Archive pour: ‘décembre 1985’

Nouvelles de l’empremier

1985 par Contribution anonyme

 

1883 – Baie-Egmont :  “Le vénérable vieillard, le Rév. M. Poirier, que tous nos lecteurs connaissent, est encore assez frais, malgré son grand âge et ses nombreuses infirmités.  Il a changé dernièrement de demeure en laissant Mont-Carmel pour venir sous le toit hospitalier de M. Felix Poirier, près de l’église d’Egmont Bay.”  (Le Moniteur Acadien, le 2 août 1883)

 

1887 – Tignish :  “M. J. S. Gaudet, cultivateur de Tignish, a eu une drôle d’aventure.  En ouvrant sa cave de dehors, il y a de cela quelques jours, il y trouva deux moutons.  Ils étaient dans la cave depuis le mois de décembre dernier à l’insu de M. Gaudet.  L’un deux pesait 200 livres, et avait une toison de laine de cinq pouces de long.  Les provisions que M. Gaudet avait dans sa cave étaient un tant soit peu diminuées.”  (Le Moniteur Acadien, le 22 avril 1887.)

 

1890 – Palmer Road :  “M. l’abbé Picotte, curé de Palmer Road, Î.-P.-É., vient de faire l’acquisition d’un magnifique étalon de pur sang canadien.  M. François Gendron, de Sainte Anne de la Pocatière, P.Q., qui a vendu ce beau cheval, est arrivé, vendredi soir à Shédiac, avec l’animal qu’il a délivré à M. Hubert Arsenault, d’Egmont Bay, qui était délégué par M. l’abbé Picotte pour en prendre charge.  Le prix de l’étalon est de $600.  C’est un cheval de sept ans, qui quoique n’ayant jamais été exercé pour la course trotte un mille en moins de trois minutes.”  (Le Moniteur Acadien, le 6 mai 1890.)

 

1897 – “The drawing of prizes in connection with the Lefebvre Memorial Hall took place at Memramcook, N.B., on Thursday last.  The first prize, a three year’s course at St. Joseph’s, was won by Stephen Arsenault, of Prince Edward Island.”  (The Examiner, 15 February 1897.)

 

1907 – Miscouche :  “Au nombre de ceux qui ont obtenu le titre de B.A. au collège St. Joseph, Memramcook, cette année était M. Nazaire Poirier de Miscouche.  De plus M. Poirier a gagné le prix Beaulieu, $10 en or pour excellence dans la composition française et le prix LeBlanc pour excellence dans l’élocution française.”  (L’Impartial, le 27 juin 1907.)

La Vénération des gens à l’égard des prêtres

1985 par Père Emmanuel Gallant

Père Emmanuel Gallant, c.j.m.

 

Même si je ne suis pas encore très âgé, il y a des souvenirs de ma jeunesse que je n’oublierai jamais; et l’un d’entre eux est la vénération de nos gens à l’égard des prêtres.  Le prêtre était vraiment reconnu comme l’envoyé de Dieu pour les instruire sur ce qui regardait leur salut, car il faut bien l’admettre, une assez grande proportion d’entre eux ne savait ni lire ni écrire.  Or, comme dit l’Écriture Sainte:  “la foi vient de l’audition de la Parole de Dieu”, l’homélie du curé, qu’on appelait ordinairement “le sermon”, était très suivie.  Tout le monde y était attentif.

À Mont-Carmel, nous avons été vraiment favorisés.  Nous avons eu de très bons prêtres; mais je crois que c’est le Père Pierre P. Arsenault, natif de Tignish, qui a laissé le plus beau des souvenirs.  C’était un homme d’une grande intelligence, un véritable organisateur et qui était aimé de tous, même des protestants qu’il se permettait assez souvent de taquiner.  Par exemple, un jour, un protestant lui demanda ce que voulait dire “P.P.” qu’on plaçait ordinairement avant son nom.  Il répondit avec humour:  “Protestant persecutor”.

Ce prêtre avait le don particulier de rendre l’Évangile si simple et si pratique par des exemples qu’on se rappelait longtemps ses sermons.  Je me rappelle très bien un passage de l’un de ses sermons alors que je n’avais que douze ans.  “Je suis envoyé par Dieu dans cette paroisse, nous disait-il, pour vous prêcher l’Évangile et vous rappeler les commandements de Dieu et de l’Église.  Je représente le Christ auprès de vous; mais n’oubliez pas que je ne suis qu’un homme avec mes faiblesses et mes défauts, alors que le Christ, Lui, était Dieu.  Il n’avait aucun défaut.  Alors si je n’imite pas toujours le Christ, si je manque parfois à la charité, c’est souvent à cause de mon caractère.  C’est pourquoi je vous demande de faire ce que je vous dis de faire; mais de ne pas toujours faire ce que parfois je fais moi-même à cause de mes faiblesses.”  J’étais resté dans l’admiration en entendant un tel acte d’humilité devant tous les paroissiens.

En général, les gens pardonnaient facilement aux prêtres ses petits défauts, surtout s’ils remarquaient qu’ils étaient vraiment aimés par l’Envoyé de Dieu.  Cependant ils savaient très bien distinguer quand un prêtre exagérait ou se montrait trop sévère.  Dieu leur avait donné un bon jugement et une conscience éclairée en ce qui regardait la morale.

Un automne, le curé avait fait venir deux prédicateurs pour une retraite paroissiale.  Malheureusement, au lieu de parler de la bonté et de la miséricorde de Dieu, toute la retraite avait porté sur le péché et l’enfer.  Les prédicateurs avaient condamné la danse comme quelque chose d’épouvantable, disant que ceux et celles qui avaient permis ces danses dans leur maison pourraient se voir refuser l’absolution.  Une dizaine de femmes furent vraiment troublées dans leur conscience.  Tout le monde parlait de cela, et je me rappelle les réflexions de mon père à ce sujet: “Le Saint Roi David a bien dansé devant l’Arche d’alliance”, et il ajoutait:  “Quant à moi, je ne fais certainement pas de mal dans ces danses carrées ou quadrille, car la seule chose à laquelle je pense, c’est de ne pas me tromper.”  Plusieurs hommes sont allés voir le curé qui était alors le Père Théodore Gallant, natif de Baie-Egmont.  Le dimanche suivant, le curé annonça en chaire:  “À l’occasion de certaines noces j’ai vu moi-même les danses qui ont lieu dans la paroisse, et comme prêtre, je ne vois aucun mal dans ces danses.  C’est un moyen pour vous d’exprimer votre joie, et vous divertir.  Alors vous pouvez continuer à danser comme cela.”

Je me rappelle aussi un fait qui s’est passé à Baie-Egmont alors que le curé était d’une sévérité exagérée au sujet des vêtements chez les hommes comme chez les femmes.  Il défendait aux femmes de se faire couper les cheveux.  Les robes des femmes devaient descendre jusqu’à trois ou quatre pouces au-dessus du talon, couvrir tout le bras jusqu’au poignet et n’avoir aucun décoltage au cou.  Or, il arriva qu’une jeune dame, parce qu’elle perdait tous ses cheveux, reçut le conseil de se faire couper les cheveux afin de leur donner plus de force.  Un jour, comme elle devait marcher plus de deux milles pour aller visiter une malade, elle mit une robe dont les manches terminaient au coudre.  Malheureusement, le curé, qui venait juste de s’acheter une belle automobile, une MacCauklin-Buick, s’il vous plaît, passa devant elle, et s’arrêta.  Il commença aussitôt à réprimander la dame d’une manière vraiment insolente.  Il termina par ces mots:  “Pensez-vous que la Sainte Vierge aurait manqué de pudeur comme cela en se promenant dans le chemin comme vous le faîtes?”  La femme perdit alors le contrôle d’elle-même, et s’adressant à son insulteur, elle dit:  “Monsieur le Curé, pensez-vous que Saint Joseph se serait promené dans le chemin avec une grosse automobile comme la vôtre?”  Le curé partit aussitôt sans dire un mot.

Un jour, racontait souvent mon père, de la maison paternelle, on vit passer quelqu’un en traîneau.  On ne reconnut ni le voyageur ni le cheval.  Alors chacun disait que c’était telle ou telle personne.  Quelques minutes plus tard, un voisin arriva à la maison.  On lui demanda qui était celui qu’il venait de rencontrer.  “Mais, dit-il, c’est le Père Boudreault de Baie-Egmont.”  Il y avait à la maison une vieille tante qui s’écria:  “Ah, ma tante savait bien que ce n’était pas du monde, mais un prêtre.”

J’ai souvent réfléchi à ces paroles de ma grande tante.  Cela montre bien qu’elle ne plaçait pas les prêtres sur le même pied que les autres hommes.  Je crois qu’elle avait bien compris le vrai sens des paroles de Notre Seigneur en parlant de ses apôtres à son Père:  “Ils ne sont pas du monde” (Jean 17, 14) que certaines éditions récentes, pour que ce soit encore plus claire, traduisent par “ils n’appartiennent pas au monde”, (c’est-à-dire, à ce monde).

 

(Le Père Gallant, originaire de Mont-Carmel, est retraité.  Il demeure présentement à Charlesbourg, Québec.)

La chanson locale et l’histoire sociale acadienne

1985 par Georges Arsenault

Georges Arsenault

 

Le présent article est le texte d’une communication présentée le 10 octobre 1984 à Edmundston (N.-B.) dans le cadre de la Conférence acadienne organisée par l’Association des Collèges communautaires du Canada.  L’auteur avait préalablement donné une communication semblable à celle-ci à Worchester, Massachusetts, le 17 mars 1984 à l’occasion du cinquième colloque annuel de l’Institut français du Collège de l’Assomption, dont le thème était, “L’Émigrant acadien vers les États-Unis:  1842-1950″.  Le texte de cette présentation, intitulée “Chanter son Acadie” a été publié dans Vie française, collection Perspectives, Québec, le Conseil de la Vie française en Amérique, 1984, pp. 101-119.

