Catégories: ‘La Petite Souvenance 1984 (No 11 – déc.)’

Nouvelles de l’empremier

1984 par Contribution anonyme

 

1871 – Exportation :  “On écrit à l’Île-du-Prince-Édouard que l’année dernière plus de 1,800,000 minots d’avoine ont été exportés en Europe, outre 300,000 minots aux États, faisant une valeur total de $750,000.  On exporte aussi des patates, mais la plus grande partie est convertie en porc, dont l’exportation s’est montée à $280,000 l’année dernière.  On y récolte aussi beaucoup d’orge, mais elle est presque tout consommée dans les brasseries qui sont en nombre de sept à Charlottetown et les environs.”  (Le Moniteur Acadien, le 16 juin 1871.)

 

1885 – Kildare Station (Saint-Louis) :  “On nous apprend de Kildare Station, Î.-P.-É., que le 29 mars M. Patrice Pitre et quelques amis ont tué un ours pesant 385 livres.  Il y en a d’autres, dit-on, dans le voisinage, et l’on se propose de leur faire bonne garde.”  (Le Moniteur Acadien, le 9 avril 1885.)

 

1887 – Fifteen Point (Mont-Carmel) :  “M. Amand Richard, de Fifteen Point, dont le Moniteur a enregistré les succès horticoles l’année dernière, est encore cette année à la tête des propriétaires de beaux jardins.  À la fin d’août on voyait dans son jardin un chou de 47 pouces d’un bout d’une feuille à l’autre; une citrouille de 40 pouces de circonférence; un navet de 25 pouces de longueur; une betterave de 18 1/2 pouces; un mangel-beet de 11 1/2 pouces; un oignon de 11 1/2 pouces; une cosse de fève de 11 1/2 pouces; et une tige d’avoine qui avait 65 pouces de hauteur.  M. Richard a l’intention de porter ces divers produits à l’exposition de Summerside, où le succès l’attend.”  (Le Moniteur Acadien, le 13 septembre 1887.)

 

1891 – Baie-Egmont :  “Mme Veuve Prospère Arsenault, d’Egmont Bay, soeur de l’hon. Jos. O. Arsenault, a eu l’infortune de passer au feu vendredi dernier.  Le gros vent qu’il faisait, éparpillait les étincelles d’un feu de terre neuve, à une distance de l’habitation, et c’est une de ces étincelles qui a mis le feu à la maison et à la grange.  On n’a eu que le temps de sauver un moulin à coudre et une voiture.  Tout le reste a été réduit en cendres.  Mme Arsenault a eu beaucoup de peine à arracher aux flammes sa vieille mère, âgée de près de cent ans, et en opérant ce sauvetage héroïque elle s’est brûlée la figure et les mains.  Il n’y avait pas d’assurance sur les bâtisses et les pertes de Mme Arsenault sont considérables.”  (Le Courrier des Provinces Maritimes, le 3 septembre 1891.)

De Summerside à Tignish en 1884

1984 par Contribution anonyme

 

L’article ci-dessous a été publié en deux tranches dans Le Moniteur Acadien (Shédiac) à l’automne 1884, soit les 20 et 27 novembre.  Bien que l’article soit pas signé, nous savons que l’auteur n’est nul autre que Pascal Poirier (1854-1933), de Shédiac.  Rappelons-nous que ce dernier était, à l’époque, un des plus grands chefs et animateurs acadiens.  En 1885, à l’âge de 33 ans, il devenait le premier sénateur acadien.

Pascal Poirier, avec Pierre-Amand Landry, avait été le principal organisateur de la Convention nationale des Acadiens, tenue à Miscouche en 1884.  Quelques mois après le grand rassemblement, Poirier revenait à l’Île visiter les communautés acadiennes du comté de Prince, probablement dans le but d’encourager les gens à donner suite aux recommandations de la Convention, mais avant tout pour se réconcilier – au nom du comité organisateur – avec les Acadiens de Tignish qui ne s’étaient pas présentés à Miscouche.  Ils avaient boudé le grand rassemblement, à l’instigation de l’honorable Stanislas Perry, parce qu’ils auraient bien voulu que le Congrès ait eu lieu chez eux.

Cent ans plus tard, on lira avec un grand intérêt la description du voyage de Pascal Poirier à l’Île-du-Prince-Édouard.  Il nous brosse effectivement un tableau vivant des paroisses acadiennes, s’attardant parfois à des détails tout à fait colorés.  Comme on le constatera, Poirier maniait très bien la plume.  Il est d’ailleurs considéré comme l’un des meilleurs écrivains, sinon le meilleur, que l’Acadie ait connu.  Quelques notes biographiques sur Poirier ont été publiées dans le dernier numéro de La Petite Souvenance, pages 28 et 29.

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Le voyageur qui part de Shédiac par un beau soleil de novembre, et qui arrive à Summerside sous une pluie battante, au milieu de ténèbres profondes, trouve la transition bien désagréable et n’a guère envie de se louer de son sort quand, au sortir du bateau-à-vapeur, il lui faut franchir, dans la vase jusqu’au mollet, son bagage sur l’épaule, toute la distance d’un quai considérablement long déjà en temps clair, mais qui paraît interminable dans l’obscurité.

L’Île-du-Prince-Édouard est appelée à juste titre, la Perle de l’Océan.  Elle n’a qu’une tache, Summerside.  Au lieu de disparaître, cette tache s’accentue.  Cette ville m’a paru plus sale qu’il y a quatre ans, alors que j’eus, comme aujourd’hui, l’avantage de visiter une grande partie de l’Île.  Les maisons sont vieilles, les trottoirs indécents, et de loin en loin, un lampion solitaire éclaire la nuit les passants et conduit les étrangers.  Ses rues sont larges, cependant, et seraient belles si elles étaient mieux entretenues et bordées moins rarement de grands édifices.  Summerside, malgré la vase qui la couvre, est une ville riche et renferme des millionnaires.  Si elle paraît endormie ce n’est pas faute d’argent; ses habitants veulent peut-être en faire une relique du temps passé.

De Summerside en allant à l’ouest, le premier endroit qu’on rencontre est Miscouche, qui restera célèbre comme ayant été le siège de la première convention acadienne tenue sur l’Île.  Ses maisons blanches, ses bâtiments également blanchis et bien entretenus, son terrain élevé et sec, en font un village coquet et propre fort plaisant à l’oeil.

 
Aux États-Unis il y a le roi des chemins de fer, le roi du lard, le roi des mines etc.  À Miscouche on a le Roi des Huîtres.  Ce titre sied aussi bien à M. Gilbert Desroches que les titres ci-dessus à Vanderbilt ou aux autres princes du commerce américain.  La quantité d’huîtres exportées chaque année de cette localité sur les marchés de Québec, Montréal est énorme et M. Desroches en est le principal commerçant.  Les quarts vides seuls lui coûtent, cet automne, plus de $400.  MM. Honoré V. Desroches et Jean S. Gaudet, marchands, exportent aussi une grande quantité.  Le prix des huîtres est ferme cet automne, et les pêcheurs font de $4 à $5 par jour chacun.  Malheureusement, le temps n’est pas favorable et ils sont obligés de chômer souvent.

La paroisse française voisine de Miscouche est Mont-Carmel où l’on se rend en voiture en traversant un grand marécage.  Presque toute la paroisse se trouve sur un terrain bas, que les pluies d’automne détrempent à une grande profondeur et qui rendent les communications difficiles.  Les habitants, heureusement, sont énergiques et font leur possible pour rendre les chemins passables.  M. l’abbé N. C. A. Boudreault, curé de Miscouche, dessert également cette paroisse et n’épargne rien pour rendre le culte divin plus imposant.  Cet été on a donné à l’église et à ses dépendances une apparence toute neuve, et M. Landry, artiste de renom, achève d’en décorer l’intérieur de peintures magnifiques.  Les lecteurs du Moniteur auront bientôt l’avantage d’en lire une belle description due à l’une des meilleures plumes françaises de l’Île, M. Elisée Gallant.

Une distance de cinq à six milles sépare Mont-Carmel de la Roche, ainsi nommée parce que, du large en venant de Shédiac, on aperçoit une grosse pierre qui est comme le chapeau de la localité.  Cette roche énorme, plus grande qu’aucun bâtiment, servait, dit la légende, de rendez-vous aux sorciers et aux lutins du temps jadis, qui y tenaient leur sabbat.

