plus tard s’incorporer en compagnie sans but lucratif, sous la rubrique Les Amis de la Banque des fermiers de Rustico inc.  Ce projet comprenait une rénovation structurale complète de l’édifice, réalisée par des nombreuses heures de volontariat consacrées à la planification en plus de la recherche d’un financement de plusieurs milliers de dollars.  Une campagne de collectes de fonds en sus des subventions gouvernementales, fédérales et provinciales, contributions des Caisses populaires, compagnies, individus et ami.e.s de la Banque, nous a permis de réaliser la restauration de cet édifice, qui aujourd’hui fait la joie et l’orgueil de la communauté de Rustico et des environs.

 

 

Publications récentes

1984 par Contribution anonyme

 

By The Old Mill Stream.  History of Wellington.  1833-1983.  Wellington, 1983, 576 p.

Une monoraphie volumineuse publiée par le Wellington Senior Citizens’ History Committee.  Rien n’est oublié dans cette histoire de Wellington qui est généreusement illustrée de photos intéressantes.  On y trouve quelque 240 pages de généalogies.

 

Jean-H. Doiron.  Rustico.  L’abbé Georges-Antoine Belcourt.  La Banque des fermiers.  Rustico, (1983), 56 p. (Ce livret est aussi disponible en anglais.)

Ce fascicule a été préparé dans l’espoir qu’il puisse servir dans les écoles afin d’aider aux jeunes à se familiariser avec certains aspects de l’histoire acadienne.  L’accent est placé sur l’oeuvre du Père Belcourt à Rustico, oeuvre qui est d’ailleurs bien traitée.

 

Marguerite Maillet.  Histoire de la littérature acadienne. De rêve en rêve.  Moncton, Éditions d’Acadie, 1983, 262 p.

Un excellent ouvrage qui trace les origines et l’évolution de la littérature acadienne de 1604 à nos jours.  L’Île y est représentée par l’écrivain “Paul”, auteur de Placide, l’homme mystérieux (voir La Petite Souvenance, no 7, p. 13) et par notre historien, J.-Henri Blanchard.  C’est un livre à lire.

 

Soeur Marie-Dorothée.  Une pierre de la mosaïque acadienne.  Montréal, Leméac, 1984, 189 p.

Ce livre brosse l’histoire de la communauté religieuse acadienne, la Congrégation des Soeurs du Sacré-Coeur.  Cette publication intéressera notamment les gens de la région Évangéline où des religieuses de cette congrégation ont oeuvré de 1959 à 1979.  Ce sont elles qui ont d’abord assumé la direction de l’École Régionale Évangéline.

 

Michel Poirier.  Les Acadiens aux îles Saint-Pierre et Miquelon.  1758-1828.  Moncton, Éditions d’Acadie, 1984, 528 p.

Plusieurs des familles acadiennes, qui sont venues s’établir à l’Île (surtout à Rustico) après la Déportation, ont demeuré pendant un certain temps sur l’île de Miquelon.  Voilà pourquoi cet ouvrage de Michel Poirier est d’un grand intérêt aux Acadiens de l’Île.  En appendice, l’auteur reproduit plusieurs recensements et autres documents dans lesquels on retrouve le nom de ces familles qui ont éventuellement déménagé à l’Î.-P.-É.

 

Georges Arsenault.  Initiation à l’histoire acadienne de l’Île-du-Prince-Édouard.  Summerside, S.S.T.A. 1984, 110 p.

Cette plus récente publication de Georges Arsenault brosse un tableau de l’évolution historique des Acadiens de l’Île de 1720 à 1980.  On lira avec intérêt les passages intitulés, “Une transformation des valeurs culturelles”, “Le domaine politique” et “Les Acadiens et le patronage politique”.

 

Donat Robichaud, ptre.  “Les Trudel-McNally à Shippagan”, La Revue d’histoire de la Société historique Nicolas-Denys.  Vol. X, no 2 (mai-août 1982), pp. 3-27.

Mgr Donat Robichaud nous livre ici une intéressante étude sur la famille Trudel.  Cette famille d’origine québécoise a habité Baie-Egmont une vingtaine d’années (c. 1865-1885) où elle a été bien active au niveau socio-économique et culturel.  Un membre de cette famille, le Père Azade Trudel fut le premier curé résident de Baie-Egmont.  Il fut également curé de Hope River et de Palmer Road.  De Baie-Egmont, les Trudel sont allés se fixer à Shippagan, au Nouveau-Brunswick.  Philippe McNally, marié à Hortense Trudel, suivra les Trudel à Shippagan.

 

R. Labelle et L. Léger, éditeurs.  En r’montant la tradition,  Hommage au père Anselme Chiasson.  Moncton, Éditions d’Acadie, 1982, 254 p.

