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Comment des pauvres gens peuvent devenir banquiers?

2004 par Georges Arsenault

Georges Arsenault

 

Extrait d’une lettre du père Georges-Antoine Belcourt, curé de Rustico

L’histoire de la Banque des fermiers de Rustico, fondée par le père Georges-Antoine Belcourt, est  bien connue. Cette institution aurait été la première expérience coopérative dans le secteur du crédit au Canada et peut-être en Amérique du Nord.  L’on sait que cette banque du peuple a fonctionné avec charte de 1864 jusqu’à 1894. Ce qui est moins connu, c’est que la Banque des fermiers de Rustico a fonctionné pendant quelques années sans être incorporée. Elle a effectivement été fondée vers le mois de septembre 1861.

Le père Belcourt a beaucoup écrit au sujet de sa banque dans son abondante correspondance avec Edme Rameau de Saint-Père, journaliste, sociologue et historien français. Ce dernier s’intéressait énormément aux Acadiens et c’est grâce à ses interventions que le père Belcourt a pu obtenir de Napoléon III, empereur des Français (1852-1870), des dons monétaires importants pour aider à défrayer les coûts de plusieurs projets à Rustico, notamment l’embauche d’un instituteur pour une «école modèle». Cet argent a aussi servi à l’achat de livres pour une bibliothèque, d’instruments de musique pour une fanfare, d’un orgue pour l’église, etc.

Dans une lettre en date du 1er juillet 1862, le père Belcourt explique en assez de détails à Edme Rameau comment fonctionne la banque qu’il a mise sur pied avec ses paroissiens depuis presque un an. Il lui dit aussi que le but principal de la banque est de permettre aux Acadiens d’acheter des terres et de se libérer de l’emprise des grands propriétaires terriens, les «seigneurs» comme il les nomme. Belcourt explique aussi pourquoi il n’a pas encore fait incorporer son institution. Enfin, il fait référence à l’émigration d’un certain nombre de ses paroissiens à Saint-Alexis-de-Matapédia, un projet de colonisation au Bas-Canada (aujourd’hui le Québec) qu’il avait lancé en 1860, peu de temps après son arrivée à Rustico.

Nous reproduisons intégralement l’extrait de la lettre du père Belcourt. Cependant, afin de faciliter la lecture, nous avons créé des paragraphes.

«Vous désirez beaucoup connaître comment des pauvres gens peuvent devenir Banquiers? C’est un secret qui contient en effet assez d’intérêt pour piquer la curiosité; eh bien! voici comme nous faisons sans demander comment font les monsieurs, (les capitalistes.) Les officiers sont au nombre de 12, dont un Président, Trésorier et secrétaire, et les autres conseillers, éligibles tous les ans par les actionnaires. Les 3 premiers officiers, ceux en fonction, sont élus des douzes, par ce conseil. Leur office est honoraire, et d’ici à ce que leur charge leur donne trop de besogne, ils agissent pour l’honneur et non pour l’argent, (ce ne ferait pas l’affaire de ceux qui aiment plus l’argent que l’honneur).

Les actions sont d’une livre du cours de l’Isle a peu près 20 francs de votre monnaie et chacun prend le nombre d’actions qu’il veut prendre. Le but principal est de donner une aide à celui qui veut acheter une terre, en lui aidant à faire le premier payement, celui demandé au moment du marché. Celui qui emprunte doit donner une caution solvable et de plus la terre achetée est hypothéquée pour double valeur de la somme prêtée. Ce pret se fait à 7 1/2 par cent. Les actionnaires reçoivent de 6 1/2
à 7 par cent; c.-à-d., au bout de l’an les intérêts reçus sont divisés, et comme il y a toujours quelques petites sommes qui demeurent quelques semaines ou quelques mois au coffre, il en résulte une baisse sur l’intérêt à percevoir par chaque actionnaire, mais cette diminution est peu de chose, car il ne manque pas d’emprunteur, surtout pour de petites sommes et c’est ce besoin qui rend cette association si utile.