Egmont Bay (ou la Roche) est une grande paroisse dont le rivage est parsemé de factories de homard.  La pêche de ce crustacé a été moyenne, cet été, et l’extension de temps accordé par le gouvernement a été publiée trop tard pour être bien profitable.  Ici il n’y a pas de magasin près de l’église.  Le commerce se fait aux stations du chemin de fer, qui passe loin en arrière de la paroisse.  À Wellington on trouve le magasin de l’hon. Jos. O. Arsenault et l’établissement de M. John Barlow.  Dans la même bâtisse, M. Barlow a réuni un moulin à planches et à bardeaux, un moulin à farine et un moulin à carder et à fouler.  Ce dernier département manufacture une grande quantité d’étoffe qu’on envoie de Shédiac et des environs, et jouit d’une bonne réputation pour la beauté et la bonne qualité de l’ouvrage qu’on y fait.

Le magasin de M. Arsenault a plus que doublé en longueur dans les quatre dernières années, et est un immense entrepôt où sont entassées marchandises sèches, groceries, merceries, et toutes sortes d’articles de commerce.

Il se fait, à cette maison, plus d’affaires, dit-on, que dans le plus gros magasin de Summerside.  Tous les produits agricoles de la paroisse, pour ainsi dire, sont apportés à ce magasin, d’où on les exporte à l’étranger.  M. Arsenault a aussi un autre magasin à la Roche même, dirigé par M. Sylvain E. Gallant; mais bien que ce soit l’ancienne place d’affaires, il a vu ses beaux jours et n’existe plus que pour les besoins immédiats de la localité.

La station Richemond est le débouché de la partie nord d’Egmont Bay.  M. Etienne Gallant, citoyen entreprenant, y a transporté un magasin et ne tardera pas à y ouvrir un gros commerce.

Egmont Bay est relativement une paroisse encore jeune.  M. Cyrille Gallant, vieillard encore vert et aimable causeur, raconte qu’il est l’un des trois survivants des cinq premières familles qui vinrent s’y fixer.  Elles vinrent de Summerside en bateau, et débarquèrent à la Roche où nulle habitation n’avait encore été élevée.  C’était vers 1820.  Les enfants grandirent, d’autres familles virent se joindre aux premières, et aujourd’hui c’est l’une des principales paroisses de la province.  L’église est vaste et belle, et il ne manque qu’un orgue pour en faire un temple de premier rang.  On y compte plusieurs écoles, dont la principale est sous la direction de M. Henry Cunningham, jeune homme de talent, qui parle et enseigne bien le français.  La salle Saint-Pierre est une grande bâtisse qui sert de lieu de réunion aux paroissiens, et où se trouve une bibliothèque à la disposition des familles, moyennant cinq centins par année.

Entre la Roche et Tignish, le seul établissement français d’importance est Cascampèque, dont les huîtres sont bien connues.  C’est un endroit qui ne fait que de se réveiller sous l’influence du chemin de fer, qui passe à trois milles de l’église.  Deux cantons nouveaux viennent de s’ouvrir à la culture et promettent de devenir des établissements prospères – Piusville et Mill River.

Nous passons Alberton, ville sans importance, pour arriver à Tignish, ou au Toguish dans le langage des anciens.  Tignish est à l’Île Saint-Jean ce que Memramcook est pour Westmorland, Bouctouche ou Saint-Louis pour Kent, et Caraquet pour Gloucester.  Avec cette différence, que c’est encore plus grand.  Il y a là de quoi tailler trois ou quatre paroisses.  Déjà on en a détaché une partie qui forme maintenant la cure de Kildare, dont M. l’abbé A.J. Trudelle est le premier titulaire.  Tous les monuments religieux sont vastes à Tignish, église, couvent et presbytère; l’école et la gare sont également de grandes bâtisses, les magasins sont nombreux et bien achalandés, et c’est la seule localité française de l’Île où l’on trouve des hôtelleries à la main; celle de M. le capt. France Gallant – résidence la mieux montée de l’endroit et dont la pareille ne se trouve peut-être nulle part ailleurs – est moins un hôtel qu’une grande maison hospitalière.  L’église est un immense édifice en brique, que le manque de jubé et les hautes colonnades minces font paraître encore plus grand.  Dans le fond, néanmoins s’élève l’élégante galerie des chantres où est majestueusement assis un orgue de première grandeur, l’un des plus beaux et des plus puissants du pays; il a coûté $2,500.  Le jour de la Toussaint, on y a chanté la plus belle messe qu’ont ait jamais entendue dans cette paroisse.

La pêche n’a pas été bonne, cet été, sur l’Île; en quelques endroits elle a été nulle.  Certains pêcheurs, après avoir dépensé quatre piastres en préparatifs, n’ont pu en gagner que deux dans tout leur été de pêche.  Bien rares sont ceux qui ont réussi à prendre assez de poisson pour leur permettre de toucher la prime du gouvernement.  C’est pourtant quand la pêche est mauvaise et que leur travail et leurs fatigues ne rapportent rien que ces braves pêcheurs ont plus besoin d’argent.  Ne serait-il pas équitable d’accorder la prime à tous ceux qui ont passé trois long mois à la pêche, exposés au vent et à la tempête, quand bien même leurs labeurs n’ont pas été couronnés de succès?  Ce n’est pas leur faute si le poisson ne donne pas, et n’est-ce pas alors que l’hiver s’annonce plus triste, plus redoutable!  Le député qui fera partager au gouvernement cette manière de voir, se sera assuré la reconnaissance de tous les pêcheurs.

La récolte a également été mauvaise.  Assez de blé, mais pas de foin, pas d’avoine, ni de patates.  Les cultivateurs devront puiser dans leurs tirelires pour rencontrer les dépenses courantes.  Heureusement que là, sur l’Île, il n’y a pas de taxe à payer.  Quel que extraordinaire que cela paraisse, le gouvernement de l’Île-du-Prince-Édouard gère les affaires publiques, construit et entretient les ponts et les chemins, donne $100,000 par an pour fins d’éducation, etc., sans demander ni tirer un sou de la population.  C’est une administration conservatrice qui fait tout cela!  Aussi les libéraux ne lui portent guère rancune et ne se donnent-ils ce nom que pour la forme, histoire de ne pas se rouiller.  Le gouvernement Sullivan, dont l’hon. J.O. Arsenault fait partie, est bien disposé envers les Acadiens et l’année prochaine, nous dit-on, on aura un professeur à l’École normale.  C’est l’exemple du Nouveau-Brunswick qui porte ses fruits, et l’influence de la députation acadienne qui se fait sentir.  Mais si l’on voulait m’en croire, on aurait d’abord un inspecteur français.  Cela coûte un peu plus cher, mais cela est beaucoup plus efficace, et si le titulaire est à la hauteur de sa position, les écoles ne peuvent faire autrement que d’en subir la bénigne influence.  Ce serait le moyen le plus prompt et le plus sûr de faire fleurir l’éducation française sur l’Île.

Il n’y a pas de trottoirs dans les villages de l’Île.  Dans les villes, on en trouve que sur un côté de la rue, je ne parle pas de l’artère principale.  Aussi, tout le monde est bien chaussé; je n’ai pas vu une seule personne même la plus pauvre, avec des mauvais souliers aux pieds.  Qu’il fasse beau, ou que les chemins soient des torrents de boue, chacun trottine à ses affaires comme si le sol était couvert de solides madriers.  Parlant de chaussures, il est digne de mention que celles sortant de la manufacture Harper & Webster, de Shédiac, jouissent de la meilleure réputation dans l’Île à cause de leur durabilité et leur fini.  Il fait plaisir d’entendre dire que les employés de MM. Harper & Webster sont d’habiles ouvriers.

En proportion de son étendue, l’Île-du-Prince-Édouard est la partie du Canada qui produit le plus de chevaux, et de bons.  Quelques-uns sont renommés pour leur vitesse, d’autres pour leur grosseur, et tous sont très recherchés par les acheteurs de chevaux qui viennent jusque des parties les plus reculées du pays et de la République voisine.  On achète les plus pesants – 1400 à 1700 livres la plupart – pour le halage des billots; et les plus légers, rapides à la course, font les délices des amateurs de sport américains et canadiens.  À ceux qui ont besoin d’un cheval jeune, rapide, vigoureux et sain, je leur conseille d’aller voir M. Narcisse Gallant, d’Egmont Bay, qui a dans son écurie l’une des meilleures bête de l’endroit.