****************

 

Pour bien comprendre l’histoire d’une société, il importe d’étudier la vie sociale des gens qui la compose.  Il faut, à l’aide de documents, chercher à comprendre les us et coutumes et la mentalité des différentes couches sociales qui composent cette communauté.  L’étude du folklore d’un peuple – on le reconnaît de plus en plus – constitue un des excellents moyens qui puisse aider à bien saisir cette dimension d’une collectivité.

Dans le cas de l’histoire sociale du peuple acadien, l’étude du folklore tient une place que j’oserais qualifier d’indispensable.  Nous savons comment les conjonctures historiques ont réduit pendant longtemps ce peuple à une population grandement illettrée.  Face à cette situation, la tradition orale a dû se charger, dans une large mesure, de transmettre à la postérité les documents aptes à nous renseigner sur la vie et la mentalité des Acadiens de quelques générations passées.

Un domaine du folklore que j’affectionne tout particulièrement, c’est la chanson de composition locale.  On désigne ainsi les compositions issues du terroir Nord Américain, et ce, par opposition à la multitude de chansons traditionnelles amenées de France par les ancêtres.  Les Acadiens ont composé un grand nombre de ces chansons locales qui sont, à mon avis, parmi les documents les plus précieux de leur héritage.  Ils sont des plus précieux par le simple fait qu’ils sont issus du peuple.  Ainsi, c’est la base de la société qui prend la parole.  Ce sont des femmes de ménage, des fermiers, des pêcheurs, des ouvriers et des ouvrières qui, dans toute leur simplicité, nous brossent un tableau de leur communauté avec ses qualités et ses défauts.  Ces poètes du terroir nous font aussi voir leurs principales préoccupations et leur système de valeurs.  En somme, cette poésie populaire nous amène à mieux saisir l’âme du peuple.

Je disais que les Acadiens ont été pendant longtemps un peuple plutôt illettré.  Rares étaient les personnes munies d’une bonne instruction formelle.  Il faudra attendre la fondation de collèges et de couvents dans des paroisses acadiennes des Maritimes, à compter du milieu du siècle dernier, pour voir surgir une petite élite d’Acadiens bien instruits.  Ce sont ces gens privilégiés qui donneront naissance à une littérature écrite acadienne.  Pendant très longtemps, même jusqu’à assez récemment, cette littérature s’est faite le porte-parole d’une idéologie nationaliste acadienne dans laquelle on développait les thèmes de l’éducation, de l’histoire, de la langue, de la religion, de la colonisation et de l’agricuture1, thèmes pratiquement absents de la littérature orale.  Il est important de noter que cette littérature écrite a été presque exclusivement l’oeuvre d’hommes, voire de membres du clergé.  Effectivement, jusqu’au milieu du présent siècle, seulement quelques rares Acadiennes se sont livrées à la publication.

Si la femme demeure absente dans la littérature écrite acadienne, il en est tout autrement dans la littérature orale.  Ici, elle y trouve bien sa place, notamment dans la chanson de composition locale.  C’est du moins ce que je constate à l’Île-du-Prince-Édouard, mon terrain d’enquête, d’où j’ai tiré la matière pour le présent exposé.  Là, les chansons locales acadiennes, peu importe le genre, ont été composées dans une large mesure par des femmes.  Devant une telle constatation, l’étude de la chanson locale prend encore plus d’importance.  De fait, elle nous réserve la possibilité de faire ressortir un discours de la femme acadienne pour la période du 19e si cle et du début du 20e , discours pratiquement introuvable ailleurs et pourtant indispensable à l’interprétation de l’histoire sociale acadienne2. Examinons maintenant le contenu des oeuvres de ces poètes populaires.  Pour ce faire, nous les regroupons en trois catégories:  les complaintes, les chansons satiriques et humoristiques, et les chansons sur des événements spéciaux.  En les étudiant nous tenterons de faire ressortir un certain nombre de valeurs ou de préoccupations, reflets de la société dans laquelle vivaient ces poètes.

 

Les complaintes

Les complainte sont des chansons narratives et plaintives composées pour commémorer des événements tragiques.  Chansons très émotives, elles traitent le plus souvent de noyades mais aussi de meurtres, d’incendies, de morts accidentelles sur la route ou au travail et de mortalités causées par la maladie.  Dans l’ensemble des compositions acadiennes, les complaintes ne sont pas nécessairement les plus nombreuses.  Elles sont cependant celles qui ont le plus attiré l’attention des folkloristes.  Celles que nous connaissons nous viennent d’un peu partout en Acadie.  Certaines, telles Jérôme Maillet — le bûcheron écrasé par un arbre, Xavier Gallant — Le meurtrier de sa femme, Le frère mort de la fièvre et Les chasseurs de loups-marins ont connu une assez grande diffusion; elles comptent en effet parmi les plus connues de toutes les chansons acadiennes de composition locale.

Lorsqu’on considère les événements tragiques qui ont marqué l’histoire acadienne, notamment la Déportation, on s’attendrait à ce que la littérature orale, les complaintes surtout, en soient les témoins par excellence.  Chose surprenante, aucune des complaintes qui nous soient parvenues ne traite de ce triste événement.  Ceci fait contraste avec la littérature écrite où la thématique de la Déportation est quasi omniprésente.

C’est une préoccupation religieuse qui prédomine dans les complaintes.  Ceci est surtout dû au fait que les personnes en cause sont généralement victimes de morts subites; le tourment du poète, et par extension de la communauté qu’il représente, est de savoir que ces personnes abruptement arrachées de ce monde trouvent leurs places au Paradis.

Cette inquiétude se manifeste davantage dans le cas des noyades.  Ces accidents de la mer étaient aux yeux des gens d’autant plus tragiques que les victimes mouraient très subitement sans avoir eu le temps de se préparer spirituellement et, surtout, sans avoir eu le bonheur de recevoir le sacrement de la bonne mort.  Selon l’enseignement de l’Église catholique, une personne qui décédait en état de péché mortel était condamnée à brûler dans les feux éternels ou à expier ses fautes dans le purgatoire pendant un certain temps, selon la gravité de ses péchés.  Ce type d’angoisse ressort très clairement dans la complainte composée à la suite de la noyade du jeune pêcheur Joachim Arsenault, en 1897.

L’auteur fait dire à la victime :

O toi, cruelle mort,
Tu m’affliges bien alors.
Donnez-moi donc le temps
De recevoir les sacrements,
C’était là mon désir
Avant de mourir.
Puisque c’est ma destinée,
O de moi ayez pitié,
Faites que je puisse, grand Dieu,
De m’envoler vers les cieux.

(…)

Laissez-vous fléchir
Par votre mère chérie
Qui vous présentera
Mon âme entre vos bras.
Tout pécheur que je sois,
Je pris toute ma vie.
Maire, daigne m’assister
Au moment du danger,
Jugez-moi dans vos bontés,
Non comme j’ai mérité.3

Il arrive souvent aussi que l’auteur prenne l’initiative de demander aux gens des prières pour le repos de l’âme de l’infortuné.  Dans la complainte composée sur le décès tragique de François Richard, victime non d’une noyade mais d’une explosion dans une carrière à Rumford Falls, l’auteur demande explicitement des prières pour que l’âme du jeune accidenté soit pardonnée et sauvée:

Celle qui fit cette chanson
Engage tous pour ce jeune garçon
De dire un Pater et un Avé
Pour lui aider à se sauver.
La Saine Vierge faut tous prier
(Pour) que son âme soit pardonnée.4

Le fatalisme est un autre aspect de la mentalité religieuse qui se manifeste de façon frappante dans les chansons tragiques acadiennes.  Les Acadiens semblent croire fermement en cette doctrine.  Ordinairement, ils se résignent devant les épreuves car c’était, disaient-ils, la destinée fixée par Dieu.  Ce qui impressionne encore davantage c’est que devant de rudes épreuves, ils pensent quand même, parfois, à remercier Dieu d’avoir été bon pour eux au milieu de leur tribulation.  Cherchent-ils ainsi à apaiser un dieu imprévisible qui risque à tout moment de frapper sans merci?

Voici deux bons exemples qui illustrent éloquemment cet aspect de l’attitude religieuse acadienne.  Le premier constitue un des premiers couplets d’une complainte, composée par Emilie Bernard, sur la noyade de Pierre Arsenault, vers 1890.  Ici, la croyance dans le fatalisme est explicite :

De ses années le nombre était fini
Quoique bien jeune il doit perdre la vie,
Car le Seigneur avait marqué sa fin,
Il s’est noyé c’était là son destin.5

L’autre exemple est tiré de la complainte Joachim Arsenault.  Dans ce texte, où il est encore question de destinée, l’auteur donne la parole à la mère du noyé qui remercie Dieu que le corps de son fils a pu être retrouvé :

Sa mère qui est au cimetière
Ne fait que pleurer.
“Quelle consolation
Dans notre affliction!
Il faut en remercier
La Divine Trinité,
Nous l’avons ramené
Et on peut l’enterrer,
Car il faut bien le croire,
C’était sa destinée.6

Bien que les complaintes soient nettement imprégnées de préoccupations religieuses, elles renferment toutefois d’autres motifs importants.  Elles témoignent notamment d’un bel esprit communautaire.  C’est tous les membres de la communauté qui semble se rallier autour du poète afin d’offrir aux proches de la victime leurs condoléances et pour leur exprimer des paroles consolantes.  La complainte Pierre Arsenault renferme un beau passage qui illustre cette compassion :

Consolez-vous et séchez toutes vos larmes,
Priez Jésus et ayez confiance,
Car dans la foi tout doit se consoler
Puisque Jésus est mort pour nous sauver.