Ce livre a été publié afin de souligner la grande contribution du Père Anselme Chiasson à la cueillette, à l’étude et à la publication dans le domaine du folklore acadien.  Cette publication comprend plusieurs articles de la plume de folkloristes qui, dans les traces du Père Anselme, s’adonnent à l’étude du folklore acadien.  Georges Arsenault y a contribué une étude intitulée, “Le gâteau des Rois à l’Île-du-Prince-Édouard”.

Nouvelles de partout

1984 par Contribution anonyme

 

Décès de Jean-H. Doiron - La mort nous enlevait soudainement, le 5 octobre dernier, Jean-H. Doiron, de Rustico, à l’âge de 65 ans.  Sa grande contribution à la promotion de l’histoire acadienne de l’Île fut au niveau du Musée Belcourt, de Rustico.  Il a effectivement été le président-fondateur de cet excellent petit musée consacré à l’oeuvre du dynamique Père Georges-Antoine Belcourt et à l’histoire générale de Rustico.  En 1983, il publiait, en français et en anglais, un livret intitulé Rustico – l’abbé Georges-Antoine Belcourt – La Banque de Rustico.  En juin dernier, il méritait pour cette publication un prix de mérite du Musée provincial.

 

Le Prix France-Acadie - La secrétaire de notre Société a été l’heureuse gagnante du Prix France-Acadie (catégorie “oeuvres didactiques”) pour son livre Le Mouvement coopératif chez les Acadiens de la région Évangéline 1862-1982.  Elle s’est rendue à Paris où on lui a officiellement remis le prix lors de l’assemblée annuelle des Amitiés acadiennes, le 29 septembre dernier.  Rappelons-nous que Cécile fut la première à mériter le Prix Gilbert Buote, pour le même ouvrage.

 

Wellington - En juin dernier, le “Wellington Senior Citizens’ History Committee” a reçu le prix de mérite du Musée provincial, pour son livre By The Old Mill Stream.  History of Wellington 1833-1983.

 

Tignish - Le Club Ti-Pa a eu l’heureuse idée de souligner le 450e anniversaire de la visite de Jacques Cartier à l’Île, en 1534, par un char allégorique.  On a pu voir ce très beau char qui a participé à plusieurs parades tout au long de l’été.  Le travail du Club Ti-Pa a été récompensé par de nombreux prix.  De plus, le 30 juin, dans le cadre des manifestations de la Fête du Canada, on reconstituait le débarquement de Jacques Cartier près d’Alberton.  Quelque 300 personnes assistaient à ce pageant historique.

 

Le Musée Acadien - Le Musée acadien, sous la direction de soeur Marguerite Richard, a connu un été très mouvementé.  On y a monté une excellente exposition intitulée Miscouche – 1884 dans la salle du Couvent de Miscouche où fut dévoilé, en 1884, le drapeau acadien.  La Société Nationale des Acadiens a fait ériger sur le terrain du Musée un monument commémoratif à l’occasion du 100e anniversaire du drapeau acadien.  Ce monument, construit par le regretté Édouard Arsenault, a été dévoilé le 15 août dernier par le président d’honneur des fêtes, Monsieur Roch Gaudet.  Le nombre de visiteurs a sensiblement augmenté au Musée cet été.

 

Mont-Carmel - Le Club d’Âge d’Or de la paroisse de Mont-Carmel se prépare à ouvrir un petit musée religieux.  Celui-ci sera situé dans une ancienne maison, située en face de l’église, qui servira également de centre pour le Club.  Cette maison a servi comme couvent pendant une vingtaine d’années aux soeurs de la Congrégation Notre-Dame du Sacré-Coeur.

 

Charlottetown - L’Université de l’Île-du-Prince-Édouard a maintenant dans son programme trois cours qui ont trait aux Acadiens, dont l’un est exclusivement un cours d’histoire intitulé, “La Renaissance et le nationalisme chez les Acadiens de l’Île-du-Prince-Édouard 1860-1900″.  Ce cours se donnera alternativement en français et en anglais.

 

La Marée de l’Île - C’est le titre d’une émission de Radio-Canada préparée à l’intention des francophones insulaires et diffusée tous les jours de la semaine de 16 h à 17 h 30.  À tous les vendredis on peut y entendre une petite chronique en histoire animée par plusieurs de nos membres, à savoir:  Henri Gaudet, Avéline Peters, Edmond Gallant, Francis Blanchard et Georges Arsenault.

 

Légion de Wellington - Le club des anciens combattants de la Légion royale canadienne de Wellington prépare actuellement un livre dans lequel on donnera le nom et quelques notes biographiques sur tous les vétérans, originaires de la région, qui se sont enrôlés dans les guerres de ce siècle.  On sait que les Acadiens ont répondu nombreux à l’appel durant ces conflits internationaux.

