Mot du comité de rédaction du Comité historique Soeur-Antoinette-DesRoches

2002 par La Petite Souvenance

 

Quelqu’un a dit un bon jour : qui oublie son passé, quelqu’il soit, ou le renie, forcément se déracine.

Le passé culturel de l’Acadie pourrait avoir cinq temps.  On peut le dévisager comme suit : Terre  promise : 1604-1755; Survivance : 1755-1847; Renaissance : 1847-1929; Coopératisme / assimilation galopante : 1929-1994; L’union fait la force : 1994 au XXIe siècle.

L’an 1755 marque le début du Grand Dérangement, l’an 1847 marque la naissance de l’ardent patriote Mgr Marcel-François Richard mais aussi la publication d’Evangeline, a tale of Acadie par Longfellow, l’an 1929 marque le début de la Dépression qui a exilé notre main-d’oeuvre acadienne, l’an 1994 est l’année du premier Congrès Mondial acadien et de l’attribution de nouvelles paroles françaises pour notre hymne national à nous.  Cette délimitation, quelqu’elle soit, ne doit pas être oubliée ni reniée car elle démontre intrinsèquement que les Acadiens ont fait du chemin comme peuple.  À l’aube du XXIe siècle, on annonce qu’on veut enraciner en français notre passé et assurer sans équivoque que notre avenir dépendra beaucoup de la force que nous puiserons dans notre « union » telle qu’on l’a témoignée dès le premier Congrès Mondial.

À l’Île-du-Prince-Édouard, d’où proviennent les nouvelles paroles françaises de notre hymne national, le témoignage d’une acadianité florissante, grâce en large mesure à sa Société Saint-Thomas-d’Aquin, à sa Fédération culturelle et à ses militants et militantes, révèle que l’avenir des Acadiens à l’Île comme ailleurs dépendra de leur enthousiasme à assumer la devise qu’ils se sont donnée en 1884 à Miscouche à savoir « L’Union fait la force ».

Cet enthousiasme est partagé par l’Association du Musée acadien et son sous-comité, le Comité historique Soeur-Antoinette-DesRoches, fondé le 16 janvier 2000, dont la mission est la sauvegarde du patrimoine acadien pour que son passé national à l’Acadie de l’Île ne soit pas oublié ni plus renié.

Au nom des membres du Comité historique Soeur-Antoinette-DesRoches et en mémoire de cette religieuse qui voulait enraciner dans un musée à Miscouche le bien propre de tous les Acadiens de l’Île, nous avons le plaisir de vous présenter, renée de ses cendres depuis décembre 1986, La Petite Souvenance, édition 2002.

Arrêtons-nous un petit instant pour présenter le contenu des rubriques de ce numéro de relève.  Dans ce numéro 16, nous donnons la part d’honneur aux questions de généalogie, d’éducation et d’histoire que ce soit eu égard à des personnages historiques qui nous ont précédés sur nos belles terres, pour puiser chez ceux le courage et la force d’une acadianité vécue et fière ou que ce soit eu égard à des lieux historiques pour sauvegarder tangiblement le passé acadien.

Pour ce qui touche à la généalogie, Alice Richard nous a fait de petites trouvailles fort intéressantes sur la famille des Bernard tandis qu’en éducation, Tilmon Gallant nous relate les débuts et les progrès de notre système scolaire acadien et francophone à l’Île.

Quant à des personnages historiques du passé ou contemporains, notre attention se porte sur François Douville, premier insulaire d’origine européenne inhumé à St. Peter’s Harbour (Georges Arsenault), sur Dauphine Arsenault, la soeur du premier sénateur acadien de l’Île et la mère de la première religieuse acadienne de l’Île (Georges Arsenault), sur les souvenirs de Roméo LeBlanc, premier Gouverneur général acadien du Canada (Jeanne-Mance Arsenault) et sur les souvenirs en tant qu’épouse de l’honorable Joseph-Aubin Doiron, deuxième lieutenant-gouverneur acadien de l’Île (Bernice Doiron).

En ce qui concerne le domaine historique proprement dit, nous relevons d’abord des articles sur Port-LaJoye-Fort Amherst (John Eldon Green), sur Saint-Pierre-du-Nord (Rob Ferguson), sur la Banque des Fermiers de Rustico (P. Édouard Blanchard), sur la Maison Doucette (Francis C. Blanchard) et sur la Mer Rouge (David Le Gallant).

C’est ainsi que nous vous présentons cette panoplie de collaboratrices et de collaborateurs pour ce premier numéro depuis 16 ans de La Petite Souvenance.  Les Acadiens et les Acadiennes se sont bien enracinés à l’Île-du-Prince-Édouard.  La Société historique Soeur-Antoinette-DesRoches fait son possible pour que cet enracinement ne soit jamais oublié ou renié.  C’est notre souhait le plus ardent.

Bonne lecture.

 

Membres du comité de rédaction

Béatrice Caillié

Edmond Gallant

David Le Gallant

Louise Daigle (mise en page)

 

Autres membres du Comité historique Soeur-Antoinette-DesRoches

David Le Gallant, président

Edmond Gallant, vice-président

Georges Arsenault, secrétaire-trésorier

Père Melvin Doucette

J. Earle Arsenault

Zita Gallant

Orella Arsenault

Francis C. Blanchard