Oh! chers parents, je prends part à vos peines,
Et à vos larmes et à vos justes craintes.
Mais il ne faut qu’une bonne pensée
Pour mériter l’heureuse éternité.

Je le comprends, votre peine est cruelle,
Que son corps n’est pas dans le cimetière,
Qu’il a resté dans un pays étranger,
Sur son tombeau pas pouvoir y prier.7

D’autre part, les gens unissent leurs prières afin d’implorer le ciel d’accueillir l’âme du concitoyen trépassé.  L’auteur fait aussi ressortir la solidarité de la communauté quand il mentionne, par exemple, que les gens sont allés en grand nombre fouiller la mer dans l’espoir de retrouver le cadavre, et encore lorsqu’il prend la peine de préciser que les paroissiens sont allés nombreux aux funérailles manifester, une fois de plus, leur compassion envers la personne décédée et sa famille.  On fait même parfois appel à la communauté de venir au secours des éprouvés, tel dans la complainte Trois jeunes hommes noyés :

Dans les trois (mariniers)
Il en a un de marié.
On peut vous le nommer,
Garçon à Marie Poirier.
Ils sont bien chagrins
C’était tout son soutien.
Ils sont bien peinés,
Son mari est décédé.
Nous devons tous nous hâter
C’est pour les assister.8

L’attachement à sa paroisse natale, à son “pays” , comme le disait les anciens, est un autre élément bien explicite dans le corpus que nous étudions.  Ce thème revient surtout dans les complaintes composées sur les personnes mortes subitement ou accidentellement à l’étranger, maintes fois aux États-Unis.  Divers éléments sont sous-jacents à ce thème central.  Mentionnons en premier lieu le problème de l’exil de la jeunesse contrainte à quitter le patelin à cause de la conjoncture économique locale.  Les opportunités d’emplois étant très restreintes dans les paroisses acadiennes surpeuplées, les jeunes hommes, surtout, cherchent ailleurs un gagne-pain.  Un grand nombre d’entre eux se font travailleurs saisonniers dans les chantiers forestiers des États-Unis, du Québec et de certaines régions du Nouveau-Brunswick et de la Nouvelle-Écosse.  Jean-François Cormier, de Baie-Egmont, était de cette génération.  En 1912, à l’âge de 22 ans, il quitte son île à destination des chantiers forestiers américains afin d’y gagner quelques biens.  Mais en route il est victime d’un accident qui le conduit à sa mort.  Une complainte composée à son sujet par Sophique Arsenault explique bien la raison de son départ :

Un jeune garçon d’une honnête famille,
Pensant qu’à l’Île il ne réussirait pas,
Il s’en va travailler par les États.9

Ce départ pour l’étranger n’était pas chose facile pour ces jeunes gens qui devaient laisser tous ceux qui leur étaient chers.  Ils avaient cependant bien l’intention et l’espoir de revenir vivre au pays, ou du moins revenir périodiquement revoir la famille et le amis.  C’est du moins ce que nous laissent entendre ceux qui ont relaté leurs histoires.  Quand François Richard quitta Mont-Carmel, en 1892, pour aller travailler à Rumford Falls, il laissait douloureusement ses bien-aimés et son village pour “l’éternité”, mais avec la résolution de s’en revenir les visiter :

Il a le coeur bien attristé
Ah! c’était pour tous les laisser.
Tout le bonsoir leur a souhaité
Ah! c’était pour l’éternité.
Mais il avait toujours dans l’idée
De revenir les rencontrer.
Ah! c’était par une belle matinée
Qu’il prend le “boat” pour traverser
C’est pour aller dans les États
Ah! c’était pour y travailler.
Il croyait pas d’y rencontrer
La mort funeste qui lui est arrivée.10

Un des plus beaux passages d’une complainte acadienne où l’on ressent l’attachement au “pays” natal se trouve dans la ballade intitulée Jérôme Maillet — le bûcheron écrasé par un arbre.  L’accident qui entraîna la mort du jeune homme s’est produit dans un chantier forestier près de Bethel, Maine, en 1892.  L’auteur, Laurent Doucet, réussit très bien à créer une atmosphère dramatique des plus touchantes.  Il met en scène le bûcheron blessé qui, évidemment ému, s’entretient avec son frère de la mort qui le guette, de ses parents qu’il aimerait revoir une dernière fois et de l’endroit où il voudrait être enterré :

Auprès de son lit son frère est assis.
Il lui dit: “Jérôme, tu crains bien de mourir.
Tout ce que je désire, cher frère, c’est avant de mourir,
Voir mon père et ma mère qui m’ont tant aimé.

Jérôme, console-toi ou bien résigne-toi,
Les ceux que tu veux voir sont éloignés de toi.
Les ceux que tu désires sont éloignés d’ici.
Aie espérance (d’les) voir un jour en Paradis.

Puisqu’il faut, cher frère, me soumettre à mourir,
Vous emmènerez mon corps, c’est en notre pays.
C’est bien là en terre sainte je veux être enterré
Parmi tous mes parents qui m’ont tant chéri. »11

Voilà pour les complaintes.  On pourrait s’y attarder beaucoup plus longuement et faire ressortir plusieurs autres préoccupations des Acadiens du temps, ce qui nous éclairerait encore davantage sur leur système de valeurs.  Mais passons tout de suite à une autre catégorie de chansons locales, celles-ci beaucoup plus gaies, mais tout aussi révélatrices de la mentalité acadienne.

 
Chansons satiriques et humoristiques

Les recherches faites jusqu’à présent sur la chanson populaire et traditionnelle acadienne semblent indiquer que les chansons du genre satirique et humoristique ont été des plus populaires chez les “composeux” de chansons.  C’est un domaine, par contre, qui n’a pas encore été beaucoup exploré pour l’ensemble de l’Acadie.  Des enquêtes systématiques promettent de nous faire découvrir un répertoire dont nous sous-estimons peut-être la richesse.  Quoi qu’il en soit, nous avons déjà à notre disposition un nombre suffisamment grand de compositions du genre pour nous permettre d’ores et déjà d’en tirer les grands thèmes.

Les chansons que nous appelons “satiriques” sont celles qui jouent un rôle de sanction populaire.  Il s’agit de compositions dont l’objet principal est d’exercer, le plus souvent par le ridicule, une pression sociale sur des individus ou des groupes d’individus coupables d’avoir outrepassé, dans leurs agissements, la limite de ce qui est jugé acceptable par l’ensemble de la communauté.  Ces chansons sont généralement fortement imprégnées d’humour au point qu’il est parfois difficile de savoir si l’objet véritable des vers est de sanctionner, ou si la chanson a été composée sans méchanceté afin de taquiner tout bonnement ses amis.

La valeur fondamentale qui se dégage de cette catégorie de chansons se situe au niveau du respect des moeurs et des traditions locales.  Cette préoccupation s’avère d’ailleurs très grande dans la société traditionnelle acadienne, comme dans toute société historique.  Au début du siècle dernier, John McGregor, un Anglais qui avait vécu un certain temps à l’Île-du-Prince-Édouard, et quelque peu familier avec les Acadiens des Maritimes, observait que le contrôle social était tellement fort dans leurs villages que personne n’osait transgresser les moeurs du groupe au risque de se faire tourner en ridicule :

The dread of being exposed to the derision of the rest, for attempting to imitate the English inhabitants, and the want of an education that would conquer prejudices, are the principal causes that prevent individuals among them, who would willingly alter their dress and habits, from doing so.12

Les filles de Jean à Hubert Arsenault, de Baie-Egmont, étaient de celles qui avaient un peu plus de culot que les autres.  Moins craintives de l’opinion publique que la plupart de leurs co-villageoises, ce sont elles, raconte-on, qui menaient la mode dans la paroisse.  Le jour qu’elles décident de faire couper courts leurs cheveux, rompant ainsi la mode des cheveux longs, plusieurs fois séculaires, elles provoquent un “grand parlement” et s’attirent les moqueries de plus d’une personne.  Même que quelques bardes locaux se sont donnés la main afin d’immortaliser en vers l’événement historique.  Les trois premiers couplets de la chanson, pour le moins moqueurs, nous donnent un bon indice de la réaction de la communauté suite à l’aventure de ces jeunes beautés :

Ah! c’est par un dimanche au soir
J’ons ‘té veiller su Jean Hubart
C’était pour aller voir les filles
Comme nous étions accoutumés.

Quand qu’les filles nous ont vus arriver
En-haut ils avont ‘té s’cacher,
Pas à cause d’notre compagnie
C’est à cause ils aviont hontes à s’montrer.

Parc’ quand la style avait passé
Les ch’veux ils s’les ont fait couper.
Ils les ont fait couper si courts
Que tout l’monde en a fait des discours.13

Si les gens venaient tranquillement à accepter sans trop de remous l’abandon de certaines traditions au niveau de l’habillement et de la coiffure, il en était bien autrement lorsque la structure sociale de la communauté était menacée par la rupture de certaines pratiques.  Rappelons que la société traditionnelle acadienne était remarquablement égalitaire, au point que tous ceux qui, d’une façon ou d’une autre, portaient atteinte à cet esprit d’égalitarisme, risquaient la sanction.  Plusieurs chansons évoquent de telles situations.  À titre d’exemple, prenons Les noces chez Calumet.  Dans celle-ci, une famille Gallant, de Baie-Egmont, ose faire une noce sans y convier toute la parenté, comme l’usage l’aurait exigé.  Fort insulté de ce manque de savoir-faire, un poète de la place, probablement un parent, s’engage à rimer quelques vers peu flatteurs à l’endroit des Calumet, famille qu’il trouve trop vaniteuse à son goût :

Su Calumet ont fait des noces
Les étrangers qu’ils ont demandés
La parenté ils ont laissée.14

C’était en revenant de la messe
Ils ont voulu faire le ferraud
Ils ont massacré le traîneau.