Le mot “convention” dont on a appris la vraie signification dans la grande réunion acadienne de Miscouche, fait battre d’orgueil et d’espoir le coeur de tout Acadien insulaire.  Dans toutes les localités françaises où je suis passé, on en parle avec amour et vénération.  L’on s’est réchauffé aux rayons de patriotisme qui ont brillé avec tant d’éclat sur les délibérations du concile acadien, et, à l’ombre du drapeau emblématique que l’on a arboré, on marche avec plus de confiance vers l’avenir; l’on se rappelle avec émotion les mâles accents entraînants et encourageants des orateurs éminents qui ont électrisé la vaste assemblée, et qui ont été toute une révélation pour la plupart des assistants.  Une paroisse seule s’est abstenue de prendre part à la fête générale et est restée chez elle pour chômer le jour de la partie.  Ce n’est point la mauvaise volonté, mais un malentendu regrettable qui fut la cause de cette abstention.  L’hon. S.F. Perry, qui m’en parlait, déplore plus que tout autre ce qui est arrivé.  Tignish est aussi français que la plus française des paroisses acadiennes.  “Il est français jusque dans les yeux, me disait avec orgueil M. Mélême Gaudet, noble vieillard de 80 ans; et à la prochaine convention, eût-elle lieu dans le fond de la Nouvelle-Écosse, Tignish sera là.”

Je regrette de n’avoir pu me rendre jusqu’à Rustico, qui est la perle de l’île, comme l’île est la perle de l’océan.  Rustico est la paroisse française la plus riche de l’île et peut-être des trois provinces.  Cette année même, qui a été si pauvre ailleurs, on a eu là une belle récolte.

Je crains d’avoir calomnié Summerside au commencement de cet article.  En repassant, elle m’a paru presque propre et jolie:  il est vrai qu’elle prenait depuis quelques jours un bain de soleil réparateur.  Il est certain qu’on ne pouvait, comme à Ottawa ces jours derniers, y faire flotter un petit navire sur la boue de sa principale rue.

Souvenirs d’un centenaire – Roch Gaudet : “J’me 100 acadien!”

1984 par Père Albin Arsenault

par Père Albin Arsenault

 

Il y a quelques semaines déjà, un membre de notre Société historique acadienne m’a demandé d’interviewer M. Roch Gaudet, puis de rédiger un article pour La Petite Souvenance.  Comme vous le savez, M. Gaudet, en août dernier, fut notre président d’honneur pour les Fêtes du centenaire du drapeau acadien car lui et le drapeau sont du même âge.  En effet, il a célébré son 100e anniversaire de naissance le 4 décembre dernier.

Notre ami centenaire porte bien son nom – Roch – il est solide comme le roc.  Malgré son âge avancé, il jouit d’une assez bonne santé, fait des petits travaux autour de la maison et de la ferme de son fils, où il habite.  M. Gaudet se déplace encore:  il participe régulièrement à la messe du dimanche et il fréquente assez souvent les parties de cartes au Club Ti-Pa.  Homme qui vit dans l’actualité, il garde également une bonne souvenance du passé.  Il s’entretient avec nous en nous présentant une page de sa petite histoire, de quelques souvenirs de sa jeunesse.  Il nous parle d’agriculture, d’éducation, de religion et de divertissements.

L’agriculture

Élevé sur la ferme, je me rappelle surtout de la faux et de la faucille pour couper le grain.  On le battait avec un flot (fléau).  Ensuite le grain était vanné au vent.  Les brises de vent nettoyaient le grain.

En ce temps-là, il y avait des moulins à farine.  Jack Harper, le grand-père de Louis, écrasait le grain.  J’en ai beaucoup vu des sacs de farine et des sacs de gru.

Ma mère marchait 10 chaînes de long pour faire son lavage au ruisseau.  Elle lavait avec une planche, un batoué.  Bien sûr, elle faisait sécher les hardes dehors.  Il n’y avait pas de machines, de sécheuses électriques dans le temps passé.

L’éducation

J’avais 7 ans quand j’ai commencé l’école.  Je me suis rendu jusqu’au 4e livre français et jusqu’au 5e livre anglais.  L’arithmétique et la géographie étaient aussi enseignées.  J’ai abandonné l’école à l’âge de 16 ans.

J. B. Gaudet fut mon premier maître d’école.  C’était un homme strict, il punissait ses élèves avec une “havre”, une canne.  Si les maîtres faisaient ça aujourd’hui, ils seraient envoyés au pénitencier!

Mes parents ont encouragé l’éducation.  L’un de mes frères, Jean, fut ordonné prêtre.  Ma soeur Marguerite était religieuse de la Congrégation Notre-Dame.  Elle a étudié aux îles de la Madeleine et elle a fait la classe jusqu’à New York.

 
La religion

À 10 ans, j’ai fait ma première communion et j’ai été confirmé le même été.  Il fallait aller au catéchiste; ce n’était pas tous les élèves qui pouvaient faire leur première communion dans le grand catéchiste.  En ce temps-là, il y avait le grand et le petit catéchiste.  Le prêtre l’enseignait pendant 3 semaines en été.  Ceux et celles qui ne savaient pas leur catéchiste étaient envoyés chez-eux jusqu’à l’année suivante.

Les divertissements

Les gens allaient aux danses, aux maisons.  Ils faisaient la musique eux-mêmes.  Même s’il n’y avait aucune musique, nous passions de belles soirées.

Dans mon jeune temps, la partie de carte qui se jouait, c’était le Pitro.  Je l’ai oublié parce que ce n’est pas un jeu qui se joue ces derniers temps.

Les noces du temps passé se fêtaient le mercredi.  On mangeait du pâté comme repas principal et comme dessert de la tarte à la mélasse.  Le mariage était béni le matin.  C’était comme ça quand je me suis marié en 1905.

Les Noels d’autrefois ne ressemblent pas ceux d’asteur.  Il n’y avait pas d’arbre ni de crèche aux maisons.  On allait voir la crèche à l’église.  On accrochait nos chaussons et on recevait que quelques bonbons.  Ç’a bien changé.  Je me demande si ç’a changé pour le mieux.

Enfin, Roch Gaudet, Acadien de sang et de coeur, est le neveu de Mgr Jean Chiasson, un ancien curé de Palmer Road et de Rustico-Sud.  Nous pouvons reconnaître cette parenté, car M. Gaudet est un homme qui vit sa foi en Jésus-Christ et est fier de ses racines acadiennes.

Registre de Port-La-Joie en l’Isle Saint-Jean (1721-1758)

1984 par Francis C. Blanchard

par Francis C. Blanchard

 

Le document communément appelé Registre de Port-La-Joie est en réalité un recueil de documents renfermant à la fois trois registres paroissiaux de l’ancienne îsle Saint-Jean.  Le premier acte est en date du 10 avril 1721 et nous y trouvons de nombreux actes semblables qui coïncident avec la période française dans l’histoire de l’Île-du-Prince-Édouard.  Ces actes couvrent les années 1721 à 1758, sauf une lacune de 1745 à 1749 lorsqu’il y eut l’occupation anglaise de l’île, durant laquelle on avait expulsé tout le clergé.  En somme, ce registre comprend les actes suivants :

1)  baptêmes, mariages, sépultures et autres actes:  île Saint-Jean, la paroisse Saint-Jean de l’Évangéliste à Port-La-Joie, (1721-1744);

2)  baptêmes, mariages, sépultures et autres actes:  île Saint-Jean, pour les paroisses Saint-Pierre-du-Nord et Saint-Jean l’Évangéliste à Port-La-Joie, (le 15 septembre 1749 au 6 décembre 1751); et,

3)  baptêmes, mariages, sépultures et autres actes:  Saint-Jean l’Évangéliste à Port-La-Joie (le 6 janvier 1752 au 30 mai 1758, quelques mois avant la Déportation des Acadiens de l’île Saint-Jean).

Avant 1752, pendant le Régime français, il n’y eut à l’îsle Saint-Jean qu’une seule paroisse, celle de Saint-Jean l’Évangéliste, à Port-La-Joie.  Cette paroisse, avec son curé résident, fut appelée à desservir toute la colonie à partir de 1720.  Le missionnaire résident parcourait toute l’île et chaque année séjournait un certain lapse de temps à Saint-Pierre-du-Nord.  C’est ainsi que nous trouvons des actes de cérémonies religieuses dans ces registres qui prirent place dans cette paroisse.  Par conséquent, les deux registres sont complémentaires.

