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La maison Doucet… une « relique » du passé

2002 par Francis C. Blanchard

Francis C. Blanchard

 

La maison Doucet est parmi les plus historiques de l’Île-du-Prince-Édouard.  Elle est certainement la plus ancienne de Rustico et de ses environs et, fort probablement de toute la province.

La maison était à l’origine située à la Pointe-à-Grand-Père, route 242, Lot 24 à Cymbria dans le comté Queens, Î.-P.-É.  Le terrain, sur lequel la maison fut sise, faisait face à la rivière Wheatley; ce cours d’eau se jette dans la baie de Rustico.  La propriété appartenait à M. John Langdale et servait comme sa résidence d’été

En 1999, ce dernier a pris possession d’une nouvelle maison moderne adjacente à la maison historique.  Le dit propriétaire, maintenant, avait à prendre une décision, soi-disant un peu difficile, si personne ne venait la réclamer, soit démolir l’immeuble ou bien l’offrir à des intéressés qui seraient demandés à la déménager sur un autre site.

Sachant la valeur patrimoniale de la maison, M. Langdale s’est mis immédiatement en contact avec l’ancien curé de Rustico, M. L’abbé Lyndon Hogan, qui à son tour en a parlé avec Mme Judy MacDonald, présidente du Conseil des Amis de la Banque des fermiers inc. et M. Arthur Buote, agent communautaire du Conseil acadien de Rustico.

Par la suite, le Conseil des Amis crée un sous-comité pour s’occuper des détails de ce nouveau projet d’envergure.  Le comité et le Conseil des Amis avec l’appui indispensable de Parcs Canada ont entrepris le travail nécessaire pour transporter la bâtisse sur le terrain accolé au lieu historique de la Banque des fermiers, tout près de l’église paroissiale Saint-Augustin de Rustico.

 

La conservation et la restauration de ce bijou historique et patrimonial sont d’un intérêt tout à fait particulier pour plusieurs raisons.  La maison Doucet n’est pas uniquement un exemple important de l’architecture vernaculaire acadienne de l’an premier, mais aussi une source précieuse d’information sur les Acadiens et sur des faits relatifs à l’évolution de leur réhabilitation après la Déportation.

La maison est typique des méthodes employées par les Acadiens des Provinces maritimes dans la construction d’immeubles pièces-sur-pièces.  Les techniques utilisées furent celles amenées de la vieille France.

Une autre raison importante et qu’on pourrait qualifier d’être pleine de signification, et qui pousse les intéressés à vouloir conserver et rénover la demeure, découle d’une tradition, un endroit pour le culte.  La Dre Marguerite Michaud, professeure et historienne du Nouveau-Brunswick a publié en 1967, dans son volume Guide historique et touristique, l’anecdote qui suit  :

Àprès la mort de l’abbé James MacDonald (1758), Jean Doucet célèbre la messe blanche dans la maison paternelle.  Les frères Doucet, Adrien et Adolphe, qui demeurent près de Rustico, ont conservé au foyer l’ancienne armoire dont se servait le missionnaire d’autrefois pour dire la Messe…

Je vous fais part d’un autre passage du livre « St. Augustine’s Church – Église St-Augustin, Rustico, Î.-P.-É. 1838-1988 » et, je cite :

Au cours des années 1772 à 1792, il n’y avait à Rustico ni église ni édifice convenable où l’on pouvait célébrer le saint sacrifice de la Messe.  On raconte que lors de l’une de ses visites, l’abbé MacDonald célébra la messe au domicile de feu Rodolphe Doucette de Cymbria (Pointe-à-Grand-Père).  Cette maison construite pièces-sur-pièces sert encore de logis et, est probablement l’une des plus anciennes de Rustico, si non de toute l’Île.  L’abbé MacDonald est décédé en 1758 à l’âge de quarante-neuf ans.

Peu après la mort de l’abbé MacDonald, l’évêque Desglis (sic) de Québec autorisa Jean Doucet (le vieux Jean), un acadien de Rustico à recevoir des consentements de mariage et à administrer le baptême dans toute la colonie, jusqu’à ce qu’un prêtre soit disponible pour desservir la population catholique de l’Île.  On peut dire qu’il fut le premier diacre laïque nommé à l’Île-du-Prince-Édouard.

Le Comité de la maison Doucet se compose de plusieurs individus intéressés à la réussite du projet de restauration, sous l’habile présidence de M. Arthur Buote de Rustico.  Une fois la restauration terminée, cet artefact du passé s’ajoutera merveilleusement à l’histoire de Rustico et de la Banque des fermiers.

À date, le comité et le Conseil de la Banque ont engagé la firme Unlimited Drafting Inc. / P.E.I. Heritage Designs de Hunter River, Î.-P..-É.  La firme a produit un rapport (Conservation Report) comme point de départ à ce projet.

En préparant le rapport de conservation, la firme, ci-dessus mentionnée, a toutefois identifié un problème et a réalisé l’existence d’informations contradictoires.  À l’heure actuelle, ils ne peuvent pas déterminer avec certitude la date exacte de la construction de la maison qu’on croyait aux environs de 1775.  Le rapport recommande donc que le processus nommé « dendrochronologie » soit utilisé pour en connaître la date exacte.

Le processus sera mis en exécution par un spécialiste, Dr André Robichaud du Département d’histoire et de géographie à l’Université de Moncton.  Ainsi, nous connaîtrons la date spécifique quand la maison Doucet a été construite.  Avec patience, nous serons tous bien contents!