Sarah qui était dans la traîne
Elle a tombé du haut en bas
A’ s’a démanché les deux bras.

Ça t’a-t-i’ baissé les épaules?
Quand même ça t’ les aurait eu baissées
Tu les aurais encore hautes assez.15

Toujours à l’Île-du-Prince-Édouard, mais cette fois-ci du côté de Tignish, on trouve une chanson un peu du même genre.  Ici, l’occasion du festin n’est pas un mariage mais plutôt une soirée sociale où l’on y a tiré le gâteau des Rois.  Le problème qui se pose c’est que seule la soi-disante bourgeoisie de la paroisse fut invitée.  Une telle distinction sociale n’est pas acceptable pour la vieille Grêle (Isabelle Poirier) qui, fort irritée, s’aventure hardiment à fustiger les coupables.  À lui seul le premier couplet résume merveilleusement bien l’esprit fort vindicatif de la chanson :

C’est su Pierre à Maximin
Ils ont eu un gros festin.
Ils ont tiré un gâteau
Ils ont toute convié les gros;
Les cols hauts ont ‘té conviés,
Les cols bas s’en ont passé.16

Nous découvrons aussi dans les chansons de nos poètes populaires comment les Acadiens accordaient une grande importance à la probité.  En effet, ceux qui s’éloignait trop de la morale sociale risquaient tôt ou tard de se faire vivement stigmatiser par leurs voisins.  Prenons le cas de Sylvain “Pichi”, ou Caissie de son vrai nom, qui fut l’objet d’une forte sanction dans une chanson composée vers 1890 par Thomas Arsenault, de la paroisse de Baie-Egmont.  Le coupable est accusé d’avoir volé et tué Calbé, le chien de son patron.  Il est aussi dénigré parce qu’il ne pratique pas régulièrement sa religion, ce qui était dans la société acadienne et catholique du temps un comportement inacceptable.  L’auteur est direct dans ses propos quand il rappelle Sylvain Pichi sa conduite marginale :

Pichi, si t’allais plus souvent
Recevoir les sacrements,
Tu vivrais bien plus en paix
Avec ta femme et tes enfants,
Tu aurais pas toujours l’idée
De tuer tous les Calbés.

Quand tu iras au confessional
Pour réparer ton scandale,
Le bon curé te dira:
“Va-t-en payer ce chien-là,
Car tu le payeras bien chaud
Le Calbé à Jos Paneau. »17

On trouve encore à Baie-Egmont une autre de ces chansons de facture locale qui rappelle à l’ordre des personnes accusées d’avoir manqué d’esprit civique.  Il s’agit d’un texte fort éloquent composé vers 1865 par Bathilde Arsenault.  L’auteur fait la morale à Dominique à Marcel qui, sans raison apparente, avait cassé quelques vitres à sa fenêtre.  Elle s’en prend également à la mère du jeune, l’accusant de ne pas s’inquiéter de la conduite de son fils.   La chanson compte dix couplets mais les trois qui suivent suffisent à démontrer la force de la sanction :

Il a ramassé un bois
Du long la bouchure à François
Il (a) frappé dans le chassis
Parce qu’il avait pas grand esprit.
Il se sauvait au plus vite
Quand il a eu cassé deux vitres…

(…)

Allez-vous approuver cela
C’est la mère de cette personne-là
Elle dit qu’elle n’a pas été surpris’
Quand elle a su que c’était lui.
Elle l’aurait pas si bien redouté
S’il l’avait eu mieux élevé.

(…)

J’en ai composé dix versets
C’est-il bien tout ce qu’il méritait?
Si ça à le faire changer
Je crois que y en aurait assez
Si vous croyez qu’il en a pas assez
Je peux encore en composer.18

 

Chansons sur des événements spéciaux

Les chansons d’origine acadienne ne sont pas toutes plaintives et vengeresses.  Au contraire, il y en a de toutes les couleurs.  Plusieurs traitent d’événements particuliers qui ont marqué soit l’ensemble de la communauté, soit un petit groupe d’amis, soit encore une seule famille.  Dans ce genre de compositions on peut discerner facilement des attitudes et des valeurs qui sont attribuées d’ordinaire au caractère acadien.  D’une part, on dit qu’il y a définitivement un beau côté à la vie, et qu’il y a du plaisir à avoir dans ce monde.  D’autre part, on manifeste une fierté d’appartenir à sa famille et à sa communauté.

Au tournant du siècle, quelques Acadiens de Palmer Road composaient une chanson pour exalter les mérites de la vie dans leur paroisse et également dans le but de manifester leur appréciation envers le curé.  Voici deux couplets de cette composition attribuée à John Chiasson et John Gaudet :

Nous venons de vous dire
Les places que l’on peut rire
Palmer Road et Saint-Louis
Sont nos lieux favoris.
Depuis notre arrivée
Dans ces belles contrées
Nous récoltons tellement
Et nous chantons journallement.

(…)

C’est aussi au presbytère
C’est là qu’on fait bonne chaire
Avec le père Gauthier
On vit comme des entiers.
C’est un excellent père
Tout(e) le monde est fier(ère)
À vous tous je le dis
Que le collège est triste sans lui.19

Si nous demeurons quelques instants de plus dans la région de Palmer Road, nous découvrons une autre chanson où le goût de vivre des gens est bien évident.  Attribué à Isaie Bernard, ce refrain raconte les aventures de quelques amis se promenant en automobile, en pleine nuit, sur une chaussée dangereusement glissante.  Ils retournaient au logis après une belle veillée chez des amis.  Malgré quelques dérapages, les aventuriers se sont rendus chez eux sain et sauf.  Suite à ce dénouement heureux, Isaie a pu rire avec ses amis de leur expérience, comme en fait foi quelques couplets de la chanson :

C’est quand qu’ils avons arrivé su Jean Xavier
C’est quand l’canal qu’i’ s’avont j’tés.
Ils avons r’venu su’ leur côté,
Et vous bien,
Les femmes ont débarqué
Et vous m’entendez bien.

Adèle embrassa Marianne
En se recommandant à Saint Anne.
J’avons pas attrapé de mal,
Et vous bien,
Ramassions nos médalles
Et vous m’entendez bien.

C’est su Mokler qu’il’ ont été
C’est pour se faire arracher.
Dans toute son travail,
Et vous bien,
Calliste a perdu sa blague
Et vous m’entendez bien.

Quand qu’il’avont arrivé su Céleste
Les voilà encore dans la tristesse,
Il’ avont venu sur leur côté,
Et vous bien,
Les femmes ont bostchulé,
Et vous m’entendez bien.20

Le prétexte d’une autre chanson composée à l’Île-du-Prince-Édouard est un “frolic à hooker” chez Aldona Gallant, reconnue pour son excellente cuisine.  À cette occasion, plusieurs femmes de Saint-Gilbert se donnent la main pour confectionner un tapis.  La rencontre est autant une occasion de distraction que de travail.  La chanson composée sur le sujet par Léah Maddix raconte avec beaucoup d’humour les plaisirs de la soirée et la joie de vivre des gens de son village.  Les trois premières strophes nous le prouvent bien :

Ah! c’était par une belle journée
Qu’Aldona faisait un frolic à hooker.
On voulait toutes y aller,
Oh! oui bien,
Pour avoir une bonne bouchée
Et vous m’entendez bien.

C’est Kate à Fidèle qu’a parti la première,
Toute le reste v’nait en arrière.
En disant: “Fidèle, si tu v’nais veiller,
Oh! oui bien,
Peut-être t’aurais à manger,
Et vous m’entendez bien.

Oh! c’était la femme à Willy,
Elle avait jamais ‘té si lively,
Si c’était à continuer
Oh! oui bien,
Elle s’aurait bétôt ruinée,
Et vous m’entendez bien.21

****************

Au cours de notre exposé nous avons essayé de démontrer l’importance que revêt la chanson locale dans l’étude de la mentalité traditionnelle acadienne.  À l’aide d’un certain nombre de chansons, nous avons illustré une série de valeurs inhérentes à la culture acadienne, telles que la religion, la solidarité communautaire, l’attachement au milieu, l’égalité sociale, la probité et la fête.  Ce sont les valeurs qui ressortent le plus clairement de ce volet de la littérature orale acadienne.

À part de nous renseigner sur les valeurs des gens, ces chansons nous fournissent aussi quantité de renseignements sur les activités et les traditions d’une communauté précise et sur des événements marquants survenus au niveau local.  À vrai dire, on trouve de tout dans ces compositions: tragédies locales, moeurs électorales, vie économique, divertissements communautaires, pratiques entourant le mariage, croyances religieuses, et quoi encore!  La connaissance de l’histoire peut évidemment être fortement enrichie par l’étude de tels documents.

De plus en plus de ces chansons locales sont incluses dans des recueils de chansons folkloriques acadiennes, et parfois même dans des travaux en histoire locale.  Ce qui est regrettable, cependant, c’est que trop souvent ces textes sont publiés avec peu de recherche, donc sans expliquer au lecteur le contexte socio-historique entourant les faits relatés et sans donner de notes sur l’auteur.  Pourtant, tous ces renseignements sont indispensables à une juste et bonne interprétation du document.