La paroisse Sain-Jean l’Évangéliste fut établie avec l’arrivée des premiers colons français en 1720, à l’endroit où se situe Rocky Point présentement.

Le 15 avril 1720, dans le havre de Rochefort, à l’intérieur des terres, et de La Rochelle, sur l’Atlantique en France, se trouvaient trois petits navires chargés de 300 passagers, de provisions et de munitions, soit, de tout ce qui était prévu nécessaire à l’établissement d’une nouvelle colonie à l’île Saint-Jean.  Quatre mois plus tard, le 23 août, ces mêmes navires jetèrent leurs ancres à Port-La-Joie.  Ayant pris connaissance d’une nouvelle colonie française à l’île, quelques familles acadiennes de l’Acadie anglaise vinrent se joindre aux colons français

La colonie naissante avait besoin des services d’un clergé pour assurer la présence de l’Église Catholique.  Lorsque le comte de Saint-Pierre, qui avait reçu en concession ces nouvelles terres, préparait son expédition, il rencontra René-Charles de Breslay, prêtre de Saint-Sulpice.  Il le pria d’accompagner les colons.  Celui-ci n’a pas eu de difficulté à accepter, puisqu’il était déjà habitué aux rudes labeurs et aux rigueurs saisonniers du Canada.  René-Charles de Breslay avait en effet dépense 16 ans à travailler dans les missions près de Montréal.  Un jeune Sulpicien, l’abbé Marie-Anselme de Métivier, qui, lui aussi avait oeuvré dans les missions canadiennes, s’embarqua avec les colons.

Les deux pères sulpiciens étaient établis dans l’île quelques mois, quand l’abbé de Breslay écrivit le premier acte dans le registre de Port-La-Joie.  Ce premier acte, en date du 10 avril 1721, enregistre le mariage de François du Rocher, originaire de Bretagne, et d’Elizabeth Bruneau.

Selon les documents qu’on trouve aux archives à Saint-Malo et à Rennes, en France, la paroisse Saint-Pierre-du-Nord eut des registres distincts à partir de 1724, et fort probablement fut munie d’une chapelle vers la même date.  Mais de nombreux actes de cérémonies religieuses de Saint-Pierre-du-Nord figurent aussi dans les registres de Port-La-Joie.

Parmi les pièces historiques précieuses jalousement gardées par l’auteur de cet article est une photocopie de ce document.  À toutes fins pratiques, cette copie est une excellente source première d’information sur l’histoire des Acadiens de l’Île-du-Prince-Édouard.  C’est une source qui devrait être à la disposition des chercheurs de notre histoire.  Les archives diocésaines à Dun Glaston, le Musée Acadien à Miscouche, la Fondation du Patrimoine de l’Î.-P.-É., les Archives provinciales et le Centre de ressources historiques de l’Université de l’Île-du-Prince-Édouard, si ces institutions ne l’ont pas déjà procurée, devraient se la faire parvenir.  Une copie de ce document est également conservée aux Archives nationales du Canada à Ottawa et aux archives de l’Archidiocèse de Québec.

L’origine de cette photocopie est en soit une histoire des plus intéressantes.  À la demande de Monseigneur Peter MacIntyre, le troisième évêque du diocèse de Charlottetown, Pierre Margry, copiste professionnel de Paris, fit des copies exactes des registres originaux de l’îsle Saint-Jean et de nombreux autres documents.  Ce travail monumental fut exécuté de 1876 à 77, et il comprend cinq gros registres formés de documents tirés des Archives de la Marine et des Colonies à Paris.  L’ensemble de l’oeuvre de transcription porte le titre :

“Documents pour servir à l’histoire de l’Isle Saint-Jean et des pays voisins sous la domination française.”

L’originale de cette copie, compilée par M. Pierre Margry, est conservée au Centre d’études acadiennes, à l’Université de Moncton.  Comment s’est-elle rendue là-bas?

Lorsque feu J.-Henri Blanchard faisait des recherches pendant les années 1930, il est allé visiter l’ancien évêché sur la rue Great George à Charlottetown.  L’évêque du temps était Monseigneur Joseph Anthony O’Sullivan (1931-1944).

J.-Henri Blanchard lui rendit visite et lui demanda la permission de regarder au grenier et ailleurs dans l’ancienne résidence voir s’il existait des documents d’intérêt historique.  Monseigneur reconnut immédiatement l’intérêt que portait monsieur Blanchard à la chose et il l’invita de fouiller.

Après avoir cherché longuement ici-là, il découvrit dans la cave, parmi les cendres de la fournaise, ce qui ressemblait à des registres.  Hâtivement, il les retira de l’amas, et par un examen rapide il se rendit compte qu’il avait sous les yeux les manuscrits de M. Pierre Margry.

Sans doute sa surprise fut grande à sa découverte et son empressement pour les sauver des mains destructrices du concierge s’est vite manifesté.  Henri Blanchard les sortit et les montra à Monseigneur l’évêque, qui lui dit :

“Emportez-les, vous êtes le seul qui pourrait apprécier leur juste valeur.”

Très content, il partit à la maison avec son trésor sous le bras.  Les registres sont restés en sa possession jusqu’à peu de temps avant son décès.  Le Révérend Père Anselme Chiasson, o.f.m. du Centre d’études acadiennes en visite chez Blanchard les a obtenus pour qu’ils soient conservés au Centre d’études acadiennes.

À la suite des obsèques de Henri Blanchard, à ma requête, le Révérend Père Anselme Chiasson me fit parvenir la photocopie du registre, sujet du présent article.

À la première page du registre, nous lisons la déclaration suivante, signée par l’abbé de Breslay :

“Je soussigné prêtre du Séminaire de St-Sulpice, missionnaire des sauvages Algonquins et Nipissainiens de la mission de St Louis, au dessus de l’isle de Montréal en Canada, envoyé par M. Leschassier prêtre docteur de Sorbonne et supérieur dud. séminaire de St Sulpice et par M. le comte de St Pierre premier écuier de madame la Duchesse d’orléans, de l’agrément et consentement de Monseigneur de Mornay coadjuteur Mgr l’évêque de Québec et son grand vicaire, résident pour lors à Paris, voié dis-je pariceux du consentement aussi et agrément de la Cour pour servir curé dans les iles de St Jean, la Magdalaine, Miskou Brion, la Ramée et autres isles dans le golfe de St Laurent aud Canada accordées par Sa Majesté and. M. le comte de St. Pierre certifie qu’on m’a présenté le présent livre tenant 106 feuillets pour servir de registres pour les baptêmes mariages et sépultures des habitants desd. iles et qu’on n’a pas pu envoier le dit livre à Louisbourg pour le faire signer et parapher par M. le juge de la jurisdiction royale dud. Louisbourg dont les d. isles sont dépendantes, suivant l’ordonnace, à cause de la saison de l’hyver et des glaces qui empêchent la navigation.

En foy de quoy j’ay signé, le dix septième jour du mois d’avril de l’an mil sept cent ving-un.

Signé:  de Breslay, curé.”

Cette note semble contredire les histoires qui maintiennent que l’église catholique à l’Île-du-Prince-Édouard n’eût ses débuts qu’à l’occasion de l’entrée du premier acte du registre de Port-La-Joie, le 10 avril 1721.  Si ce qu’avance certains est vrai, il est difficile à concevoir que ces deux religieux aient été résidents depuis plusieurs mois dans la colonie insulaire sans y avoir au moins célébré le Saint Sacrifice de la Messe.

 
Le registre de Port-La-Joie renferme beaucoup de renseignements très intéressants.  Il peut nous apprendre à apprécier le genre de vie que les pionniers avaient à supporter aux petites heures de notre histoire.  Cet article se propose de vous faire part des détails intéressants qui sont là pour le recherchiste.