Voici un cas qui arrive souvent; un Seigneur envoye un ordre par officier de justice, à un tenancier; il faut que ce tenancier livre L 5..0 dans deux jours; il a deux pourceaux qu’il engraisse, mais
il s’en faut qu’ils soyent assez avancés pour faire la somme voulue; il emprunte L
5 de la banque et quand ses pourceaux sont très gras, il paye la somme et l’intérêt avec de grands remerciements, &. Pour le présent, nous ne prêtons pas de sommes plus fortes que L 50..0..0. Si quelqu’un veut retirer son Capital ou sa mise ou son action, il convient des l’entrée, qu’il se soumet à attendre les premiers argents rentrés après le jour qu’il aura donné notice au trésorier.
Les intérêts des actionnaires ne se donnent qu’au bout de l’année, au règlement des comptes. Ceci pour bien par la suite se règler par quartier, mais comme parmi les fermiers, les gros payements ne peuvent se faire qu’après les récoltes, tous en sont convenus unanimement.

Vous vous doutez bien que nous n’agissons pas encore sur une grande échelle. Nous sommes comme ces enfants qui ne pèsent qu’une livre à la naissance. Nous n’avons pas encore émis de billets; donc nous n’avons pas encore fait incorporer notre association. Nous attendons que notre capital se montre avec plus de suffisance. Pour nous qui sommes unis comme un seul homme, nous pouvons agir un an ou deux sous cette forme. Toute personne qui dépose de l’argent à la banque sans être actionnaire, reçoit 5 1/2 par cent, qu’il peut toucher par trois mois. Si la fin répond aux apparences, les fermiers seront riches cet automne, et nous espérons obtenir l’incorporation de notre Banque à la prochaine cession.

Nous espérons un autre ministère; celui qu’on enterre cette année était composé d’une clique de wigs, seigneurs, et orangemen, dont un catholique ne pouvait rien espérer. Nous avons acheté trois terres dont deux de protestans, et une qui serait passée, sans nous, aux protestans, et dont une des plus belles terres près de l’Eglise. J’ai de plus en main le contrat d’une terre d’un protestant voisin de leur église et où se retire le ministre quand il vient officier. Nous ferons le dernier payement cet automne où nous en prendrons possession; ceci se fait en secret, car les autres protestans n’aiment pas ces tours là. Ils l’ont fait assez aux acadiens, il est tems de tourner la carte; comme on dit, il faut partager les plaisirs. Tout cela n’empêchera pas l’Emigration. La dernière 1ère Communion que j’ai fait faire nombrait 102 enfants, et celle de cette année en contiendra presqu’autant; à ce compte, la moitié peut émigrer tous les ans et il en reste assez pour agrandir Rustico.

Vous avez pu voir sur les journaux du Canada qu’on songe à établir un Crédit foncier, c’est en grand ce que faisons en petit; car vous savez qu’en Canada on fait les choses noblement. Les fermiers sont là ce que les nôtres sont ici; il ne font leurs argents qu’une fois l’an; il faut pouvoir emprunter pour rendre au bout d’un an; si non le fermier ne peut emprunter des banques

 

Source : Lettre de Georges-Antoine Belcourt à Edme Rameau de Saint-Père, Fondation Lionel Groulx, Fonds Alphonse Desjardins, P19/A,44. Le Centre d’études acadiennes de l’Université de Moncton possède une photocopie de cette lettre, 836-2.

Pour en connaître davantage sur la Banque des fermiers de Rustico dans la correspondance du père Belcourt, voir Gabriel Bertrand, Paroisse acadienne de Rustico (Î.-P.-É.) et la Banque des fermiers, recueil de citations épistolaires du père Georges-Antoine Belcourt, Moncton, Chaire d’études coopératives, Université de Moncton, 1995, 101 p.


Chaises acadiennes de l’empremier

2003 par Maurice Roy

Maurice Roy

 

Il n’y a pas très longtemps, pendant l’été de 2001, j’ai eu la chance d’acquérir une série de six chaises acadiennes, chaises qui nous racontent une histoire d’un lieu et d’une époque plus simples que les nôtres.