L’initié à ce genre de matière sait bien que le contenu et le message des chansons de composition locale sont souvent difficiles à saisir au premier abord, surtout si les textes ont été sujets à de nombreuses années de transmission orale.  Effectivement, ils peuvent nous arriver un peu déformés ou dans une forme modifiée de la version originale, celle-ci rarement disponible car, il faut le rappeler, nous traitons ici d’une tradition avant tout orale.  Le folkloriste devra alors étudier attentivement ces chansons, faisant, s’il y a lieu, l’étude comparée des différentes versions.  Enfin, il devra s’improviser historien, généalogiste, sociologue et parfois même psychologue dans une tentative de reconstituer, ou du moins d’élucider, le contexte dans lequel vivait l’auteur de la chanson et celui entourant le contenu de la chanson elle-même.

L’étude de la chanson locale est une activité passionnante.  C’est un domaine très vaste et relativement peu exploré en Acadie, même dans tout le Canada français.  C’est à souhaiter que la recherche va s’intensifier pour que bientôt l’on puisse envisager la publication d’une anthologie bien documentée de la chanson de composition locale en Acadie.  Un tel ouvrage aurait plusieurs avantages dont celui de mettre à la portée d’un public intéressé une mine de documents originaux aptes à faire approfondir nos connaissances dans le domaine de l’histoire sociale acadienne.

 

Notes et références

1.  Marguerite Maillet, “Littérature d’Acadie.  Bibliographie”, dans Jean Daigle (éditeur), Les Acadiens des Maritimes, Moncton, Centre d’études acadiennes, 1980, p. 565.

2.  Pour un peu plus de discussion sur le sujet, voir Georges Arsenault, “L’Acadienne de l’Île-du-Prince-Édouard et la chanson traditionnelle”, Revue de musique folklorique canadienne, volume 11, 1983, pp. 12-17.

3.  Georges Arsenault, Complaintes acadiennes de l’Île-du-Prince-Édouard, Montréal, Leméac, 1980, pp. 211-212.

4.  Ibid., p. 198.

5.  Ibid., p. 186.

6.  Ibid., p. 214.

7.  Ibid., pp. 187-188.

8.  Ibid., p. 175.

9.  Ibid., p. 219.

10.  Ibid., p. 197.

11.  Ibid., p. 202.

12.  John McGregor, British America, volume II, London, 1832, p. 199.

13.  Centre d’études acadiennes (C.E.A.), coll. Georges Arsenault, enreg. 894.

14.  Coll. Georges Arsenault, informatrice:  Florence Bernard. Manuscrit non classé.

15.  C.E.A., coll. Georges Arsenault, enreg. 1276.

16.  Ibid., enreg. 1011.

17.  C.E.A., coll. S. Antoinette DesRoches, ms. no 46.

18.  C.E.A., coll. Joseph-Thomas LeBlanc.  Informateur:  Norbert Bastarache, Saint-Paul-de-Kent.  Manuscrit non classé.

19.  C.E.A., coll. Georges Arsenault, enreg. 367.

20.  Ibid., enreg. 347.

21.  Ibid., enreg. 50.

Registre de Port-La-Joie en l’Isle Saint-Jean (1721-1758) – 3e partie

1985 par Francis C. Blanchard

Francis C. Blanchard

 

… et je cite d’autres entrées d’intérêt historique et généalogique.  Ce qui suit est l’acte de la sépulture de Pierre Devaust, victime d’une noyade.  Des noyades étaient fréquentes à cette époque.

Le 22 novembre 1723, je soussigné, ait inhumé le nommé Pierre Devaust dit Dauphiné engagé de la compagnie noyé à deux lieues dans l’isle St-Jean fait au port Lajoye 22 9bre 1723 signé: fr. Louis Barbet Dudonjon.

Quelques entrées ont comme objet le baptême d’un enfant micmac.  Il est intéressant à noter que les Micmacs portaient des prénoms seulement.  Les noms de famille n’existaient pas chez eux à cette date.  Et on sait que la plupart des Micmacs étaient des convertis au catholicisme par les vénérables missionnaires du XVIIe siècle en Acadie.  Or il ne faut pas s’étonner que ces braves gens portaient des prénoms chrétiens.

Le 27 juin 1723, je soussigné… ay baptizé Elizabeth fille de François et de Therese sa femme sauvages née environ la Toussaint 1722.  Parrein Glaude haenrion commis des magazins de la compagnie de l’isle St-Jean et la mareine:  Elizabeth Cheneau, femme de hilaire Cheneau maître canonier.
signé:  Henrion L. de métivier, missionaire

Je cite ensuite une entrée de l’enterrement d’un enfant baptisé par le médecin en l’absence du prêtre.

Le 2 7bre 1722 – inhumé le corps d’un enfant de Paul Gemel engagé et de Marguerite Hurel né et ondoié à la maison par le Sr Grandpré chirurgien major ce cette isle le 1er jour desd. mois et an, mort le même jour. témoins:  Le d.paul Gemel et Jacques Migon engagé lesquels ont déclaré ne savoir signer                              signé:  de Breslay, gd. vre.

L’entrée qui suit fait mention d’un personnage important chez les Micmacs de l’île St-Jean :

Le 29 may 1722 baptizé marguerite fille de Jean Baptiste Armetcheck sauvage Mikmack et fille d’Agnes Nabdevit agée de 5 mois.  Le parein mathurin Renaud habitant du havre St-Pierre, la mareine Marguerite Armetcheck femme d’Antoine Arghimo capitaine des sauvages Mikmaques, lesquels ont déclaré ne sçavoir signer          de Breslay – gd. vre.

Ce qui est intéressant avec l’oeuvre de M. Pierre Margry c’est sa fidélité à l’original.  Lorsqu’il s’agit d’une page déchirée, le copiste l’indique dans son recueil.  La partie déchirée est malheureusement perdue.  Là où l’original porte une tache d’encre, Pierre Margry la signale dans sa copie.  Parfois on voit une feuille dont le bas est déchiqueté excepté pour une pointe sur laqauelle il écrit ce qu’il trouve dans l’original.

Pour ce qui est du premier mariage enregistré par l’église à Port LaJoye de personnes de race blanche, il est daté du 17 avril 1721.  Il s’agit du mariage de François du Roché et d’Elizabeth Bruneau, originaires de Bretagne, France.  Il est tout probable que le nom du Roché ait été changé à DesRoches, dans le cours du temps.

Je cite ensuite la noyade d’un jeune garçon dans les ports (probablement à St-Pierre-du-Nord) dont le corps n’a point été retrouvé.

Le 3 juillet 1721… j’ai soussigné et certifie qu’Etienne Poitevin agé de 8 ans fils d’Etienne Poitevin et d’Anne Daigle a été perdu le 6 juin de la présente année dans les ports et qu’il n’a point été retrouvé.
Témoins:  Louis LeBouve et François Boisseau pêcheurs
signé de Breslay curé.

Port-LaJoye ou Port LaJoie :  Nous trouvons dans ce registre surtout la première orthographe.  “La Joie” s’épelle aujourd’hui avec “i”.  Anciennement on trouve un “y” à la place d’un “i” dans l’épellation des mots.  L’ “y” à la place du “i” est une forme de stylisation qu’on employait autrefois.  Souvent dans le registre on trouve l’épellation may pour le mois de mai – aujourd’huy pour aujourd’hui.  Parfois on voit aussi l’orthographe Port LaJoie.  L’abbé de Breslay l’emploie.  Dans le cas où l’orthographe d’un mot donne un double “s”, on voit la première lettre “s” en forme stylisée.  L’ “s” prend la forme d’un “f” – (exemple paroifse).

L’instruction chez les Acadiens à cette époque était presque nulle.  Cela se voit lorsqu’on lit entrée après entrée et que c’est écrit que les témoins des cérémonies ne savent signer.

“La mareine a fait sa croix ainsi
que le père de l’enfant”
ou
“…lesquels ont déclaré ne sçavoir signer”

Un père récollet qui a beaucoup oeuvré en Acadie, et un des plus célèbres missionnaires, est le Frère Félix Pain.  Il est passé à l’Isle St-Jean à trois différentes reprises faisant sa fonction curiale :

a)  du 1er juillet 1725 au 8 septembre 1726;
b)  du 26 novembre 1726 au 10 juillet 1731; et
c)  le 27 septembre 1736.  Un seule acte.

D’après les historiens, le poète américain Henry Wadsworth Longfellow se serait inspiré de l’oeuvre du Frère Félix Pain parmi les Acadiens avant la Déportation, et se serait servi de ce personnage comme prototype du Père Félicien dans son épopée Évangéline, publiée en 1847.

De dire les historiens, Rustico-sud et Rustico-nord tiennent leurs noms de René Rassicot qui était marié à Marie Haché, fille de Michel Haché dit Gallant et Anne Cormier.  Ce René Rassicot, dit-on, aurait été propriétaire d’un terrain là où se situe aujourd’hui Rustico.  Voici l’acte de mariage de René Rassicot et de Marie Haché, veuve de feu François Poirier:

Ce trente unième d’octobre de la présente année 1729, moi, soussigné missionnaire recollet faisant les fonctions curiales dans cette paroisse, après la publication de 2 bans aux prones des messes paroissiales et ayant dispensé du troisième, sans qu’il se soit trouvé aucun empeschement, ai donné la bénédiction nuptiale à René Rassicot, fils de feu Jean Rassicot et de Marguerite Crossier de la paroisse de St Ursin diocèse de Coutance d’une part, et Marie Haché veuve de feu françois Poirier de cette paroisse d’autre part, après avoir reçu leur mutuel consentement en présence de leurs parents et amis soussignés, l’époux et l’épouze ont déclaré ne sçavoir signer de ce enquis selon l’ordonnance et ont fait leur marque ordinaire
Signé:  Joseph haché, Depensens, Michel haché et fr. felix Pain, recollet missionnaire.