(à suivre)

Le Musée Acadien a 20 ans

1984 par La Petite Souvenance

 

Le Musée acadien de l’Île a fêté son vingtième anniversaire cet été.  C’est effectivement en 1964 que la Société historique acadienne prenait l’initiative de mettre sur pied une association qui verrait à la construction d’un musée acadien.  Grâce à une subvention reçue dans le cadre du centenaire de la première conférence des Pères de la Confédération, ainsi que d’autres contributions, le Musée a pu être construit la même année.  Parmi les fondateurs et fondatrices, l’on compte soeur Antoinette DesRoches.  Femme dynamique et déterminée, animatrice hors pair, soeur DesRoches a été l’âme du Musée.  Pendant quinze ans (1964-1978) elle a assumé la direction de l’institution avec beaucoup d’enthousiasme et d’intérêt.  En 1978, elle m’accordait gracieusement une entrevue sur la fondation du Musée.

****************

 

Georges Arsenault :  D’ou est venue l’idée de construire un musée?

Sr Antoinette DesRoches :  Le musée a été bâti en 1964.  Je dirais que pour au moins une dizaine d’années avant ça, toutes les fois que le professeur Blanchard s’en venait ici à Miscouche, il disait:  “Écoute, il faut avoir un musée à Miscouche.”  Il se mettait après moi.  “Faut avoir un musée, il faut que ce soit acadien et il faut que ça soit à Miscouche; Miscouche est central.  C’est ici que le drapeau acadien et l’hymne national ont été choisis, et c’est central.”

Alors qu’est-ce que je pouvais faire?  Alors ça tombait là.  Mais je ne sais pas combien de fois qu’il a répété ça.  Enfin, une bonne année, c’est lui qui s’est mis à la tête de ça.  Il a invité des délégués de tous les centres acadiens.  Ils se sont tous rassemblés au couvent, ici, dans ce qui est la deuxième classe.  Nous appelons ça la chambre historique du couvent parce que, en 1884, quand la deuxième Convention nationale des Acadiens a eu lieu, c’était ici à Miscouche.  Le couvent n’était pas divisé comme aujourd’hui.  Cette salle-là s’ouvrait avec des portes battantes sur la communauté qu’était une autre grande salle.  Il n’y avait pas de salle publique encore pour le monde.  Alors, quand on avait une grande assemblée, on ouvrait ces grandes portes-là puis ça mettait la deuxième classe, qu’était très grande, avec la communauté, qu’était également très grande.  Et ça faisait une belle grande salle.  Et alors quand les délégués de la Convention parlaient, c’était dans cette salle-là qu’ils allaient.  On appelait ça la chambre historique à cause de ça.  Et c’est là que nous avons eu l’assemblée pour fonder le Musée acadien.

Il y avait une vingtaine de délégués.  Leurs noms sont inscrits dans le procès-verbal.  Et puis, j’ai été nommée la présidente.  Je m’en souviens que j’étais au pupitre, j’étais présidente, parce que j’étais la présidente du comité historique.  C’est l’Association historique qu’a fondé ça, j’étais la présidente, alors j’étais assise – je m’en souviens – j’étais assise en avant, et alors ils se sont mis à discuter.  Henri Blanchard était là.  Alors tu peux penser que ç’a marché.  Puis il y avait Cyrus Gallant de Wellington (défunt), puis il y avait l’autre Cyrus Gallant et puis Théophile Blanchard, Henri Wedge; les hommes importants, tu sais, pour être les délégués.  Henri Blanchard connaissait ça, il y avait les hommes importants, puis alors, ils se sont mis à discuter, parler.  Bon, il y aura un musée puis ça sera à Miscouche.  Bon, quelle sorte?  Les Acadiens se bâtissaient des maisons en bois rond; bon, ça sera en bois rond.  (Ç’allait pas vite comme ça!)  Bon, ça va être en bois rond.  Ensuite où va-t-on prendre le bois rond?  Pareil – toute une discussion.  On pouvait l’avoir à Mont-Carmel.  Fallait l’acheter, le payer, le haler, c’était vert, toute ça…  N’importe.  Toujours, ç’a été discuté là puis quand ils ont eu fini l’assemblée, il y aurait un musée acadien bâti à Miscouche.  Et le comité avait été nommé.  Leurs portraits sont dans le musée.  J’ai cru que ça valait la peine, les fondateurs du musée, de faire un beau grand portrait.

Le président qu’ils ont choisi – un bon homme – docteur Doiron, lieutenant-gouverneur d’aujourd’hui.  On pouvait pas avoir meilleur.  Ensuite, vice-président, Eddie Gaudet, un homme de Miscouche, très important, très capable (défunt); trésorier, Ben DesRoches, il était capable de faire ce job-là; secrétaire, moi.  Ensuite, il y avait Francis Blanchard, il y avait son frère qu’est mort subitement, Henri Wedge, Hubert McNeill.

Bien je crois la chose qu’était la plus rare, c’était rare, c’était l’argent.  On n’avait pas le sou.  Ils m’ont nommée secrétaire.  Il me semble que j’étais trésorière aussi.  Je devais toujours trouver de l’argent.  On n’avant pas le sou, alors fallait trouver de l’argent.  À la fin de l’assemblée, il y avait un monsieur de Québec, je me rappelle pas de son nom, il a venu à moi puis il m’a donné $10.  Donc, j’avais $10.  Ce $10 là, fallait que je donne ça au musée.  Puis j’avais rien pour acheter.  Maintenant, j’étais secrétaire, il me fallait un livre, puis j’avais pas le sou.  J’ai demandé à ma mère – ma mère était une bonne Acadienne – j’ai dit:  “Ma mère, il me faut 50¢, je vais m’acheter un cahier pour écrire le rapport de notre assemblée et puis il me faut des timbres pour écrire à quelqu’un.”  Correct.  Ma mère m’a donné de l’argent.  “Arrange-toi.”  Alors j’ai acheté un cahier, 50¢, c’était ça notre premier cahier.  Soeur Marguerite Richard l’a encore avec tous les premiers rapports dedans.

Maintenant Cyrus Gallant était fin.  Cyrus Gallant m’a envoyé 500 adresses pour écrire.  Il connaissait tout le monde.  Alors j’ai écrit 500 lettres et sais-tu, presque tous ont répondu et on a fait $500 avec ça.  Alors, on avait quelque chose toujours pour commencer.  Bien, ils ont commencé comme ça.  Ils ont commencé la construction au mois de juin.  On a pu recevoir du monde vers le premier juillet, je pense, et l’ouverture officielle était le 25 août, la fête de Saint Louis.  Il y avait une foule.  Le gouvernement nous a donné à cette occasion un autre $500.

Georges Arsenault :  Les objets qui sont dans le musée, est-ce qu’on a fait du porte à porte pour les ramasser?

Sr Antoinette DesRoches :  C’était Cyrus à Jos Manuel encore qu’était fin.  Il a dit:  “Viens avec moi à Egmont-Baie.  Je connais des maisons qu’ils ont quelque chose.”  Correct.  Alors Cyrus à Jos Manuel m’a pris une journée puis on a visité plusieurs maisons.  Puis le monde était très généreux.  Ils avaient été avertis, je pense, d’avance.  Je me rappelle surtout une maison où j’ai été.  Je me rappelle pas le nom sur le moment.  Quand j’ai rentré, la femme a dit:  “Bien, quoi ce que tu veux?”  J’ai regardé, il y avait une belle chaise.  Ah, j’ai dit:  “Ça, que ça serait donc beau.”  Cette chaise-là, c’est soit son père ou son grand-père qui s’assisait dans cette chaise-là à tous les jours, près du feu.  “Bien, tu l’auras.”  Elle est rose.  Elle est conservée mieux que chez eux. Alors partout, aux maisons, c’était pareil:  “Qu’est-ce que tu veux?”  “Tu peux avoir ça, tu peux avoir ça.”   Alors, on avait ramassé pas mal.  Mais, une autre journée, Eddie Gaudet, qu’était le vice-président, qui restait ici, a dit:  “Correct, j’airai te mener toi aussi.  On essayera ce qu’on peut faire.”  Ça fait, on a continué puis on a été à d’autres maisons.  Le monde était très généreux.

Alors, il y a des objets là qu’on a eus puis qu’on voudrait pas que le monde viendrait chercher.  Comme des vieux objets.  Père Arsenault était un homme qui devançait son temps.  Il avait été partout alentour.  Il avait ramassé au moins une douzaine d’objets, peut-être plus.  Puis lui, il mettait ça dans son salon.  Quand il avait de la grande visite, comme des gens français de Québec, il les emmenait visiter ces objets qu’il avait dans le salon qui étaient vraiment beaux.