En rentrant de la plage de Cavendish un bel après-midi chaud et ensoleillé, une amie et moi avions décidé de faire une halte à une vente aux enchères à New Glasgow.  La vente aux enchères comprenait les biens de deux ménages, un de New Glasgow où s’est tenue la vente et l’autre de St-Charles, une communauté acadienne à l’est de l’Île dans le lot 43 qui s’appelait autrefois Nouvelle-Acadie.  Étant arrivé à la vente un peu tard, j’ai appris que mon ami et collectionneur d’antiquités, Bernie, étant déjà parti, avait acheté quelques objets.  On m’imforma qu’il avait trop payé pour de vieilles chaises sales avec un étrange siège tissé.  Pour comble de malheur, les pieds de ces chaises avaient été coupés, me dit-on, donc elles étaient moins hautes qu’elles auraient dû être.  Je me suis alors demandé : serait-ce possible qu’elles furent des chaises acadiennes de l’empremier?  Je n’ai point perdu de temps à me rendre chez Bernie à Charlottetown pour en savoir davantage.

Une fois arrivé chez lui, quelle fut ma joie de découvrir que ces chaises étaient exactement telles qu’elles avaient été décrites.  Il y a avait bel et bien six petites chaises, de couleur beige, très sales et portant les marques révélatrices de fabrication acadienne ou canadienne-française.  Les pieds étaient droits et simples, et fuselés à l’arrière.  Le dossier était tenu ensemble par deux lattes très simples qui étaient, à leur tour, tenues en place par de petites chevilles (en bois).  Les pieds étaient tenus ensemble par des barreaux, lesquels étaient rabotés ou planés en vastringue (“spokeshaven”) leur donnant un aspect arrondi en plus d’être mortaisés à même les pieds.  Les barreaux supérieurs formaient la base du siège qui était très bas vers le sol et consistaient de bandes en cuir brut finement tissées comme dans une raquette en bois.  La couche supérieure de peinture beige cachait bien en-dessous une couleur rouge foncé.  J’ai rapidement échangé quelques autres articles avec Bernie et suis devenu le fier propriétaire de ces six chaises.

Ces chaises ont été fort probablement fabriquées aux environs de 1850, peut-être même plus tôt.  En tout cas, elles semblent avoir été faites par un fermier habile en menuiserie comme beaucoup de ses compatriotes à cette époque.  Manquant les outils spécialisés à tourner le bois, les Acadiens ont souvent fabriqué des meubles en lignes droites tandis que la technique en vastringue (“spokeshaven”) était réservée pour d’autres choses telles que pour des barreaux de chaises.  D’autres caractéristiques typiques des chaises acadiennes et canadiennes-françaises de l’empremier incluent des lattes et des barreaux lesquels étaient mortaisés aux pieds et au dossier.  Il faut ajouter que le siège tissé en cuir brut était une autre caractéristique de la technique des chaises à dossier apprise par les Acadiens et les Canadiens français que l’on trouve encore au Québec et ailleurs chez d’autres Acadiens et francophones au pays.  Serait-ce le peuple mi’kmaq qui aurait inculqué cela aux Acadiens?  La couleur rouge pour le bois de la chaise est peut-être venue d’une peinture à base de sang de boeuf ce qui était très commun avant les années 1850.

On pense que cela a été utilisé considérablement par les Acadiens.  Cela voudrait bien la peine d’être vu!  Une famille nombreuse dont les membres sont attablés pendant le temps des moissons en échangeant les nouvelles du jour et étant assis sur des chaises à dossier de couleur rouge.

Solides de fabrication, ces chaises témoignaient de l’ingéniosité du peuple acadien.  Quant à l’origine des chaises, elles sont fort probablement trop vieilles pour avoir été faites à St-Charles car cette communauté a été peuplée par des Acadiens de la région de Rustico seulement vers les années 1880.  On peut spéculer que les chaises ont été faites à Rustico ou dans ses alentours.  Quant à l’avenir de ces chaises?  J’ai l’honneur de vous faire savoir qu’elles seront mises à la disposition de l’historique Maison Doucet qui est présentement en restauration à côté de la Banque des Fermiers de Rustico.

