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Tout premier exemplaire de notre drapeau national (v. 1883)

2009 par Contribution anonyme

Un dossier (560.1-1) au Centre d’études acadiennes Anselme-Chiasson de l’Université de Moncton contient un manuscrit signé par le père Hector L. Belliveau qui indique que c’est en 1883 que Mgr Richard aurait créé notre drapeau national en confiant la tâche de sa confection à Marie Babineau, de Saint-Louis-de-Kent. C’est ce «tricolore étoilé» qui fut porté par lui à la Deuxième Convention Nationale des Acadiens à Miscouche où il fut adopté par le peuple le 15 Août 1884 au milieu d’un délire indescriptible. L’original de notre plus puissant symbole existe encore aujourd’hui après 125 ans!

 

Mesures fixées en 1953 pour respecter les proportions de 3:2 de notre premier drapeau
Le drapeau acadien est rectangulaire, tricolore, à trois bandes verticales d’égale largeur. Ses dimensions et ses proportions sont déterminées par l’unité de mesure appelée «A» qui est la largeur d’une des bandes du drapeau dont la largeur totale est de trois «A» tandis que la hauteur sera de deux «A». Quant à notre «Étoile de l’Acadie» on trace un cercle dont le centre est 1 3/8 «A» de la base de la bande bleue, sur la ligne verticale divisant également cette même base bleue. Ce cercle a un diamètre de 3⁄4 «A». En partant de la partie supérieure du cercle, on divise la circonférence en cinq pour déterminer les cinq pointes de notre étoile nationale dorée. (Tiré de L’Évangéline du vendredi 22 mai 1953)


Photo prise vers 1978 au Musée acadien de l’Université de Moncton (alors au sous-sol de la bibliothèque Champlain). Il s’agit de Michelle et Nicole Blanchard, filles de Francis et Berthe Blanchard, de Charlottetown. (Collection privée : Francis C. Blanchard)

 

Dans le concert des nations

Notre drapeau national a été adopté l’après-midi et déployé le soir du 15 Août 1884 et ensuite hissé pour la première fois «sur terre» le lendemain matin du 16 août 1884 et «sur mer» l’après-midi du même jour. En 1999, il a été hissé à côté des pays participant au Sommet de la Francophonie, à Moncton. Notre «tricolore étoilé» devance de 81 ans les drapeaux de l’État-nation du Canada et des Cajuns de la Louisiane, et de 64 ans celui du Québec. Rares sont les peuples qui adoptent un insigne, une devise et un hymne national le même jour. Pour nous les Acadiens, ce fut ce jour béni à Miscouche que fut le Quinze Août 1884, 280 ans après notre premier débarquement à l’île Sainte-Croix et 129 ans après le début de notre nettoyage ethnique. L’année 2009 marque depuis Miscouche le 125e anniversaire de l’apanage de notre esprit national.

 

 

Figure 2 : Emplacement actuel dans l’édifice Clément-Cormier, le tout premier exemplaire de notre drapeau national a les dimensions de 9 pi x 6 pi d’où les proportions de 3:2.  (Collection du Musée acadien de l’Université de Moncton)

Un regard nostalgique sur les fêtes du centenaire du drapeau national en 1984

2009 par Edmond Gallant

Lors de la Deuxième Convention Nationale des Acadiens à Miscouche, en ateliers le soir du 13 et la journée du 14 août et en plénière le 15 août de 1884, environ 150 délégués ont donné à la nation acadienne plusieurs symboles. Celui qui a su rallier davantage les Acadiennes et les Acadiens fut sans aucun doute le tricolore bleu, blanc et rouge orné d’une étoile qui fut adopté en plénière, le 15 août 1884, à titre de drapeau national du peuple acadien.

Cent ans plus tard en 1984, il y eut plusieurs événements de mise pour marquer le centenaire de notre drapeau rehaussés par la thématique de L’Île en fête et J’me 100 Acadien / J’me 100 Acadienne. Les activités officielles qui eurent lieu à l’Î.-P.-É., se 4e déroulèrent du 15 au 19 août. Cependant d’autres activités telles qu’une exposition au Centre Eptek à Summerside intituleé « Les Acadiens, un peuple et ses symboles » eurent aussi lieu pour marquer le centenaire.

Afin de bien planifier ces événements, un comité parrainé par la Société Nationale des Acadiens (comme on l’appelait dans le temps), en collaboration avec ses membres, en particulier la SSTA, fut mis sur pied. Ce comité du centenaire du drapeau acadien commença son travail environ deux ans à l’avance. À la veille des fêtes de 1984, celui-ci était composé des membres suivants : Georges Arsenault, président; Dave LeBlanc, vice-président pour la Nouvelle- Écosse; Paul-Eugène LeBlanc, vice-président pour le Nouveau-Brunswick; Alcide Bernard, trésorier; Bernard Richard, secrétaire; père Éloi Arsenault, Francis Blanchard, sœur Marguerite Richard, Jacques Arsenault et Edgar Arsenault. Le coordonnateur des fêtes était Gilles Bélanger.

À part du comité organisateur, plusieurs sous-comités se sont occupés des détails des événements. Parmi ces sous-comités, on retrouvait le comité liturgique, le comité de Miscouche, le comité du protocole, etc. Jeunesse Acadienne a également travaillé de près dans l’organisation des événements. C’est ainsi qu’on planifia un total de cinq jours de festivités qui se dérouleraient du 15 au 19 août à Miscouche et dans la région Évangéline.

Dans le Bulletin de la Société Saint-Thomas-d’Aquin de juillet 1984, Georges Arsenault, le président du comité du centenaire, affirmait que les « célébrations acadiennes qui se dérouleront à l’Île cet été constitueront le plus grand événement du genre à avoir lieu chez nous. On s’attend à ce que plusieurs milliers de personnes y participent. On nous annonce déjà qu’il y aura des Acadiens des différentes régions de la Nouvelle-Écosse, du Nouveau-Brunswick et d’ailleurs au Canada. Il y aura aussi des gens de la Nouvelle-Angleterre, de la Louisiane et de la France. »

Le lundi matin 13 août, l’hon. Jim Lee, le premier ministre de la province, a hissé le drapeau acadien devant l’édifice Shaw sur la rue Rochford à Charlottetown. Cette cérémonie eut lieu sous une pluie dégorgeante. Parmi les dignitaires qui assistaient à la cérémonie, il y avait Son Honneur le lieutenant-gouverneur de la province J.-Aubin Doiron et Madame Bernice Doiron, le chef de l’Opposition Joe Ghiz, Léonce Bernard député pour la circonscription 3e Prince et Antoine Richard, président de la Société Saint- Thomas-d’Aquin.

Avant de hisser le drapeau, M. Lee a décrit celui-ci comme « un symbole d’une communauté acadienne qui a beaucoup de force et qui fait un effort pour se garder forte ». Le drapeau acadien flotta près de l’édifice Shaw pendant toute la semaine suivante. Durant ce temps, il flotta également devant Fanningbank, la résidence du deuxième lieutenant-gouverneur acadien de l’Île.

Les célébrations commencèrent à Miscouche, le 15 août, jour de la fête nationale acadienne. La Voix acadienne du 29 août 1984 rapportait que 1 600 personnes étaient présentes à Miscouche ce jour-là. C’était un nombre très impressionnant!

D’abord, il y eut un récital donné par une fanfare composée de quelques 25 élèves de l’école Évangéline sous la direction de Philippe LeBlanc et par une chorale formée de soixante-quinze choristes acadiens dirigée par Marlene Arsenault. Un des chants qu’on a interprétés fut Y’a une étoile d’Angèle Arsenault. Ce récital fut suivi par une messe en plein air présidée par l’évêque de Charlottetown, Mgr James H. MacDonald csc. L’homélie fut livrée par Mgr Donat Chiasson, archevêque de Moncton. Cette messe fut enregistrée par Radio-Canada et diffusée le dimanche suivant, 19 août, pendant l’émission Le Jour du Seigneur.