La Société historique acadienne de l’Î.-P.-É. : rapport annuel

1982 par J.-Edmond Arsenault

 

Rapport annuel du président

Une nouvelle fois, nous nous rencontrons en assises annuelles.  En cette occasion, nous vous présentons un bref aperçu du travail, des actions et des projets exécutés au cours de l’année.

L’exécutif de la S.H.A. de l’Î.-P.-É. a tenu trois réunions au cours de l’année.

Cette année, la campagne de recrutement nous a valu l’inscription de 125 membres, dix en moins que l’année précédente.  L’appel aux cotisations 1982-1983 devrait être lancée le plus tôt possible, au cours du mois de novembre.

La Société Historique Acadienne a tenu, au cours de l’année, trois rencontres régionales, dans l’ensemble, assez bien réussies.  Ces réunions avaient lieu à Tignish, à Abram-Village et à  Rustico.  Ces assises étaient fort intéressantes et informatives.  Celle de Rustico, au musée, a permis à l’auditoire de faire une randonnée dans l’histoire de la paroisse de Rustico, du Père Belcourt, et de la Banque de Fermiers.  M. Jean Doiron a certes relaté une foule de faits historiques très intéressants.  Il est évident que ces réunions régionales sont très utiles et qu’il est fortement recommandé de les continuer et de les rendre plus nombreuses, si possible.  Il y aurait peut-être lieu d’en faire un projet de plus grande envergure et faire une demande d’aide-financière dans le but de défrayer les frais d’animation et de tenue de ces rencontres.  Ceci s’applique aussi à l’organisation de journées d’études en généalogie, en conservation de documents et d’objets historiques.

Le projet “cueillette de renseignements et d’information sur la vie et les oeuvres de feu J.-Henri Blanchard” est terminé.  La Société possède plus d’une quarantaine d’entrevues enregistrées sur rubans sonores.  Nous avons obtenu le financement d’un projet pour en faire la transcription.  Nous sommes à la recherche d’une personne que nous désirons embaucher pour faire ce travail.

La Petite Souvenance est publiée deux fois par année.  Cette revue fournit des faits et des renseignements historiques fort intéressants qui la font apprécier du lecteur.  Je félicite le rédacteur et le comité de rédaction ainsi les auteurs des articles qui donnent à notre revue un caractère particulier.

Au cours de l’année, un comité a préparé un document explicitant les critères à utiliser dans l’attribution d’une distinction honorifique à une personne méritante pour sa contribution dans les domaines de l’histoire ou du patrimoine acadiens.  Le rapport de ce comité vous sera présenté au numéro six de l’ordre du jour.

Cloche de Malpèque -

Nous avons continué les recherches dans le but d’établir l’authenticité de la cloche.  Nous avons adressé des lettres à quelques individus ou organismes aptes à être en mesure de nous fournir des renseignements ou à nous indiquer des sources où nous pourrions aller les puiser.  Ces lettres nous ont valu des réponses plus ou moins encourageantes.  Toutefois quelques-unes nous indiquent des pistes à suivre.  Les archives nationales du Canada possèdent des microfilms de certains documents de l’époque 1750-1758, y compris des lettres de Prévost aux instances gouvernementales françaises, à Paris.  Ces microfilms sont à la disposition de la bibliothèque de l’Université de l’Île-du-Prince-Édouard qui possède les équipements utiles à en faire la lecture mais il faut obtenir de l’aide financière pour payer le salaire de la personne qui entreprendra ce travail.

Une demande en ce sens au Secrétariat d’État n’a pu être acceptée faute d’argent disponible.  Nous pourrons, peut-être, obtenir le financement de ce projet l’an prochain.  Il semble qu’il ne faudrait pas trop tôt abandonner la partie; il faudrait, coûte que coûte, recouvrir la cloche qui, avant la déportation, invitait nos aïeux à réciter l’Angelus, à prier pour les défunts et à participer aux offices religieux.  Cette cloche, les Acadiens de l’ancienne Île-St-Jean la posséderont peut-être un jour!

En terminant, nous remercions les membres de l’exécutif, la Société Saint-Thomas d’Aquin et tous ceux et celles qui ont, au cours de l’année, collaboré aux oeuvres de la Société Historique Acadienne de l’Î.-P.-É.

J.-Edmond Arsenault
le 24 octobre 1982

Des nouvelles de partout

1982 par Contribution anonyme

 

Tignish – Au courant de l’hiver, le Club Ti-Pa a parrainé un projet de généalogie.  Il s’agissait de tracer les descendants des principales familles fondatrices de la paroisse de Tignish.  On veut dresser un tableau généalogique qui fera partie du décor du centre du Club.