Georges Arsenault :  Ça c’était le Père Arsenault qui était curé à Mont-Carmel?

Sr Antoinette DesRoches :  Père P.-P. Arsenault.  Quand il est mort le monde voulait pas ces vieilles affaires-là.  Le monde dans ce temps-là connaissait toute ce vieux butin-là.  Bien le Père Buote était fin.  Il les a mis dans le clocher de l’église ou ça pourrissait.  Alors, même avant que le musée soit ouvert, le Père Buote a dit:  “Prendriez-vous ces objets-là pour mettre dans le musée plus tard, ça pourrit là.”  J’ai dit:  “Correct, apportez-les.”  Il les a apportés puis je m’en souviens, c’était dans notre auditorium en-bas.  On avait tout placé ça sur le théâtre en bas.  Ça fait qu’aussitôt que le musée a été ouvert, on avait ça de prêt pour commencer.  Je pense qu’il y avait dix ou onze objets, des objets de grande valeur, qui valent beaucoup, puis ça date de 1812, pense voir, en bois, pas de clous, des chevilles.  Alors ça, c’était pour un commencement.  Maintenant, après ça, à Egmont-Baie, tout ce qu’on avait eu.  Ensuite à Miscouche une dame qui a donné un poème qui avait été composé quand le vieux Père Boudreault était ici.  Il est enterré dans notre cimetière.  Un beau poème qui avait été composé sur lui.  Elle nous a donné l’original.  J’ai l’original de ça que je garde ici, au Couvent, j’ai pas voulu risquer de le mettre au musée parce que ça sera perdu.

Georges Arsenault :  Alors les gens ont répondu assez bien à l’appel pour conserver les objets?

Sr Antoinette DesRoches :  Tout ce que nous avons là a tout été donné.  On n’a pas payé un sou excepté le gros rouet.  Un homme d’ici a été à une vente à l’encan puis quand il a vu ça, il a dit:  “C’est certain qu’ils en trouveront pas un autre.”  Alors, il l’a eu pour $2.00.  Ça fait qu’il l’a apporté puis je lui ai rendu son $2.00.  Et il y a une table pour la salle à manger, une femme de par ici voulait vendre ça.  Je savais que c’était quelque chose de valeur, puis elle voulait me la donner pour $35.  J’ai dit:  “Je veux ça.”  Alors j’ai acheté ça pour $35, la table avec huit chaises, quelque chose de très bien.  Ç’a au moins 75 ans, si c’est pas plus.  Il me semble qu’il y a un troisième objet, comme ça, que nous avons acheté.  Tout le reste a tout été donné sans payer.

La Société historique acadienne de l’Î.-P.-É. – Rapport annuel du président

1984 par Francis C. Blanchard

 

L’année 1984 demeurera une année bien spéciale dans les annales de la communauté acadienne de l’Île-du-Prince-Édouard.  Effectivement, nous avons célébré en grandeur le centenaire du drapeau et de l’hymne national acadiens choisis en 1884 lors de la deuxième Convention nationale des Acadiens, tenue à Miscouche.  Tout au long de l’année nous avons pu étudier, d’une façon ou d’une autre, cette page d’histoire qui a été si déterminante dans le développement du nationalisme culturel acadien.  Comme vous le constaterez tout à l’heure, votre Société a fort bien contribué, par divers moyens, à faire connaître cette belle période de notre histoire collective.

Disons tout de suite que la Société a connu une année assez animée.  Tout d’abord, elle a enregistré une augmentation sensible de ses membres, soit de 30 pour cent!  En fait, elle compte 2 membres honoraires, 1 membre à vie, 4 membres bienfaiteurs, 8 institutions-membres (dont 2 bienfaitrices) et 153 membres réguliers.

Au cours de l’année, le comité exécutif s’est réuni à quatre reprises afin de voir au bon fonctionnement de l’association.  Il a organisé deux rencontre régionales qui ont toutes deux bien réussi.  La première avait lieu à Charlottetown, le 10 février, à la résidence officielle du lieutenant-gouverneur, le docteur J.-Aubin Doiron.  De Tignish à Souris, nos membres sont venus nombreux à cette rencontre spéciale où ils ont pu entendre une excellente conférence sur l’histoire de la littérature acadienne, par madame Marguerite Maillet, spécialiste en la matière.  Nous tenons encore une fois à exprimer notre vive appréciation au docteur Doiron et à madame Bernice Doiron pour leur magnifique et chaleureux accueil.  La deuxième rencontre régionale avait lieu le 4 mars, cette fois-ci à Summerside.  À cette occasion nous accueillions madame Naomi Griffiths, historienne de grande renommée et spécialiste en histoire acadienne.  Dans sa conférence elle traita surtout de l’époque de la Déportation.

Cette année nous n’avons fait paraître qu’un seul numéro de La Petite Souvenance, soit le numéro 10, une publication spéciale publiée afin de marquer le centenaire du drapeau et de l’hymne national acadiens.  Ce livret commémoratif intitulé, Un peuple à unir, a été préparé grâce à l’aide d’une subvention du Secrétariat d’État et il a été imprimé avec une généreuse subvention du Gouvernement du Québec, par son Secrétariat aux Affaires gouvernementales canadiennes.  Nous en avons fait un tirage de 5000 copies.

Toujours dans le cadre du centenaire, la Société a collaboré au montage d’une exposition historique en montre pendant tout l’été au Centre Eptek, à Summerside.  Intitulée “Les Acadiens: un peuple et ses symboles”, cette exposition a été vue par plusieurs milles personnes.

Pendant les fêtes du centenaire qui se sont déroulées à l’Île du 15 au 19 août, la Société a été présente à certaines activités.  D’abord, elle a tenu un kiosque où elle avait en vente tous les numéros de sa revue, elle a lancé sa publication Un peuple à unir lors d’un lancement collectif et elle a participé à une réunion des sociétés historiques acadiennes des provinces maritimes, tenue à Abram-Village le 17 août, et organisée par Mme Muriel Roy, directrice du Centre d’études acadiennes à l’Université de Moncton.  Enfin, permettez-moi d’ajouter que votre président a donné une conférence intitulée “La colonisation et les Acadiens de l’Île-du-Prince-Édouard à l’époque des premières Conventions nationales des Acadiens”.  Il l’a donnée dans le cadre d’une série de conférences en histoire acadienne qui s’est déroulée également pendant les célébrations du centenaire.

La Société a maintenant son propre logo.  En forme ovale, on y aperçoit un petit bateau dont la charpente emprunte la forme de l’Île-du-Prince-Édouard, alors que la voile de l’embarcation rappelle le drapeau acadien.  Ce logo est l’oeuvre d’Anne Gallant, d’Abram-Village.  Aussitôt que nous aurons les moyens, nous ferons imprimer du papier et des enveloppes à en-tête avec ce signe distinctif de notre regroupement.

Le Prix Gilbert Buote ne sera malheureusement pas attribué cette année.  Aucune candidature n’a été présentée malgré les annonces que nous avons fait paraître dans trois journaux de la province et les envois de renseignements que nous avons fait parvenir à plusieurs individus.  Nous espérons cependant pouvoir le donner l’an prochain.

Voilà dans les grandes lignes ce que nous avons accompli cette année avec le temps et les moyens que nous avions à notre disposition.  Avant de terminer ce rapport, permettez-moi de mentionner quelques nouveaux projets que nous devrions songer à aborder dans un proche avenir.  En premier lieu, ne serait-il pas dans l’ordre que chaque année nous fassions une promotion de la Journée du patrimoine, laquelle a toujours lieu en février?  Ce serait une excellente occasion, à mon avis, de sensibiliser la communauté acadienne à la question de la conservation de nos biens culturels.  Peut-être que notre société pourrait travailler à un tel projet d’animation de concert avec les responsables de nos musées.  La question mérite d’être étudiée.

D’autre part, il ne faut pas oublier que notre environnement naturel, le paysage, avec tout ce qu’il comporte, fait aussi parti de notre héritage.  Jusqu’à présent, notre Société ne s’est pas intéressée à ce domaine.  Pourtant, il y aurait un grand besoin de sensibilisation vis-à-vis cette question dans nos régions.  Il faudrait en effet instruire la population sur l’importance de protéger l’environnement et de ne pas détruire le paysage.  Les caps et les dunes que l’on mange et que l’on détruit ne repousseront pas; les gros arbres que l’on abat prendront longtemps à être remplacés; les grandes fosses (pits) que l’on ouvre sur le bord de nos routes viennent aussi détruire un beau paysage que l’on ne pourra pas transmettre aux prochaine générations.  Tous ces éléments font aussi parti de notre héritage, même ils sont ce que nous avons de plus ancien dans notre entourage.