D’après certains actes dans le registre de la paroisse de Port LaJoye, il y avait un endroit qui s’appelait Rasico.

Ce 30 juillet 1750, a esté baptisé sous condition françois agé d’environ un mois, fils de Joseph sauvage et d’Elisabethe, aussi sauvage, de Rasico.  Le parrain: le Sr françois de Mezilla, officier d’infanterie, la maraine, Magdeleine, sauvagesse
Signé:  Mezillac et fr. patrice LaGrée.

Souvent, lorsque le prêtre était absent il fallait que quelqu’un s’occupe de la sépulture des morts.  Voici donc, l’acte d’un enterrement sans qu’il y ait de prêtre:

Ce 28 7bre 1750, a esté inhumée, dans le cimetière du port LaJoye, Angélique Vincent agée de 33 ans fille de deffunt pierre Vincent et de Jeanne Trahan, de la paroisse de l’Assomption, laquelle a esté inhumée par un soldat faute de prêtre. En foy de quoy, j’ay signé:
Signé:  Fr. Patrice LaGrée.

D’autres cimetières français et acadiens existaient à l’Isle Saint-Jean à part de celui à Port LaJoye avant la Déportation de 1758.  On sait que vers 1750-52 quatre nouvelles paroisses avec curés résidents furent érigées dans la colonie:  St-Paul à la pointe Prime (près d’Eldon); St-Louis du Nord-est (à Scotchfort); La Sainte-Famille à Malpec (Low Point près de Port Hill); et St-Pierre du Nord (St. Peter’s Harbour).  Je vous en citerai au long de ce travail.  Voici un acte de sépulture du corps d’une jeune fille dans le cimetière de St-Pierre-du-Nord.

Ce 24 8bre 1750, a été inhumé par moy dans le cimetière de St-Pierre au pied de la croix du costé du nord Anastasie agée d’onze mois fille d’André Renaud et de Marie Roget
Signé patrice LaGrée.

L’acte suivant porte le nom d’un médecin Georges Barbudeau qui était chirurgien-major à Louisbourg avant d’être appelé à l’Île Saint-Jean où la population n’avait pas les services médicaux qu’il leur fallait.  Il a habité à Port LaJoye d’où il fut déporté en 1758.  Rendu plus tard en France, il s’est trouvé parmi les locataires de la ligne acadienne du Marquis de Pérusse des Cars à Archigny, en Poitou.  Aujourd’hui on peut visiter le terrain qu’il occupait.  L’auteur de cette série est allé voir la terre occupée par le médecin Barbudeau.

Le Vingt septième de novembre de la présente année mil sept cent vingt cinq, moi soussigné missionnaire, faisant les fonctions curialles dans cette paroisse, ai baptisé son condition Jean Baptiste né le 17 octobre de la susdite année fils du Sr. George Barbudeau, chirurgien major de ce lieu et de Marguerite françoise Vigneau légitimement conjoints.  Il a eu pour Parein Jean Baptiste Péré et pour maraine Marie Françoise Gugot, en foy de quoy j’ai signé avec le parrein et le père de l’enfant, ces jours et an que dessus.
Signé:  Jean Péré, Berbudeau et fr. félix pain recollet missionnaire.

Le prêtre était à l’occasion demandé à défaut de notaire, à témoigner un contrat entre différentes parties.  L’extrait suivant du registre est l’entrée d’obligation de pension annuelle promise de la part des enfants de Michel Haché Gallant et Anne Cormier à l’endroit de leurs parents.  Cette entrée est probablement le premier contrat légal à l’Île Saint-Jean.

Obligation de pension annuelle de 10tt pour chacun des desnommés:  Ce jour, dix septième novembre mil sept cent trente six, en présence du père Angélique Collin Recollet de la province de Bretagne, missionnaire et aumonier du Roy au port Lajoye, dans l’isle St-Jean évêché de Québec, faisant les fonctions curiales audit lieu au défaut de Notaire pour passer le présent acte, entre les soussignés Michel haché et Anne Cormier sa femme d’une part et ses enfants de l’autre part, cy nommés, Michel Haché, Joseph haché, Marie haché épouse de René Rassicot lui consentant, Baptiste haché, Charles haché, pierre Haché, marguerite haché épouse de pierre jacmin lui consentant, françois haché, Jaque haché, Louise haché épouse de Louis belliveau, Marie Madeleine Haché épouse de pierre Duval, lui consentant, lesquels sont convenus de ce qui suit.  Sçavoir que tous les dits enfants ci dessus mentionnés s’obligent de donner chacun à leur père et mère leur vie durante la somme de dix livres tournois chaque année à commencer aujourd’huy de plus renoncent les dits enfants à la succession de leurs père et mère après leur mort.  Leur père et mère étant libres par le présent de donner leur bien à perpétuité à celui de leurs enfants qu’ils jugeront à propos.  En foy de quoy, ceux desdits enfants qui scavent écrire ont signé avec nous, les autres qui ne scavent écrire ont mis leur marque ordinaire en présence de Philippe, le neuf Eguyer Sieur de Beaubassin, enseigne d’une compagnie détachée de la marine et de Charles Boudrot, capitaine du bateau du Sieur de Beaubassin qui ont aussi sicné comme témoins.
Signé:  Michel Haché – Joseph Haché

Derechef, sont encore convenus les dits michel haché et anne cormier sa femme, avec leurs enfants que l’un diceux venant à mourir, les dits enfants ne payeront plus que la moitié de la susdite somme de dix livres.

En foy de quoy ils ont signé comme dessus
Signé Michel haché – Joseph Haché
marque de René Rassicot 0 marque de Pierre Hachez X marque de Baptiste Haché X marque de marguerite Haché X marque de Jacques hachez X Sr. Laurant.

Ce qui se lit ensuite est l’entrée de la mort tragique de l’ancêtre des Haché-Gallant :

Le 17 juillet 1737, je soussigné, ay inhumé dans le cimetière de ce hâvre, le corps de Michel Haché dit Galant, habitant dudit port, lequel s’était enfoncé dans les fons à l’embouchure de la rivière du Nord le dixième d’avril de la présente année et n’a pu être trouvé jusqu’à ce jour.
Signé: Frère Angélique Collin.

Un très beau monument a été érigé à Port LaJoie en face du Parc National Fort Amherst – Port LaJoye à la mémoire des ancêtres Michel – Haché – Gallant et Anne Cormier en 1965 par leurs descendants.

(à suivre)

Elizabeth E. Cran mérite le Prix Gilbert Buote

1985 par Contribution anonyme

 

La Société historique acadienne décernait le Prix Gilbert Buote à Mme Elizabeth E. Cran lors de son assemblée annuelle, le 24 novembre 1985.  Mme Cran s’est vue attribuer le prix pour sa chronique dans La Voix Acadienne intitulée, “Tignish:  le passé, le présent, le futur”.

Commentaires du jury :

Ce projet s’avère aux yeux du jury comme des plus pertinent à l’histoire et à l’héritage acadiens.  C’est d’ailleurs le but premier de cette chronique:  faire connaître des parties cachées de l’histoire, en chercher de nouvelles, rattacher ces parties au présent et impliquer cette mosaïque de faits culturels et historiques dans la détermination du futur du peuple acadien.  Bien que la chronique de Mme Cran soit spécifique à la région de Tignish, elle traite quand même de l’Acadien de l’Île en général et de son passé.  Les articles de Mme Cran sont en eux-mêmes une mise en valeur de l’héritage acadien et une façon de faire connaître les Acadiens aux Acadiens.  Un autre point remarquable quant à ce projet, c’est la vulgarisation de l’histoire, cette façon intéressante qu’a Mme Cran d’écrire de manière simple et de montrer aux Acadiens (surtout ceux de Tignish) qu’ils ont écrit l’histoire et que les pages de leur passé sont aussi importantes que celles de n’importe quel bouquin.  Mme Cran a un style qui rend l’histoire accessible, facile à comprendre et très intéressante.  Le jury considère qu’un tel projet peut non seulement favoriser la connaissance de l’héritage et de l’histoire acadiens, mais aussi sa conservation en créant un intérêt chez les Acadiens pour leur passé.

C’est pourquoi le jury considère ce projet comme très pertinent et contribuant fortement à l’histoire et à l’héritage acadiens.  De plus, le jury a pu constater le genre de recherche exigée pour un tel travail et le nombre d’années que Mme Cran a investi dans la connaissance de cette région acadienne.  Le travail est aussi d’une très grande qualité si on se base sur les critères d’écriture, d’accessibilité, de méthode de travail et de recherche.  De plus, parce que l’auteur sait vous captiver et retenir votre attention, le jury estime qu’elle est largement lue par la plupart de ceux qui achètent le journal (média facilement accessible) dans lequel elle écrit ses chroniques, ce qui ajoute à la visibilité du projet.  Et si on considère que ce journal est même expédié à l’extérieur de l’Île, cela diversifie l’auditoire rejoint.  Cependant, il faut considérer que ces chroniques ne sont pas accessibles aux unilingues anglais.

Mention honorable :

Le juré a donné une mention honorable au Comité Tourisme Acadien Prince Ouest pour son projet “La reproduction du débarquement de Jacques Cartier à l’Île Saint-Jean en 1534″.

Commentaires du jury :

Le jury fut très impressionné par la qualité de réalisation du dossier qui lui a été remis.  De plus, en lisant les découpures de journaux tant francophones qu’anglophones, il réalise que ce projet a rejoint beaucoup de gens de différentes parties de l’Île comme de l’extérieur, de différentes cultures et de différents âges.  Il nous apparaît qu’une très grande somme de personnes-temps-énergie fut dépensée pour la réalisation du projet comme du rapport.  De plus, le projet s’est déplacé sur l’Île, ajoutant à sa visibilité.  Le jury tient aussi à féliciter le Comité T.A.P.O. pour son initiative et sa bonne organisation.  Finalement, les nombreux prix remportés par ce projet et les commentaires relatés dans les journaux nous incitent à croire que le travail réalisé en était un de qualité supérieure.