Les cérémonies officielles qui débutèrent à 15 h 15 furent, elles aussi, enregistrées pour faire partie d’une émission d’une heure qui a été présentée aux téléspectateurs de Radio- Canada à une date ultérieure. Il y eut plusieurs discours d’occasion, entre autres, par M. Antoine Richard, président de la SSTA, par le lieutenant-gouverneur de la province, M. J.-Aubin Doiron, par le secrétaire d’État, M. Serge Joyal, par l’ambassadeur de la France au Canada, M. Jean-Pierre Cabouat, par le représentant du Québec aux Maritimes, M. Claude Germain, et par le président de la Société nationale des Acadiens, le Père Léger Comeau cjm. En plus des orateurs invités, environ cent-cinquante dignitaires et invités spéciaux, venus d’aussi loin que la France et la Louisiane, ont assisté aux cérémonies.

Le maître de cérémonie était nul autre que l’honorable Pierre-Amand Landry, le président de la Deuxième Convention Nationale des Acadiens. Ce rôle était incarné par le président du comité du centenaire du drapeau acadien, M. Georges Arsenault. Le père Marcel-François Richard, celui qui a proposé aux congressistes de 1884 d’adopter « le tricolore étoilé comme drapeau acadien », a égale- ment pris la parole. Ce rôle était joué par le père Éloi Arsenault, curé de Palmer Road et membre du comité organisateur.

Par la suite, avec l’aide du président d’honneur des fêtes du centenaire du drapeau acadien, M. Roch Gaudet, le père Marcel-François Richard a procédé au Musée acadien pour dévoiler un monument commémoratif et pour y hisser le drapeau acadien. M. Gaudet avait été choisi comme président d’honneur car, le 15 août, lui aussi avait presque 100 ans, étant né à Tignish le 4 décembre 1884.

Une fois les cérémonies officielles terminées, une réception pour les invité-e-s eut lieu au club des pompiers de Miscouche.

Durant toute la journée, le Musée acadien à Miscouche était ouvert au public. Au Couvent des religieuses de la Congrégation de Notre-Dame, on pouvait visiter l’exposition « Miscouche 1884 » montée par Maurice Bernard sous la coordination de soeur Marguerite Richard cnd. Cette exposition, qui illustrait la vie à Miscouche en 1884, était en montre pendant tout le mois d’août y compris dans la salle même où aurait été déployé, pour la toute première fois à la vue des délégués, notre drapeau acadien suite à son adoption. À 18 h 30, M. J. Henri Gaudet de Tignish a donné un récital d’orgue en l’église Saint-Jean-Baptiste. Il a présenté des œuvres de Benoît Poirier et de Jean- Sébastien Bach. Plus tard ce même soir, il y eut un spectacle en plein air devant le couvent avec plusieurs artistes acadiens de l’Î.-P.-É., dont Jeannita Bernard, Mélodie, des gigueurs de Rustico et Denis Pitre de Tignish. Environ 1 200 personnes y ont assisté.

 
Pendant les quatre jours qui suivirent, les activités se sont continuées surtout dans la région Évangéline. Au Centre d’éducation Évangéline, les 16 et 17 août, on a présenté plusieurs conférences sur l’histoire acadienne : « La naissance du nationalisme acadien » par Camille-Antoine Richard, sociologue, Commission de la fonction publique, Ottawa; « Prendre notre place au soleil : le message du clergé acadien au cours du dernier siècle » par Fernard Arsenault, professeur en sciences religieuses, Université de Moncton; « La colonisation et les Acadiens dans l’Île-du-Prince-Édouard à l’époque des conventions » par Georges Arsenault, professeur, Études acadiennes, Université de l’Î.-P.-É.; « L’histoire orale et l’identité acadienne en Nouvelle-Écosse » par Ronald Labelle, folkloriste, Centre d’études acadiennes, Université de Moncton; « Le choix de l’hymne national acadien » par Éloi DeGrâce, archiviste, Fédération des Caisses populaires, Caraquet, N.-B.; et « Le drapeau acadien : son origine, ses péripéties » par le père Maurice Léger, curé, paroisse de Shemogue, N.-B.

Les mêmes jours, ainsi que le samedi 18 août, la troupe du Théâtre du Soleil Oublié a présenté deux pièces de Paul D. Gallant, « Le trésor d’Eutosamel » et « Une promesse dans le sable » au Village Pionnier Acadien à Mont-Carmel. Pour sa part, le Théâtre de l’Escaouette a joué la pièce « Renaissance au pluriel » d’Herménégilde Chiasson en l’église Notre-Dame-du-Mont-Carmel, le jeudi et le vendredi.

Également le vendredi après-midi au Centre d’éducation Évangéline avait lieu le lancement de plusieurs publications acadiennes. Quelques titres qui furent lancés furent : La drôle de chasse de pépère Goguen par Jean Perronet, Pionnier de la Nouvelle Acadie par Régis Brun, Inventaire des sources en folklore acadien par Ronald Labelle, Initiation à l’histoire acadienne de l’Î.-P.-É. par Georges Arsenault et le Volume #12 de la revue Égalité intitulé Dossier sur l’Acadie et les relations internationales par Melvin Gallant. La Société Historique Acadienne de l’Île-du- Prince-Édouard fit aussi le lancement de Un peuple à unir, un numéro spécial de La Petite Souvenance (no 10) préparé pour marquer le centenaire de la Deuxième Convention Nationale des Acadiens tenue à Miscouche. Cécile Gallant avait été embauchée pour en faire la recherche.

Le vendredi soir 17 août avait lieu le spectacle «100 pour 200» au Centre récréatif Évangéline à Abram-Village. Au-delà de mille spectateurs ont assisté à ce spectacle qui mettait en vedette Angèle Arsenault, le groupe 1755, Viola Léger, Marc Beaulieu, Gérald Daigle, Chantal Cadieux et Jean-Guy Cossette.

À la salle paroissiale de Baie-Egmont, le samedi 18 août, avait lieu une table ronde intitulée « L’Acadie en perspectives : nos sociétés nationales et leurs plans d’action ». La présidente de la séance était Marguerite Maillet, femme de lettres acadienne, professeure à l’Université de Moncton. Les participants étaient le père Léger Comeau, président de la Société Nationale des Acadiens; Omer Brun, président de la Société des Acadiens du Nouveau- Brunswick; Gilles LeBlanc, président de la Fédération acadienne de la Nouvelle-Écosse et Antoine Richard, président de la Société Saint-Thomas-d’Aquin. Le commentateur était l’historien Léon Thériault, également professeur à l’Université de Moncton.

Le samedi soir avait lieu un gros spectacle de danse au Centre de récréation Évangéline à Abram-Village. Ce spectacle, « L’Acadie danse », que le journal The Guardian a qualifié de « the largest Acadian dance show ever staged in the Maritimes », regroupait trois troupes de danse, une de chacune des provinces Maritimes. Représentant la Nouvelle-Écosse, il y avait la troupe La Baie en Joie. Pour sa part, le Nouveau-Brunswick était représenté par Les danseurs d’la Vallée St-Jean, tandis que Les danseurs Évangéline représentaient l’Île-du-Prince-Édouard. Après ce spectacle eut lieu au même endroit une soirée dansante avec le groupe « Brador ».

Enfin, le dimanche 19 août eut lieu la bénédiction des bateaux en arrière de l’église Notre-Dame-du- Mont-Carmel suivie d’un pique- nique traditionnel au Village Pionnier Acadien à Mont-Carmel avec environ 2000 participants. Également à cet endroit eut lieu une réception sur invitation don- née par le premier ministre du Québec, l’honorable René Lévesque qui prononça un discours fort de mise. Le soir, il y eut un spectacle de variété organisé par Jeunesse Acadienne. Ce spectacle fut suivi par un feu de joie à la plage du Village Pionnier Acadien à Mont-Carmel auquel assistait également le premier ministre du Québec.