En terminant, je désire remercier les membres du comité exécutif pour leur dévouement à notre Société.  Je désire également remercier les institutions qui ont contribué d’une façon ou d’une autre à nos oeuvres, notamment la Société Saint-Thomas d’Aquin, le Musée provincial par le Centre Eptek, le Secrétariat d’État et le Gouvernement du Québec.

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Le Comité exécutif de la Société historique acadienne de l’Î.-P.-É. pour l’année 1984-85 :

Président - M. Francis Blanchard
Président sortant - M. Georges Arsenault
Vice-président - Père Charles Gallant
Secrétaire - Mme Cécile Gallant
Trésorier -  M. Albert Gallant 
Conseillers/conseillères -   

                   Mme Avéline Peters
                  Père Albin Arsenault
                  M. Joseph Cormier
                  M. Gary Robichaud

L’Association du Musée Acadien inc. – Rapport annuel du président

1984 par Contribution anonyme

 

Fondée en 1964, l’Association du Musée Acadien a doublé le cap de la vingtaine et se dirige vers la trentaine imbue de l’espoir d’entreprendre des projets qui la mettront mieux en mesure d’atteindre ses buts.  Au cours de ses quelques premières années de fonctionnement, l’Association ne disposait pas de ressources financières lui permettant de faire la catalogage, l’interprétation, la classification et l’étiquetage méthodiquement et systématiquement.  Elle a dû, de nécessité, se limiter à la collection, à la préservation et à la mise en montre des objets, outils, instruments et documents qu’elle avait en sa possession, au musée.  Elle espère qu’elle pourra, dans un avenir prochain, faire mieux apprécier l’histoire et le patrimoine acadiens aux Acadiens eux-mêmes.

L’année qui vient de se terminer a été fort bien remplie d’activités, de progrès et de réalisations.  Ce bref rapport ne fera que porter en évidence les facteurs les plus saillants qui contribuent à l’amélioration du fonctionnement immédiat et futur du musée, et à l’atteinte des buts et objectifs indiqués dans sa constitution.

Au cours de l’année financière le conseil d’administration a tenu cinq réunions.  Il a pris les décisions administratives aptes à favoriser le bon fonctionnement de l’entreprise, il a étudié les sources d’aide financière disponibles et a préparé, en collaboration avec la directrice, des projets pour présentation aux instances bailleresses de fonds.

Clientèle

Le musée dessert une clientèle fort variée dont nous visons à augmenter le nombre.  Les visiteurs sont des groupes scolaires, des touristes, des individus intéressés à l’histoire acadienne et à la généalogie.  Malheureusement le musée n’attire pas, en assez grand nombre, les Acadiens et les Anglophones de l’Î.-P.-É.  Il y a lieu de planifier et de promouvoir des projets qui rendraient le musée plus attrayant à la population spécifique dont il a la mission d’interpréter l’histoire et le patrimoine.  Le rapport Lord traite du problème et présence des recommandations aptes à lui apporter une solution.

Projets

Cette année encore le musée a exécuté, au moyen de projets financés par des instances gouvernementales ou muséales, des travaux destinés à rendre sa collection plus utile au visiteur qui pourra mieux se renseigner sur les objets en montre, leurs usages, l’époque de leur utilisation et leur histoire.  Le fonctionnement du musée en sera de même amélioré.  L’inventaire sera devenu indexé; les objets mieux identifiés et catalogués.  Ces améliorations rendront plus faciles la recherche et l’acquisition d’artefacts utiles et nécessaires à notre collection muséale.

 
Le financement

Le financement de l’opération du musée demeure un problème majeur quand nous traitons d’expansion et de services plus attrayants et plus culturellement avantageux à sa clientèle.  Le musée a traversé vingt années d’existence, a survécu et peut survivre, mais la pénurie des argents disponibles entrave son développement et un plus grand épanouissement de ses oeuvres.  Les octrois qui financent certains projets d’amélioration sont fort utiles et très appréciés mais ne suffisent guère à ses besoins.  Il lui faudrait un revenu plus élevé et dont la continuité serait assurée.  Ceci faciliterait la planification et le développement à long terme et fournirait quelques garanties de succès.  À ce jour, le musée opère selon ses revenus et ne recourt pas aux emprunts à long terme.

Perspectives

Des jalons d’espoir pointent à l’horizon.  L’avenir nous apparaît plus prometteur.  Un nouvel intérêt aux musées locaux et régionaux vient de poindre chez les instances gouvernementales.  Suite aux recommandations de M. Barry Lord en ce sens, la législature provinciale adoptait, l’an dernier, l’acte du musée provincial qui définit ce dit musée comme étant “The Prince Edward Island Museum and Heritage Foundation”, en français:  L’Acte du Musée et de la Fondation du Patrimoine de l’Île-du-Prince-Édouard.  L’acte n’affecte en rien les musées indépendants sauf que l’article 8(b) donne au conseil d’administration du P.E.I. Museum and Heritage Foundation le pouvoir d’accorder des octrois à des musées, des organismes ou des individus.  Rien de plus spécifiques!  Toutefois on nous assure que la Fondation sera en mesure de fournir de l’aide technique aux musées indépendants. La Fondation administre la collection provinciale, le quartier général Beaconsfield, le Centre Eptek et quatre musées:  soit Orwell Corner Rural Life Museum, Basin Head Fisheries, Elmira Railroad Station et Green Park Ship Building Museum.  Le Musée Acadien n’aurait-il pas le droit de citer parmi ceux-ci.  Cela lui permettrait peut-être de recevoir plus d’aide financière de la Province.  Actuellement, la Fondation du Patrimoine ne semble octroyer qu’une mince partie de son budget aux musées indépendants.

Une fédération ou une association provinciale des musées fut fondée au cours de l’année.  Celle-ci sera sans doute bénéfique aux musées indépendants.  Elle est trop jeune encore pour permettre une évaluation de ses réalisations.

Visiteurs

Le nombre de visiteurs s’accroît d’année en année.  Certains facteurs, telle la publicité faite pour augmenter l’affluence de visiteurs, de touristes, de congressistes à Summerside, à Mont-Carmel et à Mill River, devraient augmenter le nombre de visiteurs au Musée Acadien.  Encore, nous faudra-t-il faire la promotion et la publicité appropriées afin d’attirer les visiteurs et les induire à s’arrêter au musée.

En fait, la grande perspective d’avenir est la mise à exécution des recommandations du rapport Lord qui vient juste de nous être remis et dont nous traiterons très succinctement en cette occasion.  Ce rapport est un document de 289 pages qui contient 126 recommandations.  C’est du pain sur la planche.

Remerciements

Nous présentons nos remerciements les plus sincères à la directrice du musée, Soeur Marguerite Richard, à l’endroit de son travail assidu et d’une tâche fort bien accomplie; aux employées qui s’acquittent si efficacement de leurs tâches; à la Supérieure et aux religieuses du Couvent Saint-Joseph qui mettent à notre disposition un local pour la tenue de nos réunions et une salle de travail à la directrice; à la Congrégation Notre-Dame qui nous fournit à titre gratuit les services de Soeur Marguerite Richard.

Nous remercions aussi la Société Saint-Thomas d’Aquin, le Secrétariat d’État et le Ministère d’expansion économique régional qui ont pourvu à une partie de nos besoins financiers.

Enfin merci aux Musées nationaux qui nous ont accordé un octroi qui nous a permis de mettre à jour un plan de développement de cinq ans; aux membres du conseil d’administration en marge de leur dévouement, leur intérêt et leur collaboration.

J.-Edmond Arsenault, président

Publications récentes

1984 par Contribution anonyme

 

By The Old Mill Stream.  History of Wellington.  1833-1983.  Wellington, 1983, 576 p.

Une monoraphie volumineuse publiée par le Wellington Senior Citizens’ History Committee.  Rien n’est oublié dans cette histoire de Wellington qui est généreusement illustrée de photos intéressantes.  On y trouve quelque 240 pages de généalogies.