 

 

La Banque des fermiers de Rustico : 1864-1894

2002 par Pie Edouard Blanchard

Pie Édouard Blanchard

 

L’édifice de la Banque des fermiers de Rustico, désigné site national historique depuis 1971, est un monument d’importance architecturale pour l’Île-du-Prince-Édouard et un symbole de la survivance acadienne.  En opération de 1864 à 1894, la Banque était une banque dite du peuple et a été un lien important à l’établissement des caisses populaires et des Credit Unions en Amérique du Nord.

L’immeuble de grès rouge, dans lequel se trouvait la Banque des fermiers, était l’oeuvre de l’intrépide curé de la paroisse Saint-Augustin de Rustico, monsieur l’abbé Georges-Antoine Belcourt, de 1859 à 1869.  L’abbé Belcourt est né à la Baie-du-Fleuve, comté Yamaska, Québec, le 22 avril 1803.  Comme missionnaire, il passa 28 années chez les autochtones et les Métis du Manitoba et de l’État du Dakota du Nord.  Il rentra au Québec en 1859.

À son arrivée à Rustico en 1859, l’abbé Belcourt s’est vite rendu compte du manque d’instruction et de l’état économique lamentable chez ses ouailles.  Donc, il établit l’Institut catholique de Rustico, groupant au-delà de 250 membres.  À chaque quinzaine, il organisait des rencontres, pendant lesquelles on assistait à des sessions d’étude et, c’est à l’intérieur de l’Institut qu’il fonda la Banque du peuple.  C’est alors la proclamation de l’Acte des banques fédérales de 1871, qui, en 1894, força définitivement la fermeture de cette institution financière.

L’abbé Georges-Antoine fit construire une bâtisse en pierre locale mesurant 60 pieds par 40 pieds pour loger sa banque.  Solidement construit, l’édifice donna des apparences de banque par ses imposantes dimensions.  Pendant de nombreuses années, on s’en est servi comme salle paroissiale et actuellement, on l’utilise comme musée où est commémorée l’oeuvre remarquable de son auteur.

 

Au fil des 137 années d’existence, les intempéries ont fait subir une détérioration considérable de l’immeuble.  C’est en 1991, que quelques personnes de la communauté, intéressées à conserver ce monument historique, se sont organisées d’abord en comité, pour plus tard s’incorporer en compagnie sans but lucratif, sous la rubrique Les Amis de la Banque des fermiers de Rustico inc.  Ce projet comprenait une rénovation structurale complète de l’édifice, réalisée par des nombreuses heures de volontariat consacrées à la planification en plus de la recherche d’un financement de plusieurs milliers de dollars.  Une campagne de collectes de fonds en sus des subventions gouvernementales, fédérales et provinciales, contributions des Caisses populaires, compagnies, individus et ami.e.s de la Banque, nous a permis de réaliser la restauration de cet édifice, qui aujourd’hui fait la joie et l’orgueil de la communauté de Rustico et des environs.

 

 

La Société historique acadienne de l’Î.-P.-É. : rapport annuel

1982 par J.-Edmond Arsenault

 

Rapport annuel du président

Une nouvelle fois, nous nous rencontrons en assises annuelles.  En cette occasion, nous vous présentons un bref aperçu du travail, des actions et des projets exécutés au cours de l’année.

L’exécutif de la S.H.A. de l’Î.-P.-É. a tenu trois réunions au cours de l’année.

Cette année, la campagne de recrutement nous a valu l’inscription de 125 membres, dix en moins que l’année précédente.  L’appel aux cotisations 1982-1983 devrait être lancée le plus tôt possible, au cours du mois de novembre.

La Société Historique Acadienne a tenu, au cours de l’année, trois rencontres régionales, dans l’ensemble, assez bien réussies.  Ces réunions avaient lieu à Tignish, à Abram-Village et à  Rustico.  Ces assises étaient fort intéressantes et informatives.  Celle de Rustico, au musée, a permis à l’auditoire de faire une randonnée dans l’histoire de la paroisse de Rustico, du Père Belcourt, et de la Banque de Fermiers.  M. Jean Doiron a certes relaté une foule de faits historiques très intéressants.  Il est évident que ces réunions régionales sont très utiles et qu’il est fortement recommandé de les continuer et de les rendre plus nombreuses, si possible.  Il y aurait peut-être lieu d’en faire un projet de plus grande envergure et faire une demande d’aide-financière dans le but de défrayer les frais d’animation et de tenue de ces rencontres.  Ceci s’applique aussi à l’organisation de journées d’études en généalogie, en conservation de documents et d’objets historiques.