Il ne faudrait pas oublier que tout au long de l’été, il y eut une exposition au Centre Eptek à Summerside. Cette exposition, dont l’ouverture officielle a eu lieu le 14 juin, était intitulée Les Acadiens, un peuple et ses symboles. Elle comprenait des photographies, des diapositives, des dessins, des objets et des reproductions de peintures qui fournissaient des informations sur les origines, le mode de vie, les malheurs, la renaissance, le choix des symboles et les mœurs contemporains du peuple acadien. L’exposition fut réalisée par le personnel du Centre Eptek, en étroite collaboration avec la Société historique acadienne de l’Île-du-Prince- Édouard. Lors de l’ouverture officielle de cette exposition, Georges Arsenault, le président de la Société historique acadienne, a affirmé que, selon lui, « l’ouverture officielle était, dans un certain sens, le début des grandes fêtes qui marqueront le centenaire du drapeau acadien et qui auront lieu cet été, à l’Île ».

C’est ainsi qu’on avait cru bon en 1984 d’organiser deux mois d’événements merveilleux à l’occasion du centenaire à l’Î.-P.-É. de l’adoption du drapeau acadien, événements qui eurent lieu principalement à Miscouche, dans la région Évangéline et à Summerside. Les Acadiennes et les Acadiens avaient bel et bien répondu à l’appel de leur devise nationale que « l’union fait la force » tel que l’a témoigné ce regard nostalgique sur les événements du centenaire de notre drapeau national, il y a bel et bien 25 ans de cela, en cette année de 2009.

 

 

le 19 août 1984, Village des pionniers acadiens, Mont-Carmel, Î.-P.-É.

 

 

 

Mont-Carmel, le 19 août 1984

RENÉ LÉVESQUE, PREMIER MINISTRE  DU QUÉBEC

NDLR :  René Lévesque grandit à New Carlisle, village situé dans le comté de Bonaventure en Gaspésie. Il est né le 24 août 1922 à l’hôpital de Campbellton au Nouveau-Brunswick, l’hôpital le plus proche de la région à l’époque. Il était cousin issu de germains de la mère de l’écrivain franco-américain Jack Kerouac. Les membres du comité de rédaction de La Petite Souvenance ont considéré prophétique, même si c’était le nom du vin servi, qu’au bas du menu de ce jour de clôture des grandioses fêtes du 100e anniversaire (1884-1984) de notre drapeau national, l’on trouve l’expression Entre-deux-Mers, la même expression qui, 21 ans plus tard, désignera la salle multifonctionnelle du Centre Belle-Alliance à Summerside. L’expression Entre-deux-Mers pour désigner ladite salle multifonctionnelle est issue de la suggestion de mise de Christopher Ogg pour nous rappeler ces deux mers que l’on peut entrevoir du haut du Centre Belle-Alliance qui abrite l’École-sur-Mer. Ces deux «mers» sont la baie de Malpèque et la baie de Bédèque.

 

 Extraits du message au peuple acadien

de Monsieur René Lévesque, premier ministre du Québec,

à l’occasion du centenaire en 1984

du drapeau national acadien

… Aujourd’hui, en 1984, si près de ce XXIe siècle qui promet lui aussi, et probablement beaucoup plus encore que celui qui s’achève, d’en être un de grandes mutations de la civilisation et des sociétés, nous sommes là pour témoigner d’abord de notre durée, bien sûr, puis de notre épanouissement, mais encore et surtout de notre confiance en nous-mêmes. Parce qu’il ne faut pas se conter des peurs, ni de s’en laisser conter.  Vous et moi, nous avons démontré à maintes reprises que ce sort-là nous le refusons et que nous avons les moyens et la détermination et toute la fierté qu’il faut pour ne jamais laisser un tel héritage démissionnaire à ceux et celles qui nous suivront.

Nous avons su démontrer dans le passé, nous continuons à le démontrer et nous continuerons, que nous savons faire nos choix en toute lucidité et en toute responsabilité.  Ces choix bien sûr nous les faisons pour nous-mêmes comme il se doit.  Au Québec pour les Québécois et les Québécoises.  En Acadie pour les Acadiens et les Acadiennes.  Mais ce qui n’exclut nullement la possibilité et la réalité désormais de plus en plus évidente de nos relations avec les autres.  Seulement, pour échanger valablement avec autrui il faut d’abord remplir une condition primordiale : c’est la fidélité à soi-même.  Il faut d’abord être soi-même et pleinement autant que possible, avant de pouvoir être quoi que ce soit de reconnu et de valable avec les autres…

Simple message… à tout ce tissu de la vie acadienne, à tous ceux et celles qui vous appuient dans vos organisations, c’est celui-ci très simplement : de grâce ne lâchez jamais, lâchez pas, comme on dit chez nous.  Ne doutez jamais de votre propre identité, parce que pour tout individu comme pour tout peuple en se reniant soi-même, en abdiquant sa personnalité pour arborer comme un masque celle d’autrui c’est une espèce de suicide lent que l’on commet.  Et ce genre de suicide collectif, on en a vu assez d’exemples dans l’histoire …. c’est parmi les choses les plus tristes et finalement les plus dérisoires que l’on puisse trouver…

René Lévesque

 

René Lévesque, Premier ministre du Québec (1976 – 1985)

 

Le drapeau acadien : un paradoxe

2009 par Robert Pichette

L’adoption, en 1884, du drapeau national de la France, quelque peu modifié par l’ajout d’une étoile d’or, comme symbole de ralliement de la collectivité acadienne, constitue un paradoxe historique intéressant puisque le drapeau de la France est postérieur à la cession à la Grande-Bretagne et de l’Acadie et de la Nouvelle-France.

Le tricolore français est né de l’un des plus grands bouleversements sociaux des temps modernes : la révolution française. Celle-ci marque la fin du gouvernement personnel des rois et, partant, de l’identification de l’État au monarque. La France, jusqu’à l’adoption de sa première constitution en 1789, n’avait pas de symboles nationaux, ceux de la dynastie régnante en faisant office.

On a trop tendance à ne voir de la révolution française que sa phase la plus spectaculaire, la plus sanglante, la terreur robespierriste. C’est oublier que Louis XVI a été, pour un temps, souverain constitutionnel, et qu’il avait accepté ce premier drapeau national, issu de la volonté populaire, en arborant à son chapeau une cocarde tricolore.

Napoléon, devenu empereur, se garda bien de changer ce symbole populaire qui avait présidé en quelque sorte à l’émergence d’un état moderne. Le premier empire donnera au tricolore ses lettres de noblesse que la légende napoléonnienne sacralisera à tel point que les régimes successifs, sauf la Restauration, ne pourront plus le modifier.

En 1789, il y avait belle lurette que l’Acadie avait cessé d’exister. En 1884 elle n’existait qu’à l’état embryonnaire et, sans territoire alors comme aujourd’hui, elle n’était et n’est encore qu’un état d’esprit.

Le dix-neuvième siècle est le siècle des nationalismes tels le Risorgimento en Italie, l’unification de l’Allemagne, et l’éclatement du vieil empire espagnol dans les Amériques. Chacun de ces mouvements se dote promptement d’un drapeau. Pourquoi? Parce que tout mouvement collectif doit nécessairement avoir un symbole de ralliement, généralement simple et visuel. Un drapeau remplit précisément cette fonction. En fait, il n’en a pas d’autre.

La convention nationale de Miscouche, en 1884, en dotant l’Acadie de symboles à elle propre, complétait logiquement l’œuvre nationale amorcée par la convention de Memram- cook, en 1881, et s’inscrivait tout naturellement dans le courant des nationalismes modernes. À telle enseigne – sans jeu de mots – que ce peuple sans territoire, sans gouvernement, devenait ainsi la première collectivité à se doter de symboles particuliers.

Le choix de ces symboles, comme aussi leur sens, était clair pour les congressistes réunis en 1884 : le peuple acadien, en adoptant pour siennes les couleurs de la France moderne, entendait se rattacher, s’identifier sans équivoque à la mère- patrie sans pour autant tisser quelque lien politique que ce soit avec la France. Seuls des nostalgiques d’empire auraient pu y penser. Il n’en reste pas moins que la nostalgie a ses droits.