 

Jean-H. Doiron.  Rustico.  L’abbé Georges-Antoine Belcourt.  La Banque des fermiers.  Rustico, (1983), 56 p. (Ce livret est aussi disponible en anglais.)

Ce fascicule a été préparé dans l’espoir qu’il puisse servir dans les écoles afin d’aider aux jeunes à se familiariser avec certains aspects de l’histoire acadienne.  L’accent est placé sur l’oeuvre du Père Belcourt à Rustico, oeuvre qui est d’ailleurs bien traitée.

 

Marguerite Maillet.  Histoire de la littérature acadienne. De rêve en rêve.  Moncton, Éditions d’Acadie, 1983, 262 p.

Un excellent ouvrage qui trace les origines et l’évolution de la littérature acadienne de 1604 à nos jours.  L’Île y est représentée par l’écrivain “Paul”, auteur de Placide, l’homme mystérieux (voir La Petite Souvenance, no 7, p. 13) et par notre historien, J.-Henri Blanchard.  C’est un livre à lire.

 

Soeur Marie-Dorothée.  Une pierre de la mosaïque acadienne.  Montréal, Leméac, 1984, 189 p.

Ce livre brosse l’histoire de la communauté religieuse acadienne, la Congrégation des Soeurs du Sacré-Coeur.  Cette publication intéressera notamment les gens de la région Évangéline où des religieuses de cette congrégation ont oeuvré de 1959 à 1979.  Ce sont elles qui ont d’abord assumé la direction de l’École Régionale Évangéline.

 

Michel Poirier.  Les Acadiens aux îles Saint-Pierre et Miquelon.  1758-1828.  Moncton, Éditions d’Acadie, 1984, 528 p.

Plusieurs des familles acadiennes, qui sont venues s’établir à l’Île (surtout à Rustico) après la Déportation, ont demeuré pendant un certain temps sur l’île de Miquelon.  Voilà pourquoi cet ouvrage de Michel Poirier est d’un grand intérêt aux Acadiens de l’Île.  En appendice, l’auteur reproduit plusieurs recensements et autres documents dans lesquels on retrouve le nom de ces familles qui ont éventuellement déménagé à l’Î.-P.-É.

 

Georges Arsenault.  Initiation à l’histoire acadienne de l’Île-du-Prince-Édouard.  Summerside, S.S.T.A. 1984, 110 p.

Cette plus récente publication de Georges Arsenault brosse un tableau de l’évolution historique des Acadiens de l’Île de 1720 à 1980.  On lira avec intérêt les passages intitulés, “Une transformation des valeurs culturelles”, “Le domaine politique” et “Les Acadiens et le patronage politique”.

 

Donat Robichaud, ptre.  “Les Trudel-McNally à Shippagan”, La Revue d’histoire de la Société historique Nicolas-Denys.  Vol. X, no 2 (mai-août 1982), pp. 3-27.

Mgr Donat Robichaud nous livre ici une intéressante étude sur la famille Trudel.  Cette famille d’origine québécoise a habité Baie-Egmont une vingtaine d’années (c. 1865-1885) où elle a été bien active au niveau socio-économique et culturel.  Un membre de cette famille, le Père Azade Trudel fut le premier curé résident de Baie-Egmont.  Il fut également curé de Hope River et de Palmer Road.  De Baie-Egmont, les Trudel sont allés se fixer à Shippagan, au Nouveau-Brunswick.  Philippe McNally, marié à Hortense Trudel, suivra les Trudel à Shippagan.

 

R. Labelle et L. Léger, éditeurs.  En r’montant la tradition,  Hommage au père Anselme Chiasson.  Moncton, Éditions d’Acadie, 1982, 254 p.

Ce livre a été publié afin de souligner la grande contribution du Père Anselme Chiasson à la cueillette, à l’étude et à la publication dans le domaine du folklore acadien.  Cette publication comprend plusieurs articles de la plume de folkloristes qui, dans les traces du Père Anselme, s’adonnent à l’étude du folklore acadien.  Georges Arsenault y a contribué une étude intitulée, “Le gâteau des Rois à l’Île-du-Prince-Édouard”.

Nouvelles de partout

1984 par Contribution anonyme

 

Décès de Jean-H. Doiron - La mort nous enlevait soudainement, le 5 octobre dernier, Jean-H. Doiron, de Rustico, à l’âge de 65 ans.  Sa grande contribution à la promotion de l’histoire acadienne de l’Île fut au niveau du Musée Belcourt, de Rustico.  Il a effectivement été le président-fondateur de cet excellent petit musée consacré à l’oeuvre du dynamique Père Georges-Antoine Belcourt et à l’histoire générale de Rustico.  En 1983, il publiait, en français et en anglais, un livret intitulé Rustico – l’abbé Georges-Antoine Belcourt – La Banque de Rustico.  En juin dernier, il méritait pour cette publication un prix de mérite du Musée provincial.

 

Le Prix France-Acadie - La secrétaire de notre Société a été l’heureuse gagnante du Prix France-Acadie (catégorie “oeuvres didactiques”) pour son livre Le Mouvement coopératif chez les Acadiens de la région Évangéline 1862-1982.  Elle s’est rendue à Paris où on lui a officiellement remis le prix lors de l’assemblée annuelle des Amitiés acadiennes, le 29 septembre dernier.  Rappelons-nous que Cécile fut la première à mériter le Prix Gilbert Buote, pour le même ouvrage.

 

Wellington - En juin dernier, le “Wellington Senior Citizens’ History Committee” a reçu le prix de mérite du Musée provincial, pour son livre By The Old Mill Stream.  History of Wellington 1833-1983.

 

Tignish - Le Club Ti-Pa a eu l’heureuse idée de souligner le 450e anniversaire de la visite de Jacques Cartier à l’Île, en 1534, par un char allégorique.  On a pu voir ce très beau char qui a participé à plusieurs parades tout au long de l’été.  Le travail du Club Ti-Pa a été récompensé par de nombreux prix.  De plus, le 30 juin, dans le cadre des manifestations de la Fête du Canada, on reconstituait le débarquement de Jacques Cartier près d’Alberton.  Quelque 300 personnes assistaient à ce pageant historique.

 

Le Musée Acadien - Le Musée acadien, sous la direction de soeur Marguerite Richard, a connu un été très mouvementé.  On y a monté une excellente exposition intitulée Miscouche – 1884 dans la salle du Couvent de Miscouche où fut dévoilé, en 1884, le drapeau acadien.  La Société Nationale des Acadiens a fait ériger sur le terrain du Musée un monument commémoratif à l’occasion du 100e anniversaire du drapeau acadien.  Ce monument, construit par le regretté Édouard Arsenault, a été dévoilé le 15 août dernier par le président d’honneur des fêtes, Monsieur Roch Gaudet.  Le nombre de visiteurs a sensiblement augmenté au Musée cet été.

 

Mont-Carmel - Le Club d’Âge d’Or de la paroisse de Mont-Carmel se prépare à ouvrir un petit musée religieux.  Celui-ci sera situé dans une ancienne maison, située en face de l’église, qui servira également de centre pour le Club.  Cette maison a servi comme couvent pendant une vingtaine d’années aux soeurs de la Congrégation Notre-Dame du Sacré-Coeur.

 

Charlottetown - L’Université de l’Île-du-Prince-Édouard a maintenant dans son programme trois cours qui ont trait aux Acadiens, dont l’un est exclusivement un cours d’histoire intitulé, “La Renaissance et le nationalisme chez les Acadiens de l’Île-du-Prince-Édouard 1860-1900″.  Ce cours se donnera alternativement en français et en anglais.

 

La Marée de l’Île - C’est le titre d’une émission de Radio-Canada préparée à l’intention des francophones insulaires et diffusée tous les jours de la semaine de 16 h à 17 h 30.  À tous les vendredis on peut y entendre une petite chronique en histoire animée par plusieurs de nos membres, à savoir:  Henri Gaudet, Avéline Peters, Edmond Gallant, Francis Blanchard et Georges Arsenault.

 

Légion de Wellington - Le club des anciens combattants de la Légion royale canadienne de Wellington prépare actuellement un livre dans lequel on donnera le nom et quelques notes biographiques sur tous les vétérans, originaires de la région, qui se sont enrôlés dans les guerres de ce siècle.  On sait que les Acadiens ont répondu nombreux à l’appel durant ces conflits internationaux.