Le projet “cueillette de renseignements et d’information sur la vie et les oeuvres de feu J.-Henri Blanchard” est terminé.  La Société possède plus d’une quarantaine d’entrevues enregistrées sur rubans sonores.  Nous avons obtenu le financement d’un projet pour en faire la transcription.  Nous sommes à la recherche d’une personne que nous désirons embaucher pour faire ce travail.

La Petite Souvenance est publiée deux fois par année.  Cette revue fournit des faits et des renseignements historiques fort intéressants qui la font apprécier du lecteur.  Je félicite le rédacteur et le comité de rédaction ainsi les auteurs des articles qui donnent à notre revue un caractère particulier.

Au cours de l’année, un comité a préparé un document explicitant les critères à utiliser dans l’attribution d’une distinction honorifique à une personne méritante pour sa contribution dans les domaines de l’histoire ou du patrimoine acadiens.  Le rapport de ce comité vous sera présenté au numéro six de l’ordre du jour.

Cloche de Malpèque -

Nous avons continué les recherches dans le but d’établir l’authenticité de la cloche.  Nous avons adressé des lettres à quelques individus ou organismes aptes à être en mesure de nous fournir des renseignements ou à nous indiquer des sources où nous pourrions aller les puiser.  Ces lettres nous ont valu des réponses plus ou moins encourageantes.  Toutefois quelques-unes nous indiquent des pistes à suivre.  Les archives nationales du Canada possèdent des microfilms de certains documents de l’époque 1750-1758, y compris des lettres de Prévost aux instances gouvernementales françaises, à Paris.  Ces microfilms sont à la disposition de la bibliothèque de l’Université de l’Île-du-Prince-Édouard qui possède les équipements utiles à en faire la lecture mais il faut obtenir de l’aide financière pour payer le salaire de la personne qui entreprendra ce travail.

Une demande en ce sens au Secrétariat d’État n’a pu être acceptée faute d’argent disponible.  Nous pourrons, peut-être, obtenir le financement de ce projet l’an prochain.  Il semble qu’il ne faudrait pas trop tôt abandonner la partie; il faudrait, coûte que coûte, recouvrir la cloche qui, avant la déportation, invitait nos aïeux à réciter l’Angelus, à prier pour les défunts et à participer aux offices religieux.  Cette cloche, les Acadiens de l’ancienne Île-St-Jean la posséderont peut-être un jour!

En terminant, nous remercions les membres de l’exécutif, la Société Saint-Thomas d’Aquin et tous ceux et celles qui ont, au cours de l’année, collaboré aux oeuvres de la Société Historique Acadienne de l’Î.-P.-É.

J.-Edmond Arsenault
le 24 octobre 1982

Des nouvelles de partout

1982 par Contribution anonyme

 

Tignish – Au courant de l’hiver, le Club Ti-Pa a parrainé un projet de généalogie.  Il s’agissait de tracer les descendants des principales familles fondatrices de la paroisse de Tignish.  On veut dresser un tableau généalogique qui fera partie du décor du centre du Club.

Le même organisme organise pour l’été des activités qui souligneront le centenaire de la naissance de l’organiste Benoit Poirier et le centenaire de l’installation des grandes orgues dans l’Église St-Simon et St-Jude.

L’Association historique de Tignish s’est procurée l’ancienne école Dalton dans laquelle on veut y aménager, entre autres, un musée et une salle d’exposition.  On se propose d’y tenir une exposition de photos historiques au cours de l’été.

 

Wellington – Le Club d’Âge d’Or de Wellington s’affaire depuis quelques années à rechercher l’histoire de la région de Wellington.  Le projet avance bien et on espère pouvoir publier le fruit des recherches dans un avenir pas trop éloigné.