En surimposant un symbole religieux, l’étoile de la Vierge et de la mer, Stella Maris, les congressistes étaient de leur temps, sans plus. Mais il convient de noter qu’à ce moment précis de son histoire le peuple acadien n’avait d’autres ressources que celle de l’Église. On aurait tort, avec le recul du temps, quand le pluralisme religieux est admis, enfin, et que l’évolution nous a donné structures et institutions laïque, de faire un mauvais procès à d’honnêtes gens rassemblés, il y a cent ans, par un clergé qui, seul à l’époque, disposait du talent et des ressources organisationnelles.

On sait que le choix du drapeau national des acadiens ne fit pas l’unanimité, même à ses débuts. On sait aussi que sa symbolique, à une époque toute récente, a été sérieusement contestée. Sans doute continuera-t-elle de l’être. C’est normal dans une société pluraliste.

Il n’en reste pas moins vrai que le geste posé en 1884 avait une portée démesurée pour un aussi petit peuple, démuni de presque toutes ressources. Le geste a fait long feu car, quelque soit le degré d’attachement que l’on ait envers le principal symbole visuel de l’Acadie et même si on peut contester son choix comme sa symbolique, il est évident que le geste posé à Miscouche, il y a cent ans, constituait en lui-même une proclamation d’identité nationale. C’était une affirmation au grand jour d’une volonté collective de vivre.

Cent ans après son adoption, le drapeau national de l’Aca- die répond toujours à sa mission originale, celle d’identifier une collectivité, un peuple, en prolongeant tout naturelle- ment ce premier grand et beau geste d’autodétermination.

Tiré du P’tit Moniteur, le 9 août 1984

 

Adoption d’un drapeau national à Miscouche

Les Grandes Heures du peuple acadien (détail)

Musée acadien de l’Î.-P.-É.

 

Un regard nostalgique sur les fêtes du 125e anniversaire du drapeau national en 2009

2009 par Contribution anonyme

 

NDLR : Le comité de rédaction de La Petite Souvenance veut remercier profusément La Voix acadienne pour avoir puisé du matériel de ses éditions des 8, 15 et 29 juillet et du 19 août 2009. Puisque aucune célébration n’a eut lieu à Miscouche le 15 août 2009 (date précise du 125e anniversaire de notre drapeau national), nous avons tout de même voulu récapituler les efforts remarquable de trois femmes avec leurs organismes respectifs, qui ont organisé pour le 14 juillet 2009 une célébration toute originale au Musée acadien de l’Î.-P.-É. Cependant nous voulons ajouter le fait que le 125e anniversaire de notre drapeau a aussi été observé en grand à Saint-Louis-de-Kent, le 8 novembre 2009 (pages 21-23). Bien que notre drapeau ait été adopté à Miscouche le 15 août 1884, c’est le lendemain 16 août 1884 qu’il a été hissé pour la toute première fois «sur terre» (près de l’église de Miscouche) et «sur mer» (sur le traversier de Summerside à destination de Pointe-du-Chêne, N.-B.) Le Conseil scolaire-communautaire Évangéline et la paroisse de Mont-Carmel doivent être félicités chaudement pour avoir hissé notre drapeau national à Mont-Carmel, le 16 août 2009, le jour anniversaire même de son tout premier lever, 125 ans de cela, au jour le jour (p. 24).

 

La Voix acadienne (le 8 juillet 2009, p. 3)

Réplique du drapeau acadien original dévoilée

2009 par Jacques Gallant

La Voix acadienne (le 15 juillet 2009, p. 3)

Chacune munie de leur propre machine à coudre, Marie Anne Arsenault, d’À-Point Boutique, à Mont-Carmel, et son assistante pour l’été, Kay Parks, ont su fabriquer un morceau d’histoire.

Au cours d’une semaine au mois de juin, elles ont cousu une réplique du drapeau acadien original en l’honneur du 125e anniversaire de l’adoption de celui-ci à Miscouche.  Elle a été dévoilée lors d’une journée de commémoration le 14 juillet au Musée acadien de l’Î.-P.-É., à Miscouche, où elle est montée en permanence.

Quant à la fabrication de la réplique, la tâche de chercher le matériel est allée à Béatrice Caillié, directrice de La Belle-Alliance.  C’est aussi elle qui a demandé aux dames d’À-Point Boutique d’entreprendre la fabrication au nom des organismes qui commémorent cette année le 125e anniversaire de l’adoption des symboles nationaux acadiens à Miscouche.

«J’avais été voir le drapeau acadien original au Musée acadien à l’Université de Moncton pour voir comment il avait été fait», dit Mme Caillié.  Une couturière elle-même, elle a pu noter les coutures et a dressé un plan.  «Le drapeau original était fait en douze morceaux de laine de mouton fine (quatre morceaux pour chacune des trois couleurs, le bleu, le blanc et le rouge) et c’était très difficile de trouver ce matériel», affirme-t-elle.

Enfin, Mme Caillié a trouvé des «pashminas», une sorte de châles.  «Les pashminas sont faits en laine de chèvre, qui est un peu plus molle que la laine de mouton, mais j’ai pensé que les pashminas feraient l’affaire», indique-t-elle.

Avec les châles, les dames d’À-Point Boutique se sont mises à l’oeuvre.  «Ce qui a pris beaucoup de temps», mentionne Kay Parks, «était de mesurer et couper les morceaux, parce que chacun des douze morceaux du drapeau doit être 36 pouces en longueur et 18 pouces en hauteur.»  Il fallait ensuite coudre ces morceaux ensemble, un exploit pas facile.  «Lorsqu’on essayait de passer deux morceaux sous la machine, un glissait souvent sur l’autre parce que le matériel est tellement mince», ajoute Marie Anne Arsenault.  La réplique porte les mêmes dimensions que le drapeau original, soit 9 pieds en longueur et 6 pieds en hauteur.

Quant à l’étoile, elle a été fabriquée d’après un patron préparé par Jacqueline Babineau, la petite-nièce de Marie Babineau, soit celle qui a cousu l’étoile originale dans le drapeau en 1884.

Tel qu’indiqué par Béatrice Caillié, on trouvait que c’était important de placer une réplique à Miscouche, étant donné que c’est à cet endroit où a été adopté le drapeau acadien original, qui était de confection manufacturière, lors de la Deuxième Convention Nationale des Acadiens en 1884.

«En fabriquant la réplique, cela nous faisait vraiment revivre une partie de notre histoire», confie Marie Anne Arsenault.

Une réplique de l’original du premier drapeau national : Béatrice Caillié (La Belle-Alliance), Cécile Gallant (Musée acadien de l’Î.-P.-É.) et Cécile Arsenault (Programme de partenariat culturel et communautaire).

125 années après la fabrication du premier drapeau acadien, Marie Anne Arsenault (à droite) et Kay Parks d’À-Point Boutique placent l’étoile sur une réplique du drapeau qu’elles ont fabriquée au cours d’une semaine.

À Saint-Louis-de-Kent

2009 par David Le Gallant

Saint-Louis-de-Kent revendique l’apanage d’être le «Berceau du drapeau national acadien» puisque Mgr Marcel-François Richard y aurait fait coudre par Marie Babineau le tout premier exemplaire de notre symbole le plus puissant qu’est le tricolore étoilé. Du même coup, Miscouche peut aussi revendiquer ce titre car c’est là où ce même drapeau national a été adopté et, pour la toute première fois dans son histoire, déployé et hissé. Saint-Louis-de-Kent et Miscouche, chacun à leur façon, sont un «Berceau du drapeau national acadien». Mais il ne faut surtout pas oublier que le destin a jeté son dévolu sur Saint-Louis-de-Kent pour l’ultime honneur d’avoir été la patrie à laquelle appartenait Mgr Richard, de par sa naissance le 9 avril 1847(1), et de par son propre destin en tant que véritable «Père du drapeau acadien» et par ricochet «Père de la Renaissance acadienne» (voir page 8) .

L’année 2009 a été l’anniversaire par excellence pour ce qui est de nos symboles nationaux à nous, Acadiens et Acadiennes. Pas seulement du 125e de notre drapeau, mais aussi de l’adoption de l’Ave Maris Stella (en tant qu’hymne national), d’un insigne et d’une devise (L’Union fait la force). L’année 2009 marquait aussi le 15e anniversaire (1994-2009) de l’adoption de paroles françaises à côté des paroles latines d’au moins le 9e siècle sinon avant (voir page 3).