Rapport annuel du président de la Société historique acadienne

1985 par Francis C. Blanchard

 

Il me fait plaisir de vous souhaiter tous la plus cordiale bienvenue à la réunion annuelle de la Société Historique Acadienne de l’Île-du-Prince-Édouard.

J’espère que vous trouverez nos délibérations des plus intéressantes.  Je vous invite à participer à nos discussions.  J’exprime au nom de l’auditoire une bienvenue spéciale à M. Bernard LeBlanc, directeur du Musée Acadien à l’Université de Moncton qui sera notre conférencier invité ce soir.

Je ne peux pas passer sous silence le fait que nos assises de cette année marquent le 30e anniversaire de la fondation de notre Société.

La Société Historique Acadienne de l’Île-du-Prince-Édouard tire ses origines d’un comité historique, généalogique et littéraire qui avait été créé par la défunte Association des Instituteurs et Institutrices Acadiens de l’Île-du-Prince-Édouard pendant son 62e congrès annuel tenu en 1955 en la salle paroissiale de Miscouche.

Mesdames et Messieurs c’est à votre vaillante association d’enseignants et d’enseignantes acadiens d’autrefois que nous les Acadiens de l’Île doivent une dette de reconnaissance pour toutes les initiatives qu’elle a su engendrer afin de doter le peuple acadien d’instruments et d’institutions à caractère national pour favoriser sa survivance, son développement et son épanouissement.

L’Association des enseignants acadiens de l’Île a aussi enfanté La Société Saint-Thomas d’Aquin, lors de son 27e congrès à Bloomfield en 1919.

La première réunion du comité historique, généalogique et littéraire eut lieu le 14 novembre 1955.  La réunion fut sous la présidence de M. le juge Sylvère DesRoches.  Les autres membres présents étaient:  M. le docteur J.-Henri Blanchard, Mme Dolor Richard, M. Jérémie Pineau et Soeur Antoinette DesRoches, C.N.D.  Le comité s’est donné le nom, Le Comité Historique, Généalogique et Littéraire Acadien de l’Île-du-Prince-Édouard.

Le premier Comité exécutif fut élu comme suit :

Président:  M. le juge Sylvère DesRoches
Vice-présidente:  Mme Dolor Richard
Secrétaire-trésorier:  M. Jérémie Pineau

Le comité de la constitution se composait de:  M. le docteur J.-Henri Blanchard, M. J.-Edmond Arsenault, et M. le juge Sylvère DesRoches.  Un président fut nommé pour s’occuper d’une des sections :

Historique:  M. l’abbé Charles Gallant
Généalogique:  M. le docteur J.-Henri Blanchard
Littéraire:  Soeur Ann Elizabeth White, C.N.D.

Dès le début du Comité, on discutait du besoin d’établir un musée acadien.  Cette idée ne prendra pas racine avant 1964, lorsque fut fondé le Musée Acadien à Miscouche.

Ce ne sera qu’en 1967, l’année du centenaire de la Confédération canadienne, qu’on établira la présente Société Historique Acadienne de l’Île-du-Prince-Édouard.

Après avoir opéré depuis son établissement en 1955 à l’échelon de comité, le Comité Historique, Généalogique et Littéraire est passé au statut de société.  Et dès lors elle portera le nom de:  La Société Historique Acadienne de l’Île-du-Prince-Édouard.

À la réunion du 13 novembre 1967, le Père Jean F.-Buote a recommandé la fondation de la Société Historique Acadienne de l’Île-du-Prince-Édouard dans son rapport du comité organisé pour étudier le futur du Comité Historique, généalogique et littéraire établi en 1955.

Les personnes qui ont servi dans ce comité d’étude furent M. l’abbé Jean Buote, M. J.-Edmond Arsenault et M. Benoit-W. DesRoches.

La proposition de la nouvelle fondation est présentée à une assemblée générale par M. le docteur J.-Aubin Doiron, et est appuyée par M. l’abbé Charles Gallant.  La proposition est acceptée à l’unanimité.

Un comité fut choisi pour rédiger une nouvelle constitution.  À la réunion du 19 août 1970, les statuts et règlements furent débattus longuement et finalement adoptés.

Le premier comité exécutif de la nouvelle société se composait comme suit :

Président:  M. J.-Edmond Arsenault
Vice-président:  M. l’abbé Jean-F. Buote
Secrétaire:  M. Francis-C. Blanchard
Trésorière:  Soeur Antoinette DesRoches, C.N.D.
Conseillers:  M. Antoine Richard, M. J.-Albert Gallant et M. le docteur J.-Aubin Doiron

Les années 1955, 1964 et 1967 sont donc trois dates de grande signification historique :

1955 – la fondation du Comité Historique, généalogique et littéraire sous l’égide de l’Association des Instituteurs et Institutrices Acadiens de l’Î.-P.-É.  C’est aussi l’année du Bicentenaire de la Dispersion des Acadiens de 1755.

1964 – la fondation du Musée Acadien à Miscouche – pour coïncider avec les fêtes provinciales marquant le centenaire de la première réunion des Pères de la Confédération canadienne tenue à Charlottetown en 1864.

1967 – l’établissement de la Société Historique Acadienne de l’Île-du-Prince-Édouard – réalisé en la même année que les Canadiens célèbrent le centenaire de la Confédération canadienne de 1867.

Nous ne faisons pas les choses par des petite mesures – n’est-ce pas?  Et ce qui est significatif encore dans l’histoire de notre fondation, c’est que nous les Acadiens avons choisi Miscouche, où nous avons fondé ces organismes qui sont appelés à nous aider à promouvoir et à sauvegarder nos intérêts historiques comme peuple acadien; et cela à l’endroit même où nos chefs acadiens, en 1884, ont délibéré pour le choix du drapeau tricolore avec son étoile et l’hymne national, l’Ave Maris Stella.

Depuis sa fondation en 1967, la Société Historique Acadienne l’Île-du-Prince-Édouard a réalisé plusieurs projets de grande importance historique.  Parmi ceux-ci mentionnons:

1)  Le dévoilement en 1976 du monument à la mémoire des anciens Acadiens de la Rivière Platte – berceau des paroisses acadiennes du comté de Prince – dont les ossements furent transportés dans le cimetière de Miscouche.

2)  La publication d’un bulletin sous le titre de La Petite Souvenance.  Cette parution est en date de 1979 – l’année du 375e anniversaire de la fondation de l’Acadie et du 60e anniversaire de la fondation de la S.S.T.A.  Un numéro spécial de La Petite Souvenance fut préparé par La Société Historique pour commémorer le centenaire du Drapeau acadien.

3)  La Société Historique organise deux ou trois rencontres régionales chaque année, afin de faire mieux connaître notre héritage et notre patrimoine acadiens.

4)  La Société a mené une campagne assidue auprès des autorités de l’Église unie de Malpèque, afin de récupérer la vieille cloche de la paroisse de la Sainte Famille de l’ancien Malpec des Acadiens avant la Déportation de 1758.  Ses efforts ont été jusqu’à date sans succès.  Espérons qu’un jour cette relique nous sera remise entre nos mains!

5)  Tout récemment la Société Historique a institué le Prix Gilbert-Buote pour commémorer le nom d’un grand patriote acadien de l’Î.-P.-É.  Le prix est décerné à une personne ou autres qui auraient complété un travail d’intérêt historique acadien.

Après avoir passé en revue les péripéties de notre Société depuis sa fondation en 1955, faisons un bref compte rendu de son oeuvre pendant l’année qui vient de se terminer.

Mon comité exécutif se composait de M. Georges Arsenault-Président sortant de charge, M. l’abbé Charles Gallant-Vice-président, Mme Cécile Gallant-Secrétaire, Mme Avéline Pitre, M. l’abbé Albin Arsenault, M. Gary Robichaud et M. Joseph Cormier-Conseillers, et Francis Blanchard votre Président.

Durant l’année le comité exécutif a tenu trois réunions.  Nous avons pris les décisions nécessaires au bon fonctionnement de l’organisme.  Nous avons organisé deux rencontres régionales – une au Centre Culurel Port LaJoie à Charlottetown, et l’autre au Centre Dalton à Tignish.

À Charlottetown, quoiqu’il ny avait qu’un très petit nombre dans l’auditoire, Georges Arsenault, Marcella Perry et Francis Blanchard ont projetté leurs diapositives des lieux historiques acadiens en Poitou-Charentes et d’autres lieux en France.

À Tignish, où là encore, le nombre de participants était restreint, Mme Elizabeth Cran a su intéresser les gens avec sa présentation des mystères de l’histoire locale.

Notre grand projet de l’année s’est porté sur la continuation de la recherche sur la vie et l’oeuvre de feu le docteur J.-Henri Blanchard.  Mme Cécile Gallant fut embauchée comme recherchiste.  Personnellement, je suis très satisfait du travail réalisé par Cécile.

Lorsqu’elle est venue chez moi me passer à l’entrevue, nous avons pu jaser ensemble une bonne partie de la journée.  Je me suis aperçu dès le début de notre entretien, qu’elle avait très bien saisi l’esprit de l’homme et de son oeuvre.  Cela m’a beaucoup plu.  Cécile semblait entrer intensément en sa matière, tel qu’on aurait dit qu’elle l’avait connu de son vivant.