Le même organisme organise pour l’été des activités qui souligneront le centenaire de la naissance de l’organiste Benoit Poirier et le centenaire de l’installation des grandes orgues dans l’Église St-Simon et St-Jude.

L’Association historique de Tignish s’est procurée l’ancienne école Dalton dans laquelle on veut y aménager, entre autres, un musée et une salle d’exposition.  On se propose d’y tenir une exposition de photos historiques au cours de l’été.

 

Wellington – Le Club d’Âge d’Or de Wellington s’affaire depuis quelques années à rechercher l’histoire de la région de Wellington.  Le projet avance bien et on espère pouvoir publier le fruit des recherches dans un avenir pas trop éloigné.

 

Mont-Carmel – La Coopérative du Village Pionnier Acadien a embauché cet hiver les services d’un historien, en la personne de Kenneth Breau, pour faire une recherche sérieuse sur l’histoire de Mont-Carmel, de sa fondation (1812) à 1860.  La Coopérative vise à améliorer l’interprétation de l’histoire locale dans son village historique.

 

Région Évangéline – Une publication d’une grande importance sur l’histoire du mouvement coopératif dans la région Évangéline (1862-1982) est à la veille de paraître.  C’est le résultat d’un projet mis sur pied par le Conseil coopératif de l’Î.-P.-É., en 1980.  Cécile Gallant était la responsable du projet et c’est elle qui a écrit le livre, une brique d’environ 300 pages!  C’est à lire.

 

Miscouche – Le Musée Acadien de l’Île, situé à Miscouche, est bien actif.  L’automne dernier il a mené une campagne de financement et de recrutement de membres, laquelle a bien réussi.  Le Musée a aussi profité d’un octroi du Secrétariat d’État, ce qui lui a permis de mettre de l’ordre dans sa collection de photos et de documents.  Le 12 mai, Mad. Deborah Robichaud, directrice du Musée Acadien de l’Université de Moncton, donnait une intéressante conférence aux amis du Musée Acadien de l’Île.  Elle traita, grosso modo, du rôle d’un musée et de sa place dans une communauté.

 

Rustico – Le Musée de la Banque de Rustico a obtenu lui aussi, printemps dernier, un octroi du Secrétariat d’État.  Cette subvention a permis l’embauche de deux personnes qui travaillent à améliorer l’interprétation de l’histoire de la Banque et de l’époque du Père Belcourt à Rustico.

 

Rollo Bay – La succursale de Souris – Rollo Bay de la S.S.T.A. a obtenu un projet d’emploi d’été pour étudiants par lequel on tentera de mettre plus en évidence la cloche historique de l’Église de Rollo Bay (laquelle date du Régime français) et le monument, érigé en 1929, qui marque l’emplacement du cimetière des pionniers acadiens de l’endroit.

 

La Société Saint-Thomas d’Aquin – Le Projet d’histoire et de culture acadiennes de la S.S.T.A. est très productif.  L’été dernier on lançait le livre L’Agriculture chez les Acadiens de l’Î.-P.-É. 1720-1980 (69 pages) et tout récemment on a fait paraître L’Éducation chez les Acadiens de l’Î.-P.-É. 1720-1980, ou La survivance acadienne à l’Î.-P.-É. (85 pages).  Ces deux livres de Georges Arsenault sont abondamment illustrés de cartes, de dessins et de photos.

On a aussi produit, dans le cadre du Projet, deux montages audio-visuels intitulés Les Acadiens de l’Île-du-Prince-Édouard et La pêche et les Acadiens.  Ces montages sont disponibles en français et en anglais.  On peut les emprunter en s’adressant au bureau-chef de la Société.

La S.S.T.A. mène présentement une étude afin de déterminer si les ressources financières et physiques sont disponibles pour l’établissement d’un centre d’études acadiennes.  Le Père Pierre Arsenault a été chargé de faire cette étude qui sera complétée vers la fin de l’été.  On attend impatiemment les résultats.

 

P.E.I. Heritage Foundation – Au mois de janvier, le Heritage Foundation se procurait les services de Reggie Porter à titre de directeur de la programmation.  Monsieur Porter est un Acadien originaire de Tignish.  Enfin, on peut avoir du service en français de notre organisme provincial chargé de la protection du patrimoine.  Profitons-en!

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Membres du Conseil d’administration de la Société Historique Acadienne de l’Î.-P.-É. 1981-1982

Président -        M. J.-Edmond Arsenault
Vice-président -    M. Jean-Paul Arsenault
Secrétaire -        M. Georges Arsenault
Trésorière -        Mme Hélène Cheverie
Conseillers -        Soeur Marguerite Richard
                                 Père Albin Arsenault
                                M. Jean-Louis Beauregard
                                M. Michel Belliveau