Les Acadiens, en quelque lieu qu’ils se trouvent, (2) célèbrent et hissent très souvent leur symbole identitaire! En ce samedi du 15 Août national de 2009, ils ont fait de même. Peut-être aussi ce dimanche 16 août 2009 parce qu’un dimanche est souvent plus propice qu’un samedi pour fêter. En tout cas, pour ceux qui ont hissé  notre tricolore étoilé le dimanche 16 août 2009, c’était ce jour-là qu’était la date exacte du 125e anniversaire de son tout premier hissement sur terre à Miscouche et sur mer, à quelques encablures (3) du quai de Summerside. D’ailleurs et en pleine connaissance de cette date historique mémorable, c’est cela qui est advenu à Mont-Carmel en cette année de son 125e (voir p. 24).

Bien qu’il y eût le 14 juillet 2009 des célébrations du 125e de notre drapeau au Musée acadien de l’Î.-P.-É. (voir pages 18-20), c’est le 8 novembre 2009 qu’a eu lieu, que l’on sache, l’événement d’un hissement de notre drapeau national le plus gigantesque qui soit, 60 pieds  x 30 pieds. La hauteur au mât fut de 130 pieds. Les deux pages qui suivent, gracieuseté de M. Léo-Paul Frigault, directeur général du  Village de Saint-Louis-de-Kent, démontrent bien la splendeur et la solennité que nous devons à notre symbole le plus puissant, pas seulement à la mémoire vivace de Mgr Richard, mais pour que cela serve aussi de point de repère à nos jeunes pour qu’ils s’identifient, en quelque lieu qu’ils se trouvent, comme étant des Acadiens et des Acadiennes.

Pour reprendre des mots dans l’invocation du père Mazerolle (page 23), il faut être résolu pour s’affirmer et, comme notre drapeau, toujours visible de loin et bien planté. Car sinon, on peut être reconnaissant, fêter et folkloriser à toutes sauces et tant qu’on veut, on n’arrivera jamais à freiner le rouleau compresseur d’une francophonie trop uniformisante. Nos jeunes de souche acadienne, bien fiers de prioriser qu’ils sont des bilingues et des francophones, oublieront de plus en plus, pour prendre les mots du jeune Mitchell Richard (voir page 44), qu’ils sont aussi des Acadiens dans le sang! Félicitations à la communauté de Saint-Louis-de-Kent pour faire valoir, en grand format, ce que doivent être nos priorités en tant qu’Acadiens et Acadiennes.

(1)       Même année que fut publié l’Évangéline de Longfellow.

(2)       Les mots exacts dans le décret du pape Pie XI promulguant Notre-Dame de l’Assomption à titre de patronne des Acadiens.

(3)       Tel qu’on l’a décrit dans les reportages de l’époque.

 

Carte d’invitation pour le lever du drapeau national
le 8 novembre 2009 – Saint-Louis-de-Kent

Fierté nationale solennelle
Les pompiers de Saint-Louis-de-Kent

Fierté nationale estudiantine
École Marée-Montante et École Mgr-Marcel-François-Richard

Ce drapeau qui réveille la nation !

La chanson du drapeau

2009 par Jeannita Bernard

 

(1er couplet )

Bleu, bleu c’est la couleur de la mer,

Qui le fait le tour, de mon pays de ma terre,

Blanc, blanc c’est liberté qui m’est si chère

Et si j’la possède, c’est tout à cause de mes pères.

Rouge, c’est le sang qui a coulé

Qui a coulé pour assurer que nous vivions comme nous le faisons.

Refrain,

Il est là devant moi, il est là ce drapeau; il me rappelle, il me rappelle qui je suis.

 

(2e couplet)

Il, il me parle du cœur de l’Acadie,

Si ce n’est rien d’autre, c’est bien ce cœur qui a permis,

La vie, et celle du passé et celle qui s’en vient,

D’un monde qui ne possède que de l’esprit

Et l’Étoile, c’est elle qui nous a guidés,

La patronne qui a veillé et protégé.

Refrain

Il est là devant moi, il est là ce drapeau; il me rappelle, il me rappelle qui je suis.

 

Oh-h, ça fait bien cent ans qu’il est présent,

Symbole d’un peuple devenu grand.

Refrain

Il est là devant moi, il est là ce drapeau;  il me rappelle il me rappelle qui je suis.

Il est là devant moi, il est là ce drapeau;  il me rappelle il me rappelle qui je suis.  

Jeannita Bernard (St-Philippe, Î.-P.-É.), parolière

 

© Tous droits réservés 2009

Je suis Acadien et j’en suis content. Être Acadien est un cadeau pour moi. Je joue de la guitare en accompagnant le violon qui joue des mélodies acadiennes. L’Acadie est dans mon sang. Je passe chaque journée de ma vie en pensant que je suis Acadien et cela me rend heureux. Si j’avais le choix de changer de patrie un jour, je ne changerais pas. Être Acadien, pour moi, c’est important!      - Mitchell Richard

 

Reflection on our Acadian identity

2004 par James Perry

James Perry1

 The Acadian James Perry is an industrial electrician at Cavendish Farms, a frozen French fry manufacturer in New Annan, Prince Edward Island. In his spare time, he is an amateur historian and genealogist. He has previously written articles for The Ancestral Home Newsletter (www.acadian-home.org) and The Louisiana Genealogical Register. He lives in Summerside with his wife, Dianne, daughters Melanie and Carolyn and son Christopher.

 

It is hard to put one’s finger on just when or where I became interested about my Acadian history and heritage. Some of those feelings go back to when I was a young boy. Most of the feelings I have are of a personal nature, a sense of where I belong, who I am, why I do things the way I do. I know I am not unique in this interest, many people the world over search out their ancestors for many different reasons. Someone told me once that genealogy is the world’s second most popular hobby, next to stamp collecting and ahead of coin collecting. I personally like the Latter-Day Saints’ wording; they call it «Family History Research», for without the history, all we have are names, dates and places. There is  so so much more to the story.

One thing that was a direct influence was that I was from a French-Acadian family, but nobody could speak French. My family would visit my grandparents in Summerside where French was spoken; we would visit my mom’s Uncle Georges in Mont-Carmel, bringing my grandmother along. They all spoke French there. My father’s parents also spoke French. In fact, my paternal grandfather John B., as he was called, spoke and wrote both English and French fluently despite only finishing Grade 2 or 3. My maternal grandfather only learned English in the late 1930’s and early 1940’s. His young daughters would read to him from their schoolbooks. I did not find this lack of French language skills unique or strange. We were «French» but spoke English. We were like the relatives whom Georges Arsenault spoke about : «we were French but did not speak the language». Where we lived at the time of my youth, it would have been better to speak Ukrainian or Inuit. There was no French language training in the schools I went to. There was no opportunity to learn even the basics of grammar and pronunciation. There was no one with whom to practise conversational French.

Our family were Acadian Islanders, and my parents somehow sought out other misplaced Islanders and had them for friends, the Bernards, the Gaudets and Gradys. They sat around in living rooms in military married quarters in out of the way places such as Yorkton, Saskatchewan, and Moosenee, Ontario, and talked about the Island, who married whom, who had babies, who got divorced. When we came «home» the scene was the same; only the people were different. Mom and Dad sat around at night with Granny and Granddad and with the  other relatives who were there and talked again  about people, who married whom, who had children, etc. We ate unusual foods like lobster, râpure, chicken fricot, chowder, yellow-eyed beans, bannock and French biscuits. I swear that if there were a fire at our house, my parents would have saved the grinder and râpure pans before my brother and me. When I was dating my future wife, I invited her over for a râpure supper. She’s from Nova Scotia English and Upper Canada Loyalist heritage, so I explained to her that if we had any future, she would have to learn to like râpure. Turned out, she loved it! She has even mastered how to make it. In a catastrophe, I wonder if she would not save the pans before the children, or maybe before the husband.