 

Mont-Carmel – La Coopérative du Village Pionnier Acadien a embauché cet hiver les services d’un historien, en la personne de Kenneth Breau, pour faire une recherche sérieuse sur l’histoire de Mont-Carmel, de sa fondation (1812) à 1860.  La Coopérative vise à améliorer l’interprétation de l’histoire locale dans son village historique.

 

Région Évangéline – Une publication d’une grande importance sur l’histoire du mouvement coopératif dans la région Évangéline (1862-1982) est à la veille de paraître.  C’est le résultat d’un projet mis sur pied par le Conseil coopératif de l’Î.-P.-É., en 1980.  Cécile Gallant était la responsable du projet et c’est elle qui a écrit le livre, une brique d’environ 300 pages!  C’est à lire.

 

Miscouche – Le Musée Acadien de l’Île, situé à Miscouche, est bien actif.  L’automne dernier il a mené une campagne de financement et de recrutement de membres, laquelle a bien réussi.  Le Musée a aussi profité d’un octroi du Secrétariat d’État, ce qui lui a permis de mettre de l’ordre dans sa collection de photos et de documents.  Le 12 mai, Mad. Deborah Robichaud, directrice du Musée Acadien de l’Université de Moncton, donnait une intéressante conférence aux amis du Musée Acadien de l’Île.  Elle traita, grosso modo, du rôle d’un musée et de sa place dans une communauté.

 

Rustico – Le Musée de la Banque de Rustico a obtenu lui aussi, printemps dernier, un octroi du Secrétariat d’État.  Cette subvention a permis l’embauche de deux personnes qui travaillent à améliorer l’interprétation de l’histoire de la Banque et de l’époque du Père Belcourt à Rustico.

 

Rollo Bay – La succursale de Souris – Rollo Bay de la S.S.T.A. a obtenu un projet d’emploi d’été pour étudiants par lequel on tentera de mettre plus en évidence la cloche historique de l’Église de Rollo Bay (laquelle date du Régime français) et le monument, érigé en 1929, qui marque l’emplacement du cimetière des pionniers acadiens de l’endroit.

 

La Société Saint-Thomas d’Aquin – Le Projet d’histoire et de culture acadiennes de la S.S.T.A. est très productif.  L’été dernier on lançait le livre L’Agriculture chez les Acadiens de l’Î.-P.-É. 1720-1980 (69 pages) et tout récemment on a fait paraître L’Éducation chez les Acadiens de l’Î.-P.-É. 1720-1980, ou La survivance acadienne à l’Î.-P.-É. (85 pages).  Ces deux livres de Georges Arsenault sont abondamment illustrés de cartes, de dessins et de photos.

On a aussi produit, dans le cadre du Projet, deux montages audio-visuels intitulés Les Acadiens de l’Île-du-Prince-Édouard et La pêche et les Acadiens.  Ces montages sont disponibles en français et en anglais.  On peut les emprunter en s’adressant au bureau-chef de la Société.

La S.S.T.A. mène présentement une étude afin de déterminer si les ressources financières et physiques sont disponibles pour l’établissement d’un centre d’études acadiennes.  Le Père Pierre Arsenault a été chargé de faire cette étude qui sera complétée vers la fin de l’été.  On attend impatiemment les résultats.

 

P.E.I. Heritage Foundation – Au mois de janvier, le Heritage Foundation se procurait les services de Reggie Porter à titre de directeur de la programmation.  Monsieur Porter est un Acadien originaire de Tignish.  Enfin, on peut avoir du service en français de notre organisme provincial chargé de la protection du patrimoine.  Profitons-en!

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Membres du Conseil d’administration de la Société Historique Acadienne de l’Î.-P.-É. 1981-1982

Président -        M. J.-Edmond Arsenault
Vice-président -    M. Jean-Paul Arsenault
Secrétaire -        M. Georges Arsenault
Trésorière -        Mme Hélène Cheverie
Conseillers -        Soeur Marguerite Richard
                                 Père Albin Arsenault
                                M. Jean-Louis Beauregard
                                M. Michel Belliveau