À l’heure actuelle notre Société compte 165 membres en règle:

2 membres honoraires
3 membres à vie
7 associations-membres, dont une bienfaitrice
153 membres réguliers, dont quatre bienfaiteurs

En conclusion, je désire remercier tous ceux qui ont aidé pendant l’année à faire avancer notre cause – l’exécutif; Georges Arsenault surtout pour son implication dans la publication de La Petite Souvenance et dans son travail dans le projet du Prix Gilbert Buote; et les équipes qui ont travaillé avec Georges dans ces deux activités; à Cécile un gros merci, comme secrétaire et comme recherchiste dans le projet de la vie et l’oeuvre de J.-Henri Blanchard.  Je dois la remercier spécialement pour la contribution qu’elle a faite lorsqu’elle a représenté la Société Historique de l’Île aux fêtes du 25e anniversaire de la Société Historique Acadienne à Moncton, N.-B.  Elle a fait, me dit-on, une présentation superbe de son projet – “La vie et l’oeuvre de J.-Henri Blanchard”.  Merci également à tous ceux qui ont rendu nos rencontres régionales des succès.  À la S.S.T.A., merci également pour votre appui.  Et finalement un merci sincère à tous nos sociétaires.  Si notre Société marche de l’avant, c’est parce que nous avons des membres fidèles.

Francis C. Blanchard, Président
le 24 novembre 1985

Rapport annuel du président du Musée acadien

1985 par J.-Edmond Arsenault

 

L’Association du Musée Acadien Incorporée vient de débuter, il y a quelques mois, sa vingt et unième année d’existence.  Elle a donc atteint l’âge adulte.  Au cours des années, grâce surtout au travail bénévole et malgré une pénurie de ressources financières, l’organisme n’a pas cessé de progresser et de jouer son rôle dans l’étude, la collection, la préservation et l’interprétation de l’histoire, des traditions et du patrimoine acadiens de l’Île-du-Prince-Édouard qui, à l’époque de la fondation de sa première colonie française, en 1720 jusqu’en 1798, portait le noble nom de l’Isle Saint-Jean.

Au cours de l’année qui vient de se terminer, ses activités, ses progrès et ses réalisations ont été très marquants.  Dans un rapport nécessairement succinct, nous ne ferons que mettre en évidence les faits les plus saillants qui ont contribué au bon fonctionnement du musée et à l’atteinte, dans la mesure du possible, de ses buts et ses objectifs tels qu’inscrits dans sa constitution.  Pour le moins, la situation actuelle est fort encourageante.

Depuis la dernière assemblée générale annuelle, le conseil d’administration a tenu sept réunions.  Parmi ses actions les plus importantes, notons la mise en place d’un comité des collections; un comité de recrutement de membres; négociations au sujet de l’achat du terrain; un comité des programmes, formulation de demandes d’aide financière; présentations à plusieurs organismes et instances gouvernementales.  Le conseil d’administration a établi un ordre de priorités dans l’aménagement des édifices requis:

A.  La construction d’un nouvel édifice muni des aménagements nécessaires à la climatisation propice à la conservation des documents et artefacts.

B.  Rénovation de l’ancien édifice dans le but d’en faire un lieu d’accueil, de visionnement de diapositives et d’instruction.

C.  Le centre d’études acadiennes a besoin d’un édifice ou d’une partie d’un édifice possédant de moyens de climatisation semblables à ceux du musée.  Bien que ce soit la troisième priorité, l’étude du plan schématique et le coût de construction sont aptes d’indiquer que ce centre soit logé dans le même édifice que le musée plutôt que dans un bâtiment séparé construit à une date ultérieure.

Nous sommes heureux de constater que la clientèle ait augmenté d’environ 1000 visiteurs au cours de la dernière année.  Par le biais de l’annonce, d’expositions spéciales et d’une programmation bien ordonnée nous espérons d’attirer un plus grand nombre de visiteurs.  Nous avons placé une annonce dans Graphic.  Nous pourrons vendre leurs livres à colorier et faire un bénéfice supplémentaire à l’annonce.

L’Association du Musée Acadien a placé une annonce dans le cahier préparé par La Voix Acadienne pour le ministère du Tourisme de l’Île-du-Prince-Édouard.  Ce cahier est distribué à 140,000 exemplaires inclus dans une édition du Soleil, journal publié à Québec.  Cette annonce et celle du Village Pionnier Acadien devraient résulter en un apport sensible de visiteurs québécois dans les régions acadiennes de l’Île.

Projets :

Au cours des quelques dernières années, le musée a bénéficié de plusieurs projets dont le financement nous parvenait des instances gouvernementales ou muséales.

L’administratrice, Soeur Marguerite Richard, rapportera l’exécution de travaux et de projets complétés et en cours tant dans des réparations à l’édifice que dans l’indexage, identification et catalogage des artefacts en inventaire.

Le financement :

Le financement demeure le problème numéro un.  Au cours de ses vingt et un ans d’existence, les opérations du musée ont survécu grâce au travail bénévole de deux religieuses de la Congrégation Notre-Dame qui en ont fait gratuitement l’administration.  Malheureusement, ce régime tire vers sa fin et, dès le début de l’année prochaine, nous devrons recourir aux services d’un directeur rémunéré.  Nous prévoyons aussi l’emploi d’un directeur du centre d’études acadiennes, un animateur-éducateur et une secrétaire.  Pour ces trois derniers postes à demi-temps nous avons soumis des projets demandant l’aide financière du Secrétariat d’État.

Il sera donc de mise au cours de l’année financière qui vient de débuter de découvrir des sources de financement aptes à garantir le fonctionnement continu de l’organisme.  Le rapport Barry Lord fait quelques suggestions auxquelles s’en ajoutent d’autres:

1.  Campagne de financement
2.  Membres corporatifs
3.  Clubs de 1,000$, 500$, 100$, 10$
4.  Les Amis du Musée Acadien 20$ ou 25$
5.  Membres à Vie
6.  Membres bienfaiteurs
7.  Legs testamentaires

Peut-être que vous avez d’autres suggestions.  Nous pourrons en discuter, plus tard, aux affaires nouvelles.

Développement :

Un de nos besoins les plus pressants se veut l’embauche d’un agent de développement.  Nous en avons fait la demande dans un projet présenté au Secrétariat d’État mais à cause des restrictions financières, les argents attribués sont restés au même niveau que l’an dernier; il n’y a donc rien pour le financement de nouveaux projets.  Sans agent de développement il est assez difficile de faire un travail bien ordonné et de faire le suivi des négociations entreprises et à entreprendre.  Si nous ne pouvons trouver de ressources financières pour embaucher cet agent, peut-être nous faudra-t-il recourir aux services du S.A.I.C. du gouvernement du Québec qui nous consentirait peut-être le prêt d’une personne dont le salaire et les frais seraient défrayés par lui.

 Rénovations et aménagement :

À l’encontre du financement des salaires, il semble que l’aide financière destinée à la rénovation et à la construction soit plus facile à obtenir des diverses instances gouvernementales.  Le ministère des Communications et les Musées nationaux offrent des subventions en ce sens.  Le M.E.I.R. et d’autres ministères fédéraux peuvent aussi nous aider.  Les ministères des Affaires communautaires et culturelles et de l’Éducation de notre province devraient octroyer un apport financier à notre entreprise.

Mais avant de soumettre des requêtes aux instances indiquées plus haut, il nous faut embaucher un architecte dont la tâche sera de préparer un avant-plan ou dessin schématique.  Ce projet coûterait 7,580$.  Nous avons soumis un projet d’aide financière au ministère des Communications qui pourrait, nous croyons, nous accorder 50% de la somme prévue, soit 3,790$.  Il nous reste à fournir l’autre moitié.  Nous avons déjà fait des démarches pour obtenir ces argents.  Nous allons inviter le gouvernement provincial à contribuer sa part.

Aide financière provinciale :

Nous venons de terminer la rédaction d’un mémoire qui, dans quelques semaines, sera présenté au premier ministre, au ministre des Affaires communautaires et culturelles ainsi qu’au ministre de l’Éducation.  Ce mémoire leur expose nos projets et les invite à nous accorder le support moral et l’aide financière nécessaires à la réalisation de nos projets.

Nous avons entamé des négociations pour l’achat du terrain; nous ne sommes pas encore arrivés à une entente.  Si vous désirez d’autres précisions nous vous les relaterons verbalement.

Remerciements :

Nous tenons à remercier la Société Saint-Thomas d’Aquin, le Comité de Gestion, les Musées Nationaux, la Société Nationale des Acadiens, le Secrétariat d’État, le ministère des Communications ainsi que tous les organismes et les individus qui nous ont rendu des services quelconques au cours de l’année.

Merci aux membres du conseil d’administration en marge de leur assiduité, leur intérêt et leur collaboration.

Enfin, il nous doit de présenter des remerciements spéciaux et exprimer notre plus vive reconnaissance à la directrice du musée, Soeur Marguerite Richard, à l’endroit de son dévouement, de son travail assidu et d’une tâche fort bien accomplie au cours des années où elle a dirigé les opérations du Musée Acadien.  C’est à regret que nous avons accepté sa décision de terminer son mandat de directrice le 31 décembre de cette année.  Nous nous empressons de lui souhaiter les plus grands succès dans sa nouvelle sphère d’activités plus étroitement liées aux buts et objectifs de sa congrégation.  Nous espérons que nous pourrons la consulter et lui demander ses avis sur l’aménagement de l’édifice et tous les autres aspects du fonctionnement du Musée.  Nous ne pouvons exprimer avec assez de sincérité nos remerciements et notre reconnaissance à la Congrégation Notre-Dame qui a si gracieusement permis à ses religieuses de travailler bénévolement à l’épanouissement de cet organisme acadien.

J.-Edmond Arsenault
le 11 juin 1985