Another influence was that because my father joined the Canadian Air Force shortly after my birth, we lived in several areas across Canada. Despite where we lived, Summerside was referred to as «home». Sometime in February or March, the topic of «Are we going home this summer?» would come up.  Now we lived in comfortable accommodations, we had furniture and clothes wherever we lived. We had a roof over our heads, heat and water and four walls. But it was just where we lived. Home was Summerside! We did not own a building here or even land, but it was home !

As a youth, I remember lingering on the deck of the «Abegweit», the original one, not the modern plastic and fiberglass copy, and also on the «SS Prince Edward Island», just savoring the view of the coast of the Island. It is har d to explain the thrill or the excitement it gave me as the shoreline came into focus. You could smell it, you could see it, and you could feel it. Very, very few of my classmates and friends in Yorkton or Moosonee were from here. They did not take a ferry to go home. The ground of their homeland was not red. They did not know the colour of the Island clay, how it tastes when the wind blows it off the newly ploughed fields, the feel of it being wet and mushed between your toes. I was from a very unique and special place. I knew it then and I still know it now.

We once came very close to living here on the Island. My father was transferred to a place where there were no married quarters available. My mother, brother and I came home to live with my grand-mother on East Street. My cousin Darrell gave me some schoolbooks I would need in the classroom here in Summerside. Among them was a history book entitled The Story of Prince Edward Island by P. Blakely and M. Vernon. It was in 1965 and I was almost eleven. I read the book during my summer vacation. When we very quickly left to join my father as he had found a house for us to live in, I kept that book. I still have it. It has been read several times.

Another book that made an impact on my life was one my grandmother had on her bookshelf, The title was Cent Cinquantième Anniversaire de la paroisse N. D. du Mont-Carmel, 1812 – 1962. She showed me her parents’ names in it, and how she was descended from Paul Arsenault, one of the pioneer settlers of Mont-Carmel. I was hooked. I had to know more.

After my graduating from College in 1975 and beginning my career, I seriously started to research my Acadian heritage. With my English Loyalist wife in tow, we visited the parishes of Baie-Egmont, Miscouche, Mont-Carmel, Wellington, Tignish, and Cascumpec. We visited «Le Village» and the Acadian Museum in Miscouche. I dragged her all over the Island, visiting graveyards and bookstores and historic sites. I started to acquire books, pamphlets, magazines and parish histories of the area. My family tree started to come together. I found out that my surname had not always been Perry, but Poirier. My grandfather changed it in the late 1920’s. I found out that all of my father’s brothers are named Joseph, every one of them used their second or even their third name, except the youngest; he got to use Joseph. My mother’s sisters are all christened Mary, be it Mary Bertha, Mary Edna, etc. They all use their second name as their common name. My mother, luckily the youngest of the girls, didn’t like her second name so she can use Mary, however she goes by Marie. The more I dug into this family history thing, the more passionate I became about it. The people in history became real and fascinating to me. Paul Arsenault, Germain Poirier, Xavier Gallant, and Jean Aucoin. The path led further back in time to Pierre Arsenault, Jehan Poirier and Jacob Bourgeois. And back to France, with side paths by way of the Melansons to England, the Caissies to Ireland, and Noiles to Holland. Who were all these people? Why did they come here? What were they like? How did they live?

At the time we were living in Truro, Nova Scotia, there was a lot to explore on that side of the Strait too : Beaubassin, Grand-Pré and Port-Royal. I remember my first visit to Grand-Pré. A feeling came over me that something terrible had happened there, despite its pastoral setting, I could feel the loneliness and the starkness of the place. I could see the expulsion, families torn apart, never to see each other again. On my office wall at home is a print of a famous painting depicting the scene of the expulsion. It serves as a reminder not to forget. A beautiful and scenic area forever marked by a tragic chain of events. The blood of innocent people, men, women, and children, speak from the grave «we should not be forgotten»,  and they are not forgotten.

Later in 1978, we moved to Mississauga, Ontario, and I took advantage of some of Canada’s largest libraries and bookstores to add to my information and collection. I was devouring reading material on the subject, both in a genealogical and a historical sense. Authors such as Bona Arsenault, Naomi Griffiths, Yvon Leger, Henri Blanchard, Michel Poirier and Ste-phen White. One day I found a copy of Georges Arsenault’s Complaintes acadiennes2. I signed it out from the library and kept renewing it for months. The librarian commented on my constant renewing and, because it was not really in great demand, she bent some of the library’s rules and allowed me to keep it longer. I read most of it with a French-English dictionary in one hand and the book in the other. It was my first attempt to read more than «born», «married», and «died» in French. The chapter in the Complaintes on Xavier Gallant enthralled me, as he was one of  my ancestors. I had to know more.  I had my parents, who live in Summerside, pick up locally published books that I couldn’t find in Ontario. Christmas, birthdays, and other holidays were exciting times, as I knew there were Acadian books coming.

The story of my people became alive, how a few families left France  for a new life in a faraway country.  How generation after generation moved from one place to another.  How the ravages of nature, weather and mice, only made them more intent to survive. How the tyranny of man only slowed them down, but they survived. How success came and went, and they survived. I remember researching one particular family, and within a few months, five of their children passed away, then the mother died. A little while later, the father remarried, and a whole new family started to arrive. How from tragedy he found some happiness in life.

I was reading recently about the journeyings of Father MacEachern. How he would travel from Malpèque  to St. Andrews, then back to Malpèque. Taking days and weeks, travelling by canoe, or snowshoe, horseback, and foot. Now we think nothing of jumping in the car and driving to Charlottetown for supper. One summer day we drove to Montague, then to Souris, up to East Point, over to Three Rivers, St. Peter’s, and Rustico, back to Charlottetown and then home to Summerside by way of Borden. The next day we drove up to Tignish and back through Baie-Egmont and Mont-Carmel. And finally to Miscouche before returning home. I thought how it took my ancestors several generations to go from Port-LaJoye to Summerside. I can do it now in a few hours.

Every day, I scan through The Journal-Pioneer for Acadian articles. I check out the obituaries and funerals. I compare any new information with the records in my database and add or correct them as required. I regularly check out the books available at the Centre J.-Henri-Blanchard, the Acadian Museum, the used-book stores in the area. In the past little while, we have been fortunate to see several excellent new books published. With great local historians and authors such as Georges Arsenault, Cecile Gallant, David Le Gallant, Jacinthe LaForest, and the late J. Henri Gaudet, we are regularly blessed with new and exciting publications. I thank them for their work and encourage them to continue to publish their research.

Sad to say, I have relatives and friends who mock the Acadian flag and shun their Acadian heritage as an embarrassment. I take pride in the fact that as a people we have a national flag, a national anthem, a national day. I take my young son with me to places such as the Acadian Museum, and the Centre J.-Henri-Blanchard. He looks up to me with his big brown eyes : «This is the Acadian place, dad?», he asks. He watches for flags and can identify our Canadian flag, the Summerside Flag, the Prince Edward Island flag, and our Acadian Flag. One day I bought one of those tricolor ties at the Acadian Museum. When I got it home, he claimed it as his own; it is his Acadian tie. I hope and pray he and our children throughout all the land will be proud of their Acadian heritage as I am.

As I continued my research, I was not and still am not satisfied with only knowing names and dates of my ancestors. I need to know more. I need to know how they lived, what they ate, what kind of clothes they wore, what they did for a living, etc. Were they farmers or fishermen? Did they have a trade? Were they merchants, or did they earn their wages working for someone else? Was their house a log home or a framed building? Did they have glass windows? Did they love lobster as a food or use it only as fertilizer? Did they eat biscuits or bannock? Did they love râpure as much as I do? Were they military men? Or were they opposed to war and fighting? Were they active in their religion? Or just going through the motions? Were their children their pride and joy? What was la Mi-Carême, or la Chandeleur? Did they have the same feelings I have, about the birth of a child, the death of a loved one? Do I have their nose shape, their eye or hair colour? How tall were they? Were they as passionate about where they lived as I am? I know some of these questions will never be answered, until I can ask them for myself in the next life. But I never tire of looking for the answers here and now.

There was a popular beer commercial a few months back, a young man extolling the virtues of being Canadian. I sometimes feel like that, but rather as an Acadian! We are not Québécois; our national day is August 15th, not June 24th. Our flag is the French Tricolor with the golden star in the blue representing our national patron saint, Our Lady of the Assumption. I personally do not speak French, but Acadians the world over speak many different languages, for we are a people without a homeland, banished in the 1750’s and dispersed all over the world.

We Island Acadians are the lucky ones, for we still occupy some of the lands where our ancestors first came. Many left for only a few years, some not at all, with proud names such as Arsenault, Poirier, Gallant, Gaudet, Bernard, Caissie, DesRoches and a couple of a dozen more. At one time I thought that Canadian history was boring, not at all like our neighbours to the south. But my studies of the pioneers of the Acadian parishes of Prince County have brought to life the exciting times they lived in. Hard times. happy times, sad times, good times. Many others and I are their legacy. The DNA in their bodies will match ours.

I remember reading somewhere about a young man who had a dream about going to heaven where he met his grandfather. They had so much to talk about, but all that the old man would ask was : «What have you done with my name?» Finally the young man answered, that he had done nothing that his grandfather would be ashamed of, that he was proud to bear the name of his grandfather and he would make him proud also. The grandfather thanked him and walked away. And the young man woke up, back in the world. We need to be proud of our ancestors. They lived and died in a harsh environment different from ours, so that we might have a better life, that we might enjoy freedom, in a great country. There are hundreds of thousands of Acadians throughout North America, from the Gulf of Mexico to Nunavut, from the Pacific Ocean to right here at home on the Atlantic coast. There are Acadians in France, and England, Spain and Italy, indeed all over the world. We are all cousins, related through the centuries.

With my interest came a desire to record on paper events from my grandparents’ lives. I rewrote a short biography an aunt had previously written on my paternal grandparents, had it printed and now make it available for aunts and uncles and cousins to have. It was so well received that I went back another generation, and then another. I have now started to do the same for my maternal grandparents. With the advent of computers I began entering my lineage into a database, in time it expanded to include brothers and sisters of my ancestors and their children. It now has almost 23,0003 names in it. Almost totally Acadian and mostly from the Prince County area of Prince Edward Island.

I really want to thank the people who are responsible for my being here in Miscouche today at this forum on «Acadian history and genealogy». First, an interesting lady from Maryland, Lucie Consentino, who has a very large and fantastic website on Acadia (www.acadian-home.org). She asked me via the Internet to write an article on Island Acadians for her Internet newsletter. Because of that article, Georges Arsenault contacted me and through emails, he asked me to participate here today. A couple of weeks ago, I met them both here at the museum. So I also wish to thank him for the opportunity to express my ideas in a public forum. Lastly, I would like to thank the members of the Sister Antoinette DesRoches Historical Committee. I think Sister Antoinette would have been very happy with what you are accomplishing here. I found the topics and articles regarding the forum last spring very interesting and informative, and this forum is the same. My paternal grandfather John B. Perry and Sister Antoinette were first cousins. Sister Antoinette told me many things about my grandfather and his family, which I had not known. She was a great woman and an Acadian patriot. I am not sure she would have approved of the name of the committee though, for she was a very humble servant of the Lord. But she is not here, physically, only in spirit, and I think it is very fitting that you would honor her memory by using her name in the committee’s designation.

I would like to close now with a quote that I find very suitable. It is from Antonine Maillet’s classic novel Pélagie-La-Charrette. The sea captain Beausoleil counsels Celina:

From here on it’s in the future one must look for roots.

And it’s my thinking that to count them all will need

lengthy journeyings far north and far south.

 

1        Talk delivered at the second «Forum on Acadian History and Heritage»
held at the Acadian Museum in Miscouche on November 4th, 2000 and
sponsored by the Comité historique Soeur-Antoinette-DesRoches.

La rédaction : cet article est le 2e sous la rubrique touchant à l’identité et
à la nationalité acadiennes :  voir Gordon Lavoie, Réflexion sur notre identité
acadienne, La Petite Souvenance, no 17,  p. 37.)

2          Georges Arsenault, Complaintes acadiennes de l’Île-du-Prince-Édouard, Les
Éditions Leméac, Ottawa, 1980.

3          Now in 2004, there are over 30,000 names in the database.

 

The Saint-Philippe-et-Saint-Jacques Cemetery (Baie-Egmont), an example of a parish cemetery where one finds much precious information for genealogical research. (Photos : archives James Perry)

Flying the Flag at Port-la-Joye

2002 par John Eldon Green

John Eldon Green

 

Canadians observe the constant migration of refugees around the world with a certain measure of detachment.  It is something that happens elsewhere, to other people, from which we have been mercifully spared.  We live here in peace, free from terrorism, unaware of its real and lasting effects.  We are comfortable, our families safe, and our only threat is sickness.

Imagine our reaction then if an army suddenly invaded us this month, because of a war in a faraway continent among people of whom we know little, speaking a language not our own.  The strange soldiers order us from our homes at gunpoint, permitting us nothing of our possessions but what we can carry, and after a forced march of many miles gather us in fields near the administrative centre of the Island.  All the while we protest that we have done them no harm, and indeed do not have the means to harm them.  We have no army, have never been warlike, and have caused trouble to no one.

Finally assembled in a field without the least shelter from the elements, we are told that we will be transported from the Island into exile – mothers and children in one boat, fathers and single men in another.  Our destination is a matter of indifference to those in charge of our expulsion, and so is our fate.  As the days pass we live in terror, hoping for a change of heart, even without knowing how we would survive the coming winter if the invaders did relent.  Some of us may escape and perhaps join up with the invisible Mi’kmaq people who will accommodate us, but most of us will be shipped out, many to our deaths.  Some of our families will never be reunited.

This scenario is so far-fetched it is embarrassing even to write it, yet it describes what happened to the first French settlers on PEI, 40 long years after they became established here.  Upwards of 4,000 people – some say maybe 6,000 – were gathered in the fields next to the French administrative quarters at Port-la-Joye in late October, 1758 and deported from the colony they had carefully and patiently built from scratch.  In due course the British who replaced them would establish a fort on the site, named after the British General responsible for the expulsion.

The site of Port-la-Joye and Fort Amherst, on a picturesque point of land across the harbour from Charlottetown, is now recognized as a National Historic Site.  The breastworks for the Fort are clearly visible, but it requires imagination to recognize anything of Port-la-Joye.  A nearby Interpretation Centre provides a summary of the history of the times and an account of the expulsion, but it is a lame account, without a sense of the suffering of the people, nor a tribute to those who survived to rebuild the present day Acadian community – their language, culture and religion still intact, as promised them in 1763 by the Treaty of Paris.

People speak of lands made holy by the blood of martyrs, but I believe that lands can also be made sacred by the suffering of innocent people, such as we have done in dedicating monuments in France to Canadian soldiers who served there, among those who died.  When I visit Port-la-Joye/Fort Amherst I feel a sense of reverence in the silence of the place, made all the more

profound by the lack of visitors.  It is the most important historical site in Atlantic Canada, being the seat of two earliest governments as well as the site of an expulsion of thousands of innocents, and yet it is largely ignored.  It is ignored because we have not known what to make of it.  The Acadian people have now lived for two hundred and forty-three years with the memory of the expulsion, much of that time spent in cautious dread of the English majority, asking mostly to be left alone.  For our part, our governments undertook to make them English.  Until only recently, in terms of Island history, their school books were in English, their curriculum was an English curriculum, and classes were to be conducted in English.  The services of their government were conducted entirely in English and little accommodation was made for those who could not understand the language.  We have not understood their persistence in remaining French.

For many reasons, I have long thought that the National Historic Site should be turned over to an Acadian organization for management, under contract with Parks Canada.  The Acadian people should be welcomed back to Port-la-Joye in time for their major celebration in 2004, not to commemorate the expulsion but rather to celebrate their return and prideful survival among us.

Port-la-Joye/Fort Amherst should be a major attraction for visitors, not only for its surpassing beauty but also because there is no better setting for telling people the history of our province, and why it is a province.  Some years ago we were invited to prepare a management plan for the site, which was set aside at the time because of the federal government’s total and over-riding commitment to accountancy rather than program development.  I believe it is now time for the plan to be dusted off, and who would have a better cause to do it than an Acadian organization through a management contract with the Government of Canada.

 John Eldon Green is a descendant of refugees from the American Revolution who settled on PEI, on lands cleared by French pioneers.

Tableau des Conventions

1984 par Contribution anonyme

 

I – 1881 – Memramcook

Le choix d’une fête nationale domine les débats; la fête Notre-Dame-de-l’Assomption est choisie.  Les grandes questions suivantes sont débattues:  l’éducation, le problème de l’émigration, la colonisation et la presse.  Ces mêmes questions sont reprises aux Conventions ultérieures.

 

II – 1884 – Miscouche

Les délégués complètent le choix des symboles nationaux, soit un drapeau, un air national, un insigne et une devise.  Les principales résolutions visent à enrayer l’émigration vers les États-Unis, à encourager la colonisation, à freiner l’anglicisation et à donner aux Acadiens de l’Île un meilleur système d’éducation en français.

 

III – 1890 – Pointe-de-l’Église

La question prédominante a trait à la langue d’enseignement dans le nouveau collège Sainte-Anne et dans les écoles et les couvents acadiens de la Nouvelle-Écosse.  On demande que le français soit la langue d’enseignement mais que l’anglais soit enseigné concurremment.

 

IV – 1900 – Arichat

L’acadianisation de l’Église, en particulier la nomination d’un évêque acadien, retient grandement l’attention des délégués de la quatrième Convention nationale.  On s’entend aussi pour que tous les journaux acadiens se donnent la main afin de défendre et réclamer justice lorsqu’il s’agira de protéger les intérêts du peuple acadien.  Le premier ministre canadien, Wilfred Laurier, est présent.

 

V – 1905 – Caraquet

“L’Union fait la force”

La nomination d’un évêque acadien est encore chaudement délibérée.  On demande que le gouvernement vienne à l’aide des cultivateurs acadiens.  On encourage aussi les Acadiens à s’intéresser davantage au commerce et à l’industrie.  L’adoption de manuels français pour les écoles acadiennes est une autre importante recommandation du Congrès.  On demande aussi que le français soit enseigné dans les écoles normales des Provinces Maritimes.

 

VI – 1908 – Saint-Basile

“L’Union fait la force”

Les congressistes décident de faire parvenir une supplique à Rome priant le Pape d’accorder aux Acadiens un évêque de leur nationalité.  On recommande que les journaux acadiens publient chaque semaine un article de fond et qu’ils reproduisent moins d’articles de journaux étrangers.  On demande que les écrivains de l’Acadie collaborent aux journaux.

 

VII – 1913 – Tignish

“Congrès d’action de grâces”

Le Congrès de Tignish prend l’allure d’une fête d’action de grâces suite à la nomination, l’année précédente, d’un évêque acadien.  On met sur pied le Comité de rapatriement, de colonisation et d’agriculture dont le but est de tenter de ramener des États-Unis les Acadiens exilés et de les aider à se rétablir en terre acadienne.

 

VIII – 1921 – Pointe-de-l’Église et Grand-Pré

“Le Congrès du Souvenir”

Les assises à Pointe-de-l’Église sont suivies d’un pèlerinage à Grand-Pré où la Société Nationale l’Assomption avait récemment fait l’acquisition d’un terrain.  Une campagne de souscriptions est lancée pour la construction d’une chapelle commémorative à cet endroit.  On demande que les erreurs contenues dans les textes d’histoire du Canada, relativement à l’histoire acadienne, soient corrigées.  On recommande avec instance aux Acadiens de s’abonner à leurs journaux.

 

IX – 1927 – Moncton

La Convention trace un grand programme d’action pour le peuple acadien.  Elle propose que les Commissions d’étude se réunissent dorénavant une fois par année.  Des recommandations sont faites afin d’augmenter la représentativité des Acadiens au gouvernement provincial du Nouveau-Brunswick.  On encourage les Acadiens à s’organiser coopérativement pour l’achat et la vente des produits de la ferme, de la forêt, de la pêche et de l’industrie.  On exprime le voeu que les Acadiens ne manque jamais de se servir de la langue française dans leurs correspondances avec les divers ministères fédéraux et provinciaux et qu’ils s’adressent en français dans les magasins et chez toute compagnie d’utilité publique.

 

X – 1937 – Memramcook

“Le Congrès de la Reconnaissance”

Les deux principales questions discutées traitent des droits scolaires et de la colonisation.  On cherche aussi à encourager l’agriculture, l’enseignement des arts ménagers, l’établissement d’écoles d’agriculture, la célébration de la fête nationale et la publication et la diffusion de l’histoire acadienne.  On adopte diverses recommandations en ce qui a trait à l’amélioration de l’industrie de la pêche et aux problèmes que rencontre la presse acadienne.

 

XI – 1955 – Les Fêtes de 1955

En 1955, après une vingtaine d’années d’inactivité, la Société Nationale l’Assomption confie à un comité spécial l’organisation de grandes manifestations pour souligner le bicentenaire de la Dispersion.  Les Fêtes de 1955 prennent une envergure considérable; elles se déroulent dans de nombreux centres acadiens.  Tout en n’ayant pas précisément le caractère d’un congrès, elles sont cependant considérées comme le onzième grand ralliement des Acadiens.

 

XII – 1957 – Memramcook

Le but principal du Congrès est de déterminer l’avenir de la Société Nationale l’Assomption.  On lui donne alors une nouvelle constitution.  Parmi les nombreuses modifications, les trois plus importantes sont les suivantes:  l’établissement d’un secrétariat permanent, la création d’un Conseil d’administration et le changement du nom de l’organisme à “La Société Nationale des Acadiens”.

 

XIII – 1960 – Pointe-de-l’Église

“Les Acadiens en 1960″

On précise les besoins des Acadiens et on examine les perspectives d’avenir.  Les séances d’études se font au sein de quatre commissions:  dans une première, on soumet la Société Nationale à un examen critique afin d’évaluer son efficacité depuis la réorganisation; la seconde s’applique à définir ce que devrait être le patriotisme des Acadiens; la troisième s’applique à définir les conditions d’avancement économique; et la dernière, les conditions d’avancement culturel.

 

XIV – 1965 – Caraquet

“Nos forces vives face à l’avenir”

L’accent est mis sur le développement des forces vives des Acadiens, en particulier le dynamisme de la jeunesse.  On s’attarde moins sur l’analyse des lacunes ou des points faibles.  La préoccupation dominante du congrès est de faire un effort de projection vers l’avenir.  On tente de faire une étude positive des problèmes d’actualité et des besoins de la population.

 

XV – 1972 – Fredericton

“Congrès des francophones du Nouveau-Brunswick”

Plus de mille Acadiens du Nouveau-Brunswick assistent au Congrès.  On vote au total 264 résolutions en ce qui a trait aux thèmes suivants:  la politique, le bilinguisme, les médias d’information, l’Union des Provinces Maritimes, la fonction publique, l’éducation, l’économie et la culture.  La Société des Acadiens du Nouveau-Brunswick est fondée.  La Société Nationale des Acadiens, qui depuis un certain temps agissait avant tout comme l’organisme des Acadiens du Nouveau-Brunswick, redevint le porte-parole des intérêts généraux des Acadiens des Maritimes.

Faits intéressants

1979 par Contribution anonyme

 

“La Société Acadienne et Mutuelle de Bénéfice en Maladie” fut fondée en 1905 à Tignish.  Son but était d’unir tous ses membres par des liens de confraternité et de protection mutuelle.

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Joseph Blanchard, né à Rustico le 26 décembre 1872, fut le premier secrétaire de l’Association des Instituteurs et Institutrices Acadiens de l’Île-du-Prince-Édouard fondée en 1893.

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Le drapeau acadien fut adopté à Miscouche le 15 août 1884 lors de la deuxième Convention Nationale des